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 Les Iles de Jade

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Dargor
Le Maitre de l'Intrigue
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MessageSujet: Les Iles de Jade   Sam 18 Avr 2015 - 10:51

Les Îles de Jade

Physique du Pays

Situées au nord-ouest du continent, l’archipel connu sous le nom des Îles de Jade comprend une petite quinzaine d’îles. Si toutes sont habitées, seules sept d’entre elles ont un réel gouvernement, et les autres dépendent toutes de l’île plus importante la plus proche.
Relativement petites, les Îles de Jade sont battues par les vents de l’océan, et donc soumises à de régulières et fréquentes précipitations, ainsi qu’aux caprices desdits vents. C’est un climat humide, et venteux, dont la température est régulée par les eaux qui entourent chaque île. L’été, il ne fait jamais très chaud, la sécheresse est une notion inconnue de la région. L’hiver, il ne fait jamais très froid. Il peut arriver qu’il neige, dans des hivers exceptionnellement froids, mais ce cas de figure est rare, et les insulaires ne verront souvent la neige qu’une ou deux fois dans leur vie.
Chaque île se présente sous la forme d’un relief accidenté, qui tend à monter. Les régions côtières sont constituées de landes, où les fougères se plaisent sous la pluie, quand il ne s’agit pas de friches où peuvent paître les moutons. Plus on s’enfonce dans les terres d’une île, plus le relief va aller en grimpant. C’est aux pieds des premières collines, voire sur les plateaux que l’on trouve les cultures insulaires, qui se mêlent aux forêts abondantes qui ont poussé sur les flancs de ces collines, trop heureuses que le relief leur offre une résistance aux vents en tempêtes qui soufflent régulièrement depuis la mer.
Bien que petites, les Îles sont parcourues de nombreux cours d’eau, nourris par les fréquentes précipitations qui s’écoulent depuis les sommets.

L’histoire des Îles de Jade

Les Îles de Jade, en tant que royaume, furent créées il y a à peu près un millénaire, et sont à ce titre le plus jeune royaume humain. Elles avaient été colonisées au cours des siècles qui avaient précédé, avant unification du territoire. Ces premiers colons étaient des parias qui fuyaient la guerre sur le continent, oubliant leur royaume d’origine qui ne promettait plus que misère, sang et poussière pour des îles que l’on disait plus attirantes à l’époque, car promettant à tout le moins la paix.
Quand les premiers habitants débarquèrent sur l’archipel, ce fut sur une île qui fut appelée Odam. Avec le temps et l’afflux de réfugiés, ils comprirent rapidement que l’île était trop petite pour abriter tout le monde, aussi se mirent-ils à naviguer vers les autres îles que leurs vigies avaient pu apercevoir au loin. C’est ainsi que furent fondés des villages sur les îles de Tanequil, Odam, Bay, Kaer, Feoh et la Verte. L’archipel reçut dans le même temps son nom, car rarement ses nouveaux habitants avaient pu observer des prés et des forêts aussi verts.

Le premier évènement notable après la colonisation des îles fut la découverte de la mystérieuse Vlaaam. Une première expédition fut lancée pour coloniser l’île. Après qu’elle ait cessé de donner des nouvelles, une expédition fut envoyée à sa recherche. Recherche qui n’aboutit bien sûr pas. Alors les nouveaux insulaires, à peine installés, en conclurent que contrairement à ce qu’ils avaient pu croire à première vue, ils n’étaient pas seuls sur l’archipel.
Ils montèrent donc une expédition lourdement armée en vue d’aller chasser de Valaam leur indésirable voisin, mais alors que ladite expédition faisait voile vers l’île, des vents contraires se mirent à souffler, les renvoyer sur les plages de Bay, la plus proche des îles colonisées. Alors, tandis que les marins s’affairaient à remettre leurs navires à la mer, des voix se firent entendre dans le vent qui soufflait en tempête, qui recommandaient de ne plus jamais envisager de se rendre sur l’île de Valaam. Ne sachant ce dont ils s’agissaient, mais ayant compris qu’ils avaient affaire à un phénomène magique, les habitants choisirent de rester prudents, et donc de ne plus chercher à envahir l’île, mais d’envoyer quelqu’un vérifier ce qui s’y trouvait vraiment.
Ils ignoraient qu’il y avait sur l’île une communauté d’elfes sylvains, qui s’ils acceptaient d’avoir des voisins humains, refusaient de les accepter sur leur île. Cependant, ils comprirent en voyant les humains insister encore une fois qu’ils n’avaient d’autre choix que de les éloigner de leur île d’une autre façon. C’est pourquoi une elfe de cette communauté, déguisée par l’intercession de la magie et du talent des costumiers de la tribu elfique, s’avança vers celui que les insulaires avaient choisi pour explorer l’endroit. Le déguisement était réussi au-delà des espoirs des elfes, qui eux-mêmes s’en demandèrent si quelque chose d’autre ne s’était pas mêlé de cette affaire, tant il dépassait leur propre talent. Ce qu’elle lui dit alors, l’homme ne le dévoila jamais à personne. Mais quand il revint parmi les siens, il clamait avoir eu la vision d’une déesse. Elye en personne, qui vivait en ces lieux, ce qui expliquait la beauté à nulle autre pareille de la nature qui se trouvait sur cet archipel. Il leur expliqua que la déesse était prête à accepter la présence des humains sur ce territoire, à condition que les humains en fassent leur divinité d’allégeance, leur déesse mère, et cela, afin que la nature des lieux soit respectée par tous.
Il y mit tant de talent, de cœur, et de dévotion qu’il déclencha parmi les siens un véritable débat. Avait-il vraiment vu une déesse, ou simplement perdu la raison ? C’est ceux qui pensaient qu’il avait vu une déesse qui gagnèrent le débat. C’est ainsi qu’apparut le premier druide, ainsi que cette forme de religion inédite qui caractérise encore aujourd’hui l’ensemble des Îles de Jade. Quand aux elfes abusés par leur propre déguisement, certains se sont mit à croire à leur propre mensonge. Les druides sont également une autorité qui compte au sein de Valaam.

L’archipel put alors commencer à se développer pleinement. Les communautés humaines grandirent, sous le regard bienveillant des elfes et des druides. Et rapidement, tandis que chaque île se dotait de ses villes et de son gouvernement, ce peuple de réfugiés vit des conflits naître en son sein. D’abord pour définir les zones de pêche, ensuite parce que certaines îles étaient plus grandes, mais abritaient moins de monde, et ainsi de suite. Un druide déclara d’ailleurs à l’époque quelque chose qui devait rester dans les mémoires des insulaires comme l’une des maximes les plus connues : « La même chose qui fait se disputer deux savetiers voisins jette entre deux rois d’île une guerre. ».
Et cela se passa effectivement ainsi.

Les druides se chargeaient de s’assurer que l’archipel, petit regroupement de communautés, ne soit pas totalement dévasté par les conflits, aussi ne s’agissait-il souvent que de petites escarmouches, mêlant rarement plus d’une centaine de combattants. Les moins diplomatiques d’entre eux étaient en cela conseillés par les elfes, dont les adorateurs de la Déesse Mère, de plus en plus nombreux, souhaitaient véritablement la paix.

Et puis, après trois siècles d’isolationnisme total, les insulaires se rappelèrent que le reste du continent existait, grâce au naufrage d’un navire qui passait à proximité de l’archipel. En pillant l’épave d’un drakkar novien qui s’était risqué à les piller et en avait payé le prix, les habitants de l’île de Kaer, récemment dévastée par une guerre avec Bay, réalisèrent une chose : Il serait plus facile pour eux de triompher des autres îles s’ils prenaient les ressources de leur choix en pillant les navires du continent. C’est ainsi que naquit la fameuse piraterie des Îles de Jade, qui devait les rendre célèbre sur le continent. A partir de ce moment, les drakkars des îles, inspirés en cela du navire novien, effectuèrent de fréquents raids visant à piller les navires de commerce et parfois quelques villages côtiers mal défendus sur tout la côte est du continent, allant même jusqu’à la côté ouest pour les plus courageux. Cela les rapprocha inévitablement de Nova, qui vivait à l’époque selon le même principe. Une amitié encore actuelle naquit alors entre les royaumes, et il n’est pas rare que des insulaires aient en fait des cousins à Nova, et inversement.
Cette piraterie qui était au début un moyen de se procurer des ressources autrement difficilement accessibles devint peu à peu, à mesure que le temps passa, une véritable tradition. Les monarques du continent essayèrent à plusieurs reprises de s’attaquer aux Îles, mais la distance de la côte rendait la chose difficile, sans compter les elfes de Valaam, qui aidaient les humains (qui y virent là l’intercession de la Déesse Mère) en faisant souffler des vents contraires contre les armadas levées par le continent. Les monarques du continent décidèrent alors que la piraterie des Îles ne devait plus être considérée comme une menace sérieuse, et donc de l’ignorer.

Cela changea il y a désormais près d’une trentaine de tours, avec la mise à sac de Kelvin. A l’époque, par le jeu des alliances temporaires avec Bay et Kaer, le Grand Ours, dirigeant de l’Île Verte, avait réussi à s’instaurer comme maître quasi-incontesté des Îles de Jade. Quasi-incontesté car si Odam et Feo auraient eu ensembles la puissance de s’opposer à lui, seule Tanequil, récemment dévastée par les troupes de l’Île Verte, avait la volonté de le faire, mais non plus les moyens. Toujours est-il que ce dernier, fort de sa nouvelle autorité, avait décidé d’un raid de grande ampleur, qui aboutit à la mise à sac par les insulaires de la ville de Kelvin.
A l’époque, le Duc de Kelvin fut tué lors du raid, et c’est son fils, Medron, qui prit sa place sur le trône, à l’âge de seulement seize tours, sous le nom de Medron de Kelvin. Traumatisé par ce raid dont sa cité avait été victime, Medron consacra le début de son règne au problème des Îles de Jade. La solution, il la trouva en la personne de Guinelant Tucil, Haut-Seigneur de Tanqeuil, qui avait une trentaine de tours et se trouvait sur le trône depuis douze quand Medron accéda au pouvoir.
Guinelant n’avait donc, en tant que tanequilois, pas la puissance de s’opposer au Grand Ours, mais la volonté, si. Medron choisit d’exploiter cette dernière. Il invita à une simple visite de courtoisie Guinelant, visite durant laquelle il s’arrangea pour lui montrer tous les points sur lesquels le continent était meilleur que les Îles. Et bien que Guinelant sache qu’on ne lui montrait qu’une façade, il vit ce jour-là bien plus de richesse qu’il n’en avait vu en trente tours dans l’archipel. Il accepta donc le marché que lui proposa Medron. Kelvin le mettrait au pouvoir dans la totalité de l’archipel, à l’exception bien sûr de Valaam, en échange de quoi Guinelant s’engageait à mettre fin à la piraterie des Îles de Jade. C’est ainsi que lorsque Guinelant et sa garde personnelle revinrent sur Tanequil, eux qui étaient vêtus d’armures de cuir portaient désormais des armures de fer venant des Marches d’Acier. Et la guerre commença.
Tanequil était financée par Kelvin et put s’acheter le soutien d’Odam et Feoh qui se rallièrent à sa puissance. C’est ainsi qu’une armée égale en nombre et en valeur, mais largement mieux équipée marcha sur les armées combinées de l’Île verte, de Kaer et de Bay. Selon leurs traditions, les elfes restèrent neutres dans ce conflit. Longtemps indécise, la guerre se résolut lors de la bataille dite de la Baie de Jade, où les navires kelvinois vinrent renforcer l’armée de Tucil. Ce jour-là, son camp remporta la victoire.

Les habitants de l’Île Verte en veulent encore aujourd’hui aux tanequilois pour s’être alliés avec les kelvinois. Les habitants de Kaer et Bay en veulent à Odam et Feoh de s’être soumises à Tanequil. Et Guinelant n’arrangea pas la situation en essayant de vivre à la continentale, y compris si cela impliquait de prendre une épouse venant des Marches d’Acier et de favoriser les religions du continent, au détriment du culte de la Déesse Mère.
Effrayés que ce culte puisse être abandonné par les humains, les elfes décidèrent d’envoyer Lirielle, une de leurs druidesses, auprès du fils de Guinelant, Gingens Tucil, pour lui apprendre les traditions et leur importance. Ce dernier grandit donc tiraillé entre les Îles et le continent. Son mariage avec la fille du nouveau Grand Ours, lui-même fils de celui qui avait mis à sac Kelvin, tué lors de la bataille de Baie de Jade, le fit basculer du côté des Îles de Jade.
Après la mort il y a un tour de Guinelant Tucil, Gingens et Lucidia Tucil sont seuls rois et reine de l’archipel, et même si la piraterie n’est pas proche de reprendre, ils travaillent au rétablissement des anciennes traditions bafouées par Guinelant, sous l’influence de Kelvin.

Le peuple des Îles : Les insulaires

Les insulaires sont un peuple fier et farouche. Héritiers d’une tradition d’indépendance, tous sans exception supportent mal l’autorité, même celle du seigneur de leur propre île. Alors aller leur parler du souverain de l’archipel entier les vexe franchement. Et la possibilité d’un souverain étranger encore plus. La seule autorité entièrement acceptée est celle des druides, représentants légitimes de la Déesse Mère.
En outre, les insulaires sont particulièrement chauvins, et ce à tel point qu’il existe entre les habitants de chaque île, parfois même au sein d’une seule île, une rivalité impressionnante, qui vire parfois à la haine pure et simple. Cette rivalité peut être autant un frein qu’un moteur pour l’archipel, en ce sens que bien utilisée, elle permet au souverain de développer les Îles de Jade (en faisant en sorte que pour le simple plaisir d’humilier les habitants de l’île voisine à la course, ceux d’une île donnée cherchent à faire des navires qui vont plus vite par exemple ; attention cependant aux tricheurs qui trouveront plus simple de saboter le navire rival la veille du départ, d’où le frein, un tel cas de figure s’étant déjà vu lors d’une course entre Kaer et Odam, où un kaery avait réussi à se cacher dans le navire d’Odam pour le saborder en pleine épreuve, la victoire de Kaer avait d’ailleurs été validée par la suite dans des circonstances peu claires).
Cette rivalité n’empêche cependant pas les insulaires de partager des valeurs communes, telles que leurs croyances religieuses, ou la haine des continentaux, considérés comme des faibles et des imbéciles, en plus d’être des traitres à la vraie religion, celle de la Déesse Mère. Les continentaux, pour leur part, considèrent les insulaires comme des rustres et des barbares.
Si le peuple de l’archipel vit principalement de la pêche, leurs champs sont tout à fait fertiles et les terrains en friche peuvent accueillir de nombreuses têtes de bétail, le plus souvent des moutons. Les forêts permettent également à de nombreux fruits de pousser, tout cela maintenant une alimentation équilibrée qui fait la bonne santé globale des habitants de l’archipel. Bonne santé qui vient compenser la pauvreté économique de ces derniers, empêchant en partie cette misère économique de créer un taux de criminalité qui pourrait autrement être alarmant.

L’Île de Valaam, au nord, n’est peuplée que par les elfes de Valaam. Ces derniers forment une petite communauté (aux alentours de trois centaines d’elfes). Ces derniers vivent en autarcie totale, et s’ils viennent magiquement en aide aux humains de l’archipel quand ces derniers sont dans le besoin, ils restent neutres quand les conflits sont internes à l’archipel. Leur société vit pour ainsi dire à l’état d’arrêt, en totale autarcie. Les elfes chassent et se nourrissent sur les ressources que leur fournit leur île, sans jamais quitter le couvert de ses arbres dont ils modifient l’écorce afin que la structure même de l’arbre soit apte, sans pour autant qu’il ne cesse de vivre, à constituer une maison. Des arbres gigantesques se trouvent donc régulièrement sur Valaam, indiquant une maison elfique, ou druide, puisque c’est ici que vivent les druides choisissent de ne pas revenir dans le reste de l’archipel.
Après tout, pour les humains comme pour les elfes, n’est-ce pas sous ces frondaisons que marche la Déesse Mère ?

La religion dans les Îles

Conséquence immédiate de l’histoire si particulière des Îles de Jade, la Déesse Mère est la déesse la plus respectée des insulaires. Une seule autre déesse a réussi, par nécessité, à se faire une place dans leur cœur, et c’est Ariel. Même les guerriers ne vénèrent pas Prarag. Dans les Îles de Jade, la Déesse Mère a un aspect guerrier aussi bien que maternel. Les elfes ayant fini par croire à leur propre mensonge, persuadés qu’ils étaient que ce dernier était appuyé par quelque chose qui les dépassait, la vénèrent au même titre que les humains. Les druides connaissent également le mensonge qui a servi de fondement à cette religion. Mais encore une fois, ce mensonge n’était-il pas appuyé par … Quelque chose ?
La Déesse Mère, dans les faits, n’est autre qu’Elye, la déesse vénérée sur tout le continent. Il n’est cependant pas sage de faire cette remarque à un insulaire, car cela est pris comme une insulte. Pour eux, Elye n’est au contraire qu’une invention des continentaux qui refusent de se plier aux exigences de la Mère, bien plus contraignantes que celles prêchées par le clergé d’Elye. Et pourtant, les druides n’ont pas de pouvoir de prêtres. Exorcisme et guérison magique leur sont inconnus. En lieu et place, tous maitrisent la magie druidique. Tavish, considérée par sa longévité comme l’une des plus grandes druidesses de l’histoire, maitrise de mieux en mieux la magie shamanique, ces derniers tours, montrant que la Déesse Mère est également celle des animaux.

Chefs religieux, les druides peuvent être hommes ou femmes (on parle alors de druidesse), peu importe. Ils sont donc des conseillers spirituels écoutés par tous, car leur voix est celle de la Déesse Mère. Ils sont également des conseillers politiques précieux pour les dirigeants, car leur sagesse est réputée dans tout l’archipel, même si aucun ne se risquerait à prendre le pouvoir sur une île. Ils servent en outre de médecins à la population, car ils connaissent les herbes qui guérissent, et souvent de professeurs, apprenant aux enfants à lire quand ces derniers ne sont pas attirés par leurs parents aux travaux des champs, de la pêche ou de l’élevage. Ce qui fait que bien que les Îles de Jade aient en proportion le plus grand nombre d’enseignants, l’illettrisme y reste très important. Après tout, les enfants n’ont pas vraiment le choix, s’ils veulent manger.

Puissance militaire

La puissance militaire de l’archipel réside avant tout dans la férocité de ses troupes. En effet, des siècles de piraterie et de raids ont forgé des soldats, recrutés parmi le peuple, qui ont comme philosophie guerrière l’idée de batailles courtes mais intenses où l’objectif est d’écraser le plus rapidement possible l’adversaire, ou bien de fuir si cela est impossible.
Cependant, la qualité des soldats de l’archipel est plutôt réduite par le manque de qualité de leurs armes. Car les insulaires ont des siècles de retard en matière d’armement sur le reste du continent. A l’époque de leurs raids, leurs guerriers affrontaient avant tout des marins, des paysans ou des miliciens, ce qui ne posait aucun problème. Mais dès qu’ils rencontraient des troupes professionnelles, l’affrontement devait être évité.
Cet état de fait se compense petit à petit, à présent que les insulaires sont en bons termes avec le continent, ils peuvent développer un commerce digne de ce nom. N’ayant hélas que peu de choses à vendre, cet équipement d’une armée permanente et professionnelle prend du temps.

Il est cependant à noter que chaque île a une garde particulière. Ces gardes sont sur Tanequil les gardes noirs, sur Bay les verts, sur Kaer les blancs, sur Odam les azurs, sur l’Île Verte les bleus, et sur Feoh les rouges. Chacune de ces gardes est un ordre d’élite absolu d’environ une quinzaine de combattants, les meilleurs de leurs îles respectives. Ils forment la garde personnelle du chef de l’Île, et à ce titre sont les mieux entrainés et les mieux équipés des guerriers des Îles de Jade. Ils n’en sont cependant paradoxalement pas le régiment le plus connu…

Régiment de renom : Les bucherons insulaires


« J’ai servi la déesse mère durant toute ma vie. Quand les pirates m’enlevèrent, je lui suis restée aveuglément fidèle. Et c’est ce qui a fait de moi son élue à l’époque. Mais ce respect, cet amour que j’ai pour elle, quand je contemple la dévotion totale de ces hommes envers les druides qu’ils servent, me semblent bien faibles. »
=> La druidesse Tavish au sujet des Bucherons.

Les insulaires des Iles de Jade sont un peuple autosuffisant, pour la plupart de hardis marins, de braves fermiers ou de féroces guerriers. Ils habitent des Iles battues par les vents et totalement isolées par l’océan. Ces îles longuement coupées du monde ont longtemps été en conflit les unes avec les autres, de sorte que chaque île a son propre régiment de renom, qu’ils appellent les gardes : garde rouge, noire, verte, etc.
Mais tous les insulaires se retrouvent dans le culte de la Déesse Mère, peu importe leur chauvinisme. Dominée par les druides, cette religion unit l’ensemble de l’archipel, expliquant la domination de ces étranges hommes et femmes quelle que soit l’île sur laquelle ils se trouvent. On dit que sur Valaam, druides et druidesses rencontrent la Déesse Mère, ce qui explique l’impossibilité pour les insulaires normaux d’y poser les pieds.

Cependant, certains hommes des Iles de Jade ont toujours souhaité faire autre chose que de simplement respecter les druides. Ils voulaient participer au culte de la déesse d’une façon plus active. Cela fut rendu possible il y a trois siècles, lorsqu’une expédition pirate venant de la lointaine Port-Argenterie frappa l’archipel. A l’époque, un druide nommé Caledor se trouvait dans un camp de bucherons de l’Ile de Bay. Ledit camp, isolé et vulnérable, fut la cible d’un groupe de pirates. Voyant le druide menacé, les bucherons s’emparèrent de leurs haches. Caledor aurait probablement péri sans l’intervention de ces braves insulaires qui parvinrent après un combat aussi rapide que violent à disperser les pirates avant de les achever de leurs haches.
Après avoir vaincu les pirates, les bucherons emmenèrent le druide en sécurité. Puis Caledor alla sur Valaam retrouver ses frères et sœurs. De nombreux druides et druidesses avaient durant ce raid trouvé la mort ou été enlevés. Caledor soumit donc une proposition à ses frères, qui après maintes discussions fut acceptée. Les druides se rendirent donc auprès des bucherons de Bay, leur offrant de devenir leurs gardes du corps. Ainsi fut fondé à Bay le premier régiment de Bucherons, choisis pour leur férocité et leur courage au combat, eux qui n’étaient que de simples paysans.
Aujourd’hui, le régiment a bien changé. Si le nom de Bucherons est resté, tous les druides n’en prennent pas à leur service, et ils ne peuvent jamais avoir plus d’un Bucheron pour les accompagner. Telle est la règle. Les Bucherons sont toujours des hommes volontaires, qui se rendent auprès de druides pour affirmer qu’ils souhaitent prendre la hache. La seule condition est qu’ils sachent manier à la perfection leur arme qui normalement leur sert à couper le bois. Désormais, elle servira à trancher la chair. Si cette condition est remplie, ils peuvent à tout moment être appelés par un druide ou par une druidesse pour lui servir de garde du corps. Ils prêtent alors serment de protéger le druide en toutes circonstances et de lui servir de champion le cas échéant.
Les Bucherons sont équipés de ces grandes haches, qui au fil du temps se sont de plus en plus éloignées des haches de bucherons pour devenir de vraies haches de batailles, souvent finement décorées. Pour le reste, ils vont la plupart du temps torse nu, par tradition, mais portent un kilt ou des braies. La plupart d’entre eux portent une épaisse barbe et arborent des tatouages. Tous sont particulièrement musclés, afin de mieux manier cette hache.

Certaines rumeurs courent quant au fait que ces splendides colosses accompagnent souvent de ravissantes druidesses partout (sauf sur Valaam, ou nul Bucheron n’a le droit d’aller), alors même que lesdites druidesses ont prêté serment de chasteté, tout comme les druides. Ces rumeurs sont vivement démenties par tous. Bucherons comme druides et druidesses, que ces derniers et dernières aient choisi ou non d’avoir un Bucheron pour les accompagner. Certains avancent pour preuve le fait que l’on voie plus souvent des Bucherons accompagner des druides que des druidesses. Mais hélas, comme à chaque fois qu’un homme suit partout une femme, les mauvaises langues trouvent à médire sans savoir de quoi elles parlent. Et si cette rumeur opère une véritable résurgence depuis quelques temps, on observe que ce sont surtout les étrangers de passage qui la colportent, et non les insulaires eux-mêmes. Quoi de plus normal ? Cette rumeur est d’un irrespect total pour les serviteurs de la Déesse Mère, et donc indirectement la Déesse elle-même.

« C’est l’œuvre des démons, sans nul doute, murmura le vieux druide… »

Derrière lui, Chanka ne dit rien. On leur avait signalé d’étranges choses dans ce bois au nord de Tanequil. La nuit, on y voyait briller d’étranges lueurs, et des rires en parvenaient. Ils s’étaient rendus dans le bois pour l’inspecter, et y avaient trouvé des arbres à nuls autres semblables. Chanka était effrayé. Les arbres avaient développé une écorce rose vif, et à certains endroits, celle-ci ressemblait à s’y méprendre avec de la chair.

« La Déesse enseigne, reprit le vieux druide, que les démons altèrent la nature. »

Le vieux druide savait que cet enseignement lui avait été prodigué par les elfes de Valaam. Mais il garda le secret, comme toujours. Il fallait le garder, pour le plus grand bien de l’archipel.

« Je pense pouvoir soigner ce bois, mais il me faudra plusieurs heures, dit le druide, sortant ses ossements. »

Il commença à murmure, et une lueur verte apparut dans ses mains. Chanka dût ainsi attendre des heures que son maître invoque sa formule. La nuit tomba, et une lueur rouge sang envahit tout le bois. Le Bucheron prit peur. Il entendit des rires moqueurs autour de lui, et voyait des silhouettes cornues bouger sous les arbres. Il se mit à trembler, et bien qu’ayant sa hache en main, à transpirer. Le druide, perdu dans sa transe, ne se rendait compte de rien. Chanka serra si fort le manche de son arme que les jointures de ses mains blanchirent. Les démons approchèrent. A sa grande honte, Chanka sentit son kilt devenir humide. Puis trois bêtes monstrueuses chargèrent. Tout son esprit lui cria de fuir, et il commença à se retourner. Mais une seule petite voix lui rappela une chose. Il avait juré de protéger un druide. Il était jeune, car le vieux druide avait déjà eu à son service un Bucheron qui avait depuis dût se retirer à cause de l’âge. Il était temps de prouver qu’il méritait sa hache. Il se retourna. Il en devait pas laisser un envoyé de la Déesse Mère mourir ! Soudain, toute peur disparut. Et il chargea.

Le lendemain, lorsqu’il parla de ses craintes au druide, ce dernier sourit.

« Ce n’est pas ton devoir envers moi qui nous a tous deux sauvés, dit-il. C’est ta foi en la Déesse Mère. N’oublie jamais que les démons ont le pouvoir de saper ta volonté et te rendre fou. Ta foi en la déesse doit être ton bouclier. Et ta volonté de la satisfaire doit alors guider ta hache. »
L’archipel et le reste du monde

Resté trop longtemps isolé et hostile à ses voisins, l’archipel n’a de contacts diplomatiques que récents avec quelques pays. Si l’amitié qui le lie à Nova est établie de longue date, celle qui le lie à Kelvin date du règne de Guinelant Tucil, et semble à ce jour stabilisée. Ce dernier s’était d’ailleurs marié à Katarine Egvena, des Marches d’Acier, scellant avec les cités des Marches une sorte d’amitié fragile. Cette amitié fut renforcée récemment par le mariage de Tegwen, frère de la nouvelle reine des Îles de Jade, avec Léonarda, fille du Seigneur Verstholen de la Gardienne. Mariage d’amour, certes, mais qui politiquement arrange plutôt bien les choses.
A cela s’ajoute l’amitié de Gingens et Lucidia Tucil, souverains des Îles de Jade après la mort de Guinelant, avec Dalya Behired, l’infante de Ram. Cette amitié leur assure une voix qui parlera toujours en faveur de l’archipel au palais royal de Ram, que ce soit sous le règne de Qassim Anar, ou sous celui à venir dans un avenir désormais proche de Yacouba Behired.
Plus généralement, le fait que le port de Séléné, capitale de l’Île de Tanequil, soit devenu le point de départ et d’arrivée des navires en partance pour le Nouveau Monde, en raison du fait que l’archipel soit le point le plus à l’ouest du Vieux Monde, et que cela ne soit pas affecté par la prise de pouvoir d’Abad el Shrata du Khamsin au Nouveau Monde pousse ce dernier à avoir des relations avec tous les royaumes dont certains représentants souhaitent tenter l’aventure dans ce monde nouveau. Il n’y a jamais eu autant d’étrangers à Séléné. Et certains y prolongent d’ailleurs leur escale jusqu’à s’y installer.

Quant aux elfes de Valaam, s’ils déclarent officiellement être toujours soumis à Filillë, reine des elfes sylvains, ils vivent dans les faits en totale autarcie. Après tout, à présent, plus de portails elfiques pour aller instantanément jusque dans la Grande Forêt, et donc, les elfes sylvains ne naviguant pas, Filillë ne peut plus leur donner d’ordres. Ce qui ne les dérange pas outre mesure.

Personnalités notables

Gingens Tucil, Haut-Seigneur de Tanequil


Né de l’union de Guinelant Tucil et de Katerine Egvena, Gingens Tucil a grandi avec plusieurs poids sur ses épaules. Tout d’abord celui d’être tiraillé entre ses origines continentales et insulaires, et ensuite celui du fait d’être naturellement frêle, ce qui dans les Îles de Jade n’était pas un avantage. Il lui a donc fallu, dès son plus jeune âge, apprendre à s’en tirer par sa malice et la culture que les précepteurs continentaux amenés par ses parents, ainsi que ceux de Kelvin où il passait tous ses étés, lui ont donné au cours de son éducation. Et à son talent à l’arc, hérité de feu son père pour le coup.
Son mariage avec Lucidia, fille du Grand Ours, a été accueilli de façon mitigée par les habitants de l’Île Verte et de Tanequil, traditionnellement opposés les uns aux autres, mais il a fini par être accepté, après que ces derniers aient démontré dès le début de leur règne sur l’archipel une grande aptitude à gouverner.
Pas forcément des plus adroits avec ses mains, Gingens Tucil compense cela par son art de la parole (défaillant uniquement quand Lucidia se met en colère). Il n’a pas son pareil pour essayer de convaincre ses interlocuteurs directs qu’il a raison même quand il est évident qu’il a tort. Une telle qualité en fait un excellent roi en temps de crise. Son projet pour l’archipel consiste à essayer de rétablir les anciennes traditions. Après tout, les érudits du continent ne sont pas les seuls à l’avoir formé. Les elfes lui avaient envoyé Lirielle, une druidesse qui a veillé à ce qu’il garde, même sans le montrer, la Déesse Mère au fond de son cœur en toutes circonstances.

Lucidia Tucil, Haute-Seigneure de Tanequil


Epouse de Gingens Tucil, Lucidia règne avec lui depuis la mort de Guinelant sur l’ensemble de l’archipel. Leur union inspirera à n’en pas douter les poètes romantiques comme les grands tragédiens de la période à venir, puisqu’elle est pourtant la fille du pire ennemi de feu son beau-père, à savoir le Grand Ours de l’Île Verte. Bien que cette union ait fait grincer de nombreuses dents quand elle fut annoncée (les verts considèrent les tanequilois comme des tyrans, les tanequilois considèrent les verts comme des abrutis), elle a fini par être acceptée une fois que tous deux sont montés sur le trône de Tanequil, qui représente à ce jour le trône de l’archipel tout entier.
Ayant connu ce que son père lui a appris à appeler l’oppression, à savoir la domination de Tanequil, Lucidia n’a à cœur que le bien-être des insulaires. Elle est pour ainsi dire le penchant un peu plus mesuré de son mari, car n’aimant pour sa part pas mentir, même lorsque Gingens persiste à dire que c’est pour le bien de tous. Les défauts de Gingens, elle les contre-balance donc à merveille avec ses propres qualités, celles d’une fille courageuse qui a par nécessité toujours dû être proche de son peuple, et d’une sacré battante (nous n’évoquerons pas ici les blagues qui courent dans tout l’archipel sur qui devrait porter la robe et qui le pantalon dans le couple royal).
Le projet de Lucidia est venu s’ajouter à celui de Gingens, et les deux travaillent à mettre en place ensemble leurs deux visions de l’archipel. Lucidia aimerait profiter de ce pouvoir unifié pour calmer les rivalités qui montent les îles les unes contre les autres avant que ces dernières ne déclenchent une nouvelle guerre particulièrement sanglante.

Seaginan, Haut Druide des Îles de Jade


C’est décidément dans les Îles de Jade une période de transition. Quelques semaines après avoir enterré Guinelant Tucil, précédent souverain de l’archipel, les insulaires ont dû se mettre en deuil à nouveau, cette fois pour Sven, Haut Druide de l’archipel, chef du culte de la Déesse Mère. Ce fut un deuil bien plus triste que celui de Guinelant, car Sven, lui, n’avait pas d’ennemis dans l’archipel, pas même de pires ennemis pour pleurer la mort de quelqu’un qu’ils n’affronteraient plus jamais comme ce fut le cas pour Guinelant.
Toujours est-il que Sven disparu, il fallut trouver un nouveau Haut Druide. Tout le culte de la Mère se réunit sur Valaam. C’est Tavish qui, avant de disparaitre, enlevée par les pirates, choisit pratiquement seule le successeur de Sven. Alors que beaucoup la voyaient prendre ce poste (et elle y aurait été plus que légitime), elle le refusa une nouvelle fois, et proposa aux druides de nommer à la plage Seaginan. En la matière, sa parole fit pratiquement loi, et ainsi fut choisi le successeur de Sven.
Seaginan est relativement jeune, selon les critères du poste de Haut Druide, ce qui explique le choix de Tavish, qui voulait un druide ayant à la fois la foi, de l’expérience pour mener les nouveaux souverains, et en même temps qui ne soit pas un vieillard pour éviter un fossé générationnel avec ces jeunes gens. Seaginan, dont personne ne pouvait remettre la foi en question, remplissait tous ces critères. Druide puriste, il croit dans les vieilles traditions dur comme fer, et depuis sa nomination, conseille le couple Tucil en conséquence. Il est en permanence dans leur palais, à Séléné.

Tavish


Tavish est la plus ancienne des druidesses de l’archipel, plus ancienne même que les quelques druides elfes qui existent (il faut dire que les druides elfes sont une nouveauté). Basée à Séléné, elle n’y est que rarement, préférant voyager à travers le monde, à la recherche du bien qu’elle puisse faire au nom de la Déesse Mère. Mais quand elle est dans l’archipel, c’est comme un soleil qui percerait les nuages pour ses habitants, qui savent qu’elle est la mortelle la plus proche de la Mère. Les insulaires la surnomment d’ailleurs « sa fille ainée ». Elle refuse ce surnom, arguant que tous les enfants de la Mère sont égaux à ses yeux, mais il reste très souvent prononcé dans son dos.
Dans l’archipel, elle vit dans un temple en ruines, car laissé à l’abandon, dédié à la Déesse Mère, qui se trouve dans la forêt de Tanequil. C’est de là qu’elle vient pour s’occuper de ses ouailles quand l’aube point, et là qu’elle repart au coucher du soleil, voyageant de nuit le marin et le soir, pieds nus. Elle n’a jamais peur de se faire mal, ni attaquer, et voyage d’ailleurs ainsi même sur le continent, pour être proche de la Mère.
Tavish est en effet l’élue d’Elye, ou plutôt de la Mère. En tant que telle, elle est en outre la seule druidesse à savoir guérir et exorciser. Elle maitrise en outre depuis une cinquantaine de tours la magie shamanique, et communique de plus en plus aisément avec les bêtes. Malheureusement, comme les shamans, elle s’isole donc de plus en plus. Cet isolement forcé a apparemment pris fin, quand des pirates de Puerto Blanco l’ont enlevée, alors qu’elle voyageait du continent aux Îles de Jade…

Maholmuire Greumach


Seigneur de l’Île de Kaer, Maholmuire Greumach est le seul seigneur survivant du camp des vaincus de la bataille de la Baie de Jade. Il était jeune à l’époque, il ne l’est plus aujourd’hui, mais cette bataille l’a profondément marqué dans la chair comme dans l’esprit. Dans la chair d’abord, puisqu’il y a perdu l’usage d’une jambe, le contraignant dès sa jeunesse à boiter comme un vieillard, et à user d’une canne. Dans l’esprit également, puisque le carnage qu’il a vu le terrifia à tout jamais. Mahomuire n’a jamais pu dormir tranquille, depuis cette journée fatidique, et vit dans la crainte que Guinelant, ou depuis peu ses successeurs, amènent à nouveau une guerre sans merci à son île.
Maholmuire Greumach vit donc reclus dans son château, terrifié à l’idée même d’en sortir. Ses sujets, les kaery, ne savent pas vraiment que penser de sa conduite. Ils oscillent entre la honte de leur dirigeant si lâche et faible et d’un autre côté le respect dû à ceux qui ont livré un combat perdu d’avance jusqu’au bout. Car Maholmuire, à défaut d’avoir gardé sa santé physique et mentale, ne s’est pas défilé le jour de la bataille ! Les témoins disent que jusqu’à ce que ce maudit boulet kelvinois ne fasse exploser son navire, et ne lui envoie des éclats jusque dans la jambe, il se battait comme seul un vrai brave insulaire saurait le faire.
Toujours est-il que Mahomuire régit depuis trois pièces, auxquelles s’ajoute le jardin de son château. Sa chambre, son bureau et sa salle à manger. Espérer l’en faire sortir est illusoire, tous s’y sont essayés, et même Tavish en personne a échoué à cette tâche. Mais à défaut, il gouverne bien son île. C’est toujours ça de pris.

Gwenant O Pritchett


Pour revenir dans le domaine du renouveau des Îles de Jade, Gwenant O Pritchett est la régente de l’île de Feoh, depuis la mort de ses parents. Officiellement, elle devrait se prendre au plus vite un mari pour que ce dernier devienne le Seigneur de l’île à part entière. Officieusement, elle ne veut absolument pas, ayant bien compris qu’en l’absence d’un tel mari, c’était elle la gouvernante, et ce pouvoir lui plait.
Jeune fille de dix-neuf tours, Gwenant O Pritchett se rêve en souveraine de son île jusqu’à sa mort. Pour ce faire, elle a souhaité apprendre à se battre, et c’est ce qui se fait. Et en attendant d’être la meilleure guerrière de l’île de Feoh, seule solution pour que ses soldats acceptent enfin pleinement son autorité, elle doit également éviter de dire oui à une offre de mariage, car cela ruinerait totalement ses projets. Et elle ne compte laisser personne, pas même le couple royal, marcher sur ces derniers.
En effet, le couple Tucil voit surtout dans le projet de cette jeune fille un projet qui rend son île instable. Peu d’insulaires apprécieraient d’être gouvernés toute leur vie par une pucelle, et son apprentissage guerrier pourrait bien ne jamais aboutir, ou prendre trop de temps. L’un des chantiers du couple royal consiste donc à essayer de la convaincre de renoncer audit projet, pour le bien de tous.
Ce qui pousse Gwenant O Pritchett à considérer que le bien individuel est supérieur au bien collectif, et à essayer de gouverner son île dans cette optique, pour ne pas donner l’impression qu’elle soit simplement égoïste. Ce qui s’applique à elle doit après tout s’appliquer à tous.
Et à toutes.

La Dame de l’Île Verte


L’apparition de cette Dame reste encore un mystère. Elle fut trouvée par Symres, le vieux druide de l’Île, et depuis la mort de Sven, le plus vieux druide encore en vie de l’archipel tout entier, Tavish ne comptant pas car immortelle, car fille ainée de la Mère.
La nature même de la Dame reste inconnue. Puissante magicienne, ce qui n’est pas forcément bien vu dans les Îles de Jade où la magie est relativement crainte par ses habitants, et avant tout maitrisée par les druides, elle est l’épouse du Grand Ours Emmich, le fils de celui qui fut tué dans la bataille de la Baie de Jade, et donc la mère de Lucidia Tucil (entre autres enfants).
Depuis l’enterrement de Guinelant Tucil, elle gouverne seule son île. En effet, son mari, désespéré d’avoir perdu sa némésis, en a conclu qu’il ne lui restait plus qu’à aller se faire voir ailleurs après lecture en silence d’une partie du testament de Guinelant Tucil parlant de lui (que disait précisément cette partie, cela reste un secret). Et par aller se faire voir ailleurs, il comprit aller voir le vaste monde, comme ses enfants l’avaient fait avant lui. Après des adieux déchirants, il laissa donc le soin de gouverner l’Île à son épouse avisée.
La Dame de l’Île Verte gouverne donc avec sagesse, et toujours ce voile de mystère qui l’entoure, son île. Heureuse de voir que ses enfants tentent de rétablir d’une part la paix dans l’archipel et le respect des vieilles traditions, elle travaille avec plaisir avec le couple Tucil.
Donc pour la première fois depuis … Depuis mémoire d’insulaire, non seulement Tanequil et la Verte, les deux îles les plus puissantes, sont en paix, mais en plus elles travaillent main dans la main.
Si cela ne peut pas changer radicalement le destin de l’archipel, rien ne le pourra.

Faragher Ballard, Seigneur de Bay


La magie est très mal vu dans l’archipel. Les gens la craignent, ou bien pensent qu’elle est l’apanage des druides et druidesses. Voilà pourquoi les profanes qui la maitrisent sont peu nombreux, et souvent pas franchement aimés. Seules deux personnes font exception à cette règle. La Dame de l’Île Verte, bien sûr, mais aussi Faragher Ballard, le Seigneur de l’île de Bay.
Il faut dire que ce dernier jouit de circonstances atténuantes. Bay est si proche de Valaam que le jour et s’il n’y a pas de brouillard, le rivage de l’île est visible depuis celui de Bay. En conséquence de quoi, les insulaires ont toujours accepté le fait que la magie qui se dégage de Valaam, où marche la déesse mère, puisse contaminer quelque peu Bay. Les seigneurs successifs de l’île étaient donc autorisés à maitriser la magie. C’était même plutôt bon signe, puisque cela signifiait, quand ils la maitrisaient, que la Déesse Mère avait son regard posé sur eux. C’est le cas de Faragher Ballard.
Egalement membre de la nouvelle génération de gouvernants de l’archipel, même si son aîné (il reste toutefois plus jeune que Seaginan), Faragher Ballard n’a vécu la bataille de la Baie de Jade que par les récits que lui en ont fait les survivants, dont Maholmuire Greumach, avec lequel il s’est souvent entretenu. En conséquence, s’il n’est pas effrayé comme le seigneur de Kaer, Faragher est un pacifiste dans l’âme, et un romantique, qui aime à flâner et à utiliser son don de magie pour créer des illusions ludiques pour les enfants qui l’entourent (que ce soit les siens ou ceux d’autres personnes). Bon vivant, il accepte sans broncher l’autorité des Tucil, ne voyant pas quel serait son intérêt à les défier.
Le peuple de son île l’aime bien. Mais en même temps, qui pourrait ne pas l’aimer ?

Lirielle d’Odam


La lignée d’Odam s’est éteinte. Le seul survivant de cette dernière n’a pas eu d’enfants, et n’a donc pas pu avoir de successeurs. Alors que les druides débattaient pour savoir qui serait-ce, c’est Gingens Tucil qui a demandé à Seaginan d’aller trouver Lirielle, une druidesse elfe. Une druidesse, seigneure d’une île ? Une elfe, à la tête d’une île humaine ? Voilà qui défiait à la fois les traditions humaines et elfiques que Gingens s’était pourtant juré de rétablir. Et pourtant… C’est en collaboration avec Lucidia qu’il avait convenu que ce pourrait être un bon pas vers la paix dans les îles que d’avoir cette femme d’une grande sagesse à la tête d’Odam.
C’est donc ce qui fut fait. Pour ce faire, Lirielle dût être la première druidesse de l’histoire à renoncer à ses vœux, car les druides refusaient que l’une de leurs représentantes soit à la tête d’une île. En soit, elle n’est pas une mauvaise dirigeante. Elle est même plutôt douée, mais le fait qu’elle soit elfe et ancienne druidesse fait grincer des dents. Grincement qui se calment quand on voit que la Déesse Mère a vraisemblablement laissé sa bénédiction à Lirielle, puisqu’elle dispose toujours de ses pouvoirs druidiques.
Au final, que penser ? Une telle anomalie dans la tradition crée un dangereux précédent. C’est une certitude. Mais dans l’optique de maintenir la paix, avoir une personne qui y est acquise est un jeu qui vaut la chandelle, surtout sur Odam qui risquait d’être déchirée par la guerre civile. Les druides ont affirmé que le malheur frapperait les Tucil si la Mère désapprouvait leur choix.
Il ne l’a pas encore fait.[/justify]
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