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 Grande Forêt

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Dargor
Le Maitre de l'Intrigue
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MessageSujet: Grande Forêt   Sam 18 Avr 2015 - 10:54

La Grande Forêt

Physique du pays

La Grande Forêt est la plus ancienne des forêts du vieux continent. En son nord, elle parcourt les montagnes de Nova bien en profondeur, et sa lisière sert de frontière naturelle aux Marches d’Acier. A l’est, elle a absorbé une partie des terres des orcs en grande partie et s’étend jusqu’aux montagnes des nains et d’Euplemio, partageant même une frontière naturelle avec Oro. A l’ouest, seules les plaines de Salicar l’arrêtent, tandis qu’au sud, elle court jusqu’à ce que la chaleur du proche désert rende difficile la pousse des arbres.
Ses arbres les plus âgés sont les jeunes pousses ayant germé à partir des graines semées par les dieux en personne, quand ils créèrent le monde. C’est un lieu mystique qui s’étend sur une surface immense, où vivent des arbres que les dieux ont éveillé, doté d’une âme, et qui se sont mis à raisonner d’une façon surnaturelle, et ont appris des sentiments tels que la joie ou la colère. La forêt a peu à peu pris conscience d’elle-même et des autres races qui grouillaient comme des insectes à la surface du monde. Et les intentions de ces dernières ont éveillé sa rancœur.
Des menhirs gravés de runes elfiques marquent les limites de ce domaine végétal. Au-delà s’élèvent des arbres gigantesques dont les branches frissonnent et se tordent lentement, comme pour échapper à la barrière magique que forment ces pierres gardiennes. Les racines rampent et griffent les pierres couvertes de mousse, au milieu d’une brume persistante qui recouvre les clairières et les cavités du sol. Un tel labyrinthe de troncs et de branches suffit à rebuter l’esprit le plus décidé, car il abrite des yeux épieurs, des mouvements furtifs à peine entr’aperçus et des bruits inquiétants. La tranquillité surnaturelle des clairières tapissées de feuilles mortes et la brise silencieuse soufflant sur les sentiers ne voilent aucunement le sentiment d’être observé et mesuré à chaque pas que l’on y fait.
Le voyageur, ou plutôt l’explorateur, apercevra parfois du coin de l’œil des silhouettes impalpables se déplacer à travers les branches basses et les fourrés, suivies par de petites formes semblant aller d’un arbre à un autre. La Grande Forêt sait tout ce qui se passe en son sein, et bien que son influence soit discrète, elle est prête à éliminer tout intrus qui pénètre ses frondaisons. Seuls les plus fous ou les plus intrépides osent la braver, car un lieu hanté par des créatures et des esprits hostiles.
La Grande Forêt défie les lois du temps et de l’espace. Il est possible d’explorer ses sous-bois les plus sombres pendant seulement quelques heures pour ensuite en ressortir et se rendre compte que des siècles se sont écoulés dans la vie réelle. De la même façon, certains se sont déjà perdus dans la forêt pendant des décennies avant de finalement s’en échapper pour s’apercevoir qu’une poignée de minutes se sont écoulées depuis leur disparition. La Grande Forêt est plus vivante que n’importe quelle autre forêt, et il est impossible de s’y orienter car les repères changent sans arrêt de place. Un endroit où s’ouvrait une clairière se retrouve recouvert d’une végétation inextricable le matin suivant, tandis que les sentiers disparaissent ou se reforment sans cesse.
La plupart de ceux qui pénètrent la Grande Forêt tournent en rond malgré leurs efforts pour s’enfoncer dans la forêt. Même s’ils essaient d’avancer droit devant, ils retombent sur l’orée des arbres. Une minorité de ceux qui insistent reviennent fous à lier, leur santé mentale définitivement réduite en lambeaux par les mystères indicibles dont ils ont été les témoins. Les autres ne réapparaissent jamais.
Cependant, certains esprits de la forêt ne sont pas systématiquement agressifs envers les étrangers. Ceux qui ont de la chance ou un cœur estimé par la Forêt trouvent parfois un chemin au milieu des arbres, guidé par un rais de lumière ou un sentier moins traître que les autres. Engaillardis par de telles histoires, les étrangers désireux de pénétrer dans la forêt pour tenter de découvrir ses secrets ne manquent pas. Quoi qu’il en soit, il y aura toujours des individus prêts à affronter les dangers de la Forêt, attirés par des légendes parlant de connaissances occultes ou de trésors cachés.
L’essentiel de la Grande Forêt est plongé dans une pénombre crépusculaire, et seuls quelques rais solaires ou lunaires parviennent à percer la canopée par endroits. Ce n’est que dans les clairières que l’on peut contempler la voûte céleste. Certaines sont si grandes qu’elles pourraient accueillir une cité toute entière.

La Grande Forêt est divisée par ses habitants (elfes sylvains et centaures) en douze royaumes, chacun gouverné par un seigneur ou une dame également membre du grand conseil de la Forêt. Certains de ces royaumes sont figés dans le temps, et ne connaissent qu’une seule saison tout au long d’un tour. D’autres sont plongés dans une nuit perpétuelle, ou sont au contraire éclairés en permanence par l’astre solaire. De plus, le temps et les distances opérant étrangement dans la Grande Forêt, même les frontières peuvent se déplacer d’un jour sur l’autre. Un trajet de quelques lieux peut prendre un tour, et des centaines de kilomètres peuvent être parcourus en une heure.
Les halls magiques des seigneurs et des dames sont éparpillés dans les clairières de ces domaines. Leurs immenses entrées sont aménagées dans des troncs d’arbres millénaires ou dans le flanc des collines. Elles sont invisibles pour tous les indésirables, si bien que plus d’un intrus est passé à quelques centimètres à peine d’une telle porte sans même la remarquer. Ceux qui ont la chance d’y pénétrer se retrouvent dans de grandes cavernes creusées sous l’arbre ou dans les entrailles de la colline. Des racines forment une voûte grandiose avant de descendre en torsades pour former d’élégants piliers décorés de gemmes et d’argent brillant sous la lumière chaude qui baigne l’endroit. Il résonne en un tel lieu une mélopée envoûtante et des rires semblables au bruissement du vent. Des lanternes ouvragées décorent les murs, chacune refermant de petites créatures de formue humaine qui diffusent la lumière, telles des lucioles. C’est là que les elfes sylvains célèbrent le cycle de la nature. Ils organisent de grands banquets et des jeux lors desquels leur vin capiteux coule à flots. Des enfants, enlevés dans les terres aux alentours de la Forêt et destinés à ne jamais grandir, servent joyeusement leurs maîtres elfiques. Les halls s’emplissent de rires cristallins, de danses et de musiques raffinées. Il arrive que des étrangers soient conviés à ces fêtes, toutefois seul un imbécile goûterait aux mets des peuples de la forêt sans y avoir été invité.

La Grande Forêt est entourée par d’immenses plaines parsemées de bosquets. On peut apercevoir ça et là des menhirs, des cairns et des cercles de pierre. Ces lieux, puissamment enchantés par les elfes eux-mêmes, sont là pour protéger la forêt des intrus, autant que pour protéger les royaumes voisins de la colère de cette dernière. Cette plaine est ainsi sa véritable frontière, mais elle se modifie sans cesse, car les arbres luttent pour reconquérir les terres dont ils furent chassés quand les humains défrichèrent leurs royaumes jadis. Lors des printemps les plus vigoureux, il arrive que les arbres renversent certaines de ces pierres gardiennes et que leurs jeunes pousses s’implantent au-delà. Lorsque cela se produit, les Tisseurs de Charmes elfiques usent de leur magie pour limiter l’expansion du bois. Cela n’est cependant pas pour protéger les humains, même s’ils le font ce faisant. En réalité, ils agissent ainsi dans le but de maintenir l’équilibre de la forêt. Bien que l’instinct des arbres les pousse à étendre leurs racines sur le monde, les elfes sylvains savent que l’unité de la forêt fait sa force. Si les arbres devaient trop s’étendre, ils perdraient de la magie des lieux, et la forêt se dépérirait peu à peu, s’affaiblissant elle-même.
Cela n’empêche pas les elfes sylvains, quand la colère de la forêt, grandissant sans cesse, les contamine, de lui permettre de s’étendre sur des royaumes entiers !

L’histoire de la Grande Forêt

L’histoire des elfes sylvains trouve son origine dans la communion des elfes avec la nature. A l’époque des Anciens déjà, alors que la plupart des elfes vivaient dans des villes, plusieurs familles avaient préféré emménager en pleine nature, aux côtés de la merveilleuse création des dieux. Ils en sortaient fréquemment, dès que les guerres le nécessitaient, mais étaient peu à peu rejoint par d’autres familles d’elfes, pour finir par former un peuple entier.
Ce ne fut une surprise pour personne lorsque finalement, ces familles choisirent de rester sur le continent alors que Malene et les elfes blancs partaient. Ces familles, qui étaient devenues un peuple à présent, devinrent les elfes sylvains.
Ils s’installèrent dans toutes les forêts du monde. On appelait les clans en fonction de leur forêt d’habitat. Le clan des elfes du désert et des elfes des profondeurs ne choisirent pas une forêt, mais là n’était pas la question. Par la suite, l’histoire des royaumes sylvestres est l’histoire d’un peuple qui vit reclus sur son territoire, paisiblement, mais qui n’hésite pas à la défendre si nécessaire, et ce de manière féroce.
Récemment, les elfes sylvains changèrent de politique et se mêlèrent soudain des affaires humaines. Pour venger le meurtre de Fartaën, leur père à tous, les elfes sylvains détruisirent en effet le royaume de Sejer, tandis que partout dans le monde, les autres communautés commençaient à attaquer, dans la mesure du possible, les communautés humaines autour d’elle. Cette action fut heureusement pour les humains fortement limitée par les mésententes au sujet de cette contre-attaque entre les elfes sylvains et l’absence des portails elfiques. Aujourd’hui, si l’enthousiasme de la contre-attaque a laissé place à des disputes internes au peuple sylvain quant au sort des communautés qui les entourent, créant une indépendance totale des royaumes les uns par rapport aux autres, il ne fait nul doute qu’ils sont plus que jamais prêts à défendre leurs domaines, et en particulier la Grande Forêt, lieu de mythes s’il en est.


Les peuples de la Grande Forêt

Les elfes sylvains ayant établi leur demeure dans la Grande Forêt sont donc là depuis la Chute des Anciens. Au fil du temps, ils se sont liés à leur habitat à un point tel que leur nature intrinsèque a évolué pour refléter la forêt elle-même. Ils se sont progressivement détachés des autres peuplades d’elfes sylvains, conduisant au schisme récent, et sont devenus secrets, méfiants et repliés sur eux-mêmes. Leur destin est désormais lié à celui de la forêt dont ils sont les gardiens : Si elle venait à disparaitre, la plus grande communauté elfique du Vieux Continent disparaitrait avec elle.
Les elfes de la Grande Forêt sont grands, agiles, élancés et d’une démarche gracieuse, comme tous les elfes. Ils sont en outre intelligents, intuitifs et leur esprit est aussi vif que leur corps. C’est à son visage que l’on peut commencer à remarquer des différences entre un elfe de la Grande Forêt et un autre elfe. Le visage des elfes de la Grande Forêt rayonne de beauté, comme tous ceux des elfes, mais une beauté plus sauvage, moins nuancée. Leurs yeux sont clairs, souvent violets, et les cheveux sont blonds ou gris argent, comme des fils de métal précieux, toujours fins et portés très long. Certains, plus rares, ont des cheveux noirs corbeaux avec des reflets bleutés. Leur peau est pâle, même selon les critères elfiques, peut-être parce qu’ils passent la plupart du temps dans la pénombre des sous-bois et dans la lumière tamisée des étendues boisées. Aux sens développés des elfes, ils ont ajouté une communion incroyablement aisée avec la nature. La nature de Ryscior est un être vivant à part entière, cela, nombreux sont ceux qui le savent. Mais seuls les elfes de la Grande Forêt, et les centaures qui vivent avec eux, entendent son chant. La seule exception connue à cette règle est la Druidesse Tavish des Îles de Jade, fille de la nature entre toutes.
Les elfes de la Grande Forêt vivent en cohabitation avec les centaures, vivant et s’établissant parmi les arbres, chassant ou récoltant les ressources disponibles. Isolés du reste des elfes et devant adapter leurs traditions, leur art et leur magie ont varié depuis cinq millénaires. Leur principale source d’inspiration est la nature qui les entoure, avec laquelle ils développent une communication innée et se sentent en parfaite harmonie.
Les elfes de la Grande Forêt se considèrent de façon un peu orgueilleuse comme les seuls véritables elfes de ce monde, car ils sont les seuls à embrasser totalement la nature profonde dudit monde. A l’image de la nature, le peuple de la Grande Forêt ne s’encombre pas de rituels et peut accomplir des actes extrêmes, aussi bien dans le domaine de la générosité et de l’altruisme que dans celui de la cruauté : Ils peuvent parfois sembler capricieux ou cruels, quoiqu’en vérité chacun de leurs actes néfastes soit contrebalancé par une action généreuse.
Quelle que soit leur terre d’adoption, les elfes sont appelés à vivre un millénaire et les centaures un siècle et demie, et lorsqu’ils sont adultes, le temps n’a que peu d’emprise sur leur apparence. Ils ne sont cependant pas immortels, et lorsqu’un habitant de la Grande Forêt trépasse, son corps est confié à la forêt : La famille du défunt procède à son inhumation, sans cercueil, afin que sa dépouille nourrisse les arbres qui l’ont lui-même nourri chaque jour de sa vie. Cette tradition est très importante dans la Grande Forêt, au point que si l’un de ses habitants en meurt loin, il faut le ramener à la Forêt pour l’entourer, même si des tours entiers de voyage sont nécessaires. Si les contraintes de la guerre empêchent les habitants de la Grande Forêt d’enterrer leurs morts en temps de crise, ils laissent les corps à d’autres habitants, moins civilisés, comme les tréants, les dryades, les dragons forestiers, ou n’importe quelle créature de la Grande Forêt prête à se nourrir sur un morceau de chair. De telles pratiques dégoutent les elfes des autres contrées, qu’ils soient noirs, blancs, du désert, des îles, du nord, car la race elfique fut depuis l’âge des Anciens plus favorable à la crémation des corps.
Les elfes de la Grande Forêt sont à l’image de cette dernière : Capricieux, pleins de colère et imprévisibles, ne suivant aucune notion de bien ou de mal selon les critères des autres races. Tout comme un lac aux eaux calmes et pures, ils peuvent sembler amicaux et magnifiques, avant de devenir soudainement aussi effrayants et destructeurs qu’un orage d’été. Pour chaque intrus reconduit pacifiquement aux frontières de leur domaine, un autre est abattu sans pitié et son cadavre abandonné au beau milieu de la forêt. Des ossements jonchent les abords des arbres, des tiges de flèches fichées dans les orbites des crânes ou émergeants des cages thoraciques. La végétation recouvre rapidement ces avertissements macabres, à moins qu’ils ne soient auparavant rongés quelque habitant des sous-bois.

La religion de la Grande Forêt

Les elfes sylvains ne font qu’un avec la nature, et entendent son chant. Leur vie, toute leur existence est vouée à une seule et unique divinité : Elÿe. Cerumnos et les Dames des Saisons trouvent grâce à leurs yeux, et un culte mineur leur est voué, car ils sont une part entière de la nature, qu’il ne serait pas bon de négliger.
Mais c’est bien Elye qui est la plus vénérée dans la Grande Forêt. Les fêtes rendues en son honneur, les jours sacrés pour les elfes sylvains, sont impossible à dénombrer, car chaque famille lui voue son propre culte.
Les centaures, pour leur part, ont une relation privilégiée avec Cerumnos plus qu’avec Elye. S’ils sont tout comme les elfes sylvains de fervents défenseurs de la nature, ils équilibrent la vision qu’en ont les elfes en se souciant plus des animaux que des plantes. Quand les tisseurs de charmes elfiques parlent aux arbres et combattent à leurs côtés, les centaures, pour leur part, font raisonner dans la forêt de puissants brames, à l’appel duquel Cerumnos fait répondre des animaux de toutes sortes.
Bien sûr, les rôles peuvent parfois, à l’échelle individuelle, être échangés, mais il n’en demeure pas moins que c’est généralement ainsi que se répartissent les choses. Il serait cependant stupide de croire qu’un elfe sylvain pourrait inutilement faire souffrir un animal, ou un centaure faire du mal aux arbres. Une telle erreur risquerait d’ailleurs bien de se payer de la vie de l’inconvenant, car ce qu’ils ont le plus en commun, c’est avant tout un amour profond pour la Grande Forêt. Et surtout, surtout, le fait de partager la colère de cette dernière.

Puissance militaire

Les peuples de la Grande Forêt gardent cette dernière sans relâche. Même ceux qui y pénètrent sans mauvaises intentions suscitent suspicion ou agressivité, et connaissent souvent une fin prématurée, au cours d’une embuscade violente mais en même temps très rapide (la plupart n’ont même pas le temps de se rendre compte qu’ils sont attaqués, qu’ils voyagent seuls ou en groupe). Il est très difficile de rencontrer ou même d’apercevoir un habitant des lieux à moins que ce dernier ne le veuille vraiment. Si un intrus s’aventurant dans leur royaume arrive à en apercevoir un même du coin de l’œil, même une simple silhouette dans les fourrés, cela sera probablement sa toute dernière vision.
Les habitants de la forêt, elfiques ou centaures, ou d’autres créatures plus exotiques encore, n’ont que mépris pour la guerre telle que la conçoivent traditionnellement les peuples du continent. Les lignes de bataille bien ordonnées, les étendards claquant au vent, rien de tout cela ne trouve grâce à leurs yeux. Ils y préfèrent largement les initiatives individuelles ou les embuscades dans les bois, rapides et meurtrières, évoquées plus haut.
En raison de cela, quand les osts forestiers se mettent en marche, ils pourraient sembler catastrophiquement désorganisés aux généraux des autres nations. C’est parce que les peuples de la Forêt sont en harmonie totale avec la nature et combattent donc avec une capacité d’adaptation aux conditions (climat, terrain, actions des camarades au combat) qui surpassent celle de n’importe quel autre peuple du monde. Ajoutés à cela l’agilité et la vitesse naturelle des elfes, dans le cas de ces derniers, et on comprend bien pourquoi souvent, la cible de cet ost n’a même pas le temps de se défendre, quand elle a eu celui de s’apercevoir que cette armée fluctuante, avançant puis s’égayant comme un tourbillon de feuilles mortes, était sur elle. Et après tout, les elfes de la Grande Forêt ne sont-ils pas les meilleurs archers du monde ?

Le régiment de renom : Les danseurs de guerre


« C’était à rien n’y comprendre monseigneur. L’attaque a commencé par une pluie de flèches venant des arbres. Avant même que nous ne comprenions qu’on nous tirait dessus, beaucoup d’entre nous étaient morts. Ceux qui ont tentés d’attaquer les archers à couverts se sont heurtés à des êtres monstrueux, semblables à des arbres mouvants… Puis ensuite leurs guerriers sont sortis de leur couvert. Et c’est à ce moment seulement que le massacre a commencé. »
=> Capitaine Gorlois de Salicar.

Les Danseurs de Guerre de la Grande Forêt parcourent cette dernière en troupes très soudées qui s’aventurent sur des sentiers secrets que peu connaissent ou osent emprunter. S’ils sont les bienvenus dans les demeures elfiques, les autres elfes sylvains les perçoivent comme des individus sauvages et imprévisibles. Ce en quoi ils n’ont pas tout à fait tort, car si les Danseurs de Guerre observent les traditions sylvestres, leur attitude correspond effectivement à cette vision des choses. Les Danseurs sortent des frondaisons quand bon leur semble et peuvent disparaitre en pleine nuit s’ils le souhaitent. Ils ne se joignent aux autres elfes que s’ils en ont envie, et ne leur portent assistance que lorsque cela correspond à leur bon plaisir.
Les Danseurs de Guerre accompagnent les autres elfes dans leurs réjouissances musicales et accomplissent à l’occasion des fêtes des rituels de danse. Complexes, leurs chorégraphies retracent la mythologie ou l’histoire des elfes sylvains. Elles sont souvent accompagnées de chants. Cette forme de conte prévaut sur l’écrit pour chez les elfes sylvains.

Pour un Danseur de Guerre, même les autres elfes semblent se mouvoir lentement. Quant au reste du monde, ils le voient bouger péniblement, comme s’il avait en permanence des fers. Cela parce que chacun des gestes d’un Danseur se doit d’être d’une fluidité parfaite. Chaque mouvement se fond inconsciemment dans le suivant, si bien que le moindre d’entre eux évoque l’amorce d’une nouvelle danse.
Dédaignant le port de l’armure, ils s’ornent la peau de motifs torsadés et teignent leurs cheveux de couleurs vives. Ils incarnent ainsi les rôles de figures mythiques et de guerriers féroces, adoptant leur allure et leur style de combat, afin de rendre un hommage silencieux à celui ou celle qui a inspiré leur danse.
Les Danseurs de Guerre sont de sublimes guerriers, et deviennent redoutables lorsqu’ils entament une danse de guerre, car c’est à ce moment qu’ils donnent la pleine mesure de leur talent. Nul besoin pour eux de battre le rythme ni de suivre un ordre particulier : ils exécutent instinctivement les mouvements qui complètent la chorégraphie de mort de la troupe. Ils bondissent et virevoltent tout en délivrant une pluie de coups sur leurs adversaires et sont à même d’éviter les traits des archers d’une pirouette spectaculaire. Ils encerclent leurs proies tout en dansant au son d’une musique qu’eux seuls entendent, esquivent esthétiquement les attaques pataudes de leurs adversaires et les foudroient d’un coup imparable. Ils apparaissent ainsi comme des démons de la Grande Forêt, des êtres insaisissables qui ne peuvent être vaincus ni par la lame, ni par la magie, ni par la volonté.

Les bucherons jetaient des regards angoissés autour d’eux. Leur village avait besoin de bois pour passer supplémentaire pour passer l’hiver, aussi n’avaient-ils pas eu d’autre choix que de se rendre dans cette forêt que l’on disait hantée par des démons. Voilà pourquoi en cet instant, ils abattaient un arbre en faisant chantant et en souriant, comme toujours, mais ces chants sonnaient faux, les sourires étaient crispés, et les regards se concentraient sur les profondeurs des bois plutôt que sur l’arbre qu’ils attaquaient. Plus loin dans le champ se trouvaient six soldats, prêtés par le seigneur le plus proche. Mais cela ne rassurait pas du tout les malheureux.
Ils entendirent deux vois dans les bois. Plusieurs masculines, sans doute, et une de femme. Prudents, ils commencèrent à reculer. Deux flèches surgirent, et cueillirent deux d’entre eux en plein cœur. Les autres commencèrent à courir. Courir vers la lisière. Vers la liberté et la vie. Du moins l’espéraient-ils. Car à cet instant jaillirent des arbres des silhouettes, trop rapides pour que les bucherons aient le temps de voir s’il s’agissait bien d’être vivants et non de fantômes.
Les corps se mirent à rouler. Les bucherons haletaient. L’ennemi était partout. Un des bucherons observa, tout en fuyant. Dans la plaine, les mêmes silhouettes attaquaient les soldats. En se concentrant un peu, il parvint à établir qu’il s’agissait de grandes personnes fines et musclées à la fois, aux longs cheveux. Vêtus d’un simple pagne, ils exposaient leurs corps couverts de tatouages sans craindre les coups ennemis. Car ces derniers n’avaient pas le temps de riposter.
L’une de ces silhouettes lui fondit dessus. Par réflexe, il roula au sol pour échapper à sa lame. Mais il n’était pas visé. Son frère, derrière lui, s’effondra sur place, la gorge grande ouverte. En sanglotant, l’homme se releva, mais son corps refusa de courir. Il était le seul survivant. Les silhouettes continuaient à danser, et l’une d’elle s’approcha pour lui donner le coup de grâce… Puis immobilisa sa lame alors qu’elle caressait sa gorge. C’était une femme.

« Notre danse est finie. Tu vis, humain. Raconte à tous que les danseurs des ombres protègent ce lieu.
-Oui madame, dit l’homme en pleurant, et en sentant que ses entrailles s’étaient lâchées. »

Puis il vit un archer devant lui. Son arc était bandé, et le visait. Il était dissimulé derrière un masque.

« La danseuse des ombres a dit que je vivais ! dit-il en pleurant plus fort encore.
-Elle l’a dit. Moi pas. »

La flèche partit. Tandis qu’il tombait, ressentant un immense choc contre sa poitrine, l’humain put entendre l’archer faire le reproche à la danseuse de l’avoir épargné, et la danseuse de répondre que la danse était terminée… Oui, tout était terminé.


La Grande Forêt et le reste du monde

Les peuples de la Forêt dédaignent totalement le monde extérieur et ne se soucient pas du sort des autres peuples. Il arrive qu’ils prennent part à des conflits hors de leur domaine, mais cela reste rare et intervient uniquement lorsque cela sert les intérêts de la forêt, souvent au détriment des autres peuples, comme ce fut le cas il y a six tours, quand quatre royaumes humains furent engloutis par la forêts, alors pleine de colère. Elfes sylvains ou centaures, s’ils pouvaient vivre sans jamais sortir de leurs terres féériques, ils le feraient sans l’ombre d’une hésitation.
Malheureusement pour tout le monde, la Grande Forêt est constamment assaillie par des êtres désireux de la corrompre ou de la détruire, et ils n’ont d’autre choix que de combattre de tels envahisseurs. Outre les races maléfiques et les démons qui se complaisent dans la destruction de la nature, les humains et les nains souffrent très souvent du courroux de la Forêt. Ces races qui cherchent à dompter le monde naturel avec le feu et la hache, et ne voient les arbres que comme des outils, ou pire, un carburant pour leurs forges, n’ont pas leur place sous ces frondaisons sacrées.
Une race, depuis peu, trouve grâce aux yeux des peuples de la Forêt. Il s’agit plutôt d’un peuple. La Horde des orcs, dont les terres sont voisines de celles de Grande Forêt, vénère les arbres, même s’ils le font d’une façon encore primitive aux yeux des peuples de la Grande Forêt. Mais c’est en soit un progrès. Et il est vrai que les peaux-vertes se sentent chez eux dans les bois, et pour rien au monde ne défricheraient ces derniers. Cela en fait de bien meilleurs voisins que les humains aux yeux des elfes sylvains, des centaures, et des myriades de créatures qui vivent en ces lieux enchantés.

Personnalités notables

Filillë, Reine de la Grande Forêt


Tout comme Vamyse n’eut jamais que deux élus, la Grande Forêt n’eut jamais que deux souverains. Fartaën, puis après sa mort aux mains de bucherons humains, sa fille, Filillë. Fartaën mourut en elfe sylvain qui n’avait pas suivi l’évolution de son peuple. Alors qu’il sentait la colère de la Forêt monter, il tentait de la modérer, convaincu que les jeunes royaumes sauraient se modérer eux-mêmes et stopper cette destruction aveugle à la source de cette colère. Sa mort n’arrangea rien.
Filillë, sa fille, est à présent la reine de la Grande Forêt, et la nouvelle élue de Vamyse. Ainsi, des forces divines et naturelles coulent en elle. Filillë n’est certainement pas aussi patiente que son père, car alors que ce dernier vivait reclus dans les bois, travaillant à apaiser leur colère, loin des lieux où les humains défrichaient la lisière de la Grande Forêt, Filillë, pour sa part, luttait sur ces lieux et défendait ses terres. La colère de la Forêt, elle la ressentait au plus profond de son âme bien avant d’être couronnée reine. Et ceci n’a rien arrangé à la situation. Elle n’a pas seulement été choisie comme reine par les elfes, mais aussi par tous les peuples de la Forêt. Les centaures la nommèrent, les licornes touchèrent ses pieds de leurs cornes, les puissants tréants proclamèrent que la Forêt avait une reine, les dryades lui firent une couronne des fleurs de leurs propres arbres, les dragons forestiers eux-mêmes lui firent présents de parts complètes de leurs trésors, et ainsi de suite. Filillë est à n’en pas douter véritablement la souveraine de toute la Forêt.
Et en tant que telle, entendre sa voix comme personne auparavant fut une expérience nouvelle pour elle. Les peuples de la Forêt entendent le chant de ces lieux puissants en magie, Filillë se mit à lui parler directement. La colère qu’elle ressentait et qui l’animait au combat la pris, et la changea. Que reste-t-il de l’elfe qui était Filillë, fille de Fartaën avant tout cela ? Peu de choses à n’en pas douter. La Grande Forêt est un être conscient. Et si Fartaën, béni par Malene en personne, avait pu résister à sa volonté, Filillë s’est sciemment totalement abandonnée à cet être, pour en devenir un avatar. Et la Forêt n’a jamais décoléré.

Aralaë


Aveugle, Aralaë n’en est pas moins l’une des guerrières les plus redoutables de la Grande Forêt, peut-être la plus redoutable de tous les elfes sylvains. Ses yeux, elle les perdit lors d’un combat contre des hasdrubiens, il y a des siècles de cela. Les mages et prêtres elfes tentèrent tout ce qu’ils purent pour lui rendre la vue, mais rien n’y fit. Elle était destinée à rester aveugle. Démoralisée par ce coup du sort, la guerrière s’enfuit au plus profond de la Forêt, si profondément qu’elle atteignit des bois où nul elfe ne s’était aventuré. Elle souhaitait juste y attendre la mort, de façon honorable toutefois, en communion avec la Forêt, et la Forêt seule. Cette communion devait tenir la mort éloignée. Car en dialoguant avec les arbres, avec les bêtes et en se fiant à ses autres instincts, Aralaë apprit à voir autrement. Et ce n’était pas seulement d’autres sens plus développés. Aralaë ne fit très vite plus qu’un avec la forêt. Même sans jamais avoir été dans un bois, elle était capable d’esquiver toutes les racines des arbres, d’approcher un animal en sachant pertinemment où il se trouvait et à quelle espèce il appartenait.
Comprenant le don que la forêt lui avait fait, Aralaë se jura de l’utiliser à bon escient. Et cet escient était pour elle le fait de défendre la forêt jusqu’à son dernier souffle, car au moment où elle prenait cette résolution, c’était l’époque où la colère de cette dernière atteignait son paroxysme : Fartaën venait de mourir. Ressentant, comme tous les êtres de la Forêt à ce moment, une colère à nulle autre pareille, elle prit ses armes et participa aux guerres qui s’ensuivirent. Les siens la croyaient morte, et quand ils la virent revenir, des siècles plus tard, grande fut leur joie, modérée par les changements qu’ils constatèrent. Aralaë, celle qu’ils avaient connu, était morte. Ne restait plus qu’une guerrière aveugle et voyant pourtant bien plus que la plupart des elfes. Une guerrière que Filillë, fraichement nommée reine, appela « La flèche de la forêt ». Celle qui trouvait toujours ses cibles. Et Filillë était l’archère.

Elidyr


Si Filillë est une archère, Aralaë une flèche, qui est l’arc ? C’est Elidyr. Il ne fut pas toujours un héros. Dans sa jeunesse, c’était un noble lâche, dépourvu de force de caractère, et alors que les autres allaient au combat à sa place, il chassait et festoyait en compagnie douteuse, pour oublier sa honte.
Lors d’une de ces chasses, il fut désarçonné par son cheval, lui-même dégouté par son maître, et séparé de ses compagnons à l’exception de Skaryn, son fidèle faucon. Après avoir erré longuement, il déboucha sur une étrange clairière. Bien que le jour se fût levé à peine quelques heures plus tôt, un croissant de lune luisait très bas dans un ciel lugubre. C’était un spectacle à glacer le sang, mais Elidyr ne le vit que du coin de l’œil, son attention étant accaparée par la jeune elfe magnifique au centre de la clairière, et le démon à dix bras qui la menaçait. Le courage lui vint enfin, car même son cœur pleutre ne pouvait abandonner cette femme à la cruauté d’un démon. Sans même s’en rendre compte, il accourut à son secours et sa lance perfora le flanc de l’abomination. Rapide, le monstre aurait contre-attaqué et tué le jeune noble si Skaryn n’avait pas fondu du ciel pour crever ses yeux, permettant à Elidyr de dégager sa lame et de la plonger, cette fois dans le cœur noir de la créature. Lorsqu’elle s’écroula, le jeune noble ferma les yeux, impressionné par sa victoire et le courage qu’il avait manifesté. Lorsqu’il les rouvrit, le corps du démon avait disparu. Il regarda l’elfe une fois encore, et vit enfin au-delà de son apparence mortelle. Il comprit alors qu’il était en présence d’une manifestation de l’esprit de la Forêt.
Ils marchèrent longtemps sous les étoiles, et parlèrent de beaucoup de choses. La femme llui révéla maintes merveilles, et finit par lui faire une prophétie. Elle lui faisait don de la libération de ses peurs, parce qu’il allait devenir un héros, un symbole pour les elfes qui souhaitaient lutter contre les ténèbres à venir (elle parlait alors de la mort de Fartaën, que la Forêt avait anticipé, sachant que les humains ne se modèreraient jamais). Après cette conversation, Elidyr sombra dans un profond sommeil. A son réveil, il se trouvait dans sa chambre, avec des amis à son chevet. Ils lui dirent qu’il était tombé de cheval, et s’était évanoui. Lorsqu’il leur narra son histoire, ses amis ne purent s’empêcher de rire, et il feignit de rire avec eux, afin de ne pas passer pour un fou.
Dans les tours qui suivirent, il devint le héros sans peur que la Forêt avait prédit, et ses triomphes inspirèrent de nombreux chants, et Filillë fit de lui son champion royal et son amant. Une archère, un arc, une flèche. La Forêt a choisi ses armes, et sa colère ne saurait être mesurée.
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