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 [Terminé][PV Théoden]En rêve

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Dargor
Le Maitre de l'Intrigue
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MessageSujet: [Terminé][PV Théoden]En rêve   Dim 19 Avr 2015 - 21:58

Combien de fois le capitaine Théoden revivrait-il cette scène la nuit, alors qu’il était endormi ? Depuis un tour, cela était devenu une habitude. Des rêves récurrents pouvaient le hanter, mais celui-là en particulier était une plaie vive. L’amazone sur la route de Kelvin, dans ses bras, le corps mutilé par les brutalités de ses bourreaux. Bien qu’il ait fini, à force d’habitude, à identifier ce rêve, le capitaine ne pouvait jamais en changer la fin. Peut-être même ne le souhaitait-il pas, afin de ne pas changer la volonté qu’il avait depuis d’aider les sœurs de cette pauvre femme. Alors, comme chaque fois qu’il faisait ce rêve, il prit son couteau, et l’enfonça dans l’arrière du crâne de l’amazone.
Mais cette fois-ci, les choses allèrent différemment. Alors qu’elle venait de rendre son dernier soupir, le corps de l’amazone changea. Ses cheveux devinrent plus noirs, son visage perdit de ses couleurs pour devenir blanc comme la nacre, et peu à peu, le pagne qu’elle portait autour de la taille s’allongea pour former une grande robe blanche. Mais ce n’était pas tout. Un grondement se fit entendre, et au loin, une montagne apparut, semblant toujours plus se rapprocher à mesure que l’amazone se transformait. Finalement, quand elle fut assez proche, elle se révéla être une vague gigantesque, qui engloutissait tout sur son passage. Le capitaine, se relevant, l’attendit, sachant qu’il était illusoire d’espérer échapper à cette monstruosité.
S’il avait pensé qu’il serait brutalement arraché du sol et ne parviendrait plus à respirer, les poumons remplis d’eau, il en fut pour ses frais. L’instant d’avant, il était à l’air libre. L’instant d’après, il était sous l’eau, les pieds toujours rivés au sol, et n’ayant aucun mal à respirer. Bien que l’eau emplisse réellement ses poumons, elle ne l’étouffait pas, et il n’avait aucun mal à garder les pieds au sol. Comme si l’air s’était changé en eau, mais que cette dernière avait gardé toutes les propriétés de l’air.
L’amazone, à ses pieds, avait disparu.

Au loin, sous l’océan, se trouvait l’épave d’un navire connu par les humains sous le nom de Wicked Wench. Marchant sur ses planches, Ariel attendait patiemment l’humain dont elle avait pénétré les rêves. Il pouvait sentir sa présence, elle le savait. Peut-être ne savait-il pas que c’était une déesse qui lui produisait cet effet, peut-être l’avait-il compris. Là n’était pas la question. A tout le moins, il savait qu’il y avait désormais dans son rêve une autre personne que lui-même. Un être à la puissance extraordinaire, car chacun de ses pas produisait plus de fracas qu’une centaine de vagues gigantesques qui éclateraient sur les digues d’une cité. Mais plus encore, il pouvait sentir cette puissance tacite. La sensation qui le prenait, les dieux la connaissaient bien, car tous les mortels qui les avaient rencontrés en avaient parlé. Cette sensation de n’être qu’un être insignifiant face à une puissance monstrueuse.
Ariel aimait cette situation. Elle aimait qu’on la craigne pour ce qu’elle était. Non pas une déesse, mais l’océan en personne. Ce capitaine du Seigneur Emeraude voulait lui parler, elle l’avait compris depuis qu’il en avait pris la barre. Qu’il vienne donc, maintenant qu’il pouvait sentir sa présence ! Les distances en rêve étaient plus aisément franchissables, et la gardes des profondeurs étaient impatiente de savoir ce que le capitaine pouvait avoir à lui dire. Elle s’assit sur le bastingage du navire couché au fond de l’océan, attendant son interlocuteur. Autour d’elle, elle sentit du mouvement. Elle sourit. Les sirènes, ses demoiselles de compagnie, étaient capables de suivre leur maitresse partout où elle allait. Elle leur intima juste l’ordre de ne pas chercher à dévorer l’humain qu’elle croiserait, ce serait tout de même malheureux qu’on de ses marins ne le retrouve déchiqueté dans son propre lit lorsque viendrait le temps pour lui de s’éveiller. Elle les sentit nager autour d’elle, puis quand la silhouette de l’humain apparut à l’horizon, elles s’immobilisèrent, verticales, entourant leur maitresse comme si elles cherchaient à la protéger d’un quelconque danger.

Quand l’humain se présenta finalement devant elle, avant même qu’il n’ait le temps d’amorcer le moindre mouvement, ni de prononcer le moindre mot, Ariel fit peser sur lui un poids immense, le contraignant à se mettre à genoux.

« Bien, dit-elle, et sa voix sonnait parfaitement claire malgré l’eau qui lui entrait dans la bouche alors qu’elle parlait. C’était une voix puissante et grave. Je constate que tu sais tenir ta place. Qui es-tu, toi qui manie la barre de mon navire sans que je t’y ai jamais invité ? Réponds à ma question, il en va de ton existence. »


Dernière édition par Dargor le Lun 20 Avr 2015 - 21:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé][PV Théoden]En rêve   Lun 20 Avr 2015 - 19:09

Théoden, étrangement, mit bien moins de temps à reconnaître l'épave au loin devant lui qu'à comprendre ce qu'il se passait. Immergé sous l'eau, il se prit d'abord à paniquer alors que les volutes liquides des vagues soulevaient ses vêtements et faisaient ondoyer ses cheveux pleins de sang au dessus de son crâne. Il vit du coin de l'oeil les corps de ses dernières victimes se soulever paresseusement et rejoindre les cieux, maintenant assaillis par le bouillons furieux de ce raz de marée onirique dont la source restait encore bien mystérieuse. Le Capitaine tenta un pas en avant, surprit de ne pas pouvoir rejoindre la surface. Chose ardue lorsque l'on s'empêche d'ouvrir la bouche, de peur de se noyer. Son premier pas souleva un peu de terre, comme un nuage de fumée, et celle-ci se souleva à son tours, telles les feuilles des arbres bordant la route immergée qui se retrouvaient maintenant nues.
Se penchant, Théoden ramassa son sabre par terre, alors que son manteau était lui déjà bien haut au dessus de lui. Passant la ceinture par dessus sa tête, pour la faire reposer son épaule, il trouva le soutien du pommeau de son arme, et se rassura en l'empoignant avec vigueur. Car même dans ce spectacle qu'il détaillait maintenant, il n'oublia pas la silhouette fantomatique de ce navire à l'horizon.
A nouveau droit sur ses pieds, il tomba hélas à court d'air, et commença à suffoquer. Affolé, il chercha du regard un secours quelconque mais ne trouva que la hampe d'une lance fichée dans le sol pour s'appuyer. Les joues rouges, il ne tint pas plus et sa bouche s'ouvrit d'elle même, ainsi que son nez. Ainsi, alors qu'il s'abandonnait à l'eau, prêt à accueillir la mort, il se redressa, la tête levée vers les cieux. Mais jamais il ne se sentit emporté. Il ne sentit pas plus son âme s'envoler ou son corps tomber mollement ! En fait c'était comme... une profonde inspiration. Une profonde inspiration d'un air si pur qu'il lui brûla d'abord la gorge, et les poumons. Il voulu tousser mais il ne le pu. Car l'eau qui était maintenant en lui le tenait en vie. Et cette brûlure, il la reconnu vite. C'était le goût aigre et amer du sel. Ce sel dont on a le visage constamment fouetté depuis la barre d'un navire en pleine tempête...
Rouvrant les yeux, Théoden se prit à sourire légèrement. Peut-être était-il mort ? Et peut-être avait il alors rejoint le paradis des marins...

Car il voyait toujours ce navire, au loin.

Mais il ne pu prendre plus de temps pour réfléchir. Car à peine eut-il rouvert les yeux qu'une ombre noire glissa au dessus de sa tête, ondoyant avec rapidité. Cette ombre portait une queue large et pourtant arborait le buste d'une femme à peine couvert par des algues fraîches. Il ne put détailler cependant son visage mais cru apercevoir une de ces têtes que les armateurs taillent sous le beau-pré des navires, pour servir de figure de proue. Effrayé, il s'apprêta à tirer son arme avant de remarquer qu'il y avait en fait plusieurs de ses étranges créatures nageant en tous sens au dessus de lui. Il était visiblement illusoire de tenter quoi que ce soit.
Après un moment, Théoden baissa le regard vers le vaisseau posé dans le champs au loin et y vit une personne. C'était une bien étrange apparition. Toute de blanc vêtue, avec une épaisse tignasse noire, elle se tenait bien droit sur les planches du pont défoncé de la carcasse du Wicked Wench.
Il l'avait reconnu du premier coup, son navire. Ca oui. Comment aurait-il pu le rater ? Même dans cet état, le marin pouvait reconnaître son bijoux le plus cher même coupé en deux et dépossédé de ses mâts.
Relevant la tête, il vit que les créatures au dessus de lui s'en allait, à grand coup de queue et filaient comme des flèches droit vers la silhouette debout sur le pont qui semblait leur donner des ordres.
Il était maintenant évident que ce n'était pas un simple rêve. Théoden en était persuadé. Bien droit, il reprit donc sa marche, de moins en moins pénible sous l'eau et s'approcha. Plus il pouvait détailler la femme devant lui plus il réalisait l'importance de ce moment.

Ariel était là. Toute auréolée de lumière et accompagnée de sa cour de Sirènes.

Théoden se trouva étrangement arrêté, et finit écraser sous une force qu'il su commandée par la Grande Garce. Son genoux ploya en un instant et il se trouva prosterné devant le flanc de son propre vaisseau.
Le regard baissé, il se priva de tout commentaire sur la manière inutile dont elle l'avait fait plier, puisqu'il l'aurait fait de lui-même. Mais elle était une déesse après tout et il aurait été folie de commencer ainsi une conversation pareille.

"-Bien," avait-elle dit avec majesté et néanmoins une petite pointe d'amusement "Je constate que tu sais tenir ta place."

Théoden ne releva pas non plus cet affront, et se contenta d'écouter, appuyé sur son genoux, tête baissée.

"-Qui es-tu, toi qui manie la barre de mon navire sans que je t'y ai jamais invité ? Réponds à ma question, il en va de ton existence."

La menace arracha une légère grimace au Capitaine qui s'efforçait de rester calme, et de garder contenance.

"-Je suis le Capitaine Théoden, Divine Ariel. Je suis aussi le Capitaine du vaisseau sur lequel vous vous tenez et l'homme en charge de vous représenter à travers le monde.

-Je ne crois jamais t'avoir choisi pour me représenter, mortel."

Théoden se mit légèrement à trembler, à cette annonce. Tout ce qu'il avait cru, tout ce qu'il avait espéré et tout ce qu'on lui avait laissé croire s'était avéré faux. Il n'était guère plus que le concierge, à bord du Seigneur Emeraude ! C'était un premier coup difficile. Un coup dont il aurait du mal à se remettre.
Néanmoins, il inspira profondément et répondit, la tête toujours basse.

"-Le Duc Medron me fit offre de votre navire après la disparition du Capitaine Léocadas. Justifier mon titre est la première chose qui m'a poussé à vous appeler.

-Nous verrons cela. Que me veux-tu d'autre ?

-Vous prier de m'accorder le droit de confier à navire à Phadransie, la traitresse dévouée que l'on accuse d'avoir vendue le Capitaine Leocadas. J'oses beaucoup malgré mon peu de pouvoir, j'entends bien, mais elle me serait bien plus utile ainsi."

Théoden serra les dents, une fois sa phrase conclue. C'était beaucoup demandé d'un coup ! Il se savait en danger, peu importe ses mots mais là il du bien s'avouer provoquer de lui même la tempête.

"-Phadransie la Noire mérite ce qui lui arrive." répondit Ariel, avec fermeté et force.

"-Loin de moi l'idée de remettre cela en cause. Néanmoins si vous espérer éviter que toutes les flottes du continent meurent lentement sous les assauts des Elfes Noirs, il vous faudra accepter mon offre.

-Que m'importe que les flottes du continent soient écrasées par celles des elfes noirs ? L'océan n'en sera pas changé."

Tiens, encore un mauvais pour le Capitaine...

"-Si cela arrivait qu'adviendrait il de toutes vos prêtresses à leurs bords ?" tenta le marin, pour se rattraper.

"-La mort n'est qu'un changement d'état.

-Je ne suis pas convaincu que votre culte apprécie le changement d'état.

-Mon culte est soumis à mon plaisir.

-Plaisir qui ne durera guère longtemps à ce train là."

Ariel sembla mal prendre cette dernière remarque. De rage, elle fit un pas en avant et la carcasse entière du Wicked Wench se mit à grincer, alors que d'une voix puissante, soufflant l'eau, la terre, l'herbe et les débris autours de Théoden elle hurlait :

"-SUFFIT ! Mon royaume est à la disposition de tous les marins, que m'importe leur race ? Et j'ai aussi des prêtres parmi les elfes noirs ! Tu ne veux tout de même pas que je prenne parti dans un conflit aussi insignifiant que celui qui oppose plusieurs nation mortelles ?"

Théoden se mordit la langue, espérant parvenir à se reprendre et à rattraper son erreur. Il changea donc de tactique..

"-Je vous demande seulement d'offrir à votre favoris le moyen de défendre votre nom !" avant d'ajouter "Et que je sois englouti sur le champs moi, mon navire et mon équipage si quiconque m'en empêche le moyen !"

Ariel sembla légèrement surprise par son affirmation. Mais il ne su pas si elle en tira un quelconque plaisir ou si le défis la tentait assez pour s'amuser à le couler pour de bon. Mais elle sembla en tout cas se détendre sensiblement. En tout cas sa réponse n'arracha rien, ne fit pas trembler le sol et ne souleva pas les eaux...

"-Est-ce vraiment ce que tu souhaites ?

-J'ai juré de servir la grande garce, après tout."

Théoden n'eut pas le temps de réagir qu'Ariel s'était retournée, irritée par ses mots, et faisait un signe du regard à une de ses sirènes qui sans attendre fondit sur Théoden et le mordit furieusement en pleine épaule. Hurlant sa douleur, le Capitaine ne put rien faire, voyant son corps déchiré en lambeau par les crocs de la créature qu'il reconnu en un instant...
A une distance pareille il n'avait aucune chance de se tromper. Il en était sûr ! Cette sirène qui le dévorait avait les traits de son prédécesseur...
Cette sirène n'était personne d'autre que Brecianne Léocadas !
Déjà, Ariel la rappelait et la créature laissa le marin prostré dans un bouillon de son propre sang, une main contre l'effrayant creux dans son épaule. D'une voix profonde, la déesse reprit :

"-La reine des mers est mon titre. Et dorénavant, tiens ta langue, ou tu pourrais la perdre."

Théoden ne trouva rien à répondre de convenable. Il venait de perdre l'usage de son dernier bras valide !
Il sourit légèrement, laissant sa tête tomber en arrière.

"-Et comment... espérez vous... Ô Reine des Mers... que je vous serves... si je ne puis plus... donner mes ordres ?"

Son ton était celui d'un homme désespéré, malgré tout. Sa blessure n'arrangeait rien à son état d'âme et visiblement il avait prit conscience n'avoir plus rien à perdre. Au mieux, il se redressa en usant de son corps brisé pour faire contrepoids et il trouva assez d'équilibre pour se tenir sur ses jambes.
Ariel, visiblement plus par lassitude que par pitié ou par regret soigna sa blessure en un coup de poignet. Théoden fut libéré de la souffrance et retrouva des couleurs.

"-En quoi le fait d'avoir Phadransie la Noire comme sous-officier t'empêche-t-il de diriger ton navire ?" fit la Déesse, en rabaissant son bras.

Théoden joignit ses deux mains devant lui, les bras le long de son corps, et il répondit, sans lever le regard.

"-Je dis qu'elle est dangereuse. Elle était elle même dévouée à Brecianne et je la sais emplie de frustration."

Il faudrait mentir, se disait-il, puisqu'Ariel ne croirait jamais à la rédemption de Phadransie ou à sa volonté de servir avec franchise le Capitaine du Seigneur Emeraude. Alors aussi pénible que ce fut, il se résolut à cacher la vérité sur ses impressions pour obtenir ce qu'il désirait.

"-Alors fais ton travail. Tu es capitaine après tout." répondit-elle, passablement lasse.

"-Mais c'est votre volonté qui me l'imposa à mon bord. Et maintenant qu'elle y est j'ai trouvé moyen de vous servir encore mieux, si seulement elle pouvait commander sous mes ordres un second vaisseau.

-Tu veux te débarrasser d'elle ? Pourquoi ne pas simplement la chasser de ton bord en ce cas ?

-M'en débarrasser ? Non. Elle a quelques talents que l'homme aussi habile que je prétends être saurait exploiter.

-Je n'aime pas cette femme. L'avoir laissée en vie est déjà généreux.

-Vous la condamneriez à bien pire en la laissant si proche de la liberté et pourtant constamment sur le point d'être engloutie à la moindre erreur. Ne croyez pas que je vous demande un traitement de faveur pour elle. Juste commuer sa peine en quelque chose de plus pénible et surtout de plus...utile !"

Théoden grimaça. Il n'aimait guère devoir avoir à de tels recours. Et décider de présenter la chose ainsi semblait annoncer d'avantage un châtiment supplémentaire qu'une libération pour la pauvre Phadransie.

"-J'espère que tu as une demande plus raisonnable.

-Grande Reine, j'ai passé la quasi totalité de ma vie à respecter votre culte et à le pratiquer. Tout ce que je demandes c'est le moyen de mieux servir et d'honorer la mémoire de mes prédécesseurs en devenant Elu et en faisant de Phadransie un outil supplémentaire pour le Seigneur Emeraude.

-Cette femme n'est pas plus utile qu'une autre.

-J'ai le don pour jauger mes pairs. Et même si elle sera à la barre de son vaisseau, n'oubliez pas qu'elle reste et demeure chevillée au service du Seigneur Emeraude, quand bien même vous décideriez de m'en arracher.

-Chasse-la de mon navire. Qu'elle n'y remette plus jamais les pieds, elle souille son pont de sa seule présence. Et elle peut s'estimer heureuse que je laisse son enveloppe charnelle intacte !"

Théoden soupira, visiblement assez soulagé. C'était déjà un début. Il était temps que quelque chose marche !

"-Aura t elle le droit de renaviguer un jours ?

-COMME TU VEUX ! Je ne veux plus jamais la voir à bord du Seigneur !"

Théoden pâlit. Le souffle de la colère d'Ariel emporta encore d'avantage le sol autours de lui, déchirant la terre et exposant des abysses encore plus profondes au regard du marin qui pu en instant voir qu'autours de lui tout n'était plus que sable et noirceur. Il était seul.

"-Il sera fait selon vos désirs, Grande Reine." répondit-il en s'inclinant.

Théoden inspira profondément. L'heure décisive était là ! Il allait poser la question qui le rendait dingue depuis maintenant près d'un tour. Son avenir allait dépendre des prochains mots de la Déesse.

"-Quand à mon statut, Ô Reine des Océans ?

-Tu ne seras pas mon élu."

Théoden sentit la terre trembler à nouveau sous ses pieds. Mais pourtant Ariel n'usait d'aucun de ses pouvoirs... la tête plus basse encore qu'avant, il ne parvenait plus à respirer. Le sol ne tremblait pas. C'était lui ! Sa main sur le pommeau de son sabre ne parvenait plus à le serrer et sa stature entière s'affaissait, tout comme ses rêves entiers. La structure même de la vision que lui offrait Ariel, hébergée par son songe sembla subir un effondrement complet comme une bâtisse débarrassée trop tôt de ses soutiens. Dans ce cadre navrant de l'esprit d'un homme en train de s'écrouler résonna la voix faiblarde du Capitaine.

"-Aurais-je... ma chance de savoir... pourquoi ?

-Non." répondit Ariel avec la froideur et la dureté d'un juge. Cette déesse là n'avait visiblement de femme que les attribues.

Théoden jetait des regards en tous sens, la tête basse, semblant chercher une raison à tout cela. Il aurait préféré que Brecianne le tue, au lieu de simplement lui dévorer l'épaule ! Au moins n'aurait-il pas à le faire lui-même...

"-Je ne comprends pas ce que j'ai fait qui vous a desservit, Grande Reine." souffla-t-il.

Sa main dérapa lentement et glissa du pommeau de son sabre, alors qu'il tombait à genoux.
Ariel garda son air froid, ne le quittant pas un instant des yeux avec son air emplit de délectation.

"-Je n'aurai plus d'élu, capitaine. Plus jamais. Cela te suffit-il comme réponse ?

-J'ai un dernier souhait."

Répondit Théoden, éludant la question. Il aurait voulu hurler que non. Que cette réponse était loin de le satisfaire ! Il aurait voulu se relever, enjamber les abysses et aller supplier, chercher ses réponses dans le blanc des yeux de la déesse. Mais il n'en eut pas la chance. Il ne l'aurait plus jamais et devrait, le réalisait-il, vivre avec cette incompréhension. Alors, s'était-il dit, autant vivre le peu de vie misérable qui lui restait avec ce qu'il aimait.

"-Je t'écoute." répondit Ariel.

"-Je souhaites abandonner la barre du Seigneur Emeraude. J'aimerais... que vous me rendiez le Wicked Wench sur lequel vous vous tenez afin que je puisses espérer continuer ma route.

-Tu barres le plus grand navire de tous les temps, et tu en veux un autre ?

-Grand navire cible de toutes les nations du monde. Cet inconvénient serait surmontable avec les avantages d'un Elu mais votre volonté m'en prive. Alors oui, je désires abandonner la barre du Seigneur Emeraude et laisser derrière moi le cuisant échec de mes trente derniers tours d'existence."

Répondit Théoden, en levant finalement ses yeux éteins vers la Reine des Océans, mollement prostré sur ses deux genoux.
Ariel sembla amusée par sa remarque. Ou peut-être était-ce plutôt par la vision de l'état d'abattement dans lequel elle venait de plonger un brave Capitaine ?

"-Si tu le souhaites. Mais je pourrais donner le Seigneur à un elfe noir que tu détestes tant."

Ariel esquissa un nouveau sourire, le regard emplit de perversité. Mais Théoden ne réagissait plus comme avant et ce défis ne lui inspira rien de plus qu'une nouvelle vague de dégoût. Sa voix faible raisonna alors, dans les ténèbres de plus en plus présentes autours d'eux. La lumière de la déesse semblait disparaître. Non pas parce qu'elle manquait de puissance, mais parce que Théoden semblait se mourir de l'intérieur.

"-Je n'ai que faire de ce que vous ferez du Seigneur Emeraude, Grande Reine. Tant que mon véritable navire me revient vous pouvez bien l'offrir à qui vous le voulez.

-Qu'il en soit ainsi. Je renflouerai ton navire, et le coulerai au cours de la plus impressionnante tempête que le monde ait jamais connu à ta mort. Pour prix de ce marché, je donnerai le Seigneur Emeraude aux elfes noirs, à eux d'en faire ce qu'ils souhaitent. Cela te parait-il équitable ?"

Théoden eût à peine le temps de répondre par un hochement de tête que la vision se rompit brusquement. Le Capitaine s'était effondré sur le dos, le regard vide. Il se réveille dans l'exacte même position, au fond de ce grand lit qu'autrefois la Princesse Nynaeve avait occupé. Les yeux ouverts, fixant le plafond, il ne dit rien, ne bougea pas plus et respirait à peine. Toute son épaule, même intacte, sa chemise et les draps autours étaient imprégnés de sang. Il faisait largement jours et le navire avait le Continent bien en vue. Mais le Capitaine ne barrait pas aujourd'hui. A vrai dire, ce fut Gibbs qui s'en chargea après avoir découvert ainsi Théoden. Et pendant les deux mois qui suivirent jusqu'à l'arrivée dans les Marches d'Acier nul ne le vit à bord du Seigneur Emeraude...
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