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 [Terminé][EDDARD] Pleine Lune

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Eddard CrocD'Argent
Sorceleur
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MessageSujet: [Terminé][EDDARD] Pleine Lune   Ven 5 Juin 2015 - 21:38

     Ce Rp se situe plus de 5 ans après qu'Eddard ait finit sa formation de Sorceleur.

     Ils chevauchaient depuis l'aube, lui et Silver, alternant entre galop et trot rapide. Il était à présent midi et le soleil brillait haut dans le ciel. Le vent fouettait son visage et faisait virevolter leurs mèches argentées. Des jours qu'ils n'avaient pas vu un village ni croisé un seul humain, les hommes de ces contrées semblaient éviter la Grande Forêt au Nord d'Hasdruba.
Quand ils entrèrent dans l'épaisse forêt, leur progression se fit encore plus difficile. Le terrain vallonné empêchait la jument de galoper et les arbres, tortueux et resserrés ralentissaient leur course. 
Des arbres, uniquement des arbres et des nuits froides emmitouflées dans un couverture trop petite, sur le sol tapis de feuilles givrées, voila de quoi était constitué leur voyage.
A l'aube Eddard ouvrait les yeux, avalait un morceau de pain rassit, sellait Silver puis ils repartaient, s'enfonçant toujours plus profondément dans la lugubre forêt.

*

''Recherche Sang de Goules, achat à bon prix'' -Kalkstein l'Alchimiste


''Besoin d'aide pour labourage des terrres, apprenti malade. 1 pièce d'argent la journée'' - Amos le Fermier


Parmi la multitude de parchemins accrochées au panneau d'affichage, un attira l'attention d'Eddard :


''Attaque de bétail occurrent les nuits de pleine lune. Chasseur de loup recherché.'' -Esmerus Kourk


Eddard esquissa un sourire et arracha le parchemin d'un coup sec

*

     Le soleil se couchait à présent, les derniers rayons de soleil filtraient à travers le feuillage et illuminaient la forêt d'un vert éclatant. Eddard descendit de son cheval et posa pied sur un sol mousseux et humide. Il caressa la crinière blanche de sa jument Silver.
'' Gentille fille, tu as bien couru aujourd'hui '' 
Il lui enleva sa bride et elle s’ébroua, faisant virevolter sa crinière puis s'éloigna de quelques pas pour brouter une touffe d'herbe bien grasse.
Ils avaient fait halte dans une clairière au milieu de la forêt. Ici, les arbres paraissaient plus vifs, plus vivants. Un mal rongeait petit a petit cet endroit, mais le cœur de la forêt en était préservé, battant encore faiblement mais suffisamment pour écarter le mal. 
Eddard entreprit de trouver quelques branches de bois sec pour allumer un feu, ce qui fut peine perdue en cette saison. Même si certains arbres possédaient plus de branches mortes que de feuilles, elle étaient imbibées d'eau et inutilisables pour alimenter un feu. Il s'assit donc en tailleur au milieu de la clairière, et sortit un petit bocal en verre de sa bourse. Il ouvrit le couvercle et une faible lueur dorée éclaira son visage. Au milieu du bocal flottait une légère flamme, le feu éternel des alchimistes. Ce soir il devrait se contenter de ça.
Tout à coup il sentit une présence derrière lui. Il tourna violemment la tête et saisit la garde de Scylla dans son dos, mais il n'y avait rien. De toute façon il percevait cette présence depuis qu'il était entré dans la forêt, mais ce soir elle était plus près, plus forte. Il leva les yeux vers le ciel rempli d'étoiles à présent. Pleine Lune. C'était pour ce soir.

*

     '' Un loup garou ?! Non vous devez vous tromper, un simple loup galeux qui a faim de brebis voilà tout, un chasseur confirmé suffira ! dit Esmerus Kourk d'un ton agacé.
Après avoir relevé l'annonce sur le panneau, Eddard avait demandé où trouver son auteur. On lui indiqua la plus grande maison du village puisque Esmerus Kourk n'était personne d'autre que le maire.
'' J'ai cru comprendre que les attaques n'avaient lieu que les soirs de pleine lune, dit Eddard d'une voix calme et posée, les mains à plat sur la table devant lui.
Il se tenait attablé dans le salon du maire, ses armes toujours sur lui. A leur droite crépitait un feu dans la cheminée et devant lui se tenait Esmerus. Petit, gros, le crane dégarni et portant un peignoir de soie rouge. Il était pathétique.
- Vous avez bien compris. 
- Et depuis combien de temps durent ces attaques ? 
- A peu près un an. Au début je n'y prétais pas trop attention, après quelques temps, les paysans avaient l'air très en colère. Puis j'ai entendu des mots comme ''révolte'', ''soulèvement'' alors, comme je  suis une personne qui a le cœur sur la main, dit il en posant sa main sur sa poitrine, j'ai décidé de faire appel à un chasseur. Un chasseur, et non un Sorceleur !, dit-il en se levant de sa chaise et en lui montrant la sortie.
- Esmerus Kourk, rasseyez rapidement votre cul sur cette chaise, avant que je ne perde patience dit Eddard, toujours d'une voix très calme.
A la vue des yeux jaunes du Sorceleur brillant dans la lueur du feu, Esmerus se rassit lentement.
- Laisser un loup garou errer dans la nature c'est grave. Mais laisser errer un loup garoup dans la nature pendant plus d'un an, là ça en atteint la débilité. Plus le malade passe de temps dans sa forme de loup, et plus le retour vers sa forme humaine est difficile, surtout si il ne prend pas de traitement adéquat. Je crains d'ailleurs que ce ne soit déjà trop tard pour lui. Mais c'est encore un jeune loup, il ne s'attaque qu'à vos chèvres, bientôt il attaquera les villages à la tombée de la nuit et alors je serai déjà repartit. Et quand ce jour arrivera, je vous souhaite bonne chance pour vous débarrasser d'un loup garou mature.
A ces mots, Esmerus semblait nerveux. Il ne dit rien pendant un moment, prenant tout particulièrement soin d'éviter le regard pénétrant du Sorceleur assit devant lui mais il ne put se retenir plus longtemps et ouvrit la bouche :
- C'est le fils, de la laitière, avoua t-il. Il a été mordu quand il n'avait que 8 ans. On lui conseilla d'abattre l'enfant, mais elle aimait son fils, la folle. Comment peut-on aimer une abomination pareille ? Pendant 15 ans, elle a payé pour son traitement, mais elle est morte l'année dernière. Bien sur l'autre s'est enfui dans la forêt et c'est là que les attaques ont commencé. J'ai envoyé des chasseurs mais ils ne sont jamais revenu.
- Vous saviez que cette forêt abritait un loup garou, et vous avez quand même envoyé des chasseurs incompétents ? dit Eddard qui se battait intérieurement pour contenir sa colère.
- Ecoutez, nous ne sommes qu'une simple petite bourgade de 70 habitants, nous n'avons pas de quoi payer un Sorceleur, dit-il d'un geste de la main.
- Ah bon ? Eddard fixa le peignoir en soie que portait le maire. Son salon était recouvert de tapisserie délicate, ses canapés étaient en cuir et ses armoiries recouvertes de feuilles d'or remplies de couverts en cristal. Visiblement, il ne manquait pas d'argent.
Esmerus eut un rictus.
''Combien ?
- 30 pièce d'or 
- 2o
- 30
- 25
- Esmerus Kourk, allez me chercher 30 pièces d'or avant que je n'écrase votre face de porc sur le sol maculé de votre salon. ''
Esmerus poussa un grognement et se dirigea vers le buffet derrière lui, il ouvrit un tiroir qu'il vida entièrement, et, sous le double fond, il tira une petit bourse en cuir bien rebondie dont il prit 15 pièces d'or.
Il s'approcha d'Eddard et les jeta devant lui.
''Rammenez moi sa tête et  je vous donnerai le reste, dit-il avec aplomb.
Eddard pris les pièces et les fourra dans sa bourse. Il repoussa sa chaise et se leva. Il mesurait bien deux têtes de plus qu' Esmerus qui perdit un peu de son répondant.
''Je ferai mon possible pour ne PAS le tuer, en espérant qu'il ait encore un semblant d'humanité, sachez que si je le tue, vous aurez un mort sur la conscience" dit il en jetant un regard glacial au petit gros 3O cm plus bas.

*

     Deux grands yeux jaunes l'observait depuis les buissons de la foret.  Il demeurait assis près du "feu", emmitouflé dans sa cape dans la lueur argentée des étoiles.  
Tout à coup la bête sortit des fourrées et lui fonça dessus, faisant virevolter les feuilles au passage des ses quatre puissantes pattes qui s’enfonçaient dans le sol mol et éjectaient des mottes de boue derrière lui. Arrivé à son niveau, il se releva sur ses pattes arrières et fendit l'air de ses griffes acérées, qui s'abattirent sans un bruit sur la cape ... vide. Le loup garou fixa un instant sa patte dans laquelle était restée accrochée les lambeaux de tissus, l'air idiot.


Spoiler:
 



     Furtivement, Eddard atterrit sur le dos de la bête du haut de la branche sur laquelle il s'était planquée, pied en avant, projetant le loup garou au sol, qui parut un peu déconcertée mais ne tarda à se reveler et à charger une nouvelle fois vers son assaillant, bien réel cette fois ci, toutes griffes dehors. 
Eddard, impassible, esquivait les coups avec une agilité déconcertant, en pivotant son buste tantôt vers la gauche, tantôt vers la droit. Pourtant, la bête ne se décourageait pas et continuer de brasser l'air de ses immenses pattes. Sans cier gare, Eddard s'accroupit. Tandis que les griffes de la bête fusaient au dessus de sa tête, il se releva d'un coup sec, le poing vers le haut, et assainit un violent uppercut dans la mâchoire du monstre, accompagné d'une déflagration blanche qui le projeta plusieurs mètres plus loin. La rune placée à l'intérieur de son poing avait fait son effet. La bête s'écrasa sur le sol avec fracas, et roula encore sur plusieurs mètres, désarticulée comme une poupée de chiffon.
 
     Eddard s'approcha du loup garou, la tête légèrement penchée et ses yeux jaunes de félin brillants dans la nuit. Il se saisit de Scylla rangée dans son dos, dont les runes s'activèrent avec une  ardente lueur et un léger bruit métallique lorsqu’il posa sa main sur la garde. 
La bête reprenait peu à peu sa forme humaine : ses poils rentraient dans sa peau laissant place à une surface lisse et imberbe, ses crocs acérées rétrécirent jusqu'à redevenir de simples incisives humaines, plates et émoussées, quand à ses longues griffes aiguisées elles se résorbèrent jusqu'à reprendre l'apparence de banales ongles. Il faisait peine avoir, recroquevillé, nu comme un ver et ayant retrouvé sa taille normale à savoir pas plus d'1 mètre 70. En définitive, il devait avoir 20 tout au plus, un gamin, victime de la maladie qui le rongeait depuis visiblement des années et qui l'obligeait à prendre l'apparence d'un monstre sanguinaire et ce à chaque pleine lune. 


     Lorsque Edard arriva à son niveau, il avait achevé sa métamorphose. Eddard se surprit à prendre pitié pour ce gamin ; ses doigts se dessérèrent un peu du manche de son épée. Il avait repris forme humaine, c'était déjà un bon début, pensa-t-il, peut être qu'avait un traitement adapté il pourrait le rester...
L'autre ouvrit les yeux, à la vue du Sorceleur il prit peur et place son avant bras devant lui pour se protéger du coup d'épée. Il tremblait et était assagit de tics.
''Non, s'il vous plait, je vous en conjure, épargnez moi '' suppliait-il en pleurnichant.
Il était pathétique, mais Eddard ne détourna pas le regard. Il réfléchit un instant ... ''A quoi bon ...''. Il retira sa main de Scylla et la tendit vers lui.
L'autre fixa Eddard un instant, stupéfait, hésita quelques secondes puis s'en saisit :
'' Merci, mais je n'ai pas besoin de ton AIDE !! ''
Il avait dit le dernier mot dans un râle terrifiant, tout en entrainant vers lui le bras d'Eddard, qui fut projeté vers l'avant. Il avait repris l'apparence d'un loup garou et ses crocs putrides étaient tout prêt de déchiqueter la tête d'Eddard, mais ce fut sans compter sur les réflexes surhumains du Sorceleur, qui pivota le buste en une fraction de seconde, se positionnant sur le côte. Prit dans son élan, le loup garou avait trop avancé, et sa nuque était maintenant pleinement exposée.
Eddard extirpa sa main de l'étreinte de la bête puis se saisit de Scylla, empoignant la garde de ses deux mains avant d'abattre en un souffle la lame d'argent sur la petit surface osseuse et bosselée à la base de son crâne. 
Une giclée de sang vint arroser son visage et la tête du loup garou se sépara du reste de son corps et fut expulser quelques mètres plus loin.
Le calme avait repris sa place, tel un voile d'ombre s'étant abattu sur la forêt, seul la tête du monstre, roulant le sol tapis de feuilles mortes vint troubler ce silence de mort. La lune blanche et pleine se reflétait dans le sang noir de la bête comme dans un deuxième ciel. 
Eddard resta un instant immobile, fixant le cou fumant de la bête qui se retransforma peu à peu en humain. Après quelques secondes, il sortit un chiffon accroché à sa ceinture et entreprit d'essuyer sa lame. Il passa le tissu sur le bord tranchant plusieurs fois, avec délicatesse puis il rangea Scylla dans son fourreau. Il sentait la colère monter en bouillon dans sa gorge mais il restait impassible. Il aurait pu sauver cet enfant, si seulement il avait pu agir plus tôt. Il serra le poing et se dirigea vers le corps.
Il ramassa une brassée de feuilles mortes et l'en recouvrit jusqu'à ce que plus aucune parcelle de peau nue ne soit visible. Puis de ses mains il creusa un trou et y placa la tête. Il adressa une prière à Elis à et à Ohiel, afin que son âme soit emportée en paix et que justice lui soit rendu.
Quand tout à coup, venant de derrière lui, une légère brise, ruisselant dans les feuilles des arbres tel un murmure, caressa sa nuque. Il fit volte face.


Dernière édition par Eddard CrocD'Argent le Ven 23 Oct 2015 - 1:39, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé][EDDARD] Pleine Lune   Jeu 13 Aoû 2015 - 2:46

C'était comme si un halo élémentaire venait de se matérialiser en plein cœur de la forêt dans laquelle se trouvait le Sorceleur. Mais non avec soudaineté et brutalité, mais plutôt avec harmonie, comme si cette orbe appartenait à la forêt elle-même, et que de sa conscience propre, avait choisi de la dévoiler seulement maintenant. En fait, cette aura qui flottait doucement autour de l'homme au Croc d'Argent était la forêt elle même. L'esprit de la forêt.

Le Sorceleur se retourna en apercevant cette orbe soudaine se dessiner sous ses pieds. Il se trouvait dès à présent face à face avec ce qui semblait être des esprits de la forêt. Ou, comme les humains pouvaient les appeler, des Dryades. C'étaient de ces êtres quasi surnaturels qu'émanait la lueur limpide.

Spoiler:
 

Les Dryades étaient au nombre de trois, et bien qu'elles furent à une dizaine de mètres du Sorceleur, elles lui paraissaient être toute proche. Elles avaient une forme féminine, tout en courbe et en délicatesse, à la seule différence que leur peau était écorce, leurs pieds racines et leur robe faite de feuillage cascadant jusqu'à ce qui s'apparentait à leurs chevilles. Elle s'étaient matérialisées soudainement, sortant du cœur de la forêt.

-Sois le bienvenue dans notre domaine, dit l'un des Dryades en levant son bras, paume dirigée vers Eddard.

Le Sorceleur lui rendit son salut une fois s'être redressé. L'aura verdoyante qui émanait de cette créature venait de se faire moins puissante à présent, et Eddard avait enfin la possibilité de plonger son regard dans les leurs. Leurs iris étaient à l'image de la forêt. Un mélange d'or, de brun et de vert.
L'une des trois Dryade avança alors vers son interlocuteur.
De mémoire, Eddard ne se souvenait pas que les humains appréciaient les Dryades. A l'inverse, les Dryades pouvaient estimer certains humains, au souffle si vite périssable. Mais elles estimaient encore plus celui-ci, dernier des Grands Mages Doré de ce monde, et qui mêlait si souvent ses pas aux sentiers forestiers, ce qu'Eddard était bien en mal de deviner en cet instant.

Là où les autres rôdeurs se déplaçaient bruyamment à l'ombre des forêts, celui ci semblait voler au dessus des sentiers tant il prenait grand soin de ne pas fouler trop fort les jeunes plants, de ne pas briser les brindilles tombées au sol et ne pas détruire ce que la nature prenait plaisir à engendrer.
Là où ses pères avant lui aimaient se détendre dans les villes humaines, en buvant de la boisson humaine et partageant leurs exploits guerriers avec d'autres humains, celui là se plaisait bien davantage à écouter le chant de la rivière lorsqu'elle s'aventurait hors de son lit, et y tremper ses mains pour en récupérer le liquide clair qu'il portait à ses lèvres.
Tandis que certains anciens Sorceleurs de Magie Dorée arrachaient les herbes dont ils avaient besoin pour leurs potions, jouissant du sentiment de fierté d'être parvenu à trouver l'ingrédient ultime, cet homme ci adressait toujours une prière à Elye, la Déesse Mère, avant de détacher de la terre uniquement la quantité nécessaire à sa réalisation.

Depuis toujours, les Sorceleurs luttaient contre les abominations de ce monde, au péril de leur vie. En ceci, cet homme là était meilleur que beaucoup d'autres.

A présent, l'heure était sombre pour les créatures de la forêt, et il était temps pour elles de quérir l'aide des Sorceleurs humains. Après tout, cet Eddard leur avait bien prouvé qu'il n'était pas mal intentionné vis à vis de la forêt et des créatures y vivant.

-Notre sève se réjouit, dit l'une d'entre elle. Mais la réjouissance est assombrie. Nous avons un message pour toi.

Eddard marqua un temps d'arrêt. Il semblait réfléchir à ce que venait de lâcher les créatures merveilleuses en face de lui.

-Quel est donc ce message ? Demanda-t-il.
-Un message qui concerne la Grande Forêt, reprit la Dryade à la gauche de celle qui avait parlé en premier.
-Un appel à l'aide de la Grande Forêt, ajoute la troisième.
-Tu te mettras en route immédiatement après l'avoir entendu, il le faut, reprit la première Dryade, placée au milieu.

Le Sorceleur acquiesça de la tête. Cela semblait l'embêter de quitter les bois au nord d'Hasdruba sans retourner au village avertir les miséreux de la mort de l'un des leurs. Pour l'encourager à le suivre, la créature de bois lâcha d'une voix suave.

-Les âmes vont toutes chez Canërgen, quoi que devienne leur corps ici bas. Tu lui as offert une sépulture raisonnable et sincère, dans le cœur de la terre. Ceux qui lui étaient proches sentiront au fond de leur cœur que son âme à trouvé la quiétude. Il est dans l'ordre des choses que ce qui s'est élevé de la terre retourne à la terre. Nous prendrons soin de son corps.

La Dryade à droite reprit.

-Maintenant tu dois nous prêter oreille, petit Sorceleur.
-Il est rare que les Dryades abandonnent leur rôle de gardiennes des bois ou les festivités des Elfes Sylvains, pour s'entretenir avec un humain, poursuivit la Dryade du milieu, qui semblait être la plus raffinée, et en soi peut être même la reine des deux autres.
-En fait, c'est même l'une des premières fois que ça arrive, de mémoire de Dryade ! ajouta la créature placée à gauche. Ce qui n'est pas pour me plaire, continua-t-elle avec ce qui semblait à un sourire, celui ci est plutôt mignon !
-Dëlen ess loué Soer'cess Reprit celle du milieu dans ce qui paraissait être leur propre langage, calmant d'un geste de la main la jovialité de sa compagne d'un air sérieux.
-C'est un humain Sorceleur, traduisit ladite Dryade à l'attention d'Eddard soulignant le fait qu'il y avait des manières à respecter -et visiblement des choses à ne pas dire à la légère !-
-Je suis Sorceleur oui, mais j'ignore toujours de quoi je devrai vous sauver, dit sagement celui ci.

Ce fut la créature à droite, celle qui avait peu prit la parole, qui lui répondit.

-Notre souveraine va te le dire.
-Telle est ma mission, oui. Je vais tâcher de t'expliquer pourquoi nous, soeurs Dryades de la Grande Forêt, avons décidé de quérir l'aide d'humains tels que toi. La Grande Forêt est malade. C'est une fièvre venant du Nord qui la ronge, doucement. Un mal noir tel que nulle créature ici n'en a jamais connu. Mes semblables se meurent. Les oiseaux fuient l'origine de ce fléau et désertent la quiétude des arbres. Des créatures de la forêt ont été retrouvées mortes la nuit, vidées de leur sang. Ce mal ronge toute la forêt, il ne se montre pas au grand jour et sous sa véritable forme, mais il est là. Au Nord. A l'Ouest. Il nous faut de l'aide, afin de partir en éclaireur et trouver l'origine de ce mal.
-Au Nord-Ouest ? reprit Eddard en réfléchissant. Que peut il bien y avoir là bas ? Et pourquoi ne pas quérir également l'aide de la communauté Sylvaine ? N'habitent-ils pas la Grande Forêt ?
-Ho tu sais, reprit la femme de bois à gauche du trio, avant que la communauté Elfe se décide à agir...

Elle fut de nouveau bousculée par celle du milieu.

-Afin que tu rejoignes plus facilement la source de ces maux, nous mettons à tes côtés les plus fins coursiers de la Grande Forêt.

A présent que l'homme se tenait devant elle, les Dryades pouvaient clairement lire en lui, comme dans un livre. Et ce qu'elles lisaient était explicite : il avait toujours eu l'habitude de résoudre ses quêtes seul, mais un peu d'aide pour cette mission lui serait certainement la bienvenue.

Soudain, deux loups gris argent, aux yeux brillant, et d'une taille gigantesque jaillirent des fourrées dans le silence le plus total. Ils ne lâchaient pas le Sorceleur du regard, qui semblaient rassuré que ces ''fins coursiers'' ne soient pas bipèdes.

-C'est l'animal de votre maison, n'est pas ; Eddard CrocD'Argent, dit la souverraine avec un sourire.

''Comment connait-elle mon nom'', pensa le Sorceleur.

-Leur taille permettront de vous porter sans soucis, Sorceleur, reprit la Dryade, et ce jusqu'au delà de la lisière. Leurs coussinets sont souples, leurs muscles développés. Et leur vision nocturne vous permettra de voyager même de nuit.
-Ma jument Silver se chargera de me porter à destination... Mais, mes oreilles me jouent-elles des tours ou avez vous bien dit ''Vous'' ? demanda Eddard en approchant doucement des deux loups, apposant délicatement la paume de sa main sur la tête argentée de l'un d'entre eux qui ne broncha pas.
-Oui ''vous'', ajouta la souveraine en dissimulant un sourire en coin, tu n'es plus le premier Sorceleur à fouler le sol de notre Royaume...

A ces mots, Eddard se retourna, les sourcils froncés. Plus loin, de derrière un arbre, une jeune femme venait de faire son apparition.


Spoiler:
 


Elle sourit à Eddard lorsque leurs regards se croisèrent.

-Eddard Croc D'Argent, dit-elle d'une voix flottant comme un courant d'air, cela commence à faire longtemps.
-Oui, cinq Tours.
-Cinq Tours, répéta-t-elle.

Il s'agissait d'Alizée Hyacintho, Sorceleuse et descendante de la plus puissante famille de Mages Bleus de Ryscior.

-Je savais que je te trouverai ici, reprit-elle la voix légère et le timbre se fondant parfaitement dans le décor l'environnant. J'ai vu nos retrouvailles dans les étoiles.
-J'ignore quel est ce mal qui frappe la Grande Forêt, reprirent les Dryades. Mais la route du Nord vous mènera droit en terres glacées.
-En Nova, dit Eddard.
-Ou en Salicar, tonna Alizée dans ce qui paraissait être un glas ultime.
-Pourquoi Salicar ? demanda-t-il.
-Les vents sauvages qui viennent à moi tourbillonnent depuis Nova et bien plus haut encore. J'entends ce qu'ils me disent. Ils évitent le royaume de Salicar comme la peste.
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Eddard CrocD'Argent
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MessageSujet: Re: [Terminé][EDDARD] Pleine Lune   Mar 20 Oct 2015 - 0:59

'' Il est tant pour nous de nous retirer, dit la Dryade qui se trouvait au milieu des deux autres.  Vous pouvez dormir ici ce soir,  vous aurez besoin de repos pour affronter le périple qui vous attend. Les Elfes ne vous attaqueront pas, néanmoins, prenez la route à l'aube, les humains ne sont pas les bienvenus en ces lieux. "
- Personne n'est le bienvenue dans le Royaume des Elfes, dit celle de gauche en haussant les épaules, a part peut être les Elfes eux mêmes, et encore, je me souviens de cette Elfette qui une fois s'était prit un ...
- Les Royaumes du Nord sont emplis de mystères Sorceleurs, reprit celle du milieu, il y règne une magie restée sauvage et destructice, méfiez vous en. ''

    Puis, en un éclair, les trois Dryades qui se tenaient jadis devant les deux Sorceleurs avaient repris l'apparence de simple arbre, qui gardaient néanmoins certaines courbes humaines.
Le silence retomba dans la clairière. Seul le hululement d'une chouette au loin vint troubler le calme de la nuit.

    Eddard se dirigea droit vers sa jument Silver.
Alizée perdit le sourire que lui avait éprouvé sa retrouvaille avec son ami d'enfance :
'' Eddard ? Que fais-tu ? demanda-t-elle en le suivant au pas.
- Je rentre en Hasdruba terminer ma quête.
- Ta quête ? dit-elle décontenancée. Mais de quoi est-ce que tu parles Eddard ? Nôtre quête nous amène dans le Nord, en Salicar.
- Je n'ai jamais travaillée pour des Dryades, ce n'est pas ce soir que je vais commencer. Libre à toi de venir avec moi, Silver est assez puissante pour nous porter tous les deux, dit-il en ajustant la selle sur le dos de sa jument.
-Eddard, tu ne comprends pas ...
Il grimpa sur sa jument.
- EDDDARD ! cria-t-elle.
Au loin on entendit les battements d'ailes d'un hibou ou d'une chouette qui avait pris son envol, effrayé par ce bruit soudain.
Les deux immenses loups s'étaient eux aussi interposés, et ils grognaient, retroussant leurs babines et montrant leurs crocs. A la vue des deux bêtes, Silver fit une embardée et Eddard du tirer sur les rennes pour la maitriser.
Apres cela, toujours paniquée, la jument gratta frénétiquement le sol de son sabot tout en soufflant dans ses naseaux.
- Cette quête n'est pas une simple mission comme nous avons l'habitude d'en faire. C'est bien plus important qu'une histoire de loup garou Eddard  ; il en va peut-être de l'avenir de Ryscior.
A ces mots Eddard leva les yeux au ciel.
'' Et merde, lacha Alizée pour elle même, qui semblait tout autant sceptique face à ses propres paroles.
- Je sais que ça peut paraitre bizarre dit comme ça mais crois moi, je n'ai jamais ressenti des vents magies aussi chaotiques, et récemment ils se sont intensifiés. C'est pour cela que j'ai décidé de venir dans le Nord, et ici, ils sont encore plus puissants que ce que je n'aurai pu imaginer. Je ne sais pas ce qui se cache en Salicar mais je peux t'assurer que ce qui y vit est démoniaque. ''
Eddard hésita un instant.
'' Désolé Alizée, mais ce n'est pas mon affaire. '' dit-il en faisant volter face.
Il fit claquer les rennes de Silver qui se mit en route, apparemment soulagée de fausser la compagnies aux deux loups géants.
'' Et si c'était Anassan, lacha soudain Alizée.

     A ces mots, Eddard s'arrêta net. Ses doigts se crispèrent sur les rennes de sa jument.
Alizée se tenait derrière lui. Elle sentit que son argument avait fait mouche et elle laissa délibérément un temps de flottement afin de donner plus de force à ses propos. 
''Tu n'es pas dupe Eddard, et tu le sais comme moi : Anassan est extrêmement puissant, et passer cinq ans sans qu'il n'est daigné donner aucuns signes de vie, c'est beaucoup trop long. Il s'est fait attendre, lentement, il a préparé son plan de reconquête ; pas à pas, il a planifié son retour. 
Maintenant, il ne tardera plus à frapper, et alors, qui sait quelles menaces planeront sur Ryscior. 
Il faut étouffer le poussin tant qu'il est encore dans l’œuf. ''
Les deux Sorceleurs se turent un instant, puis Eddard se décida à parler :

'' A vrai dire ... je les ressens aussi.
Alizée fronça les sourcils, interrogatrice :
'' Qu'est ce que tu ressens Eddard ? ''
- Les vents magiques en provenance du Nord '' 
Eddard marqua une pause, puis il lève les yeux vers la lune et reprend :
'' J'ai l'impression d'avoir attendu ce moment toute ma vie Alizée. Cet instant, où je pourrai enfin mettre la main sur Anassan.'' 
Eddard ressera de plus belle ses mains sur les lanières de cuir, qui marquèrent douloureusement les jointures de ses doigts;
'' Et en même temps, j'ai tant redouté ce jour. Le jour ou je devrai tuer mon meilleur ami. ''
Alizée baissa les yeux vers le sol tapissé de feuilles mortes. Les loups, plus bas, s'étaient arrêtés de grogner depuis un moment, et s'étaient allongés à ses pieds.
'' Je sais que c'était ton ami Eddard ; ton meilleur ami, et c'était le mien aussi - elle relève la tête - mais l'Anassan que nous connaissions toi et moi n'est plus ! ''

     Eddard descendit lentement de Silver, qui remua ses oreilles avec frustration, comme si Eddard avait brisé son souhait le plus cher, qui était de quitter cette forêt - et fuir la présence des deux loups se tenant derrière elle-.
Le Sorceleur se dirigea vers Alizée et la serra fortement dans ses bras :
'' Merci Alizée, tu as toujours été la plus sage d'entre nous. ''
Celle-ci esquissa un sourire.

     Ils formèrent alors le campement. Eddard ressortit le feu d'alchimiste qui l'avait réchauffé en attendant la venue du loup garou, ce qui lui parut s'être passé il y a de cela une éternité. En si peu de temps, il avait vu et entendu tant de choses auxquelles il ne se serait jamais attendu en acceptant cette banale mission. 
     Néanmoins, il s'était douté que cette nuit serait spéciale, la Pleine Lune apporte toujours avec elle son lot d'imprévus.

     Tout à coup, le plus gros des deux loups se mit à hurler, et l'autre le rejoignit de concert. 

*

     Le lendemain, à l'aube, nos deux Sorceleurs défirent le camp et se mirent en route. Eddard monta sa jument Silver, quant à Alizée, elle monta sur le dos du plus gros des loups géants.
Ils coururent longtemps en direction du Nord, le deuxième loup, plus svelte et athlétique leur ouvrant la voie. Leur progression se fit avec beaucoup plus de facilité que la veille. Là, c'était comme si les arbres s'étaient écartés, libérant comme un sentier qu'ils les incitaient à emprunter. 
     
     En début d'après midi, après plus de sept heures de course intenses, ponctués tout de mêmes de quelques légères pauses, ils arrivèrent enfin à la lisière de la forêt. Devant eux, se tenait un immense canyon, frontière naturelle entre le royaume des Elfes et les cités du Nord. 
Eddard sauta du dos de Silver. Elle était épuisée après ce long trajet. Il lui caressa le museau, doux comme une peau de pêche. A ses côtés, Alizée mit elle aussi pied à terre. Son loup s'allongea presque instantanément, haletant toute langue dehors. Alizée passa ses mains dans sa fourrure blanche et l'animal lui lipa la joue. 

     Les deux Sorceleurs s'approchèrent  du précipice. Devant eux se dressaient les montagnes enneigées des terres de Nova. 

'' Ces montagnes sont la dernière frontière entre Ryscior et le mal qui se trame en Salicar, dit Alizée.
- Non Alizée, ces montagnes sont l'ultime protection d'Anassan. Et nous allons la franchir.''

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