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 [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...

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Noire
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Mar 2 Fév 2016 - 23:49

Chaque coup qu'engloutissait Grossepoitrine versait aux veines de Phadransie un sang nouveau, au cœur une énergie nouvelle. Cela semblait parfaitement à une sorte de féérie : tel un vœu qui se réalisait. L'avait-elle pourtant souhaité ? Voir Grossepoitrine mordre la poussière, se faire frapper, humilier ? Oui. Mais peut être pas de la sorte. Toujours était-il qu'elle aurait presque pu ressentir les coups que lui administrait le maître elle-même tant elle se situait aux premières loges de ce spectacle improvisé, et de la place qu'était la sienne, tout le délice lui était offert. Phadransie ne s'empêchait point de sourire.
Mais en même temps ce déchainement de coups et de violence sembla la mettre petit-à-petit face à une part étrange d'elle-même. Une sorte d'énervement nerveux, une fièvre qui avait prise d'assaut le moindre de ses muscles. Une très étrange sensation à mi-chemin entre l'ivresse, la jouissance et l'exaltation l'effleura du doigt, et cette sensation redoubla en ardeur et en présence lorsque l'Elfe Noir qui s'était présenté comme étant le maître la prit en exemple en lui demandant d'esquiver ses coups.
Depuis la perte de la fourche de fer sous son menton, elle se sentait extraordinairement plus légère, avait appris à découvrir et redécouvrir des mouvements de corps qu'elle avait oublié le temps qu'avait duré ce calvaire. Mais là... C'était au-delà de tout ce qu'elle conaissait. C'était comme si son corps ne lui appartenait plus, elle ignorait comment elle esquivait les coups de l'Elfe, mais les esquivait. Bien sûr, il n'était pas au maximum de sa puissance, mais Phadransie sentait une bouffée d'orgueil gonfler sa poitrine. Elle bougeait de nouveau. Elle vivait de nouveau ! Tous ces réflexes qui revenaient... M'appartiennent-ils vraiment ? se demanda Honma alors que le quatrième coup du maître l'envoya s'écraser au sol. Elle cogna sur le dos et fut sonné l'espace d'une demi seconde.

Mais cette demi seconde suffit à crever le bulle d'ivresse flottante qui montait toujours plus haut, plus loin, à l'intérieur de son âme. Phadransie se demanda jusqu'où cette sensation aurait pu encore monter. Etait-ce de la nostalgie, si grande, si téméraire qu'elle en était devenue grisante ? Ou bien les retrouvailles inespérées avec une part d'elle-même ? Avait-elle été ça un jour ? Moi ? Honma. Phadransie.

Elle se releva pour assister à l'acte final de cette comédie noire. Puis le maître l'aida à supporter sur son épaule Grossepoitrine, qu'elle hissa comme elle eut hissé un sac de patates ou de tout autre chose de bas intérêt, et la ramena jusque dans sa chambre.

Cette pute était entièrement nue, et de surcroît pas grosse du tout, mais pourtant Phadransie peina à tenir la distance. Comme était profond son étonnement mêlé d'une goutte de déception ! Elle ne le pouvait sonder, ni se souvenir du pourquoi ou du comment, mais savait qu'à une époque elle -ou était-ce une autre ?- aurait pu marcher dix fois plus longtemps avec deux fois le poids de cette Elfe sur les épaules.

Tout comme elle n'avait point décoché un mot au maître, elle ne parla pas plus en jetant cette chienne Elfe au sol de sa chambre. Le bruit des dents cognant avec force le carrelage la fit frissonner d'extase. C'étaient là un panel de sensations bien étrange qui venaient de faire leur apparition aujourd'hui...
Ignorant ce qu'elle devait faire à présent, Phadransie ne prit pas même la peine d'enjamber sa « maîtresse » et lui passa sur le corps afin d'atteindre le lit au centre de la chambre. Elle s'y assit un instant sur le bord, repliant ses jambes sur elle même et ramenant ses genoux près de son cou. Elle se demanda muettement pourquoi ne l'avait-elle pas déjà tué. Cette pute qui l'humiliait et humiliait Briza de par sa simple existence était à ses pieds. Là. Evanouie... Mais les paroles du maître lui revinrent en mémoire, et elle les accepta avec un détachement et une aise qui la surprit elle-même. Grossepoitrine ne valait pas qu'elle s'expose à une mort lente.

Putain, ça faisait si longtemps qu'elle n'avait plus senti quelque chose d'aussi doux sous ses pieds. Les draps. Elle était pourtant familière de ce contact-là à une époque, non ?
Lasse de ces questionnements, La Noire se releva comme la nuit tombant au travers le vitrail des fenêtres la ramenait à la raison. Nyx allait rentrer de sa journée de travail. Et les autres esclaves également. Elle ferait bien de faire de même. Ni la couleur du jour tombant au-dehors, ni la finesse de la pluie tombant aux étoiles qui, frôlant sa peau, l'accompagna jusqu'à la salle des esclaves, ne surent la déranger.



~


Phadransie savait peu tenir tête à chacune des toilettes de son visage faites par Nyx. L'opération se révélait déjà atrocement compliquée et douloureuse lorsqu'on y appliquait le baume, mais ce soir il n'y avait nulle trace du sédatif, qui ne devait d'ailleurs plus du tout réapparaître. Elle réussissait tout juste, dans ces moments où elle serrait les dents à s'en détruire la machoire, à ne pas hurler et user involontairement de violence envers Nyx. Mais les séances n'étaient pas plus agréables pour autant, le moindre contact avec les muscles traînaient La Noire dans le tourment d'une longue agonie et elle s'étendaient parfois sur presque une heure. Le fait que Grossepoitrine ne voulaient pas avoir affaire aux pansements n'aidait en rien la guérison. Mais nous ne pouvons rien faire de plus pour le moment, lui avait dit Nyx tout en nettoyant du mieux qu'elle le pouvait le visage détruit de sa compagne, c'est déjà une bonne chance que ça n'aille pas en empirant.
Phadransie savait qu'elle avait raison, mais sous la douleur, elle aurait concédé et accepté n'importe quoi. Même se présenter à Grossepoitrine le visage entièrement caché sous les pansements. Cela faisait à présent un mois qu'elle avait été soumise par le feu.



~


«  C'est à Damia, non ?

Nyx tenait entre son pouce et son index une épingle à cheveux. A première vu, cette épingle à cheveux ne possédait point de caractéristiques habituelles, mais en y regardant de près, elle était longue et se terminait en pointe. Il était possible, en s'y prenant bien, de faire couler le sang de quelu'un avec. Phadransie se concentra quelques secondes puis aquiesça.

- Où l'as-tu eu ?
- J'ai été envoyé dans les jardins pour ramasser les vêtements de cette Elfe, lui répondit-elle. J'y ai trouvé ça. Je l'ai gardé. Il s'est passé quoi en fait ?
- La fille de Lokhir a payé un maître d'arme pour entraîner Grossepoitrine le temps de son absence. Il l'a bien usée.
- C'est toi qui l'a ramené dans sa chambre ?

Phadransie acquiesça. Un silence s'installa au cours duquel Nyx vint se blottir contre Noire, qui passa affectueusement -et impulsivement- son bras autour d'elle. Elle savait que les barres de fer crevant son avant bras sur plusieurs parts étaient glacées, et s'en voulait un peu de ne pas pouvoir réchauffer Nyx à cause d'elles. Mais Nyx comprenait.

- Surtout cache-la bien, dit d'une voix basse Phadransie à la femme aux cheveux hâlé. Si ils te voient avec, ils te...

Les mots restèrent bloqués dans sa gorge et elle ne sut terminer sa phrase. Nyx serra ses mains autour du bras de sa protégée.

- Je serai prudente.
- Très prudente.
- Très prudente Honma, répéta-t-elle. »

A l'heure de dormir, les rôles s'inversaient systématiquement. Phadransie devenait la protectrice et Nyx la protégée. De toutes façons, La Noire dormait toujours très mal même lorsqu'elle tombait de fatigue. Elle était systématiquement hantée par la Déesse en robe blanche.



~

«  Bonne journée, Honma.
- Bonne journée, Nyx. »

Elles se séparèrent à l'aube. Phadransie sentait sa paupière lui peser. Elle ignorait ce qu'allait faire le maître des bêtes la concernant aujourd'hui. Il passa près d'elle et la lorgna, mais son fouet ne s'abattit pas, et aucune parole ne vint la heurter. Alors Grossepoitrine avait vraiment fait « le necessaire » auprès de cet Elfe-là ? A savoir l'avertir du « changement de propriétaire » de Honma ? Elle ne s'en plaignit pas, et souhaita de toutes ses forces que le sommeil l'englobe de ses bras. Elle avait froid, et cela la maintenait éveillé contre son gré. A moins qu'il ne s'agissa d'autre chose ?
On la réveilla à coups de fouet lorsqu'enfin, en début d'après-midi, elle commençait à dormir. Le maître des bête la sermona en la traitant de fainéante à dormir alors que sa « maîtresse » avait besoin d'elle immédiatement. Phadransie s'arc-bouta en arrière et leva le bras afin de protéger son visage. Si par malheur la queue du fouet venait claquer sur ce dernier, la douleur serait à n'en pas douter pire que tout. Peut être même pire que les interminables secondes au feu. Elle quitta la salle des esclaves en courant, ignorant même où elle devait se rendre pour retrouver la salope qui se prétendait sa « maîtresse ».



~


«  Demain je tuerai cette ordure Rampe, n'en doute pas !

Phadransie, pieds nus, suivait docilement la pétasse aux cheveux violets qui la précédait dans la cour arrière du domaine. Comme à son habitude, Grossepoitrine était allée voir un prêtre à l'aube, et se ventait tout-à-fait de la perfection de son corps de nouveau immaculé.
La propriété de Lokhir et sa famille demeurait vraiment labyrinthique, et elle s'y perdait souvent. Présentement, la cousine de Briza et elle-même traversaient une allée contenant des jardins, des fontaines, des allées avec des arches en pierre taillées et au loin ce qui semblait à une roseraie. Si Phadransie s'en était approchée, elle aurait pu y discerner des fleurs du plus profond des noirs, aux épines épaisses et aiguisées telles des lames de rasoir. Phadransie jugea utile de répondre à Grossepoitrine, tout en prenant des notes quant à l'endroit qu'elle visitait. Elle tenta également d'y repérer les coins dérobés et une possible issue. Nyx lui avait confié, il y avait plusieurs semaines de cela, qu'elle avait déjà repéré trois brèches possibles dans la propriété qui pouvaient lui permettre de fuir.

- Je n'en doute pas...

Venait-elle de répondre à cette pute de Grossepoitrine ? Ou bien à Nyx mentalement ? Phadransie n'aurait su le dire. Grossepoitrine stoppa sa course nerveuse en une demi-seconde, et Phadransie tout en distraction percuta son dos. Elle recula sans s'excuser tandis que Grossepoitrine faisait un volte-face vers elle.

- Alors c'est que tu commences à comprendre où sont nos places respectives, lui répondit l'autre salope un sourire mauvais aux lèvres tout en marchant vers elle.

Phadransie ne maintenait pas la tête tout-à-fait baissée, elle la gardait même plutôt haute, mais évitait désormais de regarder cette pute dans les yeux. L'esclave était peut être arrogante, mais point stupide. En dépit de qui elle devait servir, elle n'oubliait pas que sans l'intervention du maître d'armes de la veille, la cousine de Briza l'aurait peut être tuée pour lui avoir tenu tête jusqu'au bout. Honma se fichait au fond, de vivre ou de mourir. Mais de la main de Briza ! Pas de cette chienne ! Et puis, elle se désolait d'avance de devoir mourir sans revoir Nyx une dernière fois.
Phadransie laissa échapper un cri de douleur lorsque la pute lui tapota le crâne de son poing frêle. Une migraine mêlé à une douleur vive se réveillent en un instant, et Phadransie recula immédiatement afin de se préserver de ce toucher. Pliée en deux, elle gémit sous les conséquences douloureuses de ce contact pourtant peu violent.

-  Oh ça fait mal ? Pauvre petite chose va !

Comme une enfant à qui l'on présente un nouveau jouet, Grossepoitrine avait rejoint Phadransie en deux enjambées et tentait d'apposer de nouveau ses mains sur son visage tandis que cette dernière reculait toujours plus, le sol faisant la toupie sous ses pieds.

- Ca fait vraiment mal ? Tu es vraiment sensible dis donc... Regarde moi, je ne broncherai pas sur une douleur aussi... insignifiante, poursuivait l'Elfe en parvenant de nouveau à toucher le visage à vif de son « esclave » sur lequel elle appuya de toutes ses forces.

La réplique ne se fit point attendre ! Phadransie la gratifia d'un regard noir chargé de haine et de larme, et écarta son bras avec une violence inouïe. On aurait dit un fauve montrant les dents et hérissant le poil, avec la ferme intention de mordre la fois suivante.

-  Tu oses me regarder dans les yeux ? lança à son attention Grossepoitrine, la bouche pincée en cul-de-poule.

Bien que tout tourna autour d'elle et que la douleur lui causait déjà des tremblements, Phadransie sut mobiliser sa toute-raison afin de baisser de nouveau l'oeil.

- Non.
- J'y ai pourtant cru un instant.., reprit Grossepoitrine. J'ai l'intension de te jeter au sol pour m'y supplier afin de te châtier. Je te préviens, parce que je veux que tu te défendes. Hier, le maître d'armes a fait exprès de te laisser esquiver quelques coups pour m'humilier. Il est temps que tu apprennes qui se bat le mieux entre nous.
- Tu n'as pas besoin de moi pour apprendre à te battre. Ton maître d'arme est là pour ça, cracha presque la Noire en ne souhaitant rien d'autre qu'éloigner d'elle cette douleur qui menaçait de faire se dérober ses jambes.
- J'ai besoin de toi pour savoir où est ta place, répondit la cousine de Briza tout en armant une gifle.

Phadransie ne dit rien et releva la tête et l'oeil. Elle attendait ce combat : mais l'attendait avec l'épouvante de son arrivée. Elle souffrait. Et si elle perdait ? Si cette pute l'envoyait au sol, elle ne manquerait point de la supplicier encore et encore. Phadransie se demanda d'où pouvait bien lui venir cette peur d'avoir mal. Et pire, d'où pouvait bien venir cette honte d'avoir peur d'avoir mal. Une petite voix en elle, imperceptible, lointaine, lui chuchotait de se concentrer sur le coup que l'Elfe allait lui porter, et faire abstraction de tout le reste. Un combat, c'est sacré. Rien ne compte plus en dehors de toi et l'adversaire. Merde, mais d'où lui venait ces paroles ? Briza ? Non, pas Briza. Phadransie alors ? Mais qui était cette femme à la fin ?

Le coup de sa suffisante opposante partit ! Alors la douleur sembla avoir disparue ! La même ivresse, la même énergie que le jour précédent affluait de nouveau. Son cœur battait, et le battement se répercutait jusque dans ses tempes ! Taper. Blesser. Tuer. Détruire.

Phadransie esquiva le second coup. Etait-il possible d'être aussi lente ? Les coups de Grossepoitrine paraissaient presque lui tomber dessus au ralenti. Après deux autres esquives, et ne parvenant plus à se contrôler, elle fonça sur son adversaire ! Cette Elfe ne valait rien ! C'était la cousine de Briza, mais même Briza l'abhorrait ! Elle avait l'occasion de lui faire modre la poussière, de la saigner ! A toute autre heure ou toute autre occasion, la reflexion chez Phadransie aurait prit le dessus sur l'instinct, et elle n'aurait pas fait ce qu'elle fit.
Elle se baissa et réussit à toucher Grossepoitrine à l'angle de pliure de ses genoux. Un coup de pied précis, qui la fit chavirer et l'expédia face contre terre !

- Maudite humaine... Je te briserai les os !
- Là ça n'est qu'une chute ! Mais si j'avais eu une arme ou un crochet, tu saignerais déjà à mort !

Et voici que reprit le duel. Alors que la pute dépensait inutilement du souffle et de l'énergie à insulter son « esclave », Phadransie sut plier à son profit le temps qui lui était imparti. En quelques seconde supplémentaires, elle avait prit de nouveau l'avantage. Elle poussa sa « maîtresse » jusqu'au socle de l'une des statues de la cour, ayant pris grand'soin de faire le blocage de son visage entre deux des barreaux en fer qui jaillissaient de son bras. Elle devrait remercier Briza pour avoir eu l'idée de la percer avec ces tringles d'acier ! Alors que Grossepoitrine hurlait comme un porc que l'on égorge, incapable d'atteindre Noire au travers ces tiges mettalliques la plaquant toujours de plus en plus fortement contre l'angle du socle de pierre, Phadransie prit un physique plaisir à faire durer le supplice. Elle se fit violence et parvint finalement à libérer sa pauvre proie au moment où un frisson d'une impudicité faramineux chatouilla sa colonne vertebrale. L'Elfe Noire cracha au sol, encore tremblante. La marque de l'angle droit du socle marquait son visage érraflé et rouge pivoine. Sur tout un côté, le frottement en avait été jusqu'à faire couler son sang. Phadransie prit de nouveau sur elle pour étouffer ce frisson embrasé qui se répendait en tout son être. La cousine de Briza venait de se remettre sur pieds, tremblante :

- Cette fois je vais te tuer. Et ta mort sera lente.

Elle s'élança une troisième et ultime fois, en gueulant inutilement. Phadransie gardait tout son calme. Aucune des deux femmes ne comprirent ce qu'il se passa par la suite. Trois coups furent portés du coude, entre une rotation totale quasi invisible à l’œil. Moins d'une seconde. Le temps parut se figer. Et la seconde suivante, Damia gisait au sol, évanouie.
Honma tremblait de tous ses membres en entendant Phadransie éclater de rire.



~


Lorsque Grossepoitrine s'éveilla, elle se trouva au sol, comme la veille. A la différence près qu'elle était vêtue cette fois-ci. Elle prit quelques minutes avant d'emmerger complètement et, sans doute, se souvenir de ce qu'il venait de lui arriver. Puis elle aperçut sur son lit, assise...

- Descends de là, Rampe.

Une fois que son « esclave » lui eut obéit, elle se hissa avec de grands efforts à son tour jusque sur les draps et les couettes.

- C'est quoi ce sourire ? Tu te moques de moi ?
- Non.
- Tu as eu beaucoup de chance, Rampe. La prochaine fois, je te tuerai.
- Oui.

Un silence. Ce fut, bien sûr, la voix épuisée de Grossepoitrine qui le brisa en premier :

- C'était quoi ça ? Le coup final que tu as osé, infame humaine, me porter ?
- Je ne sais pas.
- Si tu le sais !
- Non. Mais tu t'es bien battu quand même parce que je ne pense pas qu'il était facile de l'éviter.
-  Tu oses me tutoyer, vermine ?
- Non.
- Si, tu m'as tutoyé... Il en est assez. Je ne le ferai pas moi-même, parce que je suis pour l'instant très fatiguée, mais tu meurs dans la minute. Esclave !appella-t-elle d'une voix cassée en direction de Nyx occupait à laver le couloir, derrière la porte entrouverte.
- Oui maîtresse ?
- Va trouver le maître des bêtes et dis-lui d'égorger cette femme dans ma chambre tout de suite.

Nyf conservait la tête baissée. Elle n'avait pas bougé d'un cil, ses mains tremblaient pour qui savait le voir. Phadransie regardait dans le vide, la tête lui tournant. Allait-elle mourir ? Allait-elle mourir à cause de cette salope d'Elfe ? Et sous les yeux de Nyx ?

- Esclave ! Obéis-moi c'est un ordre !

De nouveau un silence qui frappa en plein cœur l'irritation de Grossepoitrine.

- Obéis moi esclave si tu ne veux pas mourir toi aussi !!
- Briza n'apprécierait pas, répondit Phadransie d'une voix étonamment calme et posée.
- Briza mourra à son retour !! Esclave, obéis !!!

Nyx acquiesça et s'en alla dans les couloirs. Donc c'est terminé. Je vais mourir. Dans quelques secondes. Quelques minutes si Nyx est assez bonne pour ne pas se presser. Phadransie sentit une larme couler le long de sa joue. Cela ne devait pas se passer comme ça. Quelque chose clochait, elle ne voulait pas mourir. Quelque chose, quelqu'un hurlait en elle.

- Je suis désolée maîtresse, s'excusa-t-elle pour se rattraper auprès de Grossepoitrine.

Cette dernière se laissa tomber parfaitement dans ses draps, la tête dans une ribembelle d'oreillers.

- Tais-toi Rampe ! Je suis fatiguée, je ne veux plus t'entendre ! Fais silence au moins jusqu'au moment de ta mort, ordure humaine !

Phadransie baissa de nouveau son visage, suivant le sillage des quelques larmes qu'elle versait en ultime hommage au tourbillon ardent -et lointain!- que fut sa vie. Si elle devait mourir, autant qu'elle emporte Grossepoitrine avec elle dans les enfers. Cela ferait la joie de Briza. Motivée par cette conception, elle se leva. L'Elfe dormait presque, elle avait les yeux fermés. L'on aurait dit une enfant. Une enfant perdue. Au lieu de ressembler, par leur manque d'entrain et leur attachement ridicule à une existence méprisable, aux autres esclaves de Lokhir, elle ne demanderait pas mieux que savoir s'harmoniser à la mort douloureuse qu'on lui destinerait en trouvant le cadavre encore chaud de sa « maîtresse ». Le corps de La Noire n'avait point échappé à la funeste pression de ce moment que connaît celui qui se sait condamné : ses jambes menaçaient de se dérober. Quelque chose en elle lui criait de ne pas faire ça, de prendre ses jambes à son cou en espérant tromper la faux, plutôt que de l'attendre comme une incurable ! Elle avança vers la femme endormie. Qu'il en soit ainsi.

C'est alors qu'elle la vit.

Dans la tranche entrouverte de la porte : Nyx. Cette femme de la nuit née du chaos n'avait pas bougé. Elle se tenait là, dans le couloir, le dos contre le mur du corridor. Elle attendait en tramblant. Son regard lourd chargé de larmes croisa celui de Phadransie. Aucune ne parla, et aucune ne bougea. Le cœur de Phadransie battait si fort, qu'il menaçait de jaillir hors de son sein.



~


Nyx se jeta sur Phadransie lorsque cette dernière sortit de la chambre, après ce qui paraissait une éternité. Elle pleurait à chaudes larmes. La Noire pressa sa joue contre son visage avec une certaine tendresse.

- Elle s'est endormie.
- Je t'en prie, je t'en supplie, sanglotait Nyx, ne la laisse pas te faire ça ! Ne me quitte pas, ne me laisse pas seule ici ! Je ne veux pas qu'on nous sépare !

Ce discours tout-droit jailli du cœur fit fondre celui de Phadransie de par sa sincérité. Elle aurait volontiers pris entre ses mains le visage de cette femme qui se lamentait pour elle, si elle en avait eu.

- Je vais bien, lâcha-t-elle simplement.
- Tout est perdu, poursuivit Nyx, il faut accourir le plus vite possible, sacrifie tout, enfuis-toi avec moi, il le faut ! Tu ne dois pas mourir, Honma !
- Je vais essayer.
- Je ne veux pas que cet Elfe te tue ! Ce n'est pas juste !
- Il ne me tuera pas, si tu promets de t'en aller d'ici, vite. Retourne à ton travail, sois naturelle. C'est toi-même qui l'a dis, si tu baisses le regard, ils ne se mefieront pas.
- Enfuis-toi avec moi, supplia Nyx en essuyant la joue humide et salée de Phadransie. Enfuis-toi avec moi Honma, ce soir !
- On verra.
- Promet-moi que tu feras tout pour ne pas mourir ! Tout ! Promet-moi ! insista-t-elle en larmes.
- On verra. Mais maintenant, va-t-en. C'est dangereux que nous restions ensemble.
- Honma, ne meurs pas.
- Va-t-en.

Phadransie la repoussa,  alors elle prit ses jambes à son cou et quitta les couloirs des chambres.

- A ce soir, Nyx.

Elle était bien trop loin pour l'avoir entendue, et même si ça n'avait point été le cas, les hoquets de ses sanglots l'en auraient empêchés.



~


Damia se réveilla quelques heures après cette vibrante scène entre Phadransie et Nyx. Son regard trouva son esclave toujours là, immobile et tête baissé, à l'endroit exact où elle l'avait laissé avant de s'endormir comme une masse.

- Tu es encore là toi ? lança-t-elle d'un air hautain.
- Maîtresse Damia, je suis désolée.

Phadransie reprit d'une voix affligée.

- Je ne désirai pas vous blesser, ni vous manquer de respect.

L'Elfe Noire se leva de son lit. Son esclave demeurait prostrée à ses pieds, à genoux au sol et le regard baissé.

- Où est Rakhar ? demanda-t-elle d'une voix de givre.
- Le maître des bêtes, maîtresse ? Je l'ignore. Votre esclave est allée le chercher.
- Pourquoi met-il tant de temps ?
- Je l'ignore.

Damia observa cette esclave humaine au sol, si misérable. Alors se produisit une chose à laquelle elle ne s'attendait pas. Son esclave se confondit en excuse et implora sa pitié.

- Les Elfes Noirs ne connaissent pas la pitié, lâcha-t-elle en ouvrant la porte de sa chambre et jetant un coup d'oeil au couloir -vide-.
- Maîtresse Damia, poursuivit Phadransie, vous pouvez me faire tuer, ou bien me tuer vous-même, mais vous vous passerez ainsi de mes services. Et je veux m'excuser auprès de vous, jamais plus je ne vous causerai du tort, je vous suis entièrement soumise et me soustrait de mon engagement envers votre cousine pour vouer mon existence à vous servir, vous.

Ce fut un discours qui dura et dura ainsi plusieurs heures. Damia prenant un réel plaisir, et fort mal dissimulé, à voir l'esclave de Briza s'abaisser ainsi, et faisait mine de ne point lui accorder de faveur tant qu'elle ne s'abaissait point davantage. Elle vit là l'occasion une revanche éblouissante à prendre sur sa cousine comme sa nouvelle esclave lui assurait dévotion, amour, soumission et tout un tas d'autres élucubrations.

- Tu es consciente, Rampe, finit-elle par lui dire, que je t'accorde là une faveur que tu ne mérites pas du tout !
- J'en suis consciente, maîtresse.
- Et que ton comportement m'a fortement déplu. Alors même si je ne te fais pas égorger par Rakhar, tu vas devoir payer.
- Faites-le moi payer, maîtresse. Maintenant.

Un sourire vint élargir la bouche pompeuse de l'Elfe Noire. Finalement ça n'était pas une si mauvaise journée pour elle. Elle décocha une gifle magistrale au visage de Rampe, son esclave, à elle. A la partie brûlée de son visage, évidemment. Phadransie ne chercha même pas à ravaler sa souffrance. Elle hurla, tourmente indescriptible aux échos d'une douleur immense. La gifle était la première d'une longue série d'autres coups qui ne tardèrent point à pleuvoir.

- Esclave ! Appella Damia dans le couloir. Je veux que tu ramènes mon esclave personnelle dans votre salle, elle est incapable de se déplacer seule, cette idiote ! Tu trouveras également le maître des bêtes Rakhar, et lui fera savoir que je n'ai plus besoin de ses services. Quant à moi, je m'en vais pour ma leçon d'armes.

Elle se tourna vers une Phadransie plus morte que vivante, suffoquant au sol.

- A demain Rampe.

L'esclave en question était un très jeune homme. En fait le jeune garçon de douze Tours au maximum que les Elfes faisaient travailler dur. Il supporta La Noire de son mieux et la ramena là où sa maîtresse l'avait ordonné.



~


- Debout Loque, bouge toi !

Rakhar la saisit par les cheveux, l'extirpant par là dans un même temps des bras de Nyx qui fut réveillée en sursaut. On était presque au beau milieu de la nuit, les eslcaves dormaient. Le maître des bêtes fit sortir Phadransie de la salle des esclaves à coups de fouet avec pour seule explication :

- Elle t'attend dans les thermes !



~


Phadransie s'avança davantage près du rebord des thermes à l'intérieur desquelles Grossepoitrine se prélassait. Elle tendit le bras, et cette dernière se saisit de l'essence colorée et des onguents qui s'y trouvaient. Elle vida les flacons d'onguents dans l'eau, encore, puis s'appliqua l'essence colorée aux cheveux. L'Elfe Noire avait pour habitude de se les teindre, et selon ses propres termes, il fallait « souvent raviver la couleur afin que jamais elle ne ternisse ». Phadransie ne la regardait pas faire, elle gardait constamment son oeil -et la tête- rivée au sol, disposant environ toutes les dix secondes d'un « Oui, maîtresse Damia » à l'attention de l'Elfe. Elle ignorait comment s'était passée cette seconde séance d'entraînement avec le maître d'armes pour Grossepoitrine. Une fois que le garçon l'eut déposé sur la paillasse de la salle qu'occupaient les esclaves, elle s'était évanouie. Et c'était le maître des bêtes qui l'avait réveillée tout à l'heure à coups de fouet.

Le bain nocturne de la cousine de Briza dura plusieurs heures durant lesquelles elle se flatta, s'astiqua et se pomponna. Puis elle envisagea de sortir de l'eau, et ordonna à « Rampe » de la suivre jusqu'à sa chambre.

- Je suis lasse de devoir passer par Rakhar à chaque fois que je désire quelque chose de toi, lui confia-t-elle avant de se mettre au lit. Tu es mon esclave personnelle à présent, et tu vis pour me servir. Ca sera ainsi jusqu'à ta mort. Nous sommes bien d'accord, Rampe ?
- Vous avez toujours raison, maîtresse Damia.
- Parfaitement, esclave. J'ai toujours raison ! Et donc j'ai décidé que désormais, tu passerais toutes tes journées auprès de moi, ainsi que tes nuits ! Et bien quoi ? Tu n'as pas l'air heureuse ? Pourtant c'est un très grand privilège que je t'offre là, Rampe ! Tu n'auras jamais plus à te traîner dans les immondices de votre écurie répugnante ! Tu as pourtant l'air terriblement dépitée.
- Je...Je ne mérite pas tant de bienveillance, maîtresse..
- J'en ai décidé ainsi, sema Grossepoitrine en laisant tomber son peignoir et observant sa nouvelle coloration au travers un miroir.
- Merci maîtresse Damia. Mais...Je ne veux pas vous importuner en dormant dans votre chambre.
- Qui a parlé de dormir, Rampe ? C'est tout-à-fait hors de question que tu dormes dans ma chambre, bien entendu ! Non, je te veux à la porte, prête à me servir à n'importe quelle heure du jour et même de la nuit ! Après tout c'est ton rôle, tu es née pour ça, me servir !
- Vous avez raison maîtresse Damia. Mais..Mais où dormirai-je ? Si je ne dors pas je ne serai pas en mesure de vous servir efficacement, comme vous le méritez.
- Ca je m'en fiche. Ce n'est pas mon problème. Sache juste une chose, Rampe. Si, lorsque j'ai besoin de toi, je ne te trouve pas à ta place, près de la porte de ma chambre, ou en tout cas près de moi, je te ferai tuer immédiatement. Mais il ne sera plus question de t'égorger, espèce de parasite humain, ça non ! Je te tuerai moi-même, et lentement. Très lentement, Rampe ! Sais-tu pourquoi je ferai cela ?
- C'est tout ce que je mériterais en manquant à mon devoir, maîtresse Damia.
- Parfaitement, tu as compris ! Rien d'autre ?
- Je vous remercie aussi de bien vouloir prendre le temps de me tuer vous-même si une telle éventualité se présentait.
- Nous allons bien nous entendre, Rampe. Ca n'est pas avec mon idiote de cousine que tu aurais fais preuve de tant d'efficacité !
- Oui, maîtresse Damia.
- Bonne nuit Rampe.
- Bonne nuit maîtresse Damia.

Et elle claqua la porte de sa chambre avant de s'enfermer à double tour, par mesure de sécurité probablement. Les couloirs baignaient dans l'obscurité, rien ne bougeait. Au loin, quelues oiseaux nocturnes hullullaient. Noire s'assit près de la porte de la chambre de Grossepoitrine épuisée et complètement abattue. Encore une fois, elle ne parvint point à trouver le sommeil. Le temps lui paru terriblement long. Phadransie assista au lever de l'aube par delà les tentures et les fenêtres.

Elle croisa plusieurs Elfes Noirs au réveil qui traversèrent les couloirs, mais fut surprise par le plus matinal d'entre eux. Le maître de maison. Debout droite près de la porte de la chambre de la cousine de Briza, elle aperçut Lokhir sortant probablement de son bain matinal. Elle le pensait parti en mer de nouveau, à bord du Seigneur Emeraude, ce navire magnifique, reflet de sa propre magnificence et de son autorité. Lokhir avait encore les cheveux et le corps mouillé, tout juste portait-il une robe noire flottante derrière lui lorsqu'il se déplaçait, et un verre de vin à la main. La Noire le vit avancer dans le couloir, il allait lui passer devant forcément. Ses muscles à nu saillaient, puissants, gorgés de sang chaud, imposants. Lokhir était bien plus imposant que dans ses souvenirs. Maître Lokhir, corrigea-t-elle mentalement.
Il s'arrêta à son niveau, s'immobilisa totalement. Phadransie, le regard au sol comme il approchait d'elle, eut le temps de remarquer la dague qu'il portait sous sa robe.

- Que fais-tu ici ?

C'était la première fois qu'il lui adressait vraiment la parole. Elle se sentait hésitante et tremblante, comme une enfant face à l'austérité d'un précepteur. Comme une esclave face au Maître de maison.

- Je surveille les appartements de Maîtresse Damia, Maître.
- Maîtresse Damia, répéta-t-il lentement, l'air le moins troublé au monde.

Phadransie se sentait trop mal à l'aise pour bouger ne serait-ce qu'un seul cil. Son ombre tout-entière la submergeait. Puis il posa sa main sous son menton, l'incitant à exposer davantage à sa toute-contemplation la partie brûlée de son visage. C'était vrai qu'il ne l'avait jamais vu depuis l'accident. Mais ce seul contact brûla avec horreur Phadransie, qui ne parvint à etouffer un cri de douleur et tomba au sol, à ses pieds, criant comme si des démons lui dévoraient la chair de l'intérieur. Lokhir n'insista pas plus et poursuivit son chemin. La Noire reprit son souffle tandis qu'il s'éloignait, tremblante. Elle ne comprit pas. Il n'avait pas posé sa main contre ses blessures, et pourtant ce contact avait été l'un des plus douloureux qu'elle ait connu. Lokhir était pour elle intouchable.



~


Phadransie assista, comme son rôle le lui définissait, la cousine de Briza toute la journée durant. Elle usa de soumission la plus basse, et de servitude la plus totale. Lorsque Damia s'amusait à lui asséner un coup en plein estomac, ou la gifler à l'endroit brûlé qu'occupait son demi-visage, sans crier gare et sans raison, elle ne ripostait plus, ni en paroles, ni en regard. Histoire de pousser le vice à son paroxysme, Damia exigeait d'elle qu'elle la « remercie » à chaque coup qu'elle se prenait. Ainsi, Noire s'entendait sortir des « merci maîtresse Damia » à longueur de journée, alors que des larmes et des gémissements de douleur la faisaient leur habituée. Grossepoitrine ne lui laissa pas un seul instant de répit. Noire endura le supplice.

Néanmoins, l'Elfe Noire se sépara d'elle au crépuscule, lorsque vint l'heure de sa leçon d'armes. Elle semblait fermement déterminée à ce que Phadransie n'y assiste pas. Elle lui ordonna de l'attendre devant la porte de la salle d'armes. La nuit tombe, les esclaves ne vont pas tarder à rentrer. Je dois voir Nyx. Au moins pour l'avertir que si je ne retourne plus dans l'écurie des esclaves, c'est que je dois passer mes nuits auprès de Grossepoitrine. Au moins l'avertir que je suis vivante, qu'elle ne s'inquiète pas.

Damia n'était point censé reparaître de la salle d'arme avant plusieurs heures. Phadransie prit ses jambes à son cou et courut rejoindre Nyx.



~


Elle partagèrent ensemble ce qui semblait bien être leur dernier repas en ces lieux. Malgré l'aspect physique de la faim, une boule au ventre empêchait Phadransie d'avaler. Il semblat que c'était la même chose pour l'esclave aux longs cheveux chatains.

« Je quitte l'Île Noire ce soir, dit Nyx en pleurant à Phadransie.

Cette dernière ne répondit point, le regard errant parmi les fétus de paille et les déjections des esclaves.

- Honma. Tu m'as entendu ? Je quitte l'Île Noire ce soir. Je ne peux pas rester plus longtemps ici. Plus je reste, et moins j'ai de force. Cette île annihile toute volonté, elle aspire toute humanité. Si je ne tente pas ma chance maintenant, elle me sera bien plus dure à saisir demain. Et plus encore après-demain.
- Je comprends.
- Viens avec moi, Honma.
- Non, je ne peux pas.

Nyx vint se pendre au cou de sa protégée.

- Pourquoi ? lui demanda-t-elle entre deux sanglots. Ne m'aimes-tu pas ?

A cette réponse Phadransie ne sut que répondre. Puis elle opta pour la vérité, aussi triste fut-elle.

- Je t'aurai suivi, Nyx. Je te le jure. Je t'aurai suivi si j'avais encore mes mains.
- Ne t'ai-je pas toujours aidé ? Honma, n'ai-je pas toujours été tes mains ?
- Tu peux me nourrir, tu peux me soigner, tu peux te battre à ma place même. Mais tu ne peux pas attraper la liberté à ma place. Nyx, tes chances sont déjà bien trop faibles seule. Alors avec moi à tes côtés, elles seront nulles.
- Je peux rester Honma.. Je peux rester si tu me le demandes.
- Je veux que tu survives. Moi, ma place est ici. Pas toi. Alors si tu es sure de ce que tu veux, si tu crois avoir ta chance, va-t-en.

D'infinis sanglots etouffés secouaient la poitrine de Nyx.

- Toi non plus ta place n'est pas ici, Honma...
- Pas auprès de Damia. Mais auprès de Briza.
- Ne te rappelles-tu pas ? Ne te rappelles-tu donc de rien ? Honma ça n'est pas ton vrai nom, n'est-ce pas ? C'est le nom qu'ils t'ont donné.
- Je n'ai qu'un seul nom.

Nyx prit entre ses mains le visage de Phadransie. Nez contre nez, regard dans le regard, âme dans l'âme, elle lui fit les paroles suivantes, du plus profond de son être :

- Honma, il faut que tu te souviennes. J'aimerai t'aider à le faire, mais je ne le peux pas.. Je dois partir Honma. Je dois partir avant qu'ils détruisent toute volonté en moi comme ils l'ont fait pour toi. Je t'en supplie...Je t'en prie...Je t'en conjure...Ne les laisse pas gagner cette bataille. Il faut que tu te souviennes de qui tu étais. Il faut que tu te souviennes de qui tu es. C'est plus important que tout autre chose... Si tu m'as aimé, si tu m'aimes Honma, tu le feras. Tu te souviendras de qui tu es réellement avant qu'ils ne t'enlèvent tout. Et tu seras libre, ou ne seras pas. C'est tout le meilleur que je te souhaite..

Nyx posa une main sur la poitrine de Phadransie, à plat :

- C'est quelque part par là...Tu dois le sentir au fond de toi-même. Comme une flamme qui brûle, qui brûle toujours et encore. Ils ont essayé de l'éteindre, mais je sais qu'ils ont échoué. Quand je regarde ton œil, quand je regarde dans ton âme, je sais qu'il n'est pas mort. Ton nom n'est pas mort... Tu n'es pas morte !

Les deux femmes s'enlacèrent comme il n'était plus permis, une dernière fois. Nyx et Phadransie pleuraient à chaudes larmes. Phadransie aurait tout donné pour passer le restant de sa vie entre ces bras chauds et réconfortants, sans plus se soucier du reste. Les sanglots l'aveuglaient et elle ne se sentait plus capable de regagner la salle d'armes. Ce fut Nyx qui la poussa.

- File avant que Damia n'en sorte !! File avant qu'elle ne te punisse encore !! Va-t-en !!! »



~


L'âme au tourbillon du désespoir et de l'abattement le plus total, avec l'impression de courir sans but, d'errer dans la vallée de l'ombre, Phadransie quitta la salle des esclaves en courant sous l'oeil du maître des bêtes qui ne fit rien pour l'en empêcher. Ses pieds nus volaient au dessus du sol. Le nom de Nyx résonnait en boucle dans sa tête, à la manière d'un gong. Il faut que tu te souviennes de qui tu es. C'est plus important que tout autre chose... Si tu m'as aimé, si tu m'aimes.

- Haaaaaaaaaaaaaaaaa !!!!

Phadransie tomba au sol, et son visage râpa contre les gravillons. Mais peu lui importait la douleur à présent. Elle en subissait une pire. Nyx. Nyx. Nyx. Si tu m'as aimé. Ne les laisse pas gagner cette bataille.

Elle rampa jusqu'au premier édifice qu'elle trouva et s'y agrippa. Il s'agissait d'une fontaine. Elle devait donc se trouver dans la cour extérieure. Se noyant dans ses propres larmes, Phadransie se hissa à l'aide de son bras, les jambes bien trop incapables de la porter. Elle se retrouva nez à nez avec son propre reflet scindé en deux parts. Ce visage... Celui de Honma.

Non. Celui de Phadransie La Noire.

Alors tout redevint limpide.
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Dargor
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Ven 12 Fév 2016 - 17:40

Damia se prélassait tranquillement dans son bain. Rampe était dans un coin de la pièce, comme toujours, enfermée dans son stupide silence. Tant mieux, elle n’avait pas le droit de parler. Cette misérable humaine parlait mal et était misérable quand elle gardait le silence. Impossible d’être satisfaisante pour elle.

« Tu sais quoi Rampe ? dit-elle sans la regarder, se contentant de jeter sur elle un savon dont elle n’avait plus l’usage, ne se souciant aucunement du fait qu’elle la manqua d’au moins deux mètres. Tu sais quoi ? Le maître d’armes n’est pas venu ce matin. Vois-tu, je n’avais pas besoin de lui depuis le début. J’ai enfin dû réussir à le lui faire comprendre… Peut-être est-ce toi qui en avais besoin en fait. Une humaine, apprendre à se battre, imagines-tu ? Mais non, ta place est au sol, pour y ramper… »

Elle s’allongea dans sa large baignoire, ne laissant que sa tête émerger de l’eau. Il y avait des bruits de pas dans le couloir. Quelqu’un venait ici. Elle se redressa dans son bain, étonnée. Tout le monde savait qu’à cette heure-ci, ELLE était ici, et qu’elle n’aimait pas être dérangée alors qu’elle prenait son bain. Elle l’était régulièrement, mais elle passait à chaque fois un savon au fautif. La porte fut ouverte par … Sa mère ! Elle lui ressemblait, à ceci près que sa mère avait de splendides cheveux blancs et les yeux bleus et non vert. Ça, elle l’avait de son père. La peau de sa mère était brune comme celle de Lokhir, son oncle, dont elle était la sœur. Ses formes étaient bien moins généreuses, et elle portait d’amples robes de sorcière elfe noire. En somme, elle était bien moins belle et, Damia le savait, bien moins intelligente ou talentueuse. Mais cela, c’était normal. Elle lui sourit.

« Que me veux-tu, mère ? demanda-t-elle.
-Moi ? Rien, répondit l’intéressée. Mais quelqu’un veut vous voir, et je crois que cela est important pour vous. »

Damia n’avait jamais supporté ce vouvoiement hautain qui ne lui rendait pas honneur. Elle était sa fille après tout ! Qui pouvait-être… Elle poussa un glapissement de peur en voyant entrer son maître d’armes, en colère. Sa mère s’appuya sur l’encadrure de la porte tandis qu’il approchait d’elle à grands pas. Elle avait complètement oublié. Aujourd’hui, il devait venir le soir !
Ce qu’il lui rappela en arriva à sa hauteur. Enervé, il lui saisit la tête.

« Je croyais qu’au moins la ponctualité, tu pourrais le réussir, trainée, dit-il, sur un ton particulièrement énervé, mais peu importait à Damia. »

Il avait osé lui saisir la tête avec violence.

« Lâchez-moi immédiat… commença-t-elle. »

Elle ne put finir sa phrase. Il appuya violemment. Elle fut surprise. C’était un vieillard, il lui était inférieur, comment pouvait-il arriver à faire ça ? Mais la surprise fut bien vite remplacée par de la panique, tandis qu’elle sentit l’eau se refermer tout autour d’elle. Elle voulut hurler de terreur, mais ne parvint qu’à faire sortir un bouillon de bulles de sa bouche. Le savon qui remplissait l’eau lui brûlait atrocement les yeux, et son goût envahit sa bouche tandis qu’elle but une grande tasse. Elle sortit les bras et les jambes, les débattant dans tous les sens, battant l’eau autour d’elle.
Cela continua ainsi pendant ce qui lui sembla des heures, puis elle sentit sa tête devenir lourde. Alors, à ce moment, tandis que ses membres commençaient à retomber, car elle n’avait plus assez de force pour les bouger, le monde sembla tourner autour d’elle. Elle tomba et roula plusieurs fois au sol. Quand elle reprit ses esprits, elle se mit à tousser, recrachant plus d’eau qu’elle n’aurait jamais cru pouvoir en avaler. Au-dessus d’elle se tenait la silhouette de Rampe. Elle avait une expression étrange. Damia se releva en s’appuyant sur ses coudes, continuant à tousser. Puis elle se mit à genoux, et finalement, debout. Aussitôt, la canne du maître cueillit son estomac, la renvoyant au sol, où elle émit un râle de douleur.
Un coup de pied lui fit émettre un petit cri. Puis un autre lui fit émettre un autre cri. Et encore un autre, un autre cri.

« DEBOUT ! entendit-elle. »

Elle finit par se relever. Un coup de canne sur les fesses la pressa de se mettre en route. Elle se dirigea vers une serviette, mais le Maître décida qu’il n’avait plus le temps pour cela. D’un autre coup de canne, il la dirigea vers la sortie. Elle dût ainsi se promener dans la maison, nue aux yeux de tous, et devant tous prenant des coups de cannes dans les fesses pour la pousser à avancer, jusqu’à la salle d’armes. Partout où elle allait, à cette heure où la maison grouillait de vie, elle entendit des rires.

« Ils mourront tous… Ma mère qui l’a mené à moi et le maître d’armes en premiers… murmura-t-elle.
-Si vous souhaitez me tuer, dit le maître d’armes en riant, il vous faudra d’abord me vaincre ! »

Il lui désigna une épée. Une vraie. En métal. Elle se précipita vers elle et s’en empara. Le maître d’armes, de l’autre côté de la salle d’armes, n’avait que sa canne.

« Tu meurs, vieil homme, cracha-t-elle en riant.
-Fais attention à ne pas te tuer toi-même, répondit le maître d’armes, ce serait vraiment dommage. »

Elle poussa un cri de rage et se précipita vers lui. Un coup violent la cueillit en plein plexus. Elle cria de douleur. Un deuxième coup la frappa au bras, et elle entendit l’épée tomber au sol en grand fracas, tandis qu’elle criait, sous le coup de la douleur. Puis un autre coup, un autre cri. Et un autre, et un autre cri. Le maître d’armes n’épargna aucune de ses zones sensibles, frappant systématiquement là où cela serait le plus douloureux possible, et avec toute la force qu’il avait encore en réserve, semblait-il. Damia eut vite l’impression que son corps entier était en feu. Elle était tombée à genoux, les bras passivement ballants autour de son corps, car elle n’osait pas les bouger, de peur d’empirer la douleur. Un seul cri continu sortait désormais de sa gorge. Elle se sentit tomber en arrière. Elle était désormais assise sur ses propres chevilles, et sa tête tomba, pendant mollement sur sa poitrine. Le maître s’arrêta. Elle sentit le noir l’envahir.

---

Le maître d’armes observa le spectacle pitoyable. Un gémissement faible et continu s’échappait désormais des lèvres de son ancienne élève. Il prit l’épée, et dût résister à l’envie de la tuer. Briza s’en chargerait. Lui, il en avait fini. Il la bouscula en sortant. Elle tomba sur le côté. Il croisa Rampe, son esclave.

« Occupe-toi de ce déchet, lui dit-il simplement en s’éloignant. »
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Noire
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Sam 13 Fév 2016 - 13:56

« Occupe-toi de ce déchet. »  

Puis il s'était éloigné. Damia demeurée aux pieds de Phadransie, aussi nue et amochée qu'elle pouvait l'être et l'on devinait déjà avec une grande aise les bleus qui couvriraient son corps dans les heures à venir. Phadransie sut contrôler son envie de tuer cette pute, ici et maintenant.

En tant que Phadransie La Noire, il était hors de question, ne serait-ce qu'elle envisage de servir Grossepoitrine une minute de plus. Elle n'était pas une putain d'esclave. Alors elle avait prit le temps de la réflexion avant d'en arriver à une conclusion toute-trouvée. Cette salope d'Elfe Noire devait mourir sans tarder. Ainsi, elle ne serait plus contrainte de la servir.

Elle avait eu un toutes les peines du monde à hisser cette traîne-merde sur son épaule, mais le maître d'armes semblait peu disposé à l'aider. Phadransie dû sans cesse se répéter mentalement que cette pute allait mourir, et qu'elle se devait de la porter afin de l'amener jusqu'au lieu de son exécution, sans quoi elle aurait probablement abandonné cette modique quête. Il était néanmoins de son devoir de répondre à sa « maîtresse » lorsqu'elle celle-ci s'éveilla sur son épaule. Tant mieux, songe Phadransie, elle assistera ainsi pleinement consciente à l'acte final de cette comédie.

«  Rampe, repose-moi tout de suite, dit Grossepoitrine d'un ton agacé en se rendant compte de l'abaissement de son état.

La Noire, l'ayant senti remuer avant de l'entendre, prit le temps de retourner son visage vers elle et, quittant soudainement l'air neutre pour abhorrer le plus munificent des sourire, lui répondit :

- Non.
- Tu oses me refuser quelque chose ?
- Pour la bonne cause, crois moi ! Il faut que tu vois quelque chose !

Et elle avait concentré toutes ses forces afin d'endiguer au mieux ce paquet remuant qui pestait sur son épaule.

- Rien de ce que tu as à  me montrer ne m'intéresse.

Phadransie fut prise d'un rire, bref mais si noir qu'il laissait en deviner beaucoup quant-à-ses intentions futures, à qui savait le lire. En l'occurence, pas Grossepoitrine.

- Crois-moi chérie, là ça ne pourra que t'intérresser.

Prise de court par cette réplique, l'Elfe Noire se mit de nouveau à remuer, puis sut puiser les mots nécessaire afin de faire la réplique suivante :

- Comment oses-tu... ? Rampe, ta maîtresse te donne un ordre ! Alors obéis, où je te ferai...Je te ferai souffrir !

La grossièreté de ces échanges ne furent déguisés en rien, et Phadransie La Noire prit un malin plaisir à jeter au sol sa « maîtresse » qui laissa échapper un cri de surprise.

- L'une de nous deux souffrira espèce de grosse chienne, oui. Mais ça ne sera pas moi cette fois.

Déjà, elle voyait de nouveau, tourbillonnant en elle, les -trop- nombreuses images hérauts de la douleur et de l'humiliation que la cousine de Briza lui avait fait subir ces derniers jours. Elle la giflait sur la part brûlée de son visage. Et elle, la remerciait. Elle me giflait. Et je la remerciais. Sérieusement ?

Phadransie avait amenée Grossepoitrine derrière l'aile ouest du plus grand des jardins de la demeure. Au milieu de la roseraie à l'intérieur de laquelle de gigantesques plants de fleurs de toutes sortes, en plus de roses noirs, y fleurissaient. Devant elles, un mur, obscur et sinistre, assez grand, de plusieurs mètres, autour duquel une sorte de lierre serpentait fièrement, arborant, à la manière d'une couleuvre ses crochets, des boucs épineux aux imprudents le frôlant d'un peu trop près. Déjà, la salope Elfe s'était relevée. Elle riait, la pute.

- Tu as de l'humour Rampe, je l'ignorai... Maintenant suis-moi à l'intérieur, que je te montre qui va vraiment souffrir.

La Noire ne bougea point, ni d'un centimètre, ni même un cil. Elle resta là, l’œil planté dans ceux verts de cette conne. Puis elle éclata de rire. Un éclat de rire malsain, convulsif. L'un de ces rires qui la prenait souvent lorsqu'elle torturait un ou deux ruffians à bord du Galion Déité. Elle dû faire montre d'un grand sang-froid afin de ne pas se tenir les côtes. Elle eût grand'mal à s'arrêter de rire.

- Viens ici que je te gifle ! Lui dégorgea la putain d'Elfe le regard plus que orageux. Je n'ai pas envie de marcher jusqu'à toi, vermine humaine, tu n'en vaux pas la peine !

C'est à ce moment qu'elle apparût, et toutes deux la virent. Nyx, silhouette frêle dans la nuit née du chaos, se déplaçant pieds nus à pas feutrés dans la nuit sans étoile planant au-dessus de l'Île Noire. C'était pendant que ce fou rire guttural avait prit sans raison Noire, que Nyx avait prévu fuir cet endroit par le lierre-serpent, passant au-dessus le mur. Une opération qui n'allait pas sans risques, mais dont la récompense n'était ni plus ni moins la reconquête de la liberté.

- Honma ? demanda-t-elle d'une voix tremblante, ne comprenant pas la cause de sa présence ici alors que toutes deux venaient de faire leurs adieux dans les larmes il y avait moins de quatre heures. Que fait-elle là Honma ? C'est...C'est toi qui l'a emmenée...?

Bravo, tu commences à comprendre Nyx.

- Rampe, que fais cette vermine ici ?
- Tu ne le vois pas ? répondit Phadransie sans avoir à chercher bien longtemps les mots. A cette heure-ci je dirai qu'elle s'enfuit.
- Oh, parfait ! Je vais pouvoir la tuer pour l'en empêcher alors...

Sans chercher à dissimuler sa peur, Nyx, puits d'incompréhension au moment sans doute le plus important  de son existence, se mit à reculer doucement. Derrière elle, une haie de roses épineuses chatouillant ses chevilles nues l'empêchaient de battre davantage en retraite. Phadransie laissa des sensations toutes-nouvelles, et pourtant pas tant que ça, l'envahir. Un frisson débordant d'impudicité vint lui caresser la colonne vertébrale et elle lâcha un gémissement de délice pervers en considération de la suite des événements.

- Honma, aide-moi...

Phadransie souriait. Elle appréciait cet instant à sa juste valeur, ne disant rien de plus. Même Nyx n'avait plus le pouvoir de l'éloigner de ce plaisir tant attendu.

- Je vous tuerai toutes les deux... J'ai juste besoin d'une arme.
- Je n'en ai pas sur moi, répondit très calmement La Noire à sa « maîtresse ». Mais depuis quand une Elfe Noire a-t-elle besoin d'une lame pour venir à bout d'une esclave chétive ? Tu fais encore plus pitié chaque jour.
- Une Elfe Noire a toujours besoin d'une arme. M'aurais-tu prise la mienne ?

Phadransie ne releva point l'offensive. Nyx en profita pour grimper au lierre, ne prenant point la peine dans sa course effrénée d'éviter les épines, pour certaines longues d'une dizaine de centimètres, qui l'éraflaient et la transperçaient.

- Rampe, empêche-la !
- Sans mains ?
- Oui !
- Je ne peux pas.
- Essaye.

Bien sûr que La Noire le pouvait ! N'était-elle point Phadransie La Noire, en vérité ? Âme libre, Écumeuse des Grand'Eaux, Cauchemar de Théoden, Tueuse d'Élue et à présent Tueuse d'Elfes Noirs ? Avec une rapidité surprenante, elle se servit de l'une de ses barres de fer enfoncées dans le bras afin de l'engager dans le pédicule de la plante-serpent, puis tira de toutes ses forces ! Le serpent parvint à rester accroché aux briques murales, mais une bonne partie fut arrachée en partie, et cela suffit à faire basculer au sol Nyx qui chuta en un cri de douleur. Alors Phadransie repéra ce qui semblait être une hachette dans la nuit, s’éjecter de sous les vêtements de l'esclave et tomber au sol. Seule une idiote tenterait de s'évader de l'Île Noire sans une arme à portée de main. Grossepoitrine avait posé son pied sur la tête de l'humaine au sol, un sourire tordu et acide rongeant ses lèvres. Phadransie souriait aussi.

- Tu vois Rampe, quand tu veux tu peux. Maintenant regarde l'exemple de ce qu'il va t'arriver...
- Mon œil est grand ouvert...

Faisant écho au plus sinistre des rires, l'Elfe commença à appuyer, s'imaginant sans doute que le crâne allait céder sous sa force fuselée. Incapable de se retenir davantage, Phadransie La Noire rit aussi. Pour la première fois depuis son arrivée sur l'Île, on put dire que Noire et Noir s'étaient compris et entendus.

Alors Nyx se redressa de son mieux, échappant à la pression de son adversaire ! Dans sa main luisait l'épingle à cheveux qu'elle avait dérobé il y avait de cela deux jours, à cette même Elfe qui menaçait la tuer aujourd'hui ! Un coup ! L'épingle à cheveux, appointée au possible, vint s'enfoncer dans le pied de Grossepoitrine qui hurla sous le coup de la douleur et de la surprise ! Elle vint saisir immédiatement son pied, sautillant sur place et beuglant comme elle savait si bien le faire ! Toute autre ayant hurlé aussi fort qu'elle et à une heure aussi tardive, aurait probablement alerté la demeure toute entière. Mais là il s'agissait de Damia. La famille de Lokhir était habituée à entendre hurler Damia à toutes heures du jour ou de la nuit !
Phadransie La Noire ne détacha pas son regard de ce spectacle grisant alors que tout son corps tremblait d'excitation.

- Tue-la.
- Honma...

Nyx fut condamnée à terminer sa phrase plus tard. Prenant une inspiration d'air copieuse, elle se jeta sur Grossepoitrine, consciente qu'elle n'avait plus le choix de ces actes ! Elle frappa avec son arme improvisée et déjà en main, visant les yeux ! Du sang, perle noire dans la nuit noire, jaillit et gicla ! Dès les premières secondes de l'assaut, la chienne d'Elfe était tombée au sol, se mettant à hurler et supplier pour sa vie lorsqu'elle eût enfin compris que cette dernière risquait de couler très vite hors de ses mains, à l'image de son sang qui coulerait hors de son corps.

- Je suis la future reine des Elfes Noirs ! Épargnez-moi et vous serez récompensées...

Nyx était à bout de souffle. Les larmes noyant ses yeux l'aveuglaient au moins autant que sa victime. De toutes façons, l'épingle qu'elle brandissait, arme trop fragile, s'était tordue sous la violence des coups administrée. Ce fut dans l'épanchement franc et désespéré de l'honnête âme qui n'a jamais levé une arme sur une autre, que les yeux de Nyx brillaient ce soir-là. Elle cherchait dans celui de Phadransie une réponse, une voie, une issue. Phadransie La Noire lui fit les paroles suivantes, en détachant bien chaques syllabes, presque sifflante :

- Qu'attends-tu pour l'achever ?
- Honma...Elle va mourir de toutes façons..
- Non. Dès que tu te retourneras elle ira trouver un prêtre. Tue-la !

L'épingle à cheveux que brandissait la bienfaitrice tomba sur le sol meuble de la roseraie en un silence presque tapageur. Alors Nyx recula de quelques pas, et alla chercher la hachette qu'elle avait amené avec elle quelques minutes plus tôt, priant Atye à genoux afin de ne pas avoir à l'utiliser. On lui avait toujours dit que celui qui tuait laissait dans le sang une part de son âme, et un peu plus à chaque meurtre, ceci devenant à chaque fois plus aisés à accomplir d'un point de vue moral.

Alors Nyx arma son coup et la hache retomba au beau milieu du visage de Damia dans un geyser carminé.

Elle resta fichée ainsi. Un silence presque irréel baigna les jardins une fois que les cris de Grossepoitrine fussent taris. Il n'emettait de sa bouche plus qu'une sorte de gargouilli inaudible mêlé à ses derniers gémissements. Phadransie avait réussi à ressentir tout ce qu'elle voulait ressentir en un tel instant.

- Tu viens de tuer une Elfe Noire, Nyx. A ta place je me dêpecherai de prendre de l'avance sur les chasseurs qui se lanceront dès demain à ta poursuite.
- Honma tu...tu as changé, sanglotait Nyx les mains encore tremblantes.
- Va-t-en ! Tire-toi d'ici si tu veux vivre encore quelques jours, idiote !

Phadransie La Noire assista au départ de cette morte en sursie. Au moins Nyx mourrait en âme libre. C'était ce qu'elle souhaitait. Elle n'aurait pas pu mieux agir et m'être davantage utile.

La Noire s'approcha alors de l'âme agonisante de celle qui se faisait nommer parmi les siens Damia. Incapable de hurler, une hache fichée en plein visage, d'un coup porté avec suffisamment de force pour la réduire à rien, mais pas assez pour la tuer complètement, toute l'envie se lisait sur son visage repeint en rouge. Plus un seul centimètre de chair. Que du sang. Phadransie prit le temps de se baigner de cette vision en un nouveau souffle de délectation mal contenue.


Qui rampe, maintenant ?


Noire fit alors basculer d'un coup de pied le visage de la cousine de Briza, afin que ses yeux crevés et éjectés de sang viennent croiser les siens. Elle adorait souiller ce visage à deux pas des enfers de la plante du pied ! Puis elle avança ses lèvres jusqu'à l'oreille de l'Elfe au supplice, à ses pieds.

- Phadransie La Noire, c'est mon nom.

Tout plaisir physique ayant fui son visage, de nouveau amendé par la haine la plus noire, Phadransie tourna le dos à sa « maîtresse » et se rendit jusqu'à ses appartements devant lesquels elle reprit son rôle de chien de garde.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Dim 6 Mar 2016 - 22:34

« Vois-tu Honma, dit Briza, il y a des choses à ne pas faire dans une vie de vermine humaine comme toi. Ou comme cette malheureuse. »

Elle était, avec son esclave, de l’autre côté d’une grille, qui les séparaient de l’arène. Dans cette dernière, on achevait de trainer au dehors les corps de gladiateurs, de toutes les races, sous les applaudissements du public. Le sang maculait le sable, et là où les combats avaient été proches des murs, de grandes éclaboussures rouges tâchaient la pierre noire. Les combats étaient particulièrement sanglants, comme cela devait être.
Honma n’avait plus la fourche à son cou, Briza avait changé d’humeur. A la place, à un anneau de métal cerclé autour dudit cou, se trouvait désormais attachée une chaine qu’elle utilisait comme une laisse. Plutôt approprié, au vu de ce qui allait se passer dans l’arène sous leurs yeux.

« Par exemple, tuer des elfes noirs. Oh bien sûr, ici, il ne s’agissait pas de n’importe quelle elfe noire, même si elle sera présentée comme telle dans l’arène. Vois-tu, ma cousine était une vermine qui sans doute valait moins bien que toi. En tout cas, c’est que mon maître d’escrime m’a affirmé quand je l’ai payé. Rends-toi compte du point auquel cette idiote a dû lui faire mauvais effet, pour qu’il considère une vermine humaine comme valant mieux ! Mais il se trouve qu’elle est morte. Oh, je dois avouer que j’ai ressenti un grand plaisir quand j’ai appris qu’on l’avait retrouvée, toute nue, bêtement allongée sur le dos avec une hache dans la tête dans les jardins, mutilée en de nombreux endroits. Plaisir uniquement terni par le fait que je ne l’ai pas fait moi-même.
« Mais toujours est-il, ma chère Honma, qu’une humaine l’a tué. Nous devrions bien sûr être reconnaissants envers cette humaine de nous avoir débarrassés de cette chose, même si nous comptions nous-même le faire, à terme, mais il ne faut pas croire que les vermines humaines aient tous les droits si c’est quelque chose que nous comptons faire. Votre place à vous, vermines humaines, et à nos pieds, en train de ramper. »

Elle lâcha la laisse et gifla violemment Honma, avant d’enchainer par un coup de pied en plein bassin qui la plia en deux. Elle en profita pour la jeter au sol, et lui plaquer le visage contre la grille, la forçant à regarder ce qui se passait dans l’arène, alors qu’elle mettait un pied sur sa tête, déchirant en partie sa tempe avec le talon pointu de sa chausse, et qu’elle reprenait la laisse en main.

« Voilà ta véritable place. Nous prends-tu vraiment pour des imbéciles Honma ? Cette idiote fait de toi son esclave personnelle, contre mes instructions, et deux jours plus tard, elle est morte ? Tu es incompétente, mais elle était si misérable que tu lui as été supérieure, c’est un fait. Et parce que tu as au moins aidé à nous débarrasser d’elle, tu vivras encore pour me servir moi, et être soumise à chacune de mes volontés. Parce que dans le cas contraire… »

Dans l’arène se faisait amener une humaine à l’air particulièrement effrayée. Les gardes l’amenèrent bien au centre, et lui firent signe de ne pas en bouger tandis qu’ils quittaient l’arène. Honma allait forcément y reconnaitre l’humaine qu’elle avait fréquenté.

« J’avais explicitement demandé à ce qu’aucun esclave ne te parle, Honma. Pourtant, cette Nyx, si j’en crois les autres vermines, a tissé des liens solides avec toi. Et, ô surprise, elle a disparu le matin même où on a retrouvé le cadavre d’une certaine loque dans les jardins. Quel dommage qu’elle ait pu être reliée à toi. Nous aurions pu nous contenter de la traiter comme une esclave ayant tentée de s’évader, mais… Elle est soupçonnée d’avoir tué une elfe noire. La plus misérable des elfes noires vaudra toujours mieux que la plus grande des humaines. »

Elle avait à peine fini qu’une autre porte s’ouvrit, de laquelle sortit une meute de chiens particulièrement grands. Des chiens des plaines. Ces derniers entourèrent vite l’humaine, qui avait toute de suite compris qu’elle n’avait nulle part où aller.

« Ils vont jouer avec elle pendant quelques minutes, dit Briza avec un large sourire, forçant Honma à regarder. Je les connais bien, ces chiens des plaines. Je passe ma vie à les chasser et à les empêcher d’entrer en ville. Je sais comment attaquent-ils… Ce sont des animaux dangereux, mais aussi très joueurs. Quand ils sentent qu’une proie n’a aucun moyen de se défendre, et crois-moi ils sont très forts à sentir cela, ils vont jouer un peu avec elle. Là, vois-tu… Des petites morsures vite fait avant de s’éloigner, comme ça… Hum c’est un beau spectacle. Des coups de griffes aussi, comme celui-là… Il était bien placé, ne trouves-tu pas ? Hum écoute ses cris de douleurs… Ecoute ces aboiements… Et maintenant la curée commence. Vois-tu ce grand noir ? Il n’a pas encore mordu. C’est le chef de meute. A l’instant où il mord, le festin commence… C’est-à-dire maintenant ! Oh entends-tu ces hurlements ? Tel est le devenir des humains. Vous n’êtes bons qu’à être déchiquetés par les crocs de ces chiens pour notre plaisir. Et c’est encore trop d’honneur que de vous faire… Oh déjà fini ? Ils ont dû trop les affamer, sinon ils ne l’auraient pas tout de suite tuée avant de la dévorer. Dommage, le spectacle était si plaisant… »

Elle tira sur la chaîne, sachant bien qu’Honma aurait appris cette leçon. Elle la remmena chez elle, et la renchaina à son anneau habituel. Seule cette fois. Loin des autres esclaves. Deux jours passèrent avant qu’elle ne vienne la chercher.

« Vois-tu Honma, dit-elle en la guidant hors de la maison, nous allons partir en voyage avec mon père. Et ma mère ! Nous nous rendons à la capitale, auprès de la reine Dhaulnyre, pour un conseil royal. Moi je n’y participe pas bien sûr. Ma mère non plus. Seuls les échevins entoureront la reine. Mais il faut bien qu’en tant que princesse de sang elfe noire, je me montre un peu, ne le penses-tu pas ? Et tu as prouvé être une parfaite distraction à la dernière soirée où je t’ai emmenée… »

L’équipage qui devait les emmener était constitué d’un riche coche, dans lequel monterait bien sûr Briza et sa famille. Un deuxième attelage, guidant une voiture plus humble, contiendrait les serviteurs elfes noirs du commun. Quatre gardes du corps, des corsaires, dont le second de Lokhir, qui ne semblait pas un seul instant affecté par la mort de sa fille Damia, accompagnaient la marche.
Un anneau fut serré au-dessus de l'unique coude d'Honma, auquel fut attachée une chaine, dont l'autre extrémité fut attachée à l’arrière de la deuxième voiture. Elle la suivrait ainsi, tirée, et marchant. Si elle venait à tomber, ce serait tant pis pour elle, expliqua Honma. Et les deux corsaires qui la regarderaient, assis sur des sièges arrières, s’assurerait qu’elle ne cherche pas à grimper sur la voiture pour se reposer.
De fait, lesdits corsaires semblaient enthousiastes à l’idée de pouvoir se moquer de l’esclave et lui jeter les ordures de leurs repas à la figure durant la route. On appréciait toujours, après tout, des plaisirs simples dans la vie, même une vie d’elfe noir, supérieure à celle des humains.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Jeu 10 Mar 2016 - 16:24




Sur son visage, le pied de Briza. Face à elle, la grille de l'arène, l'enserrant comme si elle eût voulu la déchirer en morceaux. Et cette pute qui faisait pression ainsi, l'écorchant et lui déchirant la tempe jusqu'au sang. Loin de songer à extérioriser la douleur, Phadransie La Noire la contint de façon admirable. Les maux les plus acerbes pour elle n'étaient pas tant la pression de ce talon sur son visage, le saccageant, mais surtout la pression de son visage brûlé contre la grille. Il est des douleurs que La Noire pouvait supporter. Mais certaines demeuraient bien trop importantes pour, ne serait-ce envisager les etouffer. Briza dut savoir qu'elle avait fait mouche sur la pirate à ses pieds, lorsque cette dernière hurla sous la douleur.

La Noire tombait de dégoût en abattement. Voilà qu'elle venait de se débarrasser de cette chienne de Grossepoitrine, il y avait presque six semaines déjà, et avait eu tout ce temps-là afin de fomenter d'odieuses machinations supplémentaires envers cette pute de Briza, qu'elle se retrouvait laisse serrée autour du coup et aux pieds de cette Elfe qu'elle rêvait de saigner. Comment était-ce possible ? Je suis la meilleure. Je suis Phadransie La Noire, elle ne peut rien contre moi. Les Elfes Noirs sont des putains d'idiots de siresse !

« Voilà ta véritable place, rétorqua de la glace et du feu dans la voix la fille de Lokhir, tout en entrepreant de lui déchirer la tempe. Nous prends-tu vraiment pour des imbéciles Honma ? Cette idiote fait de toi son esclave personnelle, contre mes instructions, et deux jours plus tard, elle est morte ? Tu es incompétente, mais elle était si misérable que tu lui as été supérieure, c’est un fait. Et parce que tu as au moins aidé à nous débarrasser d’elle, tu vivras encore pour me servir moi, et être soumise à chacune de mes volontés. Parce que dans le cas contraire… »

Elle se doutait que Briza découvrirait la vérité, en même temps que son lien avec Nyx. Mais pas aussi vite ! Elle se débattait comme du grabuge commençait à avoir lieu dans l'arène C'était impossible. Cette pute m'a pris de vitesse !

Briza n'était définitivement pas Damia.

De toutes façons la pression ne se relâcha pas comme les Noirs faisaient entrer dans l'arène une humaine au teint pâle et au corps nu et meurtri. Bientôt une meute de chiens l'entourèrent en grondant, roulement à l'image du tonnerre impétueux dissimulé aux grains blancs de Ryscior.

Lorsqu'ils passèrent à l'attaque, le temps sembla s'arrêter sous les cris de La Noire qui recueilli au visage un jet de sang encore chaud.



~



On traîna subséquemment Phadransie La Noire jusqu'aux domiciles de Lokhir. A chaque pas, la fille de Lokhir devait sortir de ses entendements pensifs pour tirer avec toujours plus de force sur la chaîne de Phadransie. Ses jambes fléchissaient, son œil se révulsait parfois, elle tombait et Briza tirait sur sa laisse, la faisant râcler le sol sur plusieurs dizaines de mètres. La douleur ayant foudroyé La Noire depuis cet instant à l'arène ne lui laissa point de répit. Mais l'Elfe Noire, et ce fut revêche de le lui reconnaître, possédait une force grande dans les bras, qui en faisait sur ce point-ci la digne héritière de Lokhir. Phadransie La Noire fut enchaînée de nouveau, mais loin des autres esclaves cette fois-ci. Sitôt que le nœud fut fixé, elle sombra en d'affreux cauchemars qui n'appartenaient qu'à elle.



~



Deux jours étaient passés à dater de cet instant. Phadransie, qui subissait la solitude et l'isolement le plus extrême depuis des mois, avait apprit à ne plus le subir seule. A se voir tous les jours, depuis la disparition de Nyx et lors de l'attente du retour de Briza, s'enfoncer dans cet exil de soi et des autres, car le maître des bêtes, lors de la découverte du corps de Grossepoitrine, ne s'était plus préoccupé de son « esclave », Phadransie avait apprit à accepter la présence à ses côtés du spectre du Capitaine Andelzzer. Andelzzer l'Elfe Noir aux yeux de givre, le premier de tous, celui qui lui avait intimé de baisser le regard, la toute première fois de sa vie. Andelzzer qui s'était frayé par la force un chemin en elle, et qui depuis ce jour, ne l'avait jamais quittée. Elle ne l'avait comprit que récemment.




Cette effroyable vision fantasmagorique lui fit admettre combien il eût été ridicule de craindre ce spectre-là. Andelzzer n'avait plus aucun pouvoir sur elle, dans ce monde-ci. Parfois, elle se demandait si il l'attendait dans les enfers de Canërgen. Qui le savait ?
Ce fut lorsque Lokhir avait passé autour de son cou cet anneau rétractable, dès leur première rencontre en Saïrla, qu'Andelzzer avait pu apparaître à ses côtés par la suite, lorsqu'elle s'étranglait par le biais de cette laisse maudite. Elle n'avait pas oublié. Phadransie La noire n'oubliait jamais rien. Pour la violer, il l'avait étranglée de la même façon dix Tours auparavant.

- C'était comment ? demanda l'Elfe assis à ses côtés, sans même daigner poser son regard sur elle.

Phadransie non plus ne le regardait jamais lorsqu'elle lui parlait. D'une certaine façon il était en elle et c'était plus que largement suffisant. L'écurie était vidée, les autres esclaves étant tous partis au labeur.

- C'était bien, sourit-elle tout en tirant sur la chaîne autour de son cou.
- Dévorée vivante ?

Phadransie La Noire acquiesça d'un hochement du chef.

- J'étais aux premières loges. Son sang avait le goût de la peur.
- Cette Nyx n'était qu'une humaine.

Les vrais convictions se forment généralement à des profondeurs de l'esprit qu'il ne sait visiter. Un sourire obscène étira les lèvres de La Noire, en écho à son tout nouveau visage semblant tout droit jailli des enfers.

- Ho, mais ça n'était pas Nyx...
- Vraiment ? s'enquit le Noir.
- Nyx est morte, poursuivit Phadransie l’œil presque gouttant de noirceur, au moment précis où elle a levé la main sur la cousine de Briza...Ni avant. Ni après. Elle est morte avant même de le savoir.
- Alors, ça signifie que c'est toi qui l'a tuée.

Phadransie tourna graduellement son visage vers son interlocuteur. Elle supportait son regard, bleu, pétillant, chaotique.

- Je lui ai offert ce qu'elle n'aurait jamais pu acquérir seule. On ne s'échappe pas de l'Île Noire. Pas quand on est une idiote n'ayant jamais tenu une arme. Elle est morte de la meilleure façon qui soit. En me servant. C'était ce qu'elle aurait voulu.

Un silence s'introduisit à la fin de cette réplique, comme venu la ponctuer.

- Tu aurais fais une formidable Elfe Noire, Phadransie. Sinistre. Impassible. Sans pitié.
- Je ne suis pas une Elfe Noire. Je hais les Elfes Noire.
- Tu aurais aussi été une formidable Lieutenante à mes côtés.
- Mais tu es mort. Et moi vivante...
- Peut être plus pour longtemps, poursuivit Andelzzer. Et cette arène ?
- Une chimère. Un spectre. Une vision. Une vision de l'avenir. Je sais ce qu'il m'est offert de voir.
- Qui est ?
- Ça n'était pas Nyx dans l'arène. C'était Briza.

Nouveau silence. Un courant d'air frais vint se frayer un passage d'un bout à l'autre du dortoir des esclaves.

- Briza jetée en pâture aux arènes Noires, poursuivit Phadransie la voix déformée de vilenie, puis morte, dévorée vivante par des chiens des plaines au su et à la vue de tous...

Comme elle tenait ces propos à Andelzzer, elle tirait dans un même temps sur la chaîne la liant à l'anneau de fer, ce qui provoqua un fouillis de tintements métalliques. Phadransie ne cessait presque jamais de tirer sur cette chaîne depuis que l'anneau passé autour de son cou avait été changé.

- Tu n'arriveras pas à t'échapper comme ça, lui fit remarquer le Noir en un timbre sombre.
- Je le sais. Je ne compte pas m'échapper.
- Tu as renoncé ?
- Non. Mais quand bien même je ferai plier cette chaîne, où irai-je ? Sans bras. Sans mains. Je resterai sur l'Île Noire jusqu'à ce qu'une occasion se présente à moi. Alors je la saisirai.
- Phadransie La Noire qui choisirait de rester esclave de ses ennemis...
- Je veux rester sur l'Île Noire, cracha presque Phadransie, pour y voir Briza être envoyée aux arènes. Puis y mourir.
- Tu me sembles sure de toi.
- Je suis prophète, sourit cette dernière. Je sais ce qu'il adviendra.

Jusqu'alors, Phadransie La Noire avait gardé la tête haute et le regard fixant le vide, même tourné vers son interlocuteur. Il sembla alors qu'une étincelle vint s'allumer au sein de sa pupille.

- Tu ferais mieux de t'en aller avant qu'on ne te voie. Elle arrive.

En un écran de nimbe tout droit sorti du néant, l'Elfe Noir disparût. Phadransie La Noire se leva. Elle n'avait plus besoin de voir Briza arriver pour savoir qu'elle serait là ; elle la sentait. Elle la pistait, comme un limier piste sa proie. Et cela fonctionnait également avec Lokhir. Comme ça avait fonctionné avec Andelzzer, dix Tours en arrière. Briza ouvrit la porte du dortoir. Phadransie sentait son odeur. Elle lui attribuait la nausée, et irascibles envies de meurtre. Debout, elle pouvait la fixer approcher, tête haute. Briza détacha la chaîne, sans même un regard pour son esclave. Phadransie connaissait les manières Noires à présent. Le mépris. Elle, devait répondre lorsqu'ils l’interpellaient, mais eux ne prendraient jamais la peine de répondre à leurs esclaves lorsqu'ils les auraient sollicités.  

- Vois-tu Honma, nous allons partir en voyage avec mon père. Et ma mère ! Nous nous rendons à la capitale, auprès de la reine Dhaulnyre, pour un conseil royal. Moi je n’y participe pas bien sûr. Ma mère non plus. Seuls les échevins entoureront la reine. Mais il faut bien qu’en tant que princesse de sang elfe noire, je me montre un peu, ne le penses-tu pas ? Et tu as prouvé être une parfaite distraction à la dernière soirée où je t’ai emmenée…

Quelle pute. Phadransie se campa solidement sur ses deux jambes comme elle la tirait vers la sortie.

- Je ne m'appelle pas Honma.

Briza se retourna alors vers son esclave, une expression sur le visage qui en aurait fait fuir plus d'un. Mais Phadransie La Noire n'était pas de ce genre là. Elle ajouta :

- Et j'ai ce nom en horreur...

Elle savait ce qui l'attendait. Mais elle s'en foutait pas mal. Après tout, qu'est-ce qui aurait pu advenir de pire ? Elle ne supportait plus qu'on l'appelle ainsi. Ho, bien sûr, elle se doutait fortement que Briza ne cesserait pas de le faire suite à ses remarques, mais au moins elle le lui aurait dit. Une gifle la cueillit, suivi d'un coup dans l'estomac. Elle ne montra rien de la douleur, ayant contracté ses muscles au préalable. Néanmoins, La Noire ne sut résister à la chute qui la cueillit. La chienne de fille de Lokhir se servit de son pied afin d'appuyer sur sa tête, une nouvelle fois. Heureux hasard, elle trouva rapidement la plaie de la veille, afin de la rouvrir de la même façon. Encore une fois, le sang de la Noire coula le long de son visage.

- Reste à ta place, Honma.

Phadransie esquissa un bref sourire, imperceptible pour ceux ne sachant le voir. Elle avait encore en bouche le sang chaud de Briza deux jours auparavant.



~



Elle laissa Briza se saisir de son bras afin d'y cercler un anneau de fer. Devant elle, la voiture Noire tractée par quatre chevaux qui allait l'emmener les dieux savaient-où. Bien entendu, elle, devrait suivrait à pied ce cortège de cauchemar. La Noire subit la première journée de marche sans fourmiller, peut être l'eût-elle moins durement souffrit si elle avait des bottes aux pieds. La traversée de tout un territoire pieds nus n'est jamais chose facile.
Il fallut également calquer son allure sur l'allure des bêtes. Une chute aurait pu être synonyme de mort, sans parler des goguenardises des corsaires Noirs à l'arrière de la voiture. A la première pause du convoi, La Noire y espéra quelques gouttes d'eau. Elle y vu de nouveau le sadisme incessant dont faisait montre cette race qu'elle abhorrait et, ne pouvant ignorer son besoin vital de se désaltérer, admettait que l'on reparte sans même un regard pour cette esclave que l'on tractait tel un animal. Elle marcha toute une journée. La seconde pause devait durer plus de temps que la première, qui s'était étendu que de quelques minutes. A bout de forces et la plante des pieds en sang, Phadransie tomba au sol, le bras ballant toujours lié à l'arrière de la voiture. Elle espéra que cet arrêt durerait, au moins le temps qu'elle se repose. Ils nourrissaient les bêtes. La nourriraient-elle, elle ? La Noire en doutait.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Mar 29 Mar 2016 - 11:52

Le voyage se passa plutôt bien pour Briza. La route tracée par les elfes noirs étant bonne, il fut plus rapide que prévu, même s’il dura comme elle le craignait plus de la moitié de la lune. Plus de la moitié de la lune enfermée dans un coche avec ses propres parents, il y avait pire comme destin, mais tout de même, pour la jeune elfe noire qu’elle était, ce fut vite ennuyeux, si bien qu’elle rejoignit au bout de quelques jours de voyage les gardes sur la voiture arrière. Assise sur leur banquette, elle regardait Honma courir pour ne pas tomber. Ce spectacle la lassa rapidement, aussi retourna-t-elle dans la voiture de ses parents, à sa place légitime, auprès des nobles.
Le soir venu, l’ensemble de la compagnie trouvait le repos sous les arbres. Des tentes immenses étaient sorties des voitures, sauf pour Honma, qui dormait attachée à un arbre. Le risque de voir des chiens des plaines venir la dévorer pendant la nuit était faible. Il existait néanmoins. Mais on avait placé des gardes pour surveiller le campement dans son entier, au cas où. Plusieurs fois, ceux-ci rapportèrent avoir vu leurs yeux briller dans le noir aux alentours. Mais Briza était une chasseresse. Elle savait que les chiens des plaines étaient des animaux d’une redoutable intelligence, et qu’ils avaient compris qu’attaquer des elfes noirs, même s’ils paraissaient en position de vulnérabilité, n’était jamais une bonne idée. Alors, ils restaient souvent à observer les campements, préférant traquer les elfes qui devaient s’isoler pour une raison ou une autre.
Briza étant d’ailleurs la seule à connaitre les subtilités de la chasse dans le groupe, ce fut pour elle un plaisir de dicter les règles de vie dans la plaine. Bien sûr, que les monstres des montagnes descendent jusqu’au bord de la route où ils campaient régulièrement était un évènement exceptionnellement rare, et il faudrait bien que Virel les ait maudits pour que cela arrive précisément à eux, mais les elfes noirs gardaient toujours leur vigilance élevée au maximum, et envisageaient toutes les possibilités, même les plus infimes.

Il y avait aussi les temples. De temps à autre. Au bord de la route, des temples dédiés à Silir, isolés du reste de la ville. Ces temples étaient en fait de grandes bibliothèques, le cœur des archives elfes noirs. Ils étaient cachés sous terre, et leurs portes se trouvaient entre les racines des arbres. Contrairement aux prêtres qui restaient dans les villes, ceux qui vivaient dans ces temples vivaient reclus et dans le silence. Une vie incompréhensible aux yeux de Briza, et la majorité des elfes noirs. Aussi, bien qu’elle n’y vit que du feu, la jeune elfe était convaincue que dans le secret, ces elfes noirs tiraient certaines ficelles, ou complotaient contre certaines personnes.
Ils étaient notamment avides d’histoire de la ville. Lorsqu’ils accueillaient les voyageurs, c’était toujours en échange du prix de leurs discussions. Ils devaient leur raconter qui était mort, comment, qui était né, de quels parents, quelle maison s’élevait, quelle maison tombait… Les prêtres de la ville tenaient ces registres bien sûr, mais jamais avec autant de détails, ni de précisions. Et, nota Briza, ils ne comparaient jamais les notes qu’ils prenaient avec d’autres notes plus anciennes. Sans aucun doute, songea-t-elle, ces archives étaient les plus complètes qu’un elfe noir puisse jamais trouver sur toute l’Ile.

« Cette esclave va mourir, dit un jour l’un d’eux d’un ton calme, en désignant Honma. »

Il avait parlé aussi calmement que s’il avait simplement annoncé que la table était dressée pour les invités.

« Ses pieds sont en sang. Si vous ne lui donnez pas au moins des chaussures convenables, elle n’arrivera jamais à destination. »

Briza regarda Honma. C’est vrai que c’était peut-être humainement infaisable ce qu’elle lui avait demandé. Elle finit par céder à la remarque du prêtre. Honma aurait donc des chaussures. Le temps d’arriver à la capitale, pas une seconde de plus.
Et le voyage reprit son cours, tranquille, sans histoires. La dernière nuit fut encore passée dans un temple le long de la route. Là, Briza y observa un instant Honma, puis la présenta à un prêtre.

« Vous qui devez connaitre tous les usages, comment rendriez-vous cette humaine présentable en société ? demanda-t-elle, souriant. »

Ledit prêtre, un vieil elfe qui avait besoin de lunettes pour y voir, leva le nez de ses notes, et tourna quelques instants autour d’Honma. Il grimaça et sourit en l’observant, puis finit par arrêter sa décision. Le soir même, c’est un jeune prêtre novice qui devant Briza tondit l’humaine, jusqu’à son crâne soit intégralement dégarni. Il appliqua un baume sur ses cicatrices afin de les refermer complètement, comblant les crevasses qu’elles avaient laissées. Mais le baume brûlant laissera des marques rouge vif sur sa chair. De belles cicatrices, pas laides à regarder, mais qui montraient une certaine violence de la part de ses possesseurs. Cela était bien. Il alla ensuite chercher des chaines, qu’il lui passa autour aux chevilles. Il contempla quelques instants les chairs brûlées de son visage, et tâta un peu la mâchoire que l’on pouvait apercevoir depuis l’extérieur. Jugeant qu’elle n’était pas des plus belles à regarder, il pratiqua une petite opération.
Il sortit un couteau et retira un peu de chair du ventre d’Honma. Rien de grave, elle se remettrait de cette petite écorchure. Il alla ensuite la carboniser jusqu’à ce qu’elle ait la même couleur que le visage brûlé, puis cousit la nouvelle pièce sur sa mâchoire, recréant une sorte de fausse joue. Briza ne s’en souciait pas. Elle était restée pour sa part à l’épisode des chaines. Comment et pourquoi avaient-ils ça dans un temple isolé ?
Le prêtre acheva son opération en retirant ses bottes de Marches à Honma et en lui donna des semelles de cuir usées, qui pourraient tenir à ses pieds grâce à quelques bouts de ficelle. Il lui retira enfin les loques de vêtements qu’elle portait pour les remplacer par une jupe de tissu blanc sale et déchiré, ainsi qu’un bandeau du même tissu qui lui recouvrit la poitrine.

« Elle est présentable, dit-il simplement à Briza avant de s’en aller vaquer à ses occupations. »

C’est effectivement le sentiment qui prenait l’elfe, qui pendant l’habillage avait un fume-cigarette, et fumait tranquillement.

« Tu vois Honma, dit-elle. On va peut-être pouvoir faire quelque chose de toi. »
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Lun 4 Avr 2016 - 2:39

Tas de chiennes en rut mangeant des cataplasmes.
Le cri des maisons d'or vous réclame. Volez !
Mangez ! voici la nuit de joie aux profonds spasmes
Qui descend dans la rue, ô buveurs désolés,
A.R



La mer appartenait à la déesse qui était venu là fouler aux pieds l'une des gigantesque plages irréelles de sable blanc. Son joyau, pendant à son cou et étincelant comme un petit soleil, au bleu si profond qu'il en était hypnotique, contrastait avec la pâleur de sa peau. Pieds nus, elle avançait, simplement, la robe et les cheveux au vent, les chevilles dans l'écume.
Phadransie la voyait approcher. Au lieu de témoigner le moindre signe extérieur d'appréhension, elle attendait sa venue. La Reine des Mers finit par arriver jusqu'à elle, et aussitôt, elle s'agenouilla l’œil rivé sur ses pieds nus. Le vent était le seul spectateur de cette rencontre irréelle. Phadransie ne parlait pas, ne jugeant pas utile de faire entendre sa voix à sa Déesse. Cela ne ferait que l'énerver, elle le savait. Alors la Reine se saisissait d'elle d'une main refermée sur sa gorge, et la soulevait au-dessus des vagues comme si elle ne pesait rien. Cette poigne se rendait si terrible que Phadransie n'avait rien à y opposer, et lorsque son œil croisait enfin ceux, atroces, de la femme en robe blanche, elle se débattait dans son propre sommeil et finissait par se réveiller.


Elle réalisa avec rapidité qu'elle se trouvait dans l'un des nombreux bâtiments parsemant les routes de l'Île Noire. On l'avait déposée à l'entrée de ce dit temple, la chaîne passée autour de son cou attachée à l'un des piliers souterrain du temple et c'est ainsi qu'elle s'y était endormie, les pieds en sang et à même le sol. La pute de fille de Lokhir venait de la détacher et, sans un regard, la traîna plus en avant à l'intérieur du temple.
On avait beau avoir protégé ses pieds d'une fine gaine de cuir usé, le voyage n'en demeurait pas moins douloureux. De nombreuses fois, elle était tombée d'épuisement, et avait été traînée sur plusieurs mètres par le chariot. Seule la peur de voir son visage à vif racler contre le sol caillouteux et sableux de la route lui avait permis de trouver la force nécessaire afin de se remettre sur pieds et continuer à courir derrière lui. La douleur était intenable. Le sang perlait au travers les chaussures, et dès que le convoi s'octroyait une pause, elle tombait sur le sol, avec l'impression de ne jamais plus pouvoir s'y relever. Pas une seule fois, la fille de Lokhir ne s'était inquiétée de son sort ni de son état. Phadransie savait qu'elle se fichait de la voir mourir. Alors, si elle voulait vivre, si elle voulait voir cette pute crever dans les arènes noires, si elle voulait quitter un jour cette Île de siresse, elle devait avancer. Jour après jour.


De nouveau Phadransie La Noire, et trop emplie de fierté pour se laisser traîner par la fille de Lokhir, elle parvint au prix plus que coûteux à se mettre debout et marcher derrière elle, droite.


« Vous qui devez connaitre tous les usages, comment rendriez-vous cette humaine présentable en société ?


La Noire n'eut pas besoin d'écouter plus que cette réplique-là, pour en être déjà lasse. Le prêtre Noir l'observait, tournant autour d'elle, des rictus ridicules se peignant aléatoirement sur sa face cocassement redondante. Puis il disparut dans les entrailles du temple. Alors la fille de Lokhir avait lâché la chaîne, la laissant tomber aux pieds de La Noire.


- Tu ne bouges pas, avait-elle ordonné.

Et pour aller où, sale chienne ? Non seulement Phadransie n'avait pas bougé d'un millimètre malgré la douleur, mais elle avait gardé la tête haute, et l’œil noir braqué sur celui de cette pute.


Elle était restée plusieurs heures ainsi. Briza, non. Au bout d'un temps interminable, un second Elfe, suivit du premier arriva. Il avait une lame ciselée large d'une vingtaine de centimètres environ, au bout des doigts.


- Allez à genoux, l'esclave.


Crève. Crève. Crève. Crève. Crève. Crève. Crève. Crève. Crève. Crève. Crève. Crève. Ce fut dans l’intérêt de Phadransie qu'il la contraigne lui même à s'abaisser sur le sol, car elle aurait été incapable de concéder à ces chiens-là quoi que ce soit de son fait.


Elle se laissa dépouiller, sans rien dire, tandis qu'une migraine prenait d'assaut son crane, comme le marteau une enclume. Depuis qu'elle avait été livrée vive au feu, pas deux jours ne passaient sans que ces maux de tête ne la malmènent fort mauvaisement. Ils eurent au moins le mérite de la distraire de ce qu'il se passait.


Elle les haïssait. Elle aurait vendu son âme à Canergën, ou même à Silir, pour avoir la possibilité de les tuer sur l'heure, là, maintenant, tous. Mais elle prenait son mal en patience. Le temps, pour la pute de fille de Lokhir en tout cas, était compté.


Le premier des deux prêtres, le vieux pervers dégueulasse, tenait entre ses doigts un pot empli d'un semi-liquide fumant. Il se tourna vers Briza.


- Elle va devoir se laisser faire, sinon nous devrons l'attacher.


Phadransie se retint de leur cracher à la gueule. Elle se contenta de siffler entre ses dents.


- Je suis là. C'est pas la peine de parler de moi avec autant de détachement.
- Allonge-toi.


Des cicatrices ? Phadransie La Noire en avait par centaines ! La plus importante demeurait celle qui partait de son flanc gauche et remontait en flèche jusqu'à son épaule droite. Celle-ci elle la devait à Théoden, et sa lame émoussée, sur les quais de Karak-Tur ! Si la lame de son ennemi eût été tranchante ce jour-là, il l'aurait ouverte en deux. Elle conservait aussi, toujours, les nombreuses stigmates dues à Lokhir le jour où il l'avait sortie de sa cage en Saïrla, la traînant jusqu'au port à la seule force de ses bras, comme elle raclait le sol, ayant perdu tout contrôle de ses jambes après plusieurs mois enfermée dans une cage telle une bête. Puis le coup de poignard de cette chienne de Briza, vif, qui lui avait tranché le bout du sein après qu'elle eût éclatée la mâchoire, le visage et les dents de Grossepoitrine lors de leur première rencontre. S'ajoutaient à celles-ci les -très- nombreux coups que lui avait administré cette-dernière durant le temps que dura l'union de ces deux-là. En plus du déchirement de sa tempe par le talon de l'Elfe Noire. Grossepoitrine avait plus d'une fois éclaté de rire tandis qu'elle giflait et abattait ses poings sur l'esclave de sa cousine, ne se souciant que peu des marques que ceux-ci laisseraient. Et le trajet, interminable, qui dura presque une lune, et sut laisser ses marques sur les chairs également, en particulier lorsque Phadransie, incapable de poser les pieds au sol, chutait et se voyait traîner de force.
Ils la laissèrent s'étendre d'elle-même sur une table basse de pierre noire, après qu'ils l'eurent entièrement déshabillée. L'obscurité, dans ces temples sous-terrain, était quasi totale. Seules deux minuscules bougies avait été allumées non loin des prêtres, ce qui avait permis à La Noire de prendre connaissance de leur visage grotesques, mais ils les avaient à présent éteintes. Elle cria lorsqu'elle sentit le contact du baume embrasé sur ses chairs lésées, et dû serrer les dents plusieurs fois. Un autre que La Noire se serait soit évanoui au bout de trois répétitions de cette opération là, soit enfui. Elle supporta cette torture, laissant ses détracteurs la brûler vive, et ce sur tout le corps. Lorsque son esprit ne répondit plus des élancements de son corps et qu'elle se mit à les repousser à coups de coude et de jambes, le plus jeune des Elfes la maintint immobile tandis que le second terminait le sale travail. Avec un bras un moins, ce fut chose réalisable. La peau fumait. Et Briza souriait, assise dans un coin du temple, en observant. Phadransie ne le voyait pas. Elle le sentait. Ils ne touchèrent point à la cicatrice en travers sa poitrine, laissée par Théoden alors qu'il la voulait morte, jugeant qu'elle se suffisait à elle-même. Ils lui accordèrent enfin quelques minutes de répit, le temps que le baume refroidisse et se fixe. Désormais, chacune des cicatrices demeuraient de couleur carminé, vive. Propres. Comme autant de châtiments corporels fort bien maîtrisés que lui aurait infligée la pute de fille de Lokhir à chacun de ces écarts de conduite. Ils l'obligèrent ensuite à se mettre debout. Phadransie n'y parvint point et s'effondra au sol. Les deux prêtres s'en accommodèrent. Ils lui enchaînèrent les chevilles, avec des chaînes lourdes, froides, et imposantes. Ils ont peur que je m'enfuie ou quoi ces fils de pute ?


L'humiliation fit qu'on la vit trembler de la tête aux pieds, et qu'elle ne savait plus regarder dans les yeux ses tortionnaires, sous peine de leur bondir dessus et déchirer leur gorge à coups de dents.


Elle ne voulait pas finir le visage dans le feu encore une fois. Alors, au nom de cette appréhension, je devrais tout accepter ?


Le jeune Elfe pratiqua ensuite une incision sur le ventre de sa victime, menue et du bout d'une lame, comme le vieux avait maintenu Phadransie au sol en appuyant simplement de sa botte sur son visage. Elle détestait quand les Elfes Noirs faisaient ça ! Elle était Phadransie, Phadransie La Noire, et ils n'avaient aucun droit, tous, de lui marcher dessus !


Alors Phadransie s'arc-bouta en arrière tandis qu'il se baissait sur elle, cette pièce de chair dans la main gauche, et du fil ainsi qu'une aiguille dans la droite. Elle repoussa le vieux d'un coup de coude quand elle comprit ce qu'il comptait faire, et tenta de fuir le temple, rampant sur le sol, demeurant incapable de courir, ni même marcher !


- Ne faites pas ça fils de pute !


Ils se jetèrent sur elle, les deux en même temps. Cette action, selon toutes les apparences, devait la sauver car au cours de cette rapide lutte un coup l'atteignit au-derrière le crane et elle perdit connaissance, échappant à la toute-horreur que lui aurait fait vivre une telle opération.






~




« Tu vois Honma, jeta la fille de Lokhir en direction de Phadransie alors qu'elle rouvrait l’œil. On va peut-être pouvoir faire quelque chose de toi.


La pute tenait entre son index et son majeur ce qui semblait être un fume-cigarette, et en aspirait des larges bouffées, semblant vouloir s'en crever les poumons. N'en aurait point déplu à La Noire. L'Elfe prit un plaisir mal dissimulé à lui envoyer au visage d'épais nuages de fumée.


- Je ne suis pas votre animal, cracha Phadransie, nauséeuse et se servant de son bras afin de se redresser puis se mettre debout -quand elle s'adressait à la fille de Lokhir, elle le faisait toujours bien droite et le regard haut-.
- Tu as raison, tu es une esclave. C'est encore moins honorable, lui répondit-elle d'un ton entièrement neutre et dépourvu de tout ressenti.
- Qu'un Elfe Noir ne vienne pas me parler d'honneur...
- C'est vrai. J'oublie presque que les humains ne savent rien de ce mot. Bien ! Honma, va te reposer, ordonna alors la pute Briza, tu recommences à marcher demain. A moins que tu ne veuilles que je fasse coudre ta bouche pour te faire taire. Je n'ai pas de patience pour tes inepties.


Se taire maintenant ? Alors qu'elle avait la possibilité de parler avec cette salope et que elle, lui répondait ! Chose plus que rare, si elle en était. La Noire tenta sa chance.


- Pourquoi ne me laisserais-tu pas partir ? Je ne te sers à rien, tu as suffisamment d'esclaves. Une fois en mer, je pourrai vous rabattre des âmes humaines, en offrir à ton père des lots immenses et réguliers. Fasse que je sois utile à la nation Elfe Noire.


Un silence tomba à la suite de ses mots. Phadransie devina la tension régnant dans l'air. Elle n'avait pas convaincu, elle le savait. L'Elfe apporte ses doigts à sa bouche afin de siffler, ce qui fit accourir le vieux prêtre.


- Coud-lui la bouche, ordonna-t-elle simplement.
- C'est inutile, je sais me taire...
- Trop tard.


Le prêtre n'omit aucun élan de contestation et se retira, avant de paraître accompagné du jeune, aiguille et fil en main. Phadransie tressaillit. Oseraient-ils... ? Briza, cette pute, tira une énième bouffée de son fume-cigarette, assise aux premières loges du numéro obscène qui allait se jouer sous ses yeux.


- Un dernier mot grande gueule ?


Phadransie s'apprêta à dire quelque chose, n'importe quoi, la supplier s'il le fallait, mais son œil croisa alors celui de Lokhir, qui venait de se matérialiser comme par magie à quelques mètres de sa fille, debout et bras croisait, et qui la regardait. 
Les mots moururent au fond de sa gorge comme ce regard sembla la pénétrer, la violer et l'écorcher toute-entière. Cet Elfe avait un pouvoir sur elle qu'elle ne savait expliquer. Pour en avoir fait l'expérience, elle le savait intouchable. Son contact-ci la brûlait avidement.
Elle tenta d'expédier un coup de coude au prêtre le plus proche de sa personne, le vieux. Ses réflexes ne devaient plus être ce qu'ils étaient, et elle se promit de l'atteindre ! Mais c'était sans compter sur le second Noir, qui se saisit de son bras avant qu'il ne percute le visage de son aîné.


- Lâchez-moi sales chiens traînes-merde de siresse  !!


Elle voulut alors les atteindre d'un coup de genou, mais les chaînes à ses chevilles vinrent mettre un terme à ce projet en un tintement sec ! Déjà, l'un des Noirs s'était saisi de la chaîne autour de son cou et tirait dessus, faisant ainsi pression jusqu'au collier que Lokhir lui avait passé dès le premier jour, qui se resserra d'un coup rapide ! Manquant d'air, Phadransie dû s'écraser à leurs pieds en toussant et s'asphyxiant ! Se débattant, les pieds nus douloureux, tout le corps en feu, elle fut traînée jusqu'à l'une des colonnes du temple où ils prirent soin de la lier entièrement, afin que l'opération qui allait être menée sous les yeux de Lokhir et sa chienne de fille puisse être menée à son terme.


- Briza ! Briza, attend !


Elle fit un geste évasif de la main, leur priant de commencer. Phadransie étouffa la douleur en un cri se perdant en elle-même lorsque l'aiguille perça. En revanche, elle ne sut retenir ses hurlements lorsque cette dernière s'attaqua à la partie brûlée et à vif de son visage. Ce fut, on peut le dire, une douce musique aux oreilles de tous les Elfes Noirs présents à l'intérieur du temple, et même à l'extérieur d'où elle retentit de nombreuses minutes encore.






~




Ce fut sans un mot et sans un regard que la putain d'Elfe se saisit de la laisse et, d'une pression sèche, obligea Phadransie à se lever, ce que cette dernière fit avec difficulté. Du fil noir opprimait et enserrait ses lèvres, l'enchaînant au châtiment d'un silence douloureux et imposé. Plusieurs heures étaient passées déjà, et au loin, l'aube avait pointé. Le convoi repartait.
A chacun de ses pas sur la terre sauvage, Phadransie laissait une marque de sang. Celui-ci coulait au-travers les tissus maintenant, et la douleur allait crescendo. Lorsque cette dernière atteignit enfin son paroxysme, il sembla que Lokhir et son escorte avaient atteint Saïrla.


Phadransie s'était écroulée aux pieds de Briza, bien involontairement d'ailleurs. Elle tenta de se lever, adjoignit à cette ambition toutes les forces qu'il lui restait. Elle parvint à se redresser, mais dès lors que ses pieds touchaient le sol, elle chutait de nouveau. Briza ne semblait pas hâtive de la presser. Au contraire, l'on aurait pu croire qu'elle prenait un certain et particulier plaisir à assister aux chutes répétées de son esclave. Au bout du quatrième échec, La Noire dû se rendre à l'évidence : elle était incapable de faire un pas de plus. Tout comme le père, est-ce que la fille la traînerait sur des kilomètres, à la vue de tous les passants de Saïrla ? Elle l'ignorait. La douleur, la frustration, l'humiliation, l'affaiblissement, l'impuissance, le dégoût et la haine se saisissait de son âme à chaque instant, comme d'une feuille aux grands vents, et paraissaient s'amuser à la déchirer. Elle ne pouvait plus parler. Elle pouvait pleurer.


Mais Phadransie La Noire était infiniment supérieur à tous ces chiens d'Elfes Noirs. Elle ne devait pas pleurer, tout comme elle ne pouvait pas flancher.


Briza mourrait bientôt dans les arènes, dévorée vive, et elle se devait d'être là pour assister à son trépas. La Noire leva la tête, doucement, afin de croiser le regard de sa persécutrice. Elle la supplia muettement de lui laisser un peu de temps. Elle marcherait de nouveau, cela était certain ! Phadransie avait seulement besoin de repos. Lorsqu'elle se fit réflexion à ce qu'elle avait déjà subi sur l'Île Noire, et à ce qui lui restait à subir, elle ne doutât pas que le pire demeurait derrière elle.


Mais parfois, quelques fois, elle se demandait si son souhait de voir Briza la pute crever n'allait pas de paire avec celui de se voir passer entre les mains de Lokhir. Si lui la brisait rapidement, elle ne souffrirait plus. Non ?
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Dargor
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Lun 2 Mai 2016 - 16:39

La fin du voyage jusqu’au palais de la reine Dhaulnyre se déroula dans le plus grand calme, la douce quiétude d’une apaisante routine, disait son père. Briza savait ce qu’il en était. Tous se préparaient à l’enfer que serait le palais royal. Ses parents lui en avaient longuement parlé en chaque occasion possible. Si elle pensait que les intrigues politiques, que les complots, les alliances et les trahisons avaient une grande ampleur dans la cité dont elle était en quelques sortes la princesse, alors elle donnait trop d’importance à sa propre vie. En vérité, les intrigues et complots du palais royal étaient d’une ampleur qui l’étoufferait très certainement. Surtout quand tous les échevins étaient réunis.
Elle fut déçue.

Déçue parce que dès son arrivée, ils furent poliment logés dans une résidence particulière proche du palais. Pas au palais lui-même. Il était somme toute plus petit que qu’elle s’était imaginée. Il devait faire à peine deux fois la taille de ladite résidence, qui était elle-même déjà immense. Briza, à elle seule, au lieu d’une chambre, disposait d’appartements entiers, avec des quartiers pour ses propres esclaves, sa propre salle à manger, plusieurs salons et plusieurs chambres. Il y avait même un jardin privé. Par Filyon, cet appartement était aussi grand que la maison dans laquelle elle avait grandi, qu’elle tenait pourtant pour luxueuse. Cela remettait les choses en perspectives. Certes le palais était plus petit que ce qu’elle s’était imaginée. Mais il n’en demeurait pas moins une ville dans la ville.
Mais alors, pourquoi était-elle déçue ?

« Parce que j’ai beau chercher, Honma, je ne trouve rien. Rien qui ne me laisse penser que nous soyons espionnés. Et je ne suis pas idiote, j’ai été formée à reconnaitre ce genre de choses. »

Elle était frustrée, et passait pour le principe ses nerfs sur son esclave. Après tout, Honma servait à cela. Ainsi, elle pourrait avoir retrouvée son calme une fois de retour. Elle contempla ce défouloir qu’était son esclave humaine, et ses appartements.

« Tu peux dire que tu es gâtée Honma ! Tu vas dormir dans un vrai lit ! »

En effet, les gens de la capitale semblaient la prendre pour une esclave de luxe. Elle avait droit à sa propre chambre, un lit avec un vrai matelas bourré de paille, et une couverture rugueuse, mais une couverture néanmoins. Elle avait même droit à ce que des esclaves subalternes viennent se préoccuper de son bien-être.

« Tu penses peut-être que tu pourras en profiter ? dit Briza. N’y compte pas. Tu es au cœur de la capitale elfe noire ici. Une humaine en liberté n’y survivrait guère longtemps… »

Elle s’apprêtait à retirer les fils qui cousaient sa bouche et l’empêchaient de parler, pour faire venir des esclaves subalternes afin de la nourrir. Après tout, il fallait qu’elle ait plus que la peau sur les os pour les réceptions où elle jouerait un rôle. Mais à cet instant, la cloche qui se trouvait à l’entrée de ses appartements sonna. Un esclave vint la trouver et la prévenir qu’il s’agissait d’un jeune elfe noir.

« Il s’est présenté comme étant Eodas de Mourn-Kar, fils de l’échevine, maitresse, dit l’esclave en baissant les yeux sur son passage. »

Alors, Briza sut qu’elle avait un invité de marque. Le fils de l’échevine Gerydra, rien que ça ! Elle rassembla, tandis qu’elle se dirigeait vers le salon où elle avait ordonné aux esclaves de l’amener immédiatement, tout ce qu’elle savait sur cette échevine. La famille de Gerydra était exclusivement composée de sorciers et sorcières par tradition, et était étonnement nombreuse pour une famille elfe noire. Gerydra avait plusieurs frères et sœurs, qui chacun avaient plusieurs enfants. Elle était la seule à n’en avoir qu’un… Parce qu’elle était encore jeune, même si l’ainée de son père, qui l’appréciait, et l’embarquait de temps à autre à son bord pour y servir de sorcière de guerre. Elle rit à cette pensée. Si cela se trouvait, Eodas était son frère. Si tant est qu’elle était elle-même bien la fille de Lokhir, ce qui n’était pas évident. Après tout, ses deux parents avaient la peau noire et les cheveux blancs, et elle avait la peau blanche et les cheveux noirs.
En tout cas Eodas était bien le fils de Lokhir, cela lui parut évident dès qu’elle le vit. Il avait les mêmes traits que son père, et même si sa peau était de la couleur claire de la peau de Gerydra, il avait les mêmes yeux rouge que Lokhir. Voilà qui était des plus intéressants. Il n’était cependant pas là pour discuter de leurs origines à tous deux, mais pour l’inviter à la soirée qu’il donnerait, pendant que les parents de tous les jeunes nobles elfes noirs rassemblés ici seraient occupés à parler de la politique de l’Ile. Il devait être arrivé depuis longtemps, pour déjà avoir pu organiser cette réception. Ici, elle n’avait pas pu y faire quoi que ce soit. Après tout, c’était le premier qui était arrivé qui pouvait organiser cela, et en récolter tout le prestige.

Il tint néanmoins à l’humilier.

« Vous devriez faire attention aux espions, ici, demoiselle Briza, dit-il. Ces murs en sont truffés.
-Je suis toujours sur mes gardes, répondit-elle, positive.
-J’en doute, répondit Eodas. »

Alors, il appuya sur le mur, et dévoila un passage secret. Elle eut à peine le temps de s’y glisser pour voir un elfe disparaitre au détour du couloir ainsi dévoilé. Eodas s’en alla en souhaitant de la revoir demain soir. Cela lui ferait plaisir.

Elle était furieuse. Où était Honma ? Elle avait prévu de couper ses fils aux ciseaux. Elle les arracha d’un geste brusque, énervée. L’expression sur le visage de son esclave la calma instantanément, et elle s’en alla d’un pas tranquille.

« Nourrissez-la, dit-elle aux esclaves mis à sa disposition. Demain, elle donnera une animation à ma soirée, je veux qu’elle soit présentable. »

---

Présentable, elle l’était autant que faire se peut. Elle dut être laissée à l’entrée, attachée à un anneau avec d’autres esclaves. Les jeunes elfes étaient deux fois plus nombreux qu’à la dernière réception, mais la salle était beaucoup trop grande pour eux. Il y avait une sorte de gêne durant cette réception. Personne n’y connaissait personne, et tous se méfiaient des autres convives. Ce fut Eodas, l’organisateur, qui trouva une solution pour détendre l’atmosphère. Les jeunes elfes noirs sortirent dans le jardin et choisirent un cercle d’arbre entourant une fontaine. Ce serait là, à l’intérieur de ce cercle, qu’on organiserait des combats de chiens. Les chiens étant les esclaves inutiles qui avaient été amenés ici.

« Meurs bien, Honma, souffla Briza quand son tour vint de jeter son esclave sans armes dans le cercle. »

Les précédents combats avaient été sanglants. Les elfes noirs étaient donc déjà assoiffés de plus de sang encore.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Lun 9 Mai 2016 - 20:41

Ne te figure pas, ma belle,
Que les bois soient pleins d'innocents.
La feuille s'émeut comme l'aile
Dans les noirs taillis frémissants ;

Hugo





Aussitôt qu'on l'eût jetée dans ce cercle infernal, Phadransie se laissa envahir par tout ce qui faisait son instinct, ses réflexes. Les Elfes Noirs voulaient du sang ? Elle allait leur en donner ! Ils désiraient de la rage ? Elle allait leur en offrir ! Ils comptaient sur de la violence, des hurlements de douleurs, de la bestialité, des morts par grand nombre ? Elle allait les combler !

Cela faisait plusieurs lunes que La Noire était asservie à ses pires ennemis, allant d'humiliation en humiliation, de souffrance en souffrance, et d'abattement en abattement. Que n'aurait-elle pas donné pour pouvoir extérioriser cette rage qu'elle contenait en elle-même, la seule arme dont elle disposait encore et qui la maintenait en vie, en un gigantesque océan de sang ?

Briza, cette pute, pensait qu'elle allait crever ici et maintenant ? Elle se trompait.

Alors Phadransie ne réfléchit plus, et passa à l'attaque comme l'aurait fait un véritable chien ! A la différence qu'elle ne possédait ni crocs ni griffes, mais la haine était la seule chose qui la maintenait debout et la faisait vibrer, et La Noire savait cette haine bien plus dangereuse que des simples crocs ou même qu'une lame !

Elle ne prit même pas la peine d'observer le visage de ceux qu'elle tuait. Se servant des barres de fer dépassant en plusieurs endroits de son bras, Phadransie bondissait en hurlant sur ses adversaires, quels qu'ils soient, jeunes ou vieux, femmes ou hommes, armés ou désarmés, et les envoyait au sol sans leur laisser le temps de la riposte ! Si auparavant la pirate, lorsqu'elle se battait au sabre ne laissait rarement l'opportunité à ses adversaires d'attaquer, enchaînant coups sur coups quitte à négliger sa défense, appliquer ces mêmes termes en cet instant aurait été un euphémisme ! Elle armait son bras, et se servait des épaisses barres de métal afin de cogner le visage ! Elle enfonçait un œil dans l'orbite, démolissait l'arcade, éclatait les pommettes, fracassait le nez, ouvrait les lèvres, brisait les dents, déchirer les lobes, réduisait en charpie le crane, même après que ses victimes étaient mortes ! Elle criait, et se fichant comme d'une guigne de leur ouvrir une porte dans ses défenses, les démolissait avant qu'ils n'aient le temps de réagir ! Elle frappait avec une violence inouïe, toujours à l'aide de ses mortelles râbles en acier, encore et encore ! On entendait clairement le bruit des os qui cédaient sous la rage de l'esclave ! Et même lorsque le crane de ce qui avait été un malchanceux adversaire ne ressemblait à plus rien percé de toutes parts, que tout se déversait en-dehors en une ignoble bouillie odorante, elle continuait à frapper !

Elle ne vit pas les adversaires défiler, mais sentit ses forces décliner au bout d'un moment. Cela la mit en rage deux fois plus ! Alors elle accéléra le rythme, tua encore plus rapidement, fracassa des visages encore plus violemment ! Et a chacun de ses coups, chacun de ses cris de rage, inhumain, l'écho sourd et terrible de la mort qui vient mordre un peu plus brutalement à chaque fois ses victimes !

Alors lorsqu'elle vit qu'on n'avait plus personne à lui envoyer, La Noire se releva d'au-dessus sa dernière victime. L’œil brouillé par les larmes qui coulaient sans aucune retenue, le corps secoué de spasmes et de tremblements, les battements de son cœur fracassant ses tempes et tout son corps, elle se tourna, debout et droite, vers les Elfes Noirs formant l'assemblée qui la regardait. Et elle balaya d'un regard de haine chacun d'eux, parvenant de justesse à se contenir assez afin de ne pas leur bondir dessus et les tuer eux-aussi ! Son regard, terrible et vibrant de malveillance, de rage et d'acharnement mêlés à la plus noire des folie, se posa sur Briza, plus longtemps que sur les autres.

- Lune-Pâle !! Théoden !! Damia !! La Reine !! Où sont-les autres ?!

C'est tout ce qu'elle parvint à souffler entre deux chuintement et exhalation, la poitrine sur le point d'exploser ! Mais tous l'avaient entendue.
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Lun 16 Mai 2016 - 21:47

« Brave Honma, dit Briza en tapotant la tête de son esclave après la déclaration, tu t’es bien comportée, c’était parfait. »

Les elfes autour d’elle étaient excités à la vue de tant de sang, à tel point qu’aucun n’avait semblé remarquer que l’humaine leur avait parlé à la fin de son combat.

« Je pourrais peut-être faire quelque chose d’utile avec toi en fait, ajouta Briza. Tu m’avais caché que tu étais moins lamentable que tes congénères au combat. Que tu étais capable de les dominer. Coquine va. Maintenant que je le sais, ta vie va prendre un autre tournant. »

La fête se termina bien vite après cela, et elle invita Honma à prendre place à ses pieds dans le coche, allongée par terre sous les banquettes.

« Rends-toi compte qu’avec tes capacités au combat, je vais sans doute pouvoir faire de toi une gladiatrice. Une vraie ! Tu vas enfin servir à quelque chose. Quoi, tu n’es pas heureuse ? Tu n’as pas l’air heureuse. Tu ne souris pas. Allons, je sais que tu es laide de naissance et que la brûlure de ton visage n’a rien arrangé, mais elle n’a pas empiré la situation pour autant. »

Elle s’affala sur la banquette, se servant de la tête de son esclave comme d’un marchepied.

« Je vois déjà des règles de gloire dans l’arène. Les maitres qui ont un bon gladiateur peuvent l’utiliser comme une aide dans la vie politique. Oh regardez moi, je suis la propriétaire de ce bon gladiateur ! N’est-ce pas la preuve que je mérite de la considération ? Cela marche comme ça. Encore faut-il bien sûr avoir l’intelligence qui va avec, car sinon, on s’aperçoit vite que l’on ne dépend que du talent du gladiateur pour briller en société. »

Soudain, elle se releva, et prit brusquement la tête d’Honma dans ses mains, appuyant juste assez ses pouces dans les yeux de l’esclave pour ne pas les crever, mais suffisamment pour la faire souffrir.

« Et tu ne me décevras pas dans les arènes Honma, ça je te le garantis. J’ignore encore jusqu’où tu vas m’emmener, mais si tu y es décevante, je m’assurerai moi-même que ton agonie te paraisse éternelle… »
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Dargor
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MessageSujet: Re: [Terminé] [PV Phadransie]Et moi je suis tombée en esclavage...   Lun 15 Aoû 2016 - 23:21

Briza était de retour depuis deux lunes à présent de sa chasse dans la jungle. Elle avait vécu pendant ces dernières sa vie de jeune noble elfe noire. Les expéditions de ce type, pour être honnête, de venaient rares à mesure qu’avançait sa formation. En revanche, elles étaient plus longues. Après tout, à ce stade, elle n’avait plus tant besoin d’apprendre à combattre, même si cet apprentissage ne se terminait jamais vraiment, que d’apprendre à vivre de longues campagnes. Celle dans la Jungle avait été exceptionnellement courte, car les elfes avaient vite capturé quelques lézards de la Jungle, et même deux amazones, qui furent vite revendues pour servir de gladiatrices dans les arènes.
Parlant de gladiatrices, il lui avait fallu prendre ses dispositions concernant Honma. La férocité avec laquelle cette idiote d’humaine combattait pourrait servir grandement à sa maitresse dans les arènes. Mais il y avait un problème. Elle n’avait plus de mains. Elle avait déjà vu des gladiateurs manchots arriver à fournir un spectacle intéressant dans les arènes noires, mais combattre uniquement avec les jambes avait requis des tours et des tours d’entrainement avant d’attendre ce que l’on pouvait véritablement qualifier d’efficacité au combat. Et ils n’avaient jamais fait long feu. Pour sa première gladiatrice, elle voulait faire meilleure impression que cela. Comment faire, donc, pour redonner des mains à Honma ?

Elle étudia longuement le sujet. Contrairement à sa stupide cousine Damia, elle avait toujours su que certaines choses valaient que l’on s’y attarde, même si l’on n’était pas sûre de trouver des réponses. En l’occurrence, bien sûr que ce n’était pas Honma elle-même qui valait cet acharnement. Pour un elfe noir, avoir un gladiateur était quelque chose de politique. Les paris lui permettaient de montrer une certaine importance, de rencontrer des nobles qu’on ne rencontrerait pas autrement… Un tel investissement ne se devait pas d’être gâché sur des caprices. Domaine dans lequel Damia excellait…

---

Damia avait vingt-et-un tours. Elle s’était alors mise en tête de devenir une sorcière. Briza, de loin, avait observé cela et l’avait félicité. Si elle pouvait au moins faire cela, alors peut-être serait-elle un jour bonne à quelque chose. Damia avait donc été trouver une sorcière elfe noire et lui avait demandé de l’entrainer. La sorcière accepta, malgré l’orgueil insupportable de Damia. Ladite sorcière avait un autre apprenti, un jeune elfe qui se trouvait ne pas être de noble extraction. Elle le présenta à Damia à la troisième séance, estimant qu’il serait bon pour elle de suivre son apprentissage avec lui, car il la tirerait certainement vite vers le haut, lui qui avait déjà plus d’une centaine de tours d’études de la magie.
Mais il n’était pas de noble extraction, et Damia avait fait un caprice. Elle avait estimé qu’il était hors de question que ce jeune moins que rien ne participe à ses cours. La sorcière lui avait alors lancé un petit éclair magique. Rien de bien grave, mais suffisant pour la faire hurler de douleur. Quand elle avait repris ses esprits, Damia avait insulté la sorcière, lui demandant comment se permettait-elle de faire cela. Son enseignante lui avait répondu que c’était elle qui dictait les règles ici, et qu’elle avait décidé que ce jeune elfe infiniment plus talentueux que Damia pour la magie serait d’une grande aide dans son apprentissage.
Damia avait alors retiré ses vêtements, à l’étonnement de tous les elfes qui assistaient à la scène, donc Briza. Puis elle avait déclaré que tout ce que ce jeune abruti était apte à faire, c’était à lui baiser le sexe et les tétons. Ce qui était déjà trop pour lui. C’en fut trop pour l’apprenti et l’enseignante insultés. L’enseignante laissa à son élève le soin, avant de partir, d’apprendre à cette insolente jeune elfe ce qu’était la magie, avec une petite démonstration.
Damia hurla, et hurla encore, jusqu’à sombrer dans l’inconscience. Aucune marque physique ne venait l’altérer, même si l’apprenti aurait pu, mais en revanche, sa souffrance interne avait dû être atroce. Briza n’en avait pas perdu une miette. Elle n’oublia pas payer l’enseignante et de s’excuser au nom de sa famille. Mais après tout, le spectacle avait valu le coup.


---

Briza finit par trouver la solution au bout de deux lunes de recherche. Pendant ce temps, elle avait envoyé Honma travailler sur les chantiers, avec pour consigne de lui faire porter des sacs de pierre (seule tâche qu’elle pouvait réellement faire) afin de la muscler et de lui faire retrouver de la vraie puissance physique, et de bien la traiter afin qu’elle ne crève pas à la tâche. Elle avait trop de projets pour elle.
Puis elle vint la reprendre.

Elle alla la présenter au haut-prêtre de la capitale en personne. Autant dire le plus puissant des prêtres elfes noirs, le seigneur Uthorin. Elle savait que ce dernier ne résisterait pas au défi qu’elle allait lui proposer, contre monnaie sonnante et trébuchante en plus ! Il pourrait prouver la puissance des bénédictions qu’il avait héritées de Silir.

« Quel est ce défi ? demanda-t-il.
-Rendez-lui des bras, avait simplement répondu Briza. »

Le seigneur Uthorin avait congédié Briza par la suite, mais gardé cette esclave, cette … Honma. Un nom adapté pour tous les humains, dans l’absolu. Mais apparemment, cette Honma, cette stupide personne donc, avait besoin de bras. Aucun prêtre n’avait jamais, à sa connaissance, entrepris quelque chose d’aussi compliqué. Il l’enferma dans une cellule, avec pour ordre donnés aux maîtres des bêtes de la promener tous les jours, afin qu’elle ne dépérisse pas. Pendant ce temps, il alla chercher des humains plus communs et leur disséqua les bras afin d’examiner la façon dont les chairs étaient conçues. Cela lui prit treize jours. Au quatorzième, il estima sa connaissance de l’anatomie correcte, et commença son travail.
Cela lui prit du temps. Pas moins de deux lunes pour reconstituer un bras et sa main en étant de marche. Les progrès se faisaient millimètre par millimètres, parfois invisibles à la fin du jour. Et il fallait s’assurer au fur et à mesure qu’Honma soit capable d’utiliser son bras. Ce ne fut pas une épreuve agréable pour elle, car pour la soigner, Uthorin dut dilater les chairs qu’elle avait sur ses moignons afin de les étendre et de les rendre aptes à créer des bras nouveaux. Mais il le faisait sans compassion, absorbé qu’il était à sa tâche.
Une lune et demie fut nécessaire pour recréer le deuxième bras, mais à la fin, Honma était prête à être rendue à sa propriétaire. Et Uthorin pourrait fièrement dire que lui, prêtre elfe noir dont l’existence dépasserait bientôt le millénaire, ce qui était vieux pour les critères elfiques, avait eu assez de bénédictions de la part de Silir pour pouvoir recréer des bras du néant. Avant de la rendre à Briza, pendant que celle-ci revenait à la capitale, il prit donc le soin d’exposer Honma comme une bête de foire à tous ceux qui voulaient contempler ces bras nouveaux. Il avait fait étalage de sa puissance comme jamais auparavant, et la reine Dhaulnyre elle-même dût s’incliner devant lui un court instant, par respect pour son œuvre. Il ne profiterait sans doute de cette gloire que quelques lunes, ou quelques tours, le temps de mourir de vieillesse. Mais une chose était sûre désormais : contrairement à la plupart des elfes noirs, après cette démonstration de puissance, il mourrait paisiblement dans son lit.
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