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 Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]

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Dren Hortys
Lenneth's slave
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MessageSujet: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Mer 25 Mai 2016 - 18:36

Prébois. Dren n'aimait pas vraiment cette ville. Certains chasseurs non plus. Les chasseurs de Vouivres. Il avait eut quelques différents avec eux en Oro à propos d'une fille qu'il avait aimé a en perdre la vie. Elle, Lenneth avait plié bagage sans même que lui sache où là trouver. Il l'aurait bien suivi, mais autant elle pouvait négliger des contrats que lui en était incapable. Un contrat c'est un contrat. Une commande, une commande et un forgeron, c'est un forgeron. Lui l'était. Il était même l'un des rares humains a être devenu prêtre de Dwilin. Il était ce que les autres appelaient un maître. Les autres étaient les humains car chez les nains et surtout aux yeux de ceux qui lui avaient presque tout apprit, il resterait pour toujours et a jamais le p'tit bon gars tenace. Pour lui ils resteraient les vieux jamais content. Tout ceci n'étant que de gentils et courtois surnoms que seuls ceux qui le savent, peuvent les employer sans pour autant déclencher la colère d'un nain ou pire une guerre.
Dire a un nain qu'il est borné est un luxe pour quelqu'un d'une autre race sans remettre en cause sa race tout entière. Dren faisait partie de ce genre de personne.
Lorsque Lenneth l'avait quitté. Il était venu le dire a Vyrah. Il c'était plié au dernier contrat. Il resterait avec eux et si il se trouvait que Lenneth fasse du grabuge ils auraient le droit de le présenter devant un prêtre d'Ohiel.

Si il y avait un marché mercantile à Prébois. Il se résumait a piller la jungle et partir à la chasse à l'amazone. Chose facile pour la troupe, mais gênante pour certains lorsqu'ils apprenaient ce que devenaient les pauvres femmes une fois désarmées. Vendues au plus offrant pour son bon plaisir ou tout simplement battu jusqu'à la mort sans pouvoir se défendre. Vyrah avait dû tout prendre en compte pour que sa troupe ne se disloque pas.
Dren était de ceux qui pensaient que cette chasse à l'amazone n'était pas la meilleure façon de gagner  de l'argent. Il avait proposé d'ouvrir une forge. C'était plus que logique pour un forgeron. Sous le conseil de Tobin, Vyrah lui accorda ce droit non sans lui rappeler qu'il restait sous le couperet du contrat initial.
Contrat n'ayant plus vraiment de sens au bout de quelques cycles. Plus personne n'eut d'écho de Lenneth. Ni en bien, ni en mal. Au fil d' un tour Dren sans pour autant l'être officiellement. Dren devint presque un membre de la compagnie. Il réparait les armures et les armes de la troupe et parfois les accompagnaient lors de leurs expéditions.



Dren manipulait l'imposant plastron tout en observant attentivement les multiples bosses dont il était parsemé.

« -T'as pris cher sur le coup là. » Dit Dren en pointant du doigt un endroit de la pièce d'armure .
« -Je sais très bien où j'ai mal Scorpion Gris. Pas besoin de me le dire. Rétorqua Trenloë d'un air désagréable.
-Moi j'aimerais bien le savoir où tu as mal. Ça m'arrangerais un peu si tu veux que je te soigne. Fit remarquer Frère Guerrin assit à côté du chevalier qui s'efforçait de couvrir d'onguent les nombreux hématomes constellant le corps du chevalier.
-Partout. C'est pas compliquer j'ai pas une pièce de mon armure qui soit intacte.
-C'est ça de vouloir jouer à qui arrive en premier en bas d'un ravin . Lâcha non sans moquerie Tobin adosser a un des murs de la pièce.
-Vas donc emmerder quelqu'un d'autre l'archer. Répondit Trenloë qui, s'il avait pu aurai bien courser le second de Vyrah.
Vyrah qui mit un terme à la petite dispute naissante en soulignant le fait que Tranloë ferait mieux de se taire et de s'estimer heureux de pouvoir encore faire des remarques désagréables.

Dren sans vraiment suivre la conversation cherchait  parmis la troupe quelqu'un disposé à l'aider pour transporter toutes les pièces de l'armure jusqu'à la forge située en bas. Il n'eut rien besoin de demander que déjà Scorpion rouge chargeait ses bras de diverses pièces.
« -Regardez moi ça. Ils ne sont pas mignon tous les deux nos petits scorpions ? »
Il ignora purement et simplement la remarque de Tobin. Alors que Scorpion Rouge  lança à l'archer un regard assassin.

Scorpion Gris... C'était son surnom parmi la troupe. Tobin avait trouvé cela au tout début de leur rencontre. Tout simplement parce que Dren ne parlait pas ou très peu. Il c'était même enfermé dans le silence un temps après le départ de Lenneth. Un peu plus tard, lorsque Vyrah avait tester ses capacités martiales. Ce surnom était revenu tout simplement parce qu'avec son épée dans le dos et lorsqu'il brandissait ses deux faucilles. Sa posture de garde rappelait l'animal. Pour ce qui était des relations entre lui et Scorpion Rouge. Les rumeurs (principalement lancé par Tobin et Ronan.) allaient bon train. Dren laissait parler et Scorpion Rouge avait le don de s'énerver. Comme cela amusait Tobin il continuait. D'autres jouaient les entremetteurs, mais la timidité de Dren rendait toutes tentatives de relations plus qu'amicale impossible avec elle. Il se contentait de lui rendre les sourires qu'elle lui adressait. Ces sourires étaient différent de celui qu'elle arborait principalement aux repas. Le genre de sourire qui faisait rougir Dren autant que le tatouage de même couleur de la guerrière.

Pour ce travail Dren pouvait compter sur le soutient de Kel la Flamme. Une pyromancienne qui lui faisait gagner un temps précieux quand il fallait démarrer la forge. Et Astarra était une excellente pédagogue en ce qui concernait le sertissage  de runes. Même si Scorpion Rouge restait muette. Elle semblait ne jamais se lasser d' observé Dren travailler.
Point non négligeable dans cette région humide. La forge et la chaleur qui s'en dégageait rendait plus sain le bâtiment épargné par l'humidité de la région. Pour ce qui était de l'approvisionnement en bois la jungle en offrait plus que Dren en avait besoin. Payer ce genre de service revenait cher, mais accompagné de certains chasseurs. Cette tâche de bucheronnage rendait le retour a Prébois plus que possible pour les bûcherons. C'est lors d'une de ses missions que Trenloë avait glisser comme il qualifiait cet incident. Sur quoi ? Les chasseurs s'en moquaient. Il était sauf et c'était là l'essentiel.
Une fois les pièces disposées sur l'établit Dren prit conscience du travail et ne manqua pas d'adresser une prière à Dwilin. Pour qu'il lui donne courage et patience d'une part et aussi talent et persévérance d'autre part. Car en voyant  l'état de l'armure. Il lui faudrait au moins cela pour mener a bien ce travail.
Travail qui lui prit presque un cycle complet, mais pourtant un soir Trenloë était comme un enfant recevant un cadeau. Le chevalier se moquait des détails que lui énumérait Dren sur les modifications qu'il avait apporté à l'armure pour la renforcer ici ou rendre plus facile la mobilité de ses gestes là. Trenloë était content. Il faillit même étouffer Dren en l'embrassant. Lui décoller les poumons en lui donnant une tape dans le dos et le combler de bonheur quand le chevalier le gratifia de toute sa reconnaissance. Une chose que seul un Hasdrubien non noble peut prendre a sa juste valeur de la part d'une chevalier du même royaume.
Restait la question du prix à régler pour le travail d'orfèvre du forgeron. Silhouette s'avança tendu par cette question de coût.
Dren lança :
« -ça vous fera Cent cinquante mille pièces d'or. »
La réaction de Silhouette ne se fit pas attendre. Et c'est Trenloë dans son armure toute neuve qui évita le choc sur le plancher de la comptable du groupe qui sombra dans l'inconscience. Il était évident que Dren ne demanderait que le prix des matériaux au groupe pour ce travail.

Un petite blague qui fonctionnait à chaque fois.

Un soir Dren finissait de ranger ses outils quand Ker le gris vint le trouver.
« -Il y a un type qui tourne autour de la forge. Un client timide j'espère pour lui sinon je donne pas cher de sa peau.
-J'ai remarqué. Moins vite que toi c'est certain, mais j'ai remarqué. Merci K...
-Me remercie pas. J' aime pas ça. »
Dren la ferma en acquiesçant. Puis regarda en direction de la rue.
« -J' ai eu une journée compliquée et chiante alors je te laisse le droit de venir m'emmerder un peu étranger. Tu veux quoi ? Une lame ? J'en ai et je peux en faire, mais c'est pas gratuit. Sinon si tu veux parler. Il y a des catins plein les tavernes de cette saloperie de bourbier qui prend le nom de ville. C'est pas gratuit non plus. Si tu veux t'offrir les services des chasseurs. Faut voir avec Vyrah.»
Le temps de parler Dren tenait les deux manches de ses faucilles.
Certes ce discours ne faisait pas vendeur, mais il avait le mérite d'écarter ceux qui n'avait pas les moyen de s'offrir ses services de forgeron ou celui des chasseurs.
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Le Pygargue
Rajah
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Jeu 26 Mai 2016 - 17:34

De chaque branche, gouttes vertes,
Des bourgeons clairs,
On sent dans les choses ouvertes
Frémir les chairs :

Rimbaud




Le Pygargue voulait de la vie chasser la piraterie, et c'était la piraterie qui l'avait chassé. Après plus de dix Tours passés sur les domaines d'Ariel, à courir derrière tous les noms de pirates, grands comme petits, voilà qu'il avait subit, non pas sa première défaite, mais en tout cas la plus importante et la plus humiliante. Cela faisait presque dix jours que son Prince de Palmyre, caravelle fleuron de la cité Topaze de Palmyre glissait avec abattement sur les eaux. En piteux état, le bec encore dans l'eau après le pillage dont il venait d'être la victime, le navire avait été lié avec des cordes (les dernières à bord qu'ils avaient pu trouver) afin d'empêcher que les bois du pont inférieur ne s'ouvre d'un seul coup d'un seul. Le mètres de voilures de rechange avaient été dérobés, les mobilier, les réserves alimentaires et d'eau potable, les armes, l'argenterie, tout ce qui constituait la paperasse du Capitaine. Tout.

Ainsi, Le Pygargue, son oiseau et son Second, Horace de Klemmens, avaient atteint les côtes Ramienne presque deux semaines plus tard, à bord d'un bâtiment en fort piteux état et traînant derrière lui des multitudes de fantômes. Pour se sustenter, ils n'avaient trouvé qu'un sac de farine percé (sans doute la raison pour laquelle les pirates ne l'avaient point emporté) un lot d'échalote, de la pâte sans levain et un fond d'huile d'olive plus un tonneau d'eau claire. Ils avaient tenu ainsi. Touché au pied, le Pygargue ne parvenait point à se tenir sur ses deux jambes, et il avait passé quasiment tout le trajet allongé, incapable de se mouvoir seul et autrement qu'en rampant.

Fort heureusement pour les deux hommes, en dix Tours de chasse Le Pygargue avait eu plus d'une fois l'occasion d'exercer ses talents en terres sultanes, cible favorisée par les écumeurs des mers du Sud, et prouver ainsi sa bonne foi et son efficacité aux bédouins et aux cheiks. Il avait capturé plus d'un ennemi publique des Sultanats (puisque à l'époque Ram n'était qu'un sultanat parmi la multitude d'autres) et n'en avait exigé aucune rémunération, juste le droit de les emmener jusqu'à l'Empire où ils seraient jugés puis pendus. En ces jours plus que jamais, il espérait que ses bonnes relations avec Ram les aiderait.

Le Pygargue et Horace de Klemmens s'échouèrent à la cité de Boral. Bien que les deux impériaux n'y avaient jamais mis les pieds, la nécessité de leur état leur valut l'avantage d'être hébergé chez le calife le temps d'une rémission. Et la rémission paraissait longue, car les deux hommes demeuraient au plus mal.
Toussant, fiévreux, les doigts tremblants, ils avaient contracté un mal commun dû au froid du large, et la mauvaise alimentation n'avait pas aidé leur corps à lutter contre. Le froid du grand large ? Ou la nuit passée, entière et presque nu, la tête dans le vent, les épaules à la pluie et les pieds dans l'eau à contempler, forcés, le pillage que l'on faisait à bord de leur navire ?
Des prêtres d'Atÿe se chargèrent d'achever le travail du Docteur Thackery, Le Pygargue et son Second bénéficièrent de repos et de nourriture saine. Ils se rétablirent, en apparence du moins. Lorsqu'ils furent en l'état de raconter au calife leurs mésaventures, Le Pygargue après moult remerciements, avait demandé à joindre la principauté côtière d'Alkhala, au sein de laquelle il avait déjà pénétré et s'était lié d'amitié avec le calife. A plusieurs kilomètres au sud de Boral, Alkhala demeurait l'une des plus grandes cités de l'empire Ramien. On les monta sur des chevaux et leur livra une escorte, cependant le Prince de Palmyre demeura en arrière, à Boral. Le Pygargue avait joint Alkhala seulement riche des habits qu'il portait sur le dos et de son rapace sur le bras.

~



Le calife d'Alkhala se faisait nommer Cheik Alhed El Oussam et il reconnût effectivement le Capitaine comme l'un de ses amis. La cité d'Alkhala par ailleurs commerçait grandement avec l'Empire.




Le Calife Alhed El Oussam



Bien que le calife accepta de recueillir en son palais les deux étrangers qui lui tenaient lieu d'amis, Le Pygargue n'avait point pour habitude d'être redevable. Privé de tout par son dernier abordage, il ne lui restait plus que la commission officielle l'autorisant à se faire chasseur de pirates. Ainsi que la plupart des prisonniers à fond de cale du Prince de Palmyre. Il jugea de la nécessité de récupérer son navire, en plus du lien affectif qui le liait à ce bâtiment, et le calife y consentit. En bon termes avec Boral, l'opération ne fut point difficile à mener, bien qu'un minimum coûteuse pour le calife, qui prenait néanmoins cas de ceci avec un large sourire.

« La dernière fois que vous êtes venus à Alkhala Capitaine, vous l'avez débarrassée de ses plus grands gêneurs. Et n'avez pas réclamé la prime qui était posée sur la tête de vos prisonniers. Les Ramiens sont des hommes d'honneur, je n'oublie rien. Et je suis votre débiteur.

Le Pygargue avait été touché par tant de bonté. Il se refusait néanmoins de demeurer pauvre, et expliqua sa situation financière délicate (pour ne pas dire critique) au calife. Il ne désirait point abuser des largesses de son hôte, qui serait même allé jusqu'à leur procurer des femmes si ils les lui avaient demandé, mais évoqua la possibilité de rendre à Ram ce qu'il coûtait à Ram. Il lui restait des prisonniers dans le ventre du Prince de Palmyre. Et la piraterie, bien que de moins en moins vivace, existait toujours sur Ryscior.

- Une exécution publique ferait du bien au peuple. Alkhala a trop longtemps souffert des raids flibustiers, consentit le calife.

Ainsi, et muni de nombreux avis de recherche dont certains vieux d'au moins trente Tours, le calife, ses vizirs, ses gardes, Horace de Klemmens et Le Pygargue descendirent dans les cales de la Caravelle. A cause de son pied, le Capitaine ne parvenait à se mouvoir qu'en s'appuyant de toutes ses forces sur l'épaule de son Second, et même là il claudiquait plus qu'autre chose. Sans ses papiers où tout avait été reporté, il ne fut point facile pour lui de se souvenir de quel homme répondait à quel nom, car certains demeuraient enchaînés depuis près de dix Tours, et leur visage avait subit les transformations dues à une telle captivité. Ils parvinrent néanmoins à mettre la main sur trois Capitaines ayant offensé personnellement Ram et Alkhala, à plusieurs reprises, des Tours en arrière. Le Pygargue les rendit au calife, eux ainsi que les hommes qui formaient leur équipage et qu'il avait pu emprisonner également, et le calife lui fit don de la somme qui avait été placée sur leur tête. Le Pygargue dépensa l'intégralité de cet or afin de remettre en état le Prince de Palmyre à la réserve de ce qu'il fallait afin de prendre commande pour lui et pour Klemmens de vêtements à la coupe de l'Empire.

Et il assista quelques jours plus tard, et en premières loges, à l'exécution mise publique de ses prisonniers. Avec une pointe au cœur cependant, non celle de voir mourir des pirates, mais d'avoir échoué à apporter ses hommes jusqu'à l'Empire. Ceux-ci plus ceux que Théoden lui avait repris. Ce fut la fin officielle de grands noms de la piraterie -bien que Le Pygargue s'était chargé de les effacer du vaste monde depuis plusieurs Tours !- , tels que : le Capitaine Frownin' Morgan, le Capitaine Jaques Barbe-Rouge et le Capitaine Roc Horn.

- Et leurs vaisseaux, avait demandé le calife au Pygargue tout en consultant ses avis, des monstres de tonnage tels que le Siréna, le Barracuda ou la Vierge de la Passe ?

Le Pygargue dû faire appel à ses souvenirs.

- Le Siréna et le Barracuda, j'ai dû les saborder moi-même, après en avoir fais le pillage et délivré les esclaves ainsi que les prisonniers. Et pour tout autre que consistait La Vierge de la Passe, bâtiment de Morgan, elle me fut reprise, je le confesse, par un concurrent peu scrupuleux. Un certain Argo Condent auquel on se faisait précéder un Capitaine, si je conserve honnête mémoire.
- Tristesse, avait soupiré Alhed El Oussam, de si beaux navires. Ils auraient pu servir Ram ou même l'Empire d'Ambre avec grande efficacité !
- Je vous crois. J'ai longtemps chassé la Vierge de la Passe, par l'Océan des Elfes Noirs et jusqu'à Port-Argenterie. Et j'ai préjugé que malgré ses qualités, je pouvais m'emparer de ce vaisseau. Mais mes obligations m'en ont détourné.

La discussion ne s'éternisa point. Quelques jours passèrent. Le calife Alhed El Oussam dépêcha plusieurs de ses guérisseuses personnelles, prêtresses d'Atÿe pour certaines, qui s'étaient occupés du cas du Capitaine. Allongé à demi nu sur un sofa richement revêtu, l'impérial avait dû se livrer à l'expertise de ses créancières. Il avait été touché en trois endroits, que le Docteur avait d'ailleurs recousu, et ce malgré l'interdiction de Théoden de ce que les deux hommes avaient compris. On lui retira les fils. Le travail demeurait propre et bien fait, très bien fait même, mais les cicatrices ne disparaîtraient jamais, même sous l’apposition des mains des prêtresses d'Atÿe. Il était troué à l'épaule, au pied et au visage, et demeurerait marqué ainsi jusqu'au jour de sa mort, de ce ''T'' signifiant si bien ''Théoden'' et bien moins ''Tribulation'' que ''Traumatisme''. Ce bilan apporta un coup supplémentaire au moral de l'aristocrate.

Les guérisseuses entourèrent néanmoins son pied d'un bandage d'ouate bien épais, qui devrait diminuer la douleur et l'aider à marcher de nouveau. Mais Le Pygargue n'y était pas pour autant parvenu. Comme un enfant à l'aube de sa vie, il avait besoin de se tenir aux murs, ou bien sur l'épaule de son fidèle Klemmens, afin de se mouvoir.

Ce dernier l'incita à reprendre en main une épée, ce qu'il fit. Et là encore, le bilan ne fut point égayant à son idéal. Le muscle percé de part en part, Le Pygargue demeurait incapable de tenir le moindre duel.

Le calife avait accepté de dépêcher l'une de ses guérisseuses auprès du pygargue, dont l'aile avait été brisée et le flanc transpercé par la lame dangereuse d'une dague à double tranchant. Afin d'éviter de perdre l'oiseau, Horace de Klemmens avait appliqué un penseman sur l'animal, construit avec un morceau prélevé sur les voilures du Prince de Palmyre lorsqu'ils étaient sous la jurisprudence d'Ariel. Le rapace au col blanc avait survécu grace à Ohiel, à Cerumnos ainsi qu'aux bons soins qu'il avait reçu à Boral, mais le traumatisme chez lui aussi demeurait présent, en son corps comme en son cœur. Il se refusait à voler de nouveau.

Quand bien-même il en aurait éprouvé l'envie, en l'instant présent la chose demeurait impossible, tout en rémission qu'il se trouvait.

- Voilà bien mon tourment mon cher Klemmens, avait dit Le Pygargue à la confidence de son éducateur et Lieutenant. C'est cause que je me fais nommer Le Pygargue, et je ne puis plus prendre mon envol. Seigneur, il me disait un éternel adieu ce Théoden, avant que nous nous quittions.
- Capitaine, l'avait réconforté Klemmens clope fumante aux lèvres, il nous faut rebondir. Le Prince de Palmyre est en réparation. D'ici quelques semaines, quelques Lunes il sera en état de reprendre la mer. L'Oiseau doit se remettre en chasse.
- Maître Klemmens, je suis un bretteur qui ne sait plus tenir une lame. Un oiseau incapable de voler. Et un homme incapable de marcher. Mon navire a été pillé, mon bureau cambriolé, mes hommes tués sous mes yeux. Je ne puis plus même revandiquer comme mien l'acte de possession de mon Prince.

Et il s'était enfoui le visage dans la manche pour y pleurer, vite fait.

- Plus ne m'est rien.

Ce fut sous les instructions de son éducateur et la volonté de ne point devoir trop à son hôte que Le Pygargue sut redresser la tête et aller de l'avant. La tentation de se laisser aller et sombrer dans le grand Oubli, de façon définitive, demeurait grande, mais pour un homme comme Le Pygargue dont l'honneur était le maître mot, c'aurait été concéder bien trop d'importance à l'indignité. Donc à l'impensable. Il chercha des solutions.

Touché sans doute par cet impérial troublé par tant de malheurs, le calife Oussam accorda d'immenses pensées à son égard. On surveillait de près sa santé et son alimentation, on le distrayait de son affliction, on lui offrait même des femmes. Des femmes dont il n'avait jamais voulu.

L'une d'elle, la fille du calife en personne le soignait et le lavait avec plus d'attention que les autres. Et quand elle lui souriait, ses yeux disputaient leur clarté aux étoiles, songeait le Capitaine. Lorsqu'elle voulut l'embrasser, il l'avait arrêté avec douceur, répondant à cela qu'il était homme marié et ne désirait point commettre l'irréparable. Lorsque l'histoire fut portée aux oreilles du père, il avait éclaté en rires en tapant le dos de l'aristocrate !

- Un homme comme vous Capitaine, avait-il rétorqué, peut bien posséder plusieurs épouses !

Mais Le Pygargue n'était pas du genre de ceux que l'on tentait avec facilité. Il prit néanmoins en connaissance cette différence des mœurs avec le sourire.

- Ce n'est là pas chose courante dans l'Empire. Le mariage a ses vœux, et ils sont sacrés.
- Par Lothyë, avait juré Alhed El Oussam, que voilà des gens bien étranges que les Impériaux !

Et il se tapait les cuisses en fumant son hashish, sous un nuage de narguilé. Ce jeu de séduction n'alla pas plus loin entre le Capitaine et la Ramienne, et il alla encore moins loin lorsqu'il se joua entre elle et Klemmens. Klemmens qui fit don à son Capitaine, un jour alors qu'il ne s'était douté de rien, d'une canne en bois noir de palissandre et gainée, au pommeau d'ivoire disposant d'une butée intérieure.

- Cela non pas pour vous faire marcher de nouveau, avait-il dit, car le temps et les bons soins de notre calife feront disparaître d'eux-même tout méfait de cette méchante entaille. Mais pour vous assurer une démarche parfaite aux yeux de tous, afin que personne ne soupçonne que ces méfaits eussent existé un jour.

Et Le Pygargue avait été tout ému. Il se jura de rendre un jour la pareille à son vieil ami. Et les prédictions de Klemmens s'avérèrent fortes d’exactitude, car, le temps aidant, le Capitaine marcha de nouveau, et avec presque la toute-normalité du monde. La canne l'aida à s'assurer une démarche parfaite aux yeux de tous ceux le mirant, et avec elle l'on était effectivement à même de se demander en quoi la démarche du Pygargue comportait quelques méfaits.

Ce fut le calife lui-même qui trouva la solution au problème du maniement de l'épée. Il avait pu constater, une fois n'étant pas coutume et il y avait plusieurs Tours de cela, que l'impérial maniait également fort aisément les arcs et les flèches. Alors il lui en avait fait don d'un, de grande taille car Le Pygargue l'était aussi, mais fin, très souple et très léger afin qu'il puisse le bander sans forcer.

En s'entraînant avec dans l'une des cours du palais d'Oussam, Le Pygargue sur un total de vingts flèches en entra dix-neuf en cible. Il se servit de la vingtième afin de satisfaire à une sorte de jeu cruel auquel il avait aperçu des enfants se livrer dans cette même cour. Un faucon gris relié à fil et un anneau au sol par la patte, tentant désespérément de regagner sa liberté en battant follement des ailes et évitant les flèches qui, une à une, essayaient de le transpercer. Pygargue se fit une place parmi les jeunes tireurs, et leur promit qu'il lui en suffisait d'une afin d'atteindre l'oiseau en plein cœur malgré les mouvements et le tohu-bohu de celui-ci. Il banda. Et il tira. Il manqua sa cible, mais la flèche vint trancher le fil entourant la patte du rapace qui saisit l'occasion afin de s'envoler haut sous la nue. Une main en visière Le Pygargue passa son arc autour de son poitrail et s'excusa :

- Il semblerait que j'eusse crié victoire trop tôt.

Non loin, Horace de Klemmens les bras croisés avait le sourire apparent.

L'Oiseau était désormais prêt à reprendre la chasse.

~



Alhed El Oussam fit un dernier don au chasseur de pirate, celui d'un équipage. On le pourvut d'une trentaine d'hommes, des guerriers Emulzes de la cité du même nom, une voisine d'Alkhala. Savant les marins Emulzes réputé pour leur discipline et leur professionnalisme, des hommes d'honneur en mer et voilà tout, Alhed avait fait la demande auprès du calife d'Emulz ; à savoir si il ne disposait pas d'une trentaine de gars prêts à prendre le large et embrasser Ariel. On lui fit savoir qu'effectivement, il existait en Emulz plusieurs marins qui attendaient que leur contrat se renouvelle et se voyaient présentement reclus et destinés à l'errance le long des quais car l'on n'arrivait point à leur trouver un bâtiment. Le calife d'Emulz, qui demeurait en très bon termes avec Alkhala, accepta d'échanger une trentaine de ces hommes-là, les plus loyaux, contre le double de femmes provenant des harems personnels d'Oussam. La tractation se fit. Le Pygargue, saisi par tant d'honneur de la part des Ramiens promit à son créancier l'acheminement jusqu'en Alkhala de tout ce que l'Empire d'Ambre possédait de meilleur à commercer, et pour chaque faveur que lui avait faite le calife, il promit de la rentabiliser à deux fois sa valeur en terme d'écus comptant, sitôt qu'il aurait mené à bien sa mission.


Bervers Everhell courrait toujours.


Afin de préparer au voyage, la bonté d'Oussam ne connut point de limites. La promesse du Pygargue n'étant pas tomber dans l'oreille d'un sourd, Il fit apporter argenteries, tonneaux, vivres, voiles, et même vin à bord du Prince de Palmure et le mit sur le pied de guerre comme si il eût s'agit de son propre bâtiment. Il alla même jusqu'à faire broder le pavillon de l'Empire, arboran trois lions sur fond blanc au recto, et une croix rouge au verso, symbole de la cité Topaze de Palmyre. Pour les Ramiens, la parole d'un homme vaut plus que tout, et tout ce que Le Pygargue avait promis au riche calife, il le considérait comme déjà en sa possession.
Le commandement à bord du nouveau Prince de Palmyre fut expliqué et accepté par les Emulzes qui jurèrent poing sur le cœur allégeance à leur Capitaine tant qu'ils seraient sous le regard d'Ariel. L'on offrit également une ultime cérémonie, bien humble faute de moyens, à tous les défunts de l'ancien Prince, l'équipage du Pygargue tombé sous les coups ennemis et dont la dépouille avait été confiée au regard de la Déesse. Alors, après presque six mois passé dans le Sultanat de Ram, Le Pygargue et son oiseau de proie, Horace de Klemmens et les trente marins Emulzes prirent le large.

Le Capitaine avait bon espoir de retrouver la piste de son frère. Pour le tuer.

~





Le Prince de Plamyre



~






~



Virel et Ohiel sourirent au Pygargue dans la suite de son entreprise. En premier lieu, l'oiseau, sans nul doute stimulé par l'air du large et le bleu des Grand'Eaux, accepta de reprendre son envol. On sentait tout-de-même en l'animal une certaine peur qui ne s'était pas endormie ; l'oiseau redoutait la chute et ne se faisait plus confiance. Lorsqu'il volait, c'était avec nervosité et jamais très longtemps. Et encore fallait-il que le Capitaine le stimule avant de grandes gestuelles du bras et de grands coups de sifflet.

Mais l'oiseau vola de nouveau, bien que plus maladroitement ; et il les conduisit droit jusqu'à Bervers.

C'est ainsi que s'acheva cette sombre histoire, après plus de dix Tours de traque, de la Mer sans Fin à la Mer des Glaces, en passant par l'Océan des Elfes Noirs et la Passe, de Topaze aux Sultanats, des Sultanats à Puerto Blanco, de Puerto Blanco à Port-Argenterie et de Port-Argenterie à tant d'autres endroits. Et ceci durant plus de dix Tours.

Le Pygargue avait triomphé du Capitaine Everhell qu'il exécuta sans outre forme de procès, l'attachant puis le crucifiant au Grand Mât de la caravelle, expirant sous le pavillon de l'Empire qu'il avait humilié et fui. Avec, au tour du cou tandis qu'il mourrait, un parchemin en peau de bête faisant se révéler de la main du Capitaine les mots suivant :


La Rapine est une honte
L'Infamie est une tare
La Piraterie est un crime


A la mémoire de tous les hommes qui avaient donné leur vie pour que ce jour glorieux arrive. Le Pygargue avait laissé le corps décrépir, puis quand les mouches devenaient trop nombreuses et gênaient l'équipage, il avait accepté qu'on l'envoie par le fond sans une parole. Le Pygargue s'était ensuite enquis de moults informations concernant l'Eradicate, ce fameux brigantin à trois-mâts volé à la cité Topaze et que commandait ce Capitaine. Le Pygargue parvint à empêcher l'attaque et la prise de l'île d'Oryon par les flibustiers, sauver la vie du vizir Ramien en mission sur ladite île, faire prisonnier les pirates survivants et se rendre maître de l'Eradicate sans avoir perdu un seul homme.

Sa surprise fut grande lorsqu'il apprit que le fameux vizir Ramien venait d'Elmuz. Ce dernier se para d'une surprise toute aussi importante en jugeant qu'il devait sans doute la vie -et celle de nombreux innocents- à un Capitaine impérial qui commandait des hommes natifs de chez lui. Soucieux de témoigner au Pygargue sa reconnaissance, et attentif à son soucis d'ordre financier que ce dernier lui présenta en s'excusant, il versa une bourse bien pleine à l'Oiseau que l'on voyait appuyé sur une canne, et l'assura qu'Elmuz chanterait des louanges pour Palmyre dès son retour sur le Continent. Le Pygargue l'assura que c'est plutôt lui qui devrait louer les prodiges des Ramiens, hommes d'honneurs, de compassion et de bonté. Il conserva précieusement la bourse. Les habitants de l'île virent en Pygargue un héros, et ils offrirent d'eux-même nourritures et eau potable au Prince afin qu'il poursuive son voyage. Les pirates de l'Eradicate rejoignirent très vite ce Reginald Thorn qu'on avait fait prisonnier également et que l'on conduisait à l'Empire d'Ambre pour son procès.

Le Pygargue procéda ensuite au pillage de l'Eradicate de Bervers. Le mobilier, l'argenterie, la décoration, les coffrets, l'alcool, la nourriture, les armes, les draps, les feuilles de papiers, les encriers, les livres, les cartes et tant d'autres choses furent montées sur le pont du Prince de Palmyre. On ne trouva ni argent, ni or. De toutes évidence, les pirates étaient ruinés. En revanche ce que trouva Le Pygargue dans la cabine du défunt Capitaine attira sa curiosité subtile. D'étranges bouteilles, semblables à du vieux verre soufflé, semblables à de beaux flacons de rhum au premier abord, mais contenant le plus étrange des vins. Enfin vin... Il n'y avait de point commun avec le vin que la couleur, et encore. Ce cramoisi aux reflets bordeaux, ce rouge sang, si vif, tellement vif, fluide non identifié, indolore, et au nombre de huit bouteilles à l'évidence, précieusement conservées. Le Pygargue prit le risque d'y goûter. Le goût était fort abominable, il lui déplut. Il conserva néanmoins ceci, pensant qu'il pourrait peut-être y trouver acheteur.

Résolu à rendre l'Eradicate à l'Empire d'Ambre, Le Pygargue laissa à son bord quelques vivres, et monta un second équipage composé de marins, de bateliers ou de chômeurs d'Oryon. Il dispersa alors sa troupe d'Emulzes, en envoyant une partie à bord de l'Eradicate tandis que l'autre continuerait ses services sur le Prince de Palmyre. Maître Klemmens se fit Capitaine temporaire de l'Eradicate et il sut très bien convenir à son titre. Tous à bord de l'Eradicate l'écoutèrent et le respectèrent.

Le Pygargue lia le sillage du brigantin à celui de la caravelle, et ensemble les deux navires quittèrent le port d'Oryon et les côtes Ramiennes. Leur objectif final était l'Empire d'Ambre. Cependant, Le Pygargue refusait de joindre le port de Topaze de Palmyre après presque onze Tours sur les mers avec en guise de trophée un brigantin pillé et une demi-centaine de pouilleux dans l'attente de la corde. Il avait dû vendre quelques-unes de ses meilleures prises à Ram afin de remettre en état son bâtiment. Il ne le regrettait pas, mais en demeurait quelque peu désolé.

Le temps lui était compté afin de faire fortune ! La piraterie demeurant en déclin, les plus beaux vaisseaux d'Argenterie n'étant -pour la plupart !- plus de ce monde, sa tâche ne demeurait point simple. Mais il lui restait un espoir, et cet espoir c'est à Prébois qu'il escomptait bien le trouver.

La grande Jungle n'était-elle pas une source perpétuelle de richesses après tout ?

~



Aux yeux de l'Empire d'Ambre, Le Pygargue était un pirate. Si il rentrait maintenant sur ses terres, et sans une montagne d'or afin de justifier ses agissements, il finirait probablement derrière les barreaux avant de passer en jugement. Il escomptait néanmoins que la foi envers sa patrie demeurait assez marquée dans chacun de ses actes afin de lui éviter la pendaison. Mais rien de moins sûr. Officiellement, l'aristocrate avait volé le Prince de Palmyre à la Topaze. Si l'Empire avait autorisé et même encouragé son projet de prendre la mer, il l'avait aussi rappelé par deux fois au cours de ces dix Tours, afin qu'il regagne le port de la Topaze de Palmyre et prenne le commandement du Prince dans une ou deux guerres qu'ils jugeaient plus importantes que la chasse aux forbans. Mais Bervers courant toujours, Le Pygargue avait enfreint les ordres de son prince. Il n'était jamais entré. A partir de là, il était évident qu'après plus de dix Tours sur les domaines d'Ariel, l'Empire l'avait classé parmi la liste de flibustiers, voleurs d'Ambre. Sans compter les nombreux goguenards, railleurs et ennemis des De Everhell qui faisaient grand cas de cette situation.

A présent, il repartait de zéro. Et Prébois avait plutôt intérêt à lui apporter ce qu'il cherchait.

Sitôt qu'ils pénétrèrent en Prébois, Le Pygargue rémunéra ses marins Emulzes pour leurs services et leur fit don d'un quartier-libre. Il n'aimait point cette cité et ne s'y sentait pas en confiance, aussi s'arrangeait-il pour qu'il demeure toujours un duo de Ramien à bord du Prince de Palmyre et de l'Eradicate à quai.

- Qu'est-ce donc que cela..?

A l'autre bout du quai, un navire sur deux ponts, à trois-mâts carrés et arborant, claquant au vent, le Jolly Roger. Sur le pont, une troupe d'hommes buvant et riant forts. Nul doutes que le reste de l'équipage étaient sur terre.

- Depuis quand Prébois est-elle repère de pirates, cracha Le Pygargue en dépassant le bâtiment après s'être fait violence afin d'en détourner le regard.

Alors même qu'ils cherchaient à joindre le centre de la cité, là où ils y trouveraient auberges et tavernes, une quinzaines d'enfants, allant d'une dizaine à une quinzaine de Tours jaillirent du sommet des arbres encadrant les rues merdeuses qu'ils empruntaient, couteaux rouillés en main et pointés sur les deux impériaux. La cape pressée sur le nez afin de ne pas être incommodé par l'odeur en plus de la mélasse sous leurs bottes, les enfants à demi nus leur lançaient des regards noirs. L'un d'entre eux, le plus jeune (qui ne paraissait pas même avoir huit Tours) tendait la main vers Le Pygargue et Horace de Klemmens, visiblement en quête d'une taxe qu'ils prélevaient personnellement. Et l'air sauvage et effrayant qui se lisait sur leur visage crasseux, cheveux sales, dents noircies, culot de bouteilles ou couteau rouillé en main, pieds bots et tabac à chiquer en bouche, décourageait fortement de les défier.

- Que fait-on ? demanda Horace de Klemmens à son Capitaine.

Ils n'avaient que deux options possibles. Soit se soumettre à la délinquance de Prébois et payer, soit tirer leurs épées et trancher en deux des enfants.

Le Pygargue paya un écu d'argent. Le gamin croqua la pièce, s'assurant de son authenticité, puis agita la main devant l'aristocrate, en demandant plus. Ils s'en tirèrent avec cinq écus d'argent. Les jeunes racailles disparurent dans les arbres comme elles en étaient tombées, et Le Pygargue et son Second purent poursuivre leur route, turlupinés.

- C'est qu'y font ça à tous les étrangers, leur avait expliqué la femme de l'aubergiste un peu plus tard, à Prébois ont dit qu'sont les chasseurs qui font la loi, mais c'faux. Ce sont les gosses. Le quartier que vous avez traversé est leur territoire, et personne n'y passe sans qu'y le dépouillent.
- Ils n'ont pas de parents ? s'était étonné Le Pygargue.
- Pour sûr que non. Leur père c'sont des canailles, des pirates d'la pire espèce de passage où en reste à Prébois. Ils ont engrossé les putes et v'la c'que ça a vomi.

Le Pygargue trouva cela bien affligeant.

- Surveillez bien votr' bateau, avait conclu la bonne femme, vu qu'y sont pas loin du port parfois si ça s'trouve, quand y ont rien à becter ils font des descentes sur ceux à quais. Y raflent tout c'qui trouvent.

Horace de Klemmens et son Capitaine avaient acquiescé du chef, surpris et outré.

Se réchauffant auprès d'une soupe de navets et de choux, une miche de pain entre eux deux, les impériaux ne tardèrent pas à remarquer l'équipage du navire pirate à quai. On les manquait difficilement, l'un comme l'autre.

D'un côté, on faisait grasse chère, on buvait, on se saoulait, on tapait du poing sur la table. Les forbans, en grand nombre, peut-être une quarantaine plus les hommes sur le navire, racontaient pleins de bière leurs aventures sur les Grand'Eaux, leurs duels avec tel ou tel grand nom de la piraterie, comment ils avaient buté de l'Elfe Noir lors de l'attaque de Port-Argenterie et tout un tas d'élucubrations fantasques. Des catins avec eux, passant de genoux en genoux, les excitaient plus qu'il ne l'était permis et, encouragés par ces présences qu'ils jugeaient de grand luxe, ils parlaient plus fort, se saoulaient plus, et inventaient encore plus d'idioties.

De l'autre, on était la cible de moqueries. Les airs aristocratiques voire efféminés comme il se disait, des deux impériaux, arborant haut-de-forme, habits repassés et propres, piaf à l'épaule et canne en ivoire faisait rire. On les montrait du doigts, les appelait "étrangers" voire "tafioles" ou "pédé", les provoquait et on ne s'en dérobait même pas.

Le Pygargue n'aimait pas Prébois. Il loua une chambre et monta se coucher tôt avec la compagnie de Klemmens. Sentir la présence de son éducateur, Lieutenant et ami fidèle dans la même pièce rassura Le Pygargue, et il s'endormit vite. Incapable de trouver le sommeil, Klemmens redescendit glaner quelques informations concernant ces forbans auprès des clients de l'auberge. Il croisa même celui qui se faisait nommer leur Capitaine, un certain Lazslo où la barbe tressée de dreads noires qui lui mangeait le visage. Le nom n'était pas inconnu au chasseur de pirate.

~



Le moins que l'on pouvait dire, c'est que Le Pygargue et Klemmens n'étaient pas aimés. Leurs allures interrogeait. Les impériaux devaient sans nul doute être les seuls hommes de Prébois à tenir un rasage de près quotidien. Les femmes riaient à leurs passages. Les hommes les provoquaient, crachaient même parfois. Les crachats, le Capitaine en était habitué. Il choisit de ne point répondre à la provocation de bas-étage, mais très vite s'en trouva lassé. Il ne sortait quasiment plus de l'auberge à l'intérieure de laquelle il couchait, prenait ses repas en compagnie de son éducateur en décalage avec le reste de la population, et passait ses journées assis sur son lit à étudier des cartes, dormir ou chercher les mots justes afin d'expliquer à sa nièce en une lettre sa récente déconvenue face à Théoden.

Des humiliations, il en avait assez subies et n'en avait point besoin de plus !

Environ cinq jours après qu'ils furent arrivés à Prébois, Maître Klemmens se chargea de renouveler le bandage autour du pied du Capitaine. Allongé sur le lit, ce dernier assistait blasé à l'opération, bras croisés autour du torse nu. Il était las, depuis son arrivée à Prébois. Si il avait su rebondir en terres Ramiennes, il semblait que l'action qu'exerçait cette cité sur lui le privait de toute volonté. Hilena, sa nièce, lui manquait terriblement. Et sa patrie également.

- D'où te vient la mine que je te vois arborer ? demanda le Second en nettoyant puis pansant de nouveau la plaie désormais bien cicatrisée.
- La mine n'a point d'origine plus précise Maître Klemmens, rassurez-vous.
- Cela fait-il mal ?
- Cela a fait mal.
- Depuis combien de temps n'as-tu plus pratiqué de musculation ? ajouta-t-il en promenant son regard sur le corps du Pygargue.
- J'ai été blessé. Je ne vais point m'exercer à la musculation.
- Tu as perdu en poids et en force.
- J'ai été blessé, répéta le Capitaine.

L'éducateur acquiesça et rendit à son Capitaine sa jambe, puis se redressa avec nonchalance.

- Mickaël, il est temps que ça cicatrise.

Le Pygargue posa ses yeux azurs sur le pygargue perché sur le sommet du second lit, lustrant ses plumes sombres de son bec.

- C'est cicatrisé depuis longtemps mon ami, ne vous en préoccupez pas plus.

Horace de Klemmens s'était alors saisi de la canne, et s'en était servi afin de la pointer sur la poitrine du Pygargue, sans sourire.

- Je ne parle pas de tes atteintes corporelles. Je parle de tes atteintes intérieures.

Et il avait tapoté sur le torse de sa cible, doucement, avant de se rasseoir à ses côtés. Le Pygargue aurait voulu esquivé le regard de son Second, mais il n'était plus un garçon à présent. En tant qu'homme, on ne pouvait fuir la vérité.

- Quand vas-tu laisser ce mal cicatriser, hmm ? avait demandé d'une voix étonnement douce Klemmens.
- Je ne sais pas, reconnut le chasseur de pirate. Laissez-vous le champs libre à la main d'Ohiel ? Parfois, je crains qu'elle ne puisse plus m'atteindre.
- Tu blasphèmes.
- Peut-être.

Le Pygargue s'était levé alors, à son tour, tête basse. Boitant, il était allé s'adosser au mur faisant face à son interlocuteur.

- Mais ce que mes yeux contemplent, surtout, Maître Klemmens, c'est la cruauté des dieux. Ces même dieux qui m'ont accordé le droit de châtier Bervers et d'envoyer son âme à Canërgen, et qui me punissent effroyablement aujourd'hui pour mon fratricide. Je me suis fais chasseur de pirate, et me voilà à partager le gîte avec eux. Un De Everhell, détroussé par des délinquants dans une rue merdeuse près des docks, voilà notre dû, autant vaut. L'on crache, l'on rit, l'on spécule à notre passage, non, ne faîtes point semblant de l'ignorer. Et je ne puis pas même préserver notre honneur. Je ne sais plus lever une épée, je n'en ai même plus en ma possession. Je ne sais plus marcher avec convenance sans l'appui d'une canne. Je suis venu à Prébois afin de prendre mon envol, cependant je crains de m'y noyer plus que toute autre chose.

Le Pygargue ajouta en conclusion, après avoir frotté son bras nerveusement.

- J'ai espérance d'aller de l'avant de nouveau. Mais ça n'est point simple.

Maître Klemmens lui avait jeté au visage sa chemise large au col ouvert et s'était dirigé vers la porte en lui tirant le bras, sans un mot. Au-dehors, une pluie de tous les diables s'était déclenchée, forçant tous les squatteurs de Prébois à s'abriter sous quelque chose. On n'y voyait pas à vingt mètres, le tout dans un vacarme assourdissant. La moisson comme ils disaient par ici. Jamais en temps normal, Le Pygargue n'aurait osé sortir à la possible vue du monde en une tenue si impudique. Jamais il n'aurait osé sortir sous une telle pluie, par ailleurs. Il n'avait pas même eu le temps de se saisir de sa canne, pressé par son éducateur.

Ce dernier avisa la place centrale, dégagée, non loin de l'auberge. Le sol demeurait boueux, vaseux, glissant. L'eau formait des flaques qui formaient par la suite de petits lacs. Le Pygargue attrapa le sabre d'abordage -récupéré à bord de l'Eradicate parmi d'autres- qu'on lui lança. Klemmens s'arma également. Il salua.

- Il est grand temps pour toi de reprendre le dessus, Mickaël Vinzent De Everhell !

Le Pygargue avait frémi de tout ses pores.

~



C'était un hymne que des dizaines et des dizaines de chœurs avaient repris ensemble lors du départ du Prince de Palmyre du port de la cité Topaze de Palmyre. Le temps était radieux en ce jour, plus de dix Tours en arrière. Le ciel était un paysage a lui-seul et l'atmosphère avait des baisers qui caressait les nuques. Cet hymne, en son honneur qui plus était, jamais Le Pygargue n'avait pu l'oublier. Magnifique dans son uniforme de Capitaine de l'Empire d'Ambre, le rapace bien droit sur son droit et le haut-de-forme placé avec minutie sur son crane, le regard fier et sentant la main d'Ohiel posée sur son épaule, le jeune Capitaine avait salué ses hommes et avait traversé d'un pas fier l'allée encadrée de badauds, de marins et d'aristocrates venus lui souhaiter bon départ. Horace de Klemmens était sur ses talons, comme depuis le jour de sa naissance. Et ce chant de corsaire, ce chant de marin, Le Pygargue avait été surprise d'en ressentir chaque voix, chaque mots dans son cœur, et de sentir des cœurs dans le vent marin ce beau jour. Ce jour-là, il avait redressé et peins à neuf tous les arcs triomphaux de la maison De Everhell.


Sont des hommes de grand courage,
Ceux qui partiront avec nous
Ils ne craindront point les coups,
Ni les naufrages,
Ni l'abordage,
Du péril seront jaloux
Tous ceux qui partiront avec nous.

Ce seront de hardis pilotes,
Les gars que nous embarquerons.
Fin gabiers et francs lurons
Je t'escamote
Toute une flotte
Bras solide et coup d'œil prompt
Tout les gars que nous embarquerons.

Ils seront de fiers camarades,
Ceux qui navigueront à bord,
Faisant feu bâbord, tribord,
Dans la tornade
Des canonnades
Vainqueurs rentreront au port
Tous ceux qui navigueront à bord.

Et des prises de tout tonnage
Nous ramènerons avec nous,
Et la gloire et les gros sous,
Feront voyage
Dans nos sillages.
Vent arrière ou vent debout
Nous les ramènerons avec nous.

Car c'est le plus vaillant corsaire
Qui donna l'ordre du départ.
Vite en mer et sans retard.
Faisons la guerre
Aux Flibustières,
Car c'est le fameux Pygargue,
Qui nous commandera le départ.


Ils ne craindront point les coups, du péril seront jaloux. Ce seront de hardis pilotes les gars que nous embarquerons. Et la gloire et les gros sous, vent arrière ou vent debout nous les ramènerons avec nous. Vent arrière ou vent debout. Il était plus que temps de relever la tête désormais.

Alors Le Pygargue banda ses muscles et accueillit l'assaut de son adversaire et maître d'arme dans une danse folle et impressionnante de connivence. On disait, dans la cité Topaze de Palmyre, que chaque maison aristocratique possédait sa propre danse. Et la maison De Everhell était réputée pour la qualité de ses danseurs. De générations en générations, ils se confiaient la recette de cette valse sanglante jalousement et seules quelques exceptions en connaissaient le secret. Klemmens en faisait parti. Ainsi, lorsque les deux hommes combattaient ensemble, l'épée louvoyante, ils tuaient tour-à-tour et paraissaient, si l'on plissait le regard, exécuter une sorte de danse ! Leurs corps, souples, se frôlaient à chaque secondes, ne paraissant point se toucher alors que des gerbes d'étincelles jaillissaient de leurs lames. Agiles, ils semblaient ne former qu'un seul corps et la beauté d'un tel entraînement, d'une telle danse ne mérite pas d'être ternie par des mots.

Très vite, ils attirèrent à l'extérieur de chez eux quelques curieux. Des enfants tout d'abord, à qui la pluie sous les frondaisons vertes ne faisaient pas peur, puis des adultes. Des mercenaires, des commerçants, les pirates, les Ramiens, tous accoururent jusqu'à la place afin d'assister à l'événement qui secouait tout Prébois. Bouche bées, ils assistèrent à ce que l'Empire d'Ambre avait de plus beau à leur montrer en cet instant.

Bientôt repus, les deux hommes cessèrent leurs affaires, et à dater de cet instant la popularité du Pygargue et de son Second décolla en flèche. Plus personne ne les insultait, on ne le trouvait plus si laid et efféminé et l'on ne crachait plus sur leur passage. Le chasseur de pirate regagna confiance.

L'Oiseau savait se défendre.

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Les habitants de Prébois n'avaient pas d'idée de ce mépris que se livraient sous cape pirates et Pygargue. Bien que les deux ne se soient jamais adressés la parole, lorsque la réputation de chasseur de pirate du Capitaine vint aux oreilles de Lazslo, ce dernier s'en méfia davantage. En guise de provocation, il fit arborer un second Joly Roger sur l'Artimon de son navire, et éleva le premier. L'ambiance demeurait électrique lorsque les deux clans se croisaient dans les murs de l'auberge, et secrètement tous les badauds avaient lancés les paris, qui des impériaux ou des forbans chasserait les autre de Prébois en premier. Lorsqu'on vint poser la question au Capitaine, ce dernier ne cacha point ses intentions.

- Voulez-vous des garanties ? J'escompte bien punir ces pirates comme il se doit et leur confisquer leur bâtiment sitôt que plus rien d'urgent n'accapare mes journées. Et encore ! Les laisser se perdre dans la débauche et les agapes n'est pour moi qu'une frustration de plus.

Dès que ces mots furent prononcés, tous se tinrent sur le pied de guerre. Le Pygargue obtint auprès de Hakane Hime, la reine de Prébois, et en faisant valoir sa commission officielle signée de la main du Roi Mage Caro Bowcer en personne, le droit de prendre sur les pirates dès lors qu'il le désirerait.

Bien qu'enveloppé d'une renommée qui lui valait respect, intérêt voire admiration, Le Pygargue ne faisait pas non plus cas avec légèreté de l'or que leur avaient dérobé les jeune délinquants dès leur arrivée à Prébois.

- Tu as une réputation à entretenir, leur crime ne doit point rester impuni. Qu'envisages-tu ? avait demandé Horace de Klemmens.

Animé d'une toute nouvelle flamme, l'âme du Pygargue étincelant dans ses iris avait souri à son vieil ami.

- Je vais les enrôler.

Et il s'était saisi de sa cape, son haut-de-forme, son rapace sur l'épaule, son épée.

~



Une seule minute peut-être ne se passa pas sans qu'il ne se répétât les folies d'une telle entreprise. Il n'y aurait pas de petite victoire ou de petit échec, ça allait être tout ou rien. Soit il échouait, soit il triomphait. Ainsi Le Pygargue se rendit sur le territoire des enfants qui l'avaient menacé lors de son arrivée. Ils ne tardèrent pas à réapparaître. Toujours ce même regard, vide et noir. Ces petites bouches mastiquant, gavée de tabac. Et la main tendue. Les bâtons, les bouteilles brisées, les couteaux rouillés tendus vers eux. Paye ou meurs. Seize, nota mentalement Le Pygargue en prenant le temps de tous les compter. Le plus âgé devait à peine avoir quinze Tours.

- Je m'appelle Le Pygargue, commença-t-il une fois s'être découvert avec respect le regard haut et la voix ferme, et je suis Capitaine de la caravelle de l'Empire Prince de Palmyre présentement à quai. Vous m'avez dérobé lors de mon arrivée, vous vous en souvenez certainement.

Quelques rires étouffés. Puis "paye ! paye !". Voilà ce qu'on lui dit. Et encore : "paye ou meurs ! paye ou meurs !" Le Pygargue se recoiffa, appuyé sur sa canne. Il prit le temps de regarder un à un tous ces enfants. A son côté, Klemmens avait déjà posé la main sur la garde de son sabre.

- Je ne viens pas récupérer cet argent, je vous l'ai donné, il est à vous. Oubliez, s'il se peut, que j'ai en tête de pareils projets. Je ne reviens jamais sur une de mes décisions. Je viens vous faire une proposition.

Encore une fois : "paye ! paye ! paye ou meurs ! paye ou meurs !" La main du petit garçon devant les impériaux s'agita, il s'impatientait. "paye l'étranger ! tu pue la merde. paye ou meurs". Le Pygargue fit alors jaillir de son côté en un crissement travaillé le sabre de basse qualité qu'il avait apporté ! Il le pointa sur le gamin qui recula de quelques pas !

- Tous ici ! Ecoutez-moi ! Je viens vous faire une proposition ! Vos mères étaient des prostituées. Vos pères des pirates. Ensemble, ils vous ont condamnés à la plus répugnante des existences ! Je suis Le Pygargue, Capitaine au service de l'Empire d'Ambre, et j'ai besoin de marins. Offrez-vous à l'Empire, et je vous promets que l'Empire s'offrira à vous !

Il ajouta tandis que de lourdes gouttes d'eau-de-pluie tombaient avec sonorité.

- Je vous avancerai un nom. Je vous exposerai des habits. Je vous présenterai des valeurs. Je vous conduirai jusqu'à l'Empire d'Ambre. Là bas, vous pourrez devenir de grands hommes. Toi, tu serais peut-être un mage rouge impérial ! Toi, un aristocrate de la maison Bowcer ! Toi, Capitaine de navire ! Toi, Corsaire d'un prince ! Tous, oui tous, vous gagnerez à vous ranger du côté de l'Empire. Jetez ces couteaux rouillés et ces culots de bouteilles. Rejoignez-moi, et je vous ferai don de vraies lames, avec un pommeau, un quillon et une soie. Rejoignez-moi, et ensemble éradiquons des domaines d'Ariel ceux qui se vantent d'être pirates, vos pères, la lie de Ryscior. Œuvrons pour une vraie justice. Quittez cette insalubrité qui vous spolie de vos identités.

Menaçant, il avançait à présent vers chacun des enfants, le sabre pointé vers eux.

- M'avez-vous ouïs ?

Il n'eut aucune réponse, alors il répéta sa dernière question. A cela on lui répondit de "la fermer" et de "payer". Il soupira.

- Je ne vous verserai rien.

Alors les enfants se jetèrent sur les impériaux, leurs armes improvisées en avant ! Le Pygargue et Klemmens ne mirent que quelques minutes à les repousser. Ils en blessèrent le moins possible, mais ne surent empêcher le sang de jaillir. Certains fuirent. D'autres, blessés, rampant pitoyablement au sol, s'écartaient le plus possible des deux bretteurs. Le Pygargue rengaina :

- Je couve de sérieux doutes quant à votre valeur, mais soyez assurés de la mienne car dès à présent, je viens de vous la prouver. Je vais quitter ce labyrinthe ; je n'y reviendrai jamais plus. Mais ma proposition tient toujours. Dans le ravissement, à votre sort lié, je puis vous aider à quitter cette ville dont je demeure étranger et ennemi. Cependant, le premier pas ne peut être que fantassin de votre libre arbitre.

Il ajouta avant de tourner les talons :

- L'or se mérite. L'honneur se mérite. Je vous offrirai de vrais lames. Retrouvez moi demain au crépuscule sous les frondaisons près des docks et faisons ensemble de grandes choses. Ou demeurez ici à noyer votre âme dans la répulsion et l'insalubrité de Prébois !

~



- Combien en espères-tu ? avait demandé Horace de Klemmens au Pygargue.

Il avait réfléchi.

- Peut-être la moitié. Cinq. Six. Cela serait une bonne chose.

A l'étonnement des deux hommes, tous les enfants vinrent au rendez-vous convenu. Dans leurs yeux, toujours ce même feu, noir, exclusion de la société, mais doublé d'une toute-nouvelle curiosité. Des enfants qui avaient soif d'un avenir, d'un nom, d'un idéal. Ému, Le Pygargue posa une main sur leurs épaules et jeta au sol les quinze sabres qu'il avait prit avec lui. Les Emulzes se trouvaient à quelques pas derrière eux, informés quant aux plans du Capitaine, ayant choisis de leur gré de l'épauler, ce qui lui alla droit au coeur. Les enfants s'armèrent, écarquillant les yeux devant ces véritables lames faites pour l'abordage en mer. Le Pygargue portait un sabre quasi similaire au côté, ainsi que son arc autour du poitrail. Horace de Klemmens avait déjà en main sa lame. Rapidement, et avec une grande patience, le Pygargue expliqua aux jeunes recrues ce qu'il attendait d'elles, accroupi au milieu d'eux :

- Si vous ne me décevez pas, assurez-vous sur mes paroles que je vous emmènerai à bord du Prince de Palmyre lorsque je quitterai cette ville.

Et il ajouta en se relevant et lustrant les plumes de son oiseau au col blanc :

- La Rapine est une honte. L'Infamie est une tare. La Piraterie est un crime.

L'attaque du Hydreigon fut lancée cette nuit-là. Le Pygargue se chargea d'affoler les guetteurs en incendiant le navire, à l'aide de morceaux de cotons qu'il enflammait à l'aide d'amadou, puis nouait au bout de ses flèches. Ensuite il lâcha son oiseau qui en aveugla une bonne partie, volant puis tombant en piquée sur les forbans. Les Ramiens attaquèrent par le bâbord du côté du quai, disciplinés, austères, guerriers. La poignée de ruffian à bord, ivre de vin, de brandy et de bière ne leur posa que peu de soucis. Ils se virent rapidement maître du bâtiment.

Alors Lazslo, le Capitaine et sa cinquantaine de forbans apparut. L'air sombre, le tricorne noir, les dreads épaisses, il vociféra des injures contre Le Pygargue, contre Klemmens, contre Ram et contre l'Empire. Et ils passèrent à l'attaque à leur tour, repoussant les Ramiens déjà à bord, vers le côté tribord, le côté flot, les balançant par-dessus bord autant qu'ils le pouvaient ! Mais la témérité des hommes d'Emulz demeure légendaire, et les pirates, bien que supérieurs en nombre, ne parvinrent point à en tuer un seul ! Alors Le Pygargue, Horace de Klemmens et les enfants perdus jaillirent par tribord ! Montés à bord d'une chaloupe, ils s'étaient faufilé, ombres dans la nuit, jusqu'à faire le tour du bâtiment afin de surprendre les pirates. Et ce fut un revirement de situation ! Les enfants perdus se battaient avec ardeur, avec hargne et courage ! Comme s'ils jouaient le combat de leur vie -sans doute le jouaient-ils !- ils s'amusaient à transpercer les forbans de leurs sabres, peinant à les lever et bien les mouvoir, mais joignant à cet handicap l'ivresse de la résolution ! Et les forbans perdirent du terrain, mourraient sur le pont de leur propre bâtiments.

- Quoi ? Comment ! Ce sont des enfants ! Des enfants qui nous tuent, putain !

Et ils perdaient la bataille !

Sous l'entrepont, Horace de Klemmens luttait vaillamment contre Lazslo, en danseur sanguinaire expérimenté ! Mais le Capitaine demeurait un franc bretteur, et tremblant de rage de se voir humilié ainsi, de voir son bâtiment incendié, redoublait de force dans ses estocs ! Alors deux autres forbans vinrent placer des bâtons dans les roues de l'éducateur, qui dû abandonner temporairement Lazslo afin de se concentrer sur Chicot et Jambe-de-bois qui tentaient de lui percer la peau de six pouces d'acier froid !
Le Pygargue jaillit alors, sabre en main et prêt à en découdre ! Un rictus déforma le visage du Capitaine, qui traita l'impérial de "fils de pute" avant de lui balancer au visage dix grammes de poudre contenues dans la gâchette de son tromblon ! Se jetant au sol, le Capitaine parvint à esquiver l'appât adverse mais ce fut un coup de botte qui le cueillit rapidement au visage ! A l'instant où il se saisissait de la garde de son sabre et se relevait, trois autres forbans bondirent au travers l'écoutille et l'immobilisèrent. Déjà, Lazslo avait pointé son six-coups entre les deux yeux du chasseur de pirate, la haine faisant vibrer tout son corps et le poussant à souffler comme un taureau. Le Pygargue se débattit mais les pirates le maintenaient bien.

- Adieu le piaf.
- Capitaine !! cria Klemmens tout-occupé qu'il était à pourfendre définitivement en deux les deux hommes en une même volée !

A ce moment l'un des enfants perdu enfonça sa lame dans le dos du Capitaine pirate, qui s'effondra sur le sol crachant du sang, le sabre toujours fiché entre les côtés du fait que son propriétaire n'avait pas trouvé la force de le retirer. Klemmens avait fondu sur l'un des trois forbans restant afin de trancher net sa jambe au-niveau du genou tandis que le Pygargue se chargeait d'éliminer les deux autres malgré sa démarche lancinante !

Les pirates avaient pour eux la défaite. Morts, agonisants ou en déroute, Horace de Klemmens se fit le devoir de rattraper les survivants à l'aide des Ramiens. Ils deviendraient très vite ses prisonniers.

Quant au Pygargue il posa une main sur l'épaule du garçon perdu à qui il devait la vie. La gamin mâchait dans le vide quelque tabac invisible, les yeux ronds. Il observait sa cible, à ses pieds.

- N'aie point de peine pour l'homme que tu viens d'exécuter, lui confia le chasseur de pirate. C'était un chien, et tu l'as tué comme un chien.

Il ajouta :

- Ne te saisis point de son arme non plus. Son trépas n'a point calmé la fureur de son déshonneur. Tu mérites bien mieux.

Il devait la vie à un gosse de six Tours ! Il fit un clin d’œil à l'enfant et se désola de ne rien avoir à lui offrir présentement.

- Tu prendras ta part comme tous les autres une fois le butin monté à bord du Prince de Palmyre.

Et il lui sourit.

- Une plus grosse part.

~



A Prébois, ce jour fut célèbre comme celui où Le Pygargue, son Second Horace de Klemmens et son équipage composé de Ramiens et d'enfants perdus prirent un trois-mâts de près de cent-cinquante tonneaux sans essuyer aucune perte. Il y eut des blessés, pour sûr, mais rien de plus grave. On les soigna. Le Pygargue et Klemmens procédèrent, sous la juridiction d'Akane Hime, au pillage du Hydreigon. L'Hydreigon demeurait plus riche en termes de marchandises que l'Eradicate, et ils amassèrent ainsi de quoi emplir à la fois la caravelle et le brigantin de ce qui les tentait. Il y avait désormais assez de vivres sur les deux navires pour reprendre la mer. Des esclaves demeuraient prisonniers du navire pirate, et Le Pygargue leur rendit leur liberté. Certains choisirent de se joindre à son équipage.
Les pirates furent transportés à fond de cellule, dans le ventre du Prince de Palmyre où ils rejoignirent Reginald Thorn ainsi que l'équipage de l'Eradicate.
Il laissa le choix aux garçons perdus et tous choisirent de faire voile avec lui. Pari fort risqué, lui rappela Klemmens, la discipline étant la fondation de tout travail sur les mers. Le Pygargue offrir de les former au métier de marin, en échange de quoi ils ne toucheraient point de solde. Mais sitôt leur formation achevée, ils seraient payés au rang de mousses, escomptant plus si évolution. Les règles à bord du Prince de Palmyre et de l'Eradicate furent lues, expliquées et réexpliquées. Le Pygargue se voulut sévère quant à leur respect. Ramiens, marins et anciens délinquants allaient collaborer ensemble pour plusieurs Lunes, cela était un pari fort risqué, mais il désirait s'y essayer. Il nomma également chaque sanction. Le fouet pour la plupart, et il promit de les appliquer lui-même.

- Si vous versez le sang d'innocents à bord du Prince de Palmyre, si vous tentez une mutinerie, si vous agissez en pirate -et il désignait le Grand Mât ou le sang du Capitaine Everhell demeurait toujours visible- vous mourrez en pirate.

Une fois qu'il fut certain de s'être bien fait comprendre, il rejoignit Klemmens pour la vente aux enchères, autorisées par la maîtresse de Prébois. Les biens de l'Hydreigon qui leurs semblaient inutiles ainsi que le bâtiment lui-même furent mis à la vente. Le Pygargue s'enrichit.

- Promettez-moi que vous vous ferez un fils sitôt que nous regagnerons le port de la Topaze, maugréa le Premier Lieutenant en croisant les bras et fixant la quinzaine d'enfants perdu au loin. Il est un temps où le garçon doit devenir homme et l'homme père.
- Vous avez ma parole Maître Klemmens, sourit le Capitaine en haut-de-forme. Mais pourquoi cet entrain ?
- Vos enfants perdus risquent de nous causer grands tracas, je le gage...
- Je suis leur Capitaine, point leur père. Et nous verrons bien. Je ne vous puis nier la vérité, je veux croire en eux.

Horace de Klemmens expira sans un mot, puis posa une main amicale sur l'épaule de son Capitaine. Cela faisait à présent presque une Lune qu'ils étaient à Prébois, et chacun de ses habitants, depuis cette nuit mémorable, ne pouvait ignorer qui était Le Pygargue et sa bande. Et lorsque l'on prononçait ce nom à présent, il y avait toujours une bonne livre de respect derrière chaque lèvres. Le Pygargue adressa en son cœur une prière de remerciement à Ohiel. Il lui restait une dernière chose à accomplir avant de se décider à partir pour les Grand'Eaux ou pour la Jungle.

- J'ai eu une journée compliquée et chiante alors je te laisse le droit de venir m'emmerder un peu étranger. Tu veux quoi ? Une lame ? J'en ai et je peux en faire, mais c'est pas gratuit. Sinon si tu veux parler il y a des catins plein les tavernes de cette saloperie de bourbier qui prend le nom de ville. C'est pas gratuit non plus. Si tu veux t'offrir les services des chasseurs, faut voir avec Vyrah.

Seul près de la forge, Le Pygargue se décoiffa et salua respectueusement, avec de grands élans aristocrates, son interlocuteur, son oiseau de proie perché droit sur son bras levé à l'horizontal. Ses yeux, ses pupilles, du plus opalin des gris l'intrigua. Cet homme là ignorait-il vraiment qui il était ? Ou bien s'en foutait-il, tout simplement ?
D'une façon ou bien d'une autre, Le Pygargue ne tenait pas tant que ça à se pavaner sous les myriades de récits faisant de lui un héros, ici à Prébois. Il ignora les railleries de ce grossier personnage.

- Dieux, ni catins ni chasseurs de Vouivre, nenni. Que conduise vers vous ma démarche ; je souhaiterai une bonne lame, messire.

Et il conclut par :

- Ainsi qu'un cadeau pour un ami fidèle qui m'est très cher. »
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Dren Hortys
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Jeu 26 Mai 2016 - 21:33

Dren regarda l'homme devant lui.
"-Félicitation mon gars. Tu veux une lame et tu as trouvé une forge. C'est un bon départ. A qui ai-je l'honneur ?"


Et maintenant le vrai post...


Dieux, ni catins ni chasseurs de Vouivre, nenni. Que conduise vers vous ma démarche ; je souhaiterai une bonne lame, messire. »
Lança l'inconnu en s'approchant après avoir fait une révérence que Dren trouvait exagérée.  Son langage ainsi que sa façon de s'habiller trahissaient sinon une noblesse, une aristocratie impériale certaine.

L'inconnu conclut par :

- Ainsi qu'un cadeau pour un ami fidèle qui m'est très cher. »

Dren regarda l'homme devant lui tout en marquant un temps d'arrêt. Puis porta son attention sur le soufflet, ainsi que la forge et les enclumes avant de revenir toiser l'inconnu.
"-Félicitation mon gars. Tu veux une lame et tu as trouvé une forge. C'est un bon départ. Lança Dren non sans moquerie. A qui ai-je l'honneur ?"

- On me nomme Capitaine Pygargue. Et vous même maître forgeron ?
-Hortys. Dren Hortys. Et effectivement je suis ce que les humains qualifient de maître forgeron. C'est le titre que les enfants d'Edus donnent à un prêtre de Dwilin. Dren se surprit de se trouver si locace. Peut-être était-ce dû au fait que les vêtements de ce Capitaine portant un nom d'oiseau trahissait son appartenance à l'Empire d'Ambre. Rappelant au forgeron de bien beaux tours lors de son passage à l'université de la cité de Jade étincellante.
J'ai ouïe dire que quelques runes posées sur vos ouvrages aveuglait les ennemis de leurs propriétaires. Que proposez-vous ?
Dren se demanda où cet individu avait bien pu entendre cela et surtout qui pouvait bien raconter cela.C'était probablement un moyen pour le Capitaine de savoir si son souhait pouvait être réalisé.

-C'est cela oui. Un jour j'ai même cousu une rune sur une braie. Le type à chier des éclairs pendant près d' un cycle. Franchement je ne sais pas qui vous a racontez une histoire pareille, mais à mon avis il c'est bien moqué de vous. Votre projet est réalisable, mais vous serez aveuglé autant que le type en face de vous. A moins que vous vous bandiez préalablement les yeux. J'ai de sérieux doutes que le type en face vous laisse le temps de faire ça.

Dren se tut le temps de retirer un peu de braise de la forge pour les placer dans une boite en métal qu'il remplit à moitié. Recouvrant la boîte d'une grille. Il s'équipa d'épais gants de cuir pour la déposer sur un établit noirci. Il retira ses gants et passa le dos de sa main au-dessus de la grille. D'une de ses poches de son pantalons de travail il sortit une clée et déverouilla une porte située sur le seul mur de la forge dont l'escalier menait à l'étage puis siffla en appellant Ronan.

-Vous vous y prenez mal. Dit-il en se tournant vers le Capitaine.
-Avant de vouloir poser des runes sur quoi que ce soit. Il faut déjà avoir une idée précise du genre de lame que vous souhaitez. Vous voulez une lame. Dois-je comprendre que vous avez déjà les autres éléments de l'arme ? Si c'est pour une réparation il me faut les autres éléments.
Dren fut interrompu par Ronan qui portait un plat. Le guerrier jeta un « -B'soir » à l'égard du capitaine. Avant de déposer avec précision sur la grille des morceaux de viande. En les comptant Dren sut que les autres avait déjà prit leurs repas.
Ronan sourit au forgerons.
« - J'ai pas besoin de te dire qui t' attend pour dîner.
L'idée d'un tête à tête avec Scorpion Rouge ne déplaisait pas vraiment à Dren. Cependant devenir rouge comme une écrevisse devant elle le dérangeait.
-Je vous laisse réfléchir à cela le temps que j'aille me changer. Vous restez pour dîner ? Cela nous donnera l'occasion de préciser vos projets. »
Le forgeron n'attendit pas la réponse du capitaine et prit l'initiative de remettre des morceaux de viande sur la grille. Avant de monter à l'étage.
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Le Pygargue
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Dim 5 Juin 2016 - 19:11

Car ce que ta bouche cruelle
Éparpille en l'air,
Monstre assassin, c'est ma cervelle,
Mon sang et ma chair ! »

Baudelaire



« M'estimez-vous présentable ainsi ? demanda Le Pygargue à son éducateur et Premier Lieutenant, Horace De Klemmens.

Ce dernier ne trouva à la vue de son Capitaine ni nœud à accommoder, ni pli à parfaire, ni manchette à agencer. Il était fort bien présentable.

- Tu es très bien, Mickaël.
- Espérons que l'on porte vite les honneurs qu'ils m'enverront.
- Tu serais encore mieux avec une lame au côté, conseilla néanmoins Klemmens à son Capitaine. Je n'aime point trop parler, mais nous ne savons jamais comment peuvent tourner les situations. Ce forgeron ne m'inspire que peu de confiance.
- C'est là un rustre, confirma Le Pygargue. Inconvenant, grossier voire vulgaire, sans tenue ni allure, cependant je ne le hais point. Tous les habitants de Prébois le sont.

A ces mots, Horace De Klemmens ne put que confirmer. Ils quittèrent d'un pas commun la chambre de l'auberge à l'intérieur de laquelle ils dormaient ensemble toutes les nuits depuis plus d'un cycle, laissant le Prince de Palmyre et l'Eradicate sur le pied de guerre au port. A présent que les cales du premier demeuraient pleines à craquer de prisonniers, et son pont de vivres et de richesses, même si les Ramiens et les garçons perdus veillaient jours et nuits, en son titre de Capitaine Le Pygargue songeait que lui et Klemmens devraient songer à abandonner cette auberge pour regagner leur bâtiment. Ils n'avaient pas -ou en tout cas plus- d'ennemis à Prébois, mais mieux valait se montrer prudent.

Le dernier vœu qu'aurait formulé l'aristocrate impérial aurait été de passer une nuit de plus à bord du Prince de Palmyre. Peut-être était-il fou, mais la nuit la caravelle s'animait, et un malaise malsain l'imprégnait de la proue à la poupe. Il avait remarqué cela, puis quelques "événements" inexplicables, environ plusieurs jours après que la dépouille du Capitaine Baldassare Everhell fut rendue à la Garce. Il s'était éveillé plus d'une fois avec la ferme impression d'avoir entendu hurler. Les bidons de vin d'Alkhala ainsi que les tonneaux de rhum de l'Eradicate et de l'Hydreigon , montés à bord du Prince, semblaient se vider chaque nuit. Parfois, une odeur de charogne le saisissait dans son lit, semblant se déplacer dans sa chambre puis dans tout le navire. Les quelques instruments de navigation disposés sur son bureau tombaient sans raison, tant et si bien qu'il avait fini par enfermer boussole, combat, astrolabe et sextant à double tour dans l'un des tiroirs de ce dernier. Ses papiers se voyaient tachés d'encre au petit matin. D'une encre encore fraîche. L'oiseau n'arrivait plus à dormir, il s'agitait et craillait tant et tant qu'on avait dû le changer de pièce. Étrangement, il s'était calmé en quittant la chambre du Capitaine.

Et à côté de tout cela, rien qui ne se confirmait. Rien qui pouvait affirmer que tout ça n'était pas le fruit de son imagination ou pire, de sa folie. Il avait parlé de ses peurs à Klemmens, et celui-ci lui avait conseillé d'éviter de dormir à bord du Prince de Palmyre tant qu'ils seraient à terre. Il lui avait également conseillé de passer une nuit à bord de l'Eradicate, mais la fierté et l'éthique du Pygargue lui avait fait refuser cette proposition. Après que le Second du Prince de Palmyre eut vérifié que oui, l'alcool semblait s'évaporer en quantité anormalement élevées la nuit, les instruments se trouvaient bien au sol lorsque l'aube pointait et effectivement, l'encre était encore humide au matin, il lui avait conseillé de quérir l'aide d'un prêtre. Sans parler de l'oiseau que l'on avait déplacé chez Klemmens.

Jusqu'à présent, Le Capitaine avait mis la priorité sur le nettoyage de Prébois, l'appât de richesses et l'obtention de lames neuves en compensation de celles qu'on lui avait dérobées. Il ne passait plus la nuit à bord de la caravelle ; il dormait paisiblement. Mais il songeait que c'était là un problème sur lequel il devrait rapidement se pencher. Et justement...

- Ne m'accompagnerez-vous point ? demanda le Capitaine, oiseau sur le bras, à Klemmens.
- Je n'ai point été convié à ce déjeuner. Ne nous imposons pas en grandes pompes chez ces gens-là.

Le Pygargue avait acquiescé puis, avec pour toute arme son oiseau et le sifflet autour de son cou, avait rejoint Maître Hortys, le forgeron. Ou Maître Hortys, le prêtre de Dwilin. Dans les deux cas, il avait besoin de cet homme.

Il fut déjà soulagé de voir que le forgeron s'était vêtu, contrairement à leur première rencontre où il demeurait nu jusqu'à la taille, plié en deux sous le soufflet de la forge. Le Capitaine se découvrit et salua avec respect et noblesse, marquant son appartenance à l'aristocratie impériale et se fichant du fait qu'il serait entouré de deux personnes du bas-peuple. Il n'était pas assez orgueilleux pour refuser un repas avec une compagnie comme celle-là mais le demeurait tout-de-même suffisamment afin de marquer avec clarté leurs appartenances à des castes sociales différentes, et ce dès le début du repas. Il baisa la main de celle qui se faisait appeler Scorpion Rouge après une hésitation, jugeant par ce fait que même si elle n'appartenait ni à l'Empire ni à la noblesse, elle restait femme et lui galant avant tout.

Cependant, il se força à paraître d'une compagnie agréable au mieux, divertissante au minima, et se voulut humble dans ses attitudes ainsi que ses propos. Il eut tout juste le temps d'expliquer à Maître Hortys ce qu'il attendait de lui. Il lui fallait deux lames qui fassent honneur aux plus belles créations de l'Empire d'Ambre, avec quillon, garde, pommeau, calotte et double tranchant. Il insista sur la présence de pas-d'âne sur les deux lames, ainsi que sur la légèreté de l'une d'entre elle. Il confia par la suite à son interlocuteur qu'un mauvais duel l'avait récemment privé d'un bon appui et d'un bon bras, et si il voulait conserver un avantage dans ses échauffourées à venir, il se devait non seulement de ne plus interrompre ses entraînements avec son Second, mais devait surtout posséder une lame efficace et légère. Il ajouta qu'il avait de quoi mettre le prix, et voulut se renseigner sur les "améliorations particulières" que Maître Hortys pouvait apporter à son ouvrage. Ce fut au moment où l'homme aux cheveux blancs allait lui accorder sa réponse qu'un homme fit irruption au cours de leur repas. Vêtu fort somptueusement et à la manière des valets impériaux, il se présenta comme tel.

- Capitaine Everhell ?

Il ne faisait aucun doute sur lequel était le Capitaine entre ces trois individus attablés. Le Pygargue se leva.

- C'est moi, messire.
- Un pli pour vous, Capitaine. De la main du Ministre de la Marine.

Et Le Pygargue crut qu'on venait de lui porter un coup de fouet en plein visage. Il espérait de bonnes nouvelles. Il savait en ouvrant le pli qu'il n'en serait rien. Tandis qu'il lisait, le valet demeurait campé là, debout les mains croisées derrière son dos, attendant avec une patience toute professionnelle que sa cible bientôt livide en eût terminé avec la brève -mais directe- coursive.


Au Capitaine Mickaël Vinzent Everhell
A la Cité de Jade Étincelante
Le cinquième Jour de la Lune d'Ocre du Tour 5331, sous les bonnes grâces d'Ohiel




Capitaine,
Se tiendra au jour suivant en la cité de Jade Étincelante le procès en votre nom : 12ème Jour de la Radieuse Lune du Tour 5332.

Vous fûtes sous le regard d'Ohiel accusés d'usurpation, de vol et de désertion à maintes reprises. Les charges pesant sur le nom du Capitaine Mickaël Vinzent Everhell étant fondées, votre présence à ce bruit doit paraître, afin que se décide avec équité ce qui de vos maux puissent découler pour le bien de l'Empire.

Plût aux dieux que cette invitation qui doit vous être remise en main propre trouve lecteur empressé et éclairé.


Cordialement, par la bonne grâce de notre Ministre de la Marine,

Madère D'Angualmar, Premier Secrétaire.




- Cela fait déjà neuf Lunes ? parvint à demander au valet impérial Le Pygargue en pliant son "invitation" et la rangeant dans l'une des poches intérieures de son gilet.
- Oui, neuf Lunes Capitaine.
- Comment donc êtes-vous entré en Prébois ?
- En navire Capitaine. Puis j'ai loué les services d'un cheval. Cependant, oyez que j'ai grandement cherché votre piste avant.

Le Pygargue hocha la tête en signe de compréhension.

- J'escompte auprès de quelques heures de réflexion avant de vous transmettre réponse, messire. Quelle qu'elle soit.

Le valet y consentit. Le Pygargue s'excusa auprès de Maître Hortys et Scorpion Rouge. Il se saisit de sa canne, raccrocha le rapace au col opalin et tourna les talons aussi nerveux qu'un homme puisse l'être.

Plus que tout, il devait consulter l'avis de Klemmens.

~


Horace De Klemmens ne demeurait point à l'intérieur de l'auberge. Le Pygargue s'occupa de son oiseau, il le raccrocha et entreprit de le nourrir puis de l'abreuver. Il reconnaissait avec embarras repousser avec toute l'hypocrisie du monde l'instant où il devrait s'asseoir sur son lit, sortir de sa poche cette missive, celle-là même qui paraissait lui brûler la poitrine comme du poison ou de la chaux, et la relire. Le Pygargue se débarrassa de son haut-de-forme, et il s'obligea enfin à ce face à face avec le courrier tant redouté.



Au Capitaine Mickaël Vinzent Everhell
A la Cité de Jade Étincelante
Le cinquième Jour de la Lune d'Ocre du Tour 5331, sous les bonnes grâces d'Ohiel



Capitaine,
Se tiendra au jour suivant en la cité de Jade Étincelante le procès en votre nom...



Il interrompit sa lecture. Ces mots lui brûlaient la rétine autant que le contact du papier à travers sa veste chauffaient sa peau. Le procès en votre nom... Il ravala sa salive et poursuivit la lecture de la missive, une seconde fois. Cela n'était pas une surprise pour lui. Le Pygargue savait depuis des Tours qu'il devrait répondre de ses fautes tôt ou tard devant la justice Impériale. Il n'avait juste pas pensé une seule seconde que l'Empire irait le trouver presque à l'autre bout du monde pour "l'inviter" à sa propre mise-à-mort. Il n'était plus temps de se voiler la face. On n'envoyait pas un traître, un déserteur et un voleur de navire (surtout avec des frais autant onéreux que ceux dont faisait montre le Prince de Palmyre) derrière les barreaux. On l'envoyait directement au billot.

Le Pygargue nota tout-de même que le Ministre de la Marine Impériale avait fait preuve de suffisamment de retenue et de noblesse d'âme -et il lui en fut infiniment reconnaissant en dépit de son malaise !- afin de ne pas inscrire noir sur blanc le mot terrible et sous-jacent tout le long du courriel. Piraterie.

Mais ce mot était présent dans tous les esprits. Un voleur de navire et un déserteur -sans parler des frais énormes qu'il venait d'engendrer auprès de Ram !- on appelait ça un pirate.

Par deux fois, son prince -le prince de Palmyre- l'avait rappelé au cours de son interminable chasse aux pirates -et à l'Eradicate !- auprès de la Topaze afin de rallier son bâtiment aux batteries communes dans une ou deux guerres que menait l'Empire. Et par deux fois, Le Pygargue avait délibérément choisi d'ignorer cet ordre. Cela faisait des Tours qu'il n'avait plus eu des nouvelles de l'Empire...jusqu'à maintenant !

Quel choix faire ? L'Empire venait de le devancer. Obéir aux ordres et rentrer maintenant ? Sans trésor, sans rien pour racheter ses fautes passées ? Tout juste trois tonneaux, quatre sacs d'or et une centaine de pirates à pendre ! L'Empire l'enverrait à la décapitation, c'était évident. Alors désobéir encore ? Le Ministre pourrait toujours le condamner à mort prétextant une troisième désertion, même s'il se rendait maître de tous les Océans de Ryscior au nom de son pays !

Il sembla au Pygargue que le choix n'était plus sien. Au plus vite, il devrait accomplir quelques grandeurs et se faire opulent et aussi riche qu'un roi ! Il se donna une Lune, pas un jour de plus. Et si il échouait...

Si il échouait, il devrait alors choisir entre passer le reste de sa vie exilé en pirate, ou bien retourner en Empire d'Ambre pour y mourir avec les usages et les déshonneurs.

~



Le Pygargue posa la main sur la garde de son piètre sabre qui faisait sa seule arme. Il s'était allongé quelques minutes, les bras croisés derrière la tête, les mauvaises pensées allant et venant quand un bruissement plus particulier que les autres l'avait mis sur ses gardes. La démarche de Klemmens, il la reconnaîtrait entre mille. Et l'individu -ou peut-être étaient-ils plusieurs- qui montait les escaliers de l'auberge en grinçant des dents et des semelles n'était pas Klemmens. La porte de sa chambre s'ouvrit à la volée, il brandit son sabre !

Rapidement, Pygargue et pirates se trouvèrent face à face, l'un pointant son sabre sous les gorges des autres !

- Baisse ton arme l'ami.

Le regard bleu aussi tranchant que de l'acier, le bras levé, Le Pygargue leur fit les termes suivant d'un ton tout sauf amical :

- Et bien ? Vous ne perdrez point cette exécrable manie ? Attaquer un homme dans le repos de son état, faisant tapage et grand'tumulte au sein de l'établissement. Voilà bien les natifs de Prébois.
- Baisse ton arme l'ami, répéta celui qui paraissait être le leader des quatre forbans.

Le Pygargue estima la force de ses adversaires. Il estima les siennes. Il disposait d'une mauvaise lame, d'une mauvaise garde et d'un mauvais pied. Eux portaient tous un sabre au côté de bonne facture, ainsi que plusieurs coutelas. Il n'abaissa cependant point son sabre, mais leur demanda :

- Qui annoncez-vous, monsieur ? Et qu'escomptez-vous ?
- Baisse ton arme, l'Oiseau.
- Autrement quoi ?
- Autrement on le bute. Tu sais de qui je veux parler, n'est-ce pas ?

Klemmens. Le Pygargue recula d'un pas et abaissa son sabre, lentement sans se départir de sa toute-prudence. Les forbans se jetèrent un regard en coin et gagnèrent en assurance. Je hais à voir leur présence éclater sans raison, songeait le Capitaine impérial, n'ai-je point débarrasé Prébois de cette gêne-là ? Il semblait que non.

- Vous trahissez un bas ouvrage, forbans. Qu'est-il advenu de mon Lieutenant ?
- Il est avec nous, railla le chef du quatuor.
- Un enlèvement, vils ! Pourquoi ?
- Non mais pour qui tu te prends, pédé ? Tu débarques dans notre cité, avec ton chapeau, ta grande gueule, tes arabes, tes manières d'aristocrate à la con ! Tu te fais appeler chasseur de pirate, et tu clames à qui veut bien l'entendre nous chasser de notre terre ! On était là bien avant toi ! Tu t'en prends à nos amis, tu réquisitionnes et tu pilles nos navires !

Il cracha aux bottes du Pygargue afin de ponctuer sa phrase.

- Tu n'es rien, le piaf ! Prébois, c'est notre cité ! C'est nous qui faisons marcher l'économie de la ville, c'est nous qui faisons vivre les artisans et les commerçants ! Et il s'trouve que Lazslo, c'était mon pote. On a survécu ensemble à la chute de Port-Argenterie avant de s'établir ici. Avant que tu viennes foutre la merde en envoyant nos gosses mener ton combat !
- Songez qu'un même jour je vous enverrai accompagner votre camarade dans mes geôles. Au fait ! A qui ai-je ce déplaisir et que prétendez-vous contre la personne de Klemmens ?
- Un échange. Tu libères Lazslo et l'équipage. Et on te rends ta tapette de Lieutenant.
- J'exige bien qu'aucun mal ne lui soit fait, sinon...
- Que dalle l'Impérial ! Tu n'es pas en position d'exiger. Si tu t'obstines, on le finit, ton Lieutenant, cet enculé.
- J'exécuterai votre confrère en un tel cas.
- Ce s'rait con d'en arriver là, n'est-ce pas ? Tu rends les pirates de Lazslo que t'a attrapé, et Lazslo. Et on te rends ton copain. Demain à la minuit, aux docks.

Ils se retirèrent non sans regards noirs. Le Pygargue s'autorisa enfin à abaisser son sabre. Lorsqu'il fut certain que les forbans eurent quitté l'auberge, il se laissa tomber sur le lit. Ces pirates sortis d'il ne savait-où avaient Klemmens ! Il ne les connaissait même pas, c'était même la première fois qu'il les voyait. Lui qui s'était cru en sécurité et entouré d'amis à Préboi !

Il prit sur lui sa missive, ainsi que sa canne, son arme et son pygargue, et alla trouver en urgence Akane Hime. Malgré l'heure plus que tardive, elle accepta de le recevoir. Lorsqu'il lui rapporta la sombre entreprise des forbans, elle lui annonça qu'elle ne s'en mêlerait pas. Jusqu'à présent, c'étaient les enfants qui faisaient la loi à Prébois. Les forbans avaient raison sur un point. En débarquant, Le Pygargue avait prétendu imposer sa loi. Il avait recruté les garçons perdus, s'en était pris aux pirate établis sur ces terres bien avant lui et leur avait volé leurs biens avant de les humilier. A présent, lui prononça Hime, c'était à lui et lui seul de se tirer de cet embarras qu'il avait convoqué. Après tout, c'était vrai que les pirates faisaient vivre l'économie de Prébois.

- Quoiqu'il vous reste comme procédé, avait répondu Le Pygargue, vous contempleriez une cité sur les traces de Port-Argenterie ! Avec la puissance économique et militaire en moins ! Et par de vaines abstentions, des livres de déshonneur en plus ! »

La Reine de Prébois lui avait fourni des renseignements sur son ennemi, mais elle n’intercéderait pas pour autant en sa faveur. Le Pygargue, indigné, devrait donc affronter l'équipe de ce Risley Sherman, récemment de retour d'une expédition dans la Jungle, tout seul.

Il ne dormit point. Dès l'aube, il s'en alla trouver Maître Hortys et lui demanda son aide. Il ne le trouva ni à sa forge, ni auprès des Chasseurs de Vouivre. Il leur demanda de le prévenir si jamais le maître forgeron daignait faire une apparition plus tard dans la matinée. A la mi-journée, toujours sans nouvelles du Prêtre de Dwilin et le temps jouant contre lui, Le Pygargue regagna le Prince de Palmyre afin de tenir conseil avec les Emulzes. Il ne rendrait point ses prises à l'ennemi, et consentit à le combattre. Ils établirent une stratégie qui devrait placer la priorité sur la sécurité et la réappropriation du Lieutenant Klemmens. Il n'avait aucune confiance en la parole de pirates.

Il chassa de ses pensées ses récents malheurs avec la missive du Ministre de la Marine. Sa priorité demeurait de sauver la vie de son éducateur et fidèle ami. La nuit tomba rapidement. Épuisé mais incapable de s'endormir, Le Pygargue se laisse néanmoins aller au repos quelques minutes sur le lit de sa cabine. Cela faisait plus d'une Lune qu'il n'avait plus passé une nuit à bord de son navire.

Dans quelques heures, l'escarmouche -qui devrait se conclure en un bain de sang !- débuterait. Il implora muettement Ohiel de ne point laisser ses ennemis lui ravir son seul ami. Avec l'aide du dieu, il ajouterait même ce foutre Capitaine Sherman à sa collection de charognes en sursis !
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Dren Hortys
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Jeu 9 Juin 2016 - 14:25

Qui était-il ce valet impérial pour venir déranger Dren et son client ? Dren restait assit encore surprit du départ précipité du capitaine Everhell. Scorpion rouge lui tapa sur l'épaule en lui signifiant que si il le souhaitait elle pouvait lui expliquer les bonnes manières à ce valet impérial qui allait passer la porte. Porte qu'il se vit fermer pour mieux que ça face vienne s'écraser contre cette dernière.
« - Faut vraiment être d'une rare imbécillité ou totalement dénué de conscience pour interrompre un forgeron qui plus est prêtre de Dwilin et son client. Et il faut être encore plus con pour entrer chez les chasseurs sans y avoir été invité ! » Le dialogue fut mouvementé autant que fut secoué le valet qui finit par se pisser dessus. Une fois que la tête de se dernier eut servi de serpillière et de mouchoir pour ses larmes lorsque Dren lui expliqua comment l'on traite ceux qui osent s'interposer entre un client et un prêtre de Dwilin. Ce dernier termina par un énième :
« -Désolé messire ! »
Dren avait usé des vents gris pour lire la lettre. Personne n'avait remarqué les deux yeux gris presque posé sur l'épaule du Pygargue. Peut importe. Dren savait. Faire face à la justice... C'était ce qui l'avait conduit à suivre les chasseurs. Jamais il n'avait été maltraîté. Les lunes avaient estompées son statut de prisonnier. Il était resté après le départ de Lenneth. Ceux qui étaient ses geôliers étaient devenu des compagnons.
Quand bien même il s’avérait que les accusations à l'encontre de son client soient fondées. L' absence de meurtre ou de viol donnait le droit à Dren de lui fabriquer ses commandes. Le forgeron préféra tout de même en aviser Vyrah. Il était clair qu'aucunes primes ne courrait pour la capture du capitaine. Les chasseurs n'ayant aucun intérêt à le livrer à la justice impériale. Dren lui forgerait ses commandes. Cependant en savoir un peu plus sur son clients et ses occupations ne serait pas un luxe. Silhouette se joignit à Dren volontiers. Lorsque Dren gagnait de l'argent. La compagnie en gagnait aussi et la comptable de la troupe s'intéresserait à défaut d'autres choses de savoir si les moyens financiers du client étaient à la hauteur de ses commandes. Vyrah et Tobin quant à eux iraient faire le tour des tavernes avec d'autres pour glaner quelques informations sur le Pygargue.

Après avoir trouvé où logeait sire Everhell. Dren et Silhouette surprirent une conversation des plus troublante entre le capitaine et une bande de pirate dont l'un répondait au nom de Sherman. Il ne fut pas compliqué pour le duo de passer inaperçu lorsque les pirates puis le capitaine quittèrent l'auberge. Pas plus que de les suivre jusqu'à leurs repaire. Ce qui devait être une simple commande se transformait en prise d'otage. Ils auraient aisément liberé celui qui semblait être le second du capitaine et très certainement recueillir toute sa gratitude. Cependant la gratitude ne nourrie pas une troupe de mercenaire...
Vyrah réuni a une heure avancée de la nuit la troupe. Comme l'avait entendu Dren et Silhouette de la bouche des pirates. Le capitaine pygargue était semble-t-il ou un inconscient ou un homme d'un rare courage pour venir à Prébois chasser des gibiers de potence au nom d'un empire qui à en croire la lettre que Dren avait lu à son insu souhaitait le voir jugé pour des affaires interne à la marine de ce royaume.
« -Il n'a vraisemblablement commit aucun meurtre ou viol. Il veut que je lui forge des armes et en l'absence de ces deux accusations Dwilin dans sa grande sagesse m'y autorise. D'après ce qu'il m'a indiqué avant qu'un imbécile de valet vienne interrompre sa commande. Je peux lui demander près de mille pièce d'or. C'est le tarif habituel pour ce genre de travail.
-N'avait-il pas parlé de runes ? » Demanda Astarra.
Dren acquiesça.
« -J'ai pris en compte cela. Reste que j'ignore ce qu'il veut exactement.
-Sait-il au moins manier une lame runique ?
-Ceci n'est pas mon problème. Bien que ce ne soit pas à la portée de tout le monde. J'estime que ce capitaine saura trouver une personne pouvant le lui apprendre. Beaucoup parmis vous savent comment ce genre de chose fonctionne. Même Ronan pourrait apprendre avec un bon professeur. »
Ronan qui tendit son majeur en direction de Dren en guise de réponse se tourna vers Astarra la maîtresse des runes.
« -ça doit pas être si compliqué que ça si ? 
C'est loin d'être évident tout de même sinon...
Sinon tous les paysans auraient des araires runiques et les champs se laboureraient tout seul. Il ne suffit pas d'ouvrir un livre pour savoir lire ou de frapper le métal pour être un bon forgeron. Ce que tous appellent des épées magiques n'existe pas. Ces armes ne sont que l’œuvre des enfants de Dwilin qui furent forgées sous le regard bienveillant et en parfaite communion avec le père de tous les forgerons.
Impressionnant Dren. Fit remarquer Kel la flamme à laquelle il répondit.
Il n'y a rien d'impressionnant. Ça sort tout droit de mon premier jour de formation chez les nains. C'est une partie du discour de bienvenue en fait. Pour honorer cette commande il va me falloir du calme, de la sérénité et surtout un client qui n'aura de soucis que de venir voir l'avancée de sa commande afin que je puisse lui livrer mieux que ce qu'il n'osait espérer quant il a eut l'idée d’acquérir auprès de moi ces armes.
Ce qui est loin d'être le cas à l'heure actuelle. Reprit Vyrah avant d'ajouter.
D'après ce que l'on sait cette prise d'otage est une affaire dont on peut facilement s'occuper moyennant finance. Pour ce qui est de son problème avec l'empire...
Trenloë arriva avec le valet qu'il trainait par le col.
« -Il ne chante rien d'autre que : « -Désolé messire ! » On arrive même a entendre ça quand il a la tête sous l'eau. Comme ça nous rappellaient Hasdruba à moi et a Varikas de se faire appeler messire on a continuer un peu, mais il nous en veut pas le larbin impérial n'est-ce pas ? »
Questionna le chevalier en levant comme un torchon humide auxquel il ressemblait, le valet à hauteur de son regard en lui collant deux petites tapes sur les joues.
« -N... N... Non mess ...ire. » Réussi à articuler le valet qui crachait encore de l'eau. Trenloê lâcha le valet qui s'écroula sur le sol.
« -C'est bien maraud. Maintenant ésponge la flotte que tu as mis partout et va prendre du repos en attendant que le client du copain Dren te donne sa réponse.
Vyrah clôtura la réunion en donnant pour consigne aux autres de se taire sur ce qu'ils savaient. Et surtout de ne pas souffler mot de cela si jamais le client de Dren revenait à moins que celui-ci ne leur demande de l'aide. Dans ce cas il y aurait un contrat de signé pour une prise d'otage. Tous allèrent se coucher et au petit matin Dren prit la direction du marché. Il n'avait pas de moule pour un pas-d'âne et espérait à défaut d'en trouver un pouvoir en faire un moulage selon les détails que lui avait donné son client. Cela lui prit une bonne partie de la journée et lorsqu'il revint à la forge. Son client était passé, mais sans pour autant oser demander de l' aide.
Alors que le soir tombait et que la rencontre approchait Dren décida de proposer l'aide des chasseurs au capitaine. Restait une inconnue. La réaction du Pygargue. Allait-il accéder à la requête des pirates en libérant ceux qu'il tenait emprisonnés ou allait-il essayer de sauver au péril de sa vie son second.
Péril il n'y en aurait pas pour sa vie car un client ça se protège.
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Abad El Shrata du Khamsin
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Jeu 9 Juin 2016 - 19:47

Feu Baldassare Everhell:
 



Les premiers jours de ma nouvelle vie, il y eut deux facteurs majeurs auxquels je dus m'habituer. 
Moi-même et mon environnement.


     En effet, passer d'être humain en chair et en os à spectre intangible ne se fait pas sans quelques traumatismes.  Premièrement, personne ne peut vous voir, ni vous entendre, tant bien même vous pourriez maudire quelqu'un par les Sept Enfers que celui-ci continuerait de regarder vers vous, sans vraiment vous voir et ne bougerait pas d'un pouce. Je le sais car j'ai essayé. Il faut aussi s'habituer à cet impression de fatigue constante, comme si l'on avait passé une horrible nuit tant bien même il nous est impossible de nous reposer. Les contrées de Finil sont fermées aux spectres. Ô combien ai-je pu regretter la douce sensation de ma nuque se posant sur l'oreiller de plume ou la caresse d'une couverture bien chaude qui emmitoufle votre corps comme dans un cocon. Devenu une coquille vide de sens et de passion, les jours s’enchaînent et l'on survit, se remémorant les jours passés, et surtout ... on se fait chier, à mourir ! Personne à qui parler, on en a bien vite marre d'espionner les matelots entrain de ronfler la nuit.

    Habitué à mon Eradicate et la forme du bateau de mon frère m'étant totalement inconnu, je dus aussi apprendre à me repérer dans ce dédale de bois.
     Pour passer le temps, je décidais de l'explorer, et il me fallut plusieurs jours pour en venir à bout et mémoriser sa configuration. J'argue pour ma défense le fait que le bateau de mon frère soit un fort à lui tout seul, mon Eradicate n’étant à côté qu’une bicoque à rames. Le Prince jouissait d’un grand mat deux fois plus grand que celui de mon Eradicate, ainsi que d’une voilure ample et fine, s’arguant au fil des moindres vents, même les plus doux.  Le Prince de Palmyre était à l’égal de l’Oiseau de proie qui habitait son sein : une véritable bête de course. Eusse été de mauvais goût de dire que de mon vivant, je n’avais jamais mis pied sur bateau aussi rapide ? Même dans la mort, j’enviais ce bijou d’aérodynamisme à mon frère, sans doute eut-il manqué quelques canons.
      Il me fallut plusieurs jours pour que je puisse me repérer au sein de ce monstre d’architecture. Mais curieusement, je me surpris à aimer fureter le long des couloirs et explorer ce bateau que j’avais si longtemps redouté.Les cales, plongeant profondément sous le niveau de la mer, formaient le premier étage de la coque et mes dieux qu’elles furent pleines. Véritable prison flottante, la moitié du poids du bateau devait résider dans les prisonniers qui y logeaient, entassés là par centaine. Parmi eux je reconnus même des membres de mon ancien équipage dont mon fidèle second, Reginald Thorn. La mine cireuse et les cheveux gras, j'eux du mal à le reconnaître. Il n'était plus que l'ombre de lui même. Tout comme moi. J'eus désiré le sauver, mais malheureusement, mort, je ne pouvais rien pour lui.
     Au dessus des geôles venaient les cuisines. Je fus surpris de voir que la nourriture n’y manquait pas et que plusieurs cuisiniers s’afféraient à y préparer bonne chair, matin midi et soir.
Ensuite, accolée aux cuisines, venait la grande salle à manger. Là où chaque membre d’équipage, principalement de race Ramienne à ce que je pus voir, venaient se repaître des mets préparés plutôt dans les cuisines.
 J’enviais leurs langues et leurs palets qui pouvaient gourer aux saveurs de ces plats alors que moi, la seule appétence qui imprégnait mes papilles, fut celle de la vengeance.
Ensuite, deux grands escaliers remontaient de la salle à manger pour donner sur les chambres. Entassés par quatre, les hommes dormaient sur des lits gigognes, maintenus perpendiculaires aux murs à l’aide de cordes tendues. Les dortoirs étaient dune véritable fourmilière. A n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, des hommes sortait ou rentraient dans leurs chambres, prenant respectivement tour de garde ou pause bien méritée. 
Enfin, le pont constituait la pièce maîtresse du bateau. Le parquet en bois précieux, concentrait à lui seul tout le savoir-faire ancestral des artisans de l’Empire d’Ambre. Chaque pièce du bateau était étudiée dans le détail, et façonnées de manière à ce qu’elle s’intègre parfaitement avec le reste du mobilier. Les rambardes n’étaient pas simplement rambardes, mais bijou de menuiserie auxquelles ont avait donné la forme de têtes de lion, emblème de la cité de Palmyre. Ma cité. 
A vrai dire où œil se posait, il n’était qu’émerveillement et pour ma part, jalousie.
     Tel l'alambic qui concentre les effluves, chaque minute de plus à bord du prince filtrait ma colère en un concentré de haine. Elle s’imprégnait en moi comme le coton s'imbibe du sang et la vision de mon frère allant et venant sur le pont le sourire aux lèvres n’y arrangeait rien. Son bonheur évident m’empêchait de l'approcher. Je vins à me demander quel était mon rôle ici, et si ma résurrection n'était pas plus une malédiction qu'une seconde chance.

*


Un soir où je déambulais une énième fois parmi les longs couloirs du Prince, je fus surpris de trouver une lueur blanche émaner des cuisines. Je m’approchais alors doucement et tendis le cou par l’entrebâillement de l’entrée. Me parvint alors une vision pour le moins singulière : attablés sur les bancs du réfectoire, trois pirates rigolaient gorge déployée, entrechoquant entre elles des chopes de bière spectrale. Au vue de leurs habits translucides ainsi que de leurs tricornes qu'ils portaient sur la tête, ils étaient pirates. Je décidais de pénétrer dans la salle et de m’approcher d'eux.
Deux me faisaient dos et le troisième qui me faisait face m'aperçut le premier. Il s’arrêta de rire et murmura quelques mots à son compagnon de gauche. Celui-ci se retourna à la volée, puis quand il m'aperçut, il m'hala d'un :
" Capitaine, nous vous attendions ! Approchez, approchez ne soyez pas timide, venez partager une bonne bière avec nous !
- Et bien, dis je, ça ne serait pas de refus, cela fait fort longtemps que je n’ai pu échanger quelques palabres, et encore moins avec des fantômes, pirate qui plus est ! Moi qui pensait être le seul spectre sur ce maudit rafiot.
Fier de ma boutade qui les fit rire, je les rejoins promptement. Je m'assis à côté du spectre qui venait de me parler, et celui ci fit glisser vers moi sa choppe de bière encore pleine. Je bus dedans. Bien sur il n'y avait aucun goût, mais ça me fit du bien de retrouver des habitudes humaines, ça me faisait me sentir plus ... vivant ?
- Je me présente, moi c’est Allister, commença le pirate qui m'avait offert sa bière. Son visage était fort beau et ses trait forts fin. Son menton long se transformaient à son extrémité en une barbiche bien taillée, et deux moustaches recourbées ornaient le dessus de ses lèvres. Il portait un tricorne ornée d’une plume d'autruche. Jadis de cuir souple, le couvre chef brillait à présent d’une lueur bleutée. D'ailleurs, la couleur de son corps entier était différentes de celle des deux autres pirates, plus pales que lui, plus fade.  
- Je vous présente Sir Armsek, dit-il en pointant le pirate couleur ivoire aux cheveux longs, attachés derrière sa nuque en un chignon tiré à quatre épingles et mâchouillant une pipe encore fumante, ainsi que Sir Albelly, continua t-il en montrant à son tour le troisième pirate. Celui-ci portait un manteau de soie ainsi qu'un monocle qu'il remontait parfois d'un léger clignement d’œil. A nous trois nous formons les Dandy's Pirate ! Enfin nous formions !
A nouveau ils éclatèrent de rire avant de lever leur choppe et de boire à nouveau une longue gorgée de bière.
- Et vous Capitaine, repris Allister. Quel est votre humble nom ?
- Everhell Baldassare, de la Maison DeEverhell de Palmyre, dit-je en montrant le médaillon en forme d’œil, surplombé d'un croissant de Lune que je portais au cou, l’emblème de ma maison. 
- Monseigneur Baldassare Everhell ? dit Allister l'air choqué. L'Aristocrate devenu pirate ? Votre nom est fort connu sur les Grandes Eaux et votre histoire un modèle pour nous tous, c'est un grand honneur, dit-il avec un signe de tête. 
Dîtes moi Sir Everhell, seriez vous ... le Grand Spectre ?
- Le Grand Spectre ? Spectre, oui, Grand, je n’en aurais pas la prétention, dis-je avant de boire à nouveau une gorgée de bière. En jetant un coup d’œil vers la choppe, je remarquais que celle-ci n'avait pas baissé de volume. 
- Oh mais bien sur que vous êtes le Grand Spectre. Savez-vous Capitaine que tout le monde ici est au courant de votre présence, seulement personne n’a encore eu la chance de vous rencontrer, jusqu'à ce soir.
- Vous voulez dire qu’il y en a d’autre comme vous et moi ici ?
- Bien sur Capitaine.
Les regard fixes des trois pirates sur ma personne me rendirent quelque peu mal à l’aise.
- Dans ce cas où sont-ils, et mes bien chers amis, pourquoi n’étes-vous pas venu à ma rencontre plus tôt ?
- Et bien à vrai dire Capitaine Baldassare Everhell … votre présence effraie quelque peu les autres hôtes de ces lieux, dit Allister avec un demi sourire.
- Ma présence les effraie ? Avec tous le respect que je vous dois Sir Allister, je ne vois pas en quoi je suis plus effrayant qu'un autre.
- De quoi êtes vous mort Capitaine Everhell ? lança alors Sir Allister. 
- Ou comment ? ajouta Albelly.
Les mots résonnèrent dans ma tête. Mort. Je déglutis. C’est vrai, j’étais mort, où avais je la tête. Pour un moment je m’étais presque cru dans une simple discussion de la vie normale. J’avais oublié toute la singularité de cette scène : je discutais avec des fantômes et en était moi-même un.
- Condamné à mort par mon cher frère Mickaël, crucifié au grand mât jusqu’à ce que mort s’en suive.
- Ouuuh, la crucifixion, ça ça fait mal, dit Allister en agitant sa main.
- Je ne vous le fais pas dire. Tout le monde croit que ce qui fait le plus mal ce sont les clous que l'on enfonce pour vous maintenir en place. Mais ce n'est rien comparé à la torture de chacun de ses muscles qui se tétanisent et de l'asphyxie qui nous gagne peu à peu. Mais vous voulez savoir ce qui est le pire sir Allister ? La soif. Je ne souhaite à aucun homme la torture de sentir sa langue aussi sèche que du cuir dans sa bouche, de sentir chaque centimètre carré de sa peau se craqueler comme les déserts des contrées de Ram, alors qu'autour de nous résident des étendues d’eau à perte de vue ainsi que le supplice du son des ressacs des vagues frappant sur la coque du bateau.
Mon monologue jeta un froid. Personne ne prononça un mot. Seul Sir Allister me regardait encore dans les yeux mais les autres avaient baissé a tête. Je sentis que la conversation avait pris un nouveau tournant.
- A quand remonte votre exécution Capitaine ?
- Deux semaines.
- Et lorsqu'il y a deux semaine vous étiez accroché en hauts du Grand Mat, avez-vous ressentis une haine si profonde qu’elle vous rongeait les entrailles de l’intérieur ?
- Oh oui, et je la ressens toujours, à chaque instant. 
- Un désir de vengeance si fort que vous avez priez tous les dieux de pouvoir vous laisser la chance de l'assouvir un jour ?
- Par Ariel oui !  
- Hm, je vois, dis Allister le ton grave. Je pense qu'il y a quelques points sur lesquels je vais devoir venir Capitaine. Après tout avec tout le respect que je vous dois, cela ne fait que deux semaines que vous avez rejoints notre monde. Vous devez vous sentir un peu perdu n'est pas ? Tel un mousse sur son premier bateau, dit Allister sur un ton qui se voulait empathique.
- Plus que jamais.
- Dans ce cas laissez moi vous expliquez un peu comment cela fonctionne chez nous fantômes.
- Avec plaisir Sir Allister, éclairez ma lanterne je vous prie.
Celui-ci sortit de la poche de son costume une pipe en bois travaillé qu'il alluma à l'aide de son briquet à silex. Il tira une longue bouffée qu'il souffla par ses narines puis reprit.
- Voyez vous Capitaine, il existe plusieurs sortes d'esprits en ce bas monde. Certains restent en attendant le décé d'un proche afin qu'ils puissent partir ensemble vers les landes de Canergen, d'autres seulement parce que leur vis sur terre à été tellement fantastique qu'ils ne sont pas prêts à la quitter. Ils constituent alors une catégorie d'esprits gentils et frivoles, un peu niais à mon goût mais sympathique.
Il tira à nouveau sur sa pipe. 
- Ils peuvent traverser les murs et voyager à leur gise. Ils veillent même sur le bien être de leur proche et les aident parfois à prendre les bonnes décisions, en rêve par exemple. Ensuite, il existe une autre sorte de spectre, et c'est là que cela se complique. 
Certains esprits sont morts dans des souffrances tellement atroces qu'ils reviennent pour terroriser les lieux ou ils ont rendu l'âme ou les personnes qui les ont fait souffrit. Ces esprtis là on les appelle les esprits frappeurs, et tous comme nous, Capitaine Everhell vous faîtes partie de cette catégorie, dit-il en soutenant son regard.
J'allais pour répliquer mais il fut plus rapide. 
- Contrairement aux esprits que j'appelle sympathiques, nous autres esprits frappeurs, portons une telle haine en nous, qu'elle nous alourdis, à tel point qu'elle nous empêche de traverser la matière ou encore de quitter les lieux dans lesquels nous sommes morts. Nous sommes condamnés à hanter nos meurtriers jusqu'à ce que nos sévisses soient accomplis où que la personne elle même meure. 
Bien sur, lorsque que je vous ais dis que nous étions tous les quatre des esprits frappeurs, ce n'est pas tout à fait vrai. Chez nous autres spectre, il existe une hiérarchie. On dit que les plus puissants esprits frappeurs peuvent êtres vus aux yeux des humains, entrer en interaction avec des objets et même, mais ce n'est qu'une légende, posséder le corps d'un vivant, et à vrai dire Capitaine Everhell, je pense que vous faîtes partie de cette catégorie. La rage que vous éprouvez envers votre frère est telle qu'elle est ressentie dans tous le bateau. C'est pour cela que je nous ne sommes pas venus à votre rencontre immédiatement : comme je vous l'ai dis, vous avez effrayé la moitié des esprits présents ici et même à des lieux à la ronde. "
Je mis un certains temps à digérer toutes ces informations. 
- Vous m'avez dis que vous aussi étiez des esprits frappeurs ?
- C'est exact.
- Et contre qui en voulez vous ?
- Pygargue, crachèrent Albelly et Armsek, en fait ce fut le seul mot qu'ils avaient prononcé de toute la conversation. Je jetais un regard vers eux. Leur regard c'était fait plus noir et leurs mains étaient serrées contres les hanses de leurs choppes, à s'en faire péter les jointures. Je compris vite fait qui les avaient fait passer dans l'autre monde. 
- Allons du calme mes amis dis Allister à l'encontre des deux autres, restons courtois. Mais oui, couper la tête de votre frère avant de violer sa gorge encore sanglante demeure le plus grand de nos plaisirs " dit il avant un sourire si grand qu’il plissait ses yeux

*
Depuis ce soir la, je passais toutes mes nuits en compagnie des Dandy's Pirate. Allister m'appris que je pouvais gagner en puissance en me nourrissant de la tristesse des vivants et qu'en tant qu’esprit frappeur et avec un peu d'entrainement, je pourrais la sentir presque intensivement.
Mon instinct me dirigea donc vers Klemmens. Passer quarante ans à cacher son homosexualité tout en restant vingt autre heures sur vingt quatre avec un homme qu’on idéalise, ça vous ronge un homme.
A l'instant même où je pénétrais dans sa cabine, je me sentis mieux. 
Le simple fait de rester près de lui, où à son chevet la nuit me rendait plus fort. Toute cette frustration que je ressentais en lui me rendait presque ivre. Je me nourrissais de la moindre once de regret, de rancœur, de désir inavoué qu'il gardait enfoui au plus profonds de son cœur mais que moi je pouvais presque palper. Chaque minute en sa compagnie me rendait plus fort.  Ainsi, de jour en jour, je gagnais en puissance. 
Une après midi sur le pont du Prince, j'interceptai des conversations entre Klemmens et mon frère. Celui-ci lui rapportait d’étrange présence qu'il avait ressenti dans sa chambre ainsi que de brusques coups de froid et l’impression d’être épié constamment avec par dessus tout, des cauchemars qui l'assiégeaient toutes les nuits. 
"La figue de ces cauchemars est à chaque fois ton défunt frère, Mickaël.
- Ne vous en faites pas Klemmens, c'est seulement parce que vous les connaissiez fort bien, et même mieux que moi. Vous verrez, ces visions partirons d'elle même d'ici peu sans même que vous ne vous en aperceviez. "


Je riais intérieurement.

Mais je déchantais bien vite le jour où le le Prince accosta. A Prébois j’entendu dire. Tout le monde quitta le bateau. Et je demeurai à nouveau seul. Impossible de devenir pus fort, lorsqu'il n’y a aucune âmes a tourmenter autour de vous.
Je décidais de rejoindre les Dandy's Pirate, toujours dans le réfectoire. Cette nuit là je les retrouver en compagnie d'une bien belle jeune femme, seins nus et bouche pulpeuse, elle brillait d'une lueur rouge sang.
" Eh bien Capitaine Everhell, on pensait ne plus vous revoir, dit Allister.
- Je m'excuse les amis, j'étais quelque peu occupé à hanter les nuits de mon très cher Klemmens. Mais je vois que vous n'avez pas tardé à remplacer ma compagnie, dis-je en lançant un regard à la femme assise sur les genoux d'Allister.
- Oh, quel sot je fais, je n'ai même pas fait les présentations. Capitaine Everhell, je vous présente Lady Kimbergen, aussi appelée la Veuve Noire. Lady Kimbergen, je vous présente le Capitaine Everhell, aussi appelé, le Grand Spectre.
A ces mots ses yeux s'écarquillèrent.
- C'est donc vous l'esprit dont tout le monde parle ? dit-elle d'une voix suave.
J'acquisai et fis une révérence.
- Enchanté. 
Je m'attablais avec eux et leur fis part de mes doutes :
" Mon frère à quitter le bateau, et pour combien de temps je n'en sais rien.
- Ne vous inquiétez pas mon ami. Il reviendra bien plus vite que vous ne l'imaginez " me dit-il avant de mordre les seins de la Veuve Noire qui me regardait d'un oeil lubrique.

Quelques jours plus tard, vint sur le bateaux plusieurs enfants, apparemment des délinquants des rues de Prébois. Je fus cependant bien déçu de voir qu'ils n'étaient point accompagnés de mon frère. Encore quelques jours après, mon frère fit une apparition, accompagné cette fois-ci des Ramiens ainsi que de plusieurs pirates qui furent enfermés dans les geoles avec les autres. Je retins le nom de Lazlo, apparemment le chef de toute la troupe. Cependant, Mickaël et Klemmens ne dormirent pas sur le bateau cette nuit là, et je fus de nouveau laissé pour compte.
Mais une nuit où j'observais la mer depuis le point, un brin nostalgique, Mickaël réapparut. Je le vis monter sur le bateau et se diriger d'un pas lent vers sa chambre. Je m'empressai alors de le suivre.  
Lorsqu’il arriva dans sa chambre, il se débarrassa de ses vêtements pour ne garder que ses juste au corps, puis il se mit au lit, épuisé. Il n'arborait plus son petit sourire en coin et son aura emplie de victoire l'avait quitté, au contraire il semblait épuise et soucieux et il s'endormit bien vite. 
Tout comme je l'avais fait avec Klemmens, je le regarder dormir en sentant mes forces se décupler. Au fur et à mesure des minutes, je me sentais pus "vivant" et surtout plus dangereux. Je jetais un coup d’œil dans cette cabine qui m'avait si longtemps été interdite : sur la droite demeurait son rapace, posé sur son perchoir, la tête dans le creux de l'aile, endormi mais une chose en particulier attira mon attention. Posée sur son bureau, je remarquais une missive royale. Je la lu ... et j'eus du mal à finir la lettre tant les mots écrits à l'encre violette me rendaient euphoriques. 
Il était fait comme un rat ! J'adressais un remerciement à Cenergen, tout était en ma faveur ce soir !
Mais alors que je m’approchais de lui, son oiseau de malheur se mit soudainement à hurler. Mickael ouvrit alors les yeux en sursauts puis resta pétrifié, redressé sur sa couche. M’avait-il vu ? Avais-je gagné assez en puissance pour me matérialiser aux yeux des humains ? Au moment où il ouvrit la bouche pour hurler, j'enfonçais mon poing dans celle ci.  
"Je t'avais manqué mon frère ? "
Puis je m'introduis en lui. 
Lorsque je rouvris les yeux, j'avais retrouvé une enveloppe charnelle. J'observais mes mains devant mes yeux et contractait successivement chacun de mes doigts. Je sentis mes muscles bouger un à un le long de mes avants bras, l'information de mon cerveau circuler le long de mes nerfs et alors je ne pus m’empêcher de rire, un rire comme je n'en avais plus lâché depuis des années :


Quel plaisir de se sentir à nouveau en vie. 
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Le Pygargue
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Sam 25 Juin 2016 - 18:32

Quel plaisir de se sentir à nouveau en vie.
 
Je me redressais doucement et apportais une main à mon front. Je me sentais un peu pris de vertige mais ce désagrément ne dura pas et après quelques secondes c'était comme si rien ne s'était passé. Je fis courir sur le torse de mon frère mes nouvelles mains. Je mis quelques temps à croire que j’avais réussi à prendre possession de corps de mon frère. Qu’allais-je faire maintenant ?

Passer ma gorge au fil de la lame ?
Je tournais doucement ma tête vers l'épée de mon frère disposée sur le présentoir à l'entrée.


Me passer le noeud autour du cou ?
Je savais ou été entreposée les cordes et cordage, quelques mètres à faire et …

Mais non. Je souris. J’avais d’autres plans prévus pour le sort de mon frère, bien plus amusants.
Je regardais par la fenêtre, l'aube pointerait bientôt le bout de son nez, mais j'avais encore du temps devant moi avant l'attaque des docks.
Je me levais et m’attablais au secrétaire en bois précieux. J’allumais la bougie posée dans un des coins, sortit la plume du tiroir, une feuille de parchemin, remplit l’encrier d’encre et me mit à écrire. Au fur et à mesure que la plume raclait le papier et que l’encre imprégnait la fibre, je ne pouvais m’empecher de sourire. J’étais inspiré, et il ne me fallut que quelques minutes pour écrire cette lettre, sans rature aucune. Je plaçais le papier à la lumière de la bougie et me relu – dieu que la vieillesse apporte torts et maux, je retrouvais à travers les yeux de mon frère la vision de mes trente ans - :


 
A Madère D'Angualmar, Premier Secretaire,
Par la grâce de Canergen,
 
Monsieur,


Sachez que votre lettre à fait bon port, et que vos paroles ont été lues et réfléchies avec minuties.
Malheureusement, ma couardise n’ayant d’égale que l’ampleur de la traîtrise dont j’ai fait pâtir l’empire, je ne peux me résoudre à rejoindre Palmyre pour y mourir sous son joug.
Sachez cependant qu’à ce jour, je me trouve dans en Prébois et qu’à l’heure où vous recevrez cette lettre je n’en serait que guère loin. Envoyez vos flottes et alors je pourrais mourir sur la mer, là ou est ma place, car je peux me résoudre à rejoindre ma cité plein de honte.


Le Pygargue.



 
 
Parfait. Je rabattis les coins de la lettre et fit couler une once de cire chaude au centre que je plaquait avec le signe de ma maison, petit cylindre de marbre qui reposait sur le bureau de Mickael.
Mon sourire se transforme en rire, depuis quand suis-je si calculateur ? Je me surprenais moi même. La lettre que je tenais dans le creux de ma main allait maudit mon frère pour toujours. Madère ne m'était pas inconnu et je savais très bien comment il réagirait : piqué au vif dans sa fierté par la lettre, il enverrait toute la flotte de Palmyre à la recherche de mon frère. Ainsi, si jamais les dieux ne m’accordaient pas la chance de tuer Mickael , il mourrait de même, passé au fil de la lame par toute la flotte de Palmyre partit à se recherche. Je me félicitais intérieurement de mon génie quand …
Hilena. La vision de ma fille me frappa de plein fouet.
Hélas, elle aussi serait châtiée pour l’affront de son oncle. Déjà que moi son père lui avait rendu une vie difficile de part mes choix. Je pris alors un deuxième parchemin et rédigeait une deuxième lettre.
Je lui expliquais à quel point j’étais désolé de l’avoir abandonné, de mon comportements et de mes choix mais que je l’aimais et quelle devait a tout prix faire ses affaires et quitter la vie et qu’elle n’avait peu de temps. Hilena ne saurait jamais que c’était moi son père qui le lui avait écris, - savait elle au moins que j'étais mort -, elle penserait que son oncle, l'avait prévenu, et elle ne le traiterait qu'encore plus en héros. Mais je me foutais de ça, ma fille était la seule âme sur terre à laquelle je n'en voulais pas et que j'aimais toujours.

Quand j’eus finis mon entreprise, je me relevais tout de go et me dirigeait vers la volière personnelle de mon frère, située derrière sa chambre. Celle-ci contenait plusieurs clapiers à lapin dans lesquels on y avait placés des pigeons, bien plus pratique pour le transport que les cages qui prenaient bien trop de places. La pièce en arrondi donnait sur un grand vitrail qui permettait l’envol des oiseaux. Je me saisis d'un des volatiles, celui qui me semblait le plus gros et le plus lent et accrochait a sa patte la lettre que j’avais rédigé pour l’empire puis le lançait par la fenêtre. Le bruit des clappements d’ailes s’éloignant m’indiquèrent que l’oiseau avait fait bon envol, en espérant qu’il ferait bonne route. Puis je me saisis du plus fin des pigeons, athlétiques et profilé, il me parut le plus rapide. A celui la je lui confiais la lettre que j’avais rédigé pour Hilena. En espérant que sa vitesse lui permettrait d'arriver à destination plus dos, et donnerait un ou deux jours à Hilena pour se préparer et quitter la ville.
Tout à coup la porte de la cabine s’ouvrit à la volée. Rentra alors un des enfants des perdu, une lame à la main, l’air fébrile :
- Chef, où qu’vous êtes ? Y a tout l’monde qu’vous attend sur l’pont, z’allez-vous mett’ en r’tard.
Ses yeux passaient la pièce au peigne fin mais semblaient ne pas me voir. Il ne s’était surement pas encore habitué à l’obscurité.
- Je suis là Little Joe.
Je me félicitais intérieurement d’avoir appris par cœur le nom de chaque membre de l’équipage pendant mes longues journées où j’étais encore fantôme.

- Dis leur de m’attendre encore quelques instants, et de ne pas s’en faire, nous ne sommes pas en retard.
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Dren Hortys
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Dim 26 Juin 2016 - 16:44

Devant le pont du navire Dren hésitait. J'y vais, j'y vais pas ? Se questionnait le forgeron tout en s'efforçant de se rassurer en se disant qu'à quai ce navire ne coulerait certainement pas. Il se trouvait encore planté devant la passerelle lorsqu'une voix féminine l'interpella :
« -Maître Hortys ? »
Dren se retourna. Il salua Mariel. Il connaissait la prêtresse d'Ariel car il y a peu elle lui avait commandé une broche. Broche qu'elle portait ce soir.
« -Ce n'est pas dans vos habitudes de venir vers le port.
-Effectivement. Ce ne serait pas pour le travail. Je me passerait bien d'être si proche de ces navires. Dites-moi je m'interrogeais. Ai-je vraiment besoin de rendre hommage à Ariel si je ne fais que monter et descendre ? »
Mariel acquiesça un sourire. Toujours votre peur de vous noyer ? C'est étrange. Pourtant vous n'êtes tout de même pas venu à Prébois en traversant la jungle.
-Nous avons un bon alchimiste. » Se contenta de répondre Dren. Pas très fier d'avoir a avouer que le lait de pavot préparer par Qassim avait été son régime principal durant leur voyage d'Oro à Prébois. Préférant clore ce sujet. Lui aussi demanda ce que la prêtresse faisait si tard sur le port.
« - Mon travail maître Hortys. Une prêtresse d'Ariel ne se contente pas que de bénir les navires, mais si vous souhaitez une bénédiction de ma part pour monter à bord de celui-ci, j'y suis disposée. Elle s'approcha de Dren tout en lui posant une main sur l'épaule.
« - Nous pourrions même trouver un arrangement autre que financier pour ce service... »
Dren recula juste avant que Mariel pose ses lèvres sur les siennes.
« -Non, non. J'ai les moyens de vous payer ne vous en faites pas. » Fébrilement il fouilla dans ses poches pour en sortir deux pièces d'argent. Qu'il donna à Mariel. Puis il sortit toute sa menue monnaie avant d'ajouter :
« -Et voilà pour les nécessiteux dont vous vous occupez. C'est bon je peux y aller sans crainte ? »
Mariel fit une moue avant de lui faire signe que oui.
C'est pas plus rassuré que cela que Dren s'engagea sur la passerelle dont les craquements bien que tout à fait naturels ne faisaient rien pour le rassurer. Il poussa un soupir une fois sur le pont puis sursauta quand Mariel lui pinça les fesses. 
« -Nan, mais ça va pas ? » S'écria Dren en se retournant
« -Vous voyez vous êtes toujours vivant. » Se contenta de répondre Mariel. En faisant mine de n'avoir rien a ce reprocher.
« -Garce siffla Dren.
-C'est trop d'honneur maître. Dit Mariel en faisant une rapide révérence. Bien trouvons donc votre capitaine.
« - Capitaine Everhell ? C'est Dren Hortys. »


Non loin d'ici Tobin qui était en poste avec Ronan avait faim.
« -On bouffait quand même mieux en Oro. J'en ai plein les braies de bouffer de l'alligator. Même si la chasse à cette bestiole et des plus plaisante. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour une bonne grosse volaille bien poivrée.
-C'est malin tu viens de me donner faim à moi aussi. » Fit remarqué Ronan.
« - Parce que ça t'arrives souvent de ne pas avoir faim ?
-Rarement, mais c'est vrai qu'une bonne dinde ça manque.
-Juste un poulet suffirait ou alors plusieurs petites cailles. En brochette comme ça juste avec un peu de thym, Une poèlée de champignon et un bon verre de vin. Puis...
-Des pigeons. » Le coupa Ronan.
-Oui ça c'est bon le pigeon aussi.
-Des pigeons je te dis ! » Ronan désigna le ciel. Tobin sortit son arc sans attendre et encocha une flèche. « -Une pièce d'or et le plus gros pour moi. » S'écria Tobin qui  décocha sa flèche qui fit mouche. Mettant un terme au vol du premier volatile. Puis il en décocha une autre. L'archer était à la hauteur de sa réputation il ne manquait jamais sa cible. Il rangea son arc avant que le deuxième touche le sol.
« -Bon ben je te laisse les plumer Ronan. Rosée la cuisson pour moi. » Dit-il non sans fierté.
«  C'est une pièce d'or le plumage.
-D'accord, mais je récupère mes flèches »
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Le Pygargue
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Lun 27 Juin 2016 - 2:21

Mon âme dit à mon cœur : Sais-je
Moi-même que nous veut ce piège

D'être présents bien qu'exilés,
Encore que loin en allés ?

P.V



Horace De Klemmens





Horace de Klemmens était âgé de cinquante-deux Tours précisément. Et il allait à grands pas sur ses cinquante-trois. Natif de la cité Topaze de Palmyre, cet éducateur et académicien, diplômé de droit, de législation et de marine suivait Le Pygargue dans sa chasse aux forbans depuis plus de dix Tours. Malgré l'avancée de son temps, la rigueur et l'intransigeance apparente aux traits de son visage, il arrivait encore à Horace de Klemmens de rêver. Lorsqu'il comparait les Grand'Eaux et leur brume caractéristique de Prébois à des nuées s'amassant sur une mer faite d'une éternité de chaudes larmes.

Ces élans lyriques aéraient son âme, il en avait conscience mais ils demeuraient rares.

La mer était belle pour Klemmens, il prenait plaisir à naviguer. Il était vrai, que les De Klemmens étaient depuis des générations et des générations de francs diplômés de l'académie navale de l'Empire, des Capitaines, des officiers, des ingénieurs marins, des lieutenants ou des têtes de l'Amirauté. C'était donc vrai qu'il n'avait guère eu le choix concernant son orientation professionnelle, mais Horace de Klemmens était un Grand de l'Empire. Et un aristocrate, contrairement à un pirate, fais ce qu'il doit, et pas ce qu'il veut. Néanmoins, il avait eu de la chance sur le plan professionnel dans sa vie. Il avait apprit à aimer la mer.

Tôt ou tard, songeait le Lieutenant tout en arpentant les rues insalubres de Prébois, seul, Le Pygargue et lui-même devraient reprendre la mer et regagner le bord du Prince de Palmyre. Jusqu'à présent, ils avaient mis de côté cette histoire de présence à bord de la caravelle, mais il lui fallait commencer à songer à des solutions. Un spectre ? Etait-ce seulement possible ? Les fantômes existaient-ils réellement ? Demeuraient-ils visibles aux yeux des vivants ? Que faire pour s'en débarrasser ?

Car enfin, il était évident que le rapace ne s'agitait pas tout seul et que cette encre encore fraîche le matin l'était par la faute de quelqu'un ! Et les papiers dispersés au sol. Et les courants d'air froids. Et ce sifflement qui réveillait Le Pygargue la nuit. Ça ne pouvait être le vent. Klemmens ne lui en avait rien dit, mais lui aussi dormait mal à bord du Prince de Palmyre, avant qu'ils ne déménagent à l'auberge. Plusieurs fois durant la nuit il s'était éveillé pris de chair de poule, avec la sensation d'être épié. La température de sa chambre semblait alors avoir chuté de dix degrés au moins, il sentait au bout de ses orteils un souffle sec.

Et Horace De Klemmens avait fait le rapprochement ! Ces événements là avaient débutés quelques jours après la crucifixion publique de Mickaël Bervers ! Il réfléchissait depuis des heures, après le départ du Pygargue pour ce dîner, à la meilleure façon de purifier et purger le Prince de Palmyre de toute présence indésirable. A court de tabac, et jugeant le cigare ou la cigarette bien utile pour réfléchir, il s'était levé et mis en route pour le plant le plus proche. Qu'il trouva après s'être enfoncé plusieurs minutes durant dans les ruelles les moins accueillantes de la cité. Il ne fut guère étonné de ne pas y trouver de cigare, mais le sol meuble et fangeux de Prébois permettait la culture et la pousse de plants de tabac qui n'étaient pas inconnus à l'Impérial. Il fit achat de cigarettes qui lui permettrait de poser conclusion à sa problématique.

« Le tabac est nuisible, raya le commerçant en le lorgnant à la façon d'une fouine ou d'un renard, de ses petits yeux méchants.
- Pour ma santé, j'en suis fort averti. Point pour votre capital.

Horace De Klemmens paya, remplit sa tabatière, alluma une première cigarette à l'aide de son briquet en silex puis tira une large bouffée. Il souffla la fumée par les narines, plus léger. Plus apte à la réflexion.

- Hé mon chéri, tu es timide ?
- Tu t'es perdu mon oiseau ?
- Pour un Impérial comme toi je fais la totale !

Diantre, les mauvais quartiers. Horace De Klemmens ne releva point le visage en ignorant superbement le lot de prostituées, tendant la main sur son passage comme pour faire l’aumône. Alors il eut le droit à :

- Tu as perdu ta langue le piaf ?
- Ou tes bourses !
- P't'être qu'il préfère tenir une épée que combler les fentes !
- Les grosses épées !

Et elles riaient ! Lui, ne dit rien et poursuivi son chemin, terminant une première clope, en allumant sitôt une seconde. Une fois la grande Nuit des Exécutions passé -cette fameuse affaire qui mit Mickaël Bervers au plus mal et le fit se sentir coupable de la torture et de la mort de centaines de pirates et de marins- , Klemmens s'était juré de mener désormais une vie de droiture. Il avait arrêté la sodomie. Il avait arrêté le tabac. Il avait arrêté l'alcool. Pour toujours, s'était-il juré. Même si, avec les Tours, il avait repris avec modestie les deux dernier éléments, ses vœux concernant le premier avaient été prononcés, et inviolés à ce jour.

Il s'engagea dans une ruelle particulièrement sombre, égaré et pressé de regagner l'auberge dans le centre de Prébois à l'intérieure de laquelle lui et le Pygargue logeaient depuis plus d'un cycle. Les bâtisses en bois à sa gauche et à sa droite étaient si près que trois hommes de son calibre n'auraient pu y passer de front. Face à lui, Klemmens aperçut un homme portant un chapeau froissé, fumant également. Et qui ne semblait guère doté de sentiments amicaux. Prudent, le Premier Lieutenant s'engouffra dans une rue parallèle avant d'atteindre cet homme. Il ne fit point dix mètres qu'un second mécréant lui barra la route. Klemmens tira une énième bouffée de sa clope, puis recula, exécuta un volte-face et revint sur ses pas, contractant nerveusement ses doigts afin de ne point agripper la garde du sabre d'abordage battant à ses côtés. Et là encore deux hommes lui barrèrent la route ! Klemmens n'était point idiot.

- Je vous aperçois venir contre ma personne. Que dites-vous ?

Il n'attendit que quelques secondes une réponse, de la part de celui paraissant être le chef de ce petit groupe de forbans.

- Pose ton épée au sol, le piaf ! On veut te parler.
- Pour parler, je me flatte de pouvoir la garder près de moi.
- Que fais un petit oiseau dans les bas-quartiers de Prébois ? Où est ton piaf ?

Ils me prennent pour Le Pygargue... Klemmens dégaina, clair et posé.

-Ce qu'entendent mes ennemis, pensant certainement que mes paroles ne fussent qu'orgueil et fierté, ils le regrettent vite. Vrais diables ou vils ribauds d'Argentirie, tous ont fui à bride avalée.

Il ajouta :

- Ou bien sont présentement ferrés dans les cales du Prince de Palmyre !

On lui fit pour toute réponse un crachat et des insultes. Dès lors que la première offensive fut lancée, Horace de Klemmens riposta ! Et il porta temporairement le nom De Everhell ! Depuis des Tours et des Tours, la maison De Klemmens, comme stipulé dans la Résolution des Deux Maisons, soutenait la maison De Everhell. Moins puissante que celle-ci, sa dévotion pouvait prendre plusieurs formes. Politique le plus clair du temps, commerciale souvent, parfois économique ou figurative. En échange, les De Everhell s’engageaient à protéger la maison De Klemmens, et depuis toujours ils avaient honoré leurs paroles. Notamment en enseignant à chaque seigneur De Klemmens la fameuse danse de leur propre maison ! Les De Everhell étaient peut-être des prophètes ratés ou des mages à l'agonie, mais personne n'aurait osé porter le blâme sur leur danse ! Car la maison De Everhell était sans conteste la maison contenant les plus avisés danseurs de tout Palmyre ! Et les uns des meilleurs de l'Empire d'Ambre, peut être, songeait Klemmens tandis qu'il tranchait des membres et perforait des poitrines avec une minutie et une grâce indescriptibles en de termes aussi grossiers ! Mais au fur-et-à-mesure que tombaient à ses pieds, vifs ou au trépas, ses ennemis, d'autres, toujours plus nombreux rappliquaient !

Il n'avait pas passé dix Tours de son existence à chasser les pirates en sous-traitant ! Face à des canailles maîtresses de monstres des mers, de tonnage élevé et de dizaines de canons, qu'avaient-ils, lui et Le Pygargue, à leur opposer ? Une caravelle armée de balises ! Les pirates, ça n'était pas sur les océans qu'ils les attrapaient. Mais sur terre. Lorsqu'ils étaient isolés, loin de leur bâtiment, désorientés et habillés uniquement de leur lame ! Alors Klemmens et Le Pygargue les menaient sur un terrain qu'ils avaient choisis eux, et les entraînaient de force dans ce qui était pour eux la dernière danse. Un Capitaine loin de son navire était vulnérable. Et lorsqu'on en venait aux mains, songeait Klemmens, ils s'amalgamaient ! Un pirate dans un duel sur terre à la loyal n'avait aucune valeur !

Il leva de nouveau son sabre de mauvaise facture, repoussa une attaque, bondit avec une vitesse prodigieuse et perfora l'estomac d'un autre adversaire qui chuta à ses pieds, le visage baignant très vite dans ses propres boyaux ! La fatigue n'atteignait point le bras de Klemmens, et il aurait pu danser de la sorte encore de nombreuses minutes ! La demi dizaine d'hommes encore en lice, ne s'attendant pas à devoir affronter un tel adversaire, s'essoufflaient à vue d’œil ! Alors, le prénommé Risley Sherman, l'homme au chapeau noir, arma son tromblon, visa et tira.

La poudre fit effet. Sans doutes avait-il visé la tête. Horace De Klemmens eut de la chance. L'index et le majeur qui tenaient son sabre explosèrent dans la seconde, laissant pendre en bout de paume plus qu'un amas de chair sanguinolent relié au reste par quelques centimètres de nerfs. Il se plia en deux sous l'effet de la douleur, et reçut deux coups de bottes dans les flancs, suivi d'un autre dans la mâchoire. Il fut très vite maîtrisé. Au moins avait-il pour lui la dizaine de cadavres jonchant le sol insalubre de cette ville maudite !

- Quel est ton vrai prénom, fils de pute ? cracha Lazlo.
- Je suis de la...maison De Klemmens.
- Et bien, Klemmens, peux-tu me dire...

Il se saisit de son propre sabre, accrochée à sa ceinture.

- Est-ce qu'un oiseau sans ailes peut voler ?? »

Puis il lui trancha la main net, un sac de toile fut passé autour de son visage, et on l'emmena sans ménagement.
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Argorg Uktathagh
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Sam 2 Juil 2016 - 18:26

6 mois


Argorg avait mis 6 mois à retrouver le Pygargue.

Dès qu’il avait quitté la compagnie de Sélanae il s’était mis en tête de retrouver ce capitaine qui s’en était pris à son amie Phadria et qui en plus avait éborgné Attila.

Cependant la traque de ce foutu piaf n’avait pas été facile.

Il dut parcourir une partie du Royaume Halfelin pour savoir dans quelle direction avait put partir le navire de sa cible, et apparemment Ram était cette direction. Il avait dut servir de protecteur sur un navire d’un marchand Ramien qui rentrait dans son pays. La traversé avait été beaucoup moins sympathique que le voyage qu’il avait effectué avec ses amis quelques semaines auparavant. Chaque membre du petit équipage se méfiait des peaux-vertes et de leur tigre. Même en abattant un navire pirate qui avait tenté de les aborder les marins restaient méfiants.
Arrivé en Ram il avait mis des jours à trouver la ville où avait fait escale le Pygargue. Et il avait mis encore plus de temps pour savoir où il était parti, et d’ailleurs avait eu quelques inconvénients avec les gardes de la cité qui le prenait pour un orc venu faire des ravages dans cette cité. Après avoir obtenu la prochaine destination de l’Oiseau, qu’il avait eu grâce à tantôt des services rendus tantôt des menaces et des intimidations, il apprit enfin où il allait : la Jungle, et plus précisément la ville de Prébois.

L’orc et ses compagnons avaient mis un moment avant d’atteindre cette ville, car ils avaient dut aller dans les profondeurs de la Jungle. Quand ils arrivèrent enfin à Prébois, 5 mois et 27 jours s’étaient écoulés et la rancœur d’Argorg n’avait faite qu’augmenter, la cicatrice d’Attila s’était bien réparée, le rendant encore plus menaçant, et la bedaine de Plagt avait laissé place à de puissants muscles suite à tout ces voyages intenses et parfois ces manques de nourritures. Ils mirent plusieurs jours encore avant de retrouver une tête connue, non pas le Pygargue mais son second.

Il faisait nuit quand il revit enfin le second du Pygargue, il se souvenait que son nom était Klemmens. A ce moment Klemmens était au prise avec, selon Argorg, des bandits. Le second semblait en mauvaise posture et avant que l’orc fasse quoique ce soit l’Impériale se fit désarmer, ruer de coup, puis mettre un sac sur la tête et emmener ailleurs. Argorg décida qu’il fallait les suivre, et les 3 compagnons suivirent, grâce au flair d’Attila, la trace des kidnappeurs.
Arrivés au repaire des bandits l’orc sorti ses haches à une main et les fit danser dans ses mains, Attila dénuda ses crocs, et Plagt sortit sa hache à deux mains.

A peine entrés ils se firent accueillir par deux types armés de sabres. Ils firent la rencontre de la hache de Plagt qui les délesta de leurs têtes d’un seul coup. Les suivants se firent déchiqueter par les griffes et les crocs d’Attila, et éventrer et décapiter par les haches d’Argorg. Le massacre ne dura guère vu qu’ils n’étaient pas nombreux, une dizaine. Quand ils firent face à l’homme qui avait désarmé Klemmens, le chef apparemment, un sourire carnassier se dessina sur le visage d’Argorg qui avait soif du sang de vermines. L’échange fut bref. Deux coups. Un qui brisa la lame du chef, et un deuxième dans le torse qui l’envoya volé à travers la pièce. Il s’en sorti avec le torse perforé par la hache et en même temps sa cage thoracique écrasée par la force de l’orc.

Quand enfin il arrive devant Klemmens qui était attaché à un piquet au milieu d’une petite cour alors qu’il commençait à pleuvoir. Les haches d’Argorg qu’il a encore en main sont dégoulinantes de sang quand il s’adresse à Klemmens :

« Comme on se retrouve, petit second du Pygargue.
- Nous connaissons-nous ?
-De vue, ouais. Ton capitaine m'a dégagé de son bateau juste après avoir éborgné mon tigre... *il sert encore plus fort ses haches, et Attila apparaît pour appuyer ses propos*
- Cela me revient en mémoire, oui. *dit-il après avoir vu Attila*
- *Argorg a un sourire carnassier* Parfait. Maintenant que tu me remets tu vas peut-être pouvoir m'aider
- Vous appartient-il, à vous un Orc, de m'intimer des ordres ? Surtout après cette méchante escarmouche, aussi peu élogieuse en honneur qu'en bravoure. A dix contre un !
- *il soupire* Ecoute mon gars. Ca fait un moment que je cherche ton capitaine, et tout ce temps commence à légèrement me faire perdre patience... Alors tu peux choisir de ne pas m'énerver et de me dire ce que je veux savoir, ou alors...
- Que demandez-vous, Orc ?
-Où se trouve ton capitaine ?
-Le Prince de Palmyre est à l'ancrage près du port. Il n'y a qu'un seul port à Prébois. L'ignoriez-vous ?
-Bien, parfait. *il commence à s'éloigner*
-Attendez. Veuillez-bien me laisser aller.
- *Argorg se contente de s'arrêter et de juste tourner sa tête vers lui* Rappel-moi ce que vous avez fait toi et le Pygargue quand je vous ai demandé de libérer Phadria ?
-Elle demeurait une pirate. Moi je n'ai commis aucun crime.
-Alors considère que c'est une simple vengeance de sa part. Démerde-toi pour te libérer. *il reprend sa route*
-Je n'aurai jamais compté sur le soutien d'un Orc.
- *il s’arrête encore une fois et se retourne cette fois-là* Tu sais quoi ? Juste pour te donner tord je vais te libérer. *il sort une dague et le détache, Klemmens reste au sol suite à la fatigue* V’là autre chose ! Tu serais fatiguer l’ami ? *dit-il d’un ton ironique* Bon… *il l’aide à se lever et le dépose à l’abri de la pluie. C'est à ce moment qu'il se rend compte qu'il a perdu sa main...* Ca serait quand même con que tu crèves de froid... Ou que tu te vides de ton sang. *il finit sa phrase en lui bandant le reste de son moignon avec des bandages qu'il possédait* Maintenant à la prochaine… Klemmens, c’est ça ? *ce dernier approuve de la tête* Bon allez, à plus. *il sort de la pièce puis du repaire*

Il est temps de reprendre la chasse *pensa Argorg*
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Le Pygargue
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MessageSujet: Re: Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]   Mer 28 Sep 2016 - 11:51

Il avait bien sur fallut qu’il pleuve, et c’est trempés comme des cons à l’angle de la Rue du Port, que nous nous tenions à couvert, moi et l’équipage dont je sentais les regards posés sur moi, attendant des ordres de ma part comme si j’étais leur capitaine.
Mais tu es leur capitaine, t’as oublié ?
« Bon c’est peut-être un piège. Little Joe, tu pars en éclaireur.
- Patron, pourquoi moi ? Y a pas une lumière là dedans !
- Tu pars en éclaireur je t’ai dis avant que je t’enfonce mon tromblon dans le cul jusqu’à la gâchette ! »
Du coin de l’œil, je vis toutes les têtes se tourner vers moi. J’avais oublié que mon connard de frère ne parlait pas comme ça, il n’avait pas passé sa vie sur un bateau pirate, lui :
- Little Joe, je t’en conjure, va par le perron espionner ces ladrons car une embuscade nous serait à tous bien fatale. »
Moi aussi je sais parler la prose Mickaël tu as vu ? Ça t’en bouche un coin non ?
Bien que toujours réticent, Little Joe s’exécuta et il disparut dans l’obscurité des ruelles.
Après près de vingt minutes d’attente, de grosses flaques commencèrent à se former autour de nous.
Du coin de l’œil je vis alors la flamme de la lampe à huile chanceler.
- Gaffe à la lampe, aboyais-je à l’empoté qui la tenait dans la main.
Ce gros tas était en train de piquer du nez.
- Déjà qu’on n’y voit rien !
Puis nous attendîmes encore, un temps  qui me parut interminable jusqu’au moment ou je fus réellement à deux doigts de partir et de tout laisser en plan. Cet enculer de Klemmens et tout cet équipage à la con.
Mais mon frère tenait à Klemmens, et ça l’équipage le savait. Si j’agissais de la sorte, j’allais attirer des soupçons. De plus, je réservais à Klemmens une surprise qui valait bien un peu d’attente.
«  Qu’est-ce qui vous fait sourire capitaine ? me demanda le grand noir qui se tenait à mes côtés et dont j’avais oublié le maudit nom.
- Il me vient seulement en tête de vieux souvenirs que nous partageons Klemmens et moi. J’espère vraiment que ces sacripants ne l’ont point maltraité de quelques manières.
- Je comprends capitaine, la relation qui unit l’élève à son maître d’arme ne peut être décrite par de simples mots tant elle est singulière.
Si tu savais …
Soudain j’aperçus au loin Little Joe qui revenait en courant.
« Alors ? demandais-je en me redressant quand celui-ci fut arrivé à mon niveau.
Il reprenait son souffle, plié en deux et les mains sur ses genoux.
« Patron … hhh…hhhh… c’est un carnage ...hhh….hhh…. des cadavres …hhh…hhh partout !
Et Klemmens abruti ? Klemmens ?!
- Et Klemmens ?
- Je n’ai pas pu voir patron. Il fait …hhhh… trop noir par là-bas.
La putain de sa race.
- Toi qui tient la lampe là, et toi le renoi, avec moi, les autres restez ici. Little Joe tu nous guides »
Je vis qu’il s’apprêtait à répliquer mais quand il vit l’expression de mon visage il se ravisa et nous partîmes.
T’as pas intérêt d’être mort Klemmens, j’ai pas attendu une heure sous la pluie pour rien !

*

Lorsque nous arrivâmes devant la petite baraque en bois, je regardai discrètement par les vitres. Mais en effet, il faisait bien trop noir pour y voir la moindre chose. Je ne pus seulement discerner sur le sol que quelques formes qui ressemblaient vaguement à des corps :
Je claquais des doigts.
« Lumière.
- Ah oui, dit l’autre en tendant la lampe au-dessus de sa tête.  
Ma parole si nous étions sur l’Eradicate je t'aurais déjà pendu pour inactivité.
Ce fut la douce lumière orangée de la lampe à huile qui révéla le carnage.  
Des cadavres, une dizaine en tout et pour tout, jonchaient le sol. Dispersés au quatre coins de la pièce, certains étaient sur le dos, d’autres sur le ventre, d’autres encore dans des positions tellement incongrues qu’ils semblaient avoir été projetés, s’étant explosé quelques os au passage au vu des angles incongrues que prenaient certains de leurs membres.
Ces corps la baignaient dans leur sang. Une épaisse couche noire, dans laquelle dansaient les flammes de la lampe, en recouvrait le parquet et des projections tachaient chacun des murs. Une véritable boucherie.
Je recherchai Klemmens du regard quand tout à coup un des corps au centre de la pièce bougea.
- Ici, pointais-je, c’est Klemmens ! Entrons !
Je me dirigeai vers la porte qui avait été enfoncée et rentrait dans la pièce accompagné des trois autres. Mon pied glissa sur la mare de sang qui imbibait le sol et je failli m’étaler. Je prévins les autres de faire attention et avançai alors à petit pas vers Klemmens que, comme il était ventre au sol, je ne reconnaissais que par ses habits. Jaune et bleu. Ce lèche cul avait toujours aimer porter les couleurs de sa maison.
Derrière lui se tenait une chaise. Encore accroché aux barreaux demeuraient les restes de cordages qui avaient été coupés et avaient surement servis à attacher Klemmens.  
Je m’accroupis à son niveau et le retournait en le prenant dans mes bras. Son visage était recouvert de sang et je pouvais apercevoir à travers les traces d’hématomes.
Quand il ouvrit les yeux et qu’il vit mon visage -ou plutôt celui de mon frère- il sourit :
« Ah Mickael, tu es venu, dit-il dans un murmure à peine audible. Je t’attendais, tu es en retard. Va prendre ton épée, nous commençons l’entrainement.
Il hallucine ce con.
- Klemmens, nous ne sommes pas à Palmyre et cela fait bien longtemps que je ne suis plus ton élève. Tu as été enlevé, tu te souviens ?
Klemmens papillonna des yeux, puis il parut se souvenir :
- Oui, oui … ces marauds m’ont enlevé alors que j’allais acheter du tabac. Oh, je leur ai fait tater de ma lame, j’en ai tué un pesant. Le coup de feu. La technologie, je ne m’y ferai jamais. Je suis de la vieille école moi. Il ne m’a pas loupé.
Il dit sa dernière phrase en remontant son avant bras. Là où aurait dû se trouver sa main n’était à présent qu’un moignon charcuté.
A la vue de cette blessure, pas le noir mais l’autre, surement déjà nauseux à cause de l’odeur du sang eut un relant, puis dégobilla sur le sol. Little Joe récupéra juste à temps la lampe avant qu’il ne vomisse dessus et nous plonge tous dans le noir d’une nuit sans lune.
- Ne t’inquiète pas ce n’est rien, c’est finit maintenant, je vais te ramener au bateau. Aidez moi à le porter ! On -Je- vais prendre bien soin de toi !
A nouveau un rictus se dessina sur mes lèvres, mais cette fois-ci personne ne s’en aperçut.

*

Deux semaines. C'est le temps qu'il avait allait à cette vieille tapette de Klemmens pour se réveiller. Deux semaines pendant lesquelles je n'avais pas pu le voir non plus, les deux prêtresses d'Atÿe que j'avais fais venir sur le bâteau interdisant l'entrée à sa chambre. 
Et vas-y que la première semaine l'on entendait ses gémissements dans tout le bateau. Même quand j'étais accroché en haut du grand mat j'avais été plus silencieux putain !
Mais au début de  la deuxième semaine, les plaintes s'étaient tues. J'allais donc demander des nouvelles aux prêtresses :
" La blessure s'est infectée. De plus, il a perdu beaucoup de sang. Il délire. Nous avons réussi à faire tomber la fièvre cependant, ce qui nous donne bon espoir, dit la première qui était aussi ronde qu'un baril de poudre.
- Il est cependant inconscient. Nous lui donnons du lait de pavot afin de diminuer sa douleur mais cela le fait dormir nuit et jour. Sachez que nous faisons de notre possible, ajouta la deuxième dont le visage était voilé.
- Je n'en doute point, sans vous notre fidèle Klemmens ne serait déjà plus de ce monde j'en ai peur, vous êtes une bénédiction. Mais j'ai bon espoir, Klemmens ne lâche pas facilement l'affaire ! Savez-vous cependant quand est-ce qu'il va sortir de cette léthargie dans laquelle il est plongé ?
Qu'on en finisse.
- Il domira tant que nous lui administrerons le lait de pavot, mais c'est indispensable pour le moment. Maintenant, si vous voulez bien nous excuser, nous devons retourner à ses côtés, et prier.
- Faîtes, je vous en prie, dis-je en m'inclinant.
Tu peux prier autant que tu veux tu crois que tes dieux t'entendent. J'ai vu ce qu'il y a de l'autre côté et je peux te dire que les Dieux n'en ont bien rien à foutre de nous.
Et après tout Atÿe les avaient peut-être entendues aux deux salopes car le quinzième jour, Klemmens se réveilla. Ce fut aux aurores que je vis débarquer dans ma chambre baril de poudre, me réveillant en sursaut. En me voyant allité et torse nue, la prêtresse se cacha les yeux d'une main :
" Je suis désolé de vous réveiller Monsieur DeEverhell mais Monsieurs Klemmens s'est reveillé, et il vous demande. "
Bien sur il avait fallut que ce soit à cinq heures du matin, pour continuer à faire chier.
" Bien sûr, j'arrive tout de suite. "
Elle sortit de la cabine. J'enfilais en un pantalon et une chemise à la va vite et sortit à mon tour me dirigeant vers la cabine de Klemmens accompagné de baril de poudre.
Quand j'arrivais devant la cabine, l'autre prêtresse nous y attendait :
" Il peut parler mais est encore très faible, il vaudrait mieux ne pas rester trop longtemps. "
J'acquiesai d'un hochement de tête, même si après tout c'est lui qui me demandait.
Je mis une main sur la poignée et tournai la tête : quelques membres de l'équipage étaient déjà debout et s'étaient rassemblés sur le pont, curieux. Les enfant sauvages étaient là eux aussi, les yeux ronds. Un d'entre eux me fit un signe de tête pour m'inciter à rentrer.
Je poussais lentement la porte. Une mélange d'encens et d'herbes médicinales accompagné d'une puissante odeur de renfermé vint frapper mon nez comme un coup de poing. Je refermai a la porte derrière moi, laissant à mes yeux le temps de s'habituer à l'abscence de luminosité, puis je tournais la tête et le vit.
Klemmens était allongé sur son lit deux places, couverture remontées jusqu'au cou alors que la chaleur de ce début de journée me faisait déjà suer. Il avait le teint pale, cireux, dont un rayon de lumière qui filtrait à travers les rideaux, et demeurait la seule source de lumière de la pièce, venait réhausser la blancheur.
Je m'approchais doucement et m'assis à ses côtés. Le petit rebondissement du matelas lui fit ouvrir les yeux.  Il ne dormait pas, se reposait surement.
"Ah, Mickaël, tu es venu, me dit-il. La même phrase que dans cette pièce inondée de sang rue du port. Sa voix demeurait faible mais tout de même plus forte que ce soir orageux deux semaines en arrière. Ses hématomes s'étaient bien résorbés et demeuraient à present que de discrètes traces jaunes sur son visage. Les prêtresses avaient bien travaillée après tout. Je jetais rapidement un coup d'oeil à sa main droite. Atÿe ne possédait toujours pas la capacité de faire repousser des membres.

Un instant personne ne dit rien. Chacun laissant le temps à l'autre de faire le premier pas.
- Vous nous avait fais peur Klemmens. A tout l'équipage et surtout à moi même.
- Ah bon, pourtant moi je n'ai pas eu peur une seconde, dit-il en me souriant. Un sourire forcé. Puis il se mit à tousser  à pleins poumons.
- Vous voulez un verre d'eau ?
Il me fit ''non'' de la tête en apportant son poing devant sa bouche.
- Aide moi seulement à me redresser tu veux bien ? me dit-il entre deux toussements.
Je rammenai en arrière son corps et redressait son coussin en tachant de mettre dans mes gestes le moins de compassion possible. Mais Klemmens ne se plaint pas, ni même ne gémit, lui qui s'était plaint une semaine entière et me remercia même. J'eus un rictus ci-fort que ma lèvre supérieure découvrit mes canines.
Je me rassis.
- Que s'est-il passé dans cette pièce Klemmens ?
Après tout j'en avais rien à foutre mais j'étais curieux. Je n'avais jamais vu autant de sang.
- Je n'en ai aucune idée Mickaël. Je ne savais même pas où j'étais en me réveillant, je croyais être à Palmyre alors que tu sais que je n'y ais pas mis les pieds depuis dix ans, c'est pour dire. Ce sont les prêtresses qui m'ont expliqué  que j'avais été enlevé et que tu étais venu me secourir et que j'étais sur le Prince. Puis je me suis souvenu, la rue, l'obscurité, ces hommes, une dizaine, le combat ... le coup de feu ...
Il regarda sa main tranchée.
Je laissais un léger moment de suspens. Feignant d'être en deuil pour sa main perdue puis je repris :
- Nous vous avons retrouvé dans un bain de sang Klemmens. Quelqu'un a tué vos ceux qui vous ont séquestré, un massacre ! Vous avez été le seul épargné, vous êtes sur que vous ne vous souvenez de rien ?
- Non, rien, me coupa-t-il presque.
A nouveau un silence envahit la pièce.
Trouve quelque chose à dire bordel. Ce con est le mentor de ton frère, il devaient surement avoir un tas de choses à se dire ... mais quoi bordel ... quoi
- Tu vas bien Mickaël ? demanda-t-il alors simplement, me fixant de ses yeux gris bleu.
- Je ... je ...
Pourquoi une question aussi simple me perturbait-elle autant.
- C'est plutôt à vous que je devrais poser cette question ?
- Mais mainteant c'est à toi que je la pose. Est ce que tu vas bien ?
Il ne m'avait pas laché des yeux, me fixant de regard perçant que je ne lui connaissait pas. Le ton de sa voix aussi avait changé: paternel et qu'il devait surement adopter envers mon frère. Ce genre d'intonation ferme mais rassurante et qui vous fait tout avouer. Ou était passé le Klemmens de mes quinze ans.
Mais moi tu ne m'auras pas comme ça, Klemmens.
Je pris une profonde inspiration, mimant l'homme qui s'appretant à se confesser :
" Non. Je ne vais pas bien. Je doute Klemmens, je doute et j'ai peur. Peur de savoir comment je vais pouvoir rembourser mes dettes auprès de l'Empire et de Ram, peur de savoir si ma tête est pas déjà mise à prix, tout simplement peur de savoir si je n'ai pas maudit plus que ce qu'elle n'était ma lignée en prenant la mer ...
- Ah l'Empire dit Klemmens avec un sourire en coin.
Il se redressa un peu plus.
- Ne t'en fais pas pour l'Empire, Duprat a beau être un ribeau dont on en voit plus, il te pardonnera quand il verra le nombre de pirate dont tu as débarassé les Grandes Eaux et surtout le pesant d'or que cela représente. La plus part des pirates que tu as capturé ont leur tête mise à prix dans tout Ryscior, et des contrées comme Ram mettraient plusieurs pièces d'or pour les racheter à l'Empire et pouvoir les exécuter sur leurs terres. Tu feras gagner asser d'or à l'Empire pour racheter ta dette, et peut-être couvreront-ils même ta dette auprès de Ram.
Il sembla vouloir se pencher pour poser une main sur mon épaule mais se stoppa net dans sa course, une douleur lancinante lui assaillant surement les côtes.
- Et puis, pour ce qu'il en est de ta lignée, tu as capturé ton frère et laver l'honneur de ta famille. Tu as accompli ce pourquoi tu avais pris la mer il y a dix ans, n'est ce pas ?
Savait-il ? Non il ne pouvait pas savoir. Comment aurait-il pu savoir ?
Mais toujours ce regard, pesant, transperçant, qui voyait à travers l'obscurité, semblait voir par delà mes yeux ... et à travers mon âme.

- Merci Klemmens, tes mots sont toujours justes et m'apaisent en cette période de trouble. Mais comment Duprat pourra faire confiance à un homme qui ne peut même plus protéger son propre équipage ni même son propre second, tant bien même celui-ci est la personne à qui cet homme tient le plus.
C'est alors que ses pupilles s'écarquillèrent, très légèrement, d'un millimètre à peine, mais suffisamment pour que mes yeux qui s'étaient habitués à l'obscurité ambiante le remarque.
Gobe moi ça vieux con.
A mes mots, son regard avait changé. De transperçant, il se voulait maintenant attendrissant. Oh, ce regard là par contre je le connaissais bien que trop, car souvent ces yeux bleus aciers l'avaient poser sur moi ; le regard d'un homme qui aime.
Espèce de vieux pédé. Je te tiens maintenant.
Il détourna la tête. Maintenant c'est moi qui pouvait lire en lui. Et c'est de la honte qu'il ressentait. La honte d'aimer mon frère. A cet instant, ma colère se transforma en pitié.
- Notre coeur est la pierre ou nos épées s'aiguisent, murmura-t-il.
Les mots de la maisons De Klemmens.
- Je connais la moindre aspérité de ma lame, le moindre geste, au millimètre près, de ma danse, chaque pas, chaque jeu de jambe, chaque parade, devenus réflexes. La technique ...
Il rit.
- Au diable la technique ! La technique elle sert à rien, et tu le sais car je te l'ai moi même enseigné. Le secret est ...
- De faire le vide, ces mots sortirent de ma bouche comme un réflexe. Pour la première fois je ne parlais plus à l'instar de mon frère car ces mots étaient restés gravés dans ma tête et avec eux leur flots de souvenir.
Il y a plus de trente ans Klemmens m'avait aussi appris la danse de sa maison, même si j'avais fais un bien piètre épéiste à cette époque.
"Tu dois faire le vide" répétait-il alors que je gisais désarmé sur les pavés du port. Puis il me tendait l'épée qu'il m'avait subtilisé, avec un sourire, ses cheveux bruns flottant dans la brise matinale.
Ces séances d'entrainement était le seul moment où il se révélait vraiment et c'est ce fut Klemmens là que je j'avais jadis aimé.
- Exactement, reprit-il, le vide est la clé. Briser chacune des barrières qu'exerce notre psychisme sur nos mouvement, laisser l'instint prendre le dessus, redevenir un animal ! C'est quand le coeur reprend le dessus que la danse commence.
Il marqua une pause.
- Or lorsque ces enfoirés m'ont attaqué dans cette rue sans lumières, j'ai pensé ... j'ai pensé à ...  mes fils.
Arrête de mentir à toi même Klemmens. Tu n'as jamais aimé tes fils, fruits d'un homme que tu te forces à être. Ce n'est ni à Nathanaël, ni à Maxwell, ni à Frédérique que tu pensais ce soir là ; mais à mon frère pourquoi es-tu incapable de l'avouer ?
- Je me fais vieux Mickaël, reprit-il. Je ... lorsque nous rentrerons dans l'Empire, je prendrai ma retraite. Je vais rester avec ma famille . Dix ans en mer, cela fait beaucoup ... Nathanaël, il a du bien grandir. Et puis  comment pourrais-je continuer à servir sur ce bateau sans ma main, dit-il avait un sourire.
Toujours ce même sourire forcé.
Tu ne rentres pas pour revoir ta famille mais parce que tu n'as plus la force de refouler tes pulsions qui te rongent et qui ont faillit de tuer. Tu es au bout du rouleau Horace. Tu me fais tant pitié.
- Et tu devrais faire pareil Mickaël, continua-t-il. Tu n'aimes pas la mer, tu ne l'as jamais aimé. Tu l'as supporté, pour retrouver ton frère. Lorsque nous rentrerons, tu pourras demander un poste dans la garde royale, avec les services que tu auras rendu à l'Empire, Caro Bowser consentira à ta requête et ton père sera obligé d'accepter. Et Mickaël, passes du temps avec ta famille, donne à ta femme un enfant ! Tu devras aussi annoncer à Hilena la mort de son père, même si cela a toujours été toi, son vrai père, tu devras te montrer encore plus aimant pour elle que ce que tu ne l'as été.

Ce fut comme une épée, glacée, que l'on me passait dans le cœur. Un mélange de tristesse et de haine pur pulsa dans mes veines comme un poison. Mickaël, un père pour ma fille ? Que connaissait connaissait le fratricide à la notion de famille ?
Je me devais de passer à l'action immédiatement, avant que je ne perde le contrôle et que mon plan ne tombe à l'eau.
Je me penchais lentement vers lui
"Mickaël, que fais-tu..
- chut."
Je déposais alors un baiser sur ses lèvres.
L'espace d'une seconde le temps sembla s'arrêter pour lui, puis il me repoussa coup sec, comme si sa morale ne pouvait lui accorder une seconde plaisir supplémentaire.
"Mickael es-tu devenu fou ?
- Si il faut avoir perdu l'esprit par être celui que la est vraiment alors oui, je suis fou à lier.
- Sors ! Sors de cette chambre, je ne veux plus te voir, pédéraste !
- Tais toi. Tu sais comme moi que c'est ce que tu veux. Sortons de cette torpeur dans laquelle nous sommes tombés, laissons notre instinct reprendre le dessus. Jadis tu sus le faire avec ton épée alors pourquoi pas avec tes sentiments.
Nôtre coeur est la pierre où nos épées s'aiguisent.
Il ne dit rien. À nouveau je m'avançais et l'embrassait. Cette fois il n'émit aucunes résistances. Un "arrête" sans réelle volonté fut murmuré entre deux unions de nos lèvres.
Je grimpais à califourchon sur lui.
Je déboutonnais sa chemise tout en lui baisant le cou. Il leva le menton vers le ciel tandis que je descendais le long de sa gorge et sur sa pomme d'adam, sa barbe piquant délicatement mes lèvres. Alors que je baisais à présent son poitrail, je levais les yeux vers lui et vit qui il avait fermé les siens, savourant à l'évidence pleinement le plaisir de cette situation probablement fantasmée depuis des années. Je sentis son sexe dur grandir le long de son entre jambe et appuyer contre le mien. Il était prêt.
Discrètement, je tandis le bas vers son épée qui reposait sur le sol, juste à côte de son lit. Il ne s'aperçut de rien, bien trop absorbé dans toute la plénitude de cet instant.
Alors je remontais doucement ce long de sa jugulaire, l'épée toujours en main, tendue sous le sommier et lui mordillait l'oreille droite avant de murmurer :
"Tu te souviens de mon frère ?
Du coin de l'oeil, je vis qu'il avait ouvert les yeux, regardant vers le plafond.
Je m'attendais à ce que il une demande pourquoi je lui parlai de " mon frère " maintenant mais il n en fut rien :
- Oui, dit-il simplement, sans doute voulant passer le plus vite possible à autre chose.
- Raconte moi comment il était lui dis-je avant d'insérer ma langue dans son oreille.
Sa nuque fut parcourue d'un frisson.
- Je croyais que tu ne voulais plus jamais entendre de ton frère pour dit-il en tournant les yeux vers moi.
Le geste fut rapide, net, précis comme un coup de vent.
D'abord rien, puis une simple trace rouge de laquelle un instant arprès se déversa un flot de sang sur son torse.  Instinctivement, il ammena ses mains contre sa gorge, voulant désespéremment arrêter l'hémoragie.
Mais je ne le laissai pas faire et maintenai ses mains plaquées contre le matelas, de chaque côté de sa tête. Tandis qu'il se vidait de son sang, je murmurai à son oreille :
"Je vais te dire comment était mon frère sale fils de pute ; mon frère est un homme qui aimait vivre. Tu parles de faire le vide ? Lui à appliquer la leçon et a décidé de suivre ses rêves. Certes je suis loin d'être le meilleur des hommes mais j'ai eu le mérite de vivre ma vie comme je l'entends et pour ça je vaut mille fois mieux que vous..
-Je me redressais et admirais l'effet qu'avaient eu mes paroles sur sa personne.
Ses yeux écarquillés et injectés de sang semblèrent sur le point de sortir de leurs orbites, il essaya de parler mais sa tentative se résulta en un panaché de bulles rouges qui sortirent de sa trachée.
Cependant je pus lire sur ses lèvres ... Baldassare c'est toi ?
Puis à nouveau il fut assaillit d'un spasme, plus fort que les autres celui ci, et alors une giclée de sang chaud vint asperger mon visage et brouiller ma vision.
 
Spoiler:
 

Je passais une main sur mes yeux et nettoyais le sangg qui m'avait aveuglé l'espcade d'un instant.
Je découvrais devant moi la vision d'un Klemmens mort, les yeux et la bouche ouverte dans un terrible rictus d'agonie.
La tête me tournait. J'avais presque oublié cette sensation que de voir plus loin que l'horizon et d'entendre l'intérieur de ses entrailles. Le fond de mes orbites me brulait comme si l'on eut passé mes yeux au papier ponce si bien que l'espace d'une seconde je crus m'évanouir.
" Monsieur DeEverhell, tout se passe bien ? "
Il ne me restait plus beaucoup de temps, je le savais. J'entendis une dispute filtrer sous la porte.
" Vous ne pouvez pas passer Monsieur Klemmens est très mal.
- Si il n'est pas déjà mort ! Ecartez vous de mon chemin ! "
Titubant, j’amenais lentement l'acier de l'épée en travers de ma gorge et m'apprêtais à tirer d'un coup sec quand la porte s'ouvrit à la volée.
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Une bonne lame n'a pas de prix.[Pv Dren/ Pygargue/ "Baldassare Everhell"/ Argorg]
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