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 [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches

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Gingens Tucil

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MessageSujet: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Mer 29 Juin 2016 - 22:47

Après avoir vécu une humiliation la dernière fois qu’il était venu, quand sa mère lui avait fait pourchasser un chevalier et qu’il avait lamentablement échoué en public à le maitriser, Gingens appréhendait un peu le retour dans les Marches d’Acier. Il n’avait pas réellement quitté sa mère en bon termes avec elle, et craignait de la revoir autant qu’il l’espérait, car après tout elle demeurait sa mère.
Son garde du corps et Lucidia avaient perçu cette angoisse et faisaient tout pour le rassurer. Après tout, s’il n’avait pas l’intention de voir sa mère, nul doute que celle-ci serait trop absorbée par la gestion de sa cité pour venir d’elle-même le trouver. L’escale dans les Marches ne prévoyait donc qu’une ligne directe entre les deux ports, avec une escale de quelques jours chez le Seigneur Verstholen, l’ami de tout le monde ici présent, qui ne souhaiterait certainement pas manquer cette occasion de boire un bon coup.

Toutefois, lorsqu’ils arrivèrent au Port Ouest des Marches, tous les espoirs de Gingens furent balayés. Sa mère se tenait sur le pont, avec l’air d’attendre. Dans le port, sur la digue, des chevaliers de la Noire avaient accompagné leur dame. Il avait un comité d’accueil, semblait-il. Elle avait dû avoir vent de sa venue par des marchands noviens qui voyageaient pendant leur escale chez les cousins de Lucidia. Et maintenant, lui, Gingens, allait devoir affronter celle qu’il aimait pour ce qu’elle était, sa mère, mais aussi son pire cauchemar. Car décevoir quelqu’un qui attendait de lui qu’il soit un homme, il y était habitué.
Mais il ne s’habituerait jamais au regard glacé qu’avait sa mère pour lui quand il descendit.
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Lucidia Tucil

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MessageSujet: Re: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Ven 5 Aoû 2016 - 18:27

Ils manquaient tous à Lucidia.
Sa mère la première bien sûr pour des raisons dépassant de loin le traditionnel lien mère/fille.
Puis son père. Bien que Tegwen fut encore plus grand que le grand ours. Il était moins large. Et elle se surprit à rechercher le confort des larges épaules de son père lorsqu'elle distingua sa belle-mère sur la jetée. Le même que la petite fille cherchait encore quand enfant, la guerre faisait rage entre les îles de Tannequil et de la Verte. Puis tous les gardes Bleus. Il lui manquaient aussi. Le mystérieux Foghart. Le rassurant Rarek, Welphen le jovial en toutes circonstances, Twichgger le nain pas commode, Aanselt la mystérieuse, et aussi...
Elle n'eut pas le temps de penser à la dernière des gardes bleus. Falcena l'archère. Sans pour autant faire transpirer ses sentiments son époux faisait au mieux pour ne pas trahir son malaise quand sa mère l'attendait sur la jetée. Le garde du corps Tannequillois qui les accompagnait lui avait suggérer de porter son armure. Cependant elle portait sa lance non pas dans le dos, mais à la main à la manière d'un bâton de druide. Que cela ne tienne, elle salua la mère de son époux comme elle l'aurait fait pour un dirigeant de ce pays sans y mettre le moindre signes pouvant faire croire que même par alliance elle était de la même famille.
Qu' elle le prenne bien ou mal cela ne changerait certainement rien à leur relation plus que conflictuelle. De cela elle s'en fichait un peu. Elle était, en déplaise à bien des gens, ambassadrice des îles et elle confirma son souhait de se rendre dans la cité de la gardienne. Levant les yeux et le visage elle sentit Elué plus présente que jamais.
Ses espoirs se résumaient à ne pas passer l'hiver chez sa belle-mère.
En réalité user de son statut ou pas, ne lui ne épargnerait peut-être pas un court séjour chez sa belle-mère. Pourtant sans connaître le seigneur Verstholen, elle savait que ce serait toujours moindre mal que de laisser son époux affronter le regard de sa mère pendant une saison.
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Gingens Tucil

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MessageSujet: Re: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Sam 13 Aoû 2016 - 0:20

Dire que Gingens fut soulagé lorsque Lucidia … Remis sa mère à sa place, si l’on pouvait s’exprimer ainsi, aurait été un euphémisme. Il en était même plutôt heureux. Mais angoissé en même temps. Il savait la dévotion que sa mère avait pour certaines choses, et parmi elles, l’éducation de son fils par exemple. C’est-à-dire lui. Elle aimait à garder un œil sur lui. Donc il craignait à vrai dire franchement sa réaction, quand elle planta son regard froid dans celui de Lucidia, qu’elle dépassait presque d’une tête entière.

« Je vois, dit-elle. Puisqu’il en est ainsi, je ferai le voyage avec vous jusqu’à la Gardienne, pour m’assurer que le Seigneur Verstholen vous accueille convenablement, avant de repartir à la Noire. La charge va m’y appeler pendant l’hiver, car c’est à cette période que tournent ses forges. Je devrai y être. Toutefois, je m’en voudrai de ne pas profiter un peu de la présence de mon fils et de ma belle-fille. »

Le voyage se fit donc jusqu’à la Gardienne dans une ambiance… Froide, c’était le moins qu’on puisse dire. Gingens trouvait sa mère rude avec tout le monde, mais pendant les quelques jours que dura le voyage, il dût reconnaitre une chose : cette froideur qu’elle dégageait intimidait tout le monde, même les solides gardes bleus et noirs qui les accompagnaient. Les quelques paroles qui furent échangées durant le voyage ne tournèrent que rarement au dialogue, généralement gêné. Même si le pire furent les quelques interrogatoires de sa mère, tournant notamment autour du fait que Lucidia s’affirmait beaucoup plus volontiers en leur nom à tous les deux que Gingens.

« C’est donc ta femme qui dirige ton couple mon fils ? demanda carrément sa mère, à un moment, le faisant se rouler autant en boule que faire se peut sur la selle d’un cheval. Remarque, vu qu’il n’y a pas eu de naissance après plus d’un an de mariage, ajouta-t-elle alors que les remparts de la Gardienne apparaissaient à l’horizon, cela pourrait expliquer bien des choses... »
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Lucidia Tucil

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MessageSujet: Re: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Lun 10 Oct 2016 - 18:22

Le voyage vers la capitale des Marches fut une épreuve. Pour tous sauf Katharina qui semblait prendre un malin plaisir a entamer des discusions avec son fils qui n'en demandait pas tant.
Lucidia elle restait fière et droite sur sa monture autant que la bise lui en laissait le loisir.  Elle avait bien essayer plusieurs angles d'approches, mais sa belle-mère pouvait être comparée à la baie de Kelvin et sa capitale. Droite, imprenable. Trônant fierment sur le domaine d'Ariel.
Lucidia ne savait comment prendre la remarque qu'elle avait faite sur l'occasion d'être en compagnie de sa belle-fille et de son fils. Elle n'était pas femme a priver une mère aussi peu aimable soit-elle a lui refuser ce droit.
Seul son frère Tegwen restait admiratif quand il abordait la question de la chasse. Si Katharina prenait ça pour un vulgaire cirage de botte maladroitement éxécuté. Lucidia savait que son frère jumeaux n' était pas sans admiration pour la mère de Gingens.
Une femme qui chasse dans les îles c'était peu commun. Sur la Verte seule Falcena et Aanselt avait ce privilège ainsi que Lucidia autant que leurs mère et toujours avec l'aval de Symres le druide.
Alors pensez donc ! Une noble dame qui mène une meute de chiens d'une poigne de fer. Tegwen était aux anges quand le soir bien qu'agacée, Katharina se laissait à lui raconter ses plus belles chasses.
Lucidia en était certaine. Katharina avait au début pour le moins prit ça pour de la vil flaterie, mais elle se rendit elle-même bien vite compte qu'il n'en était rien.
Elle essaya même de faire avaler à Tegwen n'importe quoi et le grand guerrier lui répondant qu'elle exagérait certainement, sans jamais sans excuser pour autant lui consédait un léger enjolivement du récit.
Ce fut alors que les mur de la capitale furent en vue que Katharina lâcha une pique de plus qui fit bondir Lucidia.

« C’est donc ta femme qui dirige ton couple mon fils ? Remarque, vu qu’il n’y a pas eu de naissance après plus d’un an de mariage, ajouta-t-elle alors que les remparts de la Gardienne apparaissaient à l’horizon, cela pourrait expliquer bien des choses... »

Elle remonta la colonne afin que son cheval se tienne près de celui de Katharina. Elle se mordit les lèvre pour ne pas lui envoyer en pleine face ce qu'elle pensait de cette remarque. De lui jeter a la figure que leur amour étaient sincère et qu'elle ne filerait pas à la première occasion laissant son époux seul comme elle l'avait fait elle !
Lucidia ne dit rien de cela. Elle ne répondit même pas à la place de son époux, mais cette discussion la concernant. Elle s'y invita naturellement.

« - En réalité nous mettons à profit  notre statut d'ambassadeur afin de faire ce que nous n'aurons pas le temps de faire un fois votre fils sur le trône des îles. Ça en revanche c'est une idée de lui et je la trouve très bonne. En ce qui concerne notre descendance, elle viendra lorsque les dieux en auront décidés. »

Lucidia savait qu' ici dans les marches. Les divinités avait une place moindre qu'ailleurs. Cependant ce qui aurait put s'avérer être une erreur de lancé cela était voulu. Elle se pencha plutôt vers sa belle-mère.
« -Peut-être pourriez-vous me dire a quel esprit il faut que je m'adresse pour accélérer la chose. »

Sans pour autant y croire réellement. Elle comparait les esprits -chers aux habitants des Marches- aux fées dont Symres défendait l'existence. Après tout si les uns existent, pourquoi pas les autre.
Il en était certain tout comme elle s' y était très certainement mal prise pour tenter réchauffer sa relation avec Katharina. Elle aimait à croire qu'elle n'était pas la femme froide et distante qu' elle paraissait être. Sinon pourquoi avoir insisté pour les accompagner chez le seigneur des Marches ?
Quand bien même ce fut vrai. Elle avait insisté pour les présenter en personne au seigneur Verstholen. Était-ce pour leur éviter incident diplomatique ou par bonté ?
Lucidia éternelle optimiste retenait ce dernier sentiment alors que les portes de la gardienne  s'ouvraient au convoi.
Concernant le « -Certes, mais nous en parlerons plus tard. » Que Katharina lui avait répondu.
Quoi qu'elle en pense ou dise. Lucidia se plierait au protocole et aussi certainement aux remarques de sa belle-mère afin de faire de son mieux.
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Gingens Tucil

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MessageSujet: Re: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Dim 16 Oct 2016 - 22:40

Pour le coup, Gingens ne sût pas comment interpréter la réaction de sa mère, qui sans se départir de son habituel visage glacé, acceptant très franchement la critique de Lucidia, la prenant au pied de la lettre. Alors qu’ils s’apprêtaient à entrer dans la Gardienne, elle l’emmena en effet au loin, précisant à l’escorte qu’il se trouvait proche d’ici un autel pour un esprit des Marches qui selon les légendes permettait aux femmes qui n’arrivaient pas à avoir d’enfants de tomber enceintes. Selon Gingens, sa mère souhaitait probablement faire la leçon à Lucidia ici, lui transmettre un message selon lequel elle n’acceptait pas les remarques acerbes à peines voilées. Il se pouvait aussi qu’elle souhaite réellement avoir des petits-enfants. Mais il avait du mal à y croire. Pendant des tours, il avait cru que sa mère l’aimait sincèrement, ainsi que son père, à défaut d’apprécier les Iles de Jade, mais il avait découvert récemment qu’en fait, elle n’avait que faire de son père. A défaut, elle l’appréciait et l’acceptait comme son fils. Mais il avait du mal à croire que le cœur de glace qu’il avait découvert dans cette femme puisse vraiment éprouver un sentiment d’amour, et la volonté de voir son fils avoir des enfants à son tour.
Il espérait vraiment se tromper. Que sa mère soit finalement, au fond d’elle, humaine. Mais il en doutait.

Tegwen également avait tout fait pour tenter de réchauffer le cœur givré de sa mère, mais il aurait tout aussi bien pu essayer de faire fondre les glaces gigantesques qui rôdaient au nord de l’océan. Elle avait accepté de répondre à ses questions quant à sa meute de chiens, sa passion pour la chasse… Mais cela s’était limité à des détails purement techniques. En fait, Gingens réalisa qu’elle n’avait parlé à aucun moment de ce qu’elle ressentait. C’est ainsi, alors qu’il la savait partie avec Lucidia vers cet autel, qu’il réfléchit. Sa mère avait-elle jamais parlé de ses propres sentiments ? Il avait beau fouiller dans sa mémoire, il ne s’en souvenait pas. Même lorsqu’elle souriait et lui semblait douce, au final, il ne l’avait jamais entendu exprimer son ressenti. Il faudrait creuser cela.
Mais il n’en aurait pas le temps pour l’instant. Elles revenaient déjà. Le visage fermé de deux femmes qui n’avaient certainement pas eu de chaleureuse conversation. Mais elles ne s’étaient probablement pas non plus disputées, Lucidia lui paraissant dans son état normal et absolument pas nerveuse. Alors ils firent tranquillement leur entrée dans la Gardienne, immense caserne du nord des Marches.

Bien que sa mère leur rappela le protocole pour s’adresser à la dame Uly et au seigneur Verstholen, Gingens savait que ce dernier serait joyeusement foulé du pied par tout le monde. Et cela ne manqua pas. Aussitôt qu’ils déclinèrent leurs identités à Verstholen, ce dernier se leva et beugla que les insulaires venaient de loin, et qu’ils devaient avoir soif.

« ALLONS ! Faites donc venir du bon alcool des Marches, du comme ils en trouveront pas sur leurs tas de cailloux ! Ça leur réchauffera un peu le gosier.
-On va vous dresser une table, dit Uly, pas plus maniérée que son mari pour deux sous. Bouffer ça délie les langues, et vous serez plus tranquilles pour nous parler de pourquoi vous êtes là. D’autant plus que je crois que vous êtes amis amis avec Tesla Eilun, et ça fait longtemps qu’on l’a pas vue, donc si vous avez des nouvelles…
-On s’en moque ! dit Verstholen. On parlera de ce corbeau de mauvais augure plus tard. Elle nous manque oui, mais les insulaires ont des messages à nous transmettre, qui seront certainement plus réjouissants que Tesla. Et eux savent boire, j’en suis sûr. Et puis si ça peut te décoincer un peu Katarina… »

Sa mère ne releva pas.
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Lucidia Tucil

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MessageSujet: Re: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Sam 17 Déc 2016 - 22:28

Comme Lucidia aurait aimé que les relations avec sa belle-mère soient au moins aussi bonnes que celles qu' entretenaient son époux avec sa mère a elle.
Hélénia avait toujours un sourire, une parole agréable ou une délicate attention vis à vis de Gingens lorsqu'ils avaient l'occasion de se rencontrer.
Elle n'en éprouvait aucune jalousie, mais une déception naissante lorsqu'elle constatait que malgré ses efforts pour se rapprocher de Katharina. Rien n'y faisait. Il y avait toujours cette même distance entre elles. Sans parler de ce regard glacial qu' elle lui adressait et qui avait le don de la mettre terriblement mal à l'aise.
A proximité de la statue dont l'esprit apportait soi-disant fertilité au jeunes femmes. Lucidia eut tout le loisir d'observer plusieurs jeunes femmes parfois accompagnées de celles étant certainement leurs mère.
Elle se mit a rêver que lorsque viendrait son tour de toucher la pierre Katharina ferait preuve d' un peu de prévenance et de complicité avec elle.
Il n'en fut rien. A vrai dire elle ne prit même pas la peine de lui expliquer quoi faire exactement.
Lucidia se contenta de poser ses mains là où celles qui la précédaient l'avait fait et d' imiter leur attitude.
Ceci étant fait elles retournèrent vers le reste du groupe pour découvrir la Gardienne.
L'architecture de la ville faisait plus pensé a un immense casernement comme Kelvin en comptait ou encore aux fortifications naines du port de la Verte.
On leurs montra leurs quartiers et pendant que Lucidia passait sa robe. Katharina vint lui rappeler le protocole. Protocole que même elle lui précisa qu'il n'irait certainement pas a son terme connaissant le seigneur de la gardienne.

Sa belle-mère avait sur ce point raison et à peine leurs noms et leurs rangs prononcés. Le seigneur Verstholen d'une voie puissante et d'un geste imposa à tous un banquet.
Elle s'éfforça de ne pas retenir la comparaison du seigneur entre les îles et un simple tas de cailloux mais se concentra plutôt sur ce qui allait être certainement une mise à l'épreuve de tout ce qu' elle avait pu apprendre sur le rôle d'un ambassadeur et mettre a rude épreuve ses notions de diplomatie.

Avant que la beuverie ne commence elle trouva Tegwen qui louait l'hospitalité et encore plus l'idée de faire honneur aux bouteilles des Marches auprès du garde originaire de cette contrée accompagnant Gingens.

« -Tegwen. Tu restes avec moi. Il est hors de question que tu me laisses ici et que tu partes pour la Noire. »

A vos ordres princesse. Faut juste l'approbation du prince. Fut la seule réponse de Tegwen qui s'éloigna aller trouver Gingens.
Si tous les habitants des Marches étaient comme Katharina en plus de Gingens elle aurait bien besoin de la présence de son frère pour passer ce long hiver durant lequel on ne manquerait pas de railler l'archipel.
Elle constata une fois les tables misent en place que bien que se prenant pour supérieurs aux autres royaumes et aimant le crier bien fort qu' ils n'étaient pas si mal reçu que cela malgré des propos qu'elle avaient prit pour insultant.
Girlon vint alors la trouver.
« - Vous faites preuve d'une retenue qui d'ordinaire vous aurait abandonnée bien plus tôt princesse.
-être une ambassadrice n'est pas chose facile, mais vous avez viser juste Girlon. En fait je ronge un frein qui je l'espère ne va pas rompre. Je compte sur vous pour parvenir a cela. Encore devrais-je dire.
Cela va bien se passer. »

Le fait d'entendre ces mots rassura Lucidia. Il y a une dizaine de tours il l'aurait certainement tuer et pourtant aujourd'hui cet homme l'épaulait dans bien des domaines.
Girlon resta sourd au remarques de certains gardes qui le savait originaire des Marches et désormais au service du couple de l'archipel. Il se débrouilla même pour que Tegwen soit proche de Gingens et surtout des verres qui ne manqueraient pas de défiler devant lui pour garder son époux lucide.
Girlon quant à lui savait trouver les mots et surtout les faire entendre à Lucidia lorsqu'on comparait les îles a un tas de cailloux sur lequel évoluait des bouseux.

« Le bouseux il t'em... »
Son frère avait plus que remplit son rôle et vider ses chopes ainsi que ceux de Gingens
C'est la venue certainement salvatrice d'une ravissante jeune femme étant présenté comme la fille du seigneur et de son épouse qui ferma le clapet du grand Tegwen.
« -Il fait quoi le bouseux ? Dit-elle une fois l'assemblée saluer et un verre à la main.
Sans était terminer des relations diplomatiques avec les Marches. Lucidia y voyait même les signes d'une guerre ouverte. Elle remarqua aussi Gingens plus haut sur sa chaise. Il lui écrasait le pied à défaut de pouvoir lui signaler autrement de se taire.
« Il me quoi ? »
Lucidia ne sut a quelle divinité adresser une prière de remerciement quand son frère lança un :
« -Il t'en prie  de venir trinquer avec lui noble dame des Marches et de lui expliquer a lui pauvre pagant ce que sont ces petites boules jaunes goûteuses et fondantes qu'on lui donne en accompagnement.»

A ce moment Lucidia perdit a nouveau tout espoir et c'est la main de Girlon sur son épaule qui lui fit relever la tête.
Tegwen Le seigneur Verstholen, Léonarda et dame Uly semblaient discuter. Fortement certes, mais rien ne laissant supposer une dispute.
Discussion interrompue par l'arrivé du repas. Qui au final ne constituait qu'une mise en bouche toujours selon les commentaires de Girlon.
Moment où Lucidia prétextant avoir besoin de se rendre a un endroit dont la convenance veut qu'on ne le cite pas décida d'y être accompagner par Tegwen. Finalement il avait beaucoup plus besoin de s'y rendre qu'elle et c'est avec seulement une porte en bois comme seul obstacle que les jumeaux eurent une discussion.
« -Tu vois Lulu. On dira ce qu'on veut des gens des marches, mais ils peuvent me traiter de bouseux si ça leur chantent on est quand même bien reçu même en étant considérer comme un simple garde du corps de ton époux. Tu sais qu'il passent tout l'hiver a s' en mettre plein le gosier ? Père trouverait ça sympa comme idée. »
Tegwen une fois sortit des latrines vit sa sœur en proie au doute comme jamais il ne l'avait vue.
Elle lui exposa ses craintes, ses doutes et une fois cela fait Tegwen la prit dans ses bras près de lui en la rassurant.
Il lui proposa d'échanger sa place à table avec lui.
«- Elle est sympa Léonarda, ses parents aussi. Qu' ils prennent les îles pour un tas de pierre plein de bouseux est une chose. Si on prend le côté positif. Je préfère encore être considéré comme un paysan qu'une lopette comme ils disent des Sudistes. »
Les paroles de son frère ne lui resemblaient guère et Lucidia le questionna sur ce soudain sens de la répartie dont il faisait preuve.
« - C'est ton époux qui m'a demandé de ne pas faire de vague alors je n'en fais pas.
-Parce que tu écoutes  Gingens maintenant ?
-C'est ce que tu m' as demandé de faire non ? »
-C'est exact. Continu ainsi Tegwen. »

Même si elle était un peu déçue que son frère écoute Gingens simplement parce qu' elle lui avait dit de le faire. Au moins Tegwen le ferait sans faillir.

La soirée se poursuivit sans heurts, ni incidents. Tegwen c'était fait des copains de beuverie et Lucidia trouvait en Léonarda une compagnie bien plus agréable que celle de sa belle-mère que l'alcool des Marches ne semblait pas pour autant décoincer.

Le lendemain Tegwen finalement déclina l' offre de se rendre à la Noire avec Katharina. Il ajouta à sa sœur qu'elle pouvait bien en penser ce qu' elle voulait il s'en moquait comme de sa première hache. Lui avait rendez-vous avec la garde personnelle du seigneur des Marches. Girlon ayant garder des contacts avec certains d'entre eux tenait a offrir au prince de la Verte un décrassage en tout bien toute honneur.
Lucidia avait émit quelques craintes balayer par Girlon en personne qui lui assura que la force avec laquelle son frère lançait ses haches en arrêterait plus d'un. Les autres il s'en chargerait.
Lucidia quant à elle avait prévu avec Gingens une fois le départ de Katharina d'apporter au seigneur Verstholen des parchemins que lui avait confié les Noviens. Ce n'était certes que des comptes rendus  sans urgence sur ce qu' il se passait en Nova, mais comme cela concernait la ligue du Nord. Elle se devait de les lui apporter.
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Gingens Tucil

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MessageSujet: Re: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Lun 2 Jan 2017 - 20:26

Les parchemins furent donnés dans le plus grand des calmes au Seigneur Verstholen. Celui-ci ne cacha pas sa joie intense d’avoir plus de paperasserie à lire. En fait, c’était plutôt de l’ennui. Gingens le comprenait. Après tout ces rapports n’avaient pas à priori grande importance. Pour un homme comme le Seigneur Verstholen, les lire allait relever de la corvée plus que d’autre chose. Mais c’était les exigences de la charge qui était la sienne. Et s’il le comprenait, Gingens n’avait pas la moindre pitié pour lui. Après tout, son temps viendrait bien trop tôt, à priori. Après tout maintenant que sa mère avait quitté les Iles de Jade, et avec la maladie qui rongeait les entrailles de son père, il se retrouverait trop tôt à son goût dans la même situation, à Tanequil. Et là, adieu les voyages plus ou moins paisibles sur le continent avec Lucidia.
Puisqu’il avait évoqué sa mère, elle repartait aussitôt que possible. C’est-à-dire dès le lendemain du banquet qui avait eu lieu pour les accueillir. Ce banquet s’était plutôt passé somme toute. Il y avait eu ce petit début d’accrochage entre Leonarda, la fille de Verstholen et Uly, et Tegwen, le frère de Lucidia, mais somme toute, cela n’avait pas été bien loin. Il espérait un peu que les choses en resteraient là. Ce n’était pas le moment d’avoir des ennuis avec la famille qui dirigeait la ville dans laquelle ils allaient à n’en pas douter être coincé pour tout l’hiver.

---

Le départ de sa mère fut sans fioritures d’aucune sortes. Elle avait simplement envie de rentrer à la Noire, dont les forges allaient fonctionner pendant tout l’hiver. Et elle avait envie de partir le plus vite possible, afin d’éviter d’être coincée dans un village de campagne à cause des chutes de neige qui se faisaient toujours plus proches. Pour cette raison, elle n’avait pas participé au banquet de bienvenue, ou très peu, afin de se lever aux aurores le lendemain. Gingens, avec crainte, prit soin d’aller la trouver, avec Lucidia, pour lui dire adieu. Avant de partir, alors que le soleil n’était pas encore tout à fait levé, elle daigna adresser un « Au revoir » sec à son fils, et dire à Lucidia de bien porter. Gingens faillit la reprendre en lui disant que l’expression était « bien SE porter » mais il comprit soudain ce que sa mère voulait dire, car alors qu’il s’apprêtait à parler, elle mit la main sur son ventre et adressa un regard autoritaire à Lucidia. Le genre de regard que quelqu’un avait pour donner des instructions, plus qu’une demande. Avant que Gingens ou Lucidia ne puissent lui répondre quoi que ce soit, elle avait déjà commencé à s’éloigner, à cheval, sans un mot supplémentaire.

« C’est toujours navrant qu’on ne s’entende pas mieux que ça, dit Lucidia.
-Tu vas en rire, mais j’ai l’impression qu’elle t’a acceptée, répondit Gingens. »

Après tout, sa mère avait fortement désapprouvé ce mariage quand il avait eu lieu, et normalement, elle n’aurait pas dû manquer de faire une remarque là-dessus. Elle semblait s’être résignée à l’accepter tel qu’il était à présent. La preuve, elle n’attendait plus que les enfants. Gingens doutait qu’elle fasse une bonne grand-mère cela dit. Ou bien alors une très sévère, très coriace. Cela dit après tout, quand il était lui-même enfant, elle s’était montrée très douce et aimante. Peut-être saurait-elle en faire de même avec ses petits-enfants. Quand ils arriveraient.
Cela dit Lucidia ne semblait pas avoir l’impression d’avoir été acceptée. La conversation prit fin là-dessus, avec le silence gêné qui accompagnait de façon désormais coutumière les prises de paroles de sa mère.

---

L’hiver arriva le lendemain de ce départ. Les premiers flocons de neige tombèrent vers midi, et très rapidement, la cité entière fut couverte d’un épais manteau blanc. A la tombée de la nuit, la neige cessa de tomber, laissant une brume s’installer sur la Gardienne. Et le froid mordant qui s’était abattu sur la ville depuis quelques jours se fit plus intense encore. Tous étaient à cet instant heureux d’être à l’intérieur, avec du bois pour se chauffer. Lucidia, Gingens et Tegwen étaient d’ailleurs ce soir-là invités dans un petit salon privé, ou plutôt une salle à manger privée, vu l’usage qui semblait en être fait, méprisant au passage totalement le malheureux tapis ramien qui aurait valu sans toutes ces taches de graisse, de sauce et de bière une véritable fortune, par le Seigneur Verstholen, la Dame Uly, et leur fille Leonarda.
Et il y avait aussi de nombreux dignitaires de la Gardienne. Ce qui en langage local voulait dire les copains de l’armée de Verstholen, et ceux d’Uly, vu que le gros de la ville était peuplé de soldats. Il y avait quelques dignitaires à proprement parler, qui représentaient le reste de la population, mais d’une part, ils étaient une minorité, et d’autre part, ils s’entendaient très bien avec cette troupe de militaires pour boire et beugler de la même façon.
Gingens, comme à son habitude, se laissa un peu mettre à l’écart, mais il commençait peu à peu à se détendre. Il s’y habituait de plus en plus à ces ripailles. Il n’y participait toujours pas de façon active, mais avait décidé, après la mésaventure en Nova, de faire des efforts. Parce que Lucidia se sentait bien dans ce genre de compagnie, elle, et que si elle appréciait cela, il ne voulait pas l’en priver par égoïsme.
Pendant le repas, il put noter que Tegwen dévorait Léonarda des yeux. Enfin ça, c’était quand elle ne le regardait pas. Gingens savait que c’était un manquement grave à l’étiquette que de reluquer ainsi la fille des hôtes, mais il choisit de ne rien dire. D’une part parce que cela ne semblait pas vexer grand monde ici, d’autre part parce que cette sorte de timidité qui poussait ce géant à regarder ailleurs quand Léonarda se retournait vers lui l’amusait, et enfin parce qu’il le comprenait. C’était une très belle jeune fille. Moins belle que Lucidia néanmoins. Cela allait de soi. Mais il comprenait qu’un homme qui n’avait pas Lucidia pour femme puisse regarder Léonarda.

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L’hiver était désormais bien engagé, et rien ne semblait venir perturber la routine dans laquelle la Gardienne s’était endormie. Lucidia avait voulu savoir s’il n’y avait pas un moyen, dans ce froid, d’aller aider les plus pauvres. C’était tout à fait envisageable. Après tout, l’hiver était si rugueux ici qu’une solidarité entre tous les habitants de la ville isolée était indispensable. Aussi les plus riches et les dirigeants allaient-ils régulièrement s’assurer que tout allait bien. Dès qu’il était possible de sortir en fait. Lucidia qui aimait aider les pauvres put trouver son bonheur dans cette situation, et Gingens l’accompagnait avec plaisir.
Tegwen aussi les accompagnait. Parce qu’il voulait passer du temps, parce qu’il voulait être avec sa sœur… Après tout il ne pouvait pas passer l’hiver entier à aller boire avec la garnison dans les tavernes ouvertes. Même si cela l’occupait beaucoup. Et puis il devait aussi y avoir le fait que dehors, il risquait moins de croiser Léonarda.

« Tu as peur de la courtiser ? demanda Gingens.
-Ça se voit tant que ça que je la regarde ? demanda Tegwen.
-A vrai dire, répondit Gingens, tu dois être le seul à ne pas avoir remarqué ça. Elle aussi a dû le remarquer depuis. Et ses parents aussi, sache-le. Ils risquent de venir t’en parler un jour si ça continue.
-Ah non ! dit Tegwen. Je veux pas passer pour un opportuniste ! Je me ramène un beau jour, on me connait pas, salut je suis noble, on se marie ? Et là le problème c’est que si tout le monde a remarqué que je la regarde, alors si j’y vais pas, je vais passer pour un homme qui aime les autres hommes, non ?
-Ecoute, dit Gingens. Si tu décides de passer à l’acte, tu n’as qu’à dire que c’est parce que tu es un romantique qui croit au coup de foudre. Si tu ne le fais pas, tu n’as qu’à dire que tu ne crois pas aux coups de foudre, mais aux longues histoires d’amours faits pour durer.
-Après tout, dit Lucidia, Gingens et moi sommes bien placés pour savoir ce que c’est de se marier en trois jours.
-Gnagnagna, dit Tegwen. Vous seriez pas en train d’essayer de me caser vous deux par hasard ? Je vous préviens ça ne prend pas !
-Non, dit Gingens. Mais encore une fois, si tu crois que personne n’a remarqué la façon dont tu la dévores des yeux, tu te trompes. »

De fait, il semblait que Lucidia elle-même était amusée, à défaut d’être intéressée, par l’idée de son frère courtisant celle qui devenait pour elle une amie. En témoigna un jour où Tegwen essaya une armure des Marches et chuta dans l’escalier, dans un grand bruit de ferraille. Lucidia regarda son frère, puis Léonarda, qui avait assisté à la scène.

« Excuse-le, dit-elle. Il n’a pas l’habitude d’être enfermé dans une armure. Sinon c’est un être plein de délicatesse et qui…
-CHIER MERDE ! ENLEVEZ-MOI CE BORDEL ! beugla Tegwen, qui avait du mal à se relever.
-Et qui est la douceur même, compléta Lucidia.
-Je vois, dit Léonarda en riant. Nous avons le même genre de tendres ici. »

Léonarda pour sa part, n’était pas vraiment la douceur incarnée. Bien qu’elle soit relativement délicate, car c’est ainsi que l’avaient voulu ses parents en l’élevant, elle avait été marquée par une enfance passée au milieu des militaires. Elle était apparue douce quoiqu’un peu hautaine la première fois qu’ils l’avaient vue, mais quand ils la connaissaient mieux, ils savaient que de temps à autre, elle pouvait se mettre à jurer comme une charretière et à se comporter en parfait soldat des Marches, le talent martial en moins. Mais de telles manifestations étaient l’exception, et non la règle. D’ailleurs, elle ne savait pas se battre. La musique était son domaine. Et elle avait malgré son jeune âge des leçons à donner à beaucoup de gens, notamment ici.

« Elle gâche un peu son talent, avait un soir confié Gingens à Lucidia, après qu’ils l’aient écouté jouer du clavecin accompagné de chants pendant toute la soirée. Je suis certain qu’elle ferait un malheur à l’opéra de Kelvin. »

---

Un soir, les insulaires furent étonnés de trouver le visage des gens des Marches particulièrement fermé. Personne n’était à la fête ce soir-là, et la bière resta au fond des fûts. Un malheur était-il arrivé ? Ils se rendirent compte qu’apparemment oui. C’était la nuit des mauvais esprits ce soir-là.

« Une nuit par an, expliqua Léonarda, les mauvais esprits, habituellement gardés en cage par ceux qui nous protègent et protègent notre terre, se libèrent et se mettent à semer la terreur. Cela prend la nuit pour que les bons esprits les renvoient dans leur prison. Au début de la nuit, ils sont donc peu nombreux, mais leur nombre monte, jusqu’au milieu où ils sont une légion à parcourir les Marches. Puis leur nombre décline, jusqu’au lever du soleil, où ils sont enfin renvoyés chez eux. Mais quiconque est dehors ce soir est en grand danger. De plus, ils peuvent pénétrer les maisons et aller chercher les gens dans leurs lits. Le seul moyen de s’en protéger est le suivant… »

Le moyen en question était de passer une couche de sang de mouton sur la porte de la chambre où ils dormaient. Gingens ne croyait pas en cette légende, et il supposait que Lucidia non plus, mais ils se plièrent à la tradition.
Grand bien leur en prit. Ils ignoraient si c’était réellement les esprits ou juste le vent qui hurla dans leurs oreilles toutes la nuit, mais des gémissements sinistres venant de l’extérieur les tinrent tous deux éveillés une bonne partie de cette dernière. Heureusement ils s’étaient pliés à la tradition. Et puis ensembles, ils n’avaient pas peur de ces mauvais esprits.

Le lendemain, ils furent réveillés par un grand vacarme. Alors qu’ils étaient encore ensommeillés, ils s’habillèrent et descendirent dans le hall, où ils trouvèrent un début de fête allant bon train.

« Réjouissez-vous ! leur dit le Seigneur Verstholen, qui devait en être à plusieurs bières. Les mauvais esprits ont perdu, haha ! Les bons ont encore gagné ! Une nuit des mauvais esprits de survécue en plus ! »

De fait, cette fête, ils l’apprirent plus tard, était l’une des plus importantes, si ce n’était la plus importante, des Marches. Elle était celle par laquelle ils remerciaient l’ensemble des esprits qu’ils vénéraient, tous à la fois. Cette fête était en leur honneur. Aussi se devait-elle d’être grandiose. Elle durait du lever de soleil qui succédait à la nuit des mauvais esprits au coucher de soleil qui mettrait fin à la journée.

« Le tout, leur dit Dame Uly avant d’aller rejoindre son époux, et de bien gérer la façon dont vous buvez. Evitez d’être ivres trop tôt. Vous manqueriez la danse, la suite du banquet, les chants, la parade des soldats dans la rue, les effigies des mauvais esprits qui seront brûlées sur la place publique… Ce serait bête de manquer tout ça parce que vous aurez trop bu dès la matinée. »

La fête battit effectivement son plan durant toute la journée. Les programmes annoncés par Dame Uly eurent en fait lieu un peu tous en même temps, et ce tout au long de la journée, pas à des moments ponctuels. En se promenant en ville, malgré le froid, les rues étaient encombrées de soldats qui paradaient, de bûchers où brûlaient des mannequins, de danses populaires, de scènes improvisées ou jouaient des musiciens… Gingens crut même comprendre que les prostituées louaient leurs services pour le tiers du prix habituel.

« Ce serait très intéressant, dit-il pour plaisanter. »

Une gifle à l’arrière de la tête lui rappela avec qui il était.

« Si je n’étais pas déjà marié à la plus belle femme de ce monde, ajouta-t-il pour se rattraper, espérant que cela suffirait. »

Léonarda, de son côté, décida qu’elle profiterait de cette fête pour régler un problème qu’elle trainait depuis quelques temps. Ce n’était pas la première fois qu’elle charmait un homme, au grand dam de ses parents, qui surveillaient juste selon les dires de sa mère qu’elle ne « s’envoie pas la garnison entière, on a pas envie que tu passes pour une pute, ma fille ». C’était vrai de fait qu’elle avait déjà connu quelques amants, notamment dans la paille entreposée à l’étage de l’écurie de ses parents, puisque sa chambre était un lieu pas assez discret à son goût. Mais elle en avait éconduit encore plus. Cependant, avant d’éconduire, ou pas d’ailleurs, ce nouvel homme, elle souhaitait vérifier qu’il soit réellement intéressé. Elle lui amena elle-même une nouvelle bière, alors que le soleil se couchait, et tenta, poussée en partie par l’ivresse, une approche un peu plus humoristique.

« Fais gaffe, lui dit-elle en le servant. Avec la façon dont tu me mates depuis quelques temps, on pourrait presque croire que les filles de chez toi ne valent pas le coup. »
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Lucidia Tucil

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MessageSujet: Re: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Dim 12 Fév 2017 - 20:16

L'hiver dans les Marches. Plus précisément à La Gardienne était tout de même quelque chose à faire au moins une fois dans sa vie.
Même si Lucidia avait clairement comprise le message de sa belle-mère avant son départ et malgré le fait que son époux affirmait qu' elle l'avait accepté. La pensée de n'être aux yeux de Katharina qu'un moyen pour son fils d'assurer sa descendance demeurait.
Cela se ferait certainement un jour (Ou plus propice a ce genre de chose, une nuit...)

Passé cela elle n' en oublia pas son rôle d'ambassadrice de l'archipel et s'efforça de jongler entre ce rôle et celui d' invité des dirigeants.
C' étant liée avec Léonarda d' une amitié naissante. Lucidia préférait nettement sa compagnie. Un peu rustre sur les bords et suivant les occasions. Elle estimait que l'aboutissement d'une quelconque entente entre les îles et les Marches. Elle apporterait sa contribution ainsi.
Aussi elle ne manqua pas de faire l'éloge de ces curieux légumes qu'on lui servait.

« -C'est comme des pommes, mais ça pousse dans la terre. »

Lui avait confié un soir Léonarda.

« - C'est ce qui fait la différence entre nous les habitants des Marches qui en mangeons et ses lopettes de Sudistes qui sucent des poirreaux ! »

C' était alors exclamé le chef des dvors qui avait surprit la conversation lors d'un banquet.

« - Votre frère aurait su se tenir dans une armure si il en avait bouffé enfant ! »

Tegwen ce soir là en fit une cure sous l'oeil amusé de tous sauf de Lucidia qui commençait à se douter que son frère faisait honneur aux tablées dans un but plus ou moins précis.

Et le temps donna raison à Lucidia au point que même Léonarda alla trouver Tegwen pour lui en parler.
Il en était à lui démontrer que cela n'avait rien à voir avec le fait que les filles des îles ne valent pas le coup en lui expliquant que par chez lui. Un bouseux de sa trempe n'avait qu'à se baisser pour les ramasser et qu' il s'employait a lui faire des compliments sur son caractère à elle qui lui plaisait beaucoup. Lorsque la dégustation de sa bière offerte par Léonarda prit fin par l'intervention du seigneur Verstholen qui lui demanda si il regardait sa fille.

Alors ce fut un silence qui tomba alors que la fête battait son plein.
Lucidia chercha Girlon du regard et lorsqu' il le trouva un simple signe suffit à lui faire comprendre qu' il ne pouvait en aucun cas se mettre entre son frère et le seigneur des Marches.

Qui l' aurai pu en effet. Tegwen c'était levé faisant face à Verstholen et la moindre chose capable de se tenir entre eux deux se serait promise aux foudres de chacun.

« - C'est vrai seigneur que je regarde votre fille, mais c'est peut-être bien mon cœur qui m' y pousse sans toutefois avoir besoin de m'y forcer. »

Lucidia pensa les efforts diplomatiques à terre voir bien en dessous lorsque Dame Uly arriva avec une cruche. Elle l'a plaça dans les mains de Verstholen avant de lui taper deux fois sur l'épaule avant de regagner sa place sans dire un mot.
Il y avait de chaque côté deux géants et pas une mouche n'aurait eut la mauvaise idée de s'interposer entre eux. Lucidia craignait qu'ils en viennent aux mains ou pire encore aux armes. Ou voir la cruche fracassée sur le crâne de son frère.
Le seigneur Verstholen regarda la cruche. Puis Tegwen, puis encore la cruche, puis à nouveau Tegwen avant de se tourner vers l'assemblée muette depuis un certain temps.

« -Vous attendez quoi !? Que je remplisse vos verres ? »

La musique et la fête reprit son cours bien que timidement. Cependant le seigneur avait fait comprendre à tous qu' ils s'occupent de leurs affaires et que lui s'occupait de son affaire. Du moins celle qui l'occupait désormais.

Tegwen fut invité par Verstholen a le suivre de la plus simple des manières et personne ne prit le loisir de se moquer de Tegwen cette fois-ci.

Le seigneur lui expliqua la tradition de la cruche comme il l'avait déjà rappelé a peu ayant tenté de chercher celle de Léonarda. La discusion prit la nuit et au petit matin. Verstholen n'avait que faire du :

« -Si elle ne veut pas, je m'y refuse moi aussi ! » de Tegwen et lui répondit :

« -Va Tegwen fils des îles. Cherche et trouve. Nous t'accueillerons même dans l'échec à ton retour. »

Dit simplement Verstholen.

Lucidia fulminait et le temps au dehors en faisait les frais. Elle priait secrétement Isielle d'apaiser sa colère vis à vis de l'attitude de son frère, mais au dehors des murs la tempête faisait rage.

C'est elle même qui descendit devant les portes pour équiper son frère en lui rappellant comme il était bête et surtout pouvait encore renoncer à cette aventure qu' elle qualifiait de folle.

« -Tu renoncerais à Gingens toi ?

-Là n'est pas la question ! Tu es encore plus entêté que père ! »

Dit- elle en lui passant aux mains des gants en peau de phoque de Nova.

« - Rien ne me coûte d'essayer, mais je ne te cache pas ma sœur que cela ne me dérangerais pas de revenir avec une cruche et encore plus avec celle de Léonarda.

-Ne te fais pas mourir en cherchant cela.

-On en a déjà passé des hivers dehors quand la guerre faisait rage sur l'île ma soeur. C'est pas une promenade dans les Marches qui aura raison du fils de l'ours. »

Sur ces paroles Tegwen. Prince de la Verte. Bouseux royal pour ses hôtes et sous la protection des dieux qu'il priait vit se refermer les porte de la gardienne alors qu'il portait torque d'argent et cape d'ours dans le vent qui se calma le laissant seul dans l'immensité blanche dans laquelle il cherchait une cruche.

Dans qu'elle direction chercher ? Tout droit en sortant des portes. On ne lui avait pas laissé revoir Léonarda. La tradition ? Ou le simple fait qu' elle aurait put le renseigner sur l'emplacement. Lui l'aimait bien. La princesse aux manières pas toujours convenable. Maintenant seul dans les steppes du Nord. Il marchait en pensant à elle. Lui n'avait rien à lui offrir. Il ne jalousait pas pour autant sa sœur, mais il n'avait rien a offrir à Léonarda qui avait déjà plus que tout ici. Il serait toujours le bienvenu chez lui, mais ici il avait tout a prouver et cette idée rendait sa marche moins pénible.
Il avançait dans la neige. Tout allait bien pour l'instant. Il avait  mangé la graisse qui au mieux lui tiendrait chaud ou pire lui donnerait une agonie lente. Il avait aussi bu de l'eau et cette eau il la sentait déjà fuir son corps en transpiration sous ses épaisses couches de vêtement.
Cependant sans signe des esprits ou encore de la déesse mère, il continuait à avancer dans cette direction. La Gardienne n' avait qu'une porte. Léonarda n'aurait pas fait le mur pour aller cacher une cruche.

Il marcha longtemps et trouva un vieux mur de pierre pouvant l'abriter au mieux du vent. A l'aide de ses haches il creusa la glace et la neige afin d'être complétement à l'abri du vent. Il ignorait même ce qui l'avait poussé a faire cela. Peut-être le besoin de se reposer ou alors de prendre le temps de penser au retour bredouille à La gardienne.

Malgré la température glaciale. Rien que le fait d' être à l'abri du vent faisait presque l'effet d'un feu. Il en était a se demander si il serait capable de tenir une nuit entière dehors lorsque son regard surprit un renard aussi blanc que la neige venir vers lui.

« -Toi tu saurais pas où elle a caché la cruche de Léonarda par hasard ? »

Le froid devait déjà lui geler le cerveau pour qu' il s'adresse ainsi à un animal pensa le guerrier. Quoique Symres le druide cela lui arrivait aussi de parler aux animaux. Sauf qu' il n'était pas Symres, mais Tegwen.

Cela n'empêcha pas le renard de venir encore plus vers Tegwen. L' animal s'assit et jappa avant de  flairer à distance le guerrier qui tendit sa main vers lui.

« -T'as froid ? Viens n' ai pas peur. »

Tegwen fouilla dans sa besace pour y trouver un morceau de viande séchée. Un vrai morceau de glace dont il cassa plus qu' il ne coupa un bout. Le portant à sa bouche il finit par ramolir suffisament pour être manger.
Le guerrier n' en fit rien et le tendit à l' animal.

« -Magne-toi l'ami ça refroidit vite par ici. »

Le renard blanc ne se fit pas prier plus venant renifler un court instant le morceau avant de l'engloutir.

« -A défaut d'une cruche, j' ai trouvé un copain semble-t-il »

Ce dit Tegwen qui répéta plusieurs fois l'opération. Avant de décider de se remettre en route pour ne pas geler sur place.
Quittant l' abri du mur à nouveau le vent lui jeta au visage des bourrasques qui le faisait frissonner jusque dans le dos.

Tegwen avançait de plus en plus péniblement s' en reméttant aux fameux esprits des Marches pour le guider et pourquoi pas à ce renard qui marchait devant lui. La cruche n'allait pas tomber du ciel et il se demandait si le père de Léonarda ne l'avait pas envoyé à la mort tout simplement en l'autorisant à sortir à l'extérieur des murs de la ville.
Non cela ne se pouvait. Girlon lui aurait fait comprendre que c' était trop dangereux. Les gens des Marches n' étaient pas comme cela sinon ils n'auraient pas prit la peine de peindre avec du sang de mouton leurs portes de chambre cette fameuse nuit au court de laquelle même lui à défaut d'être apeuré, n'en menait pas large.
Et Verstholen n'aurait pas prit la peine de longuement lui expliquer la tradition de la cruche, tout ce que cela impliquait et il ne lui aurait pas offert de boire avec lui avant de faire ouvrir la porte. Porte qu' il se devait de regagner au plus vite maintenant. Surtout que devant lui se tenait une montagne de glace.

« -ça suffit petit copain renard. Je pense que je vais faire demi-tour pour retourner à La Gardienne avant que la nuit ne me piège et que le froid ne me glace plus que je ne le suis déjà. »

Le renard s'arrêta pour le regarder.
Ça alors on dirait qu' il comprend ce que je dis. Pensa Tegwen.
Il estimait avoir passer peut-être un peu moins de la journée et lorsqu' il se retourna il compris pourquoi le seigneur Verstholen l'avait autorisé à sortir. Il distinguait la route. La période de l'absence de route comme il la nommait était terminée et bien que recouverte d'une épaisse couche de neige on pouvait distinguer les fossés.

« Qui va là !? » Hurla t-on dans son dos. Des patrouilles impossible. Il avait suffisament festoyer avec des gardes pour savoir que personne ne sortait à cheval et encore moins à pied.

Se retournant Tegwen distingua des hommes en arme derrière ce qu' il avait prit au départ pour une montagne s'avérait être un mur.

« -Tegwen mac Collish. Fils d' Emmich Artos mac Collish.

-Et où allez- vous Tegwen mac Collish ?

-Je m'en retourne à La Gardienne. J'espérais trouver une cruche, mais je suis bredouille et gelé. Pourrais-je savoir à qui ai-je l'honneur ?

Vladimir Egvena. Fils de Boris Egvena. Prenez sur votre droite. Nous allons -vous ouvrir la porte. A moins que vous ne souhaitiez mourir de froid, vous ne pourrez jamais atteindre celles de la Gardienne avant la minuit !

Le renard blanc vint alors se blottir sous la peau d'ours de Tegwen comme pour lui faire comprendre qu'il devrait peut-être faire comme ce Vladimir lui conseillait et se mettre à l' abri

On ouvrit les portes à Tegwen qui ne demanda pas mieux que de se réchauffer auprès d'un feu dans ce que Vladimir nommait sa salle des gardes. Pourtant il était le seul en armure et les autres qui s' y trouvaient semblaient ne connaître que le maniment de la fourche et de l' araire. Il y avait même des femmes et des enfants. La salle des gardes.
« -Tout les hôtes du seigneur Verstholen ayant prit la peine de marcher autant devoient recevoir bon accueil même s'agissant d'un bouseux des îles. »

Avait alors déclaré Vladimir en présentant Tegwen aux hommes et femmes du village présent.
Tegwen après un temps passé à la gardienne avait mis un peu d'eau dans ce vin piquant que distillait à la première occasion les habitants envers lui l'insulaire. Il  était maintenant guère affecté par les qualificatifs dédaigneux dont les gens des Marches le gratifiaent régulièrement.

Vladimir lui expliqua après que les rires cessèrent qu' il était le seul vrai garde ici et que les habitants du villages profitaient du repos que leur laissait l' hiver avant de retourner aux champs.

Le renard blanc lorsqu'il sortit d'en dessous de la peau d'ours créa une surprise alors que tous mangeaient une soupe bien chaude et buvaient du vin.
Un vieux s' en approcha et l'observa attentivement avant de déclarer :

« -Tu en as de la chance Tegwen fils d' Emmich. Ce sont les esprits qui t'envoient cet animal et ce renard t'as conduit jusqu' à nous.



Tegwen réflechit un instant.

« - Dites-moi. Vous qui êtes des Marches. Comment on sait où trouver la bonne cruche ? »

Des rires encore se firent entendre avant que le vieux en présente une presque comme si il tenait son âme dans les mains a Tegwen.
« - Voici celle que j'ai trouvé, il y a de cela bien des tours. Celle qui l'avait caché m'attend ailleurs maintenant. J' aurai put la briser et partir à la recherche d'une autre, mais cela fut impossible. »

Tegwen croyait difficilement le vieux paysan concernant la solidité de cette cruche et préfèra retenir l' idée qu' il avait manquer de courage pour la fracasser plutôt que l'intervention des esprits rendant la chose impossible. Cependant il ne fit aucunes remarques à ce sujet. L' assemblée semblant croire le vieil homme sur parole. D'autant plus que certain affirmaient avoir été les témoin de ce phénomène.

Durant le repas on répondit a toutes les question de Tegwen sur les cruches des Marches. Ce fut une soirée agréable. Moins excessives que celles auxquelles il était convié d'office à la Gardienne, mais tout aussi agréable.



                                                         --------------------------------


Lucidia était rongée par l'inquiétude. Certes on lui avait expliquer que son frère était à la recherche d' une cruche, mais aussi qu' aucune fille ne cachait ce genre d'objet très loin. Cela ne l'avait pas pour autant rassuré ou alors autant que les mots de son frère lui promettant de ne pas se faire mourir pour cela.
Restait que personne n'osaient ouvrir la porte de sa chambre pour tenter de la rassurer.
Chambre dont la décoration avait été complétement refaite sous l' effet de la colère de la princesse.

Girlon puis Gingens et même Léonarda avaient bien essayé, mais les foudres de Lucidia les dissuadaient de renouveller l' expérience et tous trouvèrent mauvaise l'idée d' avoir laissé les armes du couple avec leurs affaires de voyage. Guirlon ne pouvant tout de même que  félicité l'habillité de Lucidia au lancée de pot de fleur. Gingens lui se rappelait le :
« -Tu en a de la chance que je t' aime toi ! »
Qu' elle lui avait lancé juste avant la lance ouvragée de son épouse soit venue se ficher dans le mur à quelques centimètres de sa tête. Léonarda pour sa part ne pouvait que constater que l'ordre :
« -Dehors ! » Que Lucidia lui avait lancé était au moins aussi explicite que celui d'un capitaine des gardes des Marches à ses soldats et ne souffrait aucune désobéissance.

Tous trois en étaient a estimer les risques d'ouvrir la porte en comptabilisant les projectiles potentiels restant à Lucidia lorsqu' une personne encapuchonné se présenta à eux sous le nom de Lana Fisandroï.

Elle entra sans craintes et referma la porte derrière elle. Après une heure la porte s'ouvrit à nouveau et Lucidia semblait apaisée. Elle s' excusa même de son comportement auprès de Girlon, Léonarda et Gingens.
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MessageSujet: Re: [PV Lucidia] D'amour et d'Or Pur - Partie 2 - Les Marches   Sam 4 Mar 2017 - 9:08

« On trouve de tout dans les livres, vous allez voir, affirma Gingens. »

Il s’adressait, à ce moment, à Lucidia, qui était à présent un peu calmée et sortie de sa chambre. Cela faisait plus d’une journée maintenant que Tegwen était parti. Et elle n’appréciait pas une seule seconde. Elle avait voulu demander des explications à Léonarda, mais celle-ci avait été assez confuse. Elle avait parlé de mariage, de tradition, d’esprits et de cruches. Ni Gingens, ni Lucidia n’avaient vraiment compris. Non pas que Léonarda y mette de la mauvaise volonté, mais c’était quelque chose qu’elle avait tellement intégré comme normal et naturel qu’elle avait sincèrement du mal à l’expliquer à des gens qui comme eux, n’y connaissaient rien.
Bon.
Heureusement pour le trio, La Gardienne n’était pas une cité d’illettrés, et les quelques bibliothèques contenaient certainement des ouvrages sur les traditions des Marches. Après tout, contrairement aux traditions des druides, les croyances des Marches n’étaient pas nécessairement uniquement orales et pouvaient être couchées par écrit.

« Encore que ça dépend des druides, précisa Gingens quand Léonarda demanda si tout était vraiment oral chez eux. Ben ouais ! Vu qu’ils savent qu’ils peuvent se contenter d’écrire et de ne pas se prendre la tête à tout apprendre par cœur, certains druides s’embêtent pas. Ceux qui le font vraiment ne sont pas à blâmer, bien sûr. Cela prouve juste qu’ils sont plus zélés que les autres dans leur devoir. Et puis de toute façon même ceux-là acceptent les gravures de reliefs sur les murs, les statues, les autels… Une certaine forme de rupture avec une tradition strictement orale, donc. »

Et effectivement, on trouvait de tout dans les livres. Il y avait un ouvrage entier consacré aux contes et légendes sur le mariage au fond d’une bibliothèque, ouvrage dont l’auteur, bien renseigné, avait pensé à coucher les règles du mariage par écrit en guise d’introduction. Il en parlait comme d’un cadeau dispensé par, dans leur grande bonté et sagesse, les esprits qui veillaient sur le peuple des Marches. Et il voulait écrire ce livre pour que les générations futures se rappellent de ces histoires qu’il affirmait vraies et de la façon dont un mariage se devait d’être célébré et vécu dans les Marches.
Lucidia semblait avoir intégré l’idée que son frère soit sorti dans le froid pour potentiellement épouser son amie. Elle voulait simplement comprendre pourquoi un tel mariage impliquait d’aller risquer sa vie. Qu’il en soit ainsi. La réponse à sa question serait donc fournie par un livre. Léonarda était un peu honteuse de ne pas pouvoir expliquer les traditions de son peuple de façon claire, mais encore une fois, elle fut rassurée. Quand on venait aux croyances, il était difficile de donner des explications rationnelles, et Gingens fit savoir que lui et Lucidia seraient sans doute bien en peine d’expliquer à un continental toute l’importance que la déesse mère avait pour l’archipel.

Il s’avéra donc tout d’abord que la tradition de la Cruche avait été, selon l’auteur de l’ouvrage, dictée par l’esprit de l’amour dans les Marches, Alesra. Cette dernière se présentait sous la forme d’une noble dame accompagnée d’une licorne qui disait-on allait et venait dans la campagne lorsque la lune et les étoiles l’éclairaient de leur pâle lueur. Elle veillait sur le peuple des Marches comme une mère veillait sur ses enfants. Et c’était elle qui avait dicté la façon dont les fiançailles des gens des Marches se passerait.
Tout d’abord, il avait été convenu que ce serait une cruche qui symboliserait le mariage. Une cruche, disait le recueil, car selon les uns, c’était l’un des ustensiles dont un ménage avait le plus l’usage. Plusieurs légendes racontaient ainsi comment certains avaient été chercher l’eau au puits avec. Une légende parla d’un jeune garçon qui ayant emprunté celle de ses parents pour aller la remplir y croisa une jeune fille qu’il épousa dans la lune qui suivit. Donc, cette cruche, selon les légendes aussi, symbolisait l’état du mariage. Bien entretenue, elle était synonyme d’un mariage heureux. Mal entretenue, les légendes faisaient toutes état d’un mariage malheureux. L’auteur avait ajouté que selon la loi des Marches, si elle venait à se briser, volontairement ou non, alors le couple était séparé. Mais de nombreux contes venant montrer les esprits qui punissaient ceux et celles qui brisaient volontairement la cruche laissèrent penser à Gingens et Lucidia que cela n’était pas supposé arriver.

« Bien sûr ! dit Léonarda. Briser la cruche du mariage est peut-être l’acte le plus ignoble que l’on puisse faire. »

Une fois cela su, l’explication tant attendue par Lucidia arriva. Quand deux jeunes gens souhaitaient se marier, la jeune fille devait présenter une cruche au garçon, et avait cinq jours pour aller la cacher. Lucidia, bien que n’ayant pas présenté elle-même la cruche, avait pris ses cinq jours. Le garçon avait alors cinq jours pour la trouver. Si la jeune fille le retenait, c’était qu’elle acceptait de toute façon l’union. Ils allaient alors chercher l’objet ensembles.

« Mais tu n’as pas retenu Tegwen ? demanda Gingens.
-Je ne suis sûre de rien, dit Léonarda. Au pire, Alesra en décidera elle-même. »

Ils demandèrent qu’Alesra avait à faire là-dedans. La réponse fut fournie plus loin par le livre. S’il n’était pas retenu et partait tout de même, le jeune homme confiait son destin à l’esprit de l’amour. Les contes laissaient clairement entendre que dans les Marches, s’il la trouvait alors qu’il n’avait pas été retenu, c’était que malgré l’avis de la jeune fille, Alesra, esprit de l’amour des Marches, souhaitait cette union et estimait qu’il en découlerait une vie conjugale heureuse. Les contes faisaient donc état de jeunes filles qui souriaient en voyant celui qu’elles n’avaient pas retenu leur ramener leur cruche, puisqu’elles savaient qu’elles étaient bénies. L’amour en personne avait jeté les yeux sur elles après tout. Et Alesra avait rectifié leur erreur en leur montrant qu’elles s’étaient trompées.

« Il n’y a aucun conte disant qu’un tel mariage forcé puisse avoir eu une issue malheureuse, dit Gingens, amusé.
-C’est parce qu’il n’est pas forcé ! dit Léonarda, choquée pour sa part. Puisqu’Alesra le bénit. C’est qu’il est bon. Et si Tegwen revient avec, cela mettra mes sentiments au clair, puisqu’il sera mon époux. Une fois la cruche trouvée, il est de coutume que le mariage soit célébré dans le tour qui suit, et s’il me ramène la mienne, il va de soit qu’il m’aura au bras où qu’il aille, comme il convient de l’être pour sa fiancée. »

Gingens préféra ne rien dire, et laisser Léonarda encaisser la nouvelle. Son frère pouvait mourir de froid, revenir les mains vides, ou revenir avec la promesse de se marier dans le tour. Il se ratatina sur sa chaise, craignant un peu que sa douce ne se remette en colère.
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