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 [PV Théoden] Au milieu du ciel, mon amour, la lune pleine ébauche un sourire.

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Phadria Red
Je suis à toi pour toujours
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MessageSujet: [PV Théoden] Au milieu du ciel, mon amour, la lune pleine ébauche un sourire.   Sam 31 Déc 2016 - 13:48

Si je demeure, 
Triste, à vos pieds, 
Et si je pleure, 
C'est bien, riez.

Hugo







«  Je suis désolée, s'excusa Phadria tout en retirant ses mains posées sur l'épaule découverte du capitaine. Je pensais que ça avait une chance de réussir.

Si par malheur il lui arrivait de donner de l'espoir, elle pouvait dire les choses les plus ridicules. Tout doucement, elle libéra son esprit, encore embrumé, de la communion qu'elle avait tenté d'atteindre avec Atÿe. La sensation était la même que celle d'une personne se trouvant près d'un feu, dans l'âtre, sous le règne d'Elué, et qui s'éteignait doucement. On sentait cette douce chaleur, unique, tant singulière, s'éloigner, sans violence, lentement mais de façon absolue, et qui finissait par laisser sa place au froid de l'extérieur s'engouffrant par les fenêtres. De la même façon que ce feu mourant, Phadria sentait la main d'Atÿe se détacher d'elle. Elle venait d'échouer. Encore. Elle se languissait de voir ce rêve impossible prendre corps, comme avec le Père Adarien.

- Vous ne portez point encore le rang de prêtresse, compatit le Ramien aux yeux bleus.
- Je suis entrée dans mon second Tour d'étude, lui fit pour toute réponse Phadria comme il boutonnait sa chemise blanche sur sa poitrine nue. Elle suppure souvent ?
- Pestilencieuse immondice.

Phadria laissa courir un sourire sur son visage détendu, calme, à l'angle d'un air détendu presque désinvolte.

- Sur l'équité d'Atÿe, avança-t-elle, osons-nous confier. Tu peux me le dire !
- La nuit quelquefois, la plaie suppure, avança d'une voix calme le Pygargue.
- Depuis tout ce temps ? s'étonna la belle.
- Presque deux Tours, oui.
- Je peux te poser un cataplasme. Désolée de n'avoir rien pu faire de plus.
- Ma peau est noire brûlée par le soleil de Ram et mes cheveux ont blanchi dans les tempêtes d'Ariel. J'ai perdu l'avantage d'une démarche honorable, j'ai perdu jusqu'à mon nom Impérial lorsque je gagnai par deux fois la lame de votre amant dans le corps. En quoi pourrait m'affecter une plaie mal soignée, et qui suppure quelques fois la nuit ?

Devant la mine déconfite de son patient, Phadria Red ne put s'empêcher de rire.

- Pauvre bébé !

Elle lui tendit sa tunique azurée tout en jetant un coup d'oeil en direction de l'entrée de la tente. Le capitaine et elle-même étaient seuls à l'intérieur. Il se rhabillait, sans se presser, d'une main adroite.

- Je vous remercie néanmoins, avança-t-il à son intention. Elle me fait moins souffrir.
- Inutile de me mentir, Pygargue. Atÿe est la déesse de la guérison, et lorsqu'elle guérit, elle ne le fait jamais partiellement. Je n'ai pas réussi à refermer cette plaie. Le Père Adarien Jadar est prêtre d'Atÿe depuis des Tours. Il y arriverait, lui. Je promets de l'emmener jusqu'à toi si jamais nos chemins se croisent de nouveau.

Respectueux mais silencieux comme un lac, l'Impérial acquiesça du chef sans un mot. Il réclama une dernière faveur de Phadria, avant que cette dernière ne se retire. Elle recommanda la quiétude de son âme à Atÿe, et appela sur lui la bénédiction de sa Déesse. Le Pygargue craignait les mouvements dans la nuit, mais pour elle, c'était au lever du jour que les ténèbres, paradoxalement, s'abattraient sur le Nouveau Monde. Sur Teikoku, pour être exact. Car le cheikh Abad el Shrata s'apprêtait à destituer le Roy, et prétendait marcher bientôt sur la capitale. Les affres de la guerre étaient terribles.

- Tu ne devrais pas emmener ton garçon avec toi, souffla-t-elle. Laisse-le en arrière. La guerre fait des ravages dans les rangs comme dans les cœurs.
- Palomar me suivrait jusqu'aux antichambres des bas-enfers, sur une demande, un geste ou un sourire de moi.
- Si tu le laisses combattre à tes côtés, laissa tomber Phadria de la douceur entre les mots, c'est que tu es près, capitaine,  à l'enterrer dans le cas où il ne survivrait pas.

Un silence lourd de mots s'abattit dans l'intimité de leur tente.

- Je ne suis qu'un esclave, Dame.
- Il n'existe ni esclave, ni maître, sous le regard d'Atÿe. Si tu le laisses venir, alors tu dois être près à en assumer les conséquences. Toutes les conséquences.

Un instant, elle se perdit à la contemplation aveugle de son amant, dont les traits lisses et fermes appelaient les baisers. Lui aussi, à l'époque, n'avait pas supporté la seule idée de devoir la perdre. Alors, il l'avait laissée en arrière. Elle n'avait pas compris. Elle avait pleuré. Elle l'avait haï. Incapable de fuir ce regard qui l'appelait et l'enchaînait à elle, le premier soir, il avait retardé son départ. Un poing géant, cette nuit-là, s'était amusé à leur compresser le cœur à tous les deux. Puisses-tu pour comprendre ma peine ne pas avoir à la subir, disait-il. Ne...ne me regarde pas comme ça. Je dois y aller, tu sais que je dois y aller. Elle l'avait retenu, attaché son âme à la sienne. Malgré le destin jaloux, mourrons ensemble. Je t'aime depuis le premier jour.

Mais il était parti. Et pour toutes explications, pour toute réparation, il lui avait laissé une lettre.  

Attends moi, je reviendrais, écrivait-il.

Attends de tout ton cœur !
Attends, quand la pluie sans douceur te chuchote de laisser tomber.
Attends, quand la neige tournoie, quand le soleil rougeoie.
Attends moi, et je reviendrais.


Deux Tours et demi étaient passé. Il n'était toujours pas là. Pressée par l'amour en proie à son délire, Phadria se releva et quitta la tente. L'excitation de l'âme avait laissé place à la tristesse du cœur, et au-dehors, sous un ciel étoilé, la lune pleine et brillante comme un soleil resplendissait. Atÿe, mon amour doit-il souffrir longtemps encore ? Jusqu'à ce qu'il en meure ? On disait sur Ryscior que l'astre lunaire était la mémoire de Finil. Pour Phadria, il n'existait dans tout l'univers de plus grande empreinte liée à Atÿe que cette lune-là. C'était elle qui avait présidé à son union avec Théoden, cette nuit-ci à bord de la Wicked Wench.
Phadria n'avait qu'à lever la tête afin de contempler, au loin, les silhouettes massives de la chaine de montagnes qui titillaient les nues. Que n'aurait-elle tout plaqué, là, maintenant, afin de l'y rejoindre ! Il était juste là. Derrière ces montagnes gigantesques, elle le savait. Par deçà les mondes connus. Àla fois si proche, et si loin. C'en était que plus douloureux.

Phadria croisa la route du jeune Palomar, qui lui demanda si elle désirait un peu de compagnie pour la soirée. N'importe quel autre soir, elle aurait accepté volontiers. La chaleureuse présence de Palomar, la fougue du jeune Nadheeri, contrastant avec l'austérité de son ami Impérial la réjouissait, et lui faisait paraître le temps moins long, l'absence d'Argorg et de Sirk moins oppressante. Mais ce soir, la lune était pleine.

Il n'était guère recommandable, même pour les soldats du cheik, de s'éloigner du campement. Dès le lendemain, le cheik El Shrata conduirait ses troupes à la bataille. Personne ne parvenait à dormir dans le camp des colons. Néanmoins, Phadria parvint à laisser derrière elle le campement et ses palissades de bois sans être inquiétée. Les nuits sur le Nouveau Monde étaient splendides. Tant différentes de celles de l'Ancien Monde. Mille lumières, mille oiseaux, mille chants balayaient les herbes, les arbres et les nues. Les tonalités des plantes et des arbres, si particulière en cet endroit du monde, si neuves, la fascinaient. Il n'y avait pas, sur tout le continent, de cent mille écus de rentes ni de trésors qui puissent contenir cette beauté-là, si sauvage. Inviolée. Au milieu de ces troncs de feu gigantesques, de ce ciel ouvert sur l'infini, et ces milles odeurs, le paysage passait pour Phadria avec la parure de ses plus belles teintes azurées.

Elle savait qu'un lac se trouvait plus bas, et c'était là que la belle désirait se rendre. Le cheik El Shrata insistait pour qu'en quelques entreprises que ce fut, tous ses hommes -et par extension Phadria- devaient toujours demeurer chaussés. Les accidents bêtes arrivaient vite. Le Nouveau Monde était peut-être une perle, mais une perle qui pullulait de prédateurs se mouvant au sol, dont certain n'étaient pas plus gros que des puces, et il ne demeurait pas rare de marcher sur un serpent qu'on ne pouvait voir, ce dernier s'enroulant autour du mollet du malheureux en ultime moyen de défense, y plantant ses crochets, et l'envoyant au prix d'un poison qui faisait mal passer de sales heures cloué au fond d'un lit, le corps livré au feu.

Phadria avait l'étrange impression d'être suivie, et plusieurs fois elle se retourna, prêtant œil et oreille à quelconque prédateur ou naturel, mais n'en contempla aucun. Elle descendit au lac, et la sérénité de l'endroit l'apaisa. C'est victoire, songea-t-elle, de fuir quelquefois l'appât de la vie de camp et le régal de tout-un-chacun. Elle s'agenouilla auprès du lac, le cœur gonflé de tristesse quand dansait devant ses yeux émeraude le nom et le visage de celui qu'elle aimait. Un grondement, à dix pas derrière elle la surprit, puis elle partit en rire en reconnaissant le chat borgne qui la rejoignit en deux bonds. Attila était l'héritage qu'Argorg avait -bien involontairement d'ailleurs- laissé pour veiller sur elle avant leur séparation. Et l'animal semblait prendre sa tâche très à cœur. Ce monstre de muscles, de griffes et de fourrure impressionnait toujours Phadria. Dressé sur ses deux pattes, il était bien plus grand qu'elle, et un coup de dent de sa part était bien capable de déposséder un homme d'un bras ou d'une jambe.

- Attila. Gentil, Attila. »

Docile comme un gros chat -ce qu'il était-, le fauve vint se poser tout près d'elle, et la belle put tirer jusqu'à elle cette grosse tête pelucheuse aux iris ouverts sur des mondes qui n'appartenaient qu'à eux. Non sans un grondement guttural, Attila n'émit aucune restriction, et le front de la jeune femme put baiser le museau embué de la bête. La compagnie d'Attila lui faisait chaud au cœur également, et elle s'étonnait de le voir toujours près d'elle, à veiller. Elle s'était étonnée, aussi, de s'être autant attachée à ce chat gros comme cent chats, et qui puait comme tout un régiment. Délaissant enfin la compagnie de son ami à quatre pattes, Phadria noya son regard humide dans celui du lac stagnant, gros de pleurs.


Plonge en mes eaux profondes, je t'ai fais mille promesses. Et t'informe d'un secret qui fait ma détresse. Oh, mon amour. Sois à mon image ce nageur solitaire, qui vient laver sous la lune sa folie et sa misère.


Pendant que l'âme de Phadria était toute-entière occupée à assiéger d'amour céleste toutes les portes de ses pensées, elle soupira de fatigue, et entreprit de se concentrer sur une buche de bois trônant à deux pas d'elle. Une buche de ce bois bleu, si intense, si vivant, qui ne pulsait qu'ici, sur le Nouveau Monde. Elle avait repris la sculpture ces derniers jours, usant de cet art afin de passer le temps, évoquant les choses du passé, les choses incertaines, la disparition de ses amis, les promesses de son amant. Ainsi, elle portait sur elle une petite lame, dont la taille fine prévalait sur la coupe du bois. Elle adorait donner forme à ce bois bleu qui abondait. Phadria entreprit donc, sous le regard de la lune pleine, de donner vie à ce qu'elle tenait entre ses mains. Ses pensées allaient à la Wicked Wench. Des éclats de bois lui entaillèrent les bras et la poitrine mais elle ne s'en souciait pas, car la buche, devant ses yeux, prenait forme. Chaque coup de lame l'approchait de son objectif final, et elle les portait avec l'ardeur d'une guerrière. Après le dégrossissage, Phadria utilisa la pointe de sa lame afin d'affiner les formes de la quille de la Wench qu'elle désirait offrir au bois. Bien sûr, elle ne sculptait là rien de griandose. Simplement une maquette grossière d'un navire qui aurait pu être n'importe lequel, selon quels yeux se posaient au-dessus. Phadria maniait la lame à la façon d'une gradine, réservée au travail de précision sur les sculptures traditionnelles telles qu'elle en avait vu en Tahar ou à Kelvin. Et elle la maniait avec le même respect qu'une épée. Du bout des doigts, elle vérifia les textures de la surface qu'elle venait de rectifier. Enfin, le cœur gros, elle laissa aller la minuscule embarcation entre ses mains, sur la surface endormie de l'eau argent, qui s'y maintint avant de faire naufrage quelques pouces plus loin, doucement, avalée par le reflet de la lune sur les rides plates.
Théoden, mon cœur a pris des yeux je crois, pour contempler de toi le beau et la vie. Et à présent, j'avance seule sous une forêt d'abîmes et sans feux. Et loin de ton reflet ; que ferai-je de mes yeux ? Phadria contempla un instant les cercles mourant sur la surface de l'eau, à l'endroit où venait de sombrer la Wicked Wench. Sans faiblesse et sans bois vit l'amour et le feu, songea-t-elle. Mais les larmes font mourir les deux. L'eau était sous le feu, comme elle était sous les cieux. Mais le bois de ce feu-là ne se pouvait consummer.

Une larme tomba de la joue de Phadria, cette nuit-là, et vint s'écraser sur le sol du Nouveau Monde. Il n'y en eut qu'une seule, fussent pour témoins le lac, les étoiles et oiseaux de nuit. Et la lune. La lune enceinte d'on-ne-savait quoi. L'aube nous le dirait.

Sans un bruit, Phadria Red ôta alors un-à-un ses vêtements, et s'élança aux bras des eaux paisibles. Une immersion totale lui fit le plus grand bien, et elle se sentit respirer à pleins poumons, et à plein cœur. Pour obéir à ses pulsions dont elle connaissait parfois la fantaisie, et teintée de toute la féminité qu'elle puisse contenir, jouissant pleinement, pour une fois, de la solitude, Phadria rejeta sa crinière flamboyante à l'arrière de sa tête et entreprit de gagner la rive opposée à la nage, au regard des étoiles et de la lune. Et au regard d'Atÿe.

_________________
Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main
Et fais-moi des serments que tu rompras demain
Et pleurons jusqu'au jour.
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Commodore Theoden
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MessageSujet: Re: [PV Théoden] Au milieu du ciel, mon amour, la lune pleine ébauche un sourire.   Dim 15 Jan 2017 - 21:28


“On passe une moitié de sa vie à attendre ceux qu’on aimera et l’autre moitié à quitter ceux qu’on aime.” -Victor Hugo

Avalon, la cité bénie. Elle s'était trouvée perdue dans les étendues démoniaques comme un îlot de sable blanc dans une mer agonisante. Théoden n'y avait mit les pieds que depuis quelques heures, et pourtant déjà il lui semblait que la cité blanche redoublait d'éclat.
Il fallait dire que cette nuit qui tombait n'était pas n'importe quelle nuit. Surtout ici, à des milliers de lieux de la moindre colonie humaine. Ce soir, la lune serait pleine. Théoden en devinait déjà les rondeurs, et l'éclat. Appuyé sur le rebord d'un balcon.
Tout en haut des septs niveaux d'Avalon, le Hérault nouvellement nommé avait une vue imprenable sur les terres alentours. Jusqu'au mur d'enceinte extérieur, par delà les champs. Il ne savait pas trop comment il s'y était mit. D'ailleurs, ça s'était plus imposé à lui que l'inverse. Une pipe calée entre les dents, Théoden attendait au dehors. Ses yeux clairs allaient et venaient entre les tours nacrées de la cité, en attendant que son amour se montre par delà l'horizon.
Le temps que le soleil disparaisse semblait s'étirer de plus en plus, retarder continuellement ce spectacle qu'il attendait avec impatience. Cette nuit serait une des premières nuit paisible que connaîtrait le Commodore depuis son départ. Malgré ce destin curieux que les dieux semblent lui avoir réservé. Malgré l'omniprésence de la mort, et la perspective pressante d'une damnation éternelle. Ce soir, son esprit était vide de ses problème. Parce qu'il attendait, le coeur gonflé de mélancolie qu'apparaisse enfin la Lune.

Lorsqu'elle arriva enfin, ce fut avec lenteur et paresse. Deux mots qui se muèrent en langueur, dans l'esprit de Théoden, qui revoyait ça et là des souvenirs de Phadria, perdue entre les draps de sa couche à la veille du départ de l'Odyssée.
Ce fut comme un choc, tant ce vision bouleversa le Commodore. Toute la morte ville d'Avalon s'éveilla soudainement, l'éclat de ses façades rescussité par la lueur nacrée qui avait embaumé le ciel. Il ne fallait pas pleurer.
D'un coup d'oeil sur la gauche, Théoden devina la silhouette du garde qui allait le surveiller toute la nuit. Alors il tira à nouveau sur sa pipe, tentant de noyer la lueur chagrine de ses yeux dans des volutes de fumée.
Que diraient-ils, ces soldats, si ils voyaient celui qui allait les mener au combat pleurer face à un levé de lune ? Théoden balaya cette question en même temps que cette purée de poie blanchâtre qui lui brûlait les yeux. Il se redressa, tourna les talons et retourna dans cette petite chambre que les Soeurs Supérieures de la ville eurent l'amabilité de lui prêter.
C'était déjà mieux que la cellule qui lui était destinée à l'origine.
En passant devant un haut miroir de cuivre poli, Théoden se figea. Il n'avait guère prit le temps de s'attarder sur son reflet ces derniers temps. Il ne réalisa que là à quel point l'Odyssée avait mit son corps à mal. Son coeur et -qui sait- sans doute beaucoup plus.
Les lunes entières de privation avait creusées ses joues, amincie sa silhouette, et taillées sous ses yeux des ravines de fatigue. Sa chevelure blanchissait, sa moustache et son bouc négligé viraient au poivre et sel. Et de minces cicatrices parcouraient l'intégralité de son visage, mordant ses joues et ses tempes.
Souvenir de cette fois où il avait plongé tête baissée dans une faille démoniaque.
Ses habits avaient eux aussi soufferts. Pas que sa longue cape bleue, qui était en lambeau sur une pleine moitiée de sa hauteur. Mais aussi sa veste de cuir, ses bottes...
Un bruit derrière la porte le fit sursauter, et porter sa main à sa rapière. Continuellement à sa ceinture. Même ici, dans cette cité abritée des démons.
Puis ce fut de nouveau le silence. Sans doute n'était ce rien, rien d'autre que son imagination.

Prit de soudaines bouffées d'angoisses, comme souvent depuis quelques temps, Théoden s'en alla prestemment vers une commode dans un coin de la pièce. Il y trouva un bol d'eau clair dont il s'aspergea en vitesse, avant d'y plonger sa tête.

L'eau est une bien étrange matière quand on y pense. A mi chemin entre le solide et l'evanescent. Un élément à la fois ferme et inconstant. On pourrait s'y plonger, sans savoir où ses courants nous porteraient. Comme si Ariel lui avait confié une volonté propre. Le désir inébranlable de se mouvoir, peu importe les circonstances et les contraintes.
Cette nuit là, un phénomène tout à fait inhabituel surprit Théoden. La tête au fond du bac, il se sentit soudainement baloté. D'abord doucement, comme si des vagues lasses taquinaient ses flancs et le repoussaient sur une plage paisible. Puis ce fut un véritable tourbillon qui le faucha. Qui le balota ça et là. Sans trop savoir comment, lorsqu'il rouvrit les yeux, il ne vit pas le fond cuivré de son bac. Mais des plantes, dansant langoureusement sous l'eau.
La surprise l'ébranla tant que le Commodore dû se pincer à plusieurs reprise avant de réaliser. Il regarda autours de lui, craignant s'être de nouveau trouvé aspiré dans un songe divin. Mais il n'y avait là ni épave, ni froide lumière. D'ailleurs, il réalisa bien vite qu'il ne pouvait pas respirer ! Quoi de plus normal ? Il était après tout sous l'eau.
Alors il se mit peu à peu à nager vers ce qu'il reconnu comme étant la berge. Il faisait véritablement de son mieux, grandement alourdit par tous les vêtements qu'il portait. Tous ceux qu'il portait à Avalon, en tout cas. Où il était ? Il était impossible de le dire. Mais il faisait toujours nuit. La lune. Elle scintillait loin au dessus de la surface. Et ses rayons lui éclairaient le chemin. A travers les bras avares des algues d'abord, puis les roches brisées. Et les galets.
Sur son trajet, quelque chose retint l'attention de Théoden.
Une petite barque. Une embarcation curieuse, sommairement taillée dans une pièce de bois à la couleur étonnante. Ce navire là coulait, gros comme un coffret à bijoux. Théoden n'eut qu'à tendre la main pour l'intercepter. La coque se posa dans sa paume sans mal. Ca aurait pu être n'importe quelle maquette, si il n'y avait pas ces figures sur la poupe. Pour tout dire, Théoden en fut troublé. Le gabaris de la coque, les décorations évoquées... pour un peu il songeait au Wicked Wench, mouillant à Heavens Bay.
Pressé par l'oxygène, Théoden reprit sa lage lente. Tant et si bien qu'il pu pratiquement émerger quelques brefs instants après. Sans courants, sans écume sur son visage, il comprit rapidement qu'il n'était pas au bord d'un océan. Mais d'un petit lac. Un petit lac bordé de forêt, et couvert d'une brume épaisse. A moins que la brume ne vienne de lui ?
Il se sentit étonnement faible, dans cet épais voile nacré. Sortir de l'eau fut un véritable supplice. Il ne réalisait pas que son corps se formait là, à mesure qu'il quittait la litière tranquille des fonds du lac.
Comme si son esprit avait été envoyé dans le corps d'un autre, comme si la nature recomposait une demeure à son âme, Théoden posa un pieds maladroit sur la rive. Pour que le second puisse rejoindre le premier, il lui fallut un instant. Les volutes de fumée qui l'entouraient besognaient avec hâte, dans des tourbillons hâtés.
Il avança, peu à peu et leva les yeux. Il avait furieusement froid, dans ses vêtements imprégnés d'eau claire. Mais au dessus de sa tête brillait une lune qu'il n'avait pas vue depuis longtemps. Une lune débarrassée de la noirceur d'Albion.
Etait-il revenu sur le Continent ? Tout un tas de question se bousculaient alors dans l'esprit de Théoden, qui distingua à travers le brouillard une silhouette féminine quasi familière. Comme un de ces mirages auxquels il a dû s'habituer lors de ses terribles nuits de solitude.
Ce n'était pas là n'importe quelle femme qu'il vit. Sans doute ces bouclettes et ces formes si familières eurent raison de tous ses questionnements. Il se prit à sourire, niaisement en retrouvant ce visage qu'il s'était efforcé de ne pas oublier. Elle lui apparaissait de plus en plus clairement, quittant elle aussi les eaux du lac.
Des yeux scintillants, un nez mutin et des lèvres pulpeuses. Même ses cheveux teints, Phadria n'aurait su échapper aux yeux clairs de son compagnon, qui tenta un pas en dehors de son abris de brume.
Elle, elle l'avait remarqué depuis plus longtemps. Il ne l'avait pas vue s'approcher, trop sonné par ces retrouvailles. Il n'avait pas réalisé qu'elle lui parlait, jusqu'à ce qu'elle se jette dans ses bras, et ne lui arrache ce qui fut le plus maladroit et pourtant le plus doux des baisers.

Elle n'avait pas même prit le temps de se sécher ! Tant mieux, à vrai dire. Théoden ne se serait pas vu attendre. Et comme si ce baiser lui rendit la raison, il retrouva pas à pas ses esprits. Les volutes de nuage qui l'entouraient achevaient de se dissiper plus loin.

"- C'est toi...C'est bien toi ! Mon amour !"

Fermement campé sur la berge, Théoden l'avait reçue sans même reculer d'un pas. Elle était si légère, de toute façon. Une véritable plume, comparé au fardeau qu'avait été l'éloignement ! Théoden s'efforçait de quitter son sourire niais, en vain. Il était bien trop heureux de se trouver là, peu importe comment ou pourquoi.

"-Bien sûr que c'est moi ! Tu ne me reconnais déjà plus ma belle ?

- Mais...tu..."

Après un bref recul, le temps d'observer ce qu'il restait de son compagnon, Phadria se blottit de nouveau contre lui, serrant avec plus de force encore son marin. De retour le temps d'une parenthèse bénie.

"- Tu m'as tellement, tellement manqué !" s'exclame-t-elle, en se pressant toujours plus contre lui, jusqu'à le forcer à reculer d'un pas.

Théoden se mordit un instant la lèvre, glissant une de ses deux mains derrière la nuque de Phadria. Il la détaille un instant du regard avec un sourire maladroit.

"-Eh bien... parles moins. Et embrasses moi plus ! Madame la rouquine."

Il est taquin, le Théoden qui n'ose pas chercher lui-même son baiser ! A vrai dire, il n'a jamais été très doué, pour les quémander lui même. Fort heureusement pour lui, le message semble passer. Et tous deux s'embrassent de nouveau, rivés l'un à l'autre comme du lierre contre un tronc de chêne.
Tout en parcourant son visage de ses lèvres, Phadria leva une main sur la joue de Théoden, qu'elle caressa langoureusement. Elle y découvrit ses nouvelles plaies, les marques de son pénible voyage. Et surtout, la vieillesse soudaine qui l'a rattrapé, sous le coup de la mauvaise influence des démons.
Mais ici, loin d'Albion la maudite, Théoden retrouve un peu de sa jeunesse. Libéré de ses fardeaux.

"- Tu n'as pas changé..." murmure-t-elle "Je savais que je te reverrai. Que tu reviendrais ! Tu es toujours aussi beau !"

Et elle vient se serrer contre lui, très fort, pour le caliner. Elle s'épargne, ce faisant, le désolant spectacle d'un homme sanglotant en silence, les yeux levés vers la lune. Son visage s'inonde de pénibles larmes, scintillantes sous les étoiles, alors qu'elle semble s'offrir un instant pour profiter des battements paisibles du coeur de Théoden, contre son oreille.

"- Je savais qu'Atye veillerait sur toi" finit-elle "...Sur nous deux.

-Je t'avoue que... je ne sais pas trop comment..."

Il s'interrompt un moment, sentant sa voix trop hésitante pour continuer. Il ne veut pas inquiéter Phadria, qui trouvait là une certaine quiétude contre lui. Même sur la pointe des pieds, nue et trempée. Alors Théoden laisse un rictus bienheureux lui échapper, tout sourire et caresse avec une lenteur parfaitement contemplative la longue chevelure de Phadria.

"-Ni grâce à qui... mais je suis heureux d'être là..."

Il embrasse la jeune Phadria sur le front, avant de lui faire remarquer.

"-J'espère que tu n'as pas prit l'habitude de te promener sans vêtements, tout de même ! Ce n'est pas que ça me soit désagréable de te retrouver ainsi, mais je ne suis pas véritablement le seul homme dans ces bois, j'imagine."

Il rit un instant, amusé de sa propre blague -comme souvent- et jette un regard alentours. Dans l'absolu, même si Théoden ne reconnaît pas ces étranges contrées à l'herbe bleue, il se doute que Phadria n'y a pas atterrit seule. Mais elle ne semblait pas s'en soucier, souriant jusqu'aux oreilles. Alors elle releva la tête et attira paresseusement à elle le visage de Théoden, afin de l'embrasser à nouveau.
Savait-elle qu'il n'y avait vraiment que ça pour le forcer à abandonner l'idée de tuer quelqu'un ?

"- Tu es le seul !" lance-t-elle, l'air de rien après avoir relâchées les lèvres de Théoden
[30/12/2016 16:17:44] Théoden: Théoden étouffe un nouveau rire, avec une moue pleine de fausse méfiance.

-Il y a intérêt !"

Fait-il, tapotant d'une main le mousquet qui pend à son ceinturon. Bien inutile de toute façon, vue la quantité d'eau qui en dégouline depuis quelques longues minutes.

"-Parce que si quelqu'un essaye de t'enlever à moi, je peux t'assurer qu'il aura une très désagréable surprise."

Tous deux échangèrent un rire complice et Phadria reposa sa tête sur l'épaule de Théoden. Il reprit ses lentes caresses, tout sourire. Le rouge lui allait rudement bien, il en était persuadé. Mais pourquoi ce changement ? Deux tours et demi avaient passés, ils auraient sans aucun doute beaucoup de choses à se dire.
Pour l'heure, Phadria semblait tout à fait insouciante, se dodelinant presque sur ses pieds.

"- Personne, personne ne pourra jamais m'enlever à toi. Ni toi à moi !"

Son exclamation le fit sourire, comme il n'a jamais apprit ce qu'il était arrivé à sa belle depuis son départ.

"- Je plains l'idiot qui essaiera.." termine-t-elle, dans un souffle.

Théoden ne répondit guère cette fois, souriant simplement. Une chose était sûre, alors. Après avoir affronté son propre père, des hordes de démon, un serpent de mer maudit, et une faille démoniaque, il était prêt à tout pour s'assurer que Phadria ne lui soit pas enlevée. A vrai dire, malgré la pleine lune, l'étreinte chaleureuse de sa belle et le soulagement de leurs retrouvailles, une ombre planait sur leur clairière.
Il la chassa vite d'un revers de la main et retrouva dans l'instant un grand sourire, franc et honnête. Celui de quelqu'un qui ne se reproche vraiment rien, et qui est persuadé de vivre un conte de fée...
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Phadria Red
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MessageSujet: Re: [PV Théoden] Au milieu du ciel, mon amour, la lune pleine ébauche un sourire.   Mer 25 Jan 2017 - 16:40





Usant à l'envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux.

Baudelaire




« Je ne la connaissais pas, celle-là...

Balançant sur ses chevilles, Phadria caressait gravement le sillon qui marquait le visage de son compagnon, légèrement au-dessus de la pommette. Après plus de deux Tours de séparation, la belle le trouva étrangement fatigué. Quelques nouvelles rides marquaient son front et le pourtour de ses yeux clairs, se le disputant avec bon nombre de récentes cicatrices ou blessures de guerre plus-ou-moins fraîches. Et il les avait toutes superbes. Emportée par un mouvement de folie, toute à lui, Phadria se pressa de nouveau contre ses lèvres. Après avoir erré si longtemps par-delà le monde connu, comment savoir quels genres de maux oppressaient son amant ?
Après son vrai et si bien acquis baiser, Phadria se laissa transporter par la chevelure nouvellement coupée de son Commodore ! Dieux, que cela lui allait bien ! Et sa mémoire cruelle se mit à lui retracer les moindres parcelles de sa physionomie le jour de leur séparation ! Il avait physiquement changé ! A l'époque, elle aurait pu jurer sur l'équité d'Atÿe qu'il aurait été impossible pour un homme de paraître plus beau qu'il l'était, lui. Aujourd'hui, elle se rendit compte qu'elle s'était trompée. Le changement lui plaisait, à elle, et, l'âme pleine d'amour, elle pouvait sentir son cœur battre de l'aile lorsqu'il la serrait ainsi contre sa poitrine !

Alors que son beau Commodore laissait danser dans sa main la sienne, effleurant du bout des doigts la cicatrice qui traversait de part en part la paume de la belle, elle s'élança tout avant, le tirant derrière elle !

''Je n'ai jamais rencontré nulle part au monde quelqu'un que j'eus aimé autant'' disait-elle. Et à sa course se mêlaient les propos du Grand Ours, sur la Verte.


''Ceux qu'on aime finissent toujours par revenir.''


Chaque seconde était un rêve. Chaque pas une bénédiction. Fini de rêver tout éveillée à ses yeux gris, à ses bras tendres et aux petits soupirs qu'il poussait lorsqu'il l'embrassait ! C'est se vouer à l'enfer qu'aimer autant ! Tout près d'eux, l'eau du lac était calme et cristalline comme un miroir. Nue comme à son premier jour en ce monde, Phadria l'entraîne toujours plus avant, de plus en plus pressée, dans une course effrénée au cœur de l'herbe bleue de ce Nouveau Monde ! La lune éclairait la rive basse, ce pourquoi on la voyait si bien dans les ténèbres. Devant les deux amants, crevant les frondaisons et les appâts de la jungle brillante comme l'argent, un arbre gigantesque trônait avec majesté, prenant ses racines, gigantesques, serpentines, jusqu'à l'intérieur du lac.
Et voilà Phadria qui pousse derrière elle son marin ! Gravissant les racines, si larges, si courbes, bondissant comme elle bondissait le long des agrès, à l'époque ! Son corps était froid comme le marbre pourtant un incendie brûlait sous son sein. Prenant toujours plus de hauteur, ils purent bientôt voir les eaux paisibles apparaître et s'éloigner sous leurs pieds.

- Attends, je crois qu'on est suivi !
- C'est mon tigre !
- Ton quoi ?

Peinant à suivre, tout encombré qu'il était par la charge de ses vêtements et de son équipement, Théoden manqua de peu de basculer lorsqu'un chat gigantesque au pelage rayé passa en trombe tout près de lui, en deux bonds, frôlant le flanc de sa belle, avant de disparaître derrière le tronc gigantesque ! En une série d'autres bonds, le prédateur avait déjà disparu. C'est qu'il n'existait pas d'arbre aussi gigantesque sur tout le Continent ! Le tronc faisait bien des centaines et des centaines de pieds de hauteur ! Phadria, par traction sur la main de son compagnon, le prise bien de ne pas s'arrêter ! Et son expression vaut à elle-seule tous les charmes de la nature ! Il était à elle, cette nuit là, et jusqu'à ce que la lune se cache et renaisse à nouveau.

Regrettant déjà la douceur de ses étreintes, la voila qui ralentit sa course folle au-dessus terre et eaux afin de lui voler un énième baiser. Et avec de l'adresse qui n'est plus à démontrer, Phadria sait attirer l'audace de tels embrassades jusqu'aux baisers de sa bouche en fleur ! A chacun de ses pas, des nuées d'insectes lumineux prennent leur envol en bourdonnant et tourbillonnant autour d'eux. Et le bruissement des oiseaux entre les feuilles les plus basses fait écho au bazar tapant contre la hanche du Commodore ! Il sembla à Phadria, qu'à chacun de ses pas, la brume s'épaississait davantage, et elle dû aiguiser davantage son regard avant de bondit d'une racine à une autre, franchissant un gouffre de plusieurs pieds avec une légèreté amusée ! En proie à l'ardeur de son amour qu'elle a tant de peine à repousser, elle n'a nul besoin de réceptionner Théoden qui, bien que chargé, semble aussi vif qu'à leur premier jour ! Phadria voit son courage : il faisait un joli contraste avec la naïveté de ses dernières entreprises, se plait-elle à songer !

S'engouffrant alors dans ce qui semble être un renfoncement naturel tout près du tronc massif, outrepassant un rideau naturelle de feuilles dansantes et de lianes tombant, elle peut enfin voir ce dont la nuit elle rêvait. La suivant de près, Théoden ne peut esquiver l'épaisse draperie de lianes qu'elle lui renvoie, l'air de rien, riant de tout. Elle avait des façons, vraiment, de désoler un pauvre amant que c'en était vraiment charmant !

Le bras et une partie du torse emmêlé dans tout ce beau monde, Théoden ne semble néanmoins pas contrarié. Se dégageant avec les dents le poignet en une fraction de seconde, il ne tarde pas à rejoindre sa belle déjà allongée sur un voile de verdure. Le tirant par le col de sa chemise jusqu'à elle, Phadria se ferait bien à l'idée de l'avoir impatienté. Une larme coule sur sa joue, s'écrasant avec lenteur sur la rondeur de son sein. Et c'est avec des mots imprégnés de musc qu'elle peut enfin laisser glisser à l'oreille de son amant :

« La lune est déjà haute. Tu attends quoi pour me faire l'amour ? »

_________________
Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main
Et fais-moi des serments que tu rompras demain
Et pleurons jusqu'au jour.
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[PV Théoden] Au milieu du ciel, mon amour, la lune pleine ébauche un sourire.
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