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 [EVENT] A Clash of Kings !

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Le Pygargue
Rajah
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Localisation : Sur le Nouveau Monde

MessageSujet: [EVENT] A Clash of Kings !   Mer 22 Fév 2017 - 22:09

Dans ton cœur, mes sanglots retentiront comme un tambour qui bat la charge !



Les six navires étaient prêts et les six capitaines avaient été désignés par le cheikh El Shrata la veille même si Hikesh Nadheeri avait était proclamé d'office capitaine de sa propre galère. Ram disposait en tout de trois galions, deux caravelles et une galère. Celui qui se faisait nommer Capitaine Masson, Nathaniel de son prénom, au service de Teikoku, avait été envoyé aux rames de la galère d'Hikhesh Nadheeri, forcé et enchaîné, en compagnie de ses hommes et pirates.
Abad El Shrata, le cheikh, partageait aux côtés de Ziksys Rah’sik, le commandement du Zayang de Karb. Il avait avec lui Phadria Red, se disant apprentie prêtresse d'Atÿe. Les galériens étaient ses propres esclaves. Le Pygargue avait été désigné, par le cheikh en personne, comme le Capitaine d'une des deux caravelle, l'Envol d'Amar.  A ses côtés, le cheikh El Shrata avait également pris soin de placer son fidèle bras-droit, Armand, ainsi qu'un dénommé Messa. Pour le surveiller.

A présent, les quatre bâtiments, arborant haut le pavillon de Ram, marchaient vers Teikoku. Formant en tout quatre colonies, le royaume de Samuel, dit Roy du Nouveau Monde, n'avait cessé au fil des Tours de s'accroître. En territoire, en effectif, en équipement.

Mais à cela, le cheikh El Shrata opposait une véritable armée de Gyrkimes, ces indigènes ailés bien décidés à chasser de leurs terres les envahisseurs ! D'après ce que le Pygargue avait compris, les centaines de Gyrkimes -peut-être des milliers ! Il ne savait même pas !- avaient déjà pris leur envol vers Teikoku, la capitale et plus grande des quatre colonies ! Mais, selon ce qu'il avait pu comprendre, les Gyrkimes attendaient que ça soit Ram qui déclenche les hostilités en premier. Comme pour prouver sa bonne foi.

Le port de Teikoku et ses bâtiments étaient la cible de Ram. Le palais du Roy, et Kafkon Samuel ainsi que son armée personnelle, celles des indigènes ailés.

Et les civils ?

Une question qui ne cessait de tourner et retourner dans l'esprit du Pygargue, tandis qu'il barrait son bâtiment. A ses côtés, Messa parlait d'une voix sèche et acerbe, comme la lanière d'un fouet. Il ne prenait pas même la peine de dissimuler la répulsion que lui inspirait cette vision d'un esclave métèque à la barre de l'un des quatre bâtiments de cette guerre du Nouveau Monde ! Abad El Shrata avait surpris tout le monde en convainquant, la veille, l'esclave du Capitaine Nadheeri afin de lui annoncer qu'il lui plaçait un commandement sur les bras. Bien sûr, le cheikh était l'une des seules personnes à savoir...

En y  pensant mûrement, Le Pygargue avait décidé que c'était une décision, si ce n'était tout à fait commune, du moins ne sortant pas de nulle part pour mériter toutes les étranges aversions qu'elle avait suscité. Pour lui, les mouvements de son cœur furent ceux d'un enfant.

Sur l'arrière est aussi loin qu'une vigie puisse voir, l'océan était à eux. L'Envol d'Amar, cette caravelle fraîchement sortie des chantiers Ramiens avait tout pour rappeler au Pygargue son regretté Prince de Palmyre. Il avait été commandant de cette caravelle impériale durant plus de dix Tours. Plus de dix Tours, passés sur mers, à faire le tour de Ryscior et des quatre mers. L'océan des Elfes Noirs, la Mer sans fin, la Passe et même les contrées secrètes de la Mer des Glaces...
Un palan laissé lâche tapa sur une hiloire de descente. Le vent restait stable. Nordet. Il soufflait dans la voilure blanche de l'Envol d'Amar. Le Pygargue avait pris la tête de l'escadre, selon les instructions du cheikh.

De la chair à canon.

Il n'oubliait pas qui soutenait son bâtiment. Les plus féroces guerriers de Ram. Et moi. Un esclave, pour les commander. Le cheikh avait fait un choix logique. Il fallait bien quelqu'un pour ouvrir les hostilités. Ces hommes assassinent à dextre et à senestre.

L'un des quartiers-maître, sur le point, cria :

« Aux bras sous le vent ! Parés à abattre ! La barre dessous !

Le Pygargue vit le pilote s’exécuter, suivant scrupuleusement les ordres qu'il avait-lui même donné. Ceux d'Armand. Ceux du cheikh. Quelque part sous la lisse de la dunette, les mains croisées derrière le dos, Tougr'h attendait. Il attend quoi ?

- Quelle est notre position, capitaine Rajah ? demanda Armand d'une voix forte afin de couvrir le grincement des enfléchures, des palans et le claquement des voiles contre leurs vergues.

Le Pygargue avait jugé plus prudent de ne pas enfiévrer les humeurs en imposant à ses hommes d'avoir pour commandant un esclave affublé d'un sobriquet d'oiseau. Par ailleurs, son maître, Hikhesh ainsi que tous ces hommes, et son fils, Palomar, le reconnaissaient sous ce nom-là. Rajah.

Le Pygargue observa le quartier-maître se déplacer, grimpant dans les filets et les enfléchures de la misaine, pointant sa lunette entre les branles. Il les devina brûlants d'être restés ainsi exposés au soleil toutes ces dernières heures. Comme à bord du Prince de Palmyre. Un rapide regard à l'astre solaire renseigna Le Pygargue sur leur position. Il l'indiqua à Armand, d'une voix calme. C'était une question de minutes avant que n'apparaisse Teikoku à l'horizon... Lothyë a l’œil grand ouvert. Non loin, un oiseau s'etouffa dans la gueule d'un nuage. Gyrkime ? Le Pygargue tenta de se ressaisir. Il était commandement à bord. Il ne devait pas piquer une crise de nerfs. Pas tout de suite.

Son cœur dissimulait le ciel et l'enfer : Le ciel lorsqu'il se rappelait avoir réussi à tenir le jeune Palomar loin de cette guerre, resté en sûreté à Amar-Medina. L'enfer quand il se rappelait leurs derniers mots échangés :

- Je ne voulais pas prendre le risque de vous perdre, s'était excusé le Pygargue.
- Tu t'imagines quoi exactement ? Que je vais te féliciter ? Te souhaiter bonne chance et te laisser aller en guerre, seul !

Il avait dû s'abriter derrière ses coudes afin d'éviter le déluge de chaussures et chemises que lui balançait à la figure Palomar.

- Tu n'as rien compris ! Tu n'as rien compris aux choses d'Atÿe et tu n'as rien compris à l'honneur de Ram ! Tu n'es même pas Ramien ! Tu n'es pas Impérial ! Tu n'es plus personne ! Tu n'es plus rien ! Un esclave ! Je devrais te faire battre, comme on le ferait avec un chien désobéissant !

Il avait encore mangé plusieurs semelles de chaussures, puis avait dû quitter la tente tandis qu'un tas d'objet divers exécutait leur baptême de l'air.

Palomar aurait pu le battre autant qu'il l'aurait pu, cela ne changeait rien à la situation. Le Pygargue avait réussi à convaincre le Capitaine Nadheeri ; il n’emmènerait pas son fils en guerre contre Samuel. Palomar restait. Le Pygargue partait. Il n'était pas prêt à enterrer de ses mains la personne qu'il aimait plus que tout sur ce monde. Finil, Lothyë, Atyë, faites que je revienne. Que nos derniers mots ne soient pas ceux-là. La veille, celle qu'il avait connu en tant que Madame Red avait prié pour lui, appelant sur ses épaules la bénédiction d'Atÿe. Se sentait-il plus fort pour autant ? Non...

- Souviens-toi, Rajah, lui avait dit Hikhesh Nadheeri peu de temps avant le lever de l'aube -tous deux n'arrivaient pas à dormir, comme tout le monde dans la colonie, en fait-. Ne perds jamais de mémoire ces trois mots, car ils pourront te sauver la vie. Tu es Ramien.

Tu es Ramien. Le Pygargue les répéta mentalement une bonne dizaine de fois, au moins. Tu es Ramien. Plus Impérial. Qu'allons-nous faire, au juste ? Destituer un roi, d'accord. Mais surtout, détruire une colonie. Des colons qui n'avaient rien demandé. Incendier, couler les bâtiments de Samuel. Réduire à feu et à sang le port encore en construction de Teikoku. Lâcher, tels des chiens affamés, Tougr'h et ses sbires sur la petite ville. Ils massacreraient hommes, femmes et enfants, sans exception. Aux côtés de ceux-là qu'on appelait les Gyrkimes...

Tu es Ramien. L'Empire d'Ambre n'aurait jamais cautionné une telle boucherie. Tu es Ramien, maintenant. Tu es Ramien. Un instant, le Pygargue se surprit à haïr le cheikh El Shrata. Le sultan Qassim Anar et tous ces subordonnés, à l'abri dans un palais de marbre et d'ivoire. Une main de fer dans un gant de velours. Ici, la vie vaut moins que l'acier qu'on emploie pour vous l'ôter. Le Pygargue plaignit tous ces pauvres gars qu'on envoyait en enfer. Nous sommes tous prêts à mourir pour un roi qu'on ne rencontrera sans doute jamais.

Tu es Ramien.

Il lui sembla entendre le fantôme de son frère penché sur son épaule murmurer au creux de ses oreilles : ''tu es devenu ce que tu hais."

Combien de pirates avait-il tué ou emprisonné sans l'ombre d'un remords ? Combien qui s'étaient livré aux même opérations auxquelles il se livrait-lui même aujourd'hui ? Et c'est toi qui commande.


Si encore il y avait parmi les Teikokujins de francs-vauriens, la mission aurait été plus facile à exécuter. Mais Phadria, qui avait tout raconté des derniers événements ayant eu cours dans sa vie, avait dépeint auprès de l'impérial un portrait des teikokujins qui en faisait des hommes valeureux, courageux. Et surtout bornés. Prêts-à-tout pour l'honneur. Le Capitaine Nathaniel Masson correspondait bien à cela. Le Pygargue le revoyait encore, franchir les palissades de Amar-Medina, le pavillon Teikokujin entouré autour de son bras droit, encadrés de Gyrkimes qui les brusquaient de toutes parts. Et les premiers mots de Masson avaient pourtant été : "Nous sommes Teikokujins. Nous venons en paix."

Si ils avaient su...

Le pilote saisit alors à pleines mains les drosses du gouvernail. Une vigie cria, du haut du nid-de-pie :

"Terre en vue !"

Le Pygargue rectifia :

"Teikoku en vue !"

Armand leva haut le poing :

- Tous à vos postes !

Les voiles, de même que la coque de l'Envol d'Amar, brillaient comme du verre, brûlées par le soleil et durcies par le sel. Le Pygargue vit Kassarine s'approcher du banc de poupe de la caravelle, comme s'il désirait scruter le mouillage. Ca n'est pas le cul du bâtiment qui l’intéresse. Le soleil était à son zénith. Les archers teikokujins auraient du mal à viser leurs assaillants. Et Kafkon brûlerait vif. Les hommes avaient déjà dégainés leurs armes et scandaient le nom de Ram !


La Guerre du Nouveau Monde commençait !









- Ordonnez au maître bosco de faire paraître par signaux aux bâtiments teikokujins amarrés une reddition, dit le Pygargue. Si ils acceptent de se rendre et nous ouvrent les portes de Teikoku, je m'engage à leur laisser la vie sauve.

Armand protesta :

- Ce ne sont pas les ordres du cheikh El Shrata !
- Ce sont pourtant les miens, répondit d'une voix calme le Pygargue en se retournant vers Armand. Je ne suis point disposé à massacrer d'honnêtes marins sans leur laisser une chance.

Armand le brusqua, élevant la voix et lui parlant comme s'il fut un petit enfant :

- Mais vous êtes débiles ou quoi ? Nous sommes en guerre ! Le sultan Qassim Anar souhaite voir tomber Teikoku !
- Elle tombera d'autant plus facilement si ses habitants nous ouvrent d'eux-même les portes. Et nous aurons moins de morts à enterrer demain.

Il se faisait peu d'illusions. Armand dû concéder au Pygargue qu'il avait raison sur ce point. Les teikokujins firent en réponse aux Ramiens pavillon à l'image de leur audace. Ils se battraient. Jusqu'à la mort. Le Pygargue respira à plein poumon l'odeur d'ail que les hommes de Tougr'h utilisaient pour frotter leurs lames. Il connaissait aussi bien qu'eux les propriétés anticoagulante de l'ail lorsqu'on en frottait ses lames. Cela facilitait les hémorragies. Derrière la caravelle commandée par Rajah, la galère de son maître, Hikhesh Nadheeri. Puis plus loin, se dessinant à peine sur la ligne d'horizon, le bâtiment de Nassam puis celui du cheikh. Déjà, le ciel s'était couvert d'une nuée, immense, de silhouettes ailées qui fondaient sur Teikoku. Les premières flèches de feu furent décochées. Les baraques de paille, de chaume et de feuilles de palmiers s'embrasèrent en un éclair ! Déjà, les femmes et les enfants se précipitaient dans la jungle. Les malheureux l'atteignaient rarement, fauchés par les lames affûtées d'un ou deux indigènes qui tombait des nues. L'atmosphère se couvrit de plaintes, de piaillements, de bruits de lames s'entrechoquant et de hurlements d'agonies. Il sembla en cet instant que tout, même l'enchantement, tournait à l'horreur. En un éclair, il fut fait de l'infamie une gloire, de la cruauté un charme.

Déjà, les navires teikokujins, peu montés, de nombreux deux-mâts, tous arborant haut le pavillon de leur Roy, avançaient vers la caravelle. A cet instant, Le Pygargue savait que sa tête à lui, pour les hommes en face, valait la rançon d'une frégate. Ses doigts étaient froids comme le marbre lorsqu'il effleura le long arc courbe passé autour de son torse. Son œil fixe, dur et glacé, et ses membres raidis. Bientôt bord-à-bord, le Pygargue voyait se peindre sur le visage de ses adversaires la plus dure des témérités. Le petit régiment royal des vaisseaux de Samuel s'animait ! Officiers, matelots, soldats et soldats d'augmentation de la marine grouillait sur le pont comme autant d'adversaires prêts à en découdre.

Alors ce fut l'abordage !

Tels des loups, Tougr'h et les siens se jetèrent sur les teikokujins les plus audacieux qui se jetaient à leurs bords ! Flanc contre flanc, la caravelle et le brigantin de Samuel encaissèrent le choc ! On massacra à tour de bras !

- Jamais les Dieux n'ont octroyé aux mortels de lots sans souffrance, cria Pygargue afin de motiver les hommes qu'il commandait. En avant ! Pour Ram !

Et son cri fut repris par des dizaines de bouches et de cœurs :

- POUR RAM !

Le Pygargue frappa d'estoc vers le haut afin de repousser un premier adversaire ! Il disposait de l'épée la plus légère d'Amar-Medina, sans contexte. Il savait qu'il ne s'en servirait pas longtemps ! Son fer était effilé autant pour l'estoc que pour la taille !

Souviens-toi. Danse.

Il repoussa de nouveau son adversaire, le même, qui chargea une seconde fois ! Il ne fut pas difficile à désarmer. Deux autres teikokujins se jetèrent sur lui, et le Pygargue dû cette fois reculer, leur cédant du terrain. Son épaule commençait déjà à l'élancer. Il gambilla, ferme sur ses chevilles, puis entama la valse. Il espérait au plus profond de lui-même que l'entraînement qu'il avait offert aux hommes du Cheikh, et les notions de danse qu'il avait tenté de leur inclure leur servirait aujourd'hui. Il entama un balancé bienheureux qui permit à sa lame de s'enfoncer dans la poitrine de l'un des deux hommes. Il sut qu'il avait perforé le poumon droit. Mais le temps n'était pas à la réflexion ! En un battement, il pirouetta de nouveau sur lui-même et se débarrassa de son dernier adversaire !

Puis il abandonna son épée !

Aussi vif que la foudre, le Capitaine de l'Envol d'Amar gagna les enfléchures du grand mat. Et il entama son ascension ! Au-dessus du pont transformé en enfer ! Il montait, les yeux fixés sur le croisillon et la courbe de la toile gonflée ! Il atteignit ce croisillon et put enfin se hisser par-dessus la barricade de la grande vergue ! L'espace d'un instant, il se trouva dans le vide au-dessus de l'eau noire ! Ne regarde pas en bas.  Comme à bord du Prince de Palmyre. Les huniers qui se gonflent, bien étarqués, paraissaient lui donner du courage ! Il passa la grande vergue, le cœur battant la chamade dans sa poitrine ! Le vent, plus vif à cette altitude, lui arracha son capuchon ! En une seconde, il se retrouva stable sur la grande hune. A plusieurs mètres au-dessous de lui, la mêlée rugissait, comme une bête affamée de chair !

Il se saisit de son arc et le banda.

Rares étaient ceux qui le savaient : Rajah était le plus adroit des hommes un arc à la main. Accompagnant la caravelle dans chacune de ses oscillations sur l'eau, il se surprit même à lui parler :

- Là, ma belle. Calme.

Une fois bien stable sur la passerelle de bois, le dos collé au grand mât, il décocha.

L'horreur paralysante de la guerre. L'acier ennemi bord à bord. Flèche après flèche, il abattit les teikokujins à son bord sans qu'il n'eut besoin d'en tirer deux pour le même adversaire ! Sur le bois gonflé et humide du pont s'abattaient des fois, s’aplatissaient des cœurs encore palpitants, se diluait des regards vagues de tièdes globes oculaires, s'écrasaient des testicules, giclait le sang. Le regard ferme et concentré du Pygargue du haut de sa hune visait ses ennemis comme des bouches d'arquebuses. Un-à-un, les teikokujins s'écrasaient sur le pont poisseux de sang !

Une flèche frôle son oreille et il sursauta en se plaquant davantage contre le grand mat. Sitôt qu'il eut repéré les tireurs teikokujins, il leur donna le change ! Les uns après les autres, les tireurs partirent solder leurs comptes auprès de Canërgen !

Son épaule recommençait à le tirailler, malgré toute la prévenance de son choix concernant l'arc qu'il avait bandé déjà plus d'une centaine de fois. Pas maintenant ! Pour chaque flèche résonnait à son oreille les paroles du Capitaine Hikhesh. Tu es Ramien. Lothyë regarde, disait Ram. Le Pygargue se demanda où pouvait bien regarder Ohiel en cet instant.

Oublie l'Empire. Tu n'es qu'un paria. Tire. Tue pour Ram.

Sa concentration brisée, le Pygargue ne vit pas venir le marin qui avait entamé à son tour l’ascension du mât ! Ses mains et ses pieds nus en rythme, rapide comme un singe, le teikokujin, un couteau entre les dents, la chemise ample au vent, réduisait la distance qu'il y avait entre eux deux en un rien de temps ! Le Pygargue trouva dans les façons de son adversaire un exemple parfait du soldat jeune et brave, et que sa bravoure finit par perdre. Alors qu'il s'apprêtait à atteindre à son tour l'espalier de bois, au-dessus de la vergue, sa silhouette se découpant sur la voile blanche de la caravelle dansante, le Pygargue arqua son arme une ultime fois, flèche prête à être décochée ! La pointe de la flèche se trouvait exactement entre les deux yeux du teikokujin au couteau !

C'est une femme...

Dans ce geste si enivrant, le temps parut se suspendre ! L'éducation impériale du Pygargue avait fait de lui, Mickaël Vinzent, la galanterie faite homme. Il songea qu'elle aurait pu être sa fille et ne put se résigner à tirer. Je ne suis pas Ramien.

Alors elle atteignit la grande hune ! Un feu brûlant à l'intérieur de ses yeux ! Le Pygargue vit très distinctement le couteau passer de ses lèvres à ses doigts, et elle frappa ! La lame s'enfonça entre ses côtes ! Il lâcha son arc, bascula en arrière, puis ce fut la chute ! C'était un gigantesque mérite pour l'ennemi que de s'être ainsi débarrassé du meilleur guerrier de l'Envol d'Amar !

Le Pygargue parvint à se rattraper comme de juste à la grande vergue ! Il tenta de faire basculer son corps afin de s'y hisser !  Il lui sembla alors que sa blessure à l'épaule, faite de la main de Théoden des Tours plus tôt, se déchira de nouveau, et une douleur immense lui mordit le bras ! Il lâcha prise et s'écrasa pour de bon sur le pont ! Conscient, il distingua non loin la voix d'Armand !

- ..e...o..man.dant..ient..e..tom..er !

Puis une explosion gigantesque ! Et l'Envol d'Amar appareilla pour l'enfer, faisant feux de tous bois !


Dernière édition par Le Pygargue le Jeu 22 Juin 2017 - 2:35, édité 5 fois
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Phadria Red
Je suis à toi pour toujours
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MessageSujet: Re: [EVENT] A Clash of Kings !   Jeu 23 Fév 2017 - 0:29

Laissez-moi dire,
N'accordez rien.
Si je soupire,
Chantez, c'est bien.

Hugo



« C'est l'Alvaro de la Marca.

Phadria rendit la lunette de marine à Abad à côté d'elle.

- Et il arbore sur son artimon le pavillon de Teikoku.

Elle songea que la situation n'aurait pu être pire. Les mots de son loup de mari lui revinrent en tête. Elle ne se souvenait plus en quelle situation il les avait prononcé :


" Si un seul résiste, je n'aurai de pitié pour personne !"


- Franco...Corsaire ? Ça sonne comme une mauvaise blague...

Phadria fut profondément touché par la perte de la caravelle commandée par Le Pygargue. Devant eux, l'Envol d'Amar se consumait, des voies d'eau un peu partout dans sa coque, entamant son dernier voyage, par les flammes et le fond. Il avait suffit d'une seule bordée de l'Alvaro.

- Les Dieux le puniront, ajouta-t-elle à voix basse, il est injuste. Il devra craindre l'équité d'Atÿe ! Ses crimes l'enchaîneront, et il vivra rongé par les remords !

Mais pour l'heure, tandis que, devant eux, la caravelle Ramienne était la cible des canons du titan qu'était l'Alvaro de la Marca, Phadria sentait bien que Abad se foutait pas mal de la justice des Dieux !

- Que fait ce pirate au port de Teikoku ? demanda Abad en contenant difficilement la colère qui perçait chacun de ses mots, je croyais que le Roi-Pirate n'était assujetti à personne !
- Je le croyais aussi. A moins que...

Franco, capable de supporter à peu près tout, sauf qu'on lui parle de haut...au service d'un roi ? L'Alvaro qui montrait les dents faisait sur le navire à présent démâté l'essai de toutes la férocité de ses bouches à feu !

- Il a démâté, commanda Abad en regardant dans la lunette, mais on dirait qu'ils essaient de lui regréer un mât.
- C'est perdu d'avance, lâcha Phadria en un souffle, un goût de fumée et de mort subite sur les lèvres.

Le pont de la caravelle, devant eux, s'ouvrait de toutes parts, de l'étrave à la poupe quand le métal chaud de l'Alvaro faisait irruption à l'intérieur. Leur misaine était en feu, et l'incendie se propageait déjà sur le gaillard. La pompe ne répondait plus. L'eau s'infiltrait de toutes parts. Phadria imaginait aisément l'inondation qui gagnait à vu d’œil les entreponts et les cales. La caravelle était déjà dans le lit d'Ariel. L'Alvaro avait compris, et Franco avait ordonné un changement de cible. C'était à présent la galère commandée par le père de Palomar qui devait endurer la bordée terrible du géant noir !

- Je veux la tête de ce pirate ! maugréa Abad entre ses dents serrées.
- Tu peux toujours la désirer, répondit du tac-au-tac Phadria. Mais si personne ne fait rien, ça sera au purgatoire, en enfer ou ailleurs !
- Il a de la poudre et des canons que nous n'avons pas ! rappela la sentinelle de Ram en apportant une énième fois la longue-vue à son œil !

Les fusiliers de l'Alvaro s'éloignaient déjà de son arrière, organisés presque autant qu'un bataillon, afin de se déplacer sur le côté bâbord du bâtiment, visant la galère qui répliquait déjà par un tir de flèches en feu s'écrasant sans succès sur la coque du pirate ! Sur toute la muraille bâbord, les douze livres s'étaient ébranlés afin de se coller à leurs sabords ! Le navire de Franco Guadalmedina montrait les dents ! Phadria connaissait assez bien cela, afin de savoir que dans les chambres à feu de l'Alvaro, la chaleur était assez forte pour vous griller la peau à une encablure. Et à bord de l'Envol d'Amar en feu, elle devait l'être à présent suffisamment afin de griller tout court les malheureux encore debout sur le pont !

- Laisse-moi y aller ! rugit Phadria en accrochant le bras d'Abad ! C'est à cause de moi qu'il est ici ! Je suis la seule à pouvoir convaincre Franco de cesser le feu ! »

_________________
Mets ton front sur mon front et ta main dans ma main
Et fais-moi des serments que tu rompras demain
Et pleurons jusqu'au jour.
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Abad El Shrata du Khamsin
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MessageSujet: Re: [EVENT] A Clash of Kings !   Dim 5 Mar 2017 - 13:45

Ce matin là à Amar-Medina, on préparait la guerre.
Abad connaissait la guerre, il avait combattu l’Ost Noir : les guerres sont bruyantes, l’entrechoquement des épées mêlés aux cris d’agonis des hommes inhibent le cerveau de toute capacité de réflexion. Ce que l’on ressent pendant le combat c’est l’ivresse, l’ivresse du sang certes, mais trop oublient l'ivresse du son !
Pourtant, l’espace d’un instant, Abad, qui se tenait sur les berges du port, se demanda  si la préparation de la guerre n’était pas finalement plus bruyante que le champ de bataille : on entendait fuser les commandements de tous les côtés: ‘’ Toi là, passe moi la corde ! ‘’, ‘’ Les archers suivez moi ! ‘’ , ‘’ Allez bougez vous bandes de mollusques vous êtes plus à l’école ici ! ‘’. Même si Abad avait eu ses différents avec Tougr’h, au moins on ne pouvait pas lui enlever qu’il savait mener ses hommes.
Armand étaient à ses côtés et les deux hommes se tenaient un peu à l'écart. Alors que les marins et les guerriers s’affairaient autour de lui, Abad lui était plongé dans l’observation des six navires amarrés devant, tanguant en harmonie avec le clapotis des vagues.


A l’Ouest s’élevaient fièrement les trois galions de la flotte d’Amar-Medina, côte à côte, tels trois frères prêt à combattre. La brume s’était déployée sur l’océan ce matin là et elle serpentait nonchalamment entre les cales des bateaux. Abad connaissait bien les deux bâtiments se tenant à l’extrême Ouest puisque c’était avec eux qu’il avait fait le voyage depuis Ram.
Mermisan et Zayang des Karb, tous deux des bijoux en matière de construction nautique, ayant chacun demandé plus de trois ans de travails aux ingénieurs et artisans des chantiers navals de Ram.
Bien que plus petit, Taroko, leur petit frère qui se tenait sur leur flanc Est n’avait rien à leur envier, lui aussi hissé au rang d’oeuvre d’art par les mains Ramiennes.

Le soleil était à présent déjà bien levé à l’horizon et tandis que ses rayons vibraient en rouge et or dans les voilures des navires, le port déjà grouillant, se remplit encore d’autres hommes et femmes venus voir le départ des troupes.

Son regard se détacha des triplés pour venir se poser sur les deux caravelles. Celle à sa droite, La Vierge du Nouveau Monde, elle aussi Abad la connaissait bien puisque c’était sur celle-ci qu’il avait traversé l’océan un an plus tôt. Pendant les longs mois qu’avait durée la traversée de l’océan, leur relation avait été en dent de scie. Il avait été amené à aimer et à détester cette bicoque, voir même vers la fin du voyage, quand la terre le manquait plus que tout, il l’avait haï. Mais bizarrement la revoir aujourd’hui le rendait un brin nostalgique. Bien sûr, il avait pu l’apercevoir tous les jours depuis les hauteurs de sa hutte, mais il n’avait jamais pris le temps de venir la voir de près comme aujourd’hui. Il ne put s’empêcher de lâcher un sourire.  A ses côtés se tenait L’Envol d’Amar, l’autre caravelle arrivée il y avait un mois de celà avec le Taroko ainsi que la galère à voile qui se tenant juste derrière elle, appartenant à Hikesh Nadheri, un haut placé de Ram qui lui avait donné le nom de Pervissa.

La veille, Abad, Armand et Tougr'h s'étaient entretenus dans la hutte du Sheik. Ils avaient une fois de plus mis en revue leurs effectifs, planifier leur division parmis les différents navires et peaufiner leur manoeuvre d'attaque. Ils disposaient en tout de 325 guerriers dont 95 archers, 95 lanciers et 135 épéistes. Les caravelles etant les navires les plus rapides, elles seraient placées sur les côté, quant aux galions ils avanceraient en bloc de manière à obstruer complètement le port. Les galions frapperaient la terre en premier et délivreraient leurs armées dans Teikoku, 50 épéistes furent donc assignés à Taroko, qui prendrait la tête du cortège ; 40 pour Mermisan ainsi que 40 pour Zayang des Karb, assistés chacun de 30 lanciers. Les archers seraient principalement assignés aux caravelles dont le but était aussi de couvrir les galions ainsi que leurs hommes lorsqu'ils marcheraient sur Teikoku : 45 pour la Vierge et 45 pour l'Envol c'est ce qu'il fut décider.  Le reste des hommes, soit 5 archers, 5 lanciers et 5 épéistes seraient placés sur la galère qui fermerait la marche. La formation choisie fut celle de la croix cardinale avec le Taroko à sa pointe, le Mermisan à son arrière gauche, le Zayang des Karb à son arrière droite et Pervissa en queue. Les deux caravelles seraient placés sur les avants gauches et droits. Abad avait assigné à Mermisan et Zayang des Karb les mêmes capitaines ainsi que les mêmes équipages qu’à l'aller, c’est à dire tous deux vingt cinq matelots ainsi que les frères jumeaux Ertan et Ziksys Rah’sik et guise de capitaine. C'est aussi dans ce dernier que monterait Abad ainsi que la prêtresse Phadria. Quant au Taroko il disposerait de vingt matelots, là aussi les mêmes que lors de son voyage aller et ce serait le capitaine Askang Morkin qui prendrait la barre. Pour l'Envol, et contre les avis de tous, ce serait Pygargue qui prendrait la barre, mais accompagnés et surveillés par Armand ainsi que le Capitaine Messa. Le capitaine Reda prendrait quand à lui la tête de la deuxième caravelle, la plus lourde et la plus difficile à manier. Quant à Hikesh serait à la tête de son propre navire, il en allait de soit.

Spoiler:
 

Ce fut à son tour d'embarquer. Un an. Presque un an qu’Abad n’avait pas remis les pieds sur un bâteau. Néanmoins, alors qu’il posa un pied sur le pont de du Zayang des Karb il s’aperçut qu’il n’avait rien oublié du cette sensation du sol dansant sous ses pieds, des effluves de mer s’échappant de chaque parcelle de bateau, des craquements du bois qui travaille, des bruits de pas des marins qui s’affairent claquant sur le bois mouillé.

Alors les galions partirent, suivis par les caravelles qui, plus rapides, les rattrapèrent promptement. Enfin la caravelle leva l'ancre et ferma la marche. Tandis que le cortège s’éloignait des côtes, Abad, qui se trouvait sur la partie inférieure du pont, s'accouda un instant à la rambarde. Il regarda s’éloigner Amar-Medina, qui grignotait une bonne portion de forêt côtière. Il se remémora leur arrivé, à lui et son équipage, dans ses terres hostiles où les avaient placé les Gyrkimes. Il repensa aux longs et pénibles mois qu’avaient pris la construction du camp : il avait tout d’abord coupé du bois pendant des jours et des nuits, utilisant les matériaux qu’ils avaient ramené de Ram pour ouvrir une scierie. Ils s’étaient ensuite servis de ce bois pour fabriquer plusieurs huttes. En un mois chaque colomb disposait d’un endroit où dormir. Ils avaient aussi aménagé des fermes, des champs ainsi qu’une mine.
Ce temps là lui paraissait tellement loin, et tandis que le fruit de tout son travail se perdait à l’horizon, il ne put que se sentir fier de ce qu’ils avaient accomplis, lui et ses hommes.  

Abad regarda vers le ciel : bleu, sans nuages, légères brise.
Un temps parfait à la navigation, pensa-t-il.
Les bateaux voguaient toutes voiles dehors, remontant prestement l'océan azur pour se diriger tout droit vers l'inconnue Teikoku.

Tout à coup, Abad aperçu un éclair rouge apparaître au coin de sa vision, il tourna la tête pour trouver Phadria, qui était elle aussi appuyée sur la rambarde du pont supérieure. Son tigre était lui aussi présent, et frottait fougueusement sa tête contre la hanche de la jeune femme. Celle-ci sourit, lui caressa la tête et l'arrière des oreilles, puis murmura quelque chose et le tigre s'assit. Elle replaça une mèche derrière son oreille et tourna la tête vers le large, le sourire toujours aux lèvres. Ses cheveux carmins flottaient derrière elle comme un drapé tandis qu'elle scrutait l'horizon. Abad n'avait jamais vu plus belle femme. Son visage était le théâtre d'un spectacle de lumière : les rayons du soleils qui se réverbéraient sur l'eau venaient illuminer par touches de lumières son front, son nez, ses joues, son menton au grès des vagues. Mais elle avait arrêté de sourire à présent et son visage reprit une expression neutre.
Soudain sa main droite lâcha le garde corps pour se poser sur son ventre. Et alors Abad cru voir des larmes couler le long de ses joues d'albate, qui brillaient au soleil comme des diamants. Elle semblait être la femme la plus triste au monde à présent. Une fraction de seconde, Abad voulut la réconforter, savoir ce qui la rendait si triste, lui parler un peu, mais il s'en interdit : cette femme aussi belle qu'elle soit, aussi pure qu'elle paraissait être, avait participé au massacre de son Sultanat natal. Elle avait été pirate, elle avait commandé aux ordres de Phadransie la Noire, non, il ne pouvait pas aller la voir. De toute façon la belle ne lui en aurait pas donner le temps car elle tourna précipitamment les talons puis disparut derrière la cloison, suivie de son tigre.
Abad resta figé un instant. Il demeurait perplexe. Comment une ancienne pirate pouvait se revendiquer prêtresse ? Comment Atÿe aurait-elle pu accepter une meurtrière dans ses ordres ? Plusieurs questions sans réponses se bousculèrent dans sa tête.

Son regard se perdait à l'horizon, la mémoire de Phadransie la Noire avait ramené à la surface des souvenirs douloureux et avec eux une once de rage qui lui rongeait l'estomac. A chaque fois qu'il pensait à elle durant la journée, il faisait des cauchemars pendant la nuit, un en particulier, encore et encore, cette nuit ne dérogerait pas à la règle.
Quoique depuis qu'il avait quitté le Vieux Continent, ses cauchemars s'étaient faits plus épars. Leyla emplissait encore ses rêves mais Péri l'avait remplacé peu à peu.
Deux jours plus tôt, lorsque les Gyrkimes étaient partis, elle était venue le voir.
'' Nous partons, lui avait-elle simplement dit. Nous vous attendrons dans la forêt aux abords de Teikoku comme Gogûa t'a dis. Ne nous oubliez pas. Ne m'oublie. ''
Il avait répondu par un hochement de tête, puis elle l'avait embrassé avant de partir sans se retourner.
'' La mer est calme, le vent emplit nos voiles, nous voguons à vitesse idéale. Nous arriverons dans deux jours. Rien à signaler de vôtre côté Sheik ? ''
Ce fut Ziksys qui le tira hors de ses pensées.
'' Non, non ... je veux dire oui en effet, un temps parfait à la navigation ... '' balbutia-t-il d'abord. Puis il ajouta :
'' Dîtes à l'équipage de surveiller cette Phadria, la fille aux cheveux rouges. Elle ne m'inspire pas confiance."
'' Bien Sheik, j'en parlerai à l'équipage. Le soleil est haut dans le ciel, il ne doit pas être loin des midi, ne m'en voulez pas Sheik mais je vais aller manger. ''
'' Allez-y Capitaine, je vous rejoins.''
Puis Zyrksis avait pris le chemin des cuisines.
Abad ne tarda pas à bouger lui aussi. Il se dirigea d'abord vers les cuisines, mais sur le chemin il s'aperçut qu'il n'avait pas faim. Il décida de rejoindre sa cabine.

La pièce était plongée dans la pénombre. Seul un rayon de soleil filtrant à travers les rideaux faisait danser les particules de poussière flottant dans la pièce. Abad s'allongea sur sa couchette. Alors qu'il observait ce singulier ballet devant ses yeux il s'assoupit peu à peu et bientôt il sombra dans le néant.

Les ténèbres. Ils l'entourent, l'enveloppent, le pénétrent. Une lumière, loin, si loin.
Il doit l'atteindre, son instinct lui ordonne mais c'est comme si il n'avançait pas. Sur le côte une silhouette qui se dessine. Une ... Non, deux personnes. Mais leurs positions est bizarre, on dirait que ''TOK'' l'une est penchée sur l'autre. Il avance, et les silhouettes dans le noir laissent place à deux femmes. ''TOK''. Il les contourne car elles lui tournent le dos. ''TOK"
Alors que la scène se dessine devant ses yeux il est parcouru d'un frisson d'horreur "TOK TOK"
C'est Leyla sur le sol, les yeux révulsés, un bras en moins. ''TOK'' Penchée sur elle se trouve Péri, entrain de la manger vivante. Elle redresse la tête et croise son regard ... ''TOK TOK TOK''


Abad se réveilla en sursaut. Il mit un moment à se rendre compte que ce n'était qu'un rêve. Sa cabine était plongée dans le noir maintenant, dehors la nuit était tombée. Il lança un regard vers la porte, il lui semblait qu'il avait entendu quelqu'un frapper. Il se leva péniblement et l'ouvrit. Rien. La lumière des chandelles dans le couloir l'aveuglèrent un peu. Il regarda au sol. Un détail attira son attention. Il se pencha et prit entre ses doigts ce qui semblait être une boule de poils, de couleur noire et orange ...

Il resta un petit moment assis sur sa couchette. Tapotant de son index le petit amas qu'il avait placé dans le creux de sa main droite. Il savait à qui elle appartenait, ce n'était pas comme si il y avait trente-six animaux sur ce bateau. La véritable question était : devait-il aller parler avec son propriétaire ?
Il savait où se trouvait la chambre de Phadra Mary Red, il lui suffisait de traverser le couloir pour aller la retrouver ...
Soudain, il referma sa main sur la boule de poil, se leva et passa la porte d'un pas déterminé. Lorsqu'il arriva devant la cabine de la jeune femme celle-ci était fermée. Il frappa trois coups ;tok,tok,tok. La porte s'ouvrit légèrement et alors le visage de la belle apparut dans l’entrebâillement. La moitié de son visage était cachée par la porte, l'autre à peine éclairé par la lumière orangée des candélabres qui faisait ressortir les taches dorées logées dans ses yeux verts.
'' Bonsoir Sheik, vous ne dormez pas ?
Abad ne répondit pas. Il se contenta de montrer l'objet au centre de sa paume.
- J'ai trouvé ça au pied de ma porte.
Phadria baissa les yeux. Au bas de la porte apparut la tête de son tigre, dont on ne voyait que l’œil droit. Il regarda Abad d'un air mauvais.
Phadra releva la tête, un brin gênée, puis elle lâcha un petit sourire, ferma la porte afin de retirer la chaînette qui la retenait et la rouvrit doucement, invitant Abad à entrer sous le regard désapprobateur de l'animal.
Phadira invita Abad à s'asseoir sur sa couchette mais le tigre s'y précipita. En un clin d’œil il s'y était déjà roulé en boule, apparemment pas du tout prêt à bouger. Phadria lui lança un regard noir et redirigea Abad vers une des chaises à côté du bureau. Elle prit la deuxième.
Abad jeta un coup d’œil au lieu. A vrai dire il connaissait cette chambre, elle avait appartenu à Richard lors de la traversée un an plus tôt. Elle était spacieuse et confortable, disposant même d'un hublot, ce que peu de chambres à part les deux cabines de capitaines avaient la prétention de posséder.
'' Tu as de la chance, tu disposes d'une des meilleures chambres du navire.
- Cela ne m'aurait en rien dérangée de dormir dans les dortoirs mais vous me l'avez interdit.
- C'est vrai et il y a une raison derrière cela. Tu es la seule femme sur ce bateau, je ne veux pas qu'un incident se produise. Je connais mes hommes mais je ne veux tenter Cenergen. Aussi vois-je mal ton tigre cohabiter avec les autres membres de l'équipage.
- J'ai déjà été amenée à cohabiter avec bien pire, elle posa une main sur son ventre, une nouvelle fois. Ses yeux semblèrent se perdre un instant dans le vide. Ah et celui là, ajouta-t-elle tout à coup en tournant la tête vers le tigre sur la couchette, il ne m'appartient pas. On va dire que je m'en occupe le temps qu'il retrouve son propriétaire.
La bête ouvrit un œil.
- Un membre de ton équipage ? Un pirate ? demanda Abad, suspicieux.
- Notre chef cuisinier. Mon meilleur ami. Un orque.
Abad déglutit. Allaient-ils devoir affronter des orques maintenant ?
- J'aimerai savoir pourquoi tu as frappé à ma porte tout à l'heure ? demanda Abad en venant aux faits.
Phadria tritura une mèche de cheveux.
- Je ... je me suis rendu compte que je ne me suis jamais vraiment excusée pour ce que j'ai pu faire subir à votre peuple et j'étais venu pour le faire, vraiment, mais vous avez mis du temps à ouvrir la porte et je ne savais pas comment réagir alors je me suis dégonflée. Mais je tiens à le faire maintenant. Je m’excuse.
Elle prit ses mains dans les siennes.
- Croyez moi, j'était différente en ce temps là. J'ai fais couler beaucoup de sang, j'ai volé, pillé, tuer, assisté à des viols sans broncher et c'est quelque chose qui me ronge, tous les jours. Mais je ne suis plus comme ça, je sers Atÿe maintenant, je crois en l'amour et je l'ai moi même trouvé. Je ne veux plus de cette vie de barbare, tout ce que je veux c'est vivre la mienne, simplement, aider les autres et élever mon fils, dit-elle en jetant un baissant les yeux vers son ventre encore plat.
Abad s'en doutait, elle était enceinte.
- Combien de temps ? demanda-t-il.
Elle ne répondit pas.
- Franco ?
- Non ! Jamais ! balança-t-elle avec un geste de la main. Ses yeux s'étaient soudaien remplis de rage.
- Ais-je touché une corde sensible ?
- Non, désolé mais ...
Elle prit une grande inspiration puis dit :
- Cet homme représente ma vie passée, tout ce que j'ai été ou tout ce que j'ai pu approuvé que je ne conçois plus maintenant. Il n'est que vices et péchés et m'a fait tellement souffrir, m'a réduite à néant et fait perdre tant de temps, trop de temps. Je pourrais être si loin d'ici si je ne l'avais pas rencontré. Je le hais comme il ne m'est plus permis d'haïr un être humain.
Abad la regarda sans prononcer un mot. Ce fut comme si une effluve constant de tristesse et de souffrance émanait de son visage. Même le tigre avait quitter sa couchette pour venir se frotter contre sa maîtresse de subsitution.
Abad retira sa main droite de celles de Phadria et vint la placer au dessus.
'' Je te pardonne. ''
Elle leva la tête et croisa son regard :
A son tour Abad prit une longue inspiration :
- Si toi aussi tu ne cautionnes plus la piraterie alors nous sommes dans le même camp. J'estime que tu as été otage dans ce bateau. Sache cependant que tes amis dans les cales seront jugés selon la justice ramienne, et la piraterie y est punissable de mort.
- Je le sais. Même si pour la plupart d'entre eux ce sont des pauvres gens qui ont été attirés par les promesses de richesse de Franco. Je pense que certains d'entre eux peuvent encore changer.
- Leur procès nous le dira. A vrai dire, j'ai une question à te poser.
- Oui ?
- Tu aurais pu me mentir lorsque je t'ai demandé si tu avais participé au massacre de Khamsin, ou si tu connaissais Phadransie la Noire mais tu ne l'as pas fait. Pourquoi ? 
- Je ne veux plus mentir. Même si je ne suis pas fière de ce que j'ai pu faire par le passé je ne veux pas le cacher, cela fait partit de moi et j'ai du traversé les ténèbres pour atteindre la lumière. Si Atÿe m'avait conduit vers la pendaison, j'aurai accepté ma sentence. De plus j'ai perdu une amie en lui mentant de la sorte, elle se trouvait à Khamsin aussi lors de l'attaque. J'avais décidé de lui cacher la vérité mais bien sûr elle a finit par savoir ...
- Je la connais ? Comment s'appelle-t-elle ?
- Sélanae Lurhd'hor. Elle vous connait, elle a combattu à vos côtés à l'Ost Noir. Je crois qu'elle était un peu amoureuse de vous.
- Hm, son nom me dit rien. Tu sais ce qu'elle est devenue ?
- Non, pas depuis que nous avons perdu contact dans l'océan de glace au Nord de Salicar. J'espère qu'elle est encore en vie. A vrai dire la dernière fois que je l'ai vue elle a promis de me tuer.
Abad ne put s'empêcher de rire.
- Pas de doute elle est bien de Khamsin. Je vais lui laisser une chance de réaliser son rêve. Si nous gagnons cette bataille contre Teikoku, je te libérerai mais à une condition : si un jour tu viens à croiser Phadransie la Noire, dis lui de venir me trouver à Amar-Medina. J'ai toujours une dette à régler, dit-il en souriant.
Phadria hocha la tête. Abad se leva de sa chaise :
'' Allez, il faut penser à autre chose. J'ai entendu de la musique provenant des cuisines en passant. L'équipage aime bien faire la fête la veille des batailles, une sorte de tradition. Je n'ai jamais rencontré personne à qui un peu de musique ne remontait pas le morale. De plus Jared joue de la guitare comme personne, et Samir connait par cœur tous les chants de Ram. Je pense y faire un tour, si ça te dis ?
Phadria lança un regard interrogateur à son tigre.
- Je dois avouer que cela fait très longtemps que je n'ai pas dansé. Tu es d'accord Attila, on y va ?
Le tigre était retourné se coucher sur le lit. Il tourna la tête paresseusement.
- Hm, visiblement je ferai cavalière seule.
Elle se leva à son tour puis ils s'éloignèrent dans le couloir en direction des cuisines où ils dansèrent toute la soirée et une bonne partie de la nuit.

*

Lorsqu’Abad ouvrit les yeux, il faisait encore nuit mais pas question de se rendormir. Il sauta du lit et alla se rafraichir au tonneau d’eau situé dans sa cabine avant de s’habiller. Il enfila une chemise surmontée d’un veston de cuir ainsi que son pantalon et des bottes. Il accrocha son cimeterre à sa ceinture, vint glisser un poignard dans chacune de ses bottes puis sortit de sa cabine. Lorsqu’il mit les pieds sur le pont l’aube se levait à peine et le ciel prenait une teinte d’un bleu turquin.
A la barre, Abad aperçut Tyrid, le second de Ziksys. Le vieille homme, somnolant après une nuit de navigation ne le vit même pas.
Parfait, se dit Abad. Il avait besoin d’être seul un instant. Il se dirigea à la poupe du bateau et dégaina son cimeterre. Une belle bête des anciens Sultanats, comme on en faisait plus maintenant. La lame fusa à la vitesse de la lumière avec un « whoush » qui fendit l’air. Cela faisait une éternité qu’il n’avait pas manipulé son Cobra, trop occupé à remplir de la paperasse dans sa hutte au sommet d’Amar-Medina, ou à donner des ordres à ses hommes. Tout ce temps il avait su que quelque chose manquait. Un petit quelque chose sur lequel il n’avait jamais pu mettre de mot. Mais à présent qu’il tenait fermement son Cobra c’était une évidence. Car qu’est-ce qu’un guerrier sans sa lame si ce n’est l’ombre de lui-même ?
Il ferma les yeux et se laissa aller en une multitude de coups et de parades contre seul adversaire que les alizées qui soufflait dans ses cheveux. Il ne sut dire combien de temps dura cette danse, il s’arrêta qu’une fois l’épuisement atteint. Et lorsqu’il rouvrit les yeux, tout l’équipage se trouvait devant lui, muet. Abad stoppa net. Il chercha quoi répondre mais alors de la foule s’éleva un léger clappement de mains. C’était Ziksys qui fit un pas en avant. Un autre clappement vint le rejoindre puis un autre et enfin tout l’équipage tapa en cœur dans les mains.
« Ar’khs l’el Sheik ! » répétait-on en cœur : « Longue vie au Sheik. »
Abad inclina légèrement la tête en signe de remerciement puis tourna la tête sur la droite : accoudée à la rembarde, il aperçut Phadria, son tigre Attila posté à ses pieds. Elle aussi tapait des mains, lentement, avec un sourire en coin et un regard approbateur. Abad rangea son cimeterre dans son fourreau et tapa deux fois des mains. Alors tout le monde se tut. Il prit la parole dans sa langue natale :
« Mes frères, en ce jour défendez l’honneur de Ram ! »
Au même moment tous les membres de l’équipage frappèrent de leur poing sur leur torse.
« Le sang versé abreuvera les calices de Lothÿe ! »
A nouveau ils frappèrent en cœur.
« Car le Feu brule en nous. Car nous sommes nés dans la Lumière et éclairons les ombres ! »
Alors tous les hommes levèrent leurs armes et le soleil, à présent levé vint se réfracter en un million d’éclats sur chacune des lames. Ainsi Lothÿe regarderait en leur direction.

*

Le feu retomba en pluie sur Zayang des Karb. A l’est, l’Envol d’Amar venait d’imploser, sous le joug des boulets de canon tirés depuis une frégate sortie de nulle part.
Comment ces maudits Teikokujins avaient étaient prévenu de leur arrivée se demanda Abad, le teint vert. Il courut à la barre.
« MAINTENEZ LE CAP ! DERNIERE LIGNE DROITE. ARCHERS PARETS A TIRER. A MON SIGNAL -
« BABOUUUUM !!! »
Un l'écho d'une déflagration déchira l’atmosphère. Le sol se déroba sous les pieds d’Abad qui dévala les marches menant au pont supérieur. Il atterrit en bas sur le flanc, le souffle coupé, les oreilles sifflantes. Il mit quelques secondes avant de se relever, il y voyait flou et la fourmilière d’hommes qui grouillait devant ses yeux n’était plus qu’une tache d’encre sur une toile. Il mit un instant avant de comprendre qu’ils avaient été touchés par un tir de canons. Sur sa droite il vit un éclair rouge passer en vitesse et sauter par-dessus bord. Un incendie s’était déclaré sur le pont.
« Etei … Eteignez moi ça … »
Il avait le souffle coupé. Quelque chose n’était pas normal. Tout à coup il sentit une violente douleur au niveau du ventre. Il appuya sa main et sentit un corps étranger et rugueux. Il baisse les yeux et vit qu’un éclat de la coque, d’environ vingt centimètres de largeur l’avait transpercé de part en part.
Il retomba au sol. Il était foutu, Lothÿe les avait abandonnés. Il allait mourir là comme un chien, oublié de tous. Il serra une dernière fois le collier magique que lui avait donné Péri …
Quand tout à coup il entendit sonner un cor. Il ouvrit les yeux et dans le ciel trouble aperçut les Gyrkimes qui fonçait droit sur le bateau, évitant promptement les flèches adverses. Chacun d’entre eux se saisissait d’un guerriers avant de reprendre leur envol droit vers la frégate.
Soudain entendit un bruit à côté de lui et une silhouette se pencha à son chevet :
« Abad ? Abad tu vas bien ? Mais tu es blessé.
C’était la voix de Péri.
Abad se péniblement mit sur le dos et vit son visage qui, bien que trouble, demeurait magnifique. Ses ailes fuselées s’étiraient derrière elle comme un ange.
- Péri …
- Tais-toi et laisse moi faire, dit-elle en sortant une fleur violette de la sacoche en cuir accrochée à sa ceinture. Heureusement tu n’as retiré l’éclat, tu serais déjà mort sinon.
Elle se saisit sans prévenir de l’éclat de coque et la retira d’un coup. Abad se mordit la langue de douleur. Un gout de sang envahit sa bouche. Il se sentait partir.
- Reste avec moi Abad, allez reste avec moi.
Péri apposa la fleur et fit pression de ses deux mains sur la blessure puis elle murmura une formule qu’Abad eut du mal à comprendre, seuls le mot « air » lui parvint à l’oreille. Mais tout à coup, se fut comme s’il avait été passé sous un torrent d’eau frais. Il n’avait plus du tout mal, et il jeta un coup d’œil à son bas ventre dont la blessure s’était à présent totalement résorbée. Péri l’aida à se relever et il se serrèrent dans les bras. Le bateau était à présent presque vidé de son équipage et entrain de prendre feu.
« Où sont tous mes hommes ? demanda Abad interloqué.
Péri pointa derrière lui. Il se tourna et découvrit un spectacle auquel il ne s’attendait pas du tout : Gyrkimes et guerriers se battaient ensemble contre le vaisseau pirate.
« Mon peuple a fait traverser la mer aux tiens. Comment dis-tu dans ta langue ? C'est ''Ironique'' ? "
Elle n’attendit pas sa réponse et l'entraina dans les airs au moment où le pont se rompait sous ses pieds. Le bond soudain dans le vide sur donna un haut le cœur mais bien vite ils gagnèrent le pont ennemi.  
« Prêt ? hurla Péri.
Prêt ! »
Il fut lâcher en plein dans la bataille et atterrit en faisant une roulade avant de dégainer son Cobra. Il avait attérit au coeur d'un groupe de pirate et se retrouva immédiatement encerclé. Merci Péri, tu aurais pu viser plus juste. Un premier homme de Franco lui fonça dessus tête baissée. Abad para fit un pas sur le côté et lacéra le dos du pirate qui tomba à terre, hurlant et incapable de se relever. Les autres vinrent sur lui, à nouveau il esquiva, se déporta et trancha dans les chairs. Les pirates furent neutralisés les uns après les autres. Tout à coup il entendit fuser derrière lui et fit volteface. Un pirate se tenait derrière lui son épée au-dessus de sa tête prête à être abattue sur lui, mais une flèche était logée entre ses deux yeux. Abad scruta les cieux et aperçu Fayro, son arc à la main. Il lui fit un signe de la main et se remis au combat.
Après quelques minutes de combat intense et alors que l’Envol d’Amar et Zayang des Karb avaient totalement sombré Abad aperçut ce qu’il cherchait depuis sans relâche : Franco. Posté à la barre il regardait avec un sourire carnassier le spectacle macabre qui se jouait devant ses yeux, cela ne pouvait être que le personnage que lui avait décrit Phadria. Abad mis à terre le pirate contre lequel il se battait en duel et se dirigea en courant vers la barre.
« C’est toi Franco ? dit Abad en posant un pied sur les marches, son cimeterre pointés vers le pirate.
Celui-ci tourna lentement la tête, énervé que l’on vienne troubler son divertissement :
- Pour toi ce sera Roi Pirate, avorton, dit-il, le regard incendiaire.
- Malheureusement pour toi il ne peut y avoir qu'un roi sur le Nouveau Monde et tu l'as sous les yeux " dit Abad avant de pousser un cri en fonçant sur lui.
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