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 Shiver my timbers [PV Franco]

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Franco Guadalmedina
Roi Pirate
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Date d'inscription : 14/02/2017
Age : 42
Localisation : Sur Puerto-Blanco

MessageSujet: Shiver my timbers [PV Franco]   Jeu 22 Juin 2017 - 1:44

Lorsque les vents de la Garce fortifieront nos voiles, nous vous entraînerons en enfer.

Franco Guadalmedina





Spoiler:
 



Le pilote du Dhau Ramien posté à côté du Capitaine, sur le pont supérieur, n'y voyait pas grand chose à cause de l'éblouissement.

« Alors ? demanda-t-il, incapable de tenir sa langue plus longtemps.

Le Capitaine abaissa alors sa lunette, fixé sur le bâtiment au loin et qui serrait le vent au plus près. Le Second s'approcha.

- Pavillon noir. lâcha d'une voix froide le Capitaine. Un pirate.

Il reporta la lunette à sa vue, réglant la précision. Le bâtiment réduisait la distance entre les deux voiliers.

- On dirait...un Joly Roger, avec une tête de loup. Jamais vu ça.

Le pilote ravala sa salive. Il se sentait la sueur dégoulinait sous sa chemise, dans son dos.

- Que fait-on, commandant ?
- Nous avons de quoi les repousser. Dites aux hommes de se battre ! Postez les archers.

Après quelques minutes, le bâtiment au pavillon noir arbora un second pavillon sur son Artimon. Alors que les deux navires étaient à quelques brasses l'un de l'autre, le capitaine du Dhau Ramien était, ni plus ni moins, invité à bord du pirate, qui s'était immobilisé. Comme s'il n'avait pas d'intentions hostiles à l'égard du marchand. Il mit même à flot un canot de rade, pourvu de deux avirons, et un jeune garçon rama jusqu'au Dhau.

- Voyons ce qu'ils nous veulent.

Lorsque le Capitaine Ramien foula le pont de la "Caïman" , prêt à marchander en toutes circonstances, il fut accueilli par le Capitaine pirate. Ou plutôt la Capitaine. Cette dernière l'invita dans sa cabine, afin qu'ils puissent délibérer seul à seule et loin des hommes de bord. La première chose qui frappa le Capitaine du Dhau fut la fumée de pipe. Forte, brûlante, omniprésente, elle irritait les yeux et la gorge. Et comme pour imposer sa maîtrise des lieux, la Capitaine pirate à la peau noire porta une pipe à ses lèvres, tout en s'asseyant derrière son bureau. Elle invita le Ramien à faire de même.

- Voilà le deal. Je vais vous faire une proposition, au nom du Roi Pirate. Choisissez de vous rendre. Ce que vous transportez sera alors à nous. Pas de mort. Pas de blessé. Pas de déporté. Nos chemins se sépareront après ça.

Froissant entre ses doigts noueux le chapeau qui lui tenait lieu de tricorne, le Capitaine gratta son épaisse barbe. Cette femme lui glaçait les os ! Même sa voix semblait sortir des abysses. Et elle continuait à fumer, tranquillement, une jambe sur l'autre, des yeux noirs braqués sur lui, avec dédain. Il dut refuser la "proposition" de la pirate. Son Dhau n'était pas sans défense ! Plutôt que de se laisser voler sans bouger le petit doigt, il préférait encore saisir sa chance d'envoyer cette pute, et tous ses enfants de putain, par le fond ! Après tout, n'avait-il pas honoré Ariel avant de prendre la mer ? Mais la pirate poursuivit :

- Tu te rends. On prend le butin. Il n'y aura ni mort, ni blessé. Nous choisirons quelques-uns d'entre vous parmi les bras les plus solides pour qu'ils soient déporté comme esclaves. Nous prendrons aux autres les habits qu'ils endossent. Nos chemins se sépareront après ça.

Et lorsqu'il se leva de sa chaise, refusant encore :

- Voici votre dernière chance. Rendez-vous. Nous nous accaparerons toutes votre marchandise. Il y aura morts et blessés. Les plus chanceux seront tous déportés. Je vous pillerai. Vous déshabillerez. Vous humilierai. Votre bâtiment sera sabordé.

Le Ramien eut du mal à ne pas demander si une quelconque personne saine d'esprit accepterait cette "reddition" tout à fait injuste. La Capitaine ne le retint pas. Elle laissa le Ramien regagner le Dhau marchand seul dans le canot de rade.

- Il y est presque, commenta le Second en calant sous son bras la lanterne.

Alors, d'une voix claire, Madame ordonna de se préparer au combat. Les ordres furent suivis comme si elle fut bonne procureur de l'Amirauté Kelvinoise ! Très vite, le Caïman vira de bord. Les deux navires se trouvèrent presque flanc contre flanc, prêts à l'abordage. Les archers Ramiens postés sur la hune, bras et arc tendus. Quand soudain jaillit de la brume un voilier noir, aussi imposant que le premier ! A son Grand Mât flottait le même pavillon ! Tête de loup sous sabre entrecroisés.

- Par la Garce ! cria le Capitaine du Dhau. Nous sommes perdus. Ils sont deux !

Alors, le beaupré du second vint, comme une lance, s'insinuer par-dessus le flanc du Dhau, le faisant heurter le premier bâtiment ! Pris en tenaille, les archers déchainèrent leurs flèches, mais le cri de guerre de Ram fut de courte durée.

- Une ligne de fusiliers ! Ils ont des fusiliers à leur bord !

Postés sur les huniers, les fusiliers de Samokaab nettoyèrent les hunes ennemies en une salve assassine !

- Je crèverai en enfer avant de me rendre au service d'un pirate ! beuglait le Capitaine tandis que le Dhau accueillait le premier assaut de pirates, armés de sabres pour la plupart, de pistolet pour les plus chanceux !

- Guadalmedina !
- Grande Lagoon !

Aspirant à un triomphe doré, les flibustiers du sud attaquèrent sur les deux bords, et ce ne fut bientôt plus qu'un souvenir de l'obstination Ramienne qui s'endormit sous le lit d'une prompte mort ! Alors que le voilier virait la quille en haut, le pont recouvert de sang, les pirates organisèrent le plus rapidement qu'ils le purent le pillage. Habitués à ce genre de noble activité, le tout en un temps limités, les hommes du Roi-Pirate étaient passés maître en l'art de piller rapidement ! Le butin d'abord, la vie ensuite ! On brisa les drisses du gouvernail, on emporta toute la toile, on perça la coque et le Dhau ne fut plus qu'un funeste souvenir. Sur le pont du "Trashell", un géant noir le corps tout peinturluré de blanc, bras croisés, assistait silencieusement au naufrage. Les cales déjà un peu plus remplies, il songeait silencieusement, entouré de la tumulte des forbans qui souquaient aux bras pour border les voiles qu'on venait de déployer. Le regard fixé sur le cul du Caïman, le Profanateur, pieds-nus sur le pont de son noir voilier, finit par regagner sa cabine.

~



Pendant ce temps, sur Puerto Blanco, dans l'Archipel de Blue Lagoon, le Roi Pirate gérait son commerce. Enrichis de leur dernière entreprise contre Teikoku, contre Ram, contre tout le monde en vérité, les forbans de l'Alvaro de la Marca se saoulaient et se gavaient chaque soir. Et même si on avait le premier soir pris une minute afin de déplorer les nombreux morts tombés au combat, on en avait bu que davantage. Leur part revenait aux survivants ! Les morts soupaient en enfer, avec Canërgen ! Quelques nombreux esclaves avaient été ramenés de l'expédition, essentiellement des Ramiens. Il y avait bien, dans le lot, une poigne de Teikokujins. Ceux restaient à terre demeuraient verts de jalousie lorsqu'ils venaient se presser, chaque soir, à la taverne Saint Domingue et assistaient à cette démesure d'agapes, de jeux, de débauche et d'alcool. Se faire pirate sur Puerto-Blanco, c'était s'assurer bombance chaque soir ! Nombreux furent les jeunes, las de ne plus avoir le sou, à s'enrôler auprès du Roi Pirate ! On le pressait de repartir en course afin de revenir riche pour s'enivrer. Lorsque tout fut dépensé en ripaille et en débauche, et que les nombreux camarades morts -car oui, il était possible de mourir de ripaille et de débauche, sur Puerto Blanco !-  furent comptés, le Roi Pirate avait commencé à mettre en oeuvre cette seconde expédition. Très différente de la première. Il ne s'agissait pas de composer un grand équipage afin de donner un gigantesque coup de pied dans la fourmilière qu'était le Nouveau Monde cette fois-ci, mais au contraire, de "remettre sur flots un nombre considérables de vaisseaux" afin d'aller titiller les échanges entre Ram et l'Empire qui se faisaient, par l'Océan des Elfes Noirs. Franco Guadalmedina restait sur Puerto Blanco, supervisant tout ça.

L'île connaissait un nouvel essor, grâce aux denrées pillées, qui se revendaient dans les Archipels voisins, en plus de ce qu'il restait sur le butin du Nouveau Monde. Et les esclaves. Toujours plus nombreux, ces derniers travaillaient à l’édification de l'île. Le chocolat du Nouveau Monde avait été planté, en compagnie de quelques autres fruits, et Guadalmedina misait gros sur leur récolte. On avait également ramené des élevages par centaine de vers à soie. Il avait fournis assez d'esclaves pour agrandir et rénover le port. Dans un même temps, il entreprenait des travaux d’agrandissement dans sa demeure. Les cultures de l'Ancien monde, nombreuses, de coton, de tabac, d'herbes à inhaler, d'épices, de manioc et de bananes proliféraient.

Et comme il n'y avait jamais assez d'esclaves, il remettait à flot un nombre considérables de bâtiments. Volés, pour la plupart. Réparés, rebaptisés, un nouveau pavillon à leur mât, et les voiliers de toutes sortes reprenaient le chemin de la Passe et de l'Océan des Elfes Noirs, prêts à tomber sur des Impériaux ou sur des Ramiens. En ce moment, la chaleur sur Puerto-Blanco était étouffante, et nul forban ou maître ne sortait de chez lui. Ainsi, les plages étaient désertes. On s'enfermait l'après-midi chez soi, à dormir ou à boire du rhum, puis le soir on se donnait rendez-vous au Saint-Domingue, pour chanter des chants pirates, danser, fumer, jouer et baiser. Concrètement, c'était ça la vue sur Puerto-Blanco.

Et si les maîtres demeuraient avides de se préserver du soleil meurtrier, il n'en était pas de même pour les esclaves, qu'on espérait toujours plus nombreux, et qu'on envoyait travailler de l'aube au crépuscule et du crépuscule à l'aube. Esclaves qui étouffaient sous un immense fardeau et dont la chair n'était plus qu'une masse informe et brûlée de cloques, à moitié consumées par les mouches et les moustiques, qui se partageaient leurs proies. On guettait donc le retour des Seigneurs Pirates de Guadalmedina avec une grande impatience, et beaucoup d'espoir quant à la nature de la cargaison. Du moment que ces derniers ne se pointaient pas au beau milieu de la journée !

- Je suis venue pour mon époux, dit la jeune femme face à Franco. J'ai appris qu'il était retenu ici, contre son gré.

Elle n'osait pas dire le mot "esclave". Le Roi-Pirate, attablé dans son propre salon, l'écoutait tout en sirotant un rhum que la température ambiante avait rendu chaud et moite.

- Il travaillait sur un brick, en partance des Cités. Il devait se rendre jusqu'à Guedria, pour y trouver sa soeur. C'est un homme honnête, messire. Bon et travailleur. Il ne..Il ne mérite pas un tel traitement. Sa place est auprès de moi, et de ses enfants. Nos enfants.

Franco trouva que les gémissements de la femme lui gâchaient son rhum. Il lui fit signe d'abréger de la main.

- Et cesse de me donner du "messire". Je ne suis pas un monsieur.
- D'accord mess... Capitaine.
- Tu as apporté quelque chose ?

Timide, la femme déposa sur la table une petite bourse qu'elle ouvrit. Cette dernière contenait une quinzaine de pièces d'argent. L'un des esclaves de Franco l'apporta jusqu'à la main de son maître. Il n'eut pas même besoin de recompter.

- Ca n'est pas assez.
- Mais je n'ai que ça, supplia la femme.
- Je peux baisser le prix, lui concéda le Loup de la Passe. Je te rends ton mari pour cinq pièces d'or.
- Cinq pièces d'or ! Mais...Mais cela fait cinquante pièces d'argent ! Je ne...Nous ne sommes pas riche, messire.
- Pas de messire. Cinq pièces d'or, c'est mon dernier mot. Et estime-toi heureuse ! Les prix en vogue sur le marché de Puerto Blanco pour une telle tête sont de dix pièces d'or ! Les cours ont augmenté.

La femme s'était mise à pleurer, secouée de gros sanglots.

- Je n'ai pas cet argent.
- Dans ce cas je ne peux pas te rendre ton mari.

Baignant dans ses pleurs, les yeux ne s'ouvrant plus qu'à demi à cause de la chaleur et la suffocation, les robustes esclaves noirs de Guadalmedina entraînèrent la visiteuse jusqu'à la porte. Le Roi Pirate prit la parole en se servant une tasse de chocolat :

- Tu peux toujours demeurer ici. Et essayer de trouver du travail sur l'île.

La femme se retourna, tremblante.

- Du travail ? Ici..? Mes...Messire je...Que voudriez-vous que je fasse ? Les femmes se prostituent pour vivre, sur Blue Lagoon.
- La prostitution est un travail qui paye, lui répondit d'un ton neutre son interlocuteur en se levant de sa chaise, déjà alourdi de chaleur et pressé de s'allonger. A toi de voir.

Puis il la congédia.

Franco Guadalmedina ne put dormir bien longtemps. Wallace, son fidèle Second vint très vite le trouver. On était au beau milieu de l'après midi, et même les oiseaux habituellement bavards et colorés semblaient s'être tus, accablés de chaleur. Une longue vue braquée sur l’œil, les deux personnages fixaient le port de l'île du haut du balcon de la demeure du Roi Pirate.

- Qu'en dis-tu ?
- Pas de pavillon, constata Franco.
- Mais le navire te parle autant qu'à moi.

Guadalmedina rangea la longue-vue à sa ceinture.

- Valentino.
- Tarenzione, compléta le Second.
- Que diable vient-il faire à Puerto Blanco ?
- Tu as déjà l'Ancien et le Nouveau Monde à dos, lui rappela Wallace. Tâche de ne pas faire de Nerel un ennemi.

Franco pensa que son ami allait ajouter "comme Atÿe" mais il s'abstient.

- D'accord. Descends jusqu'au port. Ordonnez, par des signaux, l'amarrage de son bâtiment au niveau de la baie des Noyés. Il aura plus de place pour y jeter son ancre.

Alors que Wallace posait un chapeau sur sa tête et quittait la demeure de son ami et Capitaine, Franco ajouta :

- Guide-le ensuite jusque chez moi. Je le recevrai volontiers. Autour d'un verre de chocolat. »
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