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 Les Divinités de Ryscior

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Dargor
Le Maitre de l'Intrigue
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MessageSujet: Les Divinités de Ryscior   Ven 1 Sep 2017 - 13:57

Les divinités de Ryscior

Ryscior est une terre de merveilles, mais aussi d'horreurs. Ses peuples sont grands ou petits, forts ou maigres. Regrouper tous ces différents aspects de l'univers dans un seule catégorie est une tâche impossible. Cependant, il y a quelque chose qui lie tous les habitants de Ryscior sans exception, peu importe leur nation, leur race ou leur sexe, c'est la religion.
Les dieux sont des êtres aussi puissants que mystérieux, et incarnent chaque aspect de la vie sur Ryscior. Peu importe ce qu'il prend pour vrai, chaque mortel trouvera en une ou plusieurs divinités l'écho de sa pensée.

Le culte des divinités ryscioriennes occupe une place importante dans la vie de tout habitant de Ryscior, et ce quelle que soit sa divinité d'allégeance. De même, les prêtres occupent une place à part dans la hiérarchie, en ce sens qu'empereurs ou gueux écouteront pareillement la parole d'un même prêtre si nécessaire.
Cependant, certaines religions sont interdites, et leurs fidèles comme leurs prêtres sont persécutés. Ces religions peuvent être interdites de par le monde entier, à cause des préceptes de la divinité adorée, ou bien alors interdites dans certaines nations uniquement, à cause d'une crainte liée à l'histoire de ladite nation ou bien alors à sa superstition.

Les Dieux, pour leur part, vivent sur des plans d'existence à part, distincts de tout autre plan. Ils sont cependant, autant grâce à leur puissance que grâce à leur statut, libre d'aller et venir entre les différents plans d'existence. Seule exception, l'accès au plan matériel leur est strictement interdit, car leur simple présence pourrait ravager des royaumes entiers, et en outre, certaines divinités tiennent à conserver un certain équilibre des choses sur le plan matériel. Et quelle que soit la solidité de cet équilibre, il viendrait sans nul doute à s'effondrer si un dieu venait à changer la donne en s'incarnant pour de bon.
Cependant, si chaque divinité dispose de son propre palais, toutes n'ont pas leur propre plan d'existence, et les dieux se sont ainsi regroupés sur différents plans, formant à chaque fois de petites communautés de divinités et leurs serviteurs les plus proches. Souvent, les théologiens cherchent à classer les dieux dans des groupes constitués en fonction de leur plan d'habitat.

Chaque divinité choisit parmi les mortels son élu divin. Il s'agit d'un mortel auquel sera donné l'éternelle jeunesse, pourvu qu'il agisse selon des principes qui plaisent à ladite divinité. En plus de cette éternelle jeunesse, il aura des pouvoirs de prêtre, mais aussi quelques dons uniques au monde laissés à l'entière discrétion de sa divinité tutélaire.

Voici les différentes divinités de Ryscior, et voici leurs élus...
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Dargor
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 1 Sep 2017 - 14:07

Les Dieux de la Nature

Les divinités de la nature sont au nombre de quatre. Ensembles, elles incarnent tous les aspects du règne naturel qui court sur tout Ryscior, et que les humains cherchent à dresser autant qu'à comprendre.
Elye-La Déesse Mère


La vie

Caractère et attributions

Elye, ou la Déesse Mère pour les habitants des Îles de Jade, est une déesse calme par nécessité. Elle a pour attribution la vie au sens naturel du terme, c'est-à-dire le règne végétal,  l'air, et tout ce qui est la manifestation de la vie dans le monde, et veille au bon développement et à la bonne santé de du règne du vivant. Tout comme Cerumnos, elle ne cherche que peu à se mêler des affaires des mortels, dès lors que ces dernières ne nuisent pas trop à la nature.
Toutefois, elle accepte bien sûr que les mortels travaillent ses richesses, comprenant bien qu’ils en ont besoin pour survivre. Ce qu’elle n’accepte pas, c’est l’abus. Elle est ainsi favorable au développement de la technologie, mais opposée au fait que cette dernière devienne sauvage, et voit d’un mauvais œil les explosions démographiques qui poussent à défricher toujours plus de terres vierges. Elle sait donc faire des concessions sur son amour de la nature, car elle aime également les mortels. Mais il y a juste des limites à sa patience.
Des limites à sa patience, oui, car malheur à ceux qui éveillent la colère de la nature ! Elye elle-même est pacifique, et croit en la rédemption, mais ses serviteurs le sont beaucoup moins. Dans les forêts, les dryades se font un devoir, qu’elles appliquent avec un plaisir non dissimulé, de chasser les ennemis de la nature. On murmure que certains arbres ne seraient pas aussi immobiles que leurs congénères, et même que certains dragons seraient à son service !

Elye est aussi une déesse très maternelle, et souffle de vie. C’est elle qui fait tomber la pluie qui fait pousser les blés, elle qui permet aux arbres de porter leurs fruits… Pour toutes ces raisons, la déesse de la nature est souvent surnommée la Dame des Paysans. Mais humbles comme puissants, petits comme grands, riches comme pauvres, tous lui rendent hommage, car sans elle, personne ne pourrait se nourrir convenablement. Elye est une véritable mère, tant pour la nature que pour les mortels. Et cela se reflète dans son caractère.

Il est à noter que pour les peaux-vertes, Elye s’appelle Snik. Elle est à leurs yeux la déesse de la forêt, ce qui est somme toute classique, mais ils vont plus loin dans l’aspect maternel de cette dernière, car la considérant littéralement comme la mère de toutes les peaux-vertes. Ils la représentent d’ailleurs sous la forme d’une farouche guerrière prête à tout pour défendre sa maison (la forêt) et ses enfants (les peaux-vertes).
L’arme d’Elye est Vif-Argent, son arc. Durant la chute des dieux, elle atterrit dans la campagne des Cités-Etats. Elle ne souhaita rien y faire, et n’y fit rien de particulier, mais pourtant, sa seule présence mit en branle les orcs. Ces derniers, dirigés par Kaurgn, avaient reconnu en elle Snik, et la recueillirent, la nourrissant et l’honorant comme elle devait l’être. Elle se laissa faire, heureuse de ce contact inédit avec une race qu’elle n’avait pas l’habitude de fréquenter. Elle en retira beaucoup de satisfaction. Mais quand elle partit à nouveau dans les cieux, les peaux-vertes crurent que le signal de sortir de leurs forêts était arrivé… Et ce fut le début d’une longue guerre, qui aboutit à la création du royaume des orcs, dans la Grande Forêt.

Le Culte d’Elye

Quels sont les préceptes de ce culte ? Les prêtres et prêtresses d’Elye prêchent le respect de la nature en toutes circonstances, avec un certain fatalisme. Si la pluie a noyé un champ, c’est qu’Elye l’a voulu, disent-ils, et qu’il ne faut pas remettre en cause sa décision.
Quelles sont les cérémonies importantes de ce culte ? Il y a pour eux un jour sacré à chaque changement de saison, car les prêtres d’Elye considèrent les Hautes Dames comme servantes de leur déesse, et pensent à célébrer la communion entre Elye et ses servantes à chaque règne de ces dernières. Ils font alors de grands feux de joie, autour desquels chaque croyant peut venir adresser une prière à Elye, lui demandant protection et abondance.
Où peut-on trouver des représentants de ce culte ? Absolument partout, sauf dans les Îles de Jade. On trouve une chapelle qui lui est dédiée dans tous les villages, toutes les villes ont pour elle des églises, et parfois même des cathédrales. Les plus humbles hameaux auront quoi qu’il arrive pour elle un autel. Quant aux prêtres et prêtresses, ils sont partout également. S’il n’y en a pas toujours un par communauté, ils sont très importants dans leur zone d’actions, faisant office de sages, et souvent d’érudits, car sachant lire et écrire.
Quel est le plus grand temple d’Elye ? Le plus grand temple d’Elye se trouve à Vindex, capitale de Ram. Il s’agit d’une immense cathédrale dans laquelle le sultan et sa suite peuvent venir se recueillir au nom de l’ensemble du royaume. Elle abrite trois prêtres et deux prêtresses.
Comment rejoindre ce culte ? Pour rejoindre les prêtres d’Elye, il faut devenir l’apprenti de l’un d’eux jusqu’à ce que ce dernier soit satisfait de son élève. Durant ces derniers, l’élève apprendra le respect de la nature, mais aussi la lecture, l’écriture, ainsi que l’art de l’herboristerie.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Théoriquement non… Mais dans un culte aussi immense, il va de soit que les prêtres officiant dans des grandes églises ont plus d’autorité que ceux officiant dans de simples chapelles.
Son culte est-il populaire ? Très ! Elye est, de très loin, la divinité la plus vénérée ! Du simple paysan au plus puissant seigneur, tous s’inclinent devant elle. Si les paysans en font pratiquement tous leur divinité tutélaire, personne au monde, même ceux qui servent un autre dieu, n’oublie de la remercier de temps en temps, pour ce qu’elle prodigue aux mortels. Si elle n’est pas une divinité créatrice, beaucoup la considèrent comme source de vie.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ne voient pas l’intérêt de lui rendre hommage.

Des prêtres particuliers : les Druides des Îles de Jade

Qui sont-ils ? Les insulaires haïssent les prêtres d’Elye du continent, qui sont selon eux dans l’erreur. Les seuls représentants d’Elye sur Ryscior sont à leurs yeux les druides et les druidesses des Iles de Jade. Ils appellent Elye « La Déesse Mère », et parlent souvent d’elle comme de la Mère.
Sont-ils des prêtres ? C’est ce qu’ils affirment. Mais un observateur attentif notera que leur magie ne relève pas de la magie cléricale, mais de la magie druidique. Si les insulaires affirment que cela ne change rien, c’est un argument de poids pour les continentaux qui aiment à dire que les Druides sont tout sauf des prêtres.
Quels sont leurs préceptes ? L’amour de la Mère est plus haut que la plus haute des montagnes, et plus profond que l’océan. Elle a permis aux insulaires d’avoir leurs îles, et permet aux îles d’exister. Il faut lui rendre hommage, toujours et en tout lieu, car c’est à elle, déesse de nature et d’amour, qu’appartiennent le règne, la puissance, la gloire, pour les siècles des siècles.
Quel est leur rôle dans les Iles ? Théoriquement, les druides et druidesses se veulent de simples guides qui ne se mêlent pas de politique. Mais dans les faits, leurs conseils sont écoutés par tous, et bien souvent, un puissant seigneur insulaire pourra changer d’avis rien que parce qu’un druide l’a menacé d’un quelconque châtiment s’il agissait d’une façon qu’il désapprouvait. En effet, les druides sont des érudits, mais aussi des guérisseurs. Ils maitrisent l’herboristerie et savent soigner les blessures. Souvent, ils se consacrent à l’éducation des enfants, et à la permanence des traditions dans les îles.
Comment les rejoindre ? Il y a deux méthodes pour les rejoindre. On peut leur faire une demande, qu’ils sont libres d’accepter ou non. Mais plus classiquement, les druides cherchent à détecter les enfants naissant avec un pouvoir magique, pour les emmener sur l’île de Valaam, là où aucun non-druide n’a le droit de se rendre. Le candidat ou l’enfant y suivra un apprentissage long. Parfois, il ne reviendra pas. D’autre fois, il reviendra, en portant le manteau vert des druides.
Autre chose ? Les druides et druidesses sont les seuls prêtres au monde à prêter serment de chasteté.

Tavish, élue d’Elye


Tavish, Tavish Gabrillagues de son vrai nom, naquit il y a près de trois siècles sur l’île de Jade appelée Kaer. Elle était la septième fille d’une famille déjà trop pauvre pour nourrir ses six premiers enfants, et ses parents ne savaient pas vraiment que faire de cette bouche supplémentaire. Les premièrs tours de sa vie furent rudes, car elle connut dès la petite enfance les affres de la faim. Mais alors qu’elle avait six tours, un étrange évènement survint. Elle souhaita que les pommes qui poussaient à l’arbre du jardin soient plus nombreuses que d’accoutumées. Et, sous les yeux de sa famille, les pommes se mirent à pousser en nombre. Elle ne put toutefois s’en réjouir, car elle s’évanouit, soudainement prise de fatigue.
Elle se réveilla dans les bras d’un druide, sur un navire qui tanguait. Ce dernier lui expliqua qu’elle avait eu de la chance de ne pas mourir de l’effort qu’elle avait dû donner. Elle avait des pouvoirs qu’elle devait apprendre à maitriser. Elle était en fait emmenée sur Valaam, l’île sacrée des druides. Son destin était désormais scellé.

“Et mes parents ? demanda l’enfant.
-Tes parents, dit le druide, espèrent que tu seras heureuse. Pour leur part, ils ont une bouche de moins à nourrir, comprends-tu ?”

Cette experience, ce dialogue, Tavish devait s’en rappeler toute sa vie. Elle a pardonné cet abandon à ses parents, bien sûr. Car il lui a amené une vie bien plus confortable que ce qu’elle aurait jamais eu autrement. Mais cet évènement explique une facette de sa personnalité actuelle : rien n’est plus detestable à ses yeux que le fait de s’attaquer aux enfants, innocents par excellence. Et elle n’aime rien tant que de s’occuper d’eux, surtout ceux qui sont dans le besoin de l’aide d’une druidesse bien sûr.
Mais son histoire ne saurait être résumée à cela.

Sur Valaam, pendant des tours, Tavish reçut l’éducation mystérieuse que les druides confèrent à leurs apprentis, et dont ils ne parlent jamais, sauf entre eux, afin de preserver la chape de mystère qui règne sur l’île où eux seuls ont le droit de mettre les pieds. Le jour de ses vingt-et-un tours, ce qui était un record de jeunesse pour cela, elle finit par recevoir le manteaux vert des druidesses. Tavish Gabrillagues n’exista plus à partir de ce jour. Il n’y avait plus que Tavish, druidesse.
Elle revint alors sur Kaer. Ses parents étaient morts depuis longtemps, et ses frères et soeurs ne se souvenaient même pas d’elle. Elle ne leur en voulut pas, leur pardonna sans faire d’histoires, et vécut pendant trois tours seulement la vie d’une druidesse sur l’île, pensant qu’il en irait ainsi jusqu’à la fin de ses jours, quand elle pourrait alors paisiblement rejoinder la Mère. Mais le destin en voulut autrement.

Elle n’avait que vingt-quatre tours, quand des voiles noires apparurent au large de Kaer dans le courant de la nuit. Les guetteurs eurent à peine le temps de donner l’alerte, car déjà, les pillards venus de Port-Argenterie posaient le pied sur le rivage. L’île entire était endormie, et le pillage s’annonçait aisé. C’est ce qui se passa, en effet. Aucune résistance n’eut le temps de s’organiser face à ce raid prepare de longue date. Les habitants qui ne fuirent pas furent tués ou blessés. La résistante finit par s’organiser, mais trop tard. La berge était prise et pillée. Les plus belles jeunes femmes qui n’avaient pas pu fuir furent emmenées à bord des navires pirates. Elles étaient au nombre de dix-sept. Tavish fut emmenée avec elles, et tandis que les pirates faisaient voile vers le sud, et le Port-Argenterie, elle subit partagea leurs peines. Mais toujours, elle tâcha de ne pas se plaindre. Ne jamais se plaindre. Elle était une druidesse, et devait, pas sa presence sereine, leur assurer que tout allait s’arranger. Oui, tout allait s’arranger.
En voyant à quel point le sourire qu’elle arrivait à garder sur le visage en toutes circonstances rassurait ses compagnes d’infortune, Tavish prit la resolution de ne jamais se plaindre de ses souffrances éventuelles, afin de ne pas en accabler ses compagnons. Elle porta sur ces jeunes filles, dont certaines avaient son âge, un regard très maternel durant la traversée, et se promit de toutes les ramener sur Kaer.

Ainsi fût-elle emmenée à Port-Argenterie, loin au sud. Là, elle fut, avec les autres jeunes filles, vendues sur un marché aux esclaves. Lorsqu’elles furent invitees à s’avancer, Tavish se cacha derrière elles, de sorte que le destin fit qu’elle fut la dernière vendue, et put voir qui avait acheté ses dix-sept camarades. Elle notait leurs noms et leurs visages, autant que possible. Lorsque vint son tour, elle eut de la chance, car elle donna dans l’oeil d’un capitaine pirate qui se faisait appeler “Capitaine Kent”.
Chance en effet, car contrairement à ce qu’elle pensait subir de ses mains, Kent ne la brutalisa pas. Il la traita avec respect, l’invitant dans sa villa et lui donnant les plus belles chambres, mettant ses serviteurs à son service. Chaque soir, il dinait avec elle, sans jamais se montrer discourtois. Elle se posait des questions à ce sujet, qu’elle cessa de se poser quand, quelques semaines plus tard, il la demanda en mariage.
Elle refusa.

“Je suis votre prisonnière et votre humble servante, Kent, dit-elle. Rien de plus, car je reste une druidesse des Îles de Jade, ne l’oubliez pas.”

Elle eut peur qu’il prenne ce refut comme un affront, mais il ne sembla pas oublier sa réponse. Il fit d’elle l’intendante de sa maison, car il en avait besoin, et n’en avait pas. Et il resta toujours poli avec elle. Elle vécut donc chez lui durant les tours qui suivirent, le servant fidèlement, car elle savait avoir eu de la chance dans son achat. Il était souvent parti en mer, se livrer à ses activités de pirate, mais elle n’était jamais dérangée par son retour. Au contraire.
Durant ces tours, elle continua à prier la Mère. Lorsque la maison était silencieuse, les soirs de jours sacrés, elle faisait la fête seule. Peu à peu, elle fut autorisée à quitter la maison, pour aller explorer Port-Argenterie, sous escorte bien sûr. Elle profita de toutes ses sorties pour aller retrouver ses compagnes d’infortunes. Ce fut une entreprise longue et compliquée. Mais elle finit par aboutir. Elle les retrouva, et lentement, l’une après l’autre, put convaincre son maître de racheter ses compagnes. Mais à la fin, quand elle les eut toutes rassemblées sous son toit, il n’y en avait que douze. Cinq manquaient à l’appel, et étaient introuvables.

À ce problème venait s’ajouter un autre : les autres serviteurs de Kent la jalousaient désormais, car il la traitait bien mieux qu’eux, et surtout, alors que deux décennies s’étaient désormais écoulées, le temps semblait ne pas avoir d’emprise sur elle. En outre, elle se demandait de plus en plus si elle n’aurait pas dû dire oui au capitaine Kent. Sa foi à la Mère était mise à rude épreuve. Il l’avait toujours traité avec douceur, avait toujours été poli avec elle, et avait montré pour elle un reel attachement. Elle avait vu sur Kaer des hommes traiter moins bien leurs épouses, alors même qu’ils les avaient épousées par amour.
Elle devait bien admettre qu’il n’y avait pas de honte à être aimée par Kent, même si ce dernier était un fieffé pirate. Mais toujours, elle resta fidèle à la Mère. Si bien qu’un jour…

“Tavish… Tavish, mon enfant, m’entends-tu ?”

Tavish se redressa dans son lit, observant la chambre autour d’elle. Quelle ne fut pas sa surprise de voir une femme tout de vert vêtu, assise sur le rebord de la fenêtre ! Sans la reconnaitre, Tavish sût instantanément qui était-ce.  Alors, elle s’inclina devant elle, comme elle avait pu voir des prêtres du continent le faire devant des statues de leurs dieux.

“Mère ? demanda-t-elle.
-Relève-toi, mon enfant, répondit la Déesse Mère. Personne ne doit s’incliner devant moi, et toi en particulier, tu n’en as pas besoin. Car de tous mes serviteurs, tu es ma favorite. Alors même que tu aimes un homme d’un amour tel que bien des druidesses auraient à ta place défroqué depuis bien longtemps, tu continues à m’honorer, et à rester fidèle aux serments que tu m’as prêté le jour où tu as renoncé à t’appeler Gabrillagues. Une telle fidélité, un tel amour pour ma personne ne peut rester de marbre.
-Merci, Mère, dit Tavish en se relevant, émue par ce discours.
-Tavish, dit la Mère. Je t’ai donnée l’éternelle jeunesse il y a bien longtemps à present. Tu as cessé de vieillir à tes vingt-huit tours. Tu ne peux pas rester toute ta vie chez cet homme. Il te traite honorablement, il a accepté de libérer tes douze amies, mais n’oublie pas qu’il reste un homme mauvais, qui vit de ses pillages et de ses meurtres. Peut-être un jour apprendra-t-il la valeur de la vie. Mais même s’il t’aime et que tu l’aimes en retour, je pense que le temps est venu pour toi de rentrer dans les Îles de Jade.”

Le lendemain, Tavish quitta la maison du capitaine Kent, décidée à exécuter sa mission. Elle se dirigea vers la capitainerie du port, où elle le trouva. Quand il lui demanda ce qui l’amenait ici de bon matin, elle lui dit la vérité. Qu’il était temps pour elle de rentrer dans les Îles de Jade, et qu’elle emmenait ses douze amies avec elle. Kent, voyant que la décision de la druidesse était prise, ne s’y opposa pas. Au contraire, il lui offrit de la ramener elle-même.
Le jour du départ, seules six des dix-sept femmes désormais adultes qui avaient accompagnées Tavish se présentèrent. Car en plus des cinq disparues, quatre avaient fondé une famille ici, quand deux autres avaient été emportées par la maladie. Et c’est ainsi que Tavish fit le chemin du retour, à bord du navire du capitaine Kent.

Mais il fut dit que l’arrivée sur Kaer ne fut pas joyeuse. Car à peine le navire fut-il repéré que des dizaines de guerriers insulaires, se rappelant ce qui était arrivé il y a vingt tours, se jetèrent à son abordage. L’équipage fut rapidement submergé et massacré. Le capitaine Kent, protégé par Tavish qui argua auprès des guerriers insulaires qu’il pourrait trouver la rédemption pour ses crimes, fut capturé vivant. Mais malgré l’opposition de Tavish, on lui fit une parodie de procès, dont l’objectif était simplement de le condamner à mort. Il fut accusé, non seulement de piraterie, mais d’avoir brutalisé une druidesse, et ce malgré le fait que Tavish affirma continuellement qu’il l’avait traitée avec droiture. Mais personne ne voulait rien entendre. Le procès ne dura même pas une heure. Quand il en sortit, Kent parvint à jeter à Tavish un regard qui exprimait toute sa gratitude pour leurs tours ensembles, mais aussi pour avoir tenté de le défendre jusqu’au bout.
Il fut décapité. Tavish n’eut même pas le courage d’assister à son exécution. Elle se rendit chez un autre druide, qui commença par la féliciter pour avoir ramené six jeunes filles devenues de fortes femmes avec elle. Tavish, à ces paroles, ne peut s’empêcher de fondre en larmes, pensant aux cinq disparues, et aux deux mortes.

« J’en ai perdu sept, dit-elle en pleurant. J’en ai perdu sept… »

Tavish se remit de ces évènements, et passa trois siècles de bons et loyaux services rendus à la Déesse Mère. Elle est désormais installée de façon permanente dans un temple en ruines, dans les faubourgs de Séléné, capitale de l’île de Tanequil et donc de toutes les Îles de Jade. En tant qu’élue de la Déesse Mère, elle vécut un grand nombre d’aventures, qui la poussèrent à prendre fréquemment la mer. C’est au court du retour de l’une de ces aventures, justement, qu’elle fut à nouveau capturée par des pirates, et emmenée cette fois à Puerto Blanco, où elle fut désormais prisonnière. Alors que le capitaine Franco, qui l’avait capturée, souhaitait la rançonner, elle parvint à le persuader de renoncer. Après tout, disait-elle, elle pourrait elle-même payer sa rançon en travaillant dans sa ville. Il accepta l’offre.
Tavish est actuellement à Puerto Blanco, achetant sa liberté en soignant les malades, en aidant aux naissances, et en essayant autant que possible de monter une école pour les enfants qui n’ont pas d’autre moyen d’apprendre à lire ou à écrire.
Elle voit tous les jours des pirates. Mais à ses yeux, aucun ne vaut le Capitaine Kent, qui a encore aujourd’hui une place spéciale dans son cœur.

Ariel


La Mer

Caractère et attributions

Ariel est la Reine des Mers, la déesse de tous les marins du monde. Elle dirige sans partage d’aucune sorte les océans, et toutes les créatures marines lui sont soumises. C’est elle qui décide de la direction prise par les courants marins et de leur dynamisme, même si elle laisse depuis bien longtemps les courants dans un état de stabilité.
Ariel est surnommée par ses fidèles, les marins, la Garce des Profondeurs. Les équipages l’honorent d’ailleurs traditionnellement en lui offrant un cadeau (souvent un bateau taillé dans un morceau de bois) avant d’embarquer, afin de s’attirer ses bonnes grâces. En effet, c’est une déesse colérique, et on dit qu’elle n’hésitera pas un seul instant à couler un navire corps et biens si ces derniers ont oublié de l’honorer avant d’entrer dans son domaine.

Déesse joueuse, Ariel s’amuse de voir les marins peiner à leur tâche. Elle est responsable, dit-on, des tempêtes qui se lèvent en mer. Et elle n’a aucune pitié pour les braves gens qui y perdent la vie. Les marins n’hésitent d’ailleurs que rarement à dire qu’elle un sale caractère. Chose confirmée par tous ses élues, à chaque génération. Elues qui n’hésitaient d’ailleurs pas à affirmer qu’elle était en outre très instable.
Ce sale caractère fut confirmé aux yeux de tous durant la Chute des Dieux, lorsqu’Ariel fit prendre la mer au Seigneur Emeraude, son navire, afin de l’amener à Kelvin. Ceux qui étaient à bord purent constater que la déesse était à l’image de l’océan : elle pouvait être aussi bien calme qu’incroyablement violente et meurtrière, et il ne suffisait que de peu de choses pour la faire passer d’un état à un autre.

Mais finalement, Ariel n’est-elle pas à l’image de l’océan ? Redoutable et mystérieuse à la fois. Attirante et dangereuse en même temps. L’appel du large, c’est aussi celui du danger.
L’arme d’Ariel est une flute en corail. Lorsqu’elle souffle dedans, c’est la mer qui, au rythme de ses harmonies, se déchaine.

Le culte d’Ariel

Remarque importante : Ariel n’a que des prêtresses. Elles peuvent prendre un amant, mais pas se marier.
Quelles sont les préceptes de ce culte ? Le respect d’Ariel et de son règne sans partage sur les océans est le seul précepte des prêtresses d’Ariel. Là où les marins l’appellent « Gardes des Profondeurs », les prêtresses lui préfèrent d’ailleurs le titre de « Reine des Mers ».
Quelles sont les cérémonies les plus importantes de ce culte ? Aucun jour dans le tour n’est important aux yeux des prêtresses d’Ariel. Mais en revanche, un certain nombre de rituels ont leur utilité. Leur rôle est de bénir les navires qui prennent la mer, et de remercier Ariel d’avoir voulu laisser intacts les navires qui reviennent à quai. Lorsqu’elle apprend qu’un navire est porté disparu, la prêtresse d’Ariel se place devant le front de mer et chante des louanges à sa déesse, afin dit-elle qu’elle n’oublie pas d’accueillir en son palais les âmes des naufrages (vexant par là-même tout prêtre de Canërgen qui n’oubliera pas de lui faire remarquer s’il vient à l’entendre que c’est le Seigneur des Morts qui accueille les âmes, même celles des gens perdus en mer).
Les prêtresses montent parfois à bord des navires si elles y trouvent un intérêt dans leur exercice. La présence d’une prêtresse à bord est considérée par les marins comme une bénédiction, car c’est l’assurance, dit-on, d’un voyage sans incidents. C’est pourquoi les capitaines qui embarquent vont toujours demander à la prêtresse locale de les accompagner. Bien que cette dernière refuse dans la plupart des cas, c’est devenu un rituel, au point que parfois, en cas de naufrage, les marins accusent leur capitaine de n’avoir pas recherché la bénédiction d’une prêtresse.
Les prêtresses peuvent embarquer à bord des navires pour entrer en communion avec leur déesse. Une telle communion est bien plus puissante, disent-elles, que celles effectuées à terre, et donc plus susceptible d’obtenir, à son issue, une faveur. Cela peut-être d’envoyer des poissons vers les villages de pêcheurs qui n’en trouvent plus, ou dans le cas d’une grande ville, de laisser en paix des navires, voire des flottes entières. Les armateurs, les pêcheurs et les rois font ainsi appel aux prêtresses d’Ariel, mais tous doivent savoir une chose :  Elle ne fait jamais, au grand jamais, de promesses.
Où peut-on trouver ces prêtresses ? Il y a un temple d’Ariel dans chaque port du monde. Et même les plus humbles villages de pêcheurs ont toujours au moins un autel qui lui est dédié. S’il y a ne serait-ce qu’une chapelle, il y aura toujours une prêtresse pour l’occuper. Aucun temple d’Ariel n’est à l’abandon, ce qui est en soit une prouesse. Un temple de taille normal d’Ariel se présente sous la forme d’une simple maison à deux étages.
Les façades de ces maisons sont richement décorées de coraux et de coquillages, et des statues représentant les créatures marines sont soigneusement taillées dans les murs. Lorsque le visiteur entre, il peut constater que le rez-de-chaussée se compose d’une seule et unique pièce, avec un escalier en spirale dans un coin. Des petits navires fabriqués à la main ornent les murs, et des instruments de navigation se trouvent entreposés partout dans la pièce, qui ressemble plus à un musée qu’à un temple. Le visiteur qui monte à l’étage trouvera une pièce bien rangée, à l’exact inverse de l’étage précédent, et ce ne sont plus des instruments de navigation qui décorent la pièce, mais des représentations des créatures marines de toutes les races, allant des sirènes aux krakens. Une statue d’Ariel se trouve nichée dans un mur, au-dessus d’un autel sur lequel brûlent en permanence des algues. On trouvera souvent ici des marins priant Ariel de veiller sur eux durant leur voyage, ou des femmes priant pour que leur homme revienne en vie. Au deuxième étage habite la prêtresse du temple.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? Le plus grand temple d’Ariel est un véritable palais contenant des dizaines de salles, et abritant plus d’une centaine de prêtresses. Il se trouve dans la cité de Kelvin. Au vu de sa taille, ce temple est d’ailleurs surnommé par les kelvinois la cathédrale de la mer.
Comment rejoindre ce culte ? Devenir prêtresse d’Ariel nécessite des compétences en navigation, et un apprentissage auprès d’une prêtresse d’une durée variable. Car la maitresse ne cessera son office que lorsqu’elle y sera contrainte par l’âge ou une santé déficiente, et c’est à ce moment seulement que son apprentie deviendra totalement une prêtresse. C’est d’ailleurs horriblement cynique, mais les jeunes apprenties ont donc tendance à chercher à faire leur apprentissage auprès de vieilles prêtresses, si elles ont la possibilité de choisir bien sûr.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Aucune d’officielle, toutes les prêtresses se considérant comme les demoiselles de compagnie de la Reine des Mers.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Ariel n’ayant que des prêtresses, les hommes n’ont pas le droit de devenir prêtres.
Son culte est-il populaire ? Tous les marins, tous ceux qui ont un membre de leur famille en mer, doivent par nécessité rendre grâce à Ariel, en faisant l’un des cultes les plus populaires au monde.
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs dépendent fortement de la mer, aussi Ariel occupe-t-elle une place de choix dans leur panthéon. Les nains des profondeurs, pour leur part, ne se soucient aucunement de navigation, aussi n’ont-ils que mépris pour elle.

James de Nevers, dit Théoden, élu d’Ariel


Ariel n’eut jamais, durant toute l’histoire, d’élu de sexe masculin. Cela changea récemment, avec la nomination de son dernier élu en date, le capitaine James de Nevers. Ce nom, les gens qui le connaissent se comptent sur les doigts de la main. Ceux qui connaissent ce capitaine le connaissent plus souvent sous son nom d’emprunt, Théoden.
La carrière de Théoden commença à l’académie des officiers de Kelvin. C’est là qu’il découvrit, avec la meilleure instruction qu’il y ait actuellement sur Ryscior, les choses de la navigation et de la capitainerie. Ses armes, il les fit durant la guerre entre Kelvin et les Îles de Jade. Mais ce n’était que le début d’une destinée exceptionnelle.
Dégouté par la boucherie à laquelle il avait assisté durant cette guerre, le capitaine Théoden déserta, son navire avec lui, pour rejoindre Port-Argenterie. Il s’y fit rapidement un nom et une réputation. Trop rapidement, car il fut alors trahi par des pirates qui le percevaient comme un danger pour leurs propres ambitions…
De retour à Kelvin, sous anonymat cette fois, il fit la connaissance d’un autre futur élu divin : Gaunt Vogel. Et ses aventures commencèrent pour de bons. Ensembles, ils combattirent des trolls, des peaux-vertes, des bêtes et des hommes ! Ce fut Gaunt qui, déjà célèbre à l’époque dans les Marches, l’introduisit auprès des dirigeants de la Gardienne, dont il se fit des amis. Il rencontra également dans ses voyages une autre élue divine, qui l’était, pour sa part, déjà, la druidesse Tavish.

Tout bascula le jour où il lui fut confié une bague qu’il devait amener sur une île par-delà les mers, Teikoku. Rattrapé par Kelvin et jeté en cellule, il fut entretenu par Astalil, l’élu de Mystin. C’est lui qui lui confia, avant d’aller rencontrer son destin, sa bague, ainsi que le secret selon lequel le Seigneur Emeraude, navire d’Ariel, était disponible pour son commandement, dans le port. Théoden s’embarqua sur ce derniers, et mis le cap sur l’île qu’on lui avait indiquée…
Là, il rencontra les merveilleux teikokujins, ainsi qu’une civilisation que tous croyaient disparue depuis longtemps, celle des elfes blancs. Il fut émerveillé par ce qu’il vit sur cette île, et quand les elfes blancs le renvoyèrent sur le continent, avec la princesse Nynaeve, il le prit comme un grand honneur. Mais ce n’était pas le plus grand honneur qui l’attendait.
Car à son retour sur le continent, c’était Ariel en personne qu’il rencontra.

Il ne fut pas nommé comme son élu à cette date, car Ariel refusait encore de faire de lui son élu. De plus, cette rencontre se termina par un incident, puisqu’il l’appela par erreur « Grande garce », nom qui ne lui plut pas. Il garde encore la cicatrice de la morsure de la sirène qui devait lui apprendre à respecter sa reine… Mais à sa demande, elle renfloua le Wicked Wench. Quant au Seigneur Emeraude, nul ne sait ce qu’il devint, à part son nouveau propriétaire, le corsaire elfe noir Lokhir, seul véritable concurrent à Théoden au poste d’élu d’Ariel.
Mais le repos et la joie furent pour le capitaine de courte durée, car à peine s’était-il installé à la Gardienne, ville fortifiée des Marches d’Acier, qu’il apprit par l’élue de Finil, Tesla Eilun que la princesse Nynaeve avait été capturée par le Conquistador d’Oro, Asarith Lune-Pâle. Aussitôt, il se mit en route pour Garay, la capitale d’Oro, avec des amis parmi ses plus fidèles pour compagnons, le hallebardier Bolch Ragymwa et Joshamee Gibbs, son second. Avec un tel équipage, qui, en vérité, pouvait prétendre l’empêcher d’arriver à ses fins ? En chemin, il réalisa un exploit de plus en abattant un kraken, rien que cela. Tout se présentait donc sous de bons augures pour lui quand il arrivait à Karak-Tur, plus grand port d’Oro, confiant dans ses capacités à mener à bien sa mission.

Il parvint à libérer la princesse Nyaneve des griffes de son oncle, Asarith Lune-Pâle. Mais ce fut à un prix terrible, car Bolch perdit la vie durant les combat que cette évasion occasionna. Tesla Eilun, pour sa part, fut capturée par Asarith. Quant à Gibbs, ne voyant pas le capitaine revenir, il appliqua les ordres qui lui avaient été donnés, et bombarda le port de Karak-Tur, envoyant la majeure partie de la flotte de guerre oréenne par le fond, et occasionnant la révolte de la Cité-Etat, avant de prendre la fuite à la tête du Wicked Wench. Mais lui-même perdit la vie durant cette fuite, ajoutant à la série de malheurs du capitaine.
Ce dernier avait tout de même réussi à s’enfuir avec la princesse, et avait fixé à son équipage un rendez-vous à Vindex, la capitale de Ram. Il fallut donc s’y rendre à pied, et pour cela, traverser le désert. Durant ce voyage long de plusieurs lunes, le capitaine fut hélas le témoin impuissant de la folie grandissante dans laquelle Asarith était parvenu à faire sombrer sa nièce. Ce fut cependant un souci secondaire pour lui, car le soleil impitoyable du désert failli avoir raison d’eux. La seule raison de leur survie fut qu’ils furent capturés par des gladiateurs…
Durant leurs combats, la princesse Nynaeve blessa grièvement le capitaine, qui fut sauvé des griffes de la mort par l’intervention d’Ariel. Cela fait, il retrouva la princesse, et parce que la reine Malene avait fait jouer ses contacts divins aussi bien que magique, ils purent fuir la cité grâce à l’attaque d’un dragon, tandis qu’ils étaient protégés par une nouvelle connaissance, l’élue de Lothÿe, Cassandra Renrin.
Surmontant la perte de son second après celle de son ami, il la ramena à Teikoku. Mais ses aventures ne devaient pas s’arrêter là…
Après tout, il n’était toujours pas l’élu d’Ariel.

Il lui fut commandé d’aller plus à l’ouest à l’encore. Plus à l’ouest que le Nouveau Monde récemment découvert. Là-bas, il découvrit une terre qu’il baptisa Albion. Il n’était pas le premier à y être venu, car son père de sang l’y avait précédé, de même que, des millénaires auparavant, une expédition d’elfes blancs. Mais il constata que cette terre n’était pas un havre de paix, loin de là.
Albion était une abomination, une terre défiant toutes les lois divines et naturelles, une horreur indicible infectée de démons, de serviteurs des démons, et de créatures rendues mutantes par les démons… En vérité, la raison pour laquelle les dieux l’avaient envoyé ici était pour qu’il permette aux derniers souffles de la dernière cité résistant tant bien que mal aux démons de survivre dans les souvenirs des peuples de Ryscior. Et de prévenir le Vieux Monde : Au-delà du Nouveau Monde se trouvait une terre où nul ne devait pénétrer, car elle n’appartenait plus à Ryscior…

Mais c’est durant cette expédition que Théoden devint l’élu d’Ariel. La Reine des Mers, voyant que son potentiel élu perdait foi en elle au contact de cette terre abominable, comprit qu’il fallait récompenser ses efforts afin qu’il lui reste fidèle. Au cours d’une discussion qu’ils eurent, alors qu’elle lui apparaissait en rêve, elle lui mit la main sur l’épaule, dans un geste de soutien. Par ce contact, elle faisait de lui son élu divin…

Théoden est aujourd’hui de retour d’Albion, porteur d’un message. Et avec un nouveau statut. Il a désormais cinquante tours, mais a vécu bien plus que ce beaucoup ne pourraient vivre dans le même laps de temps.

Cerumnos


Les animaux

Caractère et attributions

Cerumnos est le dieu des animaux, qu’ils soient des profondes forêts, des sombres cavernes, ou même des déserts arides.
Si l’on pourrait croire qu’en tant que tel, il est relégué au rang de serviteur d’Elye, déesse de la nature, et donc par extension des animaux naturels, il n’en est rien. La vérité est qu’il est pour elle un bon ami. Cependant, la plupart des mortels font cette confusion, ayant tendance à associer le règne animal au règne végétal. Ils n’ont pas tort de faire cette association, mais l’utilisent pour arriver à de mauvaises confusions.

Mais en vérité, ce conflit importe très peu à Cerumnos. Il s’occupe avant tout du bien-être des bêtes dont il a la charge, et dès lors, se contente de vivre heureux en accomplissant cette tâche. Peu lui importent les conflits des mortels à son sujet. Même si ce conflit est lié au fait que les mortels l’aiment ! Car au final, les serviteurs qu’il estime le plus sont les rôdeurs, qui respectent la nature et le règne animal sans pour autant se vanter de le servir, ou encore les chasseurs qui n’abusent pas de leur talent.
Ainsi, le chasseur qui abat un cerf de façon digne, en prenant soin de ne pas le faire souffrir plus que nécessaire, ou de ne pas le tuer si ça n’était pas obligatoire, aura le regard bon de Cerumnos. En revanche, celui qui devait s’abaisser à commettre des massacres inutiles pourrait bien attirer son mauvais œil.
Tel est Cerumnos : ni bon, ni mauvais. Seulement aimant ses animaux, et agissant parfois plus comme eux que comme un être véritablement civilisé.

L’arme de Cerumnos est sa flûte de pan, dont on dit que le chant peut charmer toutes les bêtes du monde à la fois. Durant la chute des dieux, il se terra au fond de la Grande Forêt, ne se montrant à personne d’autre qu’à ses bêtes.

Le culte de Cerumnos

Remarque importante : Les prêtres et prêtresses de Cerumnos sont plus connus sous le nom de rôdeurs. Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, les rôdeurs n’ont pas d’autres pouvoirs que ceux de prêtres normaux … Et bien sûr leur talent pour la traque et le combat.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les rôdeurs prêchent le respect du règne anima. Ils ne sont pas pour autant des végétariens qui ne tolèrent pas qu’on fasse du mal aux animaux, mais voient d’un mauvais œil les chasses intensives ou les mauvais traitements réservés aux animaux domestiques. Finalement, ils considèrent que les bêtes apparues à cause de la magie des démons doivent être éliminées par tous les moyens possibles, et y consacrent leur vie.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Il n’y a pour les rôdeurs aucune cérémonie autre que la Grande Chasse. Lorsque vient le solstice d’été et jusqu’à l’équinoxe d’automne, les rôdeurs peuvent s’ils le souhaitent se rendre dans la forêt qui entoure les anciennes Cités-Etats, où Cerumnos lâchera un cerf au pelage blanc immaculé. Les rôdeurs se mettront alors à le traquer. Parvenir à l’abattre est cependant incroyablement difficile, et la plupart des Grandes Chasses échouent. Cependant, si quelqu’un y parvient, c’est pour lui un incroyable honneur. Seuls les rôdeurs et leurs apprentis peuvent se joindre aux chasseurs.
Où peut-on trouver des représentants de ce culte ? Un peu partout dans le monde. Le culte de Cerumnos étant considéré comme tout à fait inoffensif, et même utile pour débarrasser les régions d’éventuels monstres, personne ne les chasse. En revanche, les rôdeurs étant des gens étranges qui passent leur vie sur la route, ils ne sont pas forcément très aimés des populations, d’autant plus qu’ils ne leur témoignent pas nécessairement une grande sympathie.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? Les rôdeurs n’ont pas de temple.
Comment rejoindre son culte ? On peut le rejoindre un souhaitant devenir apprenti d’un rôdeur. L’apprenti apprendra alors à manier l’arc, arme des rôdeurs par excellence, le couteau, leur arme de corps à corps favorite, et toutes les subtilisés du pistage et de la survie dans tous les milieux naturels. L’apprentissage, oral, prendra fin quand le maître se déclarera satisfait et pas avant.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Aucune.
Ce culte est-il populaire ? Avec le développement des villes et autres infrastructures de pierre, avec le recul des forêts toujours plus défrichées qui entraine le fait de déplacer les animaux, les populations ont de plus en plus la sensation que Cerumnos doit se désintéresser des mortels. Aussi lui rendent-ils ce désintérêt.
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs rient aux éclats à la simple pensée de vouer un culte à un quelconque animal.

Dortan Giger, élu de Cerumnos


Dortan Giger est un humain, et le plus vieux de ce monde. L’un des deux seuls hommes dont les yeux aient vu la naissance et la mort d’un millénaire entier. Et l’ainé de l’autre de quelques siècles encore… La raison de cette longévité exceptionnelle ? Il est l’élu de Cerumnos. Ce dernier ne se souciant que peu de la foi que les mortels placent en lui, il est logique que Dortan ait été nommé élu pour service rendu, et non pour sa fidélité. Cependant, les exploits des rodeurs sont bien souvent méconnus des royaumes, et quand ils le sont, ils sont vite oubliés. Qui peut prétendre se souvenir du service que rendit Dortan Giger à sa divinité, à part lui-même ? Et se rappelle-t-il seulement de ce qui n’est somme toute qu’un exploit parmi tous ceux qu’il a eu à accomplir au cours de sa longue existence ?

Dortan Giger est un homme solitaire. Comme tous les humains vivant des siècles, il a fini par perdre tous ceux qu’ils connaissaient. Et même parmi les races à la longévité plus longue, même parmi les autres élus divins ayant le don d’éternelle jeunesse, Dortan est désormais habitué à l’idée de perdre tous ses amis, dans des circonstances dramatiques, ou parce que le temps fait son effet.
Mais là où la plupart des élus divins, passé un certain temps, ne supportent pas ces pertes incessantes et finissent par supplier leur divinité de leur accorder le repos éternel, obtenant souvent satisfaction, Dortan Giger a su rester stoïque devant la mort de ce qu’il estimait, car étant rôdeur, il a été éduqué depuis sa jeunesse à la solitude. Bien sûr qu’il reste attaché à des hommes et à des femmes, et à des animaux aussi. Bien sûr qu’il est peiné lorsqu’il vient à les perdre. Mais pour autant, il ne rendra pas les armes, et ne cessera pas d’accomplir sa tâche.

Dortan Giger se satisfait de la compagnie de la nature, même s’il n’hésite pas à aller vers les peuples de Ryscior. Il souhaite représenter la fusion des intérêts entre ceux qui servent la nature et ceux qui souhaitent l’exploiter, s’arrangeant toujours pour ceux tous sortent de chaque situation dont il se mêle le plus grandis possibles. Cette conduite lui vaut d’être considéré comme un messager et diplomate par les elfes sylvains, qui même après l’accession de Filillë au pouvoir, en ont fait l’un des seuls humains bienvenus dans leurs royaumes.
Mais il n’y a pas que les royaumes dans la vie de Dortan, car il fut toujours accompagné, de mémoire d’homme, d’un aigle. On dit que ce dernier est les yeux de Dortan lorsqu’il vole, et que le rôdeur peut voir à travers ces derniers. Certaines légendes affirment que l’animal serait depuis le début en compagnie de Dortan Giger, et qu’en fait, les deux ne feraient qu’un. D’autres affirment que l’aigle est un cadeau de Cerumnos. De toutes ces légendes, seul le principal intéressé sait quelle est la vraie, mais il ne le dévoile pas, non pas pour augmenter la chape de mystère qu’il entoure déjà. C’est juste qu’il estime que cette connaissance n’est pas importante.

Chape de mystère néanmoins, car Dortan est un homme qui en est plein. En cela, il est semblable à la plupart des rôdeurs. Mais sur Dortan, la chape est augmentée, car plus le temps passe, et plus les légendes à son sujet se font nombreuses. On dit désormais qu’il commande aux bêtes, et peut se transformer en l’une d’elles. On dit qu’il peut transformer l’esprit de chaque guerrier humain en celui d’un animal furieux.
Quoi qu’il en soit, ces légendes contiennent un fond de vérité. Car avec le temps qui passe, l’humanité de Dortan le quitte peu à peu. Etant le premier humain à avoir cette longévité, nul ne sait ce qui l’attend, au bout du chemin…

Dortan parcourt encore et toujours le monde. Sa longévité fait qu’il est considéré par les élus divins comme une sorte de guide, de figure paternelle. Il ne veut cependant pas jouer les chefs. Mais la vérité est que beaucoup obéissent à ses conseils comme à des ordres.

Lorin


Les catastrophes naturelles

Caractère et attributions

La naturelle est belle, enchanteresse. Elle est source de vie, et plus ou moins honorée par tous les peuples, qui la considèrent comme une ressource, comme une terre qui les maintient en vie.
Mais cela, c’est vrai pour Elye.

Car la nature peut aussi être incroyablement destructrice. Dans certains royaumes, ce sont des légendes, dans d’autres des histoires, et dans d’autres encore, des réalités. On parle de la terre qui se soulève et se fissure par endroits, produisant des tremblements qui mettent au sol les plus solides bâtiments. On parle de montagnes fumantes, qui se mettent parfois à cracher des flammes, ou à exploser même. Des histoires parlent de gigantesques tourbillons d’air qui ravagent tout sur leur passage, d’autres de tempêtes couvrant des royaumes entiers venues de l’océan. L’orage inquiète toujours, de même que la grêle qui s’abat violement, ruinant les champs. Elye, déesse de la nature, est trop bonne pour être tenue responsable de telles horreurs.
Et cela est vrai. Ce n’est pas de son fait. Car l’aspect destructeur de la nature est incarné par un autre dieu, du nom de Lorin. Ce dieu n’est que rage et fureur. Il obéit à de simples impulsions, et agit parfois pour le simple plaisir de montrer sa puissance, afin de prouver à tous les autres qu’ils sont faibles et qu’aucun défi, aucun compromis ne peut être toléré. Il exulte lorsqu’il détruit. D’une certaine manière, il n’est rien de plus qu’une brute dotée de pouvoirs immenses et d’un tempérament impulsif et incontrôlable, et il s’impose aux autres par la force, quoi qu’il arrive.

Lorin est un dieu mauvais. Et cela le fait entrer en conflit avec presque toutes les autres divinités du panthéon. Il hait particulièrement de toutes ses forces les quatre Dames des saisons, ainsi qu’Elye. Ces cinq déesses sont ses ennemies jurées, car elles incarnent la nature dans ce qu’elle a d’immuable et porteuse de vie, et non la nature furieuse, changeante et destructrice.
Il hait également profondément Ariel, car si cette dernière peut incarner, quand elle le souhaite, et il sait qu’elle le souhaite souvent, la nature changeante et destructrice, il sait qu’elle n’a que mépris pour lui, car elle aussi, d’une certaine manière, est immuable et porte la vie. Et il sait qu’elle le tient pour un fou et un incapable. En outre, elle lui fait l’affront de revendiquer toute catastrophe naturelle se déroulant dans les océans !

Pourtant, Lorin habite sur le même plan que les autres dieux de la nature que sont ses deux ennemies Ariel et Elye, ainsi que Cerumnos. Car si Lorin est un dieu fou, un dieu de la destruction, il n’en reste pas moins un aspect de la nature. La foudre, les volcans, les tremblements de terre… Tous appartiennent quoi qu’il en advienne à la nature. Les déplacements de la terre forment les continents. Les volcans font émerger de nouvelles terres de l’océan. Il en va ainsi. Rien dans la nature n’est inutile. Et Lorin ne l’est donc certainement pas.
Toutefois, à cause de sa fureur et de son instabilité, Lorin est gardé enchainé au fond d’un gouffre sur leur plan par les autres divinités de la nature. Lorsqu’il est particulièrement en colère, ses cris de rage raisonnent dans tout le plan d’existence, et les autres dieux de la nature savent alors qu’une catastrophe va avoir lieu sur le plan matériel des choses. Sa présence parmi eux relève ainsi plus de la prison que d’une véritable cohabitation, et ses élus morts errent à ses pieds comme des âmes en peine, ne sachant que faire pour libérer leur dieu ou apaiser sa colère.

Lorin est la seule divinité à ne pas avoir d’arme forgée par Dwilin, car sa fureur est son arme. Durant la chute des dieux, il resta près des volcans dans les Montagnes Noires, en proie à un délire né dans son esprit dément.

Le culte de Lorin

Remarque importante : Le culte de Lorin n’est pas vraiment toléré. Il est même généralement interdit.
Quels sont les préceptes de ses cultistes ? Ce sont des fanatiques qui ne voient de beauté que dans la destruction. Ils n’hésitent jamais à menacer d’invoquer des cataclysmes qu’ils ne sont en fait absolument pas capables d’invoquer. Mais l’imagination de la scène que cela produirait, de la panique que cela déclencherait, les pousse à de telles revendications.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ses cultistes ? Aucune, mais ils ne manquent jamais de se réjouir à l’annonce qu’une catastrophe naturelle a eu lieu quelque part.
Où peut-on trouver des cultistes ? Partout dans le monde, il y a dans toutes les races des hommes et des femmes assez déments pour servir Lorin. Ils sont particulièrement nombreux dans les Montagnes Noires, là où la terre se soulève et peut vomir des flammes.
Quel est leur plus grand temple ? Ils n’ont pas de temples.
Comment rejoindre ce culte ? Les prêtres de Lorin propagent la peur de Lorin et veulent absolument que les pauvres ères craignent ce dieu. Il leur arrive donc parfois, parmi leurs victimes, que l’une d’elles soient fascinés par leurs discours. Alors, ils le prennent sous leur aile, et un nouveau prêtre apparait.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Il est bien trop anarchique pour le moindre semblant d’ordre se mette en place ! Chaque prêtre prêche différemment, et il n’y a presque aucune communication entre eux.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non.
Ce culte est-il populaire ? Il est tout à la fois craint et haï. Ses adorateurs et ses prêtres sont accusés d’avoir déclenché, par l’intermédiaire de leur dieu, toutes les destructions possibles. Quand une catastrophe arrive, il est d’ailleurs fréquent qu’une chasse aux sorcières se mette en place pour débusquer le prêtre ou l’adorateur qui a attiré l’œil de Lorin. Autant dire que pour éviter des émeutes, et même si la plupart croient de toute façon qu’il s’agit de la juste réaction, les dirigeants ont tendance à punir l’adoration de Lorin de la mort.
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs traitent, une fois n’est pas coutume, les adorateurs et prêtres de Lorin comme les habitants du continent les traitent eux-mêmes. Hors de question d’attirer l’œil mauvais et plein de rage de ce dieu, après tout.

Jarerianne Ersel, élue de Lorin


Le royaume de Tahar, enterré sous les sables. Au sud de ce royaume, la capitale, la cité de Tahar elle-même, gouvernée par les pharaons de la famille des Ersel. C’est dans cette famille que naquit Jarerianne.
C’était une famille mauvaise ! Les pharaons de cette ville étaient craints. Ils étaient cruels et dits malhonnêtes, même si personne n’osait dire cela à voix haute de peur de s’attirer les foudres de Lothÿe. Mais leur royaume étant au sud, proche des Montagnes Noires et de la Jungle, il était l’une des régions les plus fertiles du désert qui deviendrait un jour tout entier soumis à Tahar. Aussi les habitants souhaitaient-ils y rester, malgré le fait que les Ersel profitent bassement de leur position.
Jarerianne Ersel, donc naquit dans cette famille. Très tôt, elle fut aussi mauvaise que ses parents l’éduquaient, et les habitants de Tahar craignaient la pharaone qu’elle serait un jour, car elle serait à n’en pas douter l’une des plus cruelles que Tahar ait jamais connu. Mais sa vie était sacrée.
L’était. Car un jour, les tahariens découvrirent qu’elle savait manipuler la magie. Hors, la magie est crainte et haïe en Tahar. Aussi, les pharaons eux-mêmes durent abandonner leur vie, au beau milieu du désert. Jarerianne Ersel avait neuf tours.

Mais elle survécut. Elle seule sait comment. Dans une terre foulée par les peaux-vertes à la peau rouge, par des monstres en tous genres, et dans les sables du désert, une enfant n’aurait pas dû survivre. Comment fit-elle ? La réponse est bien plus simple qu’il n’y parait.
Car dans le même moment où elle était abandonnée, quelque chose se passait dans l’Empire d’Ambre.

Un homme fuyait par la campagne, riant, et insultant ses poursuivants, qui brandissaient des épées et lui promettaient la mort s’ils l’attrapaient. L’homme leur fit signe de se retourner. Lorsque les soldats se tournèrent vers leur bonne cité du Blanc Diamant, ils virent le sol se soulever, entendirent des cris, et des bâtiments s’écroulèrent. Ils auraient dû rester muets et paralysés devant l’horreur du spectacle, mais ils se retournèrent vers le fuyard. Ils reprirent la poursuite, et finalement, l’homme fut abattu et rapidement mis à mort. Les soldats auraient aimé le faire souffrir, mais ils craignaient trop qu’il ne déclenche une nouvelle catastrophe.
L’homme n’était pas n’importe quel mortel. Il était un élu divin. Mais être élu divin peut aussi bien être un honneur sans égal pour son royaume qu’un fléau. Et pour cet homme, c’était un fléau. Il était élu de Lorin. Et en tant que tel, là où il allait, son dieu le suivait du regard. L’homme étant aussi fou que son dieu, il prenait plaisir à lui demander des catastrophes là où il se trouvait. Et Lorin ne se privait pas pour lui répondre. Voilà pourquoi il cherchait un nouvel élu.

Lorin est un dieu fou, inconstant. Il fallait bien une telle divinité pour faire d’une enfant que tout condamnait une élue divine. Et il le fit, sans même en avertir sa propre élue, ou qui que ce soit d’autre. Les autres dieux de la nature, sachant que Lorin avait à l’instant même où il l’avait nommée oublié son élue, convinrent que puisqu’il avait choisi d’en faire sa protégée, mieux valait s’occuper d’elle, car même avec son statut d’élue divine, elle allait mourir. Elye intervint donc pour sauver la vie de l’enfant, et la plaça dans un orphelinat loin de la cité de Tahar.
Jarerianne Ersel acheva de grandir là. Elle était l’une des enfants les plus méchantes de l’orphelinat, et en avait conscience. Mais cette étape de sa vie l’aida à ne pas sombrer dans la folie, à tout le moins. Elle était méchante, mauvaise, aimait à jouer de mauvais tours et à dominer ses camarades orphelins, mais jamais elle ne dépassa les bornes au point de devoir être renvoyée. Elle les testait juste en permanence, voyant ce qu’elle était autorisée à faire, par jeu. Elle apprit à cacher ses pouvoirs magiques, à les empêcher de se développer. De sorte qu’elle ne serait jamais une bonne magicienne.
Et toujours, elle se rappela qui était ses parents. Aussi son ambition fût-elle de retourner à Tahar. Dès qu’elle fut en âge d’étudier, elle se lança dans une carrière de domestique, et dès qu’elle eut un certain nom, elle partit à Tahar. Là, elle revendiqua son héritage. Elle allait être mise à mort par ses propres parents, quand le sol se mit à trembler. Car Lorin s’était rappelé, depuis son gouffre, qu’il avait une élue. Et son œil avait été attiré par sa présence…

Les deux parents de Jarerianne moururent dans la catastrophe, comme beaucoup des habitants de la ville. Tahar est une petite ville aujourd’hui, construite sur les ruines de l’ancienne. Mais puisque la destruction de la précédente fut mise sur le compte de la magie de Jarerianne, cette dernière, crainte comme le furent ses parents, fut sacrée pharaone. Après tout, elle était l’unique descendante de sa lignée. Jarerianne, amusée, fit reconstruire son palais dans des formes sinistres, inquiétantes. A l’image de ce à quoi doivent s’attendre ceux qui souhaitent une entrevue avec la pharaone, qui gouverne désormais tout Tahar, sans sagesse et avec une pure méchanceté.
Elle a aujourd’hui cinquante tours. Et puisqu’elle ne semble pas vieillir, tous ses sujets se posent la même question : Quand Lothÿe, divinité protectrice de Tahar, la rappellera-t-il enfin ? Nul ne cherche cependant à accélérer ce processus. Face à une pharaone, ce serait un sacrilège, et nul doute que le dieu du soleil serait en colère…
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 8 Sep 2017 - 13:49

Les Haute Dames des Saisons

Les Hautes Dames des Saisons sont appelées ainsi car ce sont ces quatre divinités sœurs qui règnent sur l’ensemble des saisons que traverse Ryscior. Chacune d’entre elle régit une saison différente, et trois d’entre elles firent un don précieux aux mortels.

Elué


L’hiver

Caractère et attributions

Elué, Haute Dame de l’Hiver, pourrait tout à fait à être l’image de sa saison : Froide et dénuée de sentiments. Il n’en est cependant rien. Du moins est-ce le cas à l’égard des mortels, puisque parmi les divinités, elle fait partie du groupe qui est le plus proche des mortels eux-mêmes, groupe très pourtant très restreint. Mais de ce rapprochement, elle a payé le prix dur…
Il y a des millénaires de cela, avant que les démons ne mettent fin au règne des Anciens sur Ryscior, Elué, comme tous les dieux, vivait avec les mortels. Elle fut même mariée à un roi humain ! Mais il était dit que leur bonheur fut particulièrement court, car vinrent les démons. Comme le disent ceux qui se souviennent de ces évènements, ils ravagèrent le monde, tuant tout sur leur passage. L’espèce humaine, à cette époque, frôla l’extinction, et le petit royaume dont Elué était reine, malgré tous les pouvoirs de cette souveraine, ne fut pas épargné. A l’époque, elle disparut sans laisser de traces.
Plus personne n’entendit parler d’elle. Tout laissait à croire qu’elle était morte, tuée par les démons. Seule victime divine de cette guerre, mais quelle victime ! Cette disparition causa un immense chagrin à ses trois sœurs, les Hautes Dames du printemps, de l’été et de l’automne. Mais puisque personne ne pouvait tuer un dieu, sauf à manier la faux d’Elis, dit Antescior, Elué ne pouvait qu’être encore vivante ! Elle n’était alors que prisonnière quelque part…
Les dieux, et particulièrement ses sœurs, remuèrent le ciel et la terre, parcoururent tous les plans, et s’aventurèrent même aux enfers, pour essayer de la retrouver. Mais elle ne semblait être nulle part. Peu à peu, ils abandonnèrent les recherches. Alors, les trois Hautes Dames prirent sur elles, car l’hiver, qui permet à la terre de se reposer, est autant essentiel pour le monde que les autres saisons. Se relayant, les trois Hautes Dames se chargèrent de maintenir l’hiver selon les connaissances qu’elles avaient de cette saison chaque fois qu’il devait arriver, même sans sa Dame tutélaire. Et il en alla ainsi durant des millénaires…

Mais il y a dix tours à présent, une grande joie inonda les Hautes Dames, et toutes les divinités qui s’inquiétaient pour Elué. Car Elué, de retour, marchait à nouveau sur les froides dalles de son palais. Elle ne dit rien à personne de ce qui s’était passé durant ces millénaires d’absence, sans qu’elle ne donne de nouvelles à ses sœurs. Elle ne retrouva pas son époux, emmené par les démons, mais elle retrouva son trône de glace. Et depuis, elle règne à nouveau sur les hivers qui s’installent. C’est à son retour qu’elle reçut l’arme que lui avait forgé Dwilin, la Lumière Froide, une lanterne de fer forgé.

Traditionnellement, Elué est associée à la vieillesse, et à la sagesse qui va de pair avec l’âge. Ses prêtres lui confient donc souvent les vieilles personnes. Car après tout, ne dit-on pas que quand un vieillard meurt, c’est toute une bibliothèque qui disparait ?

Durant la Chute des Dieux, Elué trouva refuge dans la caverne d’un dragon des glaces qui accepta de l’héberger.

Le culte d’Elué

Remarque importante : Conséquence immédiate de sa trop longue absence, Elué n’a que très peu de prêtres.
Quels sont les préceptes de ce culte ? L’hiver n’est que l’annonciateur du retour du printemps. Ne le maudissez pas, et réjouissez-vous de ce temps de repos qui permet à Ryscior de vivre.
Quelles sont les cérémonies les plus importantes de ce culte ? Le solstice d’hiver est bien entendu la date de leur plus grande célébration. Il s’agit d’une nuit passée en contemplation, méditation, et adoration de la déesse.
Où peut-on trouver ses représentants ? Ce clergé est le plus rare du continent, mais on a des chances d’en trouver quelques temples dans les campagnes.
Quel est le plus grand temple dédié à cette divinité ? Le plus grand temple dédié à la Haute Dame de l’hiver se trouve à la frontière entre les Montagnes des Nains et Euplemio. La communauté vivant dans ce temple a choisi de vivre isolée, mais accueille avec bienveillance les visiteurs. Le temple est d’ailleurs partagé avec les prêtres des trois autres Hautes Dames.
Comment rejoindre ce culte ? Il suffit de trouver un prêtre d’Elué prêt à enseigner pendant trois tours à son apprenti à aimer l’hiver et à avoir le caractère paisible qui sied à la saison. Si à l’issue de ces trois tours, l’apprenti ne manifeste pas pour elle un amour sincère, il sera rejeté.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non. Hommes et femmes peuvent rejoindre le clergé d’Elué.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Non. Du moins, rien d’officiel. Dans les faits, il est absolument normal que la parole des anciens soit plus écoutée que celle des jeunes, mais cela n’a rien d’obligatoire.
Ce culte est-il populaire ? Très peu. Il n’est en fait populaire que lors du solstice d’hiver. Autrement, les gens n’ont aucun respect pour Elué.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ne voient pas l’intérêt de rendre hommage à Elué.

Gaunt Vogel, élu d’Elué



L’histoire de Gaunt Vogel est celle d’un homme auquel Finil avait réservé bien des surprises. Gaunt naquit dans le royaume de Salicar, dans une famille noble. Il n’y a rien à dire sur son enfance, car il fut éduqué comme n’importe quel noble de son royaume. C’est lorsqu’il avait vingt-trois tours que se passa un évènement qui allait changer à tout jamais sa vie.

Un marchand itinérant était venu vendre ses denrées dans la tour qu’occupait sa famille. Gaunt avait examiné les marchandises, et avait trouvé un splendide médaillon. Ayant une jolie fille d’une tour non loin en vue, le jeune homme l’avait acheté, avec pour intention de le lui offrir. Mais lorsqu’il le mit dans sa poche, une voix de femme lui parvint, lui suggérant d’ouvrir le bijou. Gaunt, à première vue, douta que cela soit seulement possible, et pourtant, il batailla, et finit par ouvrir ledit médaillon. Sur chacune des faces, des portraits. L’un d’eux figurait un homme au regard fier, vêtu richement. Tout dans son maintien indiquait un meneur, un roi peut-être. L’autre portrait figurait une femme au regard magnifique, à la chevelure blanche comme neige, aux yeux bleus comme l’eau de roche, mais au regard étrangement triste. Elle ‘était vêtue d’une longue robe d’un blanc éclatant. Sous les deux portraits figurait une légende, indiquant qu’il s’agissait de Karl et d’Elué, seigneurs du royaume du nord.
Gaunt montra, par curiosité, le médaillon à son frère jumeau. Il était étonné de trouver un portrait de dirigeants, sans doute des Marches d’Acier, au vu de l’annotation, dans un médaillon vendu par un simple marchand itinérant. Son frère, qui avait une légère sensibilité à la magie, s’empressa d’examiner  la chose, et vit que le médaillon était de fait puissamment enchanté, mais par une magie sombre et inquiétante. Le peu d’expérience qu’il avait suffi à lui faire comprendre que le médaillon avait été enchanté par un démon, et un des plus puissants.

« Nous ne pouvons pas le garder avec nous, Gaunt, dit-il. Il faut le détruire.
-Et pourquoi cela ? Enchanté par un démon ou non, c’est un beau bijou.
-Beau bijou ou non, il n’est jamais bon de s’accaparer les possessions d’un démon. Cela attirerait son regard sur nous ! Il faut le détruire ! »

Cela mit fin au débat. La nuit qui suivit, Gaunt entendit à nouveau la voix de femme lui parler, depuis sa commode. Elle lui commanda de se rendre au nord, où il trouverait une tombe de glace, dans laquelle reposait une femme magnifique.
Gaunt se réveilla en nage. Cela ne pouvait être qu’un rêve, et pourtant on lui promettait une fortune sans égale s’il y parvenait, car la voix de la femme avait ajouté une chose : amener le médaillon à ce corps ramènerait à la vie Elué, Haute Dame de l’hiver. Et elle lui en serait profondément reconnaissante, de même sur ses trois sœurs. Gaunt ne parvenait pas à croire que le hasard ait placé entre ses mains le moyen de ramener une divinité morte à la vie. Il n’était qu’un mortel, n’est-ce pas ? Ce médaillon devait être enchanté par un démon pour l’attirer dans un piège. Peut-être que l’amener au nord, comme le disait la voix, invoquerait un démon d’une puissance extraordinaire ! Gaunt ne voulait en aucun cas être responsable d’une telle catastrophe. Cependant, une autre partie de lui-même était tentée par l’aventure. Alors il prit une décision : il irait tout d’abord au nord sans le médaillon. Si tombe de glace il y avait, alors il ramènerait le bijou.

Le lendemain, il prétendit partir en chasse, et quitta le domicile familial. Pour être sûr que le médaillon soit à l’abri de son frère, il l’enterra sous un chêne, dans la forêt proche. Il ignorait qu’il s’aventurait dans une épopée de légende. Il traversa les Marches d’Acier, et entra dans les Montagnes du Nord du Monde, montagnes infestées de peaux-vertes qui marquaient la frontière des Marches avec la mer de glace, mer gelée et inexplorée du nord. Cette région était inexplorée pour cela, et aussi à cause des orcs.
Après une lune dans les montagnes, Gaunt renonça à chercher ce tombeau de glace. Il ne devait certainement pas exister après tout. Et il en avait déjà assez de fuir en permanence les peaux-vertes. Il fit demi-tour. Mais les Montagnes du Nord du Monde ne sont pas réputées être un piège pour rien, et il ne trouva pas la sortie sud. Il passa des tours à errer dans les montagnes, tuant des orcs, et évitant de se faire tuer par eux. Il établit son refuge dans une grotte que les dragons craignaient, une grotte immense, dans laquelle se trouvait le squelette d’un dragon, mort depuis des temps immémoriaux. Mais son trésor, lui, était intact. Gaunt l’examina, plus par curiosité que par désir de s’enrichir, car il ne pouvait rien trouver d’intéressant vu qu’il ne pouvait rien emmener. Cependant, il trouva tout de même une épée ornée d’antiques runes naines. Le peu de connaissances qu’il avait en matière de magie lui fit comprendre qu’elle était puissamment enchantée. Cet enchantement l’avait maintenue aiguisée. Cela changeait de sa vieille épée familiale, émoussée ! Il la prit donc.
La nuit qui suivit marqua un tournant dans les relations de Gaunt avec les peaux-vertes. Car l’humain vit un feu non loin, signalant un camp de ces bêtes. Et il attaqua ! Au cours d’une nuit sans lunes ni étoiles, l’homme, de tout de noir vêtu, fondit sur ses adversaires, épée à la main. Dans l’autre main, un bout de bois, qu’il enflamma grâce à leur feu, et dont il se servit comme d’une arme. Cet évènement marquerait la naissance du nom sous lequel le craindraient désormais les peaux-vertes : Dragon Noir.

Ainsi passèrent des tours, durant lesquels Gaunt parvint à survivre dans les montagnes, par son astuce autant que par sa force. Puis vint une troupe de guerriers, qui souhaitaient traverser les Montagnes du Nord du Monde à la recherche d’elfes noirs en fuite. Ils furent attaqués par des orcs ! Mais Gaunt leur sauva la vie. Les trouvères des Marches d’Acier chanteraient la suite pour les siècles à venir. Gaunt et le trio, dont l’elfe Cirenviel et le hallebardier Bolch faisaient partie, parvinrent à libérer Dame Uly des mains des elfes noirs, et aidèrent les hommes des Marches d’Acier à anéantir une armée d’orques, durant laquelle Gaunt tua Graugn dent de fer, le chef de la horde. Puis Gaunt retourna à Kelvin, afin de repartir à l’aventure. Là-bas, il croisa un marin du nom de Théoden…

Cette histoire ne fut que le début de leurs aventures. Aux côtés de Théoden, Gaunt parcourut les profondeurs de la Jungle, où les compagnons luttèrent durement pour leur vie face à des hommes-lézards. Ils échappèrent à la garde de Port-Argenterie, traversèrent des territoires infestés de trolls. Ensembles, ils sauvèrent la Gardienne de la destruction par une troupe d’orques. Et puis un jour, Gaunt crut Théoden mort, alors qu’ils se trouvaient dans la Cité-Etat de Karak-Tur.
Gaunt fut abattu par cette perte. Fort heureusement, la druidesse Tavish, qui était depuis longtemps leur compagne de voyage, parvint à sécher ses larmes. Durant la longue conversation qu’ils eurent, et durant laquelle ils parlèrent du passé, il lui raconta l’histoire du médaillon. Puis ils prirent une nuit de sommeil, qui ne dura pas. Tavish s’éveilla en effet au milieu, agitée. Elle réveilla Bolch, lui affirmant qu’il fallait immédiatement se mettre à la recherche du médaillon.

« La Mère croit que ce médaillon dit la vérité ! dit-elle, excitée. Il y a une faille démoniaque au nord. Si c’est vrai, alors c’est là que nous trouverons la tombe de glace d’Elué. Les bénédictions de nombreux dieux nous accompagneront, mais nous devons accomplir cette tâche ! »

Ils allèrent récupérer le médaillon sous le vieux chêne, sans saluer son frère, mais en s’arrêtant quelques peu sur la tombe de Gaunt Vogel, présumé mort. Gaunt y lâcha un rire ironique. Il fut réprimandé par Tavish, qui souhaitait aller montrer à sa famille qu’il était en vie, mais refusa. Il n’était plus le même homme, après tout… Ils se rendirent ensuite au nord des Marches, franchissant les Montagnes du Nord du Monde. Là, ils trouvèrent la faille, y plongèrent. Des horreurs qu’ils virent, Bolch parlerait longtemps, même si Tavish gardait la bouche close à ce sujet. Mais ils y virent aussi une merveille. Le tombeau de glace.
Et la femme enfermée dans ce tombeau se révéla effectivement être Elué, la Haute Dame de l’Hiver. La nuit qui suivit sa libération, elle lui apparut en rêve.

« Les démons ont pu enfermer mon âme dans ce médaillon, dit-elle, mais au dernier moment, j’ai pu me préserver en m’enfermant dans ce cercueil de glace qu’ils ne pouvaient affecter. Et maintenant que je suis enfin réunie, je peux reprendre ma place au panthéon. Gaunt Vogel, je ne saurai jamais te remercier assez de ce que tu as fait pour moi, sache-le.
-Le plus beau cadeau que vous pourriez me faire, Haute Dame, dit Gaunt, sous le charme de la déesse, serait de me permettre d’encore vous servir. »

Ainsi, Gaunt Vogel devint l’élu d’Elye. Il a désormais cinquante-deux tours, et vit dans les Marches d’Acier.

Vamyse


Le printemps

Caractère et attributions

Vamyse, tout comme ses trois sœurs, est la Haute Dame qui règne sur l’une des périodes que traverse Ryscior à chaque tour de la roue des saisons. Le printemps est son domaine. Dès lors, que peut-on dire à son sujet qui ne soit pas plus ou moins évident ? Le printemps est après tout une saison très particulière, car celle de la renaissance de Ryscior, après son sommeil.
Vamyse est donc la plus jeune des quatre Hautes Dames, presque encore une enfant sous certains aspects. Des quatre, elle est la plus gaie, et celle qui prend le plus de plaisir à faire ce qu’elle fait, à savoir ramener la nature rysciorienne à la vie chaque tour. Elle est donc logiquement celle à laquelle on associe l’enfance, période où l’enfant est joyeux de découvrir ce qui l’entoure.
L’arme de Vamyse est son bâton, qui lui sert à creuser dans la terre les sillons par lesquels les plantes renaitront au printemps. Il est donc logiquement appelé la Serfouette. Lors de la chute des dieux, Vamyse participa aux travaux des champs à Hasdruba.

Vamyse, comme ses sœurs, est particulièrement proche des mortels, et comme ses sœurs, leur a fait un cadeau avant de quitter le plan matériel, après la chute des Anciens.
Les Anciens avaient de nombreux savoirs, mais principalement magiques. Lorsqu’elle comprit que l’art de la magie divine allait peu à peu se perdre dans les peuples mortels, Vamyse décida de leur venir en leur permettant de soigner leurs blessures autrement. Car avant cela, au moindre problème, la magie divine était la solution. Puisque les personnes la maitrisant allaient être moins nombreuses autant que moins puissante, il fallait compenser pour ceux qui n’auraient pas accès à leurs soins.
Vamyse, avant de quitter la surface de Ryscior, apprit aux Anciens à utiliser les plantes de la terre pour soulager une douleur ou une fièvre. Elle ne leur montra que les bases de cet art, sachant que les dieux souhaitaient alors prendre de la distance avec ce que devenait Ryscior. Mais ces bases furent suffisantes, et les graines qu’elle sema germèrent peu à peu.
La médecine fut donnée aux mortels par Vamyse. Aujourd’hui encore, les prêtres sont bien moins nombreux et bien moins puissants qu’à l’époque des Anciens. Leurs pouvoirs sont même allés en se dégradant au fil des millénaires. Mais les mortels peuvent encore vaincre les blessures et les maladies. Et cela, même si ce savoir a été oublié, ils le doivent à Vamyse, déesse du printemps.
Tel est le cadeau que Vamyse fit aux mortels.

Le Culte de Vamyse

Remarque importante : le clergé de Vamyse est très fortement lié à celui de ses sœurs. Il est fréquent de trouver des prêtres de Vamyse dans les temples des trois autres Hautes Dames, et des prêtres des trois autres Hautes Dames dans les temples de Vamyse.
Quels sont les préceptes de ce culte ? La joie et la célébration de la renaissance sont les valeurs les plus importantes à leurs yeux.
Quelles sont les cérémonies importantes de ce culte ? L’équinoxe de printemps est une fête sans égale à leurs yeux. Durant cette dernière, ils passent la nuit à rire et à chanter, fêtant la fin de l’hiver qui s’annonce.
Où peut-on en trouver des représentants ? Dans des temples généralement plutôt à l’écart des villes.
Quel est le plus grand temple dédié à cette déesse ? Le plus grand temple dédié à la Haute Dame du printemps se trouve à la frontière entre les Montagnes des Nains et Euplemio. La communauté vivant dans ce temple a choisi de vivre isolée, mais accueille avec bienveillance les visiteurs. Le temple est d’ailleurs partagé avec des prêtres des trois autres Hautes Dames.
Comment rejoindre ce culte ? Trois tours d’apprentissage auprès d’un prêtre de Vamyse, qui apprendra à l’aspirant à apprécier la nature et à vivre avec joie et plaisir en toutes circonstances. L’aspirant pourra ensuite devenir prêtre.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non, hommes et femmes sont acceptés comme prêtres de Vamyse.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Pas d’officielle. Dans les faits, certains prêtres à la parole célèbre seront plus écoutés que des prêtres plus jeunes, mais cela n’a rien d’officiel.
Ce culte est-il populaire ? Le jour de l’équinoxe de printemps, oui ! Le reste du temps, Vamyse a tendance à être ignorée.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ne voient pas l’intérêt de lui rendre hommage.

Filillë, élue de Vamyse


De tous temps, Vamyse n’eut que deux élus divins. Le premier, Fartaën, était le premier roi des elfes sylvains, celui-là même que Malene salua le jour du départ des elfes blancs pour d’autres rivages. Il régna avec sagesse sur son peuple durant les millénaires qui suivirent. Si bien que ce dernier n’était pas vraiment préparé à disparition, ignorant comment choisir un nouveau roi pour lui succéder. Devant cette ignorance, les elfes sylvains firent le choix de couronner Filillë, sa fille, à sa place.
Fartaën mourut il y a six tours à présent. Depuis, Filillë règne sur la Grande Forêt, et a reçu la bénédiction de Vamyse, comme son père l’avait fait avant elle.

Filillë est cependant bien différente de Fartaën. Car lorsque les frontières des royaumes sylvestres furent peu à peu rognés par l’expansionnisme des royaumes humains, si son père estima que la sagesse finirait par arrêter les hommes dans leur destruction, Filillë fit partie des gardiens qui, à la lisière de la Grande Forêt, prirent les armes pour empêcher les étrangers d’y pénétrer. Les bucherons des royaumes humains y allaient malgré tout. Petit à petit, malgré les traités passés avec les elfes, ils grignotaient toujours plus de territoire.
Filillë fit donc son apprentissage militaire à la rude. Et elle apprit à haïr ses adversaires. Elle considérait de plus en plus mal les opinions de son père qui laissait les humains tracer des routes dans leur forêt, estimant qu’un jour, tout s’arrangerait. Aussi, cette haine des royaumes se concrétisa quand son père fut tué par des bucherons humains.

Les elfes sylvains savaient ce qu’ils faisaient en la choisissant pour reine. Mais Vamyse savait-elle ce qu’elle faisait en la choisissant pour élue ? Après tout, il pouvait paraitre choquant qu’une personne qui n’inspirait pas exactement la joie de vivre soit l’élue de Vamyse. C’est que Vamyse voyait d’un bon œil la renaissance forcée que Filillë comptait amener sur le monde, en refaisant grandir la Grande Forêt. La nature perdait des droits, et en faire renaître était de son domaine après tout.

Voilà pourquoi Filillë est l’actuelle élue de Vamyse. Elle est en permanence en train de marcher sur un fil, car elle ne remplit pas tous les critères permettant de satisfaire Vamyse. Si elle fait une erreur fatale, sa bénédiction lui sera retirée.

« Je vous consulterai donc régulièrement, Haute Dame, dit Filillë quand Vamyse lui annonça cet état de fait. Je suis votre servante, et je ne voudrais pas vous décevoir.
-J’ai foi en toi, dit Vamyse. Je serai à l’écoute. Si tu as la moindre interrogation, je serai prête à t’aider. Le printemps renaît encore pour Ryscior. Et je veux que tu en sois le hérault. Va, mon élue. Va. »

Filillë n’est pas son père. Ses sujets et sa déesse le savent tous. Mais elle essaye sincèrement de gouverner avec droiture son domaine. Sa conception des choses lui a valu des ennuis auprès de plusieurs communautés d’elfes. Mais Vamyse l’a pour l’instant toujours soutenue.

Daudysse


L’été

Caractère et attributions

Daudysse est la Haute Dame qui règne sur l’été. A l’image de la saison qui lui est attribuée, Daudysse est une déesse chaleureuse, enjouée, enthousiaste, qui a un véritable amour pour les couleurs chaudes, les belles choses, et pour une certaine agitation, signe incontestable de vie, même jusque très tard dans la nuit. En cela, elle est proche de la déesse Filyon.
Mais Daudysse reste l’une des quatre sœurs régnant sur les saisons. Elle est donc plus proche de ses trois sœurs, et comme elles, est une femme aimante, heureuse, heureuse, qui travaille avant tout pour le bien-être de Ryscior en tant que tel, et secondairement pour celui de ses habitants. Dans sa tâche, elle collabore fréquemment avec les autres divinités de la nature. L’été étant d’ailleurs une saison fleurie, l’arme de Daudysse, celle qui lui fut forgée par Dwilin, est une fleur. Une rose noire.
Daudysse étant classiquement la déesse de la saison considérée comme la plus vivante, c’est à elle que l’on voue l’âge de jeune adulte. Cette période entre environ quinze et vingt tours, où les jeunes gens découvrent le monde des adultes sous un œil neuf, qui devient de plus en plus mature, expérimentant tous ses aspects, et décident définitivement de leur place à venir dans le monde.

Daudysse se démarque de ses sœurs par une action en particulier, et c’est la fondation de la chevalerie hasdrubienne. Lorsqu’elle combattit, Rose Noire au poing, les démons durant la Chute des Anciens, elle réalisa qu’il faudrait des guerriers de métier pour protéger le monde à présent. Mais elle n’aimait pas la guerre, contrairement à Prarag et Azma. Elle estima donc qu’il était nécessaire qu’il y ait parmi les protecteurs de Ryscior des gens qui, s’ils étaient des guerriers, le seraient parce que leur code de vie leur dictait d’être des guerriers, et non pas parce que la guerre leur donnait un code de vie. Des gens qui embelliraient le monde lorsqu’ils allaient en guerre, au lieu de le ravager sur leur passage. Elle fonda parmi les elfes un ordre de sept guerriers qui furent appelés les chevaliers. Ces chevaliers étaient menés par des idéaux d’honneur et de vertu.
Le temps passa.
Lorsque vint le temps pour les elfes blancs de quitter le continent, les sept chevaliers se trouvaient parmi eux. Avant de partir, ils transmirent aux humains les secrets de leur ordre, de sorte qu’il y eut sept chevaliers humains quand les elfes partirent.
Le temps passa à nouveau.
Lassés de la politique des cités dans lesquelles ils étaient installés, les sept chevaliers s’en allèrent, leurs suites avec eux, pour fonder un royaume où les idéaux d’honneur de leur ordre, même si l’origine de ces derniers n’était plus qu’une légende, serait la base de la vie quotidienne pour tous, chevaliers comme manants. Ce fut Hasdruba.
Hasdruba disparu depuis un tour, les héritiers de ces ordres vivent encore. Ce sont les ordres de chevalerie basés à Orthan et la Cité de Jade Etincelante.

C’est en fondant indirectement un royaume entier, et les ordres de chevalerie qui lui succédèrent, que Daudysse se démarqua de ses sœurs.

Le culte de Daudysse

Remarque importante : Le culte de Daudysse est divisé en deux. Il y a d’une part ceux qui la vénèrent pour ce qu’elle est, la Haute Dame de l’été, et d’autre part ceux qui la vénèrent en tant que mère de la chevalerie, selon leurs propres termes.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les prêtres qui vénèrent la Haute Dame de l’été considèrent qu’il faut toujours garder optimisme et ne jamais se laisser aller à l’abattement, qui cause l’inaction. Ce sont des prêtres qui tendent à voir le verre plein, et à penser que tout va s’arranger, pourvu qu’on ne reste pas inactif. Les prêtres qui la vénèrent comme la mère de la chevalerie ont pour préceptes les sept qualités phares que Daudysse a demandé à ses chevaliers d’avoir, qui sont la droiture, le courage, la bienveillance, la politesse, la sincérité, l’honneur et la loyauté.
Quelles sont les cérémonies importantes de ce culte ? Pour un culte comme pour l’autre, le solstice d’été est bien entendu la date la plus importante. Dans les deux cas, il s’agit d’une nuit passée à faire la fête, à célébrer la vie et la vigueur.
Où peut-on en trouver des représentants ? On trouve généralement les temples de la Haute Dame de l’été dans les campagnes, un peu loin de tout. Quant aux prêtres qui la vénèrent comme la mère de la la chevalerie, on les trouve généralement dans le quartier religieux de la cité nouvelle d’Orthan, dans l’Empire d’Ambre.
Quel est le plus grand temple dédié à cette déesse ? Le plus grand temple dédié à la Haute Dame de l’été se trouve à la frontière entre les Montagnes des Nains et Euplemio. La communauté vivant dans ce temple a choisi de vivre isolée, mais accueille avec bienveillance les visiteurs. Le temple est d’ailleurs partagé avec des prêtres des trois autres Hautes Dames. Quant au plus grand temple de ceux qui vénèrent la mère de la chevalerie, il n’y en a qu’un seul pour l’instant, et il se trouve à Orthan.
Comment rejoindre ce culte ? Pour le culte de la Haute Dame, il faut trouver un de ses prêtres ou une de ses prêtresses, qui apprendra à l’aspirant, durant quatre tours, à prendre le monde avec optimisme et sourire. A l’issue de ces quatre tours, l’aspirant devra passer la nuit du solstice d’été dans son entier à faire la fête et à prier. Pour devenir prêtre de la mère de la chevalerie, il faut se rendre à Orthan, pour y suivre l’apprentissage des armes (l’épée et une autre arme au choix de l’aspirant), y apprendre à suivre strictement les sept vertus chevaleresques, et après une période passée à servir d’écuyer à un chevalier, l’aspirant pourra être adoubé.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non. Les deux cultes sont ouverts aux hommes comme aux femmes. Les premières chevalières furent d’ailleurs adoubées très récemment.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Pas pour le culte de la Haute Dame, où tous sont égaux ! Du moins dans la théorie. Dans la pratique, il va de soi que les prêtres les plus anciens sont plus écoutés que les plus jeunes, mais cela n’a rien d’officiel. Pour les chevaliers, en revanche, il y a une échelle. On trouve tout en bas les écuyers, qui sont considérés comme en faisant déjà partie, même s’ils n’ont pas été adoubés, puis les chevaliers. Au-dessus se trouvent les sept chevaliers du cercle intérieur, qui sont les officiers de ce jeune culte, et encore au-dessus, le Grand-Maître du culte, en ce moment Friedriech von Tanemberg.
Ce culte est-il populaire ? Le jour du solstice d’été, on pourrait croire que Daudysse est la déesse la plus vénérée du continent ! Mais en vérité, dès que ce jour est passé, tous sauf ses prêtres et ses fidèles les plus loyaux ont tendance à l’oublier.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs estiment ne rien devoir à Daudysse.

Faël Alvestryn, élue de Daudysse


« Joao ! Vasco ! Que voulez-vous ?
-Rien de plus que ta vie ! »

C’est sur ces mots que la vie de Faël de Alvarado changea du tout au tout. Princesse du royaume d’Oro, elle était la petite sœur de Pedro de Alvarado, le futur Conquistador. Mais le pouvoir est une chose alléchante, et quand ses deux cousins se rendirent compte qu’ils seraient les héritiers légitimes du trône si le frère et la sœur venaient à mystérieusement disparaitre, il n’en fallut pas plus pour éveiller leur ambition.
Leur plan leur semblait parfaitement huilé. Tuer Faël et cacher son cadavre afin qu’il n’y ait pas d’enquête qui pourrait leur être fatale, puis aller ensuite tuer Pedro. Faël prit la fuite lorsqu’ils surgirent, lui répondant ainsi, dans une chapelle dédiée à Daudysse non loin de Garay, la capitale, où elle avait l’habitude d’aller prier seule, la nuit, pour que son futur frère règne avec sagesse. Mais les deux cousins avaient bloqué la seule issue, aussi se réfugia-t-elle sur l’autel.
Daudysse était une déesse de vie, de sentiments. Son clergé n’acceptait bien sûr pas de faire couler le sang dans une de ses chapelles, alors un autel… Elle espérait que ses cousins respecteraient cet interdit. Mais tous les hommes du monde n’ont pas la même droiture d’esprit et la même foi que la princesse d’Oro, et une petite heure après, un grand sac de toile chutait dans le lac non loin de Garay, attaché à une lourde pierre afin de s’assurer que jamais il ne remonterait à la surface.

Faël pouvait sentir l’eau froide passer rapidement à travers le sac, tandis que la sensation de chute continuait, et que la douleur la lançait dans son flanc, là où les rapières de ses cousins l’avaient transpercée. Elle ignorait encore pourquoi était-elle vivante. Elle aurait dû mourir de cette blessure ! Mais de toute façon, cela n’avait plus aucune importance. A défaut de périr de sa plaie, elle périrait noyée.
Elle se prit à l’espérer que l’inconscience la prenne le plus vite possible, pour éviter les affres de l’agonie, mais celle-ci ne vint jamais, car le sac de toile atterri brusquement sur ce qu’elle croyait être le fond du lac, et se déchira ce faisant. Ne sentant curieusement plus d’eau, elle sortir du sac. Elle était dans une prairie ensoleillée. Etait-ce le monde des morts ? Elle n’eut pas le temps de se poser la question car devant elle, assise parmi les fleurs, se trouvait une femme dont elle avait vu maintes statues dans les chapelles.

« Dame de l’Eté, dit-elle en tombant à genoux.
-Relève-toi mon enfant, dit Daudysse.
-Madame, dit Faël, impressionnée en se relevant.
-Chut, dit l’intéressée. Viens marcher avec moi, car nous avons à parler. Je comprends que tu sois choquée, mais je tenais à m’entretenir avec toi.
-Je ne sais pas comment vous remercier de m’avoir sauvé, Madame, répondit Faël, qui sentait que sa blessure, tout comme le lac, avait disparu.
-Ne me remercie pas, dit Daudysse. La confiance que tu as placée en moi ce soir me suffit. Assassiner sa propre cousine dans un de mes temples, quelle horreur… Rassure-toi cependant, car tes cousins n’ont pas eu l’occasion de frapper ton frère. A toi de retourner au palais et de les accuser. Mais il y a autre chose que je voulais te dire. Je n’ai plus d’élu, Faël. Le précédent, un homme du désert du nom de Farid, vient de mourir, tué par un orc à la peau rouge. Et depuis qu’il fut choisi pour être mon élu, je n’ai jamais vu une foi telle que celle que tu as placé en moi. Cela m’a réellement touché. Si tu acceptais ce poste, tu ferais ma joie, je peux t’en assurer. »

C’est ainsi que Faël Alvarado de son nom de jeune fille devint, âgée de vingt-deux tours, élus de Daudysse. Son frère, Pedro, devint Conquistador d’Oro. Il remarqua bien que sa sœur changea avec sa tentative d’assassinat, mais mis cela sur le compte de l’émotion.
Faël commença alors à servir de diplomate pour son frère, et c’est sans nul doute ce qui la sauva. Quand Asarith Lune-Pâle fit son coup d’état, s’emparant du titre de Conquistador et assassinant son frère, Faël était en Hasdruba, hors de sa portée, car protégée par les chevaliers du Roy Palménas de Llent. C’est là que vinrent la trouver nombre de nobles oréens qui la considéraient comme plus légitime qu’Asarith Lune-Pâle.
Faël de Alvarado était dans une situation compliquée, ne sachant pas où était son devoir compliquée. Elle trouva le réconfort dans les bras d’Enguerrand d’Alvestryn, chevalier d’Hasdruba qui devint son époux, mettant officiellement fin à la lignée des Alvarado et devenant au passage le nouveau Conquistador légitime, disaient les réfugiés d’Oro.
Ce bonheur semble destiné à être de longue durée. Quand Hasdruba fut détruite par les morts, en effet, Faël et son époux, purent se rendre dans la Cité de Jade Etincelante, capitale de l’Empire d’Ambre, où Enguerrand rejoignit l’Ordre de Sainte Croix, tandis que Faël rejoignit l’administration impériale, dans la section des cultes. Elle y travaille à essayer de favoriser le culte de Daudysse dans l’Empire, tout en respectant les croyances de ce dernier, et en combinant le mieux possible ce métier avec sa nouvelle fonction de mère de famille.

Isielle


L’automne

Caractère et attributions

Isielle fait partie des quatre sœurs Hautes Dames des saisons. L’automne est celle qui lui est dédiée. Avec cette saison comme attribution, on pourrait croire qu’Isielle est une déesse mélancolique, à l’image des sentiments qui peuvent prendre les mortels lorsque tombent les feuilles des arbres. Il n’en est rien.
Isielle est, comme chacune de ses sœurs, une dame joyeuse. C’est une dame qui aime à chanter. Ce chant peut être entendu lorsqu’arrive son règne, chant qui ravit alors Ryscior, et lui donne mille couleurs que nulle autre saison ne peut prodiguer.
Alors s’il est vrai qu’Isielle représente la fin d’un tour, d’un cycle, elle est surtout l’annonciatrice d’un futur renouveau, car le cycle des saisons durera tant que Ryscior existera. Elle est la messagère d’une future renaissance, qui n’invite pas à se tourner vers l’été qui s’achève, mais vers le printemps qui viendra après l’hiver, saison de transition permettant à Ryscior de se reposer.
On attribue à Isielle l’âge adulte. Celui dans lequel les mortels ne sont plus jeunes, mais ne sont pas encore vieux. Celui dans lequel tous espèrent avoir une vie paisible, ou se battent pour l’obtenir, que ce soit contre la nature, ou contre quelque chose d’autre…
L’arme d’Isielle est une feuille morte, que l’on appelle Crépuscule. Lors de la chute des dieux, elle parcourut la Jungle, en ne se montrant pas aux mortels.

Comme ses trois sœurs, Isielle est une divinité proche des mortelles. Et comme deux d’entre elles, elle leur a laissé un héritage aisément palpable. En effet, lors de la chute des Anciens, quand l’humanité manqua d’être exterminée, ce fut Isielle qui choisit d’emmener avec elle une communauté dans la seule forêt qui ne connaissait jamais les contraintes de son règne : la Jungle. Ici, la déesse savait que les humains pourraient plus aisément lutter contre les démons, et s’adaptant à la vie dans cet endroit, pourraient y refonder la société des Anciens.
Le temps prouva que d’autres humains avaient survécu ailleurs, mais le peuple qu’Isielle emmena dans la Jungle y survécut effectivement. Seulement, ce fut sous une autre forme, et en renonçant à la société des Anciens. Isielle avait, sans le savoir ni le vouloir vraiment, permit à au peuple qui devint des millénaires plus tard connu sous le nom des Amazones d’exister. Ces dernières ont oublié le nom d’Isielle, mais n’ont pas oublié que c’était la Déesse qui leur avait permis d’aller trouver leur maison dans la Jungle.
Tel est l’héritage qu’Isielle laissa aux mortels.

Le culte d’Isielle

Remarque importante : Le clergé d’Isielle est très fortement lié à celui de ses trois sœurs (Vamyse, Daudysse et Elué), de sorte qu’on trouvera fréquemment des prêtres d’Isielle dans les temples de ces dernières, ou des prêtres des autres Hautes Dames dans les temples d’Isielle.
Quels sont les préceptes de ce culte ? A l’image de l’été, tout est éphémère, et pourtant, à l’image du printemps, malgré les coups durs qui peuvent être assénés par l’hiver, tout finira par s’arranger, en un cycle immuable.
Quels sont les cérémonies les plus importantes de ce culte ? L’équinoxe d’automne est bien entendu la plus grande fête des prêtres d’Isielle. La nuit de l’équinoxe d’automne est l’occasion, dans les temples d’Isielle, d’entendre des chants célébrant les couleurs de l’automne et les fruits de la vigne prêts à être récoltés.
Où peut-on trouver des représentants de ce culte ? Ce clergé se trouve dans des temples qui peuvent être trouvés à la campagne, plus ou moins loin des villes.
Quel est le plus grand temple dédié à cette déesse ? Le plus grand temple dédié à la Haute Dame de l’automne se trouve à la frontière entre les Montagnes des Nains et Euplemio. La communauté vivant dans ce temple a choisi de vivre isolée, mais accueille avec bienveillance les visiteurs. Le temple est d’ailleurs partagé avec des prêtres des trois autres Hautes Dames.
Comment rejoindre ce culte ? Trois tours d’apprentissage auprès d’un prêtre d’Isielle, durant lequel ce dernier apprendra à l’aspirant la valeur de l’espoir que prêche leur déesse, mais aussi à accepter la mélancolie de l’hiver comme quelque chose de fondamentalement positif. Au bout des trois tours, si l’aspirant a fait sienne cette philosophie, alors il deviendra prêtre à son tour.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non, hommes et femmes sont acceptés comme prêtres d’Isielle.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Pas d’officielle. Dans les faits, certains prêtres à la parole célèbre seront plus écoutés que des prêtres plus jeunes, mais cela n’a rien d’officiel.
Ce culte est-il populaire ? Uniquement le jour de l’équinoxe d’automne. Le reste du temps, les peuples ont tendance à ignorer Isielle.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ne voient pas l’intérêt de lui rendre hommage.

Lana, élue d’Isielle


C’était il y a cent cinquante tours à présent, que naquit sur l’île de Bay, île faisant partie de l’archipel des Iles de Jade, Lana Fisandroï. Déjà lorsqu’elle était toute petite, il devint évident pour les parents de l’enfant qu’elle n’était pas normale. Elle marcha et parla plus tôt que tous les autres enfants qu’ils connaissaient. Ils mirent cela sur le compte d’une destinée exceptionnelle, ce en quoi ils ne se trompaient pas.
L’enfant avait des pouvoirs magiques, et c’est ce qui lui avait donné cette compréhension si singulière et si rapide de comment fonctionnaient les choses autour d’elle. Aussi, et même si cela causa au couple des Fisandroï un immense chagrin, il fut logique que les druides l’emmenèrent dès qu’elle fut sevrée sur l’île de Valaam, pour devenir l’une des leurs. Après tout, une enfant magique détectée si tôt est quelque chose d’exceptionnellement rare, d’unique même, qui se devait d’être mis à profit immédiatement.
A Lana Fisandroï fut ainsi épargnée l’école de la vie, puisqu’elle passa toute son enfance et son adolescence à étudier la magie verte et les mystères de la Déesse Mère auprès des druides de Valaam, jusqu’à devenir elle-même, très tôt, une druidesse. Elle abandonna à cette occasion, comme tous les druides, son nom de naissance. Lana Fisandroï ne devint plus que Lana. Son premier souhait, en tant que telle, fut d’aller explorer le monde. Elle savait qu’il y avait tout un continent à l’est, et souhaitait le découvrir, elle qui n’avait jamais connu dans ses souvenirs qu’une seule île, emplie de forêts et de mystères, certes, mais une seule néanmoins.

Elle partit donc, avec un bucheron pour seul compagnon, sur le continent, déterminée à apprendre ce à quoi ressemblait le monde à l’extérieur des Îles de Jade. Ce fut pour elle un apprentissage de plusieurs tours, durant lesquels elle vit les royaumes et leurs différentes sociétés sous un œil intéressé, presque d’élève assoiffée d’études. Mais elle rencontra surtout d’autres religions que celles de la Déesse Mère. Ce fut un petit choc pour elle de découvrir que la Mère n’était vénérée que dans les Îles de Jade, et que le reste du continent l’appelait Elye. Mais elle l’accepta. Du moment que la nature était respectée…
Elle arriva un jour dans la Jungle. L’exploration de cette dernière n’en était alors qu’à ses débuts, et Prébois n’était guère qu’un petit camp d’explorateurs intrépides. Poussée par sa curiosité, elle participa à une expédition qui avait pour but avoué d’aller étudier les mystérieuses créatures vivant dans la Jungle. Les lézards géants à n’en pas douter, pensait Lana.
Il s’agissait en fait des Amazones, considérées comme des animaux étranges à l’apparence de femmes par les explorateurs. Mais là où ils ne virent que des bêtes agressives et hostiles, Lana comprit pour sa part qu’il s’agissait de femmes comme elle. Elle avait appris que le débat avait été ouvert durant quelques tours par les explorateurs de Prébois. Mais le camp arguant que c’était des animaux ayant emporté la mise, les Amazones étaient désormais considérées comme des bêtes, et telle était la parole annoncée sur le continent.
Lana n’adhéra pas à cette vision. Quand elle rencontra une amazone, son premier réflexe fut d’essayer de la calmer, pour discuter avec elle, car cette dernière était inquiétée par la présence trop proche du reste de l’expédition.
Ce premier contact fut faible, mais il eut pour mérite de se répéter, les deux protagonistes étant curieuses de se découvrir l’une et l’autre. Lorsque l’expédition repartit pour Prébois, Lana, elle, resta dans la Jungle auprès de son interlocutrice. Elle y passa, parmi les Amazones, plusieurs des tours si nombreux qu’elle en oublia de mesurer le temps. Elle apprit leur langage et leurs traditions. Elle aurait pu y rester plus encore, mais vint un jour où un conflit avec une tribu proches d’hommes-lézards la poussa à abandonner les lieux. La guerre était quelque chose qui lui déplaisait, et elle s’était imaginée que les Amazones ne la livraient pas. A cette déception s’ajoutait le mal du pays. La Jungle n’avait rien en commun avec les Îles de Jade après tout…
Lana fit ses adieux les plus chaleureux à sa tribu, après avoir été assurée que les blessées seraient bien soignées. Puis elle repartit pour Prébois, où elle eut la surprise de constater que le petit camp était devenu une ville à proprement parler. Tout avait-il changé si vite ? Elle chercha ses anciens compagnons d’expédition. Elle ne les trouva nulle part. En fait, tous les visages de cette ville lui étaient parfaitement inconnus. Elle ne trouvait même pas le bucheron qui l’avait accompagnée jusqu’ici, et avait promis de l’attendre. Quand elle s’enquit de sa présence, elle tomba sur un vieillard qui faisait partie du conseil de la ville.

« Je me souviens que mon père m’a raconté une histoire sur une druidesse des Jades disparue dans la Jungle, dit l’homme. Mais il était alors enfant ! Elle doit être morte depuis des décennies maintenant, à moins que ces filles aient un moyen d’être immortelles … »

Lana quitta Prébois par le premier navire. Elle se rendit aux Îles de Jade, convaincu que celles-ci, au moins, sauraient lui montrer combien de tours avait-elle passé dans la Jungle. Là, les histoires furent les mêmes. Lana était bien partie explorer le continent… Mais tout le monde l’avait oubliée ! Elle devait y être morte quelque part.
Ce fut la druidesse Tavish qui la reconnut. Car cette dernière avait reçu le don d’éternel jeunesse de la déesse mère. Elle était donc déjà druidesse quand Lana avait suivi son apprentissage.

« Lana, dit-elle. Que tu aies ainsi arrêté de vieillir ne peut vouloir dire qu’une seule chose. Une divinité continentale quelconque aura posé les yeux sur toi. Va trouver la Mère, au cœur de Valaam. Peut-être tes prières t’apporteront-elles la réponse aux questions que tu dois te poser. »

Et Lana Fisandroï pria la Déesse Mère. Mais alors qu’elle priait, une femme, vêtue de robes aux couleurs de l’automne, qui lui apparut. La femme se présenta comme étant Isielle, Haute Dame de l’Automne. Et elle confirma que c’était elle qui avait choisi de jeter son dévolu sur Lana.

« Mais… Haute Dame, pourquoi moi ? demanda l’intéressée.
-Pour tes contacts avec les Amazones, dit Lana. Je n’y reconnais plus le peuple que j’ai jadis guidé dans la Jungle. Mais elles en sont les descendants, et aussi humaines que toi. De plus en plus, des gens animés d’intentions plus ou moins mauvaises leur font du mal, et mettent ce peuple en danger. Tu es mon élue, et je veux continuer à protéger ce peuple. Elles doivent, pour leur propre bien, quitter la Jungle, et toi tu dois empêcher les Royaumes de les anéantir par leur bêtise. Tu es peut-être la femme qui a le meilleur contact avec elles. C’est pour cela que je t’ai choisi. »

Acceptant sa mission, Lana renonça aux Îles de Jade, mais pas à son titre de druidesse. Elle s’établit dans Prébois, où elle essayait de lutter contre ce trafic d’animaux qui était en fait des femmes qui se mettait en place à l’époque. Depuis, elle s’assure que tout aille aussi bien que possible pour les Amazones qui sont capturées, ne pouvant être là pour empêcher ladite capture. Mais Lana est bien seule dans cette lutte, et elle ne peut pas être partout. L’élue d’Isielle a une mission, mais elle est débordée dans cette dernière. Mais toujours, courageusement, elle continue cette lutte, sans renoncer à aucun de ses principes.
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Dargor
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 15 Sep 2017 - 14:00


Les Mères du Mystère

La vie sur Ryscior est rendue possible par les dieux de la nature et par les Hautes Dames des saisons, qui fournissent aux peuples de Ryscior un monde dans lequel vivre. Mais si ces divinités donnent la vie, elles n’y donnent pas un sens. La vie est pleine de mystères. Que réserve aux mortels l’avenir ? Pourquoi le sentiment d’amour existe-t-il ? Quel est le rôle de la magie dans l’univers ? Trois déesses, connues sous le nom des Mères du Mystère, répondent à ces questions, à leur façon.

Atÿe


L’amour, la maternité

Caractère et attributions

Atÿe est la déesse du sentiment amoureux. De toutes les divinités du panthéon, elle est sans conteste possible la plus douce et la plus calme. Bienveillante et parfois fantasque, elle apprécie avant tout les flatteries sincères et les intentions intéressées. Elle alterne passions profondes et légères amourettes avec les créatures vivantes qu’elle vient à fréquenter, parfois même ses propres camarades divins, avec qui elle a déjà entretenu des relations amoureuses à plusieurs reprises.
Bien qu’il soit connu qu’Atÿe ait eu des dizaines d’histoires romantiques et en aura encore des dizaines d’autres, le nombre de gens qui songeraient à la considérer comme une trainée reste très limité. La considérer comme une femme qui cherche à avoir des amourettes pour le plaisir reviendrait à la confondre avec Filyon. Atÿe est pour sa part bien plus complexe que cela. Atÿe incarne le sentiment amoureux, et elle recherche son développement au cours de chacune de ses aventures. Mais dans le même temps, elle ne peut rester définitivement avec un seul être, car si l’incarnation du sentiment amoureuse tombait elle-même amoureuse, cela signifierait que la personne élue serait alors une personne parfaite, que tout Ryscior ne pourrait qu’aimer. Et Atÿe le proclame partout, le sentiment d’amour se développe peu à peu, selon les individus. Il ne peut y avoir d’amour naturel ou d’ennemi naturel selon elle, et tomber définitivement amoureux est donc contre sa nature.

Atÿe est parfois tout simplement surnommée Amour, car malgré le fait qu’elle considère qu’il faille développer ce sentiment qui n’est pas inné, les mortels disent que c’est elle qui sait par avance qui est la meilleure personne pour qui, et que c’est elle qui est responsable de l’émergence de ce sentiment dans les cœurs, même si la personne concernée n’est pas nécessairement l’âme sœur. Et cela est vrai. Si Atÿe se plait effectivement à éveiller le sentiment amoureux dans le cœur des mortels, elle sait aussi, tout en refusant de le dire, quelle personne est idéale pour qui.
La raison, elle l’avait expliqué aux Anciens, à leur époque : « Si je vous disais qu’une princesse était la personne parfaite pour vous, et que vous la rencontriez, tomberiez-vous amoureux parce qu’elle vous séduit ou parce que je vous ai dit qu’elle serait parfaite ? ». Cela reviendrait selon elle à fausser le sentiment qu’elle incarne et qu’elle juge comme étant d’une beauté indescriptibles.

Atÿe est aussi la déesse de la maternité. C’est vers elle que doivent se tourner les couples qui désirent un enfant, vers elle que doivent se tourner les femmes enceintes qui souhaitent que tout aille, bien. En pensée, elle accompagne toutes les jeunes mères de la conception de leur enfant jusqu’à la naissance de ce dernier. Atÿe n’aime rien tant que la réjouissance qu’amène un enfant dans un foyer, et est peinée chaque fois que cet enfant est mal accueilli, pour une raison ou une autre. On dit qu’elle se penche sur les berceaux, lorsque les parents, épuisés, sont endormis, et que personne ne peut la voir. Que dit-elle aux bébés, dans ce cas ? Nul ne le sait. C’est un secret que garde jalousement la déesse.

L’arme d’Atÿe est un poignard. Les mortels disent qu’elle l’utilise pour les rendre amoureux, en le plongeant dans leurs cœurs. C’est cependant faux, car cela les tuerait plus que de les rendre amoureux.
Durant la chute des dieux, Atÿe resta dans cachée dans les montagnes des nains, loin des mortels, car ne souhaitant pas interférer avec leurs affaires. Quand elle revint, elle soigna les blessures d’Ohiel, puis regagna son palais.

Le culte d’Atÿe

Quels sont les préceptes de ce culte ? Les toutes premières préoccupations du culte d’Atÿe sont la miséricorde et le soulagement de la douleur. Ce culte se concentre particulièrement sur la guérison des maux et la venue au monde des enfants. Tout le monde doit naître et les souffrances endurées par la mère, bien qu’endurées pour une noble cause, doivent être limitées. De la même façon, les gens sont rarement fautifs de tomber malades. Les prêtres d’Atÿe peuvent donc se concentrer sur ces deux problèmes sans offenser personne dans la plupart des cas. En outre, ils sont également les prêtres auxquels il est fait appel pour les mariages. Lorsque ces derniers doivent comporter un caractère religieux, alors ce sera un prêtre d’Atÿe qui présidera la cérémonie.
Quels sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Il n’y a pas de jour sacré dans la semaine ou dans le tour pour le clergé d’Atÿe. Rien n’est plus important à leurs yeux que de soigner les malades, de mettre les enfants au monde, ou encore de marier les personnes. Et il n’y a pas de date pour cela.
Où peut-on en trouver des membres ? Absolument partout sur le continent. Ils restent peu nombreux car l’apprentissage pour les rejoindre est long, aussi les médecins et sages-femmes qui ne sont pas prêtres n’ont pas de soucis de concurrence à se faire, mais les temples d’Atÿe font malgré cela partie des plus aisés à trouver. Il y en a pour ainsi dire dans toutes les villes, sauf bien sûr dans les Marches d’Acier ou les Îles de Jade.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? Le plus grand temple dédié à Atÿe se trouve dans la cité du Froid Saphir, en l’Empire d’Ambre. C’est cependant un temple qui tombe en ruine. Car les bonnes œuvres des prêtres coutent bien souvent de l’argent, et lesdits prêtres n’aiment pas se faire payer, et travaillent souvent sans contrepartie monétaire. Aussi est-il rare qu’un temple de cette taille reste debout bien longtemps.
Comment rejoindre ce culte ? Cinq tours d’apprentissage auprès d’un prêtre, comme pour tous les autres cultes. Cinq tours à apprendre la médecine, à apprendre à mettre les enfants au monde, et à être sensibilisé sur la beauté du sentiment amoureux. Il est d’ailleurs rare que les prêtres d’Atÿe soit ordinés avant d’être mariés. A l’issue de ces cinq tours d’apprentissage, le prêtre d’Atÿe est libre d’ordiner son élève ou, si le candidat n’est pas prêt à devenir prêtre, de lui ordonner de prendre cinq nouveaux tours auprès d’un autre prêtre, afin de recevoir un enseignement de meilleure qualité.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non. L’amour est aveugle, et ce culte ne refuse personne.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Aucune. Tous les prêtres et prêtresses d’Atÿe sont égaux.
Ce culte est-il populaire ? De façon assez évidente, son culte est particulièrement populaire. Des amulettes, authentiques ou non, sont vendues partout dans le continent, et bien que son clergé ne soit pas forcément plus qualifié que les médecins normaux, c’est toujours à eux qu’on fait appel en priorité si le choix est donné. Ce qui demeure, heureusement pour lesdits médecins, rare.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ont un dédain non caché pour Atÿe.

Adelas Rosaria, élue d’Atÿe


Adelas Rosaria naquit dans le duché de Kelvin, un demi siècle avant que ce dernier ne prenne son indépendance du royaume de Salicar dont il était alors partie intégrante.
En effet, si Kelvin a pris depuis son indépendance, grâce à la richesse et au talent guerrier des ancêtres de Medron, l’actuel duc de Kelvin, il a pendant la majeure partie de son histoire été partie intégrante du royaume de Salicar, et n’en fut indépendant qu’il y a environ un siècle, indépendance qu’il put acquérir par la montée en puissance économique autant que militaire des ducs de Kelvin, et par l’aveuglement et l’incompétence des rois de Salicar de l’époque. Les ducs avaient alors jugés que leur cité était apte à entrer en révolte contre Salicar, et c’est ce qu’ils firent.
Mais Adelas Rosaria naquit avant cette période. Elle passa son enfance dans le port de Kelvin. Elle était fille d’armateurs, aussi passa-t-elle une enfance confortable, car tant que ses parents continuaient à s’enrichir, lui étaient prodigués éducation, confort, et amour parental tous ensembles. C’était une vie de rêve, pour n’importe qui, et particulièrement pour l’enfant, puis l’adolescente que fut Adelas Rosaria.

Dès le premier jour, elle était très calme. Elle fut une enfant tendre, douce, sereine, et en même temps curieuse et un peu espiègle par moments. Elle faisait le bonheur de ses parents, toutefois ces derniers comprirent vite que jamais on ne pourrait lui confier l’entreprise parentale, aussi l’éducation économique de la jeune fille fut clairement laissée de côté. Elle trouverait un bon parti à marier, disait-on alors, et serait heureuse là où elle était tout en apportant un mariage qui fortifierait la position de la famille. Quant à l’entreprise familiale, il parut juste de la confier à son jeune frère. Et la question fut close. Mais le destin en décida autrement.
Adelas Rosaria était une jeune fille tendre et douce, et devenue adulte, était d’une beauté ravageuse. Beaucoup de jeunes garçons de la cité rêvaient à elle en secret, et même si elle les éconduisait tous, ils furent nombreux à lui déclarer leur flamme. A chaque fois, la réponse d’Adelas était la même : « Tu es un ami, mais pas un compagnon », disait-elle sans cesse.

Et un jour, alors qu’elle avait vingt tours, un chevalier vint à Kelvin. Un chevalier errant d’Hasdruba, un jeune chevalier d’une vingtaine de tours à peu près. Nul ne savait ce qu’il avait fait pour être chevalier errant, mais ce devait être un crime pour l’honneur selon les critères d’Hasdruba, donc pas nécessairement quelque chose de très grave selon les critères de Kelvin. Il était venu ici afin de se livrer à la lutte contre les pirates, et cherchait un engagement dans la marine pour tuer des pillards divers, afin de rapporter la preuve de sa gloire lorsque son errance prendrait fin. Il se trouva que les parents d’Adelas armaient justement un navire pour escorter une partie de leurs navires de commerce. Aussi le chevalier, répondant au nom de Varikas Vaer, fût-il invité à dîner à leur table. Dans l’esprit espiègle d’Adelas, c’était une chance de séduire le chevalier, aussi s’appliqua-t-elle à s’arranger pour qu’il lui fasse la cour, discrètement, sans que ses parents ne puissent le remarquer. Aussi, il avait déjà bien remarqué la jeune fille quand il s’embarqua à bord du navire. Il revint plusieurs lunes plus tard, couvert de la gloire d’avoir aidé à vaincre des pirates venant de Port-Argenterie. Il devait repartir une dizaine de jours plus tard, mais c’était assez long pour développer un amour déjà naissant qui s’était langui pendant plusieurs lunes de ne pas avoir pu grandir plus. Aussi, lorsque Varikas Vaer embarqua pour la seconde fois, Adelas et lui échangèrent leur premier baiser, sous l’œil ému des parents de celle-ci, qui comprirent que bientôt, leur fille les quitterait. Et ainsi passèrent trois tours, durant lesquelles Varikas allait en mer, en revenait, moments qu’il passait avec Adelas. Des lettres furent envoyées à la famille Vaer. Mais leur réponse devait refroidir les ardeurs d’Aelas Rosaria, car voici la lettre qu’elle reçut, et qu’elle fut la première à lire :
« Nous nous réjouissons que Varikas ait trouvé demoiselle charmante pour lui apprendre l’amour courtois, cependant le sang bleu ne coule en aucune goutte en vos veines. S’unir à vous souillerait son lignage à jamais, car sa descendance serait batârde d’être fruit de l’union de la noblesse et de la paysannerie en même temps. Paysannerie riche mais paysannerie néanmoins. Oubliez-le, c’est un sang bleu qui vous l’ordonne. »

Adelas fut profondément blessée par cette lettre, et en fit part à Varikas aussitôt que celui-ci toucha terre. Elle s’attendait à ce qu’il la soutienne. Elle s’attendait à ce qu’il la prenne dans ses bras, lui disant qu’il l’aimait, et qu’il était prêt à renoncer à son statut de chevalier pour elle. Mais la mentalité des chevaliers d’Hasdruba est bien différente de cela. Aussitôt qu’il fut mis au courant du contenu de la lettre de ses parents, Varikas repoussa violemment Adelas, en lui disant « Eloigne-toi de moi, paysanne. » Cette phrase marqua à tout jamais la jeune fille. Elle essaya plusieurs fois de lui parler à nouveau, mais il exprimait désormais à son égard un dédain qui lui couta certes sa place dans les équipages, mais il s’en allait la tête haute, comme un chevalier d’Hasdruba qu’il était. Cependant, Adelas ne souhaitait pas en rester là. Elle aimait Varikas, et savait qu’il l’avait aimé. Elle ne pouvait croire qu’il fut aussi insensible pour la simple raison de cette lettre. Elle le trouva, en dehors de la ville, dans un bosquet.

« Là où nous sommes seuls, dit-elle alors, tu n’as aucun besoin de rester aussi froid que tu l’es. Varikas, tu sais que je t’aime. Et je sais que tu m’as aimée en retour.
-Adelas, répondit alors Varikas, l’appelant pour la première fois autrement que paysanne depuis qu’elle lui avait parlé de la réponse de ses parents, je t’aime il est vrai, mais cependant tu dois bien comprendre que je suis un chevalier d’Hasdruba. Je ne peux m’unir à une paysanne, c’est ainsi.
-Même si cette paysanne est plus riche encore que ta famille ? »

La discussion dura ainsi pendant des heures. Peu à peu, Varikas se détendait, et Adelas sentait qu’elle regagnait du terrain. Finalement, elle parvint à lui faire promettre qu’il renoncerait à ses titres de noblesse pour vivre à ses côtés. De bonheur, elle en tomba dans ses bras, et alors que la nuit tombait, se donna à lui, loin de la route. Après cela, il dressa un campement, où il l’invita à passer la nuit, retournant ainsi à Kelvin demain. Elle accepta, et lorsqu’elle se réveilla, après avoir rêvé à ce qu’ils avaient partagé la veille… Le chevalier avait disparu.

Elle passa des semaines à convaincre ses parents de la laisser repartir à sa recherche, et ils finirent par accepter, difficilement mais ils acceptèrent, car toutes les lettres envoyées à sa famille demeuraient sans réponse. Il fut offert à Adelas un carrosse et une escorte, qui l’accompagna jusqu’en Hasdruba. Là, elle se mit à la recherche de Varikas Vaer. Et lorsqu’elle entendit enfin parler de lui, elle faillit se donner la mort. On lui avait appris qu’il venait de se marier, avec une noble d’Hasdruba. Déjà il était connu que son épouse était grosse, et même si son ventre n’avait pas commencé à s’arrondir, les paris allaient bon train parmi ses sujets : l’enfant serait-il un garçon ou une fille ? On savait déjà que si c’était un garçon, Sever serait son prénom. Les parents n’avaient pas annoncé leur choix de prénom pour une fille. Adelas avait tenté de se donner la mort lorsqu’elle avait appris cela. Mais la mort ne voulut pas d’elle. Car alors qu’elle gisait, dans une chambre d’auberge, regardant lentement ses veines tranchées, une femme apparut subitement, là où il n’y avait personne d’autre auparavant.
Appliquant sa main sur la paume de la jeune femme, Atÿe, car c’était elle, referma ses plaies. Des larmes coulaient sur ses joues, car elle comprenait la douleur d’Adelas, sa nouvelle élue. Les femmes parlèrent peu cette nuit-là, car aucune ne trouvait quoi que ce soit à dire.

Adelas, par la suite, veilla sur l’enfant de son amour, Sever Vaer, jusqu’à la mort de ce dernier, lorsqu’il trancha la main de la reine des elfes noirs, Driruita, après avoir chargé à travers toute son armée pour la rejoindre. Elle a aujourd’hui cent quarante et un printemps, et travaille dans une maternité à Kelvin.

Finil


L’avenir, les astres nocturnes, les voyages

Caractère et attributions

Finil, mère de la mort, épouse du dieu de l’au-delà, est une déesse calme et placide. Cela est lié au fait qu’elle soit la déesse des astres nocturnes, la lune et les étoiles, qui la nuit éclairent de l’une lumière douce et féérique Ryscior tout entier.
Mais elle n’est pas seulement déesse de la lune et des étoiles. Cela est même sa fonction secondaire. Elle est d’abord et avant tout la déesse de la destinée, celle qui, dit-on, sait ce qui doit advenir du monde, et qui puisse prédire avec exactitude les moins évènements. En conséquence de cela, elle est également la déesse des voyages, car le voyageur s’élance vers une aventure et vers son destin en même temps. Et après tout, ne se repère-t-il pas grâce aux étoiles ?

La croyance des mortels selon laquelle Finil maitrise exactement le destin du monde et peut prédire tout ce qui va se passer avec certitude n’est cependant pas exacte. De fait, Finil tisse la toile du destin du monde, seule dans son palais, et les plus petits évènements font partie de cette gigantesque œuvre. Mais elle ne maitrise pas tout l’avenir. La roue qu’elle utilise pour tisser, n’est pas un simple outil. C’est une roue capricieuse, qui a pour ainsi dire sa volonté propre. Dans le plan où se trouve le palais de Finil, elle fait un vacarme tel qu’on pourrait dire qu’il y a un immense orage qui se déroule en permanence. La roue du destin, car tel est son nom, est depuis longtemps emballée. Et Finil fait que démêler les fils qu’elle lui présente. Mais même cette fonction est épuisante pour la déesse, dont les pouvoirs faiblissent. Ses mains, à force de manipuler des fils qui bougent si brutalement, son en sang, et son visage couvert de sueur.
Et pourtant, elle doit continuer à tisser, car son rôle est essentiel. Si la roue tissait comme elle le souhaitait, alors Ryscior lui-même échapperait à tout contrôle. Les fils qui sont tissés par la roue viennent directement des vents de magie qui se trouvait sur Ryscior avant les dieux eux-mêmes, et qui leur donnèrent leurs pouvoirs. Si ces vents venaient à échapper au contrôle de Finil, alors les dieux eux-mêmes perdraient peu à peu contrôle sur ce qu’ils peuvent faire, avec des conséquences cataclysmiques.
L’existence de cette roue est cachée aux mortels, dont on ne sait quelle pourrait être la réaction si elle devait être connue. Finil, en tant que sa gardienne, a beau être épuisée, les autres dieux viennent régulièrement la soigner, et lui donner l’énergie qu’il lui faut pour continuer sa tâche. Car pour l’éternité, elle doit continuer sa longue œuvre.

L’arme de Finil est une aiguille, qu’elle utilise pour l’aider à maitriser les fils de la roue et à les démêler. Durant la chute des dieux, elle resta alitée, heureuse du repos qu’elle pouvait enfin goûter, pendant quelques jours.

Le culte de Finil

Quels sont les préceptes de ce culte ? L’astrologie et l’astronomie sont les domaines des prêtres de Finil. Il en effet rare de croiser des astrologues et astronautes qui n’appartiennent pas à son clergé. D’autant plus que celui-ci garde jalousement ses secrets. Les prêtres de Finil ne cherchent pas spécialement à dicter des préceptes de vie, mais recommandent toutefois de rendre grâce à leur déesse avant de partir pour un voyage.
Quels sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Le jour sacré est pour eux le jour de la pleine lune. Autrement, le solstice d’hiver et le solstice d’été sont les dates de leurs plus grandes fêtes. Leurs messes ne nécessitent pas d’église particulière, il suffit de s’asseoir et d’entrer dans une méditation pendant une petite heure.
Où peut-on en trouver les membres ? On trouve ce clergé un peu partout dans le monde. Souvent, il y a des temples de Finil dans les ports, ou dans les villes se trouvant sur les plus grandes routes du monde. Les ports et villes moins importants contiennent parfois une chapelle, ou un autel. Les prêtres de Finil aiment à y vendre des amulettes supposées attirer la bénédiction de leur déesse durant le voyage.
Quel est leur plus grand temple ? Le plus grand temple dédié à Finil se trouve à Garay, la capitale d’Oro. Il s’agit en fait d’une immense université d’astronomie, dont tous les membres du personnel sont également prêtres, du plus humble gardien de bibliothèque au plus éminent professeur. Y est enseignée l’astronomie à tous ceux qui le souhaitent, mais à condition de devenir membre du culte.
Comment rejoindre ce culte ? Il faut trouver un temple, une église, une chapelle, ou un collège d’astronomie (le plus prestigieux étant celui de Garay). Là-bas, le candidat ou la candidate y servira durant cinq tours, étudiant l’astronomie, l’astrologie, et à l’issue de ces cinq tours, aura un examen à passer. S’il parvient à le passer, alors il deviendra prêtre à son tour.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Oui ! Les temples, églises et chapelles sont tous soumis aux collèges d’astronomie, qui eux-mêmes sont soumis au collège de Garay. Autrement dit, le directeur de ce dernier est le chef du culte de Finil.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non.
Son culte est-il populaire ? Globalement, peu de gens se soucient réellement de rendre hommage à Finil, et la plupart des gens ne font appel à ses prêtres qu’avant un voyage important pour eux. Mais même dans ce cas, c’est plutôt rare. Et les sédentaires et autres chauvins n’ont que peu de considération pour elle.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ne vénèrent pas Finil.

Tesla Eilun, élue de Finil


Tesla Eilun naquit dans les Marches d’Acier, la région du froid, la région hostile des austères hommes du nord, austères à cause des attaques incessantes, qui revenaient à chaque printemps, de troupeaux de peaux-vertes en provenance des Montagnes du nord du monde. Hommes austères car l’hiver est rude en cette région, plus qu’en toute autre, mourir de froid est possible même lorsque le feu brûle dans la cheminée. Austères car c’est une région minière. L’acier des Marches, extrait dans le sol, est réputé pour être le seul au monde à pouvoir rivaliser de qualité avec celui des nains. Et l’extraction e l’Acier ne se fait pas sans peine.
Dans les Marches, les hommes sont mineurs, paysans, guerriers, marchands, forgerons, ou seigneurs. Les seigneurs sont également d’une importance capitale, car sans eux, les hommes des Marches seraient livrés à eux-mêmes. Ils sont à la fois en charge de défendre la région contre toute incursion armée, qu’elle vienne des orques du nord, ou de ces lopettes d’hommes du sud –par hommes du sud, les hommes des Marches entendent toute personne n’étant pas originaire de la région- qui chercheraient à s’approprier l’acier des Marches.
Les guerriers, leur rôle est évident. Les marchands, ils sont en charge de vendre l’acier de la région aux forgerons, qui en font des armes, les armes des Marches, réputées dans le monde entier. Ils les revendent ensuite aux marchands, qui les vendent au reste du monde. Et enfin, les paysans essayent de nourrir le reste du peuple des Marches.

C’est dans ce contexte que naquit Tesla Eilun. Elle était fille de seigneur de la région, le seigneur de la Verte. Les villes des Marches sont nommées en fonction de leur rôle. Ainsi, la Gardienne est la plus au nord de toutes, passage obligé pour les orques venant des montagnes, d’où son nom. La Verte est en charge de la production agricole. Le Port Ouest est le port se situant sur la côte ouest, et le Port Est le port de la côte est. La Noire est la ville obscurcie par la fumée des forges, tandis que la Marchande est la ville où l’on vend les armes au reste du monde. Ce sont là toutes les villes des Marches. Et Tesla naquit dans la Verte.
Elle fut éduquée comme princesse des Marches. Elle aurait dû être éduquée au combat, mais elle manifesta dès le berceau des talents magiques, dans la maitrise de la glace. L’évènement n’était en soit pas rare au royaume des Marches, royaume des glaces. Les enfants magiques qui naissent dans la région, région encore couverte par la neige quand les autres nations voient déjà les bourgeons éclore sur les arbres, développent logiquement rapidement des pouvoirs de maitrise des glaces.

Toujours est-il que Tesla Eilun faisait partie de ces enfants magiques. Les Marches n’avaient pas d’école à proprement parler, mais elle pouvait toujours étudier la magie des glaces auprès des sorcières des glaces déjà existantes, et c’est ce qu’elle fit. Mais Tesla était à l’époque une rêveuse. Elle adorait regarder les étoiles, et commença à les nommer, et à les étudier à sa façon, car elle n’avait pas de prêtre de Finil pour lui enseigner l’astrologie. Elle l’étudia donc seule. Puis vint la vision.
Elle vit la Gardienne, submergée sous le poids d’une marée d’orques, la Verte brûler, ses paysans tués, sa famille, sa propre famille, laissée morte dans la cour du palais. Une voix grave, sinistre, lui parla alors.

« Les gardes, massacrés. Ta famille, décimée. Ton peuple ? Les survivants devront quitter leur terre. Et tout cela, rien ne peut l’empêcher, car tel est l’avenir des Marches. »

C’est à cet instant que Tesla Eilun s’éveilla, paniquée. Elle n’avait jamais fait de tel cauchemar, mais comprit instinctivement de quoi s’agissait-il : une prophétie.
La bataille fit rage pendant des journées entières. Prévenus de l’arrivée imminente d’une horde immense par Tesla, les seigneurs des Marches avaient eu le temps de lever une armée sans précédent. Durant la bataille, Tesla lutta au cœur de la mêlée, se servant de ses sorts de glace pour affronter les orques. Les autres sorcières et sorciers lui disaient qu’il était folie pour un sorcier que de se retrouver au milieu du corps à corps, mais pour une raison qui lui échappait, Tesla anticipait tous les coups des orques. Instinctivement, elle qui n’avait jamais fait d’escrime savait comment et quand allaient-ils attaquer. Et dès lors, elle était apte à échapper à leurs lames, et à leur faire sentir la morsure du froid.
La bataille se termina par la victoire écrasante des forces des Marches, qui fêtèrent la victoire autant de jours qu’avait duré la bataille. Et pendant la fête, au palais de la Gardienne, alors qu’elle tenait une coupe de bière des Marches, la meilleure bière au monde s’il fallait en croire les hommes des glaces, Tesla Eilun fut abordée par une femme mystérieuse, aux cheveux bleutés, à la peau portant des teintes de bleu elle aussi. Tesla hoqueta de surprise, reconnaissant là un esprit fort. C’était en fait Finil, la déesse, en personne. Cette dernière la saisit d’une main froide, et l’entraina dans un couloir du château, pas vraiment fréquenté à cause de la fête.

« Ici, nul ne croira que tu parles toute seule, dit-elle. Alors dis-moi, quel effet cela fait-il d’avoir renversé le destin ?
-Renversé le destin ? Je ne comprends pas…
-Ce que tu as vu dans ton rêve, c’était une prophétie. Les prophéties disent l’avenir, et l’avenir est le destin. Tu as brisé la prophétie en permettant aux Marches de remporter la bataille. Si elles l’avaient perdue, la prophétie se serait réalisée. Mais elle ne peut plus se réaliser maintenant. Tu l’as donc brisée, et tu as renversé le cours du destin.
-Et c’est… grave ? demanda Tesla, intimidée par ce qu’elle pensait être un esprit, et qui était en fait une déesse.
-Bien sûr que non. Tu as juste créé un nouvel univers, dit Finil.
-Créé un nouvel univers ? demanda Tesla.
-Chaque décision que les mortels prennent crée un univers, dit Finil. Regarde : tu es devant un choix, aussi banal que de choisir si tu boiras du vin ou de l’eau. Ta décision créera un univers. Dans l’un d’eux tu auras bu du vin, dans l’autre de l’eau. Créer un univers est donc aussi facile que banal. La plupart d’entre eux se ressemblent, car boire du vin ou de l’eau ne revêt que peu d’importance, mais d’autres sont bien différents de celui que tu connais. Dans l’un d’eux, tu n’as pas prévenu les Marches, et la prophétie s’est réalisée. Dans un autre, tu les as prévenues, mais tu es morte au combat. Dans certains univers, les anciens n’ont pas su vaincre les démons est le monde appartient à ces créatures. Comprends-tu ce que je veux dire ?
-Je crois comprendre, répondit Tesla.
-Tu es une prophétesse. Tu es faite pour prendre des décisions d’une importance extrême pour le destin du monde. Tu l’as souhaité, tu l’es. Mais être prophétesse, ce n’est pas seulement pouvoir prédire l’avenir. Qu’ils soient prophétesses ou prophètes, tous sont mes élus. Acceptes-tu ce fardeau ? »

Aujourd’hui, Tesla, âgée de quatre cent soixante-huit tours. Après avoir été libérée des prisons du Conquistador d’Oro, Asarith, elle a rejoint les Marches d’Acier, qui ne changeront jamais : un pays du froid, peuplé d’hommes farouches.

Mystin


La Magie

Caractère et attributions

Mystin est la déesse titulaire des mages, mais ce serait considérablement réduire son rôle que de dire qu’elle est uniquement leur guide. Elle est aussi la déesse de la magie. Elle dirige toutes les branches de la magie, qu’il s’agisse de la magie blanche, noire, rouge, dorée, de la magie cléricale… Toutes les formes de la magie, même la nécromancie, et avec pour seule exception la démonologie, lui sont soumises. Et toutes, sans exception cette fois, sont liées à elle. Car la magie des démons est une souillure de la magie elle-même, et cette souillure a posé sa marque sur la déesse.
Concrètement, comment, alors que la magie était là avant même les dieux, Mystin a-t-elle pu apparaitre ? Quand elle est allée sur Ryscior, elle s’est très vite désintéressée du monde que créaient ses confrères. Le souffle de la magie, déjà présent, l’intéressait déjà plus. Et tandis que les autres divinités pliaient la magie à leur volonté, elle se fondait dans cette dernière, changeant aussi bien son corps que son esprit. Quand les dieux le réalisèrent, elle était devenue l’avatar vivant de la magie. Mystin elle-même, la divinité telle qu’elle était en arrivant sur Ryscior, n’est plus. Vive Mystin, avatar de la magie.

Concrètement, quelles sont les conséquences de cet état de fait ? Que Mystin s’est totalement désintéressée de la lutte entre le bien et le mal, entre ténèbres et lumière, richesse et pauvreté, bonne santé ou maladie… Seule la lutte contre les démons la regarde encore, et elle aimerait qu’il en soit ainsi pour chaque divinité, et pour chaque mortel. Mais elle sait que ce n’est pas le cas, car elle ne voit que l’ombre de ce qu’est réellement la magie quand elle regarde dans les yeux de ses camarades. Qu’en est-il des mortels alors ? Mystin aimerait que les yeux de chacun cessent de se tourner vers l’avenir, mais vers le miroir qu’est la magie.
Car le miroir est l’emblème, le symbole de Mystin. Pour elle, le miroir est le seul moyen pour un être pensant de comprendre enfin qu’est-il réellement. Car elle considère que le monde n’est qu’un rêve, rêvé collectivement par tous ses habitants, des êtres de lumière pure qui brillent dans les ténèbres. Si cette pensée amène à croire qu’il y a une autre réalité, Mystin affirme qu’un regard vers la magie, qui est ce miroir dans lequel se reflètent tous les êtres de Ryscior permet de changer, et de l’atteindre. Car il n’y a selon elle pas d’autre réalité, rien de plus que celle rêvée, mais si le monde parvient à évoluer comme elle l’a fait, alors il se mettra enfin à fonctionner comme il devrait toujours fonctionner. Mais aucun peuple n’a jamais réussi cela. Elle est convaincue que même ceux qui affirment avoir évolué sont toujours les mêmes que ce qu’ils étaient dès le départ. Et ceux qui apprennent à vivre dans le monde apprennent à se cacher de la vérité qu’elle affirme connaitre. L’amour et la joie ne sont que des mots qui sonnent faux pour décrire les sentiments qui la prennent lorsqu’elle se réfugie, au sens propre, dans cette vérité, car alors, les problèmes ne l’affectent plus, les troubles du monde, dont elle se soucie peu en temps normal, elle ne les ressent plus du tout.

Mais alors, dira-t-on, mais alors déesse de la magie, comment atteindre cette perfection, cette réalité que vous nous présentez ? Et si vous la présentez, vous n’avez pas dit ce qu’il en était réellement.
La réponse à cette première question est simple : la magie permet cela. La magie était là avant tout. Les dieux, qui ont vécu avant d’arriver sur Ryscior, avaient déjà la magie sur leur monde d’origine, et d’aussi loin qu’ils s’en souviennent, elle y a toujours été. C’est grâce à elle qu’ils ont pu le quitter après tout. Et lorsqu’ils étaient arrivés sur Ryscior, il n’y avait rien. Ni terre, ni eau, ni air, ni feu, ni lumière. Rien que le vide… Et la magie déjà présente. C’est quelque chose de bien plus ancien, bien plus mystérieux que les dieux eux-mêmes.  C’est un quelque chose d’aussi fugace qu’un vent sur les collines, et en même temps aussi immuable que le monde lui-même. Lorsqu’on se mêle de magie, qu’on ne fait plus qu’un avec elle comme le fait Mystin, alors il n’y a plus rien. Ni lumière ni ténèbres. Ni bien ni mal. Ni richesse ni pauvreté. Plus que le bonheur à l’état pur, où chacun trouvera ce qu’il souhaite. Voilà ce que Mystin répond, voilà ce qu’elle affirme avoir trouvé, et voilà ce qu’elle aimerait que le monde trouve.

L’arme de Mystin n’est pas une arme à proprement parler, car elle utilise la magie pour combattre. Toutefois, Dwilin lui a fabriqué un sceptre de mage uniquement fait en miroir, offrande qui a plu à Mystin, et qu’elle porte avec elle, pour le remercier. Durant la Chute des Dieux, Mystin vécu quelques jours dans la Ville de Jade Etincelante, capitale de l’Empire d’Ambre, où elle cacha à tous sa véritable identité. Elle souhaite voir un changement, mais elle ne souhaite pas l’imposer. Les mortels doivent selon elle le trouver seul.

Le culte de Mystin

Remarque importante : Comme tous les autres prêtres, ceux de Mystin n’ont accès qu’à la magie cléricale, et non aux autres. En revanche, ils sont toujours aux côtés de véritables mages et travaillent en permanence main dans la main avec ces derniers.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les prêtres de Mystin affirme qu’il faut toujours chercher à découvrir de nouveaux sorts, en combinant des sorts déjà existants par exemple. Ils cherchent à en apprendre le plus possible sur la magie. Mais cependant, ils cherchent aussi à en limiter l’utilisation. Il faut apprendre selon eux à ne faire qu’un avec la magie mais aussi à savoir quand ne pas l’utiliser. Car si la magie est la voie du progrès et du changement, elle est aussi destructrice, aussi sont-ils plus en charge de réguler son utilisation que de l’enseigner. Et pourtant ils l’enseignent également. C’est là tout le paradoxe des prêtres de Mystin : ils sont à la fois chargés de limiter l’usage de la magie, mais en même temps de le répandre.
Quels sont les cérémonies importantes aux yeux de culte ? Leur plus importante cérémonie religieuse durant la nuit qui marque le milieu de l’année. Car durant cette seule nuit par an, la magie devient mystérieusement plus forte.
Où peut-on trouver ce culte ? Le clergé de Mystin est éparpillé. Selon les royaumes qui craignent, voir haïssent la magie, ou ceux qui la respectent, on trouve plus ou moins de prêtres. En l’Empire d’Ambre, le culte de Mystin est ainsi religion d’état. Dans les Iles de Jade, il est inversement interdit sous peine de mort. Dans les autres royaumes, il est toléré, mais dès que quelque chose va mal, la foule a tendance à se retourner contre lui. De manière générale, et avec l’exception des Îles de Jade, là où on trouve des mages, on a des chances de trouver un prêtre de Mystin. Plus le nombre de mages est important, plus le taux de chance de trouver un prêtre augmentera.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? Leur plus grand temple est l’Université de Jade, située dans la Vide de Jade Etincelante, la capitale de l’Empire d’Ambre. C’est également une grande université de magie. La plus renommée au monde. Il faut cependant se méfier avant d’y envoyer un enfant magique, car le culte de Mystin étant religion d’état dans l’Empire d’Ambre, l’Université de Jade se charge aussi de faire de la propagande et un véritable bourrage de crâne pour l’Empire.
Comment rejoindre ce culte ? Pour rejoindre le culte de Mystin, il faut soi-même être d’ores et déjà un magicien. Attention, il faut également être prêt à renoncer à ses pouvoirs de mage pour obtenir ceux d’un prêtre. Si le candidat est volontaire, il peut alors postuler auprès d’un prêtre de Mystin. L’enseignement sera strictement théologique et philosophie, et durera cinq tours, à l’issue desquels le mage confirmera ou non sa demande. S’il l’infirme, il restera un simple magicien. S’il la confirme, il sera accepté comme prêtre.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Oui et non. Si tous les prêtres de Mystin sont théoriquement égaux, dans l’Université de Jade, il est à noter que la hiérarchie interne de l’université s’applique aux prêtres.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Selon les royaumes, si les femmes sont autorisées ou non à faire de la magie, la réaction des membres du culte variera.
Ce culte est-il populaire ? Très peu. A part dans l’Empire d’Ambre. Et dans les royaumes où il est toléré, à la moindre calamité d’origine inconnue, on aura tendance à accuser Mystin, et donc ses prêtres. Et s’il n’y a pas de prêtres sous la main, les magiciens.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs considèrent Mystin comme un outil, et ne voient pas l’intérêt de lui rendre hommage.

Comnena Tarenziore, future élue de Mystin


Comnena Tarenziore est une enfant de six tours, bientôt sept. Sa naissance coïncida avec un évènement chargé en magie. Sa mère, Anabelle, fiancée de Valentino Tarenziore, ressentit en effet les premières douleurs liées à la naissance alors que les cloches d’alarmes de la cité de Kelvin retentissaient. Une horde de démons se présentait aux portes de la ville !
De la bataille qui se déroula dehors, aucun des deux parents ne devait rien savoir sur le coup. Après, on leur parlerait de cieux qui se déchiraient, de foudre qui tombait, de tornades de flammes, de personnes volant au-dessus des toits des maisons… Mais eux n’en virent rien, de même que la sage-femme, concentrés tous trois sur la naissance de l’enfant.
Les vents de magie sont capricieux, et obéissent à des lois inexpliquées par les mortels. Et un jour où ils étaient particulièrement déchainés par ce qui se passait, et que des retombées de sorts jetés par dizaines et d’une grande puissance les agitaient, certains éléments de ces vents furent attirés par un cri.
C’était le premier cri d’un bébé à peine né. Comnena Tarenziore, dès la naissance, absorba ces résidus qui tombaient. Aucun des parents ne s’en aperçut, et le bébé lui-même non plus. Mais les conséquences, elles, seraient énormes.

Dès le berceau, Comnena Tarenziore fut entourée de phénomènes étranges. Comprenant peu à peu que leur enfant maitrisait la magie à un âge précoce, les parents firent appel à un sorcier. Ce dernier fut payé pour fermer à l’enfant l’accès à la magie, car Valentino et son épouse craignaient cet art et ne souhaitaient pas forcément que l’enfant puisse le manipuler.
Mais les pouvoirs de Comnena étaient trop grands pour être contenus. Si le bébé ne manifesta plus de signes extérieurs d’ouverture à la magie, elle grandit en sachant qu’elle les avait, mais aussi que ses parents ne voulaient pas qu’elle les ait. Aussi, elle les cacha. Mais continua à les utiliser. Un jour qu’elle cassa un vase, et que sa mère montait l’escalier pour voir ce qui avait chuté, elle reconstruisit vite l’objet de peur de se faire punir.
Un tel sort requiert pour certains mages des tours entiers d’études. Et une enfant de cinq tours le reproduisit juste par peur de la punition. Mystin le sait, les mortels qui entourent cette enfant n’ont aucune idée de son potentiel. Et elle sait aussi que la fillette finira par s’auto-détruire si elle n’apprend pas vite à se contrôler. Elle ne peut cependant pas intervenir. Aussi, elle la regarde de haut. Si un jour, Comnena devait apprendre à manipuler ses pouvoirs, elle sera la prochaine élue de Mystin, pour l’instant sans élue.
Le seul autre scénario n’implique de toute façon pas la survie de l’enfant, car ses pouvoirs sont trop grands pour ne pas être maitrisés.
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 22 Sep 2017 - 14:09

Les Trois Pères

Si les races dites « pensantes » de Ryscior sont bien plus nombreuses que trois, seuls trois divinités peuvent prétendre être des divinités créatrices de race. Que ce soit afin de donner au monde une race qui en profiterait, ou par esprit de compétition, ces trois pères sont indéniablement ceux de trois des races de Ryscior.

Edus


Les humains

Caractère et attributions

Edus est une divinité ambitieuse, un peu orgueilleuse, et qui aime la compétition. Ce sont ces caractéristiques qui, il y a des millénaires de cela, l’ont poussé à créer les humains, persuadé qu’il arriverait sans aide d’aucune sorte à égaler, voire surpasser, l’œuvre de Naraën, les elfes.
Le résultat est discutable. S’il est vrai que les humains sont moins agiles que les elfes, moins rapides, et manipulent moins bien la magie, en plus de vivre moins longtemps, Edus a réussi à faire en sorte que sa race puisse aisément dominer la surface du monde, via la fécondité, et la puissance du sang. Si les autres races sont là d’être en voie d’extinction, seuls les peaux-vertes approchent la fécondité des humains, qui sont à chaque génération un peu plus nombreux, devenant petit à petit la plus puissante des races, flattant l’orgueil de leur créateur. En outre, si un humain s’unit à une représentante d’une autre race, son sang, plus puissant, dominera celui de l’autre race, et l’hybride aura plus de caractéristiques humaines qu’autres. Et si lui-même a un enfant avec un autre humain, le sang étranger commencera à se faire minoritaire, jusqu’à totalement disparaitre. Là encore, Edus a réussi son pari.

Edus se considère comme le roi de tous les humains, et qu’à ce titre, les rois mortels sont des vassaux et doivent lui rendre des comptes. Il a pendant longtemps cherché un moyen d’entrer en infraction avec les lois divines pour leur donner des ordres, mais les autres dieux ne l’ont pas laissé faire, et il a fini par admettre que ses sujets devaient prendre les choix qui leur convenaient. Il promit cependant que lorsque le jour de son triomphe viendrait, la vérole qui avait copulé ou pactisé avec les autres races serait bannie de son royaume.
Dans les faits, il n’a bien entendu pas l’autorité qu’il prétend, car les humains jouissent de leur libre arbitre. Il est leur créateur, et rien de plus. D’ailleurs, bon nombre d’humains se sont détournés de lui, faisant de lui une divinité secondaire de leur panthéon, et cela même si ses adorateurs sont encore relativement nombreux.

Dans un autre domaine que les humains, Edus aime aussi la richesse et la beauté. Voilà pourquoi il demanda à plusieurs reprises à la déesse Filyon d’être son épouse. S’il est arrivé que celle-ci accepte d’être son amante en quelques occasions, il va de soi qu’il n’est pas dans sa nature d’accepter une relation de longue durée, au grand dam d’Edus, qui voit en elle, de par son amour des belles la seule divinité autre que lui-même digne de diriger les humains.

Edus a pour arme son calice, qu’il a lui-même appelé le Saint Calice, et dont il fit son symbole. Durant la chute des dieux, il alla rejoindre son élue à Prébois, à la frontière de la Jungle, où il constata que la misère et la violence régnaient parmi ses enfants. Il en conclut que c’était une étape nécessaire à la grandeur de ces derniers.

Le culte d’Edus

Remarque importante : Les prêtres d’Edus comme ses fidèles ne sont que des humains.
Quels sont les préceptes de ce culte ? D’une part, les prêtres d’Edus prêchent l’amour des belles choses, de l’art et de la beauté, chose qui leur vaut d’être appréciés par les prêtres de Filyon, mais d’autre part, ils prêchent la supériorité de la race humaine sur toutes les autres, chose qui leur vaut une très franche hostilité de la part des autres races.  
Quels sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? La cérémonie la plus importante du tour commence le troisième jour de ce dernier, où ils organisent une journée complète de prière avec leurs fidèles pour remercier Edus de leur avoir donné la vie.
Où peut-on en trouver des représentants ? On trouve des temples d’Edus un peu partout sur le continent. Ces temples sont incroyablement riches, et surchargés de décors en tous genres à un point qui frise parfois le mauvais goût.
Quel est leur plus grand temple ? Le plus grand temple dédié à Edus se trouve actuellement à Kelvin. Il n’est pas si grand qu’il pourrait l’être, car le précédent temple majeur d’Edus se trouvait dans la Cité-Etat de Tardelac, qui fut hélas détruite par les peaux-vertes.
Comment rejoindre son culte ? Il faut trouver un prêtre, être humain, et suivre un apprentissage de cinq tours au cours duquel le prêtre apprend au candidat l’art de son choix parmi la peinture, la musique ou la littérature, tout en lui bourrant le crâne au sujet de la supériorité de la race des hommes sur toutes les autres.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Chaque église comptant plusieurs prêtres a sa propre hiérarchie.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non. Tous les enfants d’Edus sont égaux.
Son culte est-il populaire ? Globalement, oui. Les humains, bien que très souvent tournés vers d’autres divinités, aiment à rendre hommage à leur père à tous. En revanche, méfiance, car cet hommage peut souvent mal tourner. Les fidèles les plus fiers d’Edus aiment à se réunir en bande pour traquer les races inférieures… Souvent les halfelins, car les nains peuvent se défendre plus aisément, eux. C’est une des causes du racisme anti-halfelin qui règne dans de nombreuses cités humaines.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs … sont des elfes noirs et nains des profondeurs. Edus est le dieu des humains.

Akane Hime, élue d’Edus


Deux sœurs jumelles. Deux destins opposés. Akane et Akemi Hime.
L’histoire d’Akane Hime est semblable à celle de sa sœur, à ceci près qu’elle ne partagea jamais l’amour de la justice qu’avait sa sœur jumelle. Elle considérait cela comme une bonne chose, car sa sœur avait trouvé sa voix ! Mais ça n’était juste pas la sienne, et elle ne voulait pas qu’on l’embête avec ça. En fait, quand elle grandit dans la Cité du Froid Saphir, la question qu’elle se posait pour sa part était de savoir pourquoi n’y avait-il pas plus de villes sur des lacs. Quand elle la quitta pour aller explorer le vaste monde, comme sa sœur le fit avant elle, elle réalisa que l’une des raisons qui empêchaient l’expansion des cités humaines étaient les peaux-vertes.
Ils devaient donc être éliminés. Après tout, ne lui avait-on pas raconté de très nombreuses histoires sur ces créatures qui étaient les antagonistes de toutes les épopées ? Pourquoi les laisser proliférer, se demanda-t-elle, s’ils étaient une telle menace pour l’humanité ? Alors, elle se mit à combattre les peaux-vertes. Ce faisant, elle descendit au sud de l’Empire d’Ambre, jusqu’à la Cité du Rubis Etincelant.

Là, elle eut à combattre des amazones qui s’attaquaient aux colons qui faisaient reculer la frontière de la Jungle. De cette même Jungle sortaient parfois d’autres créatures, mi hommes mi lézards, qui de la même façon attaquaient les colons humains. Akane Hime en conclut qu’il s’agissait sans doute des compagnons de ces sauvages.
Alors elle comprit, et tout devint clair à ses yeux. Tant que l’humanité ne serait pas la seule race sur le continent, elle ne connaitrait pas la paix. C’était une évidence. Car les autres races lui étaient si nuisibles qu’elles poussaient les humains à se tourner les uns contre les autres.

La nuit où elle eut ce raisonnement, Edus vint à elle.

« Puisque tu sers l’humanité comme je l’aime, dit-il, je fais de toi ma messagère parmi les Hommes.  Je veux que tu les mènes vers l’anéantissement des races non humaines, et la domination totale du continent.
-Quid, demanda-t-elle, des humains qui se reproduisent et pactisent avec l’ennemi ? Devrai-je leur montrer la vérité, ou simplement les éliminer eux aussi ?
-Ce sont des traites, dit Edus. Qu’ils subissent le même sort que leurs alliés. »

Ainsi, comme sa sœur le deviendrait quelques tours plus tard, Akane Hime devint-elle élue divine. L’élue d’Edus. Mais il ne l’avait pas choisie pour son amour des belles choses, hélas. Il l’avait choisie parce qu’il avait vu en elle un esprit qui serait volontaire pour partir en guerre contre tout ce qui n’était pas humain, et c’est ce qu’Akane Hime fit. Elle commença par les peaux-vertes, puis se déplaça vers l’est du continent. Là, elle mena des lynchages de halfelins.
Sous les yeux de sa sœur, qui était partie à sa recherche, et se mit en tête de l’arrêter. C’est une autre histoire. Celle de l’autarcie qui naquit entre les deux sœurs jumelles, car l’une et l’autre se considéraient mutuellement comme des criminelles.

Akemi Hime a désormais deux siècles et demie d’existence. Depuis une décennie environ, elle a fait de la cité de Prébois son domaine. Là, elle travaille à ce qui lui a valu les faveurs d’Edus : Le nettoyage de la Jungle. Les humains doivent selon elle dominer le monde. Autant qu’ils commencent par le continent qu’ils peuplent…

Morin


Divinité tutélaire des nains

Caractère et attributions

Lorsque les premiers nains arrivèrent sur Ryscior à l’époque des Anciens, fuyant les ravages que les démons causaient sur leur monde, ils furent accompagnés de leur dieu, Morin. Ce dernier, ainsi que son frère Dwilin, était les deux divinités les plus importantes du panthéon nain. Ils avaient donc tous deux été choisis par leurs adorateurs autant que par leurs frères divins pour accompagner et guider leur race dans le nouveau monde dans lequel ils se réfugiaient, tandis que les autres divinités se sacrifiaient en luttant contre les démons afin de rendre cette retraite possible.
Depuis, les nains s’installèrent sur Ryscior, et Morin prit sa place au panthéon des dieux ryscioriens, panthéon qui était pour lui nouveau, en tant que divinité tutélaire des nains. Nains comme nains des profondeurs lui doivent leur existence, même s’il a renié ces derniers. Il n’y a pas de jurons parlant de Morin chez les nains. On connait par exemple « Peste soit d’Atÿe » en Hasdruba, « La Garce n’est pas d’humeur » pour parler d’Ariel chez les marins, ou d’autres jurons incluant des dieux partout dans le monde.
Mais aucun nain n’utilisera le nom de Morin pour un vain juron. Ce serait s’abaisser à faire quelque chose pour eux d’inadmissible. Et s’ils entendent un non nain utiliser Morin comme un juron, ce sera pour eux l’insulte suprême. Car ce n’est pas seulement leur personne qui serait remise en cause, mais la race des nains toute entière.

Les nains et halfelins se souviennent de l’arrivée de Morin sur Ryscior comme d’une vieille légende, subsistant sur leurs tapisseries. Comme tout ce qui concerne les Anciens, les humains l’ont oublié. Quant aux elfes, ils restent silencieux sur le sujet, sachant fort bien que toutes les légendes ont un fond de vérité.
L’arme de Morin lui fut forgée par Dwilin, son frère. Il s’agit d’une hache de guerre, avec lequel le dieu nain peut faire tomber la foudre. Quand vint l’époque de la chute des dieux, Morin se joignit à ses fils pour combattre une troupe de peaux-vertes qui prétendait attaquer une cité naine. Ce fut une grande bataille, une belle bataille, et la bière coula à flots après la victoire. Morin sait aussi être un nain normal.

Le culte de Morin

Fort logiquement, Morin est exclusivement honoré par les nains. Cependant, il n’a pas de prêtres, car n’appréciant pas les flatteries pour ce qu’elles sont. Il a explicitement fait savoir aux nains qu’il considérait les prêtres comme étant des flatteurs experts, mais de vils flatteurs néanmoins. Il ne souhaite rien imposer à son peuple, et n’a donc pas besoin de guides spirituels. Son élu est d’ailleurs plus un messager qu’un guide à ses yeux.

Glorir Marteau des braves, élu de Morin


Il y a eu durant longtemps six cités dans le Royaume des Nains. Chacune est dirigée par un sénat, qui doit élire à chaque nouvelle élection du sénat son patres. Le patres est un nain qui a pour charge de représenter la cité auprès des cinq autres, formant ainsi le conseil des patres, au nombre de six, qui ont pour objectif de rapporter les décisions de leurs sénats respectifs et de les harmoniser le mieux possible afin de déterminer pour le royaume une politique commune. Dans les faits, seules cinq cités sont concernées. Car il y a une sixième cité qui fut détruite par un dragon qui y vit encore aujourd’hui, dans le passé.
Son siège est pourtant occupé ! Il s’agit d’un siège honorifique, qui doit être occupé afin que la cité soit représentée. Comment élire ce patres s’il n’y a plus de sénat pour l’élire ? Puisqu’il est un messager de leur père, les nains choisissent traditionnellement pour ce poste l’élu de Morin. Aujourd’hui, et depuis désormais quatre siècles, ce nain est Glorir, Marteau des Braves, qui marche gaiement sur ses cinq siècles.

Il naquit dans la Cité de Guldor. Il reçut son titre pour ses exploits guerriers lorsque des humains en provenant des Cités-Etats avaient prétendu s’attaquer aux cités naines. A cette époque, tous les nains avaient dû prendre les armes pour défendre leur territoire. Glorir, alors simple officier bas gradé, s’était particulièrement démarqué pour sa bravoure et sa férocité au combat, tuant plus d’humaine que n’importe quel autre nain le jour de la bataille. Il fut même celui qui abattit le général ennemi, mettant les soldats des cités en déroute totale.
Glorir avait alors un siècle d’existence.

Après avoir gagné son titre, et voyant qu’une paix relative s’installait, il décida de travailler à la mine de Guldor. Mais un jour, la galerie qu’il creusait, malgré tout le talent des nains, finit par s’effondrer, ce qui arrive rarement dans le Royaume Nain. Glorir survécut à cet éboulement, car le sol qui s’était ouvert sous lui avait dévoilé une pente douce. Il roula tout au long de la descente, arrivant fort secoué et sonné en bas de cette dernière. Il fut incapable de marcher droit pendant ce qui lui sembla être les tours entiers qui suivaient.
Il se mit néanmoins en marche. Il ne doutait pas d’être tombé au plus profond de la mine, là où aucun nain de sa connaissance n’était jamais allé, et l’éboulement lui avait empêché l’accès à la pente, en faisant une dangereuse falaise sous laquelle il avait failli être enseveli. Sa route s’enfonça alors plus profondément dans la grotte dans laquelle il était entré, vers les ténèbres…

Il marcha durant un temps qu’il ne put mesurée dans des galeries labyrinthiques de roches, comprenant qu’il était tombé dans la légendaire outre-terre, là où aucun rayon porteur de vie du soleil ne parvient jamais. Un jour qu’il vit des torches, il se dirigea prudemment vers eux, sachant que ce n’était sans doute pas des nains amicaux qui les tenaient.
Il eut bien raison d’être prudent, car aussitôt que les nains des profondeurs virent un mineur de la surface arriver auprès d’eux, leur haine pour leur cousin fut ravivée, et tous se servirent de leurs pioches comme d’armes improvisées pour se ruer sur lui, qui fut obligé de se défendre. Le combat fut long et brutal, mais à la fin, il était vainqueur, et entouré de cadavres. Il prit leurs armes, leurs vivres, et se remit en route, déterminé à trouver la sortie.
Il renonça bientôt à mesurer le temps, alternant le fait de se perdre dans ce labyrinthe avec les combats contre ses noirs cousins…

Il commençait à désespérer quand un jour, enfin, il vit de la lumière au détour d’un couloir.

« Si ce n’est pas le soleil, dit-il alors, je jure que je me plante cette pioche dans le ventre. J’en ai marre de ces souterrains maudits. »

C’était le soleil. Glorir Marteau des Braves ressortit à flanc de montagnes. Une haute montagne, qui abritait une forêt de conifères dans laquelle se trouvait sa grotte. Il monta au sommet de l’un d’eux, et y aperçut au loin un lac, sur lequel se trouvait une cité apparemment humaine. Il s’y rendit, et on la lui présenta comme la Cité du Froid Saphir. Elle était construite sur des pontons au beau milieu du lac. Il ne s’en soucia pas plus. La taverne était tout ce qu’il cherchait. Là, mystérieusement, il fut interpellé par un vieux nain, qui l’invita à partager sa bière. A sa demande, et sans savoir vraiment pourquoi il obéissait, Glorir lui raconta son histoire, que l’étranger écouta en silence.

« T’as fait une trotte, mon gars, dit finalement l’inconnu quand Glorir eut terminé.
-Une sacré trotte, oui. Je vois que l’hiver s’apprête à démarrer. Mais quand je suis entré dans ces putains de grottes, c’était déjà le début de l’hiver ! J’ai quand même pas passé un tour entier là-dedans, non ?
-Si seulement t’y avais passé un tour, triple buse ! T’as survécu là-dedans pendant sept putains de tours, ça te dit quelque chose ? Habituellement les nains qui tombent là-dedans font pas une lune. Tu vois, tu l’as bien mérité cette bière. Mais les affaires sont les affaires, je veux un petit service en échange de ta boisson. Ça te dérange ?
-Ça dépend, dit Glorir. Après ça, je suis pas forcément d’humeur à négocier, tu vois. C’est quoi le service ?
-Rien d’important, répondit Morin, car c’était lui. Laisse-moi juste t’expliquer… »
C’est ainsi que Glorir, Marteau des Braves, devint élu de Morin. Il occupe donc à titre honorifique le siège de la cité vide, et c’est à lui que fut confié par le conseil des Patres, car il était Glorir Marteau des Braves, Fend-Crânes, le marteau qui fut confié il y a longtemps aux nains par les dieux.

Naraën


Dieu créateur des elfes

Caractère et attributions

Naraën est le dieu créateur des elfes. De toutes les divinités à avoir créé une race dite pensante, il est le plus vieux, le plus sage, mais aussi le premier à s’être livré à l’exercice, créant la race des elfes, qui s’appellent eux-mêmes parfois les enfants de Naraën. Il les a créés afin qu’il y ait une race pensante, première de tous, qui profiterait de la beauté de Ryscior.
Il est donc particulièrement important pour l’ensemble des elfes. Que ce soit les elfes noirs, les elfes sylvains, ou les elfes blancs, tous affirment suivre la voie qu’il avait tracée pour ses enfants, et le dépeignent comme un elfe à la sagesse sans égale, vivant seul assis sur un trône depuis lequel il observe leur agitation.

Naraën lui-même n’a pas vraiment de préceptes. C’est un dieu un peu las, qui après avoir créé les elfes s’est désintéressé de leurs affaires, et de celles de tout le monde matériel. Il s’est en fait totalement retiré des affaires des mortels, ne les surveillant que d’un œil distrait à travers celui de son élue.
Sa seule intervention depuis ce temps fut en fait lorsque les dieux redescendirent sur Ryscior après la chute des Anciens pour donner aux mortels les trois artefacts divins et délivrer la prophétie de la chute des Rois Démons. Mais même cette intervention, il ne la fit que parce que les autres dieux le lui demandèrent avec insistance.
Son arme est la Lame de Feu, qu’il n’a jamais utilisée, car elle lui a été confiée bien après ce retrait de sa part. Durant la chute des dieux, il fut envoyé sur Teikoku, où Malene, son élue, le recueillit et lui aida à passer ces quelques jours de façon agréable. Pour la première fois depuis leur création, Naraën passait quelques temps parmi ses enfants.

Le culte de Naraën

Remarque importante : On ne trouve son culte que chez les elfes.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les elfes blancs apprennent les principes qu’il leur a donné en les créant, qui sont la patience, la minutie et la recherche de la perfection dans toute œuvre. Les elfes noirs pensent que le cadeau qu’il leur a fait est le monde, et que celui-ci doit leur appartenir, les autres races servant uniquement d’esclaves. Quant aux elfes sylvains, ils le remercient simplement pour leur avoir donné la vie.
Quelles sont les cérémonies les plus importantes de ce culte ? Le premier jour d’un nouveau tour est pour les prêtres de Naraën un jour saint, car on dit que c’est ce jour-là que le premier elfe vit le monde. Lorsque vient ce jour, les prêtres de Naraën lui adressent une prière silencieuse, puis retournent à leurs occupations.
Où peut-on trouver ses représentants ? On trouve de ses prêtres dans la plupart des communautés elfiques.
Comment rejoindre ce culte ? Le recrutement se fait sur la base du volontariat. Il faut simplement faire siens les concepts que l’elfe associe à Naraën, et être capable de vivre chaque instant selon ces derniers.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Non, bien que chez les elfes noirs, la hiérarchie des intrigues politiques prennent place y compris dans les temples.
Ce culte est-il populaire ? Globalement, les elfes vénèrent plus volontiers d’autres dieux. Elye pour les elfes sylvains, Simialle pour les elfes noirs. Seuls les elfes blancs en font leur divinité tutélaire.

Malene, élue de Naraën


Malene, reine des elfes blancs, est l’élue de Naraën, dieu créateur des elfes.
Car contrairement à ce que la plupart des elfes noirs, sylvains, et nains croient, quand les autres races ont oublié jusqu’au fait qu’elle ait un jour existé, Malene est encore en vie. Le secret de sa longévité ne rédie pas dans son statut d’élue, même s’il pourrait, mais dans l’isolement temporel dans lequel furent plongés les elfes blancs durant cinq millénaires.
Malene est la reine de ces derniers, grande sœur du premier elfe noir, la même qui mena les elfes blancs lors de la guerre de la Déchirure, et la même qui choisit l’exil lorsqu’elle comprit que les elfes avaient trop négligé Ryscior, qui appartenait désormais aux humains.
Tous ces évènements auraient brisé un esprit plus faible que le siens, et l’auraient poussé à la folie. Mais Malene est une femme forte. Il ne faut cependant pas faire l’erreur de croire que cela en fait une femme dure et sèche. Beaucoup d’elfes la comparent à la douceur faite chair, et lorsqu’elle combattait les elfes noirs, les larmes coulaient sur son visage, car elle faisait cela à contre-cœur, sachant que rien ne serait plus jamais pareil après cette terrible bataille.

Malene gouverne l’île de Teikoku depuis son palais, qu’elle ne quitte que pour visiter la vallée secrète, paradis de verdure où poussent tous les fruits de la terre sans même qu’il y ait besoin de les cultiver, de sorte qu’il suffit aux elfes de se pencher et de ramasser pour se nourrir.
La vallée cachée des elfes blancs est en effet un arrière-goût de l’époque bénie des Anciens. Mais les dieux ne marchent plus dans les rues des villes de cette vallée. Malene, comme tous ses concitoyens, regrette cet état de fait, se contente de ce qu’elle a.

Depuis quelques tours cependant, les elfes blancs ont été rattrapés par la réalité. Des humains ont percé la ceinture de tempêtes qui entourait leur île, montrant par là-même que c’était possible. Astalil, qui espionnait pour le compte de Malene le continent, a disparu. Et les nouvelles ne sont pas bonnes. Les elfes blancs se préparent donc à la guerre.
Malene, cependant, ne s’entraine pas. D’une part parce qu’elle espère encore que d’autres solutions soient envisageables, d’autre part parce que, Astalil disparu, elle est la plus puissante magicienne de ce monde. Personne, à part un dieu, ne peut la vaincre en magie. Pour l’abattre, il faudrait lui planter une lame dans le cœur. Et pour cela, il faudrait marcher sur les cadavres de toutes la nation elfe blanche.
Toutefois, quelqu’un a récemment réussi à lui planter cette lame dans le ventre. Sa propre fille, la princesse Nynaeve. Depuis, la reine Malene est plongée dans un coma profond. Et d’après les elfes blancs, seul le retour de sa fille unique pourrait la ramener à la vie…
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 29 Sep 2017 - 14:04

Les Dieux de l’Art et des Plaisirs

Ils inspirent la beauté et la satisfaction dans le cœur des mortels, qui partent à leur recherche, dans une quête qui dure toute leur vie…

Dwilin


La forge

Caractère et attributions

Dwilin est l’une des deux divinités naines étant arrivées sur Ryscior lorsque les nains fuirent leur monde d’origine, ravagé par les démons. Il était le frère de Morin, divinité tutélaire des nains, et l’un des deux dieux choisis par leurs adorateurs et leurs camarades divins pour accompagner leur peuple dans son périple, tandis que les autres dieux nains se sacrifiaient pour rendre cette retraite possible. Comme son frère, Dwilin intégra alors le panthéon de Ryscior, devenant l’une des deux divinités naines.
En fait de divinité, il est celle des forgerons. Beaucoup en font le dieu de tous les artisans par extension. Mais Dwilin lui-même n’est que forgeron, rien de plus. Cependant, il va de soi qu’en tant que divinité, il n’est pas n’importe quel forgeron. Il est le meilleur de tous. Qu’il s’agisse de forger une arme, de la décorer, ou de l’enchanter, nul ne peut prétendre surpasser son art. Il en va de même pour les armures. Les légendes disent que sa forge se trouverait au fond du plus dangereux volcan des Montagnes Noires, car après tout, seul le feu d’un volcan pourrait alimenter une forge divine.

Dwilin a forgé les armes les plus puissantes du monde. Pacifiques ou belliqueux, tous les dieux (sauf Lorin) possèdent une arme en plus de leurs pouvoirs naturels. Toutes ont été forgées par Dwilin en personne, lors de la guerre contre les démons. Il revint par la suite aux divinités de savoir l’usage qu’ils feraient de leurs armes, en fonction de leurs caractères. Mais tous savent que ces armes sont les plus puissantes au monde, et Dwilin lui-même a peiné pour les forger. Ce n’est cependant pas le sommet de son art.
La plus majestueuse, la plus puissante œuvre de Dwilin est en effet la faux d’Elis. Avant qu’il n’arrive, Elis se contentait d’un geste de la main de séparer les âmes de corps. Mais lorsqu’arrivèrent les démons, ce pouvoir ne lui suffisait pas. C’est alors que Dwilin s’appliqua à donner à l’enfant une arme qui lui permettrait de se défendre, autant que de continuer à faire son travail de ramassage des âmes. Cette arme a pour caractéristique d’être la seule au monde capable de tuer un dieu. Qu’on ne s’y trompe pas, les armes que possèdent les autres dieux peuvent blesser gravement les leurs, mais seule la faux d’Elis peut mettre fin à leurs jours.

Au-delà de ces artefacts dont la puissance dépasse l’entement, Dwilin a également œuvré pour les mortels par trois fois.
La première de ces œuvres est la Broche d’Or, simple broche dorée qui immunise son porteur à la magie sous toutes ses formes, à la maladie et au poison, actuellement portée par Asarith Lune-Pale, le Conquistador d’Oro, après qu’il l’ait récupérée sur la princesse Nynaeve, à qui sa mère la Reine Malene avait confié la Broche pour son voyage sur le continent.
La seconde de ces œuvres est l’épée Perce-Cœur, qui donne, dit-on, à son porteur des capacités martiales à nulle autres égales. Longtemps portée disparue, Perce-Cœur est réapparue récemment entre les mains d’Alfonso Porthos, le seigneur qu’Asarith Lune-Pâle a placé à la tête de la Cité-Etat soumise d’Aliboronz.
Le troisième artefact divin donné aux mortels par Dwilin est un marteau de guerre dont on dit que rien ne peut résister à ses coups. Il s’agit de Fend-Crâne, le marteau de guerre que les nains transmettent depuis qu’il fut forgé aux différents élus de Morin, et donc actuellement manipulé par Glorir, Marteau des Braves.

Mais ces trois artefacts, pour puissants qu’ils soient, ne sont que des broutilles comparées au plus grand cadeau que Dwilin fit jamais aux mortels. Son plus grand cadeau est la forge elle-même. Si, à l’époque où il vivait dans le monde d’origine des nains, il n’avait pas appris à ces derniers comment travailler le métal, et si ceux-ci n’avaient pas emmené son savoir avec eux, alors qui sait si l’art de la forge aurait jamais été découvert…

L’arme de Dwilin est bien sûr sa forge elle-même, la forge de Dwilin. Durant la chute des dieux, il atterrit en Nova, où il resta terré dans une grotte des montagnes, prenant le châtiment du Juge comme un défi personnel. Ah, il y avait trop de contacts avec les mortels ? EH bien il serait un dieu qui pendant les quinze jours de la chute des dieux n’en verrait aucun. Et ce fut le cas.

Le culte de Dwilin

Remarques importantes : Bien que divinité naine, Dwilin est honoré par toutes les races. En outre, bien qu’il soit uniquement forgeron, les mortels le prennent pour dieu de tous les artisans de manière plus générale.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Un seul précepte, le talent et la recherche de la perfection dans la création de chaque pièce est nécessaire.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Dwilin est un dieu travailleur, qui n’a que faire des jours sacrés et des prières. Son clergé ne se dérange donc pas avec ces sottises.
Où peut-on trouver des membres de ce culte ? Les prêtres de Dwilin étant tous des artisans, avec bien sûr une majorité de forgerons, on est susceptible de les trouver un peu partout où il y a besoin de leur talent.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? N’avez-vous rien écouté ? Dwilin n’a que faire des prières. Alors pourquoi un temple ? On peut cependant évoquer le fait que les forges naines, dans les profondeurs de leurs cités, regroupent des dizaines de prêtres.
Comment rejoindre ce culte ? En devenant artisan ! Tout simplement. A ce détail près qu’il faut trouver un artisan qui soit déjà prêtre de Dwilin, et lui préciser qu’on veut être prêtre en plus d’être artisan. Car les prêtres de Dwilin ne travaillent pas seulement pour se nourrir, mais aussi pour l’amour de leur travail lui-même. Un artisan profane peut bien sûr aimer son travail, mais s’il le considère comme une fin en soi, alors c’est un prêtre.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Théoriquement, Dwilin serait prêt à accorder ses faveurs à une artisane. Dans les faits, les peuples mortels n’ont pas pour habitude de voir des femmes aller travailler à la forge, ou à la soufflerie de verre… Théoriquement elles sont acceptées, les hommes restant une immense majorité dans ce culte.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Théoriquement non. Dans les faits, là encore, les artisans ayant tendance à se regrouper en guildes pour leur survie, les prêtres ne font pas exception, et la hiérarchie de la guilde se met alors en place.
Son culte est-il populaire ? Plutôt oui. Après tout, il est vénéré par les forgerons bien sûr, mais aussi par les potiers, charpentiers, souffleurs de verres, menuisiers, ébénistes… Bref, tous les artisans du monde. Ce qui fait beaucoup de gens !
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs ne le vénèrent pas. Quant aux nains des profondeurs, ils ont quelques prêtres de Dwilin bien sûr, mais ceux-ci ne considèrent pas leur travail comme une fin en soi, contrairement à ceux de la surface. Ils voient plutôt l’usage qui sera fait de leur travail comme l’objectif à atteindre.

Duerin Protecteur de Fer, élu de Dwilin


Cela fait des siècles entiers que les yeux de Duerin ne voient presque plus la lumière du soleil. Des siècles entiers que même lui a oublié les circonstances de cette ascension. Et il faut dire que Duerin Protecteur de Fer est ancien ! Même si Dortan Giger est l’humain le plus vieux du monde, et considéré par les autres élus divins comme leur figure d’ainesse, il est battu en longévité par Duerin, Protecteur de Fer. Ce dernier aurait d’ailleurs oublié son propre âge si les archives des Royaumes Nains, très bien tenues, ne faisaient pas état de sa naissance il y a exactement deux mille trois cent treize tours. Autant dire qu’il a cessé de compter depuis bien longtemps.
Inutile de dire que tous ces siècles à travailler la forge font de lui le meilleur forgeron du monde. Même s’il n’en a pas forcément l’air, c’est un vieux nain, noueux, for et endurant comme un chêne battu par les vents. Ses yeux sont enchâssés dans un visage aussi rudement taillé qu’une falaise de granit. Son expression est une éternelle moue désapprobatrice. C’est assez normal pour un nain de son âge, qui a vu tant de merveilles et observé, dit-il, l’inévitable déclin de l’artisanat et du respect.

Les forgerons viennent de tout le Royaume Nain, et même d’au-delà de ses frontières, pour travailler avec lui ne serait-ce que quelques heures, car Duerin connait des secrets d’anciens temps, depuis longtemps oubliés par les autres, et est un lien vivant avec ces derniers. Il n’émerge d’ailleurs presque plus jamais des profondeurs de sa forge. Cette dernière est d’ailleurs presque une petite ville, avec des mineurs, des forgerons sous ses ordres, leurs familles, une organisation sociale… Mais elle ne reste qu’un quartier d’une cité naine plus grande.
Duerin affirme être équipé des meilleurs outils qu’un forgeron puisse avoir, et il ne laisse personne manipuler ses affaires. Sont-ils enchantés ? Ou est-ce que c’est à force de les utiliser que Duerin ne fait plus confiance qu’à ces marteaux et ces pinces précisément ? Nul ne le sait. Et si on lui pose la question, sa réponse sera toujours la même. Ce sont les meilleurs outils qu’un forgeron puisse rêver d’avoir, point.
Duerin Protecteur de Fer tient son titre de son talent dans la forge d’armures lourdes, car s’il sait forger des armes, les armures sont sa spécialité. Cependant, toute la nation naine n’est pas équipée en armures de Duerin. Seuls les nains les plus importants peuvent espérer s’en faire forger une un jour, car il les fait payer très cher d’une part, et d’autre part, la commande sera souvent passée pour les descendants du nain qui la passe, car rien ni personne n’obligera le forgeron à vite livrer commande. Ce n’est pas un fainéant, c’est même un bourreau de travail qui reste longtemps à la forge quand tous sont allés se reposer, mais c’est un perfectionniste accompli. Le moindre détail de l’armure sur laquelle il travaille peut parfois lui prendre des tours entiers à concevoir avant qu’il ne soit satisfait, pour un résultat que souvent, nul ne verra tant il est insignifiant.

A vrai dire, beaucoup de nains pensent que Duerin, malgré son talent, a perdu l’esprit. Sa dernière commande date désormais de cinq siècles ! Et il affirme n’en avoir fait que la moitié ! Alors que même le petit-fils du commanditaire a désormais de la barbe, une famille, et affirme n’avoir jamais vu d’armure aussi bien forgée…

Filyon


Les arts et les plaisirs

Caractère et attributions

Le cœur des mortels abrite toutes sortes de tentations, de désirs et d’envies de créer, de faire autre chose, et c’est en Filyon que s’incarnent ces sentiments. Elle est la reine des plaisirs, de tout ce qui est beau et séduisant. Ses domaines sont la musique, l’art, la passion, mais aussi le plaisir. Elle est tout à la fois la grande tentatrice et la grande muse, celle qui réalise les rêves. Elle est la passion faite chair, le plaisir incarné, depuis la satisfaction d’un simple problème résolu jusqu’à l’assouvissement des plus vils désirs. Elle est l’excitation. Elle est la souffrance.

Les plaisirs sensuels de l’art, de la musique et de l’amour fascinent Filyon, et elle est associée au charisme et à la beauté physique. Quand ils doivent la positionner dans le panthéon, beaucoup de mortels l’associent sans plus y réfléchir à la sainte patronne des putains, et s’en tiennent à son rôle de séductrice, pourvoyeuse de gratifications sexuelles. Mais Filyon ne se limite pas qu’aux plaisirs oisifs de la chair, car elle est bien plus que la déesse de ces plaisirs, même s’ils entrent dans son domaine.
En effet, si c’était le cas, elle n’apprécierait pas autant d’être dans l’esprit des peintres lorsqu’ils peignent, des musiciens lorsqu’ils jouent, et globalement de tous ceux qui tirent de l’art une forme de satisfaction. Même s’ils n’en ont pas confiance, cette satisfaction, ils la doivent à Filyon. Sainte patronne des putains ? Oui. Mais aussi des poètes, des musiciens, des peintres, des sculpteurs…
Elle engendre le plaisir issu de l’esthétique, et est une grande inspiration pour tous ceux qui créent et tirent du plaisir de leur création. C’est elle qui va pousser l’artiste à poser son pinceau ou sa plume sur une feuille.
Et c’est en cela que Filyon est une divinité terrifiante autant qu’attirante. L’art, c’est beau, disent la plupart des mortels. Mais limiter la définition de l’art aux peintures et aux chansons, ce n’est pas Filyon. Un bourreau qui essaye de faire son travail le plus consciencieusement possible, appréciant chaque instant de ce dernier, pour ce qu’il est en soi, peu importe les hurlements qu’il tire de sa victime, dépend de Filyon. Certains guerriers la vénèrent même. Tuer importe peu à Filyon. Mais s’ils cherchent la perfection dans une combinaison, une mise à mort la plus élégante possible, à maitriser l’acte de tuer dans chacune de ses variations, alors ils sont dans le domaine de Filyon plus que dans le domaine des dieux guerriers.
La plupart des mortels oublient cependant cela. Après tout, sans Filyon, la vie serait bien ennuyeuse. Elle ne peut donc qu’être bonne, n’est-ce pas ?

Filyon n’est pas appelée la Dame des Sensations pour rien. Elle est tout à la fois la grande putain, la grande muse, mais aussi la grande bourrelle, la maitresse de la douleur. Tout cela entre dans son domaine.

L’arme de Filyon est un petit verre de vin, qu’elle tient en permanence avec elle, et qui peut se remplir selon sa volonté. Qui y boira connaitra tous les plaisirs de la meilleure boisson qu’il n’ait jamais gouté, et d’une délicieuse ivresse. Mais gare à la suite, car ce vin contient un poison qui le condamnera à mourir dans les souffrances les plus atroces…
Durant la chute des dieux, Filyon vécut une mésaventure. Tombée aux mains des liches, et privée de son pouvoir, elle fut délestée d’une partie de son énergie vitale, augmentant assez les pouvoirs de ces créatures pour qu’elles se permettent de revenir sur le devant de la scène. Il ne fallut cependant à Filyon que quelques instants avec ses nouveaux pouvoirs pour se remettre de cet évènement, une fois que la chute des dieux fut terminée.

Le culte de Filyon

Remarque importante : Filyon incarne les plaisirs, les démons incarnent la perversion. La frontière entre les deux étant ténues et variant selon les conceptions des individus, il a pu arriver, et il arrive encore que des adorateurs de Filyon soient brûlés vifs, en tant qu’adorateurs des démons.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les prêtres de Filyon prêchent la recherche de la satisfaction en tout. Cela fait qu’ils sont presque toujours des artistes, avec plus ou moins de talent. Et, disent les mauvaises langues, ils doivent être plutôt doués au lit. Mais là encore, attention à qui on parle. Certains de ces prêtres ont une définition du mot « art » qui fait frémir les personnes civilisées…
Quelles sont les cérémonies importantes de ce culte ? Rien de particulier, faire la fête et créer étant en soi une cérémonie pour la plupart des membres de ce culte. Ils sont d’ailleurs des convives très appréciés pour une fête.
Où peut-on trouver des représentants de ce culte ? Ce clergé se trouve un peu partout sur le continent. Il est impossible de manquer leurs temples, car ce sont de véritables œuvres d’art, et incontestablement les plus magnifiques de tous les temples. A l’intérieur, des statues, des dorures, des tableaux. Beaucoup de gens jugent ces œuvres indécentes, et il est vrai qu’un certain nombre le sont. Mais là n’est pas la question. L’essentiel est que ce soit beau.
Quel est leur plus grand temple ? Le plus grand temple est de Filyon se trouve à Garay, capitale d’Oro. Ce n’est pas seulement un temple, c’est une véritable université d’art, d’ailleurs connue partout dans le monde sous le nom de l’Ecole des Beaux-Arts d’Oro.
Comment rejoindre son culte ? Il faut être apprenti d’un prêtre de Filyon, qui va apprendre son domaine particulier de compétence à l’aspirant prêtre, tout en lui apprenant à s’affranchir des limites posées par les conventions sociales lorsqu’il crée. Lorsque ce dernier commencera à sentir que Filyon l’apprécie et lui donnera ses pouvoirs de prêtre, il sera libre de voler de ses propres ailes.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Mauvaise question. La vraie question devrait plutôt demander pourquoi, au vu de ce qu’il prêche, ce culte devrait-il en refuser un.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Pas d’officielle, sauf dans les temples, où le grand prêtre dirige bien sûr le temple. Mais dans les faits, meilleur artiste est le prêtre de Filyon, plus il sera connu, et créera de disciples.
Son culte est-il populaire ? Très ! Tout le monde aime créer, prendre du plaisir, apprécier l’art, de temps à autre.
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs vénèrent Filyon. Ils ont leur propre conception du plaisir, et n’oublient pas de la remercier pour ce dernier.

Elyse Fadelis, élue de Filyon


Kelvin. Cité de marins, mais aussi cité de marchands. C’était il y a plus de cinq siècles à présent, la cité était encore loin de déclarer son indépendance. Mais elle était déjà riche. Enfin, certaines familles de la cité commençaient déjà à être riches. Et quand on est un enfant élevé par des riches, on grandit dans l’oisiveté. Même si les parents, qui ont fait fortune à la force de leurs bras et la sueur de leur front, garantissent en permanence que seul le travail honnête peut amener à la fortune, il arrive que les enfants ne les écoutent pas. Après tout, un discours sur la valeur du travail est toujours plus facile à entendre quand on sait que l’on va quoi qu’il arrive hériter un jour. Aussi, deux enfants, un jeune homme et une jeune fille, grandirent dans une telle famille. Ils grandirent avec tout qui leur était donné dès leur plus jeune âge, leurs tables déjà dressées quand ils se levaient, des gens prêts à tout pour exhaucer tous leurs caprices.
Frère et sœur grandirent ainsi dans un esprit malsain, car leurs parents échouèrent à leur inculquer la valeur de la remise en question, du travail, et du fait d’être raisonnable. De leurs imaginations perverses découlèrent d’ailleurs de nombreux crimes, qui restèrent impunis. Leurs parents les protégeaient, espérant que des jours meilleurs viendraient. Même quand grand nombre de leurs domestiques démissionnèrent, préférant fuir les horreurs qu’ils avaient vues, et qui pouvaient parfois les attendre… Car plusieurs d’entre eux avaient été retrouvés morts dans cette maison.
Le point de rupture fut cependant atteint pour les parents eux-mêmes, qui ne purent fermer les yeux quand leur fille se trouva enceinte, et qu’ils découvrirent que c’était son frère le père de l’enfant. Frère et sœur furent sans ménagement chassés de la maison, puis de la ville, puis enfin du royaume. Ainsi, Elyse Fadelis, leur fille, naquit dans un fossé, sur le bord d’une route. Le changement pour ses parents était radical.

Ils se réfugièrent en Oro, royaume déjà à l’époque réputé pour son art. Le temple de Garay était alors en construction. Ils ne purent cependant que s’installer dans les bas quartiers, et c’est là qu’Elise vécut le début de son enfance. Le début seulement, car l’amour de ses parents pour l’oisiveté prit le dessus, et peu à peu, ils se rapprochèrent des artistes. Au fur et à mesure des tours, ils déménageaient, car chaque artiste qui les prenait sous son aile les rendait un peu plus riches. Mais cela cessa brutalement quand l’apparence des parents de la petit commença à changer. Dans leur perversité, ils avaient violé un interdit divin, et leur appétit pour la chair humaine les avait poussés à aller jusqu’à en consommer. Peu à peu, les parents d’Elyse Fadelis se transformaient en goules. Pire encore, la perversité dans laquelle ils étaient tombés effraya leur fille, qui un jour eu le courage d’aller se confier à un artiste. Ses parents furent accusés de vénérer les démons, et furent brûlés.
Elyse Fadelis avait quatorze tours.

Biens nombreux seraient ceux qui auraient pu penser qu’elle rejetterait totalement l’art, ayant vu sa déviance la plus horrible, pour le travail manuel, ou la sérénité de l’âme. Il n’en fut rien, car elle fut recueillie par les fondateurs de l’université d’art de Garay, qui avaient connus ses parents, et avaient reconnu le courage qu’il lui avait fallu pour les dénoncer. Elle vit alors l’art sous un jour nouveau, celui de la passion, et non de la perversité. Ce fut une véritable renaissance pour elle.
Les chroniqueurs qui s’intéresseront plus tard à la biographie d’Elyse Fadelis, pour leur part, négligeront souvent l’histoire de ses parents. Pour sombre qu’elle fut, elle est pourtant essentielle. Car Elyse Fadelis ne tomba jamais dans l’excès de l’art. Traumatisée par ce qu’elle avait vu étant enfant, elle apprit à vivre sa passion de façon raisonnée, dans le respect des codes de Filyon, et non dans le respect de ceux des démons comme le firent ses parents. Elle alla d’ailleurs, dès qu’elle fut en âge de voyager, retrouver ses grands-parents à Kelvin. Ceux-ci, encore en vie, furent heureux de voir que leur petite-fille était devenue une femme de bien. Une artiste, oui, mais qui ne cherchait pas à concrétiser son désir de passion et de satisfaction en essayant de faire des choses toujours plus extrêmes, pour compenser l’ennui de sa vie quotidienne. Elle avait appris la valeur du travail. La satisfaction qu’elle désirait atteindre, elle travaillait pour l’atteindre.
Elle fut donc l’héritière de la fortune de ses grands-parents, quand ils moururent l’un après l’autre. Mais au lieu de la dépenser en fêtes comme tous croyaient qu’elle le ferait, elle utilisa cet argent pour fonder sa propre école à Kelvin, souhaitant concurrencer celle d’Oro. Si l’école d’art de Kelvin n’était pas destinée à atteindre l’ampleur de l’université oréenne, il fallut avouer que ce fut un véritable succès, car les peintres avaient ici des choses nouvelles à peindre : La marine. Encore aujourd’hui, dans l’école d’art d’Elyse Fadelis, car elle est connue sous le nom de sa créatrice, on trouve des peintres qui sont attirés par les navires. Ils sont surnommés par les marins « Les barbouilleurs de toile », car ils payent parfois cher pour aller assister à un voyage en mer d’un navire kelvinois, pour peindre de l’intérieur. Mais il faut bien avouer que c’est flatteur pour les marins d’être immortalisés.
Lorsque commencèrent à apparaitre les élèves d’Elyse Fadelis, les premiers barbouilleurs de toile, c’est donc presque un art nouveau qui commença. Qui s’était soucié de peindre les navires jusqu’à maintenant ? Elyse Fadelis avait alors trente tours. Et toujours, elle gardait cela à l’esprit : Quoi qu’il arrivât, son art devait être une passion, et non un excès.

C’est ainsi qu’une nuit, alors qu’elle dormait profondément, rêvant sans doute aux prochains travaux qu’elle accomplirait, elle sentit une douce main se poser sur son épaule, et la réveiller tranquillement. Elle s’étira, et se tourna vers la nouvelle venue, avec l’intention de la chasser de la chambre, mais tressaillit en voyant ce qu’elle aurait pu définir comme un idéal féminin. Elle sut intérieurement qui était-ce, car il ne pouvait y avoir qu’une seule personne ainsi. Elle se sentait d’ailleurs très bien présence de cette femme, qui s’assit tranquillement sur son lit, déposant doucement un baiser sur ses lèvres.
Ce qui suivit, Elyse ne le dirait à personne. Si on l’interroge, elle dit simplement que c’était la suite naturelle du baiser, et que quand le soleil se leva, elle était l’élue de Filyon, avec la sensation d’avoir eu un rêve particulièrement agréable.

Elyse Adelis a aujourd’hui plus de cinq cent ans. Elle est une artiste accomplie et renommée dans le monde entier, et prend un grand plaisir à travailler peinture et musique, mais aussi à prendre des dizaines d’amants différents, selon les jours et les royaumes. Le tout par passion, jamais avec excès.
Aujourd’hui, elle découvre un art dont elle ignorait tout. En effet, durant l’invasion d’Hasdruba par les peaux-vertes, il y a six tours, elle fut capturée par Kaurgn, Fléau des Cités, le chef du Royaume des Orcs. Ce dernier, cependant, vit que Elyse était belle. Pour toutes les races. Il la captura, souhaitant faire d’elle sa femme. Elyse reste aujourd’hui sa prisonnière, au Royaume des Orcs. Mais elle découvre l’art des peaux-vertes. C’est une période de sa vie qu’elle juge intéressante. Et elle sait que Kaurgn ne la force à rien. Après tout, il est trop sous son charme pour la brutaliser.
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 13 Oct 2017 - 13:58

Les Gardiens de l’Ordre

Réputés pour être les divinités dites « du bien », les dieux appelés les Gardiens de l’Ordre sont en fait ceux qui veillent sur le côté pratique de la vie sur Ryscior.

Antescior


L’histoire, la philosophie, l’apprentissage

Caractère et attributions

Antescior est réputé pour être le dieu gardien de la mémoire du monde, mais aussi la plus érudite des divinités. De lui, on dit que si le bien et le mal sont en lutte permanente, peu importe les définitions qui leur seront prêtées, Antescior sera toujours du côté du bien, car c’est un dieu sage et réfléchi.
Tout ce qui se passe dans le monde, à chaque instant, à chaque endroit, Antescior le consigne dans un gigantesque ouvrage intitulé « Le livre des maîtres du savoir ». Tout mortel qui a un jour entendu parler de ce livre aspire bien sûr à y jeter ne serait-ce que quelques instants un œil, mais aucun n’a jamais eu ce privilège, même à l’époque des Anciens.
C’est là l’un des paradoxes d’Antescior. Il ne cherche qu’à ce que les mortels acquièrent connaissance et compréhension du monde qui les entoure, mais dans le même temps, il connait le caractère destructeur de la vérité, et ne souhaite pas que cette dernière soit intégralement dévoilée, connaissant les ravages qu’elle peut faire.

Le rôle d’Antescior n’est pas non plus limité à un « simple » rôle d’historien, car c’est également un philosophe accompli. Lorsqu’il écrit dans son livre, il ajoute fréquemment des encadrés livrant son analyse personnelle, des notes de bas de page. Car si ce fait, historique ou non, est particulièrement intéressant, alors il y a à ses yeux une leçon à en tirer. Une analyse à en faire. Des points de vue seront à confronter. Et toujours, la ou les conclusions à en tirer seront les plus sages possibles. Car bien que les dieux les plus belliqueux protègent le monde contre toutes sortes d’atrocités, Antescior connait aussi le potentiel qu’auraient les mortels à s’auto-détruire si l’ignorance devait régner parmi eux.
Antescior considère donc comme une vertu importante le fait d’éduquer les populations. Il n’est donc pas juste le saint patron des philosophes et des historiens. C’est aussi un éducateur avisé, et les textes sacrés de ses prêtres lui attribuent le fait d’avoir donné l’écriture aux mortels.

Antescior a une arme bien particulière, et c’est la clé de sa bibliothèque. Bibliothèque qui contient, bien sûr son livre des maitres du savoir, mais aussi tous les ouvrages que les mortels rédigèrent. Une telle quantité de savoir, de croyances, de mythes et de connaissances est en soit une arme.
Lors de la chute des dieux, Antescior visita les bibliothèques de l’université de magie de l’Empire d’Ambre, sous anonymat, afin de ne pas être dérangé par des questions incessantes de la part des mortels.

Le culte d’Antescior

Quels sont les préceptes de ce culte ? Les préceptes prêchés par le clergé d’Antescior peuvent se résumer ainsi. Leur dieu est un sage dont les paroles doivent être écoutées. Cependant, il y a débat parmi les prêtres d’Antescior pour savoir si ses paroles doivent être écoutées comme une vérité, ou être sujettes à débat, puisqu’il est dieu de la philosophie. La question n’a jamais été tranchée à ce jour.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Les prêtres d’Antescior n’ont pas de cérémonie à proprement parler. Bien sûr, ils prient régulièrement leur dieu de leur apporter la lumière de la connaissance, mais lire un livre est en soit pour eux une prière. Cependant, à la fin d’un tour, faire le bilan de tout ce qui s’est passé durant le tour est pour eux quelque chose d’essentiel.
Où peut-on trouver des représentants de ce culte ? Les prêtres d’Antescior ne sont pas communs. On a le plus de chances de les trouver dans les grandes bibliothèques, ou les grandes universités, où ils ont alors tendance à servir de documentalistes ou de professeurs. Mais parfois, ils sont juste là pour étudier. Les véritables temples d’Antescior sont à ce titre exceptionnellement rares. Puisqu’une bibliothèque est en soit une ode à Antescior, il n’a pas vraiment besoin de temple, même s’il y en a.
Où est leur plus grand temple ? Justement, le plus grand temple d’Antescior se trouve dans les cités naines. Les nains ayant l’administration que l’on sait, et la capacité à ne laisser aucun évènement inaperçu, ils ont attiré dans la cité de Naundar une cohorte de prêtres d’Antescior, qui ont obtenu de pouvoir construire un temple dans la partie extérieure de la cité, celle dédiée aux visiteurs. C’est, en fait de temple, une sorte de croisement entre une abbaye et une bibliothèque, qui récupère les ouvrages que les nains veulent bien leur donner, et abrite une quinzaine de prêtres.
Comment rejoindre le culte d’Antescior ? Il faut soi-même être plutôt érudit, et souhaiter rejoindre ce culte, car pour le passer, en fait d’apprentissage, c’est un véritable examen que passera le candidat, durant lequel seront examinées ses compétences littéraires, sa culture quant à la situation historique et géographique, tant sur le plan politique que physique, du monde, et ses capacités de débat philosophique. Trois prêtres d’Antescior se chargeront d’examiner les performances du candidat et de prendre ou non la décision de l’ordiner.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Dans la mesure où tous doivent avoir droit à au même temps de parole dans un débat et à la même écoute par le public, il ne peut y avoir de hiérarchie. Toutefois, dans les regroupements de prêtre, bien sûr, il y a quelques postes clés hiérarchisés : Le copiste, l’intendant du regroupement, etc., etc.
Son culte est-il populaire ? Assez peu. La plupart des mortels savent son existence, et savent vaguement qu’il est sage, mais ses vieux bouquins ne concernent pas leur principal problème, à savoir que mettre dans l’assiette demain. Autant dire que si on leur parle d’Antescior, ils hocheront vaguement la tête, l’air de rien, puis se remettront à travailler leur champ, ou équivalant.
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ne se soucient guère de cette divinité, la connaissance n’étant pour eux importante que si elle amène le pouvoir.

Inil Boson, élu d’Antescior


Le royaume de Salicar était dirigé il y a des siècles par la famille des Boson, famille d’abord marchande qui s’était taillée un royaume par l’achat des terres à des nobles ruines par la chasse aux bandits manu militari. Il s’agissait alors d’un royaume riche, car ses dirigeants étaient corps et âmes voués à la richesse de leur royaume. C’était avant sa déchéance, qui commença avec l’indépendance de Kelvin, et s’acheva avec l’arrivée des morts…
Toujours est-il que c’est dans cette famille que naquit un jour Inil Boson, dont la destinée devait être unique. Etant né dans une famille de marchands autant que de rois, il dût en effet très vite apprendre l’art des comptes et du commerce, en même temps que ceux de la politique et de la diplomatie. Cela fit, par nécessité, très vite de lui un érudit comme il y en avait peu dans le monde, surtout pour son âge.
L’un de ses précepteurs étant un prêtre d’Antescior, il fit d’ailleurs très vite des connaissances approfondies avec les mystères de ce dieu pourtant négligé de bien des mortels, dont sa famille, consacrée à Vamor. C’est ainsi que furent semées dans l’esprit d’Inil Boson les graines qui devraient un jour lui faire préférer l’étude de vieux livres poussiéreux aux arts du commerce et de la politique.
Combien de fois, à cette époque, sa gouvernante le trouva-t-elle endormi la tête dans un livre, laissant la chandelle allumée achever de se consumer, elle seule saurait le dire, mais elle est morte aujourd’hui.

Ses parents ne furent pas inquiétés outre mesure par cette habitude. Leur fils aurait ainsi des connaissances plus importantes encore que ses frères et sœurs, pourtant déjà tous des érudits. Et de toute façon, les lectures d’Inil étaient un peu surveillées. Qu’il lise des romans, des poèmes et des traités de philosophie leur allait bien, du moment qu’il continuait à examiner des traités de commerce, les cartes des routes marchandes terrestres et navales, mais aussi et bien sûr la politique. Il allait faire un très bon ministre pour son frère ainé, l’héritier du trône.
Leurs seules petites inquiétudes furent en outre balayées quand Inil leur confirma n’avoir pas d’autre ambition qu’une vie riche, une belle femme, et un métier haut placé à la cour, qu’il puisse accomplir avec honneur et talent. C’était une bonne chose, et nul ne doutait qu’il serait capable de mener à bien cet objectif. Et s’il était un peu poète, disait Inil lui-même, c’était tout à son bénéfice, car en plus du reste, il saurait avoir une distraction qui le sortirait au mieux de ces affaires.
Le jour de ses dix-sept tours, il fut envoyé pour sa première véritable mission diplomatique.

Sa mission était de se rendre dans les sultanats, pour faire état aux différents sultans de changements dans les accords commerciaux qui liaient leurs royaumes. Il débarqua à Vindex, capitale du sultanat de Ram, puis après avoir parlé au sultan de ce dernier, se rendit dans les sultanats plus au sud, le long de la côte, en charrette.
Un jour que cet équipage s’arrêtait pour bivouaquer, il souhaita s’éloigner pour se soulager. Il y avait justement des ruines non loin, qui seraient utiles à cette fin. Mais alors qu’il y entra, il vit un homme vêtu d’une bure, tranquillement assis sur une vieille pierre à moitié enterrée. L’étranger lui tournait le dos, et il ne pouvait donc pas voir son visage.

« Bonjour, jeune homme, dit-il sans se retourner.
-Bonjour, monsieur, répondit Inil, surprit. »

Le vieil homme engagea la discussion. Inil, qui l’écoutait par politesse, le prenant un peu pour un fou, l’écouta évoquer le fait que cette ruine soit un ancien temple d’Antescior. Jadis, c’était une retraite pour une communauté d’érudits, loin des soucis de la ville. Aujourd’hui, ça n’était plus qu’un tas de pierres où de jeunes futurs serviteurs de Vamor venaient se soulager.

« D’ailleurs, demanda l’homme, Vamor est-il ton dieu ?
-Je suis surpris par la question, dit Inil, et je ne la comprends pas. J’aime Vamor, car il est le dieu qui a rendu ma famille riche.
-C’est un bon raisonnement, approuva l’homme, souriant. Et dis-moi, quels sont tes projets dans la vie ?
-Avoir une grande maison, dit Inil, sans vraiment comprendre pourquoi acceptait-il de répondre à cet étrange homme, avoir une belle femme, un bon poste de ministre auprès de mon frère. Me distraire de temps à autre dans mes romans… Une belle vie, en somme. Une vie confortable.
-Je vois, dit l’homme, tout sourire. Et si je te demandais … De renoncer à tout cela ? De renoncer à tout cela sauf à tes romans ! Et de te consacrer à eux. Qu’en penserais-tu ?
-Vieil homme, dit-il, ce serait une autre vie intéressante, mais on ne vit pas de bons mots. Je devine que vous servez Antescior, mais je suis désolé de vous dire que tel n’est pas mon cas. Il est un dieu que j’apprécie, mais ne me nourrira que difficilement, et ne me prodiguera certainement pas le confort que je cherche. J’apprécie votre honnêteté, vraiment. Mais je dois refuser. »

Il mit fin à la conversation sur ces mots, perturbés, et partit continuer sa mission, oubliant peu à peu la proposition du vieil homme. Après tout, il ne le connaissait même pas ! Que pouvait-il savoir de ce qui était bon pour lui ?

Il rejoignit, plus d’un tour après l’avoir quitté, son pays. Mais Salicar, ce n’était plus comme avant. Son père était mort, son frère avait été couronné. Il fut nommé son ministre, et eut droit à un beau manoir dans les rues de la capitale. Le jour où un bon parti se présenta à lui, il épousa une femme ravissante. Et sa vie rêvée put commencer.
Mais était-ce vraiment un rêve ? A la réflexion, pas tant que cela. Le temps passant, il commença à s’ennuyer, et à se réfugier de plus en plus dans ses vieux livres. Quand il en sortait, le monde lui paraissait terne. Son frère n’était pas un très bon roi, et n’écoutait que peu son ministre. Sa maison n’était pas si grande, et sa femme pas si belle…
Un soir qu’il but plus que de raison, il regarda vers le sud. Ivre, il pointa du doigt l’endroit où se trouvait à peu près le temple en ruines, à des milliers de kilomètres de là.

« Vieil homme, dit-il. Là j’ai gouté à la vie dont je rêvais, et maintenant je pense que j’aurais peut-être dû t’écouter. Si t’es toujours en vie et que tu réussis à me retrouver comme tu l’as fait la première fois, peut-être bien que je dirais oui à ta proposition. Tu vois ? C’est ça ton défi vieil homme ! Retrouve-moi, et je dis oui !
-J’en accepte l’augure, raisonna la voix de l’homme dans sa tête. »

Il s’agissait en fait d’Antescior en personne, qui avait vu le potentiel que ce jeune érudit pouvait avoir, à condition de se consacrer à ses livres. Il fut heureux de ne pas s’être trompé dans le choix de son élu, et Inil Boson se trouve aujourd’hui, trois siècles plus tard, heureux d’avoir accepté. Il a vu des êtres magnifiques et terrifiants qu’il n’aurait jamais vu autrement, rencontrés des personnes bien plus intéressantes que les marchands et autres politiciens… Et sa maison, désormais, est très grande, car elle est le monde entier, et il essaye de savoir tout ce qui s’y passe, et tout ce qui s’y passa.
Tel est Inil Boson, élu d’Antescior, qui parcourt le monde à la recherche de toujours plus de connaissances. Parmi les élus divins, il joue un rôle bien particulier. Informé par le demi-dieu Nahar de qui sont les nouveaux élus et d’où les trouver, il va les chercher pour se présenter à eux, et les informer de l’endroit où se trouve le temple des élus. C’est lui qui y préside d’ailleurs les réunions, notant ce qui s’y dit et ce qui s’y décide.

Canërgen


Les morts, l’au-delà

Caractère et attributions

« Si vous courtisez la fille, vous rencontrerez le père ». C’est par cette expression que les mortels font allusion au fait que les personnes vivant une vie dangereuse, et donc courtisent Elis, la Mort, risquent d’aller rencontrer Canërgen. Cependant, par définition, la mort étant partie intégrante de la vie, les peuples de Ryscior, s’ils la craignent, savent se rassurer en pensant que Canërgen recueillera leur âme de toute façon, à la fin.
Canërgen, de fait, est non pas le dieu de la mort, fonction qui appartient à sa fille, mais le dieu des morts. Il règne sur l’au-delà, et a donc reçu la lourde tâche de s’assurer du devenir des âmes des vivants après leur trépas. Il doit les protéger après leur mort, les guider vers son royaume ou les envoyer aux enfers s’il les juges indigne de son royaume, et enfin protéger ledit royaume des démons par-dessus le marché !

Lorsqu’une personne meurt, son âme est tout d’abord perdue. Elle ne sait pas où aller, ni que faire. Mais au bout de quelques instants, Canërgen insuffle en elle une idée fixe, l’idée de faire un voyage, qui ne prend lui-même que quelques secondes, car il se fait de façon instinctive. Sans même savoir comment cela fonctionne, l’âme peut passer d’un plan à l’autre.
L’âme du défunt va en effet voyager à travers l’ensemble des plans d’existence, jusqu’à trouver celui qu’elle cherche. Un voyage dangereux, car certains plans d’existence sont occupés par les démons. Mais durant toute cette traversée, et même si elle ne s’en rend pas forcément compte, l’âme est accompagnée par Canërgen, qui la suit et la protège de toute attaque jusqu’à ce qu’elle ait trouvé sa place.
Cette place variera selon la vie qu’a eu l’âme. Ainsi, les prêtres seront accueillis dans le plan d’existence ou vit leur divinité d’allégeance, et pourront alors se rendre aux portes de son palais. Elle pourra alors s’y installer et y vivre un repos bien mérité. L’âme d’un élu divin se verra ouvrir lesdites portes, et pourra aller vivre pour le meilleur comme pour le pire auprès de son dieu.

Toutes les autres âmes, ceux qui ne se sont pas dévoués à un dieu au point de recevoir ses bénédictions, sont envoyées dans ce que les prêtres de Canërgen appellent les plaines de lumière, et ce que les mortels appellent plus communément l’au-delà.
Une fois dans ces plaines, l’âme jouit d’une parfaite liberté, et peut les parcourir à sa guise, se renseignant sur ce qu’elle ignorait de son vivant, retrouvant les personnes qu’elle avait perdues, ou simplement se prélassant dans l’herbe des plaines. D’aucuns pourraient croire que passer l’éternité à regarder les nuages dans le ciel, allongé contre un arbre, un épi de blé entre les dents, pourrait être ennuyeux. Mais ces plaines sont un lieu intemporel. L’éternité est un concept oublié des âmes qui y vivent, et des millénaires peuvent s’y écouler en battement de cils pour les âmes qui veulent le repos, quand une seconde peut durer des millénaires pour celles qui souhaitent parcourir les plaines et s’entretenir de choses plus ou moins édifiantes.

Les âmes des gens mauvais, de leur vivant, sont souvent menacées des enfers par les prêtres de Canërgen et par leurs congénères mortels. Il n’en est en fait rien. Canërgen envoie des âmes aux enfers, cela est vrai, mais c’est loin d’être le cas pour toutes les âmes mauvaises. Déjà parce que certaines sont protégées par des divinités leur ayant donné leur bénédiction. Ensuite parce que les démons sont les ennemis des dieux, et leur envoyer des âmes les nourrit, et les renforce. Hors de question donc de leur envoyer plus d’âmes que celles qu’ils avaient de toute façon déjà. Autrement dit, seuls seront envoyés aux enfers ceux qui, de leur vivant, ont trop fricoté avec les démons. Peu en importe les raisons, peu importe qu’ils aient ou non fait pénitence de leurs crimes, ils iront rejoindre leurs maitres.
Les âmes des gens mauvais n’ayant pas de divinité du mal pour les accueillir et n’ayant pas adoré les démons viennent donc également dans les plaines de lumière. Mais là, elles cesseront de faire le mal. Car une étrange sérénité règne en ces lieux, et même l’âme la plus perturbée y trouvera l’apaisement.
Il y a une seule exception à cette règle, et c’est celle des nécromanciens et autres vampires. Là encore, sauf à avoir une divinité pour les accueillir, lorsqu’un nécromancien ou un vampire vient à décéder, Canërgen lui réserve un sort bien particulier. Puisque, dans la vie, il n’a fait que défier l’ordre naturel des choses, en contraignant le monde autour de lui à agir comme il n’aurait pas dû agir, le nécromancien ou le vampire, dans la mort (définitive, celle-là) verra son âme être disloquée par Canërgen, et leurs fragments rejoindre la déesse de la vie, Elye. Ainsi, dans sa mort, le nécromancien rachètera les crimes de sa vie, en renforçant la vie au lieu de la contraindre.

Canërgen a encore d’autres rôles que de guider les âmes. En tant que père d’Elis, la mort, c’est lui qui connait le moment du décès de chaque personne. Les plaines de lumière ne sont pas infinies. Tout au fond se trouve une falaise, sur laquelle se trouve le palais de Canërgen. Dans ce palais, une salle close. Personne, pas même les autres dieux, ne peut y entrer. A l’intérieur se trouvent des milliers et des milliers de chandelles allumées. Certaines sont grandes, et leur flamme brille de façon vive. Ce sont l’âme des jeunes, dans la force de l’âge. D’autres sont bien plus petites, et leur flamme s’étouffe, peinant à se maintenir. Ce sont celles des vieilles personnes, qui dépérissent peu à peu. Lorsque la flamme de la vie s’éteint, la personne meurt, peu important les circonstances. Canërgen, qui porte la clé de cette salle autour du cou, n’a pas besoin d’y entrer pour en connaitre le décor, gravé à jamais dans son esprit.
Et Elis, sa fille, n’a pas non plus besoin d’y entrer pour savoir quel travail doit-elle faire, car un lien unique la lie à son père. Et Canërgen, qui sait qui doit mourir et quand, lui communique en permanence cette information, afin d’être capable d’aller chercher l’âme du défunt aussitôt que sa fille l’aura fauchée.

Canërgen a encore d’autres rôles. S’il est en charge de la protection des âmes durant leur voyage vers leur éternel repos, il est aussi en charge de la protection des plaines de lumière elles-mêmes. Car en bas de la falaise se trouvant au fond, si profondément qu’on ne peut apercevoir cela du haut de la falaise, et que celui qui y saute chutera durant l’éternité avant de les atteindre, se trouvent les enfers, les Abysses où vivent les démons. Il arrive de temps à autre que l’un d’eux monte cette falaise, vers les plaines de lumière, espérant aller dévorer des âmes.
Canërgen est chargé d’empêcher cela. Il est donc par nécessité une divinité guerrière, qui à l’aide son arme, un cimeterre de lumière pure, empêche les démons d’entrer dans les plaines de lumière. Et même si l’un d’eux parvient à tromper sa vigilance, il lui échappera moins de temps qu’il n’en faut pour un clin d’œil. Car Canërgen voit tout sur ses plaines, et nul ne peut lui échapper quand il se trouve dans son domaine.

En échange de ces rôles, Canërgen a des capacités qui lui sont uniques, des dons qu’aucun dieu ne possède.
Ainsi, puisqu’il est le dieu des morts, la résurrection d’une personne morte, qui que ce soit et qu’elle qu’en soit la raison, ne peut se faire sans son accord. Il en va de même pour accorder l’immortalité. Si un dieu peut donner l’éternelle jeunesse, l’immunité aux armes, aux maladies ou aux sorts, seul Canërgen peut purement et simplement donner l’immortalité, en ôtant la bougie de la fameuse salle close. Mais si l’immortalité est retirée à cette personne, alors il remet la bougie en place. Quant aux personnes dont les dieux allongent l’espérance de vie, elles peuvent bien vivre des millénaires. Canërgen sait qu’un jour, leur flamme s’éteindra.

Pour les mortels, tout contact avec la mort ou un mort doit passer par Canërgen. S’il est possible d’invoquer l’esprit d’une personne défunte pour le magicien qui sait s’y prendre, il faut son accord pour ce faire. Bien entendu, Canërgen ne se déplace jamais en personne pour une telle invocation. Mais des runes demandant son accord doivent être impliquées dans le rituel, sans quoi celui-ci échoue, purement et simplement.
Il est à noter que pour entrer en contact avec une personne disparue aux enfers, ce n’est pas à Canërgen qu’il faut s’adresser, mais aux démons.

Dernière de ses nombreuses fonctions, Canërgen, en tant que seigneur des, est la némésis absolue des morts-vivants. Ses prêtres ont pour ordre de traquer et de détruire ces aberrations, qu’il s’agisse de vampires, de zombies, ou de toute autre espèce de mort sur Ryscior. La nécromancie est après tout une magie qui viole non seulement les lois de la nature, mais aussi les siennes, et qu’il considère comme une insulte personnelle jetée à sa face. Et toute insulte a vocation à être payée.

Canërgen ne participa pas à la chute des dieux, car son rôle ne pouvait cesser d’être tenu. Après tout, les gens continuèrent à mourir pendant ces quelques jours, pas vrai ?

Le culte de Canërgen

Quels sont les préceptes importants de ce culte ? Canërgen laisse ses prêtres choisir la façon dont ils le prêcheront, mais toujours, l’honneur dû aux morts et le fait de leur donner des funérailles convenables doit être au centre de leur conduite. C’est d’ailleurs les prêtres de Canërgen qui sont en charge des enterrements. Ils ont en outre pour fonction de lutter contre les morts quand ils approchent de leur ville.
Quelles sont les cérémonies importantes à leurs yeux ? Chaque fois qu’il y a des funérailles, c’est important pour les prêtres de Canërgen. Ils doivent s’assurer qu’elles soient bien organisées, que le mort soit bien veillé… Mais ils doivent aussi prononcer l’oraison du mort. Il s’agit d’un discours funèbre rendant hommage à ce qu’il fut et ce qu’il fit pour la communauté. Il est très mal vu de parler de ce que le mort fit de mal, dans une oraison.
Où peut-on les trouver ? Dans les villes, il y aura toujours au moins un prêtre sédentaire. Plus la ville sera grande, plus il y en aura. On les croise souvent avec des fossoyeurs, pour des raisons évidentes. Dans les campagnes, il y aura toujours des prêtres itinérants, allant de village en village, si ces derniers en sont dépourvus. Un prêtre peut ainsi gérer plusieurs villages à la fois, pour aller à chaque fois y faire les funérailles du décès. Peu importe, d’ailleurs, qu’elles soient faites des lunes après le décès ! Le macchabée doit avoir un tombeau convenable. Certains prêtres parcourent Ryscior tout entier, préférant se spécialiser dans la lutte contre les morts-vivants, délaissant leur ville d’origine.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? Jusqu’à il y a peu, c’était le temple de Vindex, capitale de Ram, qui tenait ce titre. Mais la ville de Jade Etincelante, capitale de l’Empire d’Ambre, grandissant toujours plus en taille, elle avait besoin de toujours plus de prêtres de Canërgen, qui se sont rassemblés en un seul temple. Ce dernier, situé hors-ville, se trouve sur un éperon rocheux surveillant la plaine dans laquelle est située la ville. On l’appelle le Mont-Tombe, et il contient désormais une abbaye à l’architecture gothique dont la réputation se fait à grande vitesse, tant elle est supposée être superbe. C’est désormais le plus grand temple dédié à Canërgen.
Comment rejoindre ce culte ? Il faut trouver un prêtre qui apprendra à l’apprenti à effectuer des oraisons adéquates. Il lui apprendra en outre, dans la mesure de ses propres connaissances, comment lutter contre les morts-vivants. Et finalement, selon les royaumes et les coutumes en place, il lui apprendra comment célébrer des funérailles correctes. C’est un apprentissage qui peut être long, mais au bout duquel le prêtre sera ordiné après qu’il ait pu faire sa première oraison seul.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non. A la fin, tous finissent pareil, après tout.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Oui, dans la mesure où certains prêtres de Canërgen, plutôt que de pratiquer les oraisons, et même s’ils se doivent de le faire s’il y a un mort dans un village de passage, préfèrent se spécialiser dans la lutte contre les morts-vivants. Ils rejoignent alors souvent des groupes d’aventuriers ou opèrent seuls, en groupes de prêtres. Ils combattent alors également les démons, mages noirs, et toutes sortes de créatures impies. Dans ce cas, chaque groupe aura sa hiérarchie. Il en va de même pour les regroupements de prêtres sédentarisés. Ces derniers ont d’ailleurs tendance à mépriser ceux qui ont pris la route, estimant qu’ils oublient leur fonction première. L’argument leur est souvent retourné.
Ce culte est-il populaire ? Très. Tout le monde a rendu au moins une fois un hommage à Canërgen pour qu’il accueille l’âme d’un proche.
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs fricotant un peu trop avec les démons, ils savent que Canërgen ne les porte pas dans son cœur…

Marina Ha’Hiz, élue de Canërgen


Au commencement étaient les flammes.
Un brasier monstrueux, qui détruisit une ville entière. Des milliers de vies furent perdues ce jour-là. Tout ça pour quoi ? Parce qu’un dragon estimait que sa colère avait été éveillée par la ville. Et il l’avait déchainée dessus. Des bâtiments vieux de plusieurs siècles, des millénaires même, disaient certaines histoires, avaient été réduits en cendres en quelques minutes par son souffle. Des milliers de vies, fauchées. Des gens qui n’avaient, en se levant, pas la moindre idée du point auquel cette journée serait différente pour eux. Pas la moindre idée du fait que cela serait leur dernière.
Marina, ce jour-là, perdit sa sœur jumelle, Maria. Elles étaient toutes les deux gladiatrices, très jeunes pour pratiquer ce métier, et se trouvaient dans un cirque quand l’attaque avait eu lieu. Elles avaient fui. Mais la porte était une herse, dont le mécanisme était endommagé par la chaleur. Une seule d’entre elles pouvait sortir, l’autre devait se sacrifier. Maria fit son choix, et Marina vécut avec la sensation d’avoir eu peur de laisser sa sœur vivre.

Elle s’enfuit à travers la ville, suivant Merveilleuse, une gladiatrice elfe du groupe. Elle aussi avait eu le temps de fuir. Marina lui en voulut stupidement, quelques temps, pour ce qu’elle avait fait. Mais qu’avait-elle fait au final ? Rien. Elle s’était juste enfuie sans penser aux jumelles. Elle avait sauvé sa peau. Avec le temps, Marina lui pardonnerait peu à peu, tout en gardant une certaine rancœur à son égard. Mais cela devait être une autre histoire.
Car elle parvint à sortir de la ville, avec d’autres gladiateurs, ainsi qu’Alid Ha’Hiz, l’entraineur, grâce à l’aide d’une étonnante magicienne pyromancienne. Cette dernière parvint à contenir toutes les flammes du dragon à la sortie de la ville, permettant au groupe de survivre. Mais celui-ci s’était vite séparé.
La raison de cette séparation était qu’Alid était un entraineur proche de ses gladiateurs. Et Marina étant une jeune fille, elle avait des amis parmi ces derniers. Aussi, les deux souhaitèrent, aussitôt que le brasier s’éteignit enfin, repartir en ville à la recherche d’autres survivants dans la troupe. C’était une importante troupe, de presque une centaine de gladiateurs. Ils n’étaient que trois, dont l’entraineur, à être sortis de la ville. Il y avait forcément d’autres survivants, pas vrai ?

Il n’y en avait pour ainsi dire presque aucun. De toute façon, la population entière avait été décimée, constatèrent-ils en revenant. Et les habitants qui avaient survécu n’avaient qu’une hâte, c’était de quitter cette ville maudite. Aussi, c’est un désert qu’ils explorèrent. Mais dans « presque aucun », il y avait la notion de presque qui était importante. Ils purent retrouver Borcha.
Ce dernier était un véritable colosse. De tous les gladiateurs de la troupe, il était celui qui avait le plus de force physique, mais aussi le plus grand et le plus massif. Dans les arènes, il combattait d’ailleurs à la main. Il était dans les ruines du cirque quand Alid et Marina le trouvèrent. Alid n’en crut pas ses yeux en le voyant. Marina, pour sa part, heureuse de revoir un visage connu, et qui leur souriait, se précipita dans ses bras. Elle ne fit même pas la grimace quand elle eut l’impression qu’il allait lui broyer les os en la serrant contre lui.

« Que cherches-tu, dans ces ruines, mon ami ? demanda Alid, l’euphorie des retrouvailles terminées.
-J’ai entendu une voix, là-dessous, dit-il. Je revenais pour fouiller après avoir sauvé mes miches, quand j’ai entendu un appel à l’aide. C’était une fille. J’essaye de soulever des pierres pour dégager, mais c’est long, et certaines sont dures. »

Ils s’y mirent donc à trois. Même si Alid, et encore moins Marina, n’étaient aussi fort que Borcha, ils pouvaient à tout le moins lui être d’une aide précieuse. Rapidement, ils entendirent la voix, étouffée. C’était effectivement une femme, à n’en pas douter. Marina fut gonflée par l’espoir qu’il s’agisse de sa sœur, Maria. Elle avait entendu dire que la pyromancienne, Renran ou quelque chose du genre, qui les avait sauvé, avait été envoyée ici par les dieux, ou quelque chose comme ça, pour Merveilleuse.
Cette salope qui tuait de sang froid même ses propres amis, et qui léchait ses lames quand elles étaient pleines du sang de ses meurtres ! Les dieux voulaient vraiment qu’elle vive ? Elle et pas une gamine comme sa sœur ? C’aurait été injuste de leur part. S’il y en avait une, de justice divine, c’était Maria sous ces pierres, elle en était désormais convaincue.

Le premier visage à apparaitre fut celui du maitre de la troupe. Celui qui les avait tous achetés sur les marchés aux esclaves. Celui qui se nourrissait grassement quand eux s’entretuaient, et comptait son argent quand eux comptaient leurs blessures. Elle lui sauta au visage, cherchant à l’étrangler. Il ne pouvait même pas lutter, car sa bouche était sèche, ses yeux maladifs et pleins de fièvre. Mais elle s’en fichait. Il fallut qu’Alid retienne son bras. Et elle se rappela que même si le maître vivait de leurs souffrances, il n’avait jamais été injuste avec eux. Il n’avait jamais demandé plus que ce que ses gladiateurs pouvaient offrir, sauf quand les sultans des différentes cités le lui avaient demandé. Elle se rappela même d’une fois où un homme adulte pour le coup, lui avait demandé de les envoyer toutes les deux, elle et Maria, pour passer la nuit chez lui. Peu importait le prix qu’il avait proposé, le Maître s’était montré inflexible, et avait refusé. Alors oui, il vivait de leurs souffrances, mais il était honnête dans la façon dont il les traitait. Elle observa autour. Il n’avait pas eu de chance. Les pierres lui étaient tombées dessus, et lui avait certainement brisé de nombreux os. Il était à l’agonie, clairement, et n’en avait tout au plus que pour quelques heures, encore. Il ne pouvait rien dire, mais dans un silence adapté à la circonstance, Alid, sachant ce qu’il fallait faire, abrégea ses souffrances. Puis ils reprisent leurs fouilles, cherchant la femme qui les appelait, et dont la voix se faisait plus proche.
Ce n’était pas Maria. C’était Beshka, la maquilleuse et marraine de la troupe. Borcha et Alid furent heureux aux larmes de la voir en vie, même si affamée et fiévreuse, elle aussi. Ils l’amenèrent vite au point d’eau qu’ils avaient trouvé, dans un parc de la ville, et là, purent assouvir sa soif, à défaut de sa faim. Alors que Borcha courrait se mettre en quête de nourriture, Alid parvint à parler à la maquilleuse. Car cette dernière n’avait pas seulement ce rôle. Ancienne gladiatrice, qui avait perdu l’usage d’une jambe et la moitié de son visage dans les combats, elle était devenue la doyenne de la troupe, leur gardienne, en même temps que leur maquilleuse. Son rôle était donc essentiel.

« Comment as-tu fait pour survivre ? demanda-t-il.
-De la chance, dit-elle d’une voix faible. On s’est trouvés enterrés sous une cavité, moi et le maître, même s’il en a eu moins que moi. Et après, de la chance que vous m’entendiez appeler à l’aide. »

Marina, de son côté, estimait que la chance était absente de toute cette tragédie. Où était donc la fameuse justice divine dont elle avait toujours entendu parler ? Quand cette salope de Merveilleuse vivait, et que Maria était morte, elle ? Elle aimait beaucoup Beshka, mais la voir en vie ne put la consoler, ni la départir de son sentiment d’injustice. Alors, tandis que les trois adultes dormaient, et qu’elle ne parvenait pas à trouver le sommeil, elle se tourna vers les étoiles.
Là, elle rejeta les dieux. De toutes ses forces de jeune fille de quinze tours, elle les maudit, les accusant de la mort de sa sœur, et d’Anita, et de Marius, et de tous les gladiateurs et honnêtes gens morts dans cette tragédie.

« Tout ça pour quoi ? gueula-telle. Pour une salope aux oreilles pointues ? Elle mérite pas qu’on fasse tous ces sacrifices pour elle ! Elle méritait juste les flammes, elle ! Et personne d’autre à sa place ! Mais vous, là-haut, depuis vos étoiles, vous avez jugé bon de la sauver ? Mais qu’est-ce que vous y connaissez à ce qui se passe ici-bas ? Vos prêtres nous promettent les enfers si nous sommes mauvais et vos palais si nous sommes bons, moi je sais ce que je vais vous dire ! Je préfère largement tenter les enfers plutôt que d’aller me vautrer dans vos fauteuils d’où vous vous permettez de juger de qui est bon ou pas ! C’est injuste !
« Maudite sois-tu, déesse quelconque du destin, qui décide que des gens qui n’ont rien fait doivent finir comme ça ! Maudit sois-tu, dieu du feu et du soleil, qui a regardé ce massacre par ta fenêtre ! Maudite sois-tu, divinité de la mort, qui prend les vies sans se soucier des autres !
« Et maudis sois-tu particulièrement, Canërgen ! Oui, toi je connais ton nom, engeance de putain ! Tous les gladiateurs te connaissent, parce qu’apparemment, c’est toi qui nous accueille ? Est-ce que tu ne peux rien faire pour te soucier un peu de ceux qui dédient leur vie à t’envoyer des âmes ? Et tu les envoies en enfer, peut-être, eux ?
« Je vais vous dire ce que je vais faire, moi ! Je vais continuer à me battre. Et je vais me battre pour réparer vos injustices ! Vos dragons, je les abattrai ! Vos prêtres, je leur cracherai au visage ! Puisque vous n’êtes pas capables de protéger les innocents des démons, ou des morts, c’est tout pareil, je les abattrai de mes propres mains ! Ah elle est belle la justice divine ! Elle n’existe pas, voilà la vérité ! Alors il faut bien que des mortels jouent votre rôle, pas vrai ? »

Elle hurlait, les larmes aux yeux, à présent. Selon les moments, elle pointait un doigt accusateur vers le ciel ou un point rageur. Sa diatribe continua jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de voix, à force de crier. Elle s’effondra alors à genoux. Ces serments, ces malédictions, rien de tout cela n’avait été prononcé comme des paroles en l’air. Elle en était certaine. C’est alors qu’elle remarqua un vieil homme, assis sur les ruines d’une maison, en face de lui. Il semblait calme, mais dangereux. Il était vêtu d’une armure lourde et noire.

« Tu veux rendre justice à ma place, et protéger le monde des horreurs qui le menacent à ma place ? Qu’il en soit ainsi. Mais si tu veux le faire, tu auras besoin de pouvoirs que tu n’as pas, et de temps que tu n’as pas. Je les donne. Nous nous reparlerons un jour, sans doute, élue divine. Tu es devenue ainsi en me maudissant. Amusant, non ? Le jour où tu seras Marina Ha’Hiz, tueuse de dragons, nous nous reparlerons. Je suis certain que tu auras une vision du monde différente ce jour-là. Mais tu as un potentiel immense, ne le gâche pas. »

Marina devint Marina Ha’Hiz rapidement, quand Alid décida de la faire passer pour sa fille auprès des populations, afin qu’aucune question ne soit posée. Beshka fut choisie pour jouer le rôle de la mère, et Borcha, un ami de la famille. Cela convenait à Marina, qui aimait bien les trois gladiateurs. Mais ce qu’elle n’aimait pas, c’était leur projet de devenir d’honnêtes maitres d’armes à Vindex, la capitale de Ram. Cinq tours plus tard, alors que tous étaient étonnés qu’elle ait souhaité continuer à s’entrianer au combattre, sans continuer à vieillir, elle décida de les quitter.

« Si tu souhaites nous trouver, dit Beshka, tu sais exactement où nous sommes. Nous ne vivons pas une vie facile pour toi, et elle ne te plait pas, mais tu seras toujours la bienvenue parmi nous. Sache-le.
-Accomplis ton destin, ma fille, dit Alid, seul de la famille à l’appeler ainsi. Je suis heureux de t’avoir connue, mais je comprends que tu ne puisses plus rester avec nous. Je sais ce que tu veux faire. Je ne peux hélas pas te retenir. Mais ne te fais pas tuer, je t’en supplie.
-Au revoir, petite, dit simplement Borcha. »

Cette famille était tout ce qu’elle avait eu pendant cinq tours, après la perte de sa sœur et du cirque. A présent, Marina Ha’Hiz n’a plus que ses armes. Et la rage au ventre. Elle n’est bien sûr pas encore Marina Ha’Hiz, la tueuse de dragons. Mais son nom commence déjà à être connue, comme celui d’une femme qui veut faire ce qui est juste, et protéger les gens de Ryscior de toutes sortes d’abominations. Elle fera, Dortan Giger, qui l’a rencontrée, une grande élue, si elle peut survivre au début de sa carrière.
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 13 Oct 2017 - 14:00

Lothÿe


Les flammes, la lumière, le soleil

Caractère et attributions

Des cinq Gardiens de l’Ordre, Lothÿe est à n’en pas douter le plus destructeur. Il est également peut-être le plus important pour l’équilibre du plan matériel des choses. Mais il ne faut pas se laisser tromper par sa capacité de destruction. Il n’est ni borné, ni stupide, et ne détruit pas pour le plaisir. Ce sont plus ses fonctions et ses pouvoirs qui font de lui ce qu’il est.
Car ses affectations sont la lumière, le soleil et le feu. Chacun des trois représente une facette différente de sa personnalité autant que de son dogme.

Ainsi, en tant que dieu de la lumière et du soleil, Lothÿe est considéré comme un véritable ami des dieux de la nature dans leur ensemble, et particulièrement d’Elye, car ne dit-on pas que l’aube éveille la vie dans la nature ?
Ces attributs font également que beaucoup de mortels l’associent à la vérité. Car là où il y a du soleil, la lumière est présente, il n’y a pas d’obscurité, et on ne peut pas cacher ses actions. Et de fait, aucune action ne peut être cachée à Lothÿe, car depuis le soleil, son trône, il observe Ryscior, et lorsqu’il fait jour, rien de ce que les mortels font ne peut échapper à son regard. Il n’est possible de se cacher de lui que lorsque la nuit tombe.

C’est là qu’intervient la deuxième fonction de Lothÿe, le feu. Car si la nuit, on peut échapper à son regard, il est également présent dans les flammes, et on dit que tous les feux que l’on allume, toutes les torches que l’on embrase, toutes les bougies allumées sont autant de fenêtres sur le monde que possède le dieu du feu.
Mais le feu peut également être incroyablement destructeur s’il n’est pas maitrisé. C’est pour cela que Lothÿe, vraiment, est le plus destructeur des Gardiens de l’Ordre. Il ne possède pas seulement la parfaite maitrise du feu, il est le feu. Et le feu est une arme universellement crainte, qui dévore tout sur son passage. Sans y penser, il peut allumer un braisier que rien ne pourra éteindre. Rien qu’en levant le bras, il pourrait étouffer toutes les flammes de Ryscior.
Mais si Lothÿe est un ami des divinités de la nature, de par sa fonction de dieu du soleil et de la lumière. Il est pleinement conscient de ce que ses pouvoirs pourraient déclencher, c’est pourquoi il intervient paradoxalement très peu dans les affaires des mortels.

En tant que dieu de la lumière, il est bien sûr un ennemi des créatures de la nuit, celles qui ne peuvent sortir en plein jour. C’est d’ailleurs lui qui, à la demande de Canërgen, maudit les vampires, les condamnant à brûler s’ils devaient marcher dans sa lumière.

Le culte de Lothÿe

Remarque importante : le culte de Lothÿe est divisé en deux. Ceux qui le vénèrent comme le dieu du soleil et de la lumière, et ceux qui le vénèrent comme le dieu du feu. Les deux clergés s’accusent mutuellement de vénérer un autre dieu que Lothÿe. On parle de l’ordre de la flamme et de l’ordre lumineux. Seuls les elfes blancs le vénèrent pour toutes ses fonctions.

L’ordre de la flamme

Quels sont les préceptes de cet ordre ? Le feu est destructeur. Lothÿe, seigneur des flammes, l’utilise comme armes pour vous protéger des horreurs de la nuit. Lothÿe est un dieu protecteur, un gardien vigilant qui veille constamment sur chacun de nous. Il convient de l’aider dans sa tâche en traquant les créatures de la nuit et en les éliminant.
Quels sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? La cérémonie de la voie ardente est particulièrement importante à leurs yeux. Il s’agit du rite d’initiation d’un prêtre : traverser pieds nus un tapis de braises chaudes. Pour le reste, allumer un feu est en soit un acte sacré à leurs yeux, donc un moyen de rendre grâce à Lothÿe.
Où peut-on trouver les membres de ce culte ? Ces prêtres sont des combattants qui passent leur vie sur la route, souvent accompagnés de mages rouges. On peut donc les trouver sur toutes les routes du continent.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? L’ordre de la flamme n’a pas de temple à proprement parler. Tous ses représentants ont avec eux quelques objets saints, et se considèrent eux-mêmes comme des petits temples ambulants.
Comment rejoindre ce culte ? Pour rejoindre l’ordre de la flamme, il est nécessaire de combattre le mal à leurs côtés pendant plusieurs tours. Dans ce cas, il y a une formation continue à la foi de Lothÿe par les prêtres, et le candidat finit par rejoindre leurs rangs lorsque ces derniers l’en estiment digne.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Il fut un temps où l’ordre de la flamme refusait les femmes. Mais Cassandra Renrin étant une élue, et une femme, bien proche de cet ordre, il ont été contraints et forcé de les accepter.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Oui ! Ce culte est très hiérarchisé. Les groupes de prêtres de l’ordre la flamme ne sont pas des groupes faits au hasard. Il y a trois rangs. Le prêtre, qui est le rang le plus bas, l’abbé qui sont plus ou moins les officiers du groupe, et l’archidiacre, le chef du groupe. Les laïcs qui les accompagnent sont considérés comme inférieurs aux prêtres et peuvent mettre en place leur propre hiérarchie, mais le plus haut rang parmi les laïcs sera toujours inférieur au rang de prêtre.
Ce culte est-il populaire ? Plutôt, car il protège contre bien des horreurs.
Quid des autres races ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ne voient pas l’intérêt de dévouer leur vie à Lothÿe, mais ils apprécient toujours les sorciers rouges.

L’ordre lumineux

Quels sont les préceptes de ce culte ? Lothÿe est une source de vie et de chaleur. Il faut sa lumière pour que les plantes puissent grandir.
Quels sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Ces prêtres choisissent de prier lorsque le soleil se lève ou se couche, et la date d’anniversaire du grand prêtre de chaque temple détermine un jour saint pour ses adeptes.
Où peut-on trouver les membres de ce culte ? Ces prêtres se trouvent généralement en compagnie des prêtres d’Elye, et partagent leurs temples. On les trouve en grand nombre dans le royaume de Tahar, où la lumière du soleil brille de mille feux le jour.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? Le plus grand temple de l’ordre lumineux est un temple se trouvant dans la cité de Tahar, capitale du royaume du même nom.
Comment rejoindre ce culte ? Rejoindre l’ordre lumineux nécessite de trouver un temple dudit ordre, et de suivre un apprentissage théologique et philosophique de cinq tours afin d’être accepté en tant que prêtre de la lumière à part entière.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Oui ! L’ordre lumineux, contrairement à l’ordre de la flamme, n’a pas eu la chance d’avoir Cassandra Renrin pour changer ses opinions. D’aussi loin que cet ordre soit concerné, les femmes doivent se consacrer à Elye, les hommes à Lothÿe.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Là encore, ce clergé est très hiérarchisé. Les prêtres lumineux sont tous soumis aux évêques, eux-mêmes soumis à l’archidiacre du culte lumineux. Quand il n’y a ni évêque ni archidiacre dans un temple, l’un des prêtres de ce dernier est élu grand-prêtre. Une telle élection se fait à vie et il devient alors le chef du temple. Les évêques sont tous d’anciens grands-prêtre, et l’archidiacre, seul sur le continent, et se trouvant actuellement dans le temple de Tahar, est toujours un ancien évêque, élu par une assemblée de ces derniers. C’est lui qui fait des grands-prêtres des évêques.
Quid du culte des faces à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ne comprennent pas pourquoi devraient-ils respecter le dieu de la lumière.

Cassandra Renrin, dite Demoiselle Renrin, élue de Lothÿe


Il y avait des siècles de cela, l’Empire d’Ambre était éclaté en royaumes, principautés, villes et villages par dizaines, qui tous avaient leurs propres lois. Bien avant qu’il ne soit uni, ces villes et villages étaient fréquemment en conflit, et même si elles devaient souvent s’unir contre un ennemi commun, comme les peaux-vertes, les combats entre communautés n’étaient pas rares. Cependant, les amitiés entre membres de différentes communautés l’étaient encore moins.
Cependant, certaines villes ou villages pouvaient être épargnées par de telles ententes ou mésententes. Cela pouvait aussi bien être lié à leur attitude qu’à leur situation géographique. C’était par exemple le cas de la Cité du Rubis Flamboyant, disparue aujourd’hui, et dont les terres se trouvaient sur l’actuelle Terres des Lézards. Cette dernière était bien trop occupée à survivre pour se mêler des affaires des autres.
Il faut en effet bien se rendre compte qu’auparavant, les territoires occupés par la cité et sa campagne étaient recouverts par la jungle, et appartenaient à une tribu d’amazones. Le temps passant, la jungle fut abattue, et les amazones, qui refusaient de céder une seule once de leur territoire, furent tuées jusqu’à la dernière. Depuis, une cité entourée de champs a poussé à cet endroit. Mais la destruction qu’elle avait amenée avec elle ne calma pas les forces de la Jungle, loin de là !
Il fallait arracher les pousses d’arbres inutiles qui surgissent soudain au milieu des champs, mais pire encore, la garde de la cité devait en permanence patrouiller de peur que des lézards géants de la jungle, ou autres fauves qui l’habitent, où la tribu d’amazones voisine n’attaquent et n’essayent de tuer les fermiers. C’était un enjeu de tous les instants, un conflit permanent.

C’est dans ce climat de survie de tous les instants que naquit Cassandra Renrin, dont la destinée devait être exceptionnelle. Son père avait été, des mois avant sa naissance, tué par un raid des amazones, alors qu’il patrouillait avec ses frères d’armes de la milice. Sa mère, qui était fermière, avait choisi de l’éduquer seule. La jeune fille grandit dans ce climat, et tout indiquait qu’elle deviendrait fermière à son tour, car dans cette ville, ceux et celles qui n’étaient pas soldats étaient fermiers. La nature n’ayant pas renoncé à ses droits, il pleuvait tous les jours sur la jungle, et le soleil ne se montrait que trop peu au gout de la jeune fille.
Un jour qu’elle rentrait des champs, âgée de seize tours, elle croisa une étrange femme brune, enveloppée dans un manteau rouge, et portant une fleur rose dans les cheveux. Son visage était maquillé, et elle portait un sabre comme la jeune fille n’en avait jamais vu à la ceinture. Tout dans son maintien indiquait qu’il s’agissait d’une femme de la noblesse, aussi la jeune fille s’inclina-t-elle sur son passage, et lui adressa le salut destiné aux nobles dames. Elle s’apprêtait déjà à se relever et reprendre sa route, s’attendant à ne pas recevoir de réponse, comme elle y était habituée, quand elle entendit la femme qui lui répondait.

« Relève-toi, jeune fille. Je ne suis pas une noble dame, je ne suis qu’une riche paysanne. »

Pour le coup Renrin crut à une blague. La femme ignorait-elle que dans la Cité, être riche signifiait appartenir à la noblesse ? Elle comprit alors. La femme devait être une étrangère. La Cité du Rubis Flamboyant était loin de tout. Elle offrait un excellent refuge aux criminels des villes et villages de tout le territoire qui deviendrait un jour l’Empire d’Ambre.

« Tu dois être étrangère alors, dit Cassandra. Bon, j’me suis trompée. A une aut’fois.
-Un instant jeune fille, répondit l’étrangère. Je suis à la recherche de quelqu’un en ville, et je ne connais personne. Peux-tu m’aider à…
-Ah, t’es chasseuse de primes. On en voit souvent des comme toi ici, vu qu’vos proies viennent souvent. J’traine pas dans ces affaires moi, c’est un coup à s’retrouver du mauvais côté d’une d’vos armes. Désolée.
-Je comprends ta crainte, jeune fille. Je payerais pour ces renseignements. Qu’en dis-tu ?
-Montre-moi d’abord la couleur de ton argent, j’te répondrais après. »

L’étrangère sortit d’une bourse qui pendait à sa ceinture cinq pièces qu’elle posa dans la main de Cassandra. Cette dernière fut surprise par leur poids. Les pièces d’argent ne coutaient pas aussi cher d’habitude. Elle ouvrit sa main pour les contempler, et comprit. Ce n’étaient pas des pièces d’argent, mais ces pièces d’or que l’étrangère lui avait données.

« Bon, j’ai vu la couleur, répondit-elle, incrédule. J’sais pas si j’ai vu ta proie par contre.
-Il s’agit d’une femme, répondit l’étrangère. Elle me ressemble assez fortement. Elle est souvent vêtue d’un manteau noir, et porte un sabre semblable au miens, à ceci près que sa poignée figure des crânes non humains.
-Jamais vue, répondit Cassandra.
-Merci bien jeune fille. Garde la monnaie, je continuerais seule ma traque.
-D’accord, mais m’dame l’étrangère, juste parc’que j’veux pas qu’t’aies dépensé ton or pour rien, évite de l’montrer. Y’a pas mal d’gens qu’ça rendrait fou ici rien qu’à le voir.
-Je prends note de ton avertissement, répondit l’étrangère. Mais rassure-toi, le jour où de simples tire-laines pourront me mettre en danger est encore loin. »

L’étrangère s’éloigna sur ces mots. Cassandra Renrin doutait qu’elle trouve sa proie dans cette cité, car les anciens criminels y étaient nombreux, aussi tout le monde protégeait-il tout le monde. Quant à l’étrangère, elle ne doutait pas qu’on la retrouve le lendemain la gorge ouverte et la bourse disparue au fin fond d’une ruelle. Ce n’était pas son problème. Elle avait gagné plus d’argent qu’elle n’en avait jamais possédé pour rien.

Dès le lendemain cependant, elle était de retour dans les champs. Elle avait caché l’or, et n’en avait parlé à personne, car elle savait bien que cela se retournerais inévitablement sur elle. Elle était occupée à labourer le champ quand elle entendit des cris. Elle était habituée après seize ans, car ces cris, sans être banals, étaient connus de tous. C’étaient des cris de guerre amazones. Elle était loin de la lisière de la forêt, elle avait donc tout le temps qu’elle voulait pour se réfugier à l’abri de la ville, d’autant plus qu’on était à la période du labour. Lorsque les cultures étaient hautes, les amazones pouvaient se cacher dedans et déclencher l’attaque à l’endroit qu’elles souhaitaient. Dans cette période, il n’y avait nulle part où se cacher. Elles jaillissaient directement de l’orée de la forêt, mettant en danger les quelques fermiers trop proches, mais épargnant les autres.
Cassandra vit en outre que la garde avait très vite réagit et envoyait déjà plusieurs régiments au combat. Les amazones étaient à peine sorties de la forêt quand ces gardes la dépassèrent. Alors, Cassandra retourna à son travail. Le combat serait vite réglé, et elle ne serait pas menacée même en restant ici. Elle vit cependant une cohorte de fermiers en fuite courir vers la ville. Elle savait très bien ce qu’il en était. Ils avaient vu que le combat se règleraient vite, mais prenaient l’attaque comme excuse pour aller passer un moment à la taverne. Et de fait, à peine ces faux fuyards étaient-ils à l’abri des murs que déjà, la rumeur de combat s’éteignait. Renrin vit bientôt passer une charrette contenant des cadavres féminins. Les amazones seraient enterrées dans les champs de ceux qui seraient assez riches pour payer l’un des cadavres, afin de nourrir la terre de leurs champs. Elle prit le temps de réfléchir. Avec une seule pièce d’or, elle pourrait avoir plusieurs cadavres, même si un seul suffisait. Elle résolut de demander à un changeur de transformer une pièce en argent, pour se payer un seul cadavre, puis retourna à son travail.

Elle entendit bientôt les faux fuyards revenir, plaisantant entre eux au sujet de la vitesse du combat qui avait eu lieu, et chantant à la gloire des soldats. Elle n’y porta pas attention et continua à travailler son champ quand elle sentit une main sur son épaule. C’était l’étrangère d’hier.

« Tu m’veux quoi cette fois ? demanda Cassandra sans préambule.
-Bien le bonjour à toi aussi jeune fille. J’ai vu ma … proie tout à l’heure, mais elle s’est déguisée en fermier pour se mêler à eux tandis qu’ils repartaient.
-Et tu veux qu’j’t’aide à la repérer hein ? J’suis pas folle. J’ai dit qu’j’me mêlais pas de vos histoires.
-Au risque d’éveiller ta colère, elle m’aura sans doute vue avec toi. Tu es mêlée à mon histoire, que tu le veuilles ou non, car elle pourrait te considérer comme une menace.
-De quoi ? Eh mais t’es pas contente de m’foutre dans la merde en m’balançant d’lor alors qu’je vois jamais d’argent vrai, tu t’affiches avec moi pour m’faire tuer maint’nant ?
-Je n’ai pas cette intention, mais j’ai réellement besoin de ton aide. Si tu me la donnes, tout sera terminée le plus rapidement possible, tu ne crois pas ? »

Cassandra dut se ranger à l’argument, et fit cependant savoir qu’elle allait terminer sa journée avant de l’aider. L’étrangère choisit de salir ses mains et son beau manteau pour l’aider, de sorte qu’à deux, et en ajoutant le fait que Cassandra ait travaillé alors que plus personne n’était là, elles eurent fini très vite. Aussi se mirent-elles à marcher sur le sentier, entre les champs. Cassandra saluait tout le monde, espérant bien trouver vite la proie de la chasseuse de primes, car elle n’aimait pas s’afficher ainsi avec une étrangère.

« On s’rapproche trop d’la jungle, dit-elle soudain.
-Que veux-tu dire ?
-On s’rapproche trop d’la jungle, c’est juste ça. J’aime pas être si près de la lisière. Si y’a quoi que ce soit qui en sort, on est mortes.
-Si des femmes guerrières comme celles de tout à l’heure en sortent, elles gouteront à ma lame avant d’avoir fait couler ton sang, je t’en fais le serment. Et il en va de même si c’est un lézard géant.
-Mais oui bien sûr, j’y… commença Cassandra. »

Elle ne put jamais finir sa phrase, car soudain elle vit une femme qu’elle n’avait jamais vu courir en direction de la ville. Elle n’eut pas besoin de le dire à l’étrangère, qui déjà avait saisi son sabre et précipitait vers la femme en question. Cette dernière sortit un sabre de dessous sa chemise, à la poignée garnie de crânes, et un combat féroce s’engagea. Tout le monde s’était interrompu pour l’observer, et soudain la proie rompit le combat se précipita vers Cassandra. Elle l’attrapa et la maitrisa bien vite, lui mettant sa lame sous la gorge. « Que des emmerdes, songea Cassandra. »

« Ma sœur, dit soudain la proie, je te suggère de poser ton arme, si tu ne veux pas que je fasse des ennuis à ta nouvelle amie… »

L’étrangère tenait son sabre. Cassandra connaissait les chasseurs de primes. Sans pitié d’aucune sorte. Mais pire encore, celle-ci pourchassait sa propre sœur. Ces gens-là étaient des fanatiques, elle le savait. Elle pouvait dire adieu à sa vie. Elle eut brusquement envie de pleurer. C’était injuste. Pourquoi Finil l’avait-elle choisi elle pour mourir comme ça ? Il y avait certes des morts pires quand on vivait à la lisière de la jungle, mais elle si tôt ? C’était plus qu’elle ne pouvait en supporter. Son abattement se changea en colère, une colère sans nom. Elle sentit brusquement comme un frisson qui parcourut tout sans corps, comme si elle pouvait sentir le sang dans ses veines. Puis soudain, elle sentit un vent chaud qu’elle n’avait pas senti jusqu’à maintenant. Il était agréable. Elle le laissa l’entourer, pensant qu’au moins si elle mourrait ce serait dans de bonnes… La pensée de la mort la ramena à son état d’esprit initial. Cette douce sensation, elle n’en voulait pas. Elle voulait vivre. Elle voulait que cette maudite la lâche, et maintenant.
Nul ne comprit ce qui s’était passé. On disait que les mages, lorsque leur pouvoir faisait surface, étaient des dangers publics, car une émotion violente suffisait à le libérer. Et c’est ce qui se passa. La colère de la jeune fille se mua en flammes tourbillonnantes qui l’enveloppèrent soudain. Tous savaient qu’ils seraient morts dans de telles conditions, mais l’étrangère qui la tenait prisonnière en réchappa, et s’enfuit à toute jambe, laissant Cassandra Renrin s’évanouir.

Beaucoup s’avancèrent pour la relever. Ils étaient un peu craintifs. Les flammes avaient disparues, mais pouvaient réapparaitre. Cependant, la première à l’atteindre fut la chasseuse de primes, qui la prit dans ses bras, et la souleva du sol. Elle remarqua alors les regards hostiles qu’on lui jetait, et comprit. Elle n’avait jamais été la bienvenue dans cette ville, car les criminels qui la peuplaient protégeaient leurs semblables. Mais maintenant, c’était pire encore. Les gens allaient très vite la chasser d’ici. Ainsi que la jeune fille. Car même si les mages étaient respectés dans ces terres, c’était la première fois que ces gens voyaient une magicienne être aussi dangereuse dès son premier sort. Il fallait l’emmener loin d’ici le plus vite possible, où elle subirait les conséquences de cette superstition idiote.
Ainsi Cassandra Renrin quitta la cité dans laquelle elle aurait toujours cru vivre, et fut emmenée à la Cité de Jade Etincelante, où elle apprit à utiliser son pouvoir. Très vite, elle devint élémentaire du feu, manifestant une rare maitrise de cette magie, et un amour pour Lothÿe qui dépassait tout ce que ses maitres auraient crus. Lorsqu’ils l’interrogeaient à son sujet, elle expliquait que c’était sa magie qui lui avait sauvé la vie après tout, elle devait lui en être reconnaissante. En outre, les chauds rayons porteurs de vie de son trône permettaient aux cultures de grandir, et même si son éducation était peu à peu refaite, Cassandra gardait des origines paysannes, comme ne cessait de le rappeler la femme qui l’avait amenée ici, qui en fait de chasseuse de primes était une servante d’Ohiel, appelée Akemi Hime. Cassandra fut étonnée de constater que tous dans la Ville de Jade Etincelante semblaient la connaitre depuis des années, alors qu’elle n’avait apparemment pas plus de vingt-cinq tours. Akemi répondit à cela que tout le monde avait ses secrets.

Akemi fut d’ailleurs très vite sa confidente. Dans cet environnement nouveau, Cassandra était tout de même perdue, et beaucoup d’autres élèves, comme des maîtres, avaient tendance à la brimer à cause de ses origines paysannes, peu importait son talent. Mais Akemi fut toujours là pour elle. Pour recueillir ses peines et ses colères. Cassandra se mit de plus en plus à voir en elle plus qu’une amie. Une sœur ? Elle n’en avait jamais eue. Et Akemi semblait avoir perdu la sienne, donc… Elle ne lui en dit rien, mais aimait à imaginer qu’Akemi Hime se faisait les mêmes idées.

Une fois devenue élémentaire, Cassandra se fit très vite appelée « Demoiselle Renrin », car elle avait acquis entre-temps des manières bien plus distinguées, et se comportait même comme une femme de la très haute noblesse. Nul ne doutait qu’elle deviendrait membre du conseil de la ville par la suite, mais le destin en voulut autrement.

Un jour qu’elle s’entrainait, seule, à la maitrise de sa magie, elle vit les flammes qu’elle avait invoquées s’allonger et prendre forme humaine peu à peu. Elle essaya de les révoquer, car elle savait que la magie du feu, si elle échappait à tout contrôle, pouvait s’avérer dévastatrice, mais rien n’y fit. Peu à peu, les flammes dessinèrent un homme aux cheveux noirs, vêtus d’une robe orange. Cassandra eut un instant de frayeur, ne parvenant pas à comprendre pourquoi ses flammes avaient-elles pris la forme de son dieu d’allégeance, Lothÿe.

« Eh bien Cassandra, ou plutôt Demoiselle Renrin, puisque tu te fais à présent appeler ainsi. Tu es plus bavarde lorsque tu es devant une de mes représentations, dit alors Lothÿe. Serais-tu devenue muette depuis la dernière fois ?
-Je… Je… Je suis désolé messire, je ne souhaitais pas vous offenser ! s’excusa-t-elle en s’inclinant, face contre terre.
-A vrai dire, tu ne me déranges pas. J’ai une mission à te proposer, si tu en veux bien cela va de soi.
-Je suis une élémentaire de feu, répondit-elle. Je n’ai pas à refuser un de vos ordres.
-C’est bien plus complexe que cela, répondit Lothÿe. Je te demande d’être ma représentante parmi les mortels. Bien sûr, tu es déjà une élémentaire, tu me représentes, mais je te demande d’être plus encore. De tous les mortels, tu serais celle qui est le mieux placée pour répandre ma parole. C’est une mission difficile, car elle impliquera pour toi l’éternelle jeunesse, et donc voir le monde changer en permanence autour de toi. Et en outre, il ne faudra jamais me décevoir, car je ne peux pas laisser ma représentante faire n’importe quoi. Comprends-tu ?
-Je… Seigneur, me proposez-vous d’être votre élue ?
-C’est exactement cela, répondit Lothÿe. N’oublie pas que je vois tout depuis le soleil, et même si je regardais ailleurs à ce moment-là, ta petite démonstration à la lisière de la jungle, il y a cinq ou six ans, m’a plutôt impressionné. Tu as un pouvoir inné rare, et tu as très vite appris à le maitriser. Tu m’es reconnaissante pour ce pouvoir, mais ce n’est pas moi qui en suis responsable. Ceci dit puisque tu me proposes d’être à mon service, je te fais cette offre, car ton talent t’en donne le plein potentiel. Tu as compris la nature du feu, et c’est ce que j’attends d’un élu. »

Cassandra a aujourd’hui cent trente-deux tours. Elle vit depuis toujours dans l’Empire d’Ambre, où le nom de Demoiselle Renrin est aussi connu que respecté. Elle est revenue récemment d’un voyage dans la lointaine Albion, où elle avait accompagné le capitaine Théoden, l’élu d’Ariel. Mais elle est désormais … Différente d’avant. Même si elle garde le sourire et la bonne humeur, il est évident pour tous qu’elle a vécu quelque chose là-bas, quelque chose de dramatique.


Ohiel


La justice

Caractère et attributions

Droit et fier, estimé par tous, qu’ils soient bons ou mauvais, car toujours équitable dans ses décisions, Ohiel est le dieu de la justice. Estimé par tous, qu’ils soient bons ou mauvais ? Mais c’est que la justice est universelle. Même les sociétés les plus barbaresques se doivent d’avoir un système judiciaire pour tenir debout, même si ce système est une façade pour masque le chaos qui règne en maître.
Pour autant, si les mortels respectent ce qu’Ohiel représente, ses opinions sont un peu plus dérangeantes, même dans les royaumes dits les plus civilisés. Ohiel ne se souciant pas de la position des mortels réclame par exemple un égal accès à la justice, les mêmes droits pour tous, l’égalité devant la loi… Car après tout, dans l’infinité du temps, tous les mortels sont les mêmes, au final.

A l’époque des Anciens, il était simple pour Ohiel de rendre la justice, car l’harmonie régnait alors sur Ryscior. Mais depuis, la banalisation de la criminalité a rendu toute objectivité totale dans la justice impossible. Ohiel a alors dû accepter de modifier ses opinions, et de prendre en compte des critères purement subjectifs. Peut-il condamner quelqu’un qui a volé pour nourrir sa famille mourant de faim de la même façon que quelqu’un qui a volé la même somme d’argent dans le seul but de s’enrichir ? Ohiel est chaque jour confronté à ce genre de questions, et tranche de la façon la plus juste possible.
Bon nombre de fidèles affirment que lorsqu’Ohiel rend une décision, alors à cette situation précise, le châtiment comme la bénédiction étaient les plus adaptés. Mais plus nombreux encore, ses adversaires remettent en cause cette affirmation. Parce qu’il serait dieu de la justice, ses décisions seraient toujours les meilleures ? Remettrait-on la justice du monde entier entre les mains d’un seul être ?
Et pourtant… Ohiel lui-même comprend l’argument de ses adversaires. Qu’un seul être puisse dicter la loi n’est pas juste, et il le sait. Il essaye au maximum de confronter les points de vue pour compenser cela. Selon les dires d’Antescior, qui n’hésite pas à se dire son ami, « Bien que ses décisions soient, et cela est incontestable, les plus justes qu’il soit possible de prendre, les mortels lui reprochent d’être seul à rendre la justice divine. Mais même s’il était possible, ce que je ne pense pas, de lui reprocher de ne pas être objectif et neutre, nul ne pourra lui reprocher de ne pas être honnête. ».

En tant que dieu de la justice, Ohiel représente la procédure juridique à lui seul. Quand les mortels sont informés d’un crime, il y a une enquête, un jugement, l’exécution de ce jugement. Toutes ces phases de la justice sont sous la responsabilité d’Ohiel, et les juristes comme les gardes des cités qui font régner l’ordre dans les rues des villes, comme les seigneurs qui rendent justice sous des arbres, sont même sans le savoir ou le vouloir ses représentants.
Ohiel est aussi représenté comme quelqu’un prêt à prendre les armes pour s’assurer que le bon droit et la justice soient toujours respectés. Il est donc souvent représenté comme un chevalier qui avance, épée à la main, à la recherche de toutes les personnes s’étant rendues coupables de crimes dans le monde. Et les légendes disent qu’il les trouve tous. Aucune statue ne figure son visage, car on dit qu’il n’en a pas. La justice ne peut pas être associée à une race, ou un sexe, ou quoi que ce soit de distinctif. Ohiel est universel. Son seul signe distinctif est son tabard bleu, couleur logiquement associée à son culte.

Ohiel se bat effectivement avec une lame, qui lui sert à trancher tous les litiges qui lui sont présentés. Il eut un rôle particulier dans la chute des dieux. Car les conflits entre divinités, mais aussi les lois régissant les liens entre divinités et mortels lui revenaient. Mais pouvait-il être juge et justiciable potentiel à la fois ? C’était impensable pour lui. Voilà pourquoi il créa le Juge, qui n’aurait d’autre objectif que de trancher les litiges concernant les lois divines. Le Juge l’assigna à la défense des plans divins pendant que les dieux se rendaient sur Ryscior, car les démons allaient à n’en pas douter profiter de l’occasion pour attaquer. C’est ce qu’ils firent, mais Ohiel tient bon. Grièvement blessé durant cette bataille, il fut soigné par Atÿe, puis rejoignit son tribunal.

Le culte d’Ohiel

Remarque importante : Les prêtres et prêtresses d’Ohiel sont nommés les paladins, et en fait de robes ou de bures, portent de lourdes armures et prennent les armes contre l’injustice.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les préceptes des paladins d’Ohiel sont cinq commandements laissés, disent-ils, par ce dernier. Ces cinq commandements disent que celui qui se rend coupable de déni de justice en refusant de la rendre est un criminel ; que riche ou pauvre, peu importe sa race, sa nation ou son sexe, tous doivent avoir un égal recours à la justice ; que la justice est gratuite, et que monnayer les services d’un paladin est criminel ; que la justice rendue par les paladins doit être la même quoi qu’il arrive ; et enfin, que le paladin doit faire reculer le mal par tous les moyens possibles, car c’est en lui que se trouvent les plus profondes injustices.
Quelles sont les cérémonies importantes de ce culte ? Les paladins n’ont ni jour sacré, ni grande fête. Ils prient en revanche beaucoup afin d’obtenir d’Ohiel la sagesse nécessaire pour trancher les litiges. Ils sont en effet là avant tout pour rendre justice.
Où peut-on les trouver ? La plupart des paladins d’Ohiel sont des gens itinérants, qui n’ont pas de temples ou d’églises. On les trouve principalement sur les routes de Ryscior.
Quel est leur plus grand temple ? Il y avait cependant auparavant deux temples dédiés à Ohiel. L’un, se trouvant dans la Cité-Etat d’Orthan, fut détruit par les peaux-vertes. Il n’en reste plus qu’un seul, celui de la Cité de Jade Etincelante, où sont désormais formés tous les paladins du monde.
Comment rejoindre ce culte ? A l’âge de quinze tours, il faut se présenter devant un paladin. Ce dernier l’emmènera au temple de la Ville de Jade Etincelante, où l’aspirant se verra enseigner les principes régissant la vie des paladins, le droit, et le maniement des armes.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Il n’y en avait pas auparavant, mais depuis la destruction du temple d’Orthan, les membres du temple de la Cité de Jade Etincelante ont pris la décision d’en fonder une. Les paladins itinérants, voyant l’intérêt d’avoir une hiérarchie commune pour une unification de la justice qu’ils rendent, ont accepté cette nouvelle hiérarchie, à l’exception de deux ou trois individus isolés. Il y a dans cette hiérarchie deux rangs. Le paladin et le iurisconsult. Le paladin doit aller rendre la justice sur la route. Le iurisconsult, lui, est un paladin trop vieux ou trop blessé pour continuer à combattre. Il étudie alors ce qui est juste et qui ne l’est pas, fait l’inventaire des lois en vigueur et des systèmes juridiques du monde, et à la Cité de Jade Etincelante, synthétise tout cela et l’enseigne aussi bien aux apprentis qu’aux paladins venant au temple pour parfaire leur éducation. Avant d’être enseignée, la synthèse de tous ces textes et de toutes ses pensées, une fois validées par les autres iurisconsults, est transférée dans ce qu’on appelle les Codes d’Ohiel, car les iurisconsults ne doutent pas qu’Ohiel bénissent cette entreprise, et les paladins ne contestent pas cela. Ces Codes, tous les paladins ne les ont pas vus, mais tous connaissent leur existence. Car ils contiennent une juste parole à laquelle il faudra toujours se référer. Il est à noter que même si elle peut tout à fait se battre, Akemi Hime, l’élue d’Ohiel, est iurisconsult à titre honorable, puisque le dieu de la justice lui parle directement. Sa parole est donc particulièrement écoutée.
Ce culte est-il populaire ? C’est un cas particulier. Il est le dieu de la justice, certes, mais son culte est mal vu par les seigneurs. D’abord parce que les opinions d’Ohiel tendent à remettre en cause leurs positions, ensuite parce que certains paladins d’Ohiel sont manifestent une trop grande ferveur, sans avoir toute la sagesse de leur dieu. En outre, le fait que des paladins itinérants se mêlent de rendre la justice est une insulte à l’autorité des différents royaumes ! Et à cela s’ajoute le fait que paradoxalement, les paladins ne soient pas toujours bien vus par les petits gens. Car même si ces derniers apprécient que les représentants du dieu de la justice s’arrêtent pour trancher leur litige, car ils sont tenus pour plus justes que les seigneurs, les paladins ont la fâcheuse tendance d’ignorer les us et coutumes locales… Causant un grand nombre d’ennuis. Ce culte est donc toléré partout sur le continent, il est même accepté, mais il n’est pas toujours bien vu.
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ont leurs propres « systèmes judiciaires », mais les opinions d’Ohiel sont plutôt ridicules à leurs yeux. Du coup ils hochent la tête en disant que oui, c’est le dieu de la justice, mais ne vont certainement pas s’abaisser à s’incliner devant lui.

Akemi Hime, élue d’Ohiel


Tout commença il y a plus de deux cent tours, dans la Cité du Froid Saphir, cité qui appartiendrait plus tard à l’Empire d’Ambre. Cela commença par deux sœurs jumelles. Deux sœurs qui devaient avoir deux destins tout à fait opposés.
Akemi et Akane Hime. La Cité du Froid Saphir, à la surface de son lac, et dans l’ombre de son dragon, les vit grandir, en parcourant en tous sens les pontons, comme pouvaient le faire deux sœurs, avec leurs amis. Le lac lui-même, lorsque venait l’été, devenait lui aussi un terrain de jeu. Mais le charme devait forcément être rompu.
Les deux sœurs furent formées à l’usage des armes. Toutes deux choisirent ensembles des sabres jumeaux. Car dans la Cité du Froid Saphir, chaque citoyen doit savoir se battre. Car si la Cité elle-même n’a jamais été menacée, grâce à Kalgalanos le Noir, le dragon qui veille jalousement sur elle comme si elle était son trésor, il faut bien aller dans les montagnes alentour pour avoir du bois pour le feu, la construction des bâtiments, ou pour chasser, et Kalgalanos ne protège pas les citoyens lorsqu’ils sont dans la forêt. Le seigneur de l’époque avait donc décidé que chacun de ses habitants devait apprendre à se battre.

Mais cela ne fut pas ce qui devait séparer les deux jumelles, et elles vécurent ainsi leur vie. Un jour, Akemi Hime fit la connaissance d’un juge de la ville, qui officiait au nom du seigneur. Elle se noua d’amitié avec lui, et fut très vite passionnée par la justice. Mais ce n’était pas tant l’idée de châtier le mal qui l’attirait que de faire grandir le bien. C’est ce en quoi elle différa de sa sœur, qui voyait dans la justice plus un moyen de châtier le mal que de faire grandir le bien.
Aussi, et bien que les sœurs n’en eussent pas conscience, quand Akemi partit à la Ville de Jade Etincelante, à ses quinze tours, pour y trouver ce qui allait devenir plus tard le seul temple d’Ohiel au monde, ce fut la dernière fois qu’elles se virent en amitié. Désormais, leurs retrouvailles devraient se faire dans la violence.

Akemi Hime, ignorant cet avenir, devint elle-même paladine d’Ohiel, et se mit à marcher les campagnes, rendant la justice, fuyant les seigneurs qui ne voulaient pas d’elle dans leur juridiction, et toujours, essayant d’être la plus honnête et la plus droite possible. C’est dans ces conditions qu’elle apprit notamment à haïr la peine de mort qui, elle le vit très vite, faisait naitre plus encore de ressenti qu’elle n’en faisait cesser.
Mais il vint un jour où sa sœur lui manqua. Alors elle se mit à sa recherche. Mais Akane avait quitté la ville de leur naissance. Alors, Akemi passa des tours à parcourir des royaumes entiers, en tant que mercenaire, à la recherche d’Akane. Elle finit par la trouver ! Dans les sultanats du désert. Akane était alors déjà élue d’Edis, et y affrontait des créatures inhumaines, comme à son habitude. Akemi, au début, se rangea de son côté, croyant faire le bien.
Mais cela ne devait pas durer. Le temps passant, Akemi constata au fur et à mesure des mois que sa sœur prenait un malin plaisir à tuer ce qu’elle définissait comme les ennemis de l’humanité. Si Akemi comprenait son besoin de défendre les peuples contre les raids du mal, elle ne comprenait pas cette cruauté anormale.
C’est quand, au détour d’une forêt, Akemi vit sa sœur tuer une enfant centaure, créature qui ne la menaçait pas, qu’elle comprit. Sa sœur poussait son désir de protection de l’humanité au degré du fanatisme. Et très vite, elle comprit que cela se retransmettait dans tous ses actes. Nains et halfelins, amis des humains selon Akemi, étaient des ennemis selon Akane, qui un jour tua un halfelin simplement parce qu’il avait osé lui adresser la parole.

Akemi ne put tolérer ce meurtre de trop, et ce fut le premier de nombreux combats entre les deux sœurs. Akane lui échappa, et la traque commença. Akemi savait qu’elle pourchassait sa propre sœur jumelle, mais quel choix avait-elle ? Justice devait être rendue. Elle al traqua, et ne la trouva jamais. Mais en revanche, elle trouva sur son chemin un chevalier, paladin selon toute évidence, qui l’accompagna dans plusieurs de ses aventures, avant de lui dévoiler son nom.

« Je ne suis pas un homme, dit-il sans détour. Je suis Ohiel, dieu de la justice. Et toi, tu m’impressionnes. Par ta volonté, ton inflexibilité, tu me ressembles. Tu cherches à imposer ta vision des choses au monde entier, afin que le traitement de tous soit équitable. Et tous sont égaux à tes yeux, car même ta propre sœur ne trouve pas grâce pour ses crimes. J’approuve cette vision. Je veux faire de toi ma représentante parmi les mortels. Souhaites-tu accepter ce poste ? »

Aujourd’hui, Akemi Hime, élue d’Ohiel, a deux siècles et demie environ.

Vamor


Le commerce

Caractère et attributions

De toutes les divinités qui ne concernent pas la vie elle-même, Vamor est loin d’être le plus brutal, et pourtant il est le plus vibrant d’énergie et de vivacité. Il aime les richesses, et fait tout pour en amasser. Mais contrairement à ses camarades divins qui partagent cet amour, il n’aime pas les richesses pour ce qu’elles sont mais pour ce qu’elles peuvent apporter à leur propriétaire. Une fois qu’il possède quelque chose, il va chercher à en tirer le maximum de profit, à l’améliorer. En somme, il va investir.
Vamor est le dieu du commerce. Il aime marchander, ainsi que l’effervescence et les bousculades dans les grands marchés. Du plus humble colporteur itinérant au plus puissant maitre de guilde, du marché ouvert au marché noir, Vamor est le dieu de tous les commerçants, et de tous les échanges commerciaux de manière plus générale. Qu’il s’agisse de revendeurs d’objets volés ou d’honnêtes boulangers, tous ceux qui font du commerce leur activité principale le servent indirectement, même sans le savoir.
Tout cela fait de Vamor le plus riche de tous les dieux. Car si d’autres aiment la richesse ou les belles choses, Vamor sait mieux que quiconque comment faire valoriser les biens qu’il possède. Investir, il sait quand il faut le faire, et dans quoi.

Il n’est donc nul besoin de préciser que dans les relations entre divinités, il entretient un rapport tout particulier avec Nerel, le dieu du vol. Il le hait et l’apprécie à la fois.
Il le hait car Nerel vole la propriété d’autrui. Voler la propriété d’autrui, du point de vue de Vamor, n’est pas seulement répréhensible en ce que c’est le délester de ses possessions, mais surtout en ce que c’est le délester d’une possession qu’il pourrait investir pour en faire grandir la valeur. C’est donc un investissement empêché par le voleur. Pour cela, il hait Nerel.
Mais d’un autre côté, il l’apprécie. Après tout Vamor est aussi le dieu du marché noir, et sur ce dernier se trouve quantité d’objets volés, qui sont remis dans le commerce par l’intermédiaire de voleurs qui revendent leurs biens mal acquis. Donc dans un sens, le vol crée de la valeur ailleurs que chez le propriétaire qui a été délesté. Et créer de la valeur, c’est quelque chose que Vamor apprécie beaucoup.

Pourquoi ce dieu ferait-il partie des Gardiens de l’Ordre ? Parce qu’il a une conception du commerce qui n’implique pas la guerre et la destruction, mais l’ordre et la paix. Les guerres ferment les frontières, tuent les travailleurs, ravagent bâtiments et champs, et peuvent aller jusqu’à pousser les pays en guerre à suspendre leur économie normale pendant un temps. En d’autres termes, pour le commerce lui-même, c’est une véritable catastrophe. Vamor est parmi les Gardiens de l’Ordre car il veut un monde en paix, afin que le commerce puisse y prospérer. Ni plus, ni moins.

Parce que Vamor a un ennemi, Nerel, il a par nécessité dû apprendre à se battre pour défendre ses possessions, que Nerel visite fréquemment. L’arme de Vamor est une rapière fine et élégante, qu’il a apprise à manier avec le temps. Durant la chute des dieux, il visita, sous anonymat, le port marchand de Kelvin. Pour faire du tourisme, tout simplement. Mais du tourisme ciblé.

Le culte de Vamor

Remarque importante : Les prêtres de Vamor, par nécessité, ont tendance à être marchand autant que prêtres. Beaucoup ont d’ailleurs la fâcheuse habitude d’utiliser leurs pouvoirs cléricaux à des fins marchandes…
Quels sont les préceptes de ce culte ? Par le travail, on crée de la valeur. Par la création de valeur, on peut prospérer, investir, spéculer, et créer encore plus de valeur. La création de valeur est une fin en soit, et doit toujours être recherchée, et améliorée, afin que les profits soient les plus grands possibles.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Aucune en particulier. Prendre le temps d’une cérémonie, c’est du travail en moins. Et donc de la valeur en moins. Vamor n’apprécierait pas cela, à n’en pas douter.
Où peut-on trouver les représentants de ce culte ? De par leur travail, on trouve les prêtres et les temples de Vamor sur les grands axes de commerce, et presque toujours dans les grands marchés, ou grandes foires.
Quel est leur plus grand temple ? Les temples de Vamor se trouvent dans les grandes villes commerçantes. Il s’agit en fait généralement de banques, ou de halles de marchés, ou d’autres bâtiments ayant une fin commerciale mais dont l’administration, dirigée par un prêtre de Vamor, a choisi pour nom « Temple de Vamor ». Le plus grand temple de Vamor se trouve dans la Cité-Etat d’Alénaraque.
Comment rejoindre son culte ? Il faut trouver un prêtre, qui formera l’apprenti à l’économie. Les valeurs de Vamor, après tout, sont plutôt simples. Il faut juste être un bon commerçant et un bon investisseur pour les mettre en place, et cela peut prendre plus de temps.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Dès lors qu’on peut créer de la valeur, on est digne de servir Vamor. Donc non.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Oui, et elle est définie par la richesse et la capacité d’investissement des différents prêtres.
Ce culte est-il populaire ? Oui. Tous les peuples vivent à un degré plus ou moins grand du commerce, et ces prêtres ne font après tout du mal à personne. Même si beaucoup de gens peuvent les traiter eux-mêmes de voleurs !
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs vivent également en partie du commerce, mais pas au point de vénérer Vamor.

Jason Elvirae, élu de Vamor


Presque un siècle de bons et loyaux services pour Jason Elvirae, l’élu de Vamor. Et pour l’instant, le moins qu’on puisse dire, c’est que sa divinité est plutôt satisfaite de ses œuvres. Pourtant, Jason Elvirae est un élu de Vamor plutôt atypique. Les précédents étaient tous plus ou moins marchands, légaux ou non, et cherchaient à faire du commerce. Leur talent les avait d’ailleurs propulsés au rang d’élus divins. Beaucoup en profitèrent pour fonder des familles commerçantes qui aujourd’hui encore se targuent d’avoir eu pour origine un favori de Vamor.
Alors qu’est-ce qui peut avoir poussé un ancien chevalier d’Hasdruba qui a renié ses serments, s’est fait mercenaire, à être devenu élu du dieu du commerce ? Si on demande à un ancien hasdrubien, sa réponse sera un regard méprisant, un crachat par terre, et au mieux une réponse bougonne et méchante au sujet de stupidités, de déshonneur, et de prostitution.
Autant demander à quelqu’un de plus objectif, ou à défaut mieux renseigné.

Jason Elvirae a aujourd’hui quatre-vingt-dix-sept tours. Mais son histoire commença lorsqu’il partit en errance, comme tous les jeunes chevaliers hasdrubiens. Seulement voilà, ce dernier apprécia sa vie passée sur la route, et choisit de ne pas revenir. Cela créa en Hasdruba un scandale, puisqu’un jeune chevalier qui ne revenait pas après son temps d’errance, c’était une insulte jetée à toute la communauté des chevaliers. Il ne fut plus jamais le bienvenu dans son propre pays natal.
Jason Elvirae se trouva alors devant un problème. En tant que chevalier en errance hasdrubien, si les moyens lui manquaient, il pouvait toujours contacter sa famille et espérer du soutien financier. En tant que banni, il n’avait plus que les armes et armures qu’il avait sur lui pour survivre. Conscient qu’il ne pouvait entretenir une armure et un cheval de guerre hasdrubiens complets, il revendit ces derniers, et s’acheta avec l’argent un équipement plus léger, plus facile à transporter, et tout aussi pratique au combat.
Ce fut la première étape vers son titre d’élu, mais Vamor ne se souciait pas encore vraiment de lui. Des gens qui pour survivre revendaient des possessions pour en acheter des moins chères, il y en avait tous les jours après tout.

Jason Elvirae se fit mercenaire. Il savait avant tout se battre, et il choisit donc de mettre cela à profit. Très vite, il apprit toutes les techniques pour survivre le plus longtemps possible au combat, apprenant peu à peu à mettre de côté l’honneur hasdrubien et les Codes de Prarag en même temps. Il avait compris que son but dans la vie devait être de remplir vite et bien ses contrats, afin de profiter de l’argent qu’il gagnait dans ces derniers.
Cet argent, au début de sa carrière, il l’utilisa en boissons, en jeux et en femmes. Mais cela ne fait pas un bon élu de Vamor, aussi, même si la vente de son talent martial était une forme de commerce, le dieu ne se souciait toujours pas beaucoup de lui.

En effet, il apprit que le problème de ce train de vie était qu’il se trouvait très régulièrement ruiné. Il alternait un cycle dans lequel il vendait ses services, recevait sa paye, partait chez une hôtesse quelconque, et au bout de quelques jours se faisait chasser de là parce que cette dernière avait compté qu’il avait dépensé tout son argent, et ne voyait plus d’intérêt à le garder là. Soit. Cela était un problème, conclut Jason Elvirae, car entre son retour sur la route et son prochain contrat, il y avait un laps de temps où il se trouvait sur la route, sans le sou, et cela pouvait durer avant qu’on ne l’engage pour quelque chose de bien juteux.
Il apprit donc à mettre de l’argent de côté. Dorénavant, quand il partait aux tavernes et bordels après avoir reçu sa paye, il ne se laissait jamais complètement aller, et économisait une part de l’argent, qu’il réutilisait quand il reprenait la route pour aller plus loin, et trouver donc des contrats potentiellement plus intéressants.
C’est à cette époque que Vamor commença à s’intéresser à Jason Elvirae. Le dieu des marchands était curieux de voir jusqu’où irait ce chevalier mortel dans son apprentissage de la façon dont le commerce marchait.

Les cheveux gris commençaient à apparaitre sur son crâne, à ce moment, et ses muscles lui faisaient toujours plus mal après chaque bataille. Jason Elvirae comprit alors que vu que son corps était son fonds de commerce, s’il voulait survivre, il fallait qu’il fasse des contrats à sa portée, car il commençait à fatiguer. Il ne pouvait plus vraiment aller affronter des troupes de peaux-vertes, ou des monstres, et dû apprendre à se contenter de contrats moins chers, impliquant la traque et l’élimination de bandits de grands chemins, cibles plus simples.
Vamor apprécia le fait que le chevalier se rende compte que quand on investissait un produit, en l’occurrence son corps, il fallait faire attention au fait l’investissement ne soit pas trop grand pour le produit, avec de trop grands risques. Vraiment, ce mortel l’amusait. Il commença à envisager de lui donner les bénédictions qu’il donnait habituellement à ses prêtres pour le récompenser de ses efforts.

Mais le destin voulut qu’il aille plus loin, car Jason Elvirae comprit vite une chose : Les contrats les plus rentables, pour un chevalier vieillissant, étaient ceux qui consistaient à chasser les bandits des grands axes commerciaux. Car là, c’était les marchands qui le récompensaient. Cela plût particulièrement à Vamor, car ce faisant, Jason Elvirae continuait non seulement à faire son commerce, mais il maintenait celui des autres en bon état.
Il se trouva justement qu’à cette période, son élu ne fit pas attention à une étrange eau qui avait été versée dans son vin par un concurrent peu scrupuleux qui voyait d’un mauvais œil cette immortelle concurrence.
Vamor ne manqua pas cette occasion. Ce mortel lui était sympathique. Et c’est ainsi qu’il devint son élu.
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 20 Oct 2017 - 23:35

Les Dieux de la Guerre

Les armées se déplaçant sur Ryscior devaient bien avoir deux divinités auxquelles se confier…

Prarag


La guerre, l’honneur guerrier

Caractère et attributions

Prarag est le père d’Azma, mais aussi et surtout sa némésis. Bien moins violent que sa fille, il reste cependant l’une des divinités les plus enthousiastes à l’idée de livrer bataille de tout le panthéon. Cependant, il est partisan d’une vision aussi noble que possible de la guerre, et considère avec bienveillance les guerriers qui agissent avec honneur et montrent du respect pour leurs supérieurs. Car l’honneur et le respect de l’adversaire sont les notions essentielles qui guident chaque acte de Prarag au combat, et doit selon lui guider les actes de tous les guerriers.
Il a donc dicté, à l’époque de la chute des Anciens, cinq règles aux soldats avant de partir au combat, qui correspondent selon lui à la vision la plus idéale possible de la guerre. Ces cinq règles sont encore connues aujourd’hui, sous le nom des Cinq Codes du guerrier, ou plus simplement des Cinq Codes : Ne jamais fuir ; ne jamais frapper un ennemi dans le dos ; respecter les traités et les prisonniers ; obéir aux ordres de celui qui est supérieur, sauf s’il venait à contredire l’un des quatre autres Codes, et ne pas s’abaisser à obéir à un ordre d’un inférieur ; accepter chaque défi qui est lancé.

Ces cinq préceptes sont tout ce que Prarag a laissé en ce qui concerne sa vision de la guerre. Pour cette raison, ses adorateurs ne sont ni bien, ni mal considérés. Car si certains peuvent étendre les Cinq Codes à la conduite d’une bataille une fois terminée, considérant qu’il faut bien traiter l’entourage des vaincus (après tout, l’un des Code ne dit-il pas qu’il faut respecter les prisonniers ?), d’autres peuvent tout à fait les respecter sans hésiter un seul instant à violer les filles des vaincus, brûler leurs fermes, et réduire leurs fils en esclavage. Ces Codes sont livrés à la libre interprétation de chacun, dès lors qu’on les respecte.

Pour les peaux-vertes, Prarag s’appelle Skar. Il reste le dieu de la guerre. Premier fils de Snik (Elye) aux yeux de ces peuples, et donc premier d’entre eux par définition, il est le plus grand guerrier que les peaux-vertes aient jamais connu, celui qui le premier donna l’ordre à la horde de frapper les villes de pierre, d’en chasser les habitants, pour de les détruire.

L’arme de Prarag est un espadon, qui n’a pas de nom autre que l’Espadon. Prarag le chérit, mais ne voit pas vraiment l’intérêt de nommer une arme, contrairement à d’autres.
Durant la chute des dieux, Prarag resta loin des mortels. En effet, afin d’éviter que les deux divinités guerrières, par leur seule présence, ne sèment des ravages là où elles arriveraient, le Juge l’a fait atterir à côté de sa fille, de sorte que les deux divinités passèrent l’intégralité de l’évènement à combattre dans le désert.

Le culte de Prarag

Remarque importante : Les prêtres de Prarag n’ont pas, comme les autres prêtres, de pouvoirs liés à la magie cléricale. A la place, ils ont une endurance accrue.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Le respect des Cinq Codes est le seul précepte qui unisse chacun des prêtres de Prarag. En ce qui concerne l’interprétation à faire desdits Codes, dire qu’il existe une interprétation par prêtre serait proche de la vérité.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux des prêtres de Prarag ? Nulle cérémonie, nulle messe pour les prêtres de Prarag ! Ce n’est pas un dieu qui en a besoin après tout. Il mesure la valeur des mortels à leur valeur au combat. Aussi, le seul cérémonial des prêtres de Prarag est l’appel de sa bénédiction avant le combat.
Où peut-on les trouver ? Partout où il y a des guerres ! Et ailleurs aussi. Car ces prêtres sont bien entendu avant tout des guerriers renommés, et appréciés par tous les royaumes. Au lieu de bures ou de robes, ils revêtissent des armures plus ou moins complètes, selon les prêtres, et manient l’arme de leur choix. En tant de paix, ils sont souvent trouvables dans l’entourage immédiat d’un seigneur belliqueux, ou dans les camps militaires. En effet, s’ils ne sont pas toujours d’excellents stratèges, leur talent martial est reconnu par tous. A cela, il faut ajouter que la présence d’un prêtre de Prarag parmi eux motive grandement les soldats, qui considèrent souvent cela comme un bon présage, un présage de victoire. Le revers de la médaille étant que si le prêtre est tué, les soldats peuvent perdre leur moral. Certaines histoires font état d’armées entières parties en déroute parce qu’un seul prêtre avait trouvé la mort…
Quel est leur plus grand temple ? Les temples de Prarag sont très rares, car sans messe ou cérémonial, pas besoin de temple. Du coup, mis à part quelques académies militaires de par le monde qui s’affichent comme des temples car dirigées par un prêtre, le plus grand temple de Prarag se trouve dans la ville forteresse des Marches d’Acier, La Gardienne. C’est plus une caserne qu’un temple, mais elle abrite une concentration impressionnante de prêtres de Prarag : Près d’une centaine !
Comment rejoindre son culte ? Devenir prêtre ou prêtresse de Prarag veut dire prendre la voie des armes. Cet apprentissage nécessite de trouver un autre prêtre guerrier (de préférence meilleur que l’apprenti, si ce dernier sait déjà manipuler les armes), qui après avoir testé les capacités martiales du candidat acceptera ou non d’être son maître. Cet apprentissage durera aussi longtemps que le maître le souhaite, et contiendra tous les enseignements qu’il souhaite, à l’exception du choix de l’arme, laissé à la discrétion de l’apprenti. Si un jour, le prêtre estime que son apprenti ne sera jamais un bon prêtre, alors le malheureux aura perdu un temps précieux. Mais s’il veut en faire officiellement un prêtre, il convient qu’il aille lui-même lui acheter une armure, dans la limite de ses moyens, qu’il lui donnera au cours d’une cérémonie sobre, dans laquelle il lui rappellera simplement de respecter les Cinq Codes.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Aucune. A l’exception des regroupements de prêtres, qui ont alors leur propre hiérarchie, il n’y en a pas.
Son culte est-il populaire ? C’est un culte populaire, oui. Les généraux qui partent en guerre essayent toujours d’avoir un prêtre au moins à leurs côtés. Encore une fois, s’ils ne sont pas toujours très bons stratèges, encore que certains le soient, leur talent martial est reconnu par tous. En outre, Prarag est considéré comme le seul dieu capable de protéger les soldats une fois au combat. Ces derniers, peu importe leur divinité tutélaire habituelle, vont donc se tourner vers lui. Quant à leurs familles, c’est Prarag qu’elles devront prier si elles souhaitent qu’un dieu puisse faire revenir leur soldat en vie.
Qui du culte des races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ont préféré se tourner vers la fille de Prarag, Azma, qui correspond plus à leur philosophie guerrière.

Arina Jerliason, élu de Prarag


« Mon fils. Les femmes ne sont pas plus fiables que les hommes. Quant aux hommes, ils ne sont pas plus fiables que les bêtes. Sache, mon fils, qu’il n’y a que deux choses qui soient fiables dans ce monde. Il s’agit de Prarag, qui est le dieu qui nous emmène à la guerre et nous donne la victoire, et du cadeau que les dieux nous firent, celui de l’acier. Apprends à le manier, et tu pourras te fier à toutes les armes qu’il compose. Et tu pourras être sûr que dès lors que tu respectes les Cinq Codes, Prarag pourra se fier à toi. Alors mon fils, quels sont les Cinq Codes ?
-Jamais fuir, jamais frapper dans le dos… Euh…
-Jamais fuir, jamais frapper dans le dos, respecter les traités et prisonniers, toujours accepter les défis, et enfin obéir aux ordres de celui qui est supérieur sauf si ça contredit l’un des quatre précédents Codes, et ne jamais s’abaisser à obéir à un inférieur, compléta Arina, cachée derrière le muret. »

La jeune fille, du haut de ses douze tours, espionnait régulièrement son père quand il essayait d’apprendre comment être, selon ses propres termes, un homme, un vrai, un guerrier, à son fils. Dans ce cas, sa mère lui disait de les laisser entre hommes, qu’ils allaient faire des choses qui ne les concernait pas. Mais appréciant son grand frère, et soucieuse d’apprendre ce qu’il faisait, elle échappait régulièrement à la surveillance de sa mère.
La première fois, elle avait fait l’erreur de se montrer, et cela lui avait valu de graves ennuis. Ses parents s’étaient tous les deux énervés, et elle avait été au lit sans dîner. Depuis, elle se cachait, et observait aussi souvent que possible. Quand son père apprenait des concepts à son frère, elle les écoutait, et sans vouloir se vanter les retenait mieux et plus vite que lui ! Et quand il lui montrait des mouvements pour combattre, elle observait attentivement ses positionnements. Et le soir, quand elle était seule parce que ses parents avaient tendu la toile qui séparait leurs lits, et que son frère dormait, elle les reproduisait à l’identique.
Elle aimait bien cet apprentissage clandestin. C’était excitant, tout ce qu’il lui apprenait. Et elle se demandait, au fond d’elle, pourquoi n’avait-elle pas droit d’être un guerrier elle aussi ? Elle avait bien vu dans le village des femmes porter des armes. Mais le jour où elle posa la question, son père s’énerva au plus haut point.

« Tu n’es pas comme elles ! rugit-il. Jamais ma fille ne sera une vierge de bataille, tu m’entends ? Jamais ! Tu as un frère, il fera survivre notre nom. Et ce sera parfait comme ça.
-Ma chérie, lui dit sa mère, sur un ton non moins sévère. Tu ne sais pas dans quoi tu t’engagerais. La guerre n’est pas ton affaire. Tiens t’en éloignée.
-Mais je sais mieux me battre que mon frère ! protesta-t-elle. Je vous espionne quand tu lui apprends, et je sais mieux manier les armes que lui, et je connais les codes mieux que lui.
-Tu… »

Cela fini par une première paire de baffes, de la part de son père, qui s’éloigna en fulminant. Elles furent suivies par d’autres de la part de sa mère. Elle fut lourdement punie. Mais pas longtemps. Car plus tard, les hommes du village devaient embarquer. On ne faisait plus de raids, car le roi Caul Shiverson les avait désormais interdits, mais certains villages considéraient comme formateurs pour les enfants d’aller faire le tour du continent. Et d’enfreindre un petit peu l’interdit, le plus loin possible de Nova bien sûr ! Leur village faisait partie de ceux-là. Mais le jour du départ, son frère se trouva fortement malade, de sorte qu’il ne put accompagner l’expédition.

« Tous les autres vont se foutre de ma gueule, grommelait son père. Qu’est-ce que j’ai fait aux dieux pour avoir ça ? Une fille qui rêve d’être un homme, et un fils trop maladif pour être transporté… C’était une occasion unique de mettre en œuvre tout ce que je t’avais appris, et toi tu as de la fièvre ?
-Chéri, tu vois bien que le petit ne peut pas quitter le lit. Ce serait de la folie de l’embarquer.
-J’ai pourtant fait préparer les vivres pour une bouche de plus ! Je…
-Je peux embarquer, dans ce cas, Papa ? »

Son père considéra l’insolente quelques instants. Elle tenait vraiment à le défier jusqu’au bout, par sa barbe ! Il commença à déboucler sa ceinture. Cette fois, Arina prit peur, car elle comprit qu’il frapperait plus fort que de simples baffes.

« Viens un peu ici, que je t’apprenne à avoir des idées en têtes…
-Chéri ! l’interrompit la mère. Viens un peu par là. »

Elle l’emmena devant la maison. Arina n’osa pas aller écouter, de sorte que tout ce qu’elle entendit fut que sa mère parlait de lui faire peur un bon coup, de la faire renoncer. Renoncer à quoi ? Elle n’entendit pas. Mais quand il rentra, son père semblait détendu.

« Tu veux venir avec les hommes petite fille ? dit-il. Ta mère a argumenté pour toi. Tu vas venir. Et crois-moi, tu vas en baver. Le travail qu’on s’apprête à aller faire, c’est du travail fait pour les hommes, pas pour les femmes. Tu vas ramer autant que les garçons, crois-moi. Et quand le raid viendra, tu seras en première ligne, toi aussi. On verra si tu craqueras pas… »

Ainsi, Arina Jerliadottir, ainsi qu’elle s’appelait alors, s’embarqua à bord d’un drakkar novien. Son père fut de toute façon la risée du voyage, lui qui préférait emporter sa fille plutôt que son fils avec lui. Elle vit donc très vite qu’il regrettait. Alors, pour tenter de le mettre de bonne humeur en faisant cesser les moqueries, quand vint son tour de ramer, elle tâcha de le faire fort. Et c’est ce qu’elle fit. Au soir de la première journée, ses mains étaient couvertes d’ampoules, et tout son corps lui faisait mal. Mais quand, quelques jours plus tard, les adultes appelèrent à nouveau les enfants à la manœuvre, elle fut à nouveau celle qui rama le plus puissamment. Et quand on lui fait remarquer qu’elle n’était pas en cadence, elle n’eut aucune difficulté à s’adapter au rythme des autres. Très vites, les critiques se mirent à changer. De « Tu as emmené ta fille », les piques adressées à son père passèrent à « Tu es sûr que tu t’es pas trompé quand elle est née ? ».
Ce changement fut renforcé quand on prétendit rassembler les enfants pour leur apprendre les armes. Elle connaissait les Cinq Codes mieux que les autres. Elle n’était cependant pas la meilleure guerrière du groupe. Mais elle était parmi les meilleurs, alors même qu’elle était la seule fille, et de plusieurs tours la plus jeune, et cela suffit à afficher un sourire dans la barbe de son père. En soit, elle en était satisfaite.

Ils voyagèrent loin dans le sud, durant des lunes, pour aller trouver sur la côte d’un royaume aride un village à piller. Elle fêta, durant le voyage, ses treize tours. Ce fut un beau pillage, mais Arina n’eut pas le droit d’y participer. Il y avait des limites à ce que son père pouvait tolérer tout de même. Elle assista donc aux combats de loin, regrettant de n’avoir pas pu se mêler à ses amis. Elle eut tout de même son premier mort ce jour-là.
Un homme du village attaqué courait vers le navire, une torche à la main, une épée dans l’autre. Il ne vit pas Arina en passant devant elle. Arina l’entendit qui grommelait au sujet de maudits pillards, se jurant qu’ils n’auraient pas de quoi emmener leur butin avec eux. Comprenant qu’il souhaitait mettre le feu au navire, elle se précipita sur lui, et le prit aux jambes pour le faire tomber au sol. L’effet de surprise avec elle, il lâcha sa lame et sa torche. Elle se saisit de la première, et hésita à le frapper. Après tout, il était au sol, non ? Les Cinq Codes ne seraient sans doute pas respectés… Heureusement, il répondit à sa question en se relevant, et en brandissant la torche pour la combattre. Mais son petit apprentissage lui avait appris à se défendre pour de bon. Elle lui enfonça directement sa propre épée dans la gorge. Puis elle le regardant lentement commencer à baigner dans son propre sang. C’était donc cela tuer. Elle s’était attendue à ce que ça fasse quelque chose, mais ça avait été facile, dans un sens.
Elle éteignit la torche qui était tombée de la main de l’homme sur le pont du navire et l’incendie qui s’allumait à l’aide de toiles humides. Quand les guerriers revinrent, elle raconta l’histoire. Les traces de brûlés, ainsi que le cadavre, parlant pour elle, les autres guerriers la félicitèrent. Même son père lui sourit, disant qu’il était fier d’elle.

« Garde son épée, dit-il. Qu’elle soit ta première arme. »

Il semblait qu’il avait accepté, avec ce premier sang, qu’il ne pouvait contrôler la destinée de sa fille.
Mais il est dit que son histoire devait être une tragédie. Car sur le voyage du retour, un navire aux immenses voiles apparut à l’horizon. Ses bancs de rameurs étaient plus nombreux que ceux des noviens. Une galère…

« Ils ne tueront pas les enfants, si ? demanda quelqu’un.
-Ce sont des adolescents, voire des jeunes adultes, dit la vierge de bataille qui les accompagnait. Ils les tueront. Par contre, il y en a une qui est encore en âge d’être épargnée, s’ils ont un tant soit peu de pitié… »

Les adultes semblaient très inquiets. Arina comprit qu’ils estimaient ce combat perdu d’avance. Alors qu’elle s’apprêtait à se mêler de la discussion des adultes, elle fut tirée en arrière. C’était son père, et la vierge de bataille, qui lui retira brusquement sa chemise. Elle sortit des bandes de tissu, et se mit à les passer autour de sa poitrine.

« Quand elle commencera à grandir, dit-elle, resserre les bien, pour que personne ne le voie. Ça ne saurait tarder à présent, tu commences à être dans le bon âge, alors n’oublie pas ça. Et quand tu commenceras à saigner, n’en parle à personne. Surtout ne t’affole pas, c’est bien normal. Mais n’en parle à personne !
-Pourquoi ?
-Silence ! dit son père. Ecoute-moi bien, ma fille. Désormais, tu es mon fils d’accord ? Tu es mon fils, et tu t’appelles Arina Jerliason. Son, pas dottir.
-Mais c’est les garçons qui…
-Tu es un garçon maintenant, petit, lui dit la vierge de bataille. Tu es un garçon. Crois-moi tu as envie d’en être un, car tu n’as pas idée de ce que pourraient te faire certains hommes s’ils savaient que tu es une fille. Donc maintenant, tu t’appelles son, et pas dottir, et tu caches tout ce qui peut faire que tu es une fille. »

Pendant qu’elle écoutait la vierge, qui était passée dans son dos, Arina regardait le navire s’approcher. Il grossissait à vue d’œil maintenant. Elle sentit qu’on lui tirait les cheveux, puis un coup sec. Ils étaient presque tous à terre.

« Mais…
-Mais quoi, mon fils ? dit son père.
-J’avais les cheveux trop longs pour un garçon ? demanda-t-elle.
-C’est exactement ça. Dis, Gwinden, on fait quoi pour sa voix ? Ils s’y tromperont pas.
-Fais la grosse voix, dit-elle. Bien bourrue. Et espérons que ça marche. Dans le doute, parle le moins possible. Ecoute-moi bien Arina. Nous allons perdre, mais tu es peut-être encore en âge d’être épargnée, d’accord ? Si tu fais tout ce qu’on a dit, tu pourrais encore avoir une vie heureuse, même si tu seras esclave. Donc fais bien tout ça ! »

La bataille fut sanglante, et rude. Les noviens luttèrent avec tout ce qu’ils avaient dans le ventre, mais leurs adversaires avaient de la poudre à canon. Ils finirent fatalement par perdre, et Arina trembla en voyant qu’elle était la seule survivante.

« Regardez donc ça, dit l’un des ennemis. Une petite graine de sauvageon. Toi mon garçon, tu es plutôt costaud, et pas trop vieux. Je pourrais tirer un bon prix de toi, haha. Embarquez-le, vous autres ! »

Même si elle, ou plutôt il, désormais, n’aimait pas l’idée, Arina se laissa faire sans protester, parlant le moins possible, comme cela lui avait été ordonné. En fait de galère, ce n’était pas des ramiens, mais des pirates qui les avaient attaqués. Un drakkar si loin dans le sud ne pouvait être là que pour une raison après tout… Ils allèrent à Port-Argenterie. Là, Arina fut vendu au marché aux esclaves comme un garçon.

Il eut de la chance dans sa vente, car les vendeurs ne lui retirèrent pas sa chemise, gardant cachées les bandes de tissus posées par la vierge de bataille. Quant à lui, ses muscles ayant été taillés par les rames du drakkar au cours des dernières lunes, il avait une stature impressionnante pour un enfant aux portes de la puberté. Il fut donc vendu pour faire des travaux manuels sur le port. On avait toujours besoin d’esclaves, là, pour décharger et charger les navires. Surtout pour un port comme celui d’Argenterie. Là, Arina commença par devoir bouger des caisses. Son ardeur à ce travail fit que le contremaitre vit bien que ses muscles étaient mal exploités. Il l’envoya à une tâche plus ardue, avec les esclaves adultes.
Il y avait, à Port-Argenterie, une roue qui actionnait une grue. Cette dernière servait à décharger les charges les plus lourdes des navires, telles que les canons, impossibles à transporter à la main sur la terre ferme. Alors, on utilisait la grue pour les attraper dans les cales, une fois le canon transporté sous une ouverture au sein du navire, pour les amener ensuite sur le quai. Cela fonctionnait avec toute charge trop lourde pour des bras humains. Mais pour actionner cette rue, il fallait faire tourner la roue. Pour cela, il fallait des esclaves.
Ainsi, et durant les tours qui suivirent, jour et nuit, Arina dut actionner cette roue, plus dure à faire bouger que tout ce qu’il n’avait jamais connu auparavant. Ses muscles se développèrent encore un peu plus. Il le sentait. Et le soir, dans les baraquements d’esclaves, sans parler à personne de ses douleurs et saignements dans le bas ventre, comme la vierge de bataille lui avait dit de le faire, et resserrant toujours un peu plus les bandes de tissus quand personne ne regardait, il continuait à répéter les Cinq Codes de Prarag, mais aussi les mouvements que lui avait appris son père.
Il réussit à vivre cette vie de façon stable durant des tours et des tours. Il eut, avant de s’en rendre compte, vingt printemps. Il continuait encore à actionner cette roue. Et étant le plus fort des esclaves à ce poste, il réussissait désormais parfois à la faire tourner seul.
Ses maitres se rendaient bien compte qu’il était fort. Mais ils ignoraient encore qu’il savait se battre. Pourtant, un jour, quand une rixe éclata, il envoya d’un seul coup de poing son adversaire rejoindre le pays des rêves. Ses maitres comprirent alors qu’il y avait bien plus à faire de ce jeune homme taciturne…

Il fut envoyé dans un cercle de sable établi à la va-vite au milieu d’une rue. Comme ça, sans prévenir. Son adversaire savait vraisemblablement ce qu’il faisait, car aussitôt qu’il entra, il se rua sur lui. Mais Arina, sans rien dire, analysa sa technique d’attaque. Il avait sa garde trop basse. Un coup à la mâchoire, et l’inconnu resta au sol, crachant plusieurs dents.
Les cercles de sable de lutte étaient bâclés à Port-Argenterie, ce qui fit qu’il put garder le secret, ayant depuis compris que s’il le dévoilait, il risquait de se retrouver à faire le tapin sur les trottoirs. A choisir, il préférait une vie de lutte. Et la lutte, c’était quelque chose d’impitoyable ici. Il perdit plusieurs dents, mais en fit perdre plus. Sa réputation grandit donc.
Plusieurs capitaines envisagèrent de le recruter à leur bord en voyant ses performances. Mais il refusa toujours. Car à chaque fois, il posait la même question.

« Puisque tu veux m’emmener combattre, dis-moi quels sont les Cinq Codes. »

Aucun pirate n’arrivait à répondre à cela. Et donc, il ne s’embarqua jamais. Puis vint le jour de l’attaque des elfes noirs. Il n’en réchappa que par miracle. Il connaissait une taverne devant laquelle il y avait un cercle de sable, et dont le patron avait sous ses tonneaux de rhum une cachette qu’il pourrait utiliser. Le patron y était d’ailleurs déjà. Mais il accepta bien volontiers de lui faire une place, et ils ne ressortirent que lorsqu’ils furent sûrs que tous les elfes noirs étaient partis.
Port-Argenterie étant en ruine, il fut temps pour eux de se dire au revoir, et de la quitter. C’est alors qu’Arina Jerliason réalisa que maintenant, il n’avait plus à se faire passer pour un homme. Les pirates ne pouvaient plus lui nuire, car il n’y en avait plus. Il réfléchit à sa situation, et en conclut que de toute façon, il avait passé la moitié de sa vie à être un homme, et l’autre moitié une femme. Et puisqu’il avait plus de souvenirs de sa période en tant qu’homme… Il était aussi bien de continuer à se faire passer pour un homme. Cette décision lui parut aussi naturelle que logique, et il la prit vite, sans s’en soucier plus.

Il reprit sa route, vers les arènes de Ram. Ce n’était rien de plus que des gros cercles de sables, après tout, non ? Il s’y fit un petit nom, car il n’avait rien oublié du maniement des armes noviennes, mais son respect des Cinq Codes lui y valut quelques ennuis. Il estimait en effet que ne pas frapper un adversaire tournant le dos incluait de ne pas l’achever quand il était au sol, ce que lui demanda plusieurs fois le public. Finalement, au bout de six tours, le maitre des gladiateurs en eut assez de ce guerrier qui lui attirait tant d’ennuis, et le limogea.
Avec l’argent que lui offrit le maitre pour dédommagement de son renvoi, Arina alla s’acheter un glaive. Il n’avait rien d’autre qui était à lui, si ce n’était les vêtements qu’il portait, mais c’était déjà un début, car…

« Tu as décidé de rejoindre l’armée, pas vrai fille ? »

L’homme qui lui avait parlé était Prarag. Le dieu de la guerre avait apprécié la façon dont Arina respectait en toute circonstance les Cinq Codes, alors même que ce n’était pas pour lui que son père les avait récités dans son enfance. Il appréciait la détermination que, alors jeune fille, elle avait affiché, espérant apprendre à se battre, et le fait que, à Port-Argenterie, il ait su garder en mémoire ces méthodes de combat, et utiliser les muscles qu’il avait développés pour les mettre en œuvre, dans les cercles de sable. De même dans ceux de Ram.

« J’ai l’air d’une fille ? demanda-t-il, sur un ton agressif, par réflexe. »

Arina réalisa alors ce qu’il venait de faire. Il avait souvent dû répondre ça quand quelqu’un se posait trop de questions à Port-Argenterie, et dans les arènes où il jouait le rôle d’un barbare du nord couvert de peaux de bêtes, peu importait la chaleur. Il avait toujours su éviter que son secret ne soit trahi. Mais face à celui qu’il savait, au fond de lui, être son dieu… Il craignit de subir sa colère.
Mais Prarag éclata de rire.

« Soit, fiston, soit. Ecoute-moi bien. Il est temps pour moi de reprendre un élu, surtout que ma catin de fille a trouvé la sienne depuis quelques tours maintenant. J’veux pas que tu fasses des bêtises, juste que tu sois assez fort pour gagner tes combats, et que tu respectes les Cinq Codes que j’ai dicté. Tu l’as si bien fait jusqu’à maintenant, tu peux bien continuer non ?
-T’es fiable, toi. Comme l’acier, dit Arina.
-Parlant de cela, dit Prarag, j’aime que mon élu soit un minimum équipé. Laisse tomber ce glaive de merde. Tu trouveras, à l’emplacement que je vais t’indiquer, un champ de bataille plutôt vieux. Il devrait y avoir parmi les morts le squelette d’un chevalier hasdrubien, qui faisait à peu près la même taille que toi. Va chercher son armure et ses armes. J’ai tout poli, ça devrait pas grincer. C’est mon cadeau,  pour tes bons et loyaux services passés et à venir. »

Arina se mit en route, sans en demander plus. Rencontrer Prarag, être son élu divin, même s’il igonrait ce que ça voulait précisément dire… C’était une chance énorme ! En soit, cela le satisfaisait plus que tout autre chose.

« Arina ! lança Prarag, au loin. Arina Jerliadottir ! Tu es sûr de ce que tu veux ?
-C’est Jerliason, pour toi, comme pour tous les autres, même si t’es fiable ! lança-t-il sans se retourner. »

Tous deux partirent d’un éclat de rire. Car Arina savait qu’au fond, Prarag l’avait juste provoqué. En fait, il se fichait bien de savoir si c’était son ou dottir. Du moment qu’il respectait les Cinq Codes…
Arina Jerliason a vingt-six tours.

Azma


La guerre, les débordements engendrés par la guerre

Caractère et attributions

Azma est la fille de Prarag, le premier dieu de la guerre. Nul ne connait l’identité de sa mère. Il est juste su que quand Prarag arriva sur Ryscior, avec les autres dieux, Azma était d’ores et déjà là, et était sa fille. Tout comme son père, elle apprit l’art de la guerre lors du premier grand conflit, quand les peaux-vertes arrivèrent sur Ryscior, à l’époque des Anciens. Puis elle livra, comme lui, la terrible guerre qui marqua leur chute.
Mais au combat, chaque personne réagit différemment, et à la grande surprise de son père, Azma éprouva un plaisir qu’elle put dissimuler la première fois qu’elle mit un être, en l’occurrence un orc, à mort. Elle avait aimé sentir les chairs tranchées par sa lame, aimé imaginer la souffrance qui devait prendre son adversaire, et par-dessus tout, aimé voir son sang couler à flots. Désormais, elle savait ce qui lui plaisait dans la guerre. Et ce plaisir se confirma grandement contre les démons.

Aujourd’hui, lorsque les royaumes se rencontrent, et qu’ils ont un litige à régler, si la diplomatie est une solution, une autre solution souvent appliquée n’est pas d’échanger des mots amicaux, mais des échanges guerriers faisant naître haine, fureur et ressenti. C’est là la tragédie qu’incarne Azma : Même dans un monde où la mort menace à chaque instant, un monde où les frères de race sont les alliés les plus sûrs, les mortels trouvent encore et toujours le moyen de porter plus la main sur leurs prochains que sur les ennemis de Ryscior.
Azma incarne donc cette nature violente et irrationnelle des mortels. Elle est la divinité tutélaire de tous les meurtres gratuits et de toutes les atrocités qui entachent l’histoire de Ryscior. Elle est l’une des divinités les plus violentes, si ce n’est la plus violente, et son plus grand désir est de voir le monde dévasté, les cités en proie aux flammes, les mers remplacées par des océans de sang et les terres transformées en déserts arides recouverts de monticules de crânes empilés en son honneur.
Elle exige de ses serviteurs qu’ils versent le sang et tuent à la moindre occasion, aussi la plupart de ses adorateurs sont-ils des guerriers. Mais en vérité, quiconque est prêt à tuer sans se soucier des conséquences peut entrer dans ses bonnes grâces.

Sa soif de sang est inextinguible, et elle n’a de cesse d’exhorter ses adorateurs à prendre les armes et à tuer en son nom. Sa colère et sa violence sont des forces débridées pouvant prendre pour cible alliés aussi bien qu’ennemis. Elle observe les scènes de meurtre et de sauvagerie avec délectation, et durant les périodes de destruction et de guerre, son rire peut être entendu dans tout le plan d’existence qu’elle partage avec son père.
Elle est en lutte permanente avec son pire ennemi, son propre père, pour devenir divinité tutélaire de la guerre de manière générale. Son avantage ? Elle tire sa puissance des pulsions les plus primaires et les plus sauvages des mortels. Les armées regorgent d’incrédules aveuglés par les notions de courage, d’honneur ou de vengeance. Ces idéaux finiront tous par causer leur perte. Car sur le champ de bataille que veut Azma, l’honneur devient vanité, et la vanité conduit à faire des fautes stupides. Azma, pour sa part, préfère recruter ses fidèles parmi les âmes brisées par les guerres. Des âmes que les guerres ont vidé toute décence, humanité ou compassion.
Telle est Azma, déesse du sang.

L’arme d’Azma est une épée, qu’elle manie fort violemment au demeurant. Toute sa stratégie martiale est basée sur l’attaque. Durant la chute des dieux, elle resta loin des mortels. En effet, le Juge ayant compris que sa présence pouvant causer des conflits majeurs, l’envoya dans le désert avec son père, de sorte qu’elle passa toute la chute des dieux à l’affronter.

Le culte d’Azma

Remarque importante : Les prêtres d’Azma ne manipulent pas la magie cléricale. A la place, leur force physique est accrue.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les prêtres d’Azma n’ont aucun précepte. Ce qu’ils ont qui s’en rapproche le plus est une sorte de frénésie sanguinaire qu’ils recherchent absolument à chaque fois qu’ils se lancent dans un combat quelconque.
Quelles sont les cérémonies importantes de ce culte ? Il n’y a dans le culte d’Azma ni cérémonie, ni jour sacré. Ce qui est en revanche sûr, c’est qu’au combat, puisque c’est dans cette seule circonstance qu’ils peuvent pleinement honorer leur déesse, ils sont incroyablement barbares et violents. Leurs armures sont couvertes de sang bien plus vite que celles de n’importe quel autre guerrier, et ils sont plongés dans un état de rage pour ainsi dire incontrôlable.
Où peut-on trouver ces cultistes ? Sur les champs de bataille, dans les pays en guerre, ou dans les prisons des pays en paix, car son culte n’est pas toléré.
Quel est leur plus grand temple ? Ils n’ont pas vraiment besoin d’un temple.
Comment rejoindre le culte d’Azma ? Il n’y a pas vraiment de méthode pour devenir prêtre ou prêtresse d’Azma. Toutes les personnes qui prennent plaisir à tuer ne la vénèrent pas, et tous ceux qui la vénèrent ne souhaitent pas forcément devenir ses prêtres. En fait, la plupart du temps, les prêtres d’Azma s’autoproclament comme tels lorsque la folie qui commençait à les ronger finit par dicter leurs actes. Si ce n’est pas dans un contexte de bataille, cela aura tendance à déclencher un déchainement de violence terrifiant, pas toujours très meurtrier, mais toujours particulièrement brutal et sanglant.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Non.
Ce culte est-il populaire ? Absolument pas ! les adorateurs et prêtres d’Azma sont particulièrement rares, car considérés, souvent à raison, comme des meurtriers et des bouchers sans pitié, et donc traités comme tels. Ils ont cependant, par nécessité, appris à être le plus discrets possibles. Bien souvent, ils s’engagent dans les armées des pays en guerre, puis désertent lorsque la paix est signée. Car lorsque le temps vient de combattre, nul ne peut leur en vouloir d’être particulièrement motivés.
Quid du culte des races à part ? Les nains des profondeurs et les elfes noirs sont les seuls peuples qui laissent les prêtres et prêtresses d’Azma marcher à l’air libre parmi eux, et chez qui les adorateurs peuvent être libres comme l’air (ils sont d’ailleurs nombreux). Enfin, bien sûr, tout est relatif. Les elfes noirs comme les nains des profondeurs ne veulent pas d’un carnage soudain en pleine rue, aussi les prêtres et prêtresses d’Azma sont-ils cantonnés dans des quartiers sous haute surveillance, et ne sont véritablement relâchés que lorsque vient le temps de la bataille, souvent en des points stratégiques, là où leur terrifiante sauvagerie aura le meilleur impact sur l’adversaire, que ce soit physiquement ou moralement. De temps à autre, ils peuvent également servir de gladiateurs d’élite.

Nynaeve, dite Nynaeve la Rouge, ou Merveilleuse, élue d’Azma


L’histoire de Nynaeve, princesse elfe blanche, aurait pu être une belle histoire, si tout s’était bien passé. Elle aurait pu prendre la place de sa mère, le jour où celle-ci aurait décidé qu’il était temps pour elle de laisser son enveloppe charnelle derrière elle. Elle aurait pu vivre parmi les siens, avec toute la sagesse des elfes blancs.
Mais il y eut Asarith Lune-Pâle. Malene, mère de Nynaeve, après la mort d’Astalil, avait pensé qu’il était bon que sa fille, désormais adulte, se rende sur le continent pour y faire son premier travail. Lui annoncer qui étaient les dirigeants du continent, quels étaient les royaumes… Elle était accompagnée d’un garde du corps dans cette tâche, et la Broche d’Or lui avait été donnée afin qu’elle puisse l’accomplir.
Mais la nouvelle de sa présence sur le continent ne pouvait pas tomber que dans l’oreille de sourds. Et sourd, Asarith, l’oncle de Nynaeve, élu de Simialle et premier des elfes noirs, ne l’était certainement pas. Il vit dans l’arrivée de sa nièce une opportunité de frapper pour la première fois depuis cinq millénaires celle qu’il haïssait par-dessus tout : Sa sœur Malene. Korien, le garde du corps, assassiné, la Broche d’Or arrachée à sa porteuse, il fut aisé de l’emmener dans les geôles de son palais, à Garay.

Là, Asarith commença son œuvre de destruction mentale de Nynaeve. Sans la brutaliser, sans la forcer plus que nécessaire, il discuta avec elle, de tout et de rien d’abord, la mettant en confiance. Puis, petit à petit, à mesure que le temps passait, il commença à saper ce que Malene avait appris à sa fille, et par là-même, à saper la confiance que cette dernière avait en sa mère. Elle se mit à douter. Et ce petit doute, aussi infime était-il au début, Asarith le perçut, et s’engouffra dedans. Remuant le couteau dans cette plaie, il argumenta, encore et encore, jusqu’à ce que Nynaeve ne soit plus qu’un gigantesque doute, ne sachant que penser, ni dans quel camp pencher. Elle n’avait jamais connu que le point de vue sa mère, et voilà qu’on lui en proposait pour la première fois un autre.
Mais surtout, Asarith était un maitre manipulateur. Nynaeve n’avait jamais rencontré de manipulateur, alors que pouvait-elle faire face à un maitre ? Lorsqu’elle fut libérée, elle était totalement perdue. Mais il y avait une chose qu’elle savait, et c’était qu’il n’était pas temps pour elle de rentrer à la maison. Mais elle y fut néanmoins contrainte par le capitaine Théoden, qui devait bien exécuter sa mission. Elle commençait à accepter cet état de fait, quand les arènes arrivèrent.

Tous deux étaient épuisés par la chaleur étouffante qui régnait dans le désert de Ram. Aussi, quand des trafiquants d’esclaves les prirent, ils furent littéralement cueillis. Voyant en eux des guerriers, un maitre des gladiateurs les prit sous son aile, et les envoya dans les arènes. Et là, Nynaeve mit en confrontation ses deux enseignements.
Sa mère lui avait appris que le goût de la vie, c’était de respecter celle des autres et de se respecter soi-même. Son oncle lui avait appris que le goût de la vie était celui du sang de ses ennemis, quand on les tuait. Dans l’arène, Nynaeve confronta ces deux versions, face aux adversaires qui lui furent désignés. Et elle tua, et goutta leur sang.
Oui. Le goût de la vie, à n’en pas douter, c’était cela. Elle prit alors plaisir à tuer, et à faire couler le sang, pour le plaisir du public qui l’applaudissait. Sûrement, elle était sur la bonne voie. Jamais elle n’avait vu autant de gens réunis au même endroit, et jamais ils ne l’avaient tous applaudi de concert. Ces personnes ne pouvaient pas tous être des mauvaises personnes, après tout. S’ils l’applaudissaient quand elle tuait dans leurs arènes, c’est qu’il y avait là un fond de vérité. C’est là qu’elle gagna le titre que les spectateurs lui donnèrent, Nynaeve la Rouge. Plus tard, elle en gagna un autre : Merveilleuse.
C’est à cette période qu’Azma, qui n’avait plus d’élue divine, commença à surveiller la jeune elfe. Car Azma aime les arènes, mais moins les gladiateurs, qui évitent un peu trop de se tuer à son goût. Que l’une d’entre eux franchissent d’un bond joyeux ces barrières…

Lorsqu’elle fut ramenée dans la vallée cachée, Nynaeve griffa sa mère en guise de salut, mais celle-ci garda espoir qu’elle pourrait arracher les germes de la folie qui poussaient dans l’esprit de sa fille, soigner le mal qu’Asarith lui avait causé. Elle ignorait encore qu’elle commençait un bras de fer avec une déesse qui lui avait déjà pris son frère, et qui n’était pas déterminée à lui rendre sa fille.
Ainsi, alors que le jour, Malene essayait d’apprendre à sa fille à respecter la vie, la nuit, Azma commença à apparaitre dans l’esprit de Nynaeve, lui livrant des visions de carnage triomphant, de flots de sang qui coulaient, et l’enfonçant toujours plus dans ces dernières, s’assurant que Nynaeve faisait elle-même le chemin qu’elle lui montrait, ne serait-ce que par curiosité. Malene constata trop tard ce qui était en train de se passer. Que l’état de sa fille stagnait, voire se dégradait. Car lorsqu’elle le remarqua, ce fut quand elle lui planta un poignard dans le ventre.

Nynaeve le retira, l’air incrédule. Elle était encore assez consciente de ce qui l’entourait pour se demander ce qu’elle avait fait. Mais alors qu’elle s’attendait à voir sa mère s’effondrer, sous le coup de la blessure, celle-ci resta digne, debout, et plaqua sa main sur son ventre, la retirant aussitôt, rouge de son sang, et la portant à son visage.

« Nynaeve, dit-elle. Même le jour de ta naissance, tu ne me fis pas aussi mal, ni autant saigner. Qu’est devenue la jeune fille rieuse que tu étais ? »

Sa mère la regarda alors d’une étrange façon. Car son regard était habituellement doux. Mais cette fois, il d’un sentiment duquel Nynaeve n’aurait jamais cru sa mère capable. De la haine.

« Azma, dit-elle d’un ton froid. C’est donc cela. Je vois que tu me l’as prise, elle aussi, comme tu me pris mon frère, et la moitié de ma race. Je ne te laisserai pas t’en sortir ainsi, monstre. Rends-moi ma fille ! »

Alors seulement, la reine Malene s’autorisa à afficher une expression de douleur, et à s’effondrer, sans un bruit. Quant à Nynaeve, elle s’enfuit. Elle put rejoindre le front de mer avant que la nouvelle de son acte n’y parvienne. Et, connaissant la formule pour abaisser la barrière de tempêtes, elle utilisa les teikokujins pour la ramener par la mer sur le continent qu’elle avait quitté il n’y avait finalement que peu de temps. Sans remords, elle saborda la jonque des teikokujins au débarquement, après les avoir tués. Personne ne devait savoir où elle était partie. Elle rejoignit son oncle, qui sourit en la voyant arriver au palais de Garay.

« Je n’ai jamais douté de toi, ma nièce. Dis-moi que les nouvelles sont bonnes… »

Les nouvelles étaient excellentes. N’avait-elle pas commis un matricide sur la pire ennemie d’Asarith ? Ce dernier se doutait bien qu’elle ne l’avait pas tuée, même s’il n’en dit rien à sa nièce. C’aurait été trop facile. Mais il fêta néanmoins cette petite victoire comme il se devait. Nynaeve fut donc vite acceptée dans sa communauté, et rejoignit même la liste de ses amantes. Mais elle fut sauvée par le souvenir de sa mère, et un heureux évènement.
Car lorsqu’elle comprit qu’elle portait l’enfant de son oncle, Nynaeve se rappela le dernier regard que lui avait jeté sa mère, qu’elle croyait morte. Que cette dernière ait eu une expression de haine dans les yeux au moment de mourir, alors même qu’elle avait passé toute sa vie à être douce et aimable, l’avait perturbé plus qu’elle n’osait l’avouer. Elle ne voulait pas que l’enfant qu’elle portait alors grandisse dans un milieu capable d’attiser la haine de Malene.

Alors elle partit, dans la nuit. Les serviteurs d’Asarith la virent partir, mais ce dernier décida de ne pas intervenir. Nynaeve reviendrait, disait-il, si cela devait être ainsi. La folie qui grandissait en elle était désormais incontrôlable. Car si Nynaeve pouvait échapper à son oncle, elle ne pouvait pas échapper à ses rêves. Toutes les nuits désormais, elle était hantée par des visions de sang et de mort. Et de plus en plus, ces visions ressemblaient pour elle à un futur possible, et même probable.
Elle mit sa fille, Cassiopée, au monde dans un ruisseau en Hasdruba, avant l’invasion des morts. Puis elle partit, avec l’enfant au bras, pour Ram. Les ramiens furent heureux du retour de Merveilleuse, Nynaeve la Rouge, que tous croyaient morte dans l’attaque d’un dragon. Et elle recommença à y tuer. Les jours où elle combat, Azma se délecte de ce spectacle. Les jours où elle ne combat pas, ce sont dans ses rêves que se déroule la bataille. Elle craint d’aller dormir ces nuits-là. Et cette crainte, elle la voit sur le visage de sa fille qui grandit peu à peu, en silence. Même l’enfant de trois tours, avec toute son innocence, comprend que sa mère est folle.
Azma travaille aujourd’hui à convaincre Nynaeve de se rendre sur l’Île Noire, où elle pourra combattre dans des arènes autrement plus violentes, dans de véritables orgies de sang. Pour l’instant, Cassiopée est pour Nynaeve un phare dans les ténèbres. Toujours, elle se raccroche à cet unique rocher au milieu d’un océan de folie : Elle ne veut pas que sa fille grandisse chez des gens que sa mère aurait haïs. Mais elle sait aussi qu’un jour, sa fille atteindra l’âge adulte. Elle devra s’en séparer. Et ce jour-là, quel rocher auquel s’accrocher pour l’empêcher de totalement ne faire qu’une avec sa déesse ?
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Dargor
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Jeu 26 Oct 2017 - 11:15

Les Maîtres du Chaos

On les appelle ainsi car ils sont les divinités réputées maléfiques, ou instables dans le meilleur des cas. Certains le sont vraiment, d'autres non. Mais c'est le nom de ce groupe de dieux.
Nerel


Le vol et les voleurs

Caractère et attributions

Nerel est le dieu des voleurs, des escrocs et des charlatans. Il n’est dans l’absolu pas aussi maléfique que d’autres divinités dites Maitresses du Chaos, mais c’est un criminel notoire, et le saint-patron de beaucoup d’accusés au tribunal. Un roublard de métier, donc. Il a d’ailleurs déjà volé au moins une fois chacun de ses camarades divins, à la seule exception du Juge, arrivé trop récemment pour avoir eu le temps d’être volé. Mais cela viendra.
Cela en fait-il pour autant un dieu mauvais ? Non. Ce qui le rend mauvais, c’est plutôt son caractère. Car si certains voleurs peuvent être audacieux, déterminés, voire quelque peu gentilhommes, ce n’est pas le cas de leur dieu. Nerel est égocentrique, et imbus d’une confiance excessive en lui-même. Solitaire, il préfère agir de sa propre initiative, même s’il lui arrive fréquemment de s’allier à Simialle, avec qui il partage régulièrement des intérêts. En effet, s’il a humilié cette dernière par le passé, en n’hésitant pas à la voler, elle aussi, leurs caractères respectifs les rapprochent, et les profanes peuvent parfois confondre leurs commandements.
D’ailleurs, les commandements de Nerel reflètent son caractère, et sont plutôt simples : la propriété détermine ce qui est juste, et elle se définit par la possession. Le message est donc clairement que, selon Nerel, celui qui possède plus a plus de pouvoir que celui qui possède moins. Pour posséder, il faut voler, car c’est une méthode plus simple que les autres. Aussi considère-t-il que le monde appartient aux voleurs, car le plus talentueux d’entre eux possèdera toujours plus.

Nerel entretient des relations compliquées avec Vamor, le dieu du commerce. Les deux dieux se haïssent, à cause du litige concernant la notion de propriété qu’il y a entre eux. Mais en même temps, ils s’apprécient, car les bons comptes font les bons amis après tout.

L’arme de Nerel est sa discrétion. Si Dwilin lui a forgé une arme (ou plus exactement, s’il a volé une arme forgée par Dwilin), il n’a en fait que rarement besoin de s’en servir. Heureusement. Durant la chute des dieux, Nerel erra dans les rues de la Cité-Etat d’Aliboronz, prenant un malin plaisir à en détrousser les passants. On rechercha durant des tours ce voleur qui avait sévi pendant quelques jours…

Le culte de Nerel

Quels sont les préceptes de ce culte ? Le commandement de Nerel concernant la propriété. Tel est le précepte du clergé de Nerel. Il est le seul, car les voleurs n’ont pas besoin d’un autre précepte.
Quels sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? A chaque nuit sans lune, chaque prêtre célèbre le rituel de la présence invisible. Il se met alors à genoux devant une pièce de monnaie, et se met à chanter des louanges à Nerel.
Où peut-on trouver les membres de ce culte ? Bien qu’il soit clandestin, son clergé se trouve un peu partout dans le monde. Toutes les guildes de voleurs comptent un prêtre de Nerel parmi ses membres. Dans les villes où il n’y a pas de guildes, les prêtres de Nerel font office de personnalité importante du crime : ils recueillent des informations, les transmettent contre de l’argent, etc. pour cela, ils travaillent souvent avec le clergé de Simialle.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? Leur plus grand temple se trouve dans les égouts de la cité de Kelvin. Il abrite près d’une quinzaine de prêtres.
Comment rejoindre ce culte ? Il faut trouver un temple à sa gloire, et être soi-même un voleur des plus expérimentés. Il n’y a pas d’apprentissage, juste une épreuve particulièrement difficile. Si le candidat la passe, il est ordiné. Sinon, il est mis à mort pour son échec, car il en sait trop.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Les plus riches ont autorité sur les moins riches, car si ces derniers ne peuvent s’enrichir par eux-mêmes, ce sont forcément des mauvais prêtres.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Absolument pas. Les prêtresses sont acceptées, dès lors qu’elles sont assez douées pour triompher de l’épreuve qui leur est imposée.
Son culte est-il populaire ? Son culte promeut le vol et la nuisance à la propriété d’autrui. Autant dire qu’il n’est pas très populaire… Il est par tradition ennemi au culte d’Ohiel et à celui de Vamor. Les prêtres et autres adorateurs de Nerel sont jetés en prison. Mais ils ont droit à un procès, ce qui n’est pas le cas de tous les cultes clandestins.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs ont un certain respect pour Nerel, mais loin d’être assez marqué pour qu’ils se mettent à l’adorer.
Valentino Tarenziore, élu de Nerel


Ne devient pas élu de Nerel, dieu des voleurs, n’importe quel malandrin. Et le talent de voleur ne suffit parfois pas. C’est ce que prouve Valentino Tarenziore. Ce dernier n’a pas d’histoire dramatique. Ce n’est pas un homme qui a été abandonné par son père, s’est retrouvé à la rue, et a dû voler pour survivre, s’élevant peu à peu dans la hiérarchie grâce à son talent. Ce n’est pas le genre d’histoire que celle de Valentino Tarenziore. Histoire oubliée par beaucoup, sauf lui-même. Après tout, n’a-t-il pas il y a trois tours atteint le millénaire d’existence, devenant seulement le deuxième humain à franchir ce cap symbolique, après Dortan Giger ?
Il était en fait riche de naissance. Fils unique d’une famille de la cité de Karak-Tur, il ne se mit pas à voler pour survivre, adolescent. Il ne se mit pas non plus à voler pour donner du pain aux pauvres. La justice, il s’en fichait bien. Amasser des richesses, il s’en fichait bien, même si de fait, le vol lui faisait en amasser.
Ce qui l’amusait, c’était de provoquer ses cibles, car il les connaissait bien. Il volait exclusivement les riches de Karak-Tur, leur laissant après son larcin un message. Ce massage, rédigé en vers et non en prose, variait à chaque vol. Son contenu, lui, variait toujours autour du fait qu’il était terriblement désolé de la disparition de l’objet (un seul à chaque fois, que ce soit un bijou, un vase, un portrait, une statuette, ou autres, Valentino n’emmenait jamais plus d’un seul objet), qu’il souhaitait rassurer son propriétaire légitime quant au fait qu’il en prendrait soin, et que ce n’était pas la peine de le chercher, car jamais on ne le retrouverait. Il s’en amusait car quelques jours après, systématiquement, il revoyait, en plein jour et dans une conversation amicale, la personne qu’il avait dépouillée. Et comme le sujet du vol tombait systématiquement sur le tapis, il avait toujours l’occasion de voir la réaction indignée de sa victime qui se demandait bien qui avait pu faire une telle atrocité.

Vint un jour où il dû reprendre l’entreprise de son père, car il était décédé, et se plongea dans le commerce maritime. Cela l’ennuya bien vite. Le commerce lui prenait tout son temps, et n’avait rien d’amusant. Il n’avait plus le temps d’aller voler, ni de rédiger ses poèmes. Et en outre, il volait d’une autre façon, disait-il. Une façon qui ne lui plaisait pas.
Car son père n’était pas un honnête armateur, mais aussi un contrebandier, qui faisait entrer des produits en cachette. Valentino préférait cet aspect des choses, et aimait bien à se mêler plus de la contrebande que du commerce honnête qui était fait. Mais même ceci finit par le lasser, car il réalisa que dans cette contrebande, il n’arrivait pas à introduire sa touche personnelle.
Cette touche, c’était celle qui l’avait poussé à rédiger des poèmes pour ses victimes, quand il volait lui-même. C’était un certain romantisme dans son action. Quand il volait, ce n’était jamais des objets qui n’étaient que précieux. C’était aussi des objets chargés de sens. Il lui était arrivé de voler une statuette de bronze au lieu d’une incrustée d’or, parce que celle-ci voulait à son avis dire plus de chose. Là, dans la contrebande, pas de romantisme. Juste du profit.

Comprenant que cette vie n’était pas pour lui, il réfléchit aux options qu’il avait. Il pouvait continuer à vivre cette vie qui ne lui plaisait pas à Karak-Tur, ou changer. En tant que dirigeant d’une flotte, il eut une idée, et se mit à étudier la navigation, officiellement car il souhaitait accompagner ses capitaines. Après tout, disait-il, quel genre de patron pouvait-il être, s’il n’avait pas la moindre notion de navigation ? Sûrement, ses employés ne devaient avoir aucun respect pour ce terrestre.
C’est ainsi qu’il apprit, peu à peu, à naviguer. Et dès qu’il put commander son propre navire, il en fit construire un, mais pas un qui était destiné au commerce… Un beau jour, il recruta un équipage, lentement car il ne voulait pas mentir à ses hommes sur ce qui allait se passer, et devait les choisir fiables, et s’enfuit avec. Valentino Tarenziore le pirate était né.

Cependant, il ne fut pas une brute sans foi ni loi. Dans sa piraterie, il voulait intégrer sa touche personnelle. Son romantisme. Le sens qu’il mettait dans tout ce qu’il faisait. Si bien que lorsqu’il abordait un navire, les capitaines abordés parlaient de lui comme d’un pirate, oui, mais aussi d’un gentilhomme. Sa réputation n’était donc plus à faire quand il quitta la mer intérieure.
Très maniéré, il avait pour principe d’éviter au maximum le combat, afin de ne pas faire couler le sang. Lorsque cela était possible, il discutait avec ses victimes, disant des mots doux aux dames, n’ayant pas peur de rassurer d’éventuels enfants apeurés, et parlant aux marins comme l’un des leurs. Son équipage s’accommodait de ses manières, à condition que leur capitaine les enrichisse. Et en plus, pour peu de choses ! Après tout, éviter au maximum les combats, cela voulait dire éviter au maximum les risques de blessures graves et de morts.
Ils livraient cependant souvent bataille, comme tout bon pirate qui se devait. Dans ce cas, Valentino Tarenziore s’assurait qu’elle soit aussi brève que possible, et respectait scrupuleusement les us et coutumes de la guerre en mer. Jamais on ne le vit hisser le drapeau rouge, et il avait pour principe de s’assurer que ses vaincus puissent parvenir à regagner au moins le port le plus proche.

Sa carrière l’amena, alors qu’elle commençait à florir, à Port-Argenterie, où il fit partie du conseil des pirates. Habitué à mentir, il put même leur jouer un sale tour, sans qu’aucun ne le sache. Il se souvenait en effet de l’endroit où était cachée sa collection de trésors, volée à Karak-Tur. Et aussi une partie des profits de sa contrebande, à son époque de marchand. Il proposa aux pirates de la revendre afin de permettre à Port-Argenterie d’élever des défenses dignes de ce nom avant de commencer à grandir. Les autres pirates acceptèrent, mais il n’avait pas assez d’argent pour construire seul un mur. Etant commerçant, il leur proposa de mener les négociations auprès de maçons, mais à condition que tous l’aident financièrement. Les capitaines pirates, voyant l’intérêt protéger Port-Argenterie d’une attaque terrestre, acceptèrent. Et leur argent venait bien sûr de leurs rapines. Ce qu’ils ne surent jamais, c’était que Valentino Tarenziore leur avait demandé plus, bien plus, que ce valait réellement le mur de la ville. Mais à quelques milliers de pièces d’or près…

Un vol d’argent volé, donc. Et fait par quelqu’un qui volait par amour du vol, mais d’un vol particulier, puisque fait selon ses envies, selon ses codes. Il n’en fallut pas plus pour amuser Nerel, qui lui fit une offre que Valentino Tarenziore ne pouvait pas refuser.

« Être un élu divin ? Moi ? Ça me ferait plaisir, vraiment.
-Tu en es sûr ? Je pourrais te confier des responsabilités, tu sais. Comme par exemple, apprendre à être un peu plus terrible que tu ne l’es dans tes actions.
-Mais je crois que vous n’en ferez rien, mon bon ami. Vous ne m’auriez pas proposé d’être votre élu si vous n’appréciez pas, secrètement du moins, mes méthodes n’est-ce pas ?
-Tes méthodes sont des méthodes de lâche. Simialle les adorerait. Mais elles marchent.  Je n’en demande pas beaucoup plus.
-En d’autres termes, le marché est conclu ?
-Marché conclu, confirma Nerel. »

Valentino Tarenziore passa le millénaire qui suivit à se faire un nom, qui grandit. Il devint maitre en l’art du déguisement, et maitre navigateur également. Redouté dans les cercles de la bonne société, car il aimait séduire les jeunes femmes, il se maria plusieurs fois. Sa touche personne, encore, le poussait à ne prendre que des amours platoniques. Donc même si de nombreux pirates se revendiquent ses descendants, la plupart du temps c’est faux. Car Valentino Tarenziore, quand il a des enfants, suit les évolutions de son arbre généalogique. Après tout, il est pour venir en aide à sa descendance, mais encore faut-il qu’elle le soit vraiment.
Il est en outre ami de certains dirigeants de ports, qui savent qu’avec lui, si le commerce est en danger, les commerçants ne le sont pas. Valentino Tarenziore n’est pas une menace pour eux. Et la noblesse apprécie ses jeux. Il a fait des émules, jamais aussi doué que lui, mais est devenu une figure de romantisme accomplie, à travers le monde.
Mais que chacun reste méfiant ! L’actuel gouverneur de Puerto Blanco, père charmé par sa petite fille, reste un roublard. S’il décide de voler un objet, peu de choses peuvent l’en empêcher. Mais encore et toujours, il le fera avec ce romantisme et ce côté maniéré qui le caractérise.
On dit qu’il a un trésor enterré quelque part dans le monde. Après un millénaire de vol, de piraterie, puis de vol sur terre à nouveau, puis d’escroqueries, malgré ce romantisme qui le handicape fortement dans son accumulation de richesses, ce trésor doit bien être immense ! Valentino ne nie pas qu’il l’est. Mais si on lui pose la question, sa réponse sera toujours la même.

« Je vous mets au défi de le trouver, dit-il. Pour cela, vous devrez trouver la clé ouvrant au coffre qui contient la carte menant à l’énigme qui dévoile l’emplacement de la clé ouvrant la porte de mon trésor. Où est cette porte ? A vous de le deviner. Si vous le faites, prenez tout ce trésor. Il est à vous et vous l’aurez bien mérité. C’est un jeu que j’aime jouer. »

Maniéré et gentilhomme jusqu’au bout, donc. Personne n’a encore jamais trouvé ne serait-ce que la première clé.

Nimen


Les maladies

Caractère et attributions

Les maladies font partie intégrante de la nature. Tout mortel, quand il vieillit, ou quand il est trop jeune, y est sujet. Elles n’arrivent normalement pas par maléfice, et signifient, quand elles emportent leur victime, que le cycle de la vie se termine. Mais pourquoi leur divinité tutélaire ferait-elle partie des dieux dits du Chaos, et non des divinités de la nature ? Parce que Nimen est une déesse fondamentalement maléfique et n’est certainement pas saine d’esprit.
Elle ne fut pas toujours la folle que le panthéon connait aujourd’hui, cependant. Avant la chute des Anciens, elle était même une déesse de bien, ne lâchant les maladies que lorsque la fin de vie arrivait, quand il en était temps. Elle était à l’époque intimement liée à Elye et Elis, et travaillait en bonne entente avec elle. Mais certains dieux furent affectés par la chute des Anciens et l’arrivée des démons sur Ryscior. Les mortels l’ignorent bien sûr, mais si la plupart des dieux sont parvenus à se débarasser de la souillure démoniaque qui les avait à l’époque affecté… Ce ne fut pas le cas de tous. Nimen en est sans doute le meilleur exemple. Désormais, les maladies menacent à tout moment tous les êtres vivants, elles peuvent être aussi bénignes que mortelles, et Nimen les lâche selon son bon plaisir.

Nimen est la ville déesse des maladies, de la décrépitude et de l’entropie. En tant que telle, elle est la créatrice des maladies les plus graves la mère des épidémies et la pourvoyeuse de pourriture. Elle adore répandre ses caresses infectieuses chez les mortels, engendrant de nouveaux fléaux qui sont autant de présents qu’elle fait au vivant. Malgré son apparence frêle et maladive, Nimen est étonnamment robuste et pleine d’une énergie inquiétante. Ses disciples voient leur corps être ravagé par les plaies et les virus qui leur dévorent les chairs, mais sont également remplis de mucosités et de sang noirci.
Elle les aime cependant ! Ils affirment que leur déesse a un sens de l’humour très développé. Et de fait, elle a un certain humour pervers, une jovialité qu’elle manifeste dans son œuvre de décrépitude. Elle fait d’ailleurs preuve d’une tendresse et d’un amour malsain à l’égard de celles et ceux qui sont assez fous pour l’adorer.

Elle agit toujours avec enthousiasme lorsqu’elle mélange des souches de la variole et de la fièvre pour créer un ragout toxique pestilentiel, car bien que toutes les maladies connues affectent son corps pourri de l’intérieur, elle est obsédée par la création de maux nouveaux. Quand elle est satisfaite de ses efforts, elle verse la concoction dans une grille du sol de son palais, et glousse de bonheur en observant les plaies nauséabondes pleuvoir sur le monde.
Elle se considère généreuse en léguant ses créations malfaisantes aux mortels, qu’elle considère avec cette affection qui la caractérise. Elle aime à s’assurer que riches comme pauvres puissent profiter égalitairement des fruits de son labeur.

Nimen est rejetée par la plupart des autres dieux, à l’exception des maîtres du chaos, qui l’ont donc accueillie avec plaisir parmi eux. Car les épidémies ne perturbent-elles par l’ordre après tout ? Son arme est une fiole, qui contient les fruits de son expérimentation du moment. Durant la chute des dieux, elle erra dans la Cité-Etat de Karak-Tur, là où une épidémie qu’elle avait elle-même lancée peu auparavant faisait rage.

Le culte de Nimen

Remarque importante : Outre la pourriture de leurs corps qui les rend aisément reconnaissables et ne semble pas les gêner outre mesure, les prêtres de Nimen appellent leur déesse Grand-Mère, en référence à l’affection perverse qu’elle a pour eux.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Lorsqu’ils ne vaquent pas à leurs occupations, les prêtres de Nimen essayent de répandre sa parole, la maladie. Puisqu’après tout, elle considère cette dernière comme un cadeau, alors ses prêtres s’attachent à le donner au plus grand nombre.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? L’apparition d’une maladie nouvelle est toujours pour eux une occasion de se réjouir et de remercier Grand-Mère Nimen de son cadeau.
Où peut-on trouver des membres de ce culte ? Un peu partout dans le monde, mais il convient de préciser qu’il s’agit du clergé le plus rare et difficile à trouver.
Quel est le plus grand temple de ce culte ? Ce culte n’a fort heureusement que très peu de temples, et ceux qui sont trouvés ont tendance à être rapidement purifiés par le feu. Il convient toutefois de noter qu’un bâtiment perdu dans une ruelle du labyrinthe de Kelvin sert de rendez-vous à une importante troupe d’adorateurs, importante dans le cas de Nimen voulant dire sept personnes.
Comment rejoindre ce culte ? N’importe qui est libre d’adorer Grand-Mère Nimen ! Mais pour passer du statut d’adorateur à celui de prêtre, il faut maitriser l’alchimie ou les poisons, voire les deux, et travailler sur les maladies. Mais pour lutter contre elles…
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Dans la mesure où Nimen traite de façon parfaitement égale tous les mortels quand elle leur fait des dons, il ne peut y avoir de hiérarchie.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Pour la même raison pour laquelle il n’y a pas de hiérarchie, non. Peu importe leur sexe, peu importe leurs penchants, tous sont les mêmes aux yeux de Grand-Mère Nimen.
Ce culte est-il populaire ? Il est absolument interdit. Les prêtres de Nimen ont tendance à vouloir éveiller les cadeaux de leur Grand-Mère impie, et sont donc traqués partout. Beaucoup d’entre eux sont d’ailleurs brûlés vifs, au même titre que les adorateurs des démons, avec lesquels ils sont souvent confondus.
Quid du culte des races à part ? Les elfes noirs et les nains des profondeurs ont la même opinion des prêtres de Nimen que le reste du continent.

Elise Sazem, élue de Nimen


Trente tours d’existence, et déjà maudite. Tel pourrait être le résumé de l’histoire d’Elise Sazem, devenue pour son plus grand malheur l’élue de Nimen, déesse des maladies. Comment ? Comment une guérisseuse, une simple humaine qui parcourait les routes du monde en cherchant à guérir les malades et soigner les blessés par sa connaissance de la médecine, et par son amour de cet art, a pu devenir l’élue de celle qui est, fondamentalement, son ennemie ?
Il faut dire que les élus de Nimen, à travers les âges, n’eurent jamais de chance. Si la maitresse de la pourriture et de la déchéance aurait pu choisir des serviteurs prêts à la servir fanatiquement pour élus, elle a, dans cet humour cynique et pervers qui la caractérise, prit pour habitude de se choisir des élus qui, au contraire, chercheraient à guérir les gens autour d’eux. Donc des médecins, ou des prêtres d’autres dieux. Leur point commun à tous étant qu’ils se consacraient à faire reculer son œuvre. Travailler dans la médecine, c’est fréquenter indirectement Nimen au quotidien, pour le meilleur comme pour le pire. Pour ceux et celles qui ont le malheur de la trouver sur leur chemin, c’est pour le pire.
C’est le cas d’Elise Sazem.

Elle perdit, très jeune, ses parents d’une maladie inconnue. Recueillie par Julie, une prêtresse d’Atÿe qui devint pour elle comme une seconde mère, elle garda ce souvenir. Julie lui apprit à aimer son prochain, et donc à le soigner, et très vite, Elise Sazem se prit de passion pour la médecine qui lui était enseignée, voulant absolument découvrir et vaincre cette maladie qui avait emporté ses parents. Elle quitta sa mère adoptive à l’âge de dix-huit tours, après avoir appris d’elle tout ce qui était possible. Ces adieux furent difficile, mais elle partait après tout pour combattre Nimen.
Si seulement elle savait…
Huit tours passèrent.

Agée de vingt-six tours, Elie Sazem vécut une aventure insolite. Elle dût amener, avec l’aide du semi-nain Bluck, une pierre confiée par une druidesse des Îles de Jades aux elfes de la Grande Forêt, afin qu’elle soit neutralisée. On disait de cette pierre, la Malpeur, qu’elle recelait une malédiction terrible jetée par Nimen. Elle devait donc être maitrisée par des mages assez puissants pour cela. Mais alors qu’ils la transportaient, dans la Grande Forêt, la pierre tomba. Dans sa chute, elle s’ouvrit, et une étrange vapeur verte en sortit. Aussitôt, la décrépitude gagna les fougères alentour. Et il fallut tout le talent des mages elfes et de la guérisseuse humaine pour empêcher cette étrange maladie de gagner tout le royaume sylvestre. La Malpeur était à priori neutralisée.
Mais l’œil de Nimen avait été attiré par cette aventure. Et une nuit…

« Bonjour, mon enfant. Tu ne vois pas qui je suis, et pourtant tu me connais très bien. Ne suis-je pas celle que tu juges responsable de ton statut d’orpheline ? Oh, je vois que tu devines qui je suis. Je t’en prie, appelle-moi Grand-mère, comme le font les autres. Tu vois mon enfant, je n’ai plus d’élue. Ma précédente a été dévorée par les démons et son âme se trouve je crois bien aux enfers à cause de ça. Tout ce qui me reste d’elle, c’est ce bracelet. C’est triste pour moi, tu comprends ? J’aimerais vraiment que tu endosses ce rôle pour la remplacer. Tu as l’air d’une femme si bien… Ne t’en fais pas, tu ne pourriras pas. Enfin, pas d’extérieur à tout le moins. Pour l’intérieur, je ne promets rien. Mes élus m’ont fait comprendre qu’ils n’aimaient pas que ça se voie… Il faut dire que comme pour toi, j’ai l’habitude de prendre des médecins. J’aime à croire que c’est … Adapté. Alors bonne chance ! »

Sans lui laisser plus de choix, ni le temps de répondre, Nimen disparut, lui laissant uniquement le bracelet de Szaya Meïn derrière elle. Depuis cette funeste nuit, Elise Sazem est pour son malheur la servante de son ennemie.

Relonor


La technologie

Caractère et attributions

Le progrès. Fascinant et terrible à la fois, car il permet d’une part d’offrir des nouveaux horizons aux mortels, mais d’autre part, il revient sans cesse sur ce qu’ils croyaient vrai, sur leurs habitudes de vie… Relonor incarne ces deux aspects. Rien au monde n’émerveille plus cette divinité que la découverte d’une nouvelle technologie, d’un nouvel élément naturel ou d’un nouveau produit obtenu par alchimie de plusieurs autres.
Toute la personnalité de Relonor peut être résumée ainsi. C’est un dieu scientifique, qui recherche constamment l’amélioration des connaissances dont il dispose. En cela, il se sent proche de Vamor, le dieu du commerce. Car si ce dernier cherche constamment à utiliser ses richesses pour en créer plus encore, Relonor cherche constamment à utiliser ses connaissances technologiques du moment pour toujours en trouver d’autres. Ses domaines de prédilection sont les mathématiques, la physique, et la chimie. L’art de manipuler les chiffres pour leur faire dire des choses qui permettront d’ouvrir de nouveaux horizons de manière plus générale est son domaine favori, et si les chiffres lui donnent des idées, il n’hésite pas à demander à d’autres dieux (souvent Dwilin, du fait de ses fonctions) de l’aider à les concrétiser.
Voilà comment l’apparence physique de Relonor est une merveille technologique en elle-même. Etre le plus avancé de Ryscior en la matière, et des millénaires de progrès devant les mortels (qu’il trouve désespérément lents à progresser…), il a mis la technologie au service de son corps, à moins que ce ne soit l’inverse. Dans les deux cas, il en est heureux. Dès lors que cela peut l’améliorer, c’est une bonne chose.

Relonor a une sainte haine des sciences inexactes dont le fonctionnement n’est pas réglé comme celui d’un engrenage par des lois mathématiques aussi strictes que rigoureuses. Au nombre de ces sciences figure la magie sous toutes ses formes. Il est une divinité, la magie fait donc partie de lui, mais il la rejette aussi fermement que possible. Car la magie est indomptable, et ne saurait être résumée par des chiffres.
Mais ce n’est pas son seul sujet de haine. Il a déjà déterminé par la chimie que les émotions sont des réactions chimiques produites par le cerveau des mortels, et non des sentiments qui naissent dans l’âme. Bien qu’il ne nie pas l’existence de cette dernière, même si ce concept incarne ce qu’il hait, à savoir une chose que les chiffres ne peuvent résumer, il a une sainte haine des personnes prétendant que l’âme est le siège de l’esprit. L’esprit est selon lui un ensemble de réactions chimiques produites par les cerveaux mortels, réactions qu’il s’applique à reproduire afin de prouver qu’il a raison, point.
Pour toutes ces raisons, le nombre de divinités auxquelles il s’oppose farouchement est grand : Canërgen, Atÿe, Elye, Ariel, Lorin… En fait les seules divinités avec lesquelles il s’entende vraiment bien sont Vamor, car ce dernier, fin économiste, croit également aux chiffres, et Dwilin, car cet artisan a besoin de la technologie pour progresser dans son art. Encore que Dwilin rejette souvent la technologie, car il préfère travailler à la main, mais il en reconnait l’utilité.

Puisque l’engrenage a été évoqué, il convient de signaler que le symbole de Relonor est l’horloge. Il est pour ainsi dire en admiration totale devant ce mécanisme tout simple et si utile en même temps, quel que soit le domaine dans lequel on vient à l’utiliser. Quand il laisse ses travaux de côté pour se reposer, il peut parfois rester des heures en admiration devant une simple horloge dans son salon, et rien ni personne ne peut alors le perturber.
Mais alors, Relonor n’est-il pas un dieu de bien ? Car le progrès permet d’améliorer la vie. C’est plus compliqué que cela. Il se met indistinctement au service du bien comme du mal. Son objectif est d’améliorer les connaissances en matière de mathématiques, de chimie et de sciences physiques. Peu lui importe les conséquences de ses découvertes, pourvu qu’elles existent. Relonor incarne donc un progrès certain dans les conditions de vie, mais aussi tout le potentiel destructeur de ce progrès. Il est également un dieu très instable, car un progrès technologique constant et rapide comme il le prône ne laisserait, parmi les mortels, pas le temps à une société digne de ce nom de se mettre en place.

L’arme de Relonor est la Mâchoire. Dans son dos, elle a l’apparence d’une grosse pince métallique qui serait une excroissance de son corps. Dans les faits, c’est une mâchoire, d’où son nom, qui aussi rapide que puissance lui sert à broyer les corps de ses adversaires. Durant la chute des dieux, Relonor rendit secrètement visite à l’une de ses adoratrices dans la Cité-Etat d’Harmad. Quand celle-ci mourut, peu après, il recueillit son âme auprès de lui. Quel dommage, songeait-il, qu’il n’ait pas pu faire de celle-là aussi son élue. En travaillant avec Teken’Lil, il ne doutait pas que ces deux-là auraient pu faire des merveilles…

Le culte de Relonor

Remarque importante : Bien sûr que les prêtres de Relonor ont des pouvoirs d’exorcisme et de guérison ! Seulement, ils n’aiment pas trop les utiliser. Ou bien alors avec pour objectif de déterminer les lois mathématiques qui les dirigent.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Le progrès technologique, à n’importe quel prix. Toujours faire des recherches, toujours améliorer ce qui existe déjà. Ce sont les préceptes des prêtres de Relonor.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Les prêtres de Relonor considérant la création comme une cérémonie en elle-même, n’ont pas de temps à perdre en mysticisme ou adoration.
Où peut-on trouver ces prêtres ? Souvent près d’un riche seigneur, qui joue les mécènes pour eux, espérant que leurs recherches lui soient profitables. On peut aussi les trouver dans des universités spécialisées dans le progrès et la recherche, que l’on qualifie alors de « temples », puisque c’est ce qui s’en rapproche le plus.
Quel est leur plus grand temple ? Avec la destruction d’Harmad, le plus grand temple dédié à Relonor devient celui de la Cité-Etat Alénaraque. Les réfugiés d’Harmad l’ayant choisie pour aller à l’abri, ils y construisent, lentement mais sûrement, une nouvelle université. Elle n’a pas encore la taille de l’ancienne, mais à n’en pas douter, l’aura un jour. Et en attendant, elle est déjà la plus grand du monde. Et il contient, sur sa façade, une splendide horloge.
Comment rejoindre ce culte ? Il faut étudier dans une université de recherche, ou être apprenti auprès d’un prêtre plus isolé. A l’issue de cette formation, qui durera aussi longtemps que nécessaire (généralement, les universitaires la font durer sept tours, avec une durée plus variable pour les prêtres isolés), le candidat devra passer une thèse présentant un projet permettant de faire progresser la technologie, et deviendra, si la thèse est validée par un jury de prêtres, lui-même un prêtre de Relonor.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Oui ! En bas de l’échelle se trouvent les prêtres isolés, qui servent des mécènes. Au-dessus d’eux, on trouve les professeurs des universités, avec la hiérarchie de l’université qui se met alors en place pour la compléter. Enfin, le directeur de projet de l’université d’Alénaraque est le chef de ce culte.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non. Toutes et tous ont la même capacité à faire progresser la technologie, et le sexe n’est dépendant selon Relonor que des réactions dictant le corps humain. Il n’y a donc aucune raison que la science les différencie plus que sur un plan strictement biologique et médical.
Ce culte est-il populaire ? Oui et non. C’est-à-dire que si chacun s’accorde à reconnaitre l’utilité des progrès que font les prêtres, encore que certains les voient d’un mauvais œil (l’industrialisation galopante d’Alénaraque est notamment mal vue par les rôdeurs), le problème est que les prêtres de Relonor ont tendance à mépriser ceux qui ne comprennent pas l’utilité de leurs nouvelles trouvailles, bien souvent farfelues aux yeux des mortels. De sorte que la recherche est non seulement incomprise, mais aussi lente, très lente.
Quid du culte des races à part ? Si les elfes noirs se contentent de respecter Relonor pour ce qu’il peut leur amener, les nains des profondeurs, mécaniciens accomplis, ont décidé d’en faire leur divinité tutélaire. Ils n’ont pas de temples, car dans leur orgueil, ils refusent de se communiquer les uns les autres leurs trouvailles, et leurs prêtres sont donc des individus isolés, mais ils le vénèrent avec ardeur.

Teken’Lil, élue de Relonor


Ironique non ? L’élue de Relonor n’a pas inventé la poudre, cette dernière ayant été inventée par une humaine. Mais la poudre n’est pas tant le domaine de Teken’Lil, qui se consacre pour sa part à la mécanique.
Ceci étant précisé, je vais donc te raconter son histoire, curieuse personne, histoire qui commença il y a plus d’un millénaire. Contrairement à de nombreux élus qui atteignent cet âge canonique, Teken’Lil n’a jamais cessé de compter les tours qui passaient, car la rigueur dans la mesure du temps fait partie de ses nécessités professionnelles. Elle peut donc exactement dire qu’elle est née il y a un millier, six centaines, trois dizaines et huit tours. Elle peut même donner le jour exact, et regrette de ne pas avoir l’heure.
Cela fait vieux, même pour une elfe. Surtout pour une elfe noire, soit dit en passant, car dans le contexte de l’Île Noire où la longévité est synonyme d’un nombre important d’ennemis, vivre si longtemps relève de l’exploit. Il faut dire qu’aucun elfe noir n’a de véritable intérêt à se débarrasser d’elle, tant elle a apporté à leur peuple, dans les arènes, dans les navires, dans le commerce, dans la construction…
A titre d’exemple, dans les maisons elfes noires, il n’y a plus d’escaliers depuis des siècles. Pour passer d’un étage à l’autre, les elfes noirs utilise une invention de Teken’Lil qu’on ne trouve que dans l’Île Noire, l’ascenseur. Il s’agit d’une sorte de monte-charge apte à contenir plusieurs elfes noirs, et qui tire son nom du fait qu’il permette une ascension plus confortable. Et malgré son poids, un seul esclave suffit à le monter, grâce à un système ingénieux de polies et de contrepoids mis en place par l’élue de Relonor.
Certes, ce n’est pas grand-chose. Mais ça n’est qu’une des dizaines d’inventions que Teken’Lil a apporté aux elfes noirs, qui leur rendent la vie de tous les jours plus confortable, et qui parfois sont tout à fait utiles en période guerre. N’a-t-elle pas réussi à fabriquer une main mécanique pour feu la reine Driruita, lorsque celle-ci se fit trancher sa main de chair par un chevalier hasdrubien ?
Son œuvre considérée comme la plus admirable reste tout de même l’arène de Chasz-Kar, capitale de l’Île Noire. Cette arène est remplie dans le moindre de ses murs de mécanismes en tous genres, permettant de faire des spectacles incroyablement variés. La rumeur court parmi les elfes noirs qu’il suffit d’avoir une idée pour qu’elle soit réalisable, dans cette arène.


Tout cela est bon aux yeux de Teken’Lil, car cela lui donne un rôle parmi ses semblables. En effet, elle n’était à l’origine qu’une elfe du commun, n’avait pas de talent particulier aux armes. En politique, elle était maladroite, et en magie, semblait avoir un avenir difficile. Un poids mort pour sa société, en somme. Et elle ne pouvait même pas compter sur d’éventuels amants à séduire comme le font les elfes noires de sa situation, puisque jugée selon l’avis général comme plutôt laide.

Traverser des siècles de vie fut difficile pour elle, et elle dût se résoudre à servir de domestique. C’était un traitement dégradant pour les elfes noirs, car les tâches du domestique sont partagées avec les esclaves. C’est là qu’elle fit la connaissance de Bertille, une humaine qu’elle prit sous son aile. Ce n’était pas vraiment une relation d’égale à égale, mais plus de maitresse à esclave. Après tout, entre les deux, une hiérarchie importante subsistait. Mais Bertille savait que cette maitresse la frappait moins. Elle était un peu trop passive pour cela.
Car Bertille, qui avait quitté son Hasdruba natale, tout cela pour être capturée en mer, avait pu observer que parmi ses maitres, Teken’Lil n’avait plus d’ambition, et donc plus de raison de trop humilier ou frapper ses inférieurs. Elle le faisait encore, mais presque avec raison. Elle observa néanmoins que sa nouvelle maitresse était intéressée par tout ce qui était mécanique. Ce que Bertille ignorait, c’est que cet intérêt était né d’un jour où, plus jeune, Teken’Lil avait pu voir sur un marché une pièce des nains des profondeurs en action. Intéressée, elle n’avait bien sûr pas pu se l’acheter, mais avait été étonnée de voir que les elfes noirs ne cherchaient pas à comprendre comment cela fonctionnait.
Cet intérêt pour la mécanique se montra cependant un jour utile. Car à l’âge de sept cent tours, Teken’Lil avaiat mis au point son fameux ascenseur. Mais plutôt que d’en faire profiter ses employeurs, elle comprit bien qu’elle avait plutôt intérêt à le vendre. Et effectivement, pour son plus grand bonheur, Bertille, qui l’avait aidé à fabriquer son premier, chez une maison ennemie de leur employé habituel, fut peu après rachetée par Teken’Lil.

« Une esclave qui a appris à comprendre mes plans et à les appliquer sans poser de questions me sera plus utile que n’importe quel âne qui me posera sans cesse des questions idiotes, avait dit Teken’Lil, avant de continuer, fouet à la main cette fois. Mais n’imagine cependant pas que tu es ici pour t’amuser. Tu es mon esclave, et si jamais tu devais me manquer de respect, tu gouteras à sa morsure aussi certainement que n’importe quelle autre pouilleuse d’humaine. »

Toujours était-il que c’était, pour l’intéressée, une maitresse de qualité supérieure. Une elfe noire qui ne la battait jamais par plaisir, et que si elle était mécontente ! Sans être exceptionnellement rare, le phénomène n’était pas anodin pour autant. Et elle connaissait assez la communauté des esclaves pour savoir que c’était plutôt bon pour elle.
Puis un jour, alors qu’elle devait servir une boisson à sa maitresse, elle la trouva en grande conversation avec ce qui semblait être un invité. Sans réfléchir, elle alla chercher un deuxième verre, et leur amena à tous les deux. C’est seulement en arrivant dans la pièce qu’elle vit que l’invité était étrange. Des pièces de métal mécaniques sortaient de tout son corps. L’humaine fut inquiétée par cette apparition, et le fait que sa maitresse le soit tout autant n’était pas là pour la rassurer.

« Personne ne viendra te tuer, Teken’Lil, déclarait l’étrange individu. Je suis venu seul.
-Même si cela était vrai, dit Teken’Lil, qui examinait toutes les caches possibles de la pièce, et fit signe à Bertille de faire de même, alors j’espère que tu as conscience de ce qui va t’arriver pour avoir osé t’introduire chez moi, l’homme de métal. Bertille, ma belle ! Dis-moi, qu’est-ce que je fais des intrus dans ma demeure ?
-Vous les punissez, maitresse, dit Bertille.
-Et je les punis comment ?
-Tu ne me puniras pas, coupa l’étranger, à moins que tu n’aies pas envie de devenir immortelle. »

Cette dernière phrase immobilisa les deux femmes dans leur élan.

« Immortelle ? demanda Teken’Lil, les yeux soudain illuminés par l’intérêt.
-As-tu déjà entendu parler des élus divins ?
-C’est possible… Vous n’allez tout de même pas me faire croire qu’une divinité a porté son attention sur moi, l’étranger ?
-Quel risque aurais-tu à me croire, si je te disais que j’étais Relonor ?
-Le ridicule ? Cela dit, vu la façon dont ces mécaniques font partie de votre corps…
-Je ne vous aime pas trop, vous autres les elfes noirs, dit Relonor, car c’était lui. Vous voyez des complots partout. Alors admettons que tu risques d’être ridicule. Cela t’empêchera-t-il d’accepter de devenir mon élue, si je te le demande ?
-Non, répondit Teken’Lil. Mais je vais poser une condition.
-Parle, je t’écoute.
-Je veux que Bertille devienne immortelle aussi. Je n’ai pas envie de devoir expliquer à des centaines d’esclaves successifs comment ça fonctionne chez moi. Et je suis sûre que Bertille se fera une joie d’aider une élue, pas vrai Bertille ?
-Oui maitresse ! répondit instantanément Bertille, sans même y réfléchir. »

Bien sûr qu’être immortelle, alors qu’on était esclave d’une elfe noire, n’était pas nécessairement une bénédiction. Mais elle avait accepté par réflexe, n’osant pas contredire sa maitresse, ainsi qu’elle avait appris à le faire.

« Hum, je ne sais pas si j’en aurais le droit, répondit Relonor. Mais nous verrons cela. Je ferais mon possible. Marché conclu ?
-Marché conclu, répondit Teken’lil. »

Et elle ne fut jamais ridicule, bien au contraire. Je peux le confirmer. Relonor a même pu accéder à sa requête de maintenir Bertille en vie, comme sa vraie élue. Il ne m’en parle jamais, et Teken’Lil non plus. Si ça lui était interdit, il a dû braver cet interdit. Mais cela fut bon pour Bertille. Car même si sa vie fut difficile, elle a grandi en maturité, et a de nombreuses connaissances de sa maitresse dans sa propre tête. A tel point que certains elfes noirs demandent parfois des conseils à elle directement, quand ils ne trouvent pas Teken’Lil. Et ça, même si ça n’est pas réellement un compliment, c’est la plus belle marque de respect qu’un elfe noir puisse adresser à une pouilleuse d’humaine.
Quant à Teken’Lil elle-même, je t’ai déjà parlé de sa réputation. Et sa longévité est aidée par le fait qu’elle n’ait jamais choisi de camp dans les conflits entre familles elfes noires. Mais il faut dire qu’elle travaille bien. Tu connais sa dernière création ? Un dragon mécanique. Pas aussi gros que les vrais dragons, bien sûr. Il fait la taille d’un taureau. Mais avoir pu créer cette chose…
C’est un énorme travail que ma maitresse et moi-même avons fait, le curieux. Maintenant, je vais devoir te quitter. Elle m’attend à l’atelier. J’ai juste été acheter des pièces au marché pour elle, je ne dois pas trainer. Elle ne me traite après tout pas encore comme son égale…
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Jeu 26 Oct 2017 - 11:18

Silir


La nuit, les ténèbres, l’obscurité, les tyrans

Caractère et attributions

Dans le plan où il vit, Silir habite un palais où silence et obscurité règnent en maitre, dans presque tout le palais. Tous les bruits qui viennent troubler ce silence, Silir les connait par cœur. S’il advient qu’il y en ait un nouveau, cela le plonge dans un état de fureur absolue, car il déteste ne pas contrôler ce qui se passe dans son domaine.
Tel est Silir. Il est fortement lié à Simialle dans la mesure où ce sont les deux divinités qui aspirent à avoir le pouvoir politique, mais en même temps, il est sa Némésis. Car si Simialle apprécie le chemin qui mène vers le pouvoir ainsi que le fait d’user de ce pouvoir pour le renforcer, dans un cercle vicieux et intelligent à la fois, Silir n’aime que le pouvoir en lui-même. Son usage, et surtout son abus. Silir est le dieu de tous ceux qui ont obtenu le pouvoir suprême et en profitent pour opprimer leur peuple dans leur propre intérêt, ou par jeu. Silir est un dieu paranoïaque, cruel et fourbe. Même les autres divinités préfèrent éviter d’avoir affaire à lui.
Silir est également le dieu des ténèbres, et de l’obscurité. Car dans la nuit, tous les chats sont gris, et il devient difficile de distinguer l’ami de l’ennemi. C’est dans la nuit que les morts peuvent se relever, que les morts peuvent marcher, alors qu’ils ont été chassés du jour par Lothÿe. C’est un endroit qu’il faut craindre, et Silir n’aime rien tant que d’être craint. Il apprécie donc particulièrement cette attribution, et ne la cèdera pour rien au monde.

Le palais de Silir n’est cependant pas vide. Il n’est clairement pas empli des vas et viens de ses camarades divins, mais de ceux de ses esclaves. Car Silir a pu récupérer tout au long de son existence une véritable moisson d’âmes qui sont ses serviteurs. Des âmes volées à Canërgen tout autant que les âmes de ceux qui furent assez fous pour lui consacrer de leur vivant une vocation. Il a fréquemment payé ces vols auprès du dieu de l’au-delà, mais jamais il ne lui a rendu une seule de ces âmes, créant entre les deux divinités un conflit qui n’est pas près de s’éteindre. Canërgen, à chaque vol, surveille toujours plus étroitement Silir, et Le Juge, depuis peu, s’est joint à cette vigilance. Il n’y a plus de vol d’âmes. Mais pour celles qui le furent, il est trop tard.
Gobelins, elfes, humains, orcs, centaures, halfelins, nains, et même un dragon… La petite centaine d’âmes qui, tout au long des millénaires d’histoire de Ryscior, est tombée dans les filets de ce dieu maléfique le sert, dans le silence sacré de son palais, respectant le moindre de ses désirs, de peur d’être victimes de sa colère. A ces âmes s’ajoutent bien sûr celles de ses prêtres et prêtresses, qui le servent avec la même crainte.
Car il y a des bruits dans ce palais empli de silence et de ténèbres. Ce sont des cris. Il ne fait pas bon avoir servi Silir dans la vie et finir en le décevant. Les élus divins de Silir qui, de leur vivant, lui ont donné satisfaction, ont l’honneur d’être ses esclaves. Mais ceux qui l’ont déçu… Et il est très facile de se décevoir. La dernière en date était l’elfe noire Driruita. Depuis sa mort, son âme est attachée à un lit de charbons ardents, dont le sommier a été mis debout. Il est fixé au-dessus de la porte de la grande salle de son palais, et les hurlements de la malheureuse constituent un avertissement lancé à tous.
Silir est un dieu mauvais, et il ne fait pas bon éveiller sa colère.

L’arme de Silir est la Souffrance. Ce nom sinistre est relatif à une épée dont la lame est hérissée de piques, de sortes qu’en entrant dans un corps, cette lame cause une blessure, mais en en sortant, elle en cause cent. Durant la chute des dieux, Silir rejoignit son peuple, les elfes noirs, et assista aux préparatifs de leur guerre contre le continent. Il mit alors tous ses espoirs en Driruita. Elle ne pouvait après tout que réussir…

Le culte de Silir

Silir n’a pas de prêtres sur le continent. Il ne veut que des serviteurs, et considère les différents souverains comme ses serviteurs. Bien sûr, ces derniers, et cela est heureux pour eux, n’ont aucun compte à lui rendre, et ne sont pas ses prêtres.
Quid du culte des races à part ? Les nains des profondeurs ne se soucient guère de son existence, même s’il correspond bien à leur façon de gouverner. Les elfes noirs en ont fait l’un de leur saint trio. Au nombre de ce trio se trouvent Azma, Simialle, et enfin Silir, troisième dans la hiérarchie. Ils sont les seuls à avoir de véritables prêtres dévoués à ce dieu parmi eux. Ils sont chargés de tenir les registres de naissances et de décès, sans se mêler de politique.
Dhaulnyre, élue de Silir


Qu’elle est jeune, la reine des elfes noirs ! La précédente, Driruita, ayant connu un destin funeste, aux mains de son propre garde du corps, après sa défaite, ce fut Dhaulnyre qui fut mise sur le trône. Elle était âgée de seulement cinquante-et-un tours, ce qui selon les critères elfes noirs signifiait que son éducation n’était même pas achevée. C’est en fait son grand-oncle (et la rumeur publique le veut comme grand-père également) Ehnaït qui a manigancé pour la mettre sur le trône. Ironie du sort, Lyzma, la mère de Dhaulnyre, était la fille et ennemie jurée de Cinder, la mentor de Driruita. C’est donc un changement de mains du pouvoir qui passe d’une ennemie à l’autre.
Cela fait six tours qu’elle est au pouvoir. Le roi ou la reine de l’Île Noire devenant automatiquement l’élu(e) de Silir, ce dernier ne lui a même pas rendu visite. Elle sait juste au fond d’elle-même qu’elle est son élue, et qu’elle doit faire un bon règne pour éviter le destin funeste qui l’attend si elle devait le décevoir. Et elle doit faire attention ! L’espérance de vie des rois et reines est très courte chez elle, d’où le fait qu’ils soient choisis jeunes, pour être aisément remplaçables en cas de perte.

Dhaulnyre, depuis son arrivée sur le trône, s’est appliquée à redorer le blason de la société elfe noire. En effet, la précédente reine, Driruita, avait eu de grands projets, un peu pharaoniques au goût de Dhaulnyre, d’invasion du continent. La nouvelle reine préfère assurer les fondamentaux de la culture noire. Une société repliée sur elle-même, qui se nourrit des raids sur le continent, raids devant se faire plus rares. Driruita les avait intensifiés, mais ce n’est selon Dhaulnyre pas les méthodes des elfes noirs. Elle les préfère bien plus violents, bien plus marquants, mais bien moins nombreux. Et ils le furent.
Dhaulnyre veut une société elfe noire parfaitement resplendissante dans son vice autant que dans sa puissance. C’est ce qu’elle a. Et les elfes noirs apprécient cette reine. En témoigne le fait qu’en six ans de règne, elle n’ait eu à échapper qu’à trois tentatives d’assassinat, ce qui est un record. Elle règne, selon les critères elfes noirs, avec une grande sagesse.

Pour autant, Dhaulnyre ne peut pas se contenter de rester inactive. Silir ne tolèrerait pas qu’elle se contente de bailler aux corneilles en allant de temps à autres aux jeux du cirque. Aux yeux de Dhaulnyre, la grandeur des elfes noirs ne peut resplendir que s’ils ont une maitrise de leur île.
Seule une petite partie de l’Île Noire appartient dans les faits aux elfes ? Elle veut qu’ils en maitrisent la côte entière.
Au centre de l’Île Noire se trouve la faille d’où sont sortis les démons lors de la chute des Anciens ? Elle fait vérifier une par une, méticuleusement, chacune des pierres gardiennes jadis posées par les Anciens pour empêcher cette faille de s’étendre.
La population elfe noire diminue ? En effet, le mode de vie des elfes noirs est rendu peu viable au très long terme par les meurtres fréquents. Cela est compensé par la forte natalité, mais la population diminue malgré tout. Dhaulnyre a donc lancé une politique d’encouragement des naissances et de punition plus aisée des meurtres. La population elfe noire a, lors du sixième tour de son règne, recommencé à augmenter.
Moins bons guerriers, les elfes noirs ? C’était une rumeur. Elle oblige désormais tous les elfes noirs sans exception à aller s’entrainer de façon hebdomadaire, et encourage la pratique d’avoir des elfes noirs gladiateurs. Cela a augmenté le taux de mortalité d’un côté, mais sa politique de natalité porte assez de fruits pour compenser à ce jour.
Les humains progressent en technologie ? Elle a augmenté les contacts avec Asarith Lune-Pale, le Conquistador elfe noir d’Oro, pour être mise au courant des derniers progrès technologiques humains exploitables par l’Île Noire. En échange de son service, elle s’engage à lui envoyer des soldats si le nombre d’elfes noirs en Oro devait descendre en-dessous des cinquante.

Dhaulnyre veut rendre à la race des elfes sa gloire passée, mais pas seulement. Elle veut l’améliorer. Afin que cette race, la prochaine fois qu’elle aille sur le continent, soit plus puissante, plus grande qu’elle ne l’a jamais été. Ceux qui s’opposent à elle seront éliminés (mais elle est pour l’instant assez populaire parmi les elfes noirs). Elle étudie même, une première pour les rois et reines elfes noirs, la politique des royaumes humains ; Ses prédécesseurs savaient juste que c’était les royaumes humains. Dhaulnyre sait placer Kelvin, Ram, l’Empire d’Ambre, Oro, et tous les autres royaumes, ainsi que leurs grandes cités, sur une carte.
Elle ne se fait pas d’illusions sur le fait qu’elle ne sera sans doute plus là quand son travail portera ses fruits, et que les elfes noirs pourront revenir sur le continent plus puissants que jamais. Mais elle l’observera attentivement, du haut du palais de Silir, où elle escompte bien ne pas souffrir mille morts.

Simialle


La politique, les trahisons, les complots

Caractère et attributions

Simialle… Le nom sous lequel cette déesse est connue n’est qu’un nom d’emprunt. Elle refuse de dévoiler son véritable nom. Ce fait, peu connu des mortels, est à n’en pas douter un bon indicateur de la personnalité de la déesse, et de ce qu’elle représente.
Car Simialle est un déesse fourbe, qui trouve son plaisir dans la possession du pouvoir politique, peu importe la façon dont ce dernier est acquis. Et une fois qu’il est acquis, elle prend du plaisir à utiliser ce pouvoir pour le renforcer, dans un cercle vicieux et continu. Voilà pourquoi elle voit d’un bon œil celles et ceux qui utilisent des méthodes efficaces pour s’emparer du pouvoir et le maintenir. Peu lui importe cette méthode ! Son seul critère de choix pour l’apprécier est son efficacité. Elle honore donc les rois qui renforcent leur pouvoir, mais aussi les paysans qui se révoltent. Elle admire les complots menant à des couts de couteau dans le dos, mais aussi les coups d’états en bonnes et dues formes. De manière générale, elle sourit en voyant les intrigues politiques auxquelles se livrent les mortels.
Beaucoup voient en elle la déesse de la trahison, et c’est un début d’explication quant à ce qu’elle est. Mais cette explication ne saurait être complète, car elle est bien plus que cela. Si la duperie et le mensonge sont des moyens d’action qu’elle accepte tout à fait, il peut lui arriver de bénir des actions plus droites, des actions qui seront plus considérées comme honnêtes. C’est juste plus rare, car elle trouve que de telles actions sont bien moins efficaces que des solutions plus simples et directes.
Peu importe ce que l’on pense de la stratégie, dès lors qu’elle marche.

Sans être paranoïaque pour autant, ces attributions font que Simialle voit des complots ou des allusions derrière chaque parole prononcée en sa présence. Et cela mène directement à son caractère fourbe. Car si l’on peut lui dire la stricte vérité en toute occasion, chacune des paroles de Simialle doit être absolument analysée sous tous ses angles, car chacune d’entre elles a un sens caché, qui pourrait se révéler fatal si on l’ignore.
En outre, sa fourberie est agrémentée d’une forte propension à l’humour noir. Que celui qui a affaire à elle ne s’y trompe pas, elle sait être sérieuse quand il le faut. Mais quand vient le temps de se détendre, elle sait aussi prendre le temps de faire une plaisanterie … Qui bien souvent rabaisse son interlocuteur, et lui rappelle son statut d’inférieur. Car s’il n’est pas à sa place, c’est qu’il n’a pas su la prendre. Voilà pourquoi tous sont ses inférieurs, puisque nul ne peut prendre la place d’une déesse. Telle est Simialle.

Simialle fait partie des divinités ayant provoqué la guerre de la déchirure parmi les elfes. Pourquoi avoir béni cette guerre ? Parce qu’elle comprenait bien que la politique des elfes blancs était bien trop immuable. Il fallait changer tout cela, afin que le grand jeu des royaumes puisse se mettre en place, et afin qu’elle ait sa propre place dans le monde…
L’arme de Simialle est une araignée de métal, cachée en permanence sur elle. Sa morsure est empoisonnée et fatale. Durant la chute des dieux, Simialle arriva dans le royaume d’Euplemio, et décida d’y semer les graines de la corruption. Depuis, elle regarde son œuvre grandir peu à peu…

Le culte de Simialle

Remarques importantes : Les prêtres de Simialle sont appelés les Masques d’Argent, en référence aux masques noirs ornés d’une simple larme en argent au coin de l’œil droit qu’ils portent. Quant au culte lui-même, il constitue plus un réseau de contacts potentiels pour les cultistes qu’un véritable culte à proprement parler, même s’ils n’oublient jamais de prier Simialle.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les lois ne sont que des textes nécessaires pour garantir un équilibre de façade, mais il faut savoir passer outre afin de garantir son propre équilibre.
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ces cultistes ? Le Jour de la Déchirure, qui célèbre dit-on la date d’anniversaire de l’assassinat du roi des elfes par son fils Asarith, troisième jour de l’automne, est une fête sacrée à leurs yeux.
Où peut-on trouver ces cultistes ? Un peu partout dans le monde, mais non seulement ils sont assez peu nombreux, mais en plus ils se cachent, et n’aiment pas qu’on vienne mettre le nez dans leurs affaires. Méfiance, donc.
Quel est leur plus grand temple ? Dans les quartiers riches de Vindex, capitale de Ram, se trouve un fumoir à narguilé dont l’arrière-cuisine sert en faire de lieu de réunion pour ce culte. C’est le plus grand temple du culte de Simialle.
Comment rejoindre ce culte ? Question complexe. Il faut impérativement avoir un cultiste dans son entourage proche, et faire preuve d’une ambition démesurée. Pour devenir prêtre, il faut un Masque. Il n’y a pas de rites d’initiation dans ce culte. Ou bien le prêtre juge le candidat digne d’entrée de jeu, ou bien non.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Les Masques décident eux-mêmes et en permanence de leur hiérarchie. Théoriquement, ils sont au-dessus des simples cultistes. La chef de ce culte est cependant une kelvinoise, Ladril Ragimwa. C’est une jeune magicienne de l’ombre, qui porte également le Masque. Elle se déplace en permanence, de sorte qu’il soit dur de la trouver, mais quand elle arrive, tous les Masques s’inclinent devant elle…
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Ce culte n’a aucune raison de juger les gens sur autre chose que leur talent pur pour s’approprier le pouvoir.
Ce culte est-il populaire ? Très peu, les cultistes étant souvent également des criminels. Il n’est pas interdit en théorie, dans la pratique, si un temple venait à être connu de la garde, cette dernière aura tendance à y faire une visite au moindre évènement inhabituel. Quant aux cultistes, ils seront jugés selon leurs crimes ordinaires. Ce culte est donc fortement réprimé sans être interdit pour autant.
Qui du culte des races à part ? Sans avoir de Masques parmi eux, les elfes noirs en ont fait l’une des divinités les plus importantes de leur panthéon. Sans la vénérer, les nains des profondeurs la respectent.

Asarith Lune-Pale, élu de Simialle


L’histoire d’Asarith commença il y a cinq millénaires, avant la déchirure. Alors que les elfes ramenaient à Ryscior la civilisation, un conflit naissait parmi leur peuple. Certains elfes affirmaient que, parce qu’ils avaient tout donné pour Ryscior et sa défense depuis la chute des Anciens, les autres races leur devaient tout. D’autres les défendaient, affirmant que chaque race avait lutté dans la mesure de ses moyens. Asarith était du premier camp. Il était lassé de savoir que sa race se sacrifiait pour les autres. Mais à l’époque, il n’était pas encore mauvais…
Voyant que le conflit pourrait briser l’harmonie qui régnait encore parmi les peuples descendants des anciens, une coalition des divinités chaotiques, qui ne souhaitaient pas cette harmonie, rendit un jour visite à Asarith dans son sommeil. Sous l’impulsion d’Azma, il tua son propre père, lui vola l’épée Perce-Cœur, et disparut dans la nuit. Ce fut le début de la guerre de la déchirure.
Asarith, qui avait à cause d’Azma perdu la raison, fut ramené à cette dernière par l’impulsion de Simialle, qui voyait en lui un elfe capable de satisfaire une fonction d’envoyé pour la représenter. Elle ne pouvait pas avoir plus raison…

Asarith devint le premier des elfes noirs, et fonda leur royaume sur l’Île Noire. Mais, s’ennuyant, il décida vite de le quitter, emmenant avec lui sa femme Dizzalyr, qu’il fit vampiriser une fois sur le continent pour la garder avec lui durant toute sa longue mission. Sa mission ? Prendre peu à peu le contrôle du continent, non par la conquête, mais par le complot. Et un peu de conquête, cela était vrai. Il prit alors le nom d’emprunt de Karloz Mazeria, et fonda, alors que les royaumes de Ryscior étaient encore jeunes, le culte de Simialle, les Masques d’Argent.
Karloz Mazeria devint très vite une légende sur Ryscior. Dans les masures, son nom était invoqué pour menacer les enfants : « Fais attention, Karloz Mazeria viendra te chercher si tu ne manges pas ta soupe ! ». Et de fait, Karloz, ou plutôt Asarith, fut pendant des millénaires un voleur d’enfants. Il les prenait au berceau, et en faisait des Masques d’élite. Il les éduquait pour être des prêtres. Mais cette politique des hommes de pailles le lassa, après plusieurs millénaires. Car ses prêtres ayant leurs propres ambitions, ils ralentissaient les siennes.
Simialle, qui avait durant tout ce temps adoré observer la lutte de son élu pour contrôler à la fois ses Masques et son ascension vers le pouvoir, commençait à être fatiguée de ce petit jeu, et voulait désormais des résultats.

Les résultats, Asarith les trouva en assassinant Pedro de Alvarado, Conquistador d’Oro. Reprenant son véritable prénom, s’octroyant le nom de famille de Lune-Pâle, il fonda une dynastie nouvelle pour son nouveau royaume, dont il acquit le pouvoir par un coup d’état savamment organisé. Simialle apprécia qu’il ait désormais son royaume.
Les Masques, Asarith Lune-Pale, nouveau Conquistador d’Oro, décida de les laisser vivre leur vie. De toute façon, il y avait bien longtemps que le gros de l’organisation échappait à son contrôle. Il s’assura juste que Ladril Ragimwa, la jeune magicienne en laquelle il plaçait de grands espoirs, aient tous les pouvoirs pour essayer de reprendre ce contrôle si elle le souhaitait. Lui, il avait mieux à penser. Il avait des oréens à convaincre de sa bonne volonté. Pour ce faire, il ne lésina par sur la générosité. Un peuple appréciait toujours que son souverain développe leurs centres d’intérêts, et baisse les impôts. Il répondit même à leurs critiques. Que la reine soit accusée d’être stérile, voire pire dans le cas de prêtres affirmant qu’elle n’était pas vivante, et le couple royal s’afficha avec un enfant au bras, puis un autre.
Les oréens étaient un royaume qui s’était étendu au cours de son histoire récente. Asarith leur fit un cadeau en s’alliant à l’Empire d’Ambre. S’il ne s’empara d’aucune Cité-Etat dans l’absolu, ayant préféré raser Karak-Tur jusqu’à la dernière pierre, et après qu’Harmad ait littéralement explosé, la guerre fut considérée comme gagnée, puisqu’il n’y avait désormais plus qu’une Cité-Etat dans le monde.
Preuve ultime de la « confiance » qu’il met dans les humains, malgré sa garde rapprochée constituée d’elfes noirs, Asarith Lune-Pale a accepté de donner à Alfonso Porthos, le gouverneur qu’il avait nommé pour la Cité-Etat d’Aliboronz, l’épée Perce-Cœur. Les humains considéraient l’artefact divin comme légendaire. Encore aujourd’hui, la majorité des gens pensent que c’est un faux. Mais si c’est un vrai, alors c’est un inestimable gage de confiance qu’Asarith a fait… Il faut dire qu’il se sent en grande confiance. Il s’affiche en effet depuis quelques temps avec une broche en or à son torse…

Virel


La chance et la malchance

Caractère et attributions

Virel est une déesse joueuse, amicale, gracieuse et bienfaisante. Virel est aussi une déesse mauvaise, méchante et sèche. Elle est capricieuse, et son humeur change fréquemment. Elle semble toujours capable de tourner une situation à son avantage, et est connue pour apprécier les plaisanteries. Parfois, ces dernières sont simplement drôles, et sont de mauvais tours. D’autres fois, elles sont carrément de mauvais goût et peuvent aller très loin.
Virel est donc une déesse étrange, difficile à comprendre. Mais comment pourrait-il en être autrement, pour la Dame de la bonne et de la mauvaise fortune ? C’est elle qui décide de la chance ou de la malchance des mortels. Lorsqu’un évènement purement lié au hasard a lieu, c’est toujours qu’elle était derrière. Bien sûr, on peut influer sur la chance, en prévoyant des conditions dans lesquelles la malchance n’a que peu de chances d’advenir. Mais si la décision finale continue à dépendre du hasard, alors elle est entre ses mains.
Virel ne décide pas de ces évènements, du moins pas directement. Elle ne sait pas quoi ils consistent, et y répond instinctivement, en envoyant sans même réfléchir la bonne ou la mauvaise fortune descendre sur Ryscior. Elle est donc une déesse qui peut aussi bien donner sa bénédiction qu’un grand nombre de problèmes, tout cela faisant qu’elle est aussi maudite qu’aimée par les mortels.
Ce caractère aléatoire se voit sur son apparence. Virel est toute en contradictions, et pas en nuance. Le noir et le blanc se mêlent sur elle, et il est impossible de savoir quel visage va-t-elle présenter. Cela l’a envoyée aux côtés des Maîtres du Chaos, car si la chance et la malchance devaient décider seules du destin du monde, celui-ci serait plongé dans un chaos indescriptible. Virel a rejoint ce groupe de dieux, sans pour autant être aussi maléfique que certains de ses représentants. Elle agit juste par instinct, selon son humeur de la journée.

L’arme de Virel est une balance. Selon le côté dont elle penche, ses cibles vont pouvoir progresser, ou se retrouver dans des ennuis pour le moins imprévus. Durant la chute des dieux, Virel arriva dans les Marches d’Acier, où elle choisit de rester cachée, se confiant à sa propre fortune pour ne pas être trouvée. Et elle ne le fut pas.

Le culte de Virel

Remarque importante : Les prêtres de Virel ont tendance à vendre des dizaines d’amulettes supposées attirer le bon œil de leur déesse, et ses faveurs.
Quels sont les préceptes de ce culte ? Les prêtres de Virel prêchent un certain fatalisme, et sont radicalement opposés aux prêtres de Finil. En effet, ils considèrent qu’au final, seul le hasard décidera du destin du monde, tandis que les prêtres de Finil prétendent que l’on peut influer sur le destin. Les membres de ce culte encouragent les gens à tenter leur chance dans la vie plutôt qu’à rester inactifs et à passer le temps en songeant à la vie qu’ils auraient pu avoir. Puisque la fortune peut donner cette vie rêvée, autant tenter d’aller la vivre !
Quelles sont les cérémonies importantes aux yeux de ce culte ? Aucune en particulier, puisque ce culte déteste par essence les choses prévues et anticipées.
Où peut-on trouver des représentants de ce culte ? Les chapelles et temples consacrés à Virel peuvent être trouvés à travers tout Ryscior. Son culte est d’ailleurs populaire dans les cités fréquentées par les aventuriers. Et la populace est généralement prompte à remplir les coffres des temples en échange de talismans. Les richesses qu’accumulent ainsi les membres du clergé leur permettent de conserver une certaine indépendance financière.
Quel est leur plus grand temple ? Le plus grand temple dédié à Virel se trouve, depuis la destruction de celui de Karak-Tur, à Kelvin, ville d’aventure par excellence, puisque tous prennent régulièrement la mer. Il y a d’ailleurs de réguliers conflits entre les membres du clergé d’Ariel et ceux de Virel, les uns et les autres prétendant tous deux avoir une déesse plus fiable une fois en mer. Dans le doute, de nombreux marins préfèrent aller prier les deux avant de partir.
Comment rejoindre ce culte ? C’est assez compliqué. Il faut avoir un certain goût pour le hasard et la fatalité. Les membres de ce clergé sont d’ailleurs généralement des personnes ayant pour habitude de ne pas refuser un jeu de hasard, non pas tant pour gagner, mais pour jouer. Cet amour du hasard et du jeu devrait les amener à croiser un jour un prêtre de Virel, qui invitera la personne à les rejoindre, après quelques temps d’apprentissage symbolique, pour s’assurer que le candidat aime réellement le jeu de hasard pour le hasard lui-même.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non. Après tout, à la naissance, les dieux ont jeté une pièce au moment de déterminer le sexe de l’enfant, pas vrai ?
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Chaque temple a sa propre hiérarchie interne, mais il n’y a rien de plus. Et cette dernière est déterminée par tirage au sort.
Ce culte est-il populaire ? Oui et non. Disons que les habitants de Ryscior béniront ou maudiront ces prêtres selon qu’ils auront de la chance ou non. Dans les cas les plus extrêmes, un royaume frappé par le malheur risque de devenir franchement dangereux pour eux.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs rient aux éclats à la simple idée de confier leur destin au hasard.

Delya Curtie, élue de Virel


Les élus de Virel n’ont pas les pouvoirs habituels des élus. Habituellement, un élu a des pouvoirs de prêtre. Ou dans le cas des élus de Prarag ou d’Atÿe, une force ou une endurance décuplée. Comme les prêtres, là encore. Mais si les prêtres de Virel peuvent, comme tous les autres prêtres, exorciser ou guérir, les élus de cette déesse, eux, sont suivis par une chance incroyable, jusqu’à ce que leur déesse leur présente un autre visage, signifiant généralement la fin de leur carrière. C’est ce qui est arrivé à Dina Spanzio, la précédente élue de Virel.
Delya Curtie, en tant qu’élue de Virel, fait bien sûr preuve de cette chance insolente. Son histoire commença à sa naissance, dans l’Empire d’Ambre. En tant que halfeline, son avenir n’allait pas y être heureux, l’Empire d’Ambre faisant partie des royaumes humains qui traitaient avec un certain mépris les petites gens, malgré le travail que faisait Akemi Hime.

Et pourtant, elle grandit dans sa campagne, d’une enfance somme toute heureuse. Jusqu’à ce que, un jour qu’elle avait six tours, un géant passa. Ce dernier, repérant la petite halfeline, s’empara d’elle, se promettant de réserver cette friandise pour plus tard. Elle était en effet chanceuse dans son malheur, puisqu’il avait mangé avant de la trouver plusieurs moutons, rassasiant pour l’instant sa faim. Mais elle ne se faisait d’illusions concernant son sort. Heureusement, la chance lui sourit encore, puisque la besace dans laquelle le géant l’avait mise était trouée. Dès qu’elle s’en aperçut, elle sauta, et tomba sur un lit de mousse qui amortit sa chute. Le géant ne l’entendit pas, et continua sa route.
Il y eut cependant un petit problème. Il se trouvait en effet que dans la région, chose exceptionnellement rare, une dragonne couvait un œuf. Quand elle avait vu le géant passer, elle avait eu peur pour son futur petit, et s’était envolée pour le menacer. Elle le vit s’éloigner, mais ne manqua pas la friandise qu’il avait laissé tomber. Pour la deuxième fois dans la journée, et tandis qu’elle était transportée vers l’antre de la bête, Delya Curtie allait donc servir de repas.
La dragonne la laissa tomber sur son légendaire tas d’or. Delya Curtie, avant de mourir, allait donc pouvoir confirmer que les dragons dormaient sur des tas d’or. Heureusement pour elle, à cet instant, la dragonne fut distraite par un bruit de craquement. L’œuf était en train d’éclore. Un bébé plus grand encore qu’un halfelin adulte en sortit, et la mère n’eut désormais d’yeux que pour sa progéniture, laissant Delya en paix. Celle-ci ne bougea pas jusqu’à ce que la bête fut endormie, et alors, elle se dirigea vers la sortie.
Mais elle fut retenue en arrière par une solide mâchoire. Le bébé dragon ! Voulait-il la dévorer ? La chance lui sourit encore, la bête voulait simplement jouer. Aussi, quand la mère s’éveilla, elle vit sa progéniture jouer avec son diner. Elle décida de décaler le repas à plus tard. Puis encore plus tard, et à mesure que les jours devenaient cycles de lunes, c’était toujours plus tard, de sorte que la halfeline cessa bientôt d’être prévue sur le menu. Quand à Delya elle-même, recueillie par cette étrange famille, elle put surpasser la douleur d’avoir été séparée de la sienne. La dragonne faisait preuve de beaucoup d’amour, et elle n’avait jamais eu de frère ou de sœur, qu’elle avait désormais. C’était au final une succession d’heureux évènements, pour elle.
Les dragons n’ont plus de bébés depuis des temps immémoriaux. Celui-ci devait être le premier depuis sans doute une paire de millénaires. Tomber sur lui pour qu’il sauve la vie de la halfeline… Toujours est-il que Delya vécut ainsi une enfance et une adolescence particulière, avec celui qu’elle aimait à appeler « Petit frère », et sa nouvelle Maman. Le premier vol du bébé dragon, ainsi que son premier souffle de feu, furent des instants très émouvants.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin.

Après tout, un bébé dragon signalé sur un territoire, c’est quelque chose de dangereux. Aussi l’Empire fit-il envoyer des chevaliers abattre la bête. Delya Curtie était alors adulte, mais le dragonnet grandissait moins rapidement qu’elle, et donc n’avait encore la taille que d’une petite maison de paysans. Mais c’était suffisant pour que la mère les laisse partir, lui la portant sur les épaules. Aussi, quand le dragonnet se posa, chassant un cerf, des filets surgirent des fourrés alentour. Delya, qui avait une fine lame volée au trésor de Maman s’attela aussitôt à défaire les mailles, mais elle ne put rien quand les guerriers vinrent la trouver.
Cependant, le travail qu’elle avait fait permit au bébé dragon de se libérer. Aussitôt, il s’envola, et partit vers le nid. Comprenant ce qu’il allait chercher, les humains fuirent, emportant Delya Curtie avec eux. De sorte que quand les deux dragons arrivèrent, ils ne purent que constater l’absence de leur fille adoptive et sœur respective.

Quant à Delya Curtie, son cas fut inédit à juger. Une chevaucheuse de dragons, rien que ça ! Elle fut simplement condamnée à des travaux de servitude de l’Empire, et fut embarquée à bord d’un navire impérial, comme cuisinière.
C’est là que des pirates abordèrent son navire. Par chance, ce jour-là, c’était jour de fête, aussi avait-elle reçu du capitaine l’autorisation de faire un plat un peu plus raffiné que la soupe habituelle. La bonne odeur qui s’en dégageait affama les pirates, qui décidèrent de l’emmener avec eux sans lui faire de mal.
C’est ainsi qu’elle gagna Port-Argenterie.

Là-bas, elle fut vendue dans une auberge, en tant que cuisinière. Cependant, elle n’avait au final aucun talent particulier ! Elle finit serveuse, mais se vit néanmoins renvoyer. Une halfeline, ça n’est pas vraiment la serveuse la plus utile pour une auberge. Trop petite.
Ne sachant vraiment que faire, car n’ayant jamais rien appris à faire de ses dix doigts, elle se mit à mendier. Coup de chance, Brecianne Leocadas, élue d’Ariel, passait par là. Elle voyait l’intérêt qu’il y avait à avoir une halfeline dans son navire, si on lui apprenait à se débrouiller. C’est ainsi que Delya Curtie se retrouva armée d’un pistolet et d’un coutelas à bord du Seigneur Emeraude. En temps normal, elle montait dans les mâts, où son agilité de halfeline était appréciée par les gabiers. Quand l’abordage venait, elle les abandonnait cependant, et essayer de gagner discrètement le navire ennemi pour y semer l’anarchie, profitant de sa petite taille pour faire des dégâts sans être vue.
Un jour que le Seigneur était ainsi coque contre coque, elle passa même d’un navire à l’autre par les sabords ! On n’imaginait pas plus audacieuse stratégie. Mais toujours, la chance lui souriait.

Quand Leocadas mourut, et que Port-Argenterie fut détruite, elle fit partie des rares survivants. Le vieux capitaine Jo, que tous croyaient sénile, et qui l’était de fait à moitié, se souvenait en effet d’un passage secret permettant de sortir de la ville. Elle eut la chance de faire partie des trois pirates qu’il parvint à convaincre de le suivre. Et sortit ainsi de Port-Argenterie sans une égratignure !
Les tours qui passèrent se ressemblèrent tous. Elle accompagnait le vieux capitaine Jo dans ses errances, vivant de ses larcins. Ce faisant, le capitaine lui apprit les règles des jeux aux dés. Ça aussi, apparemment, il s’en souvenait bien. Mais elle gagnait si souvent qu’elle était hélas qualifiée de tricheuse. Toujours est-il que c’est ainsi qu’elle survécut pendant des tours, avec le vieux capitaine Jo avec elle.
Ce dernier, quand il mourut, fut enterré sur Puerto Blanco, qu’elle avait rejointe après que la rumeur lui ait fait comprendre que les pirates s’y rassemblaient. Elle avait réussi à rejoindre la baie en s’embarquant clandestinement sur un navire qui, si elle avait bien compris, y allait. De fait, il y allait, et même avec un vieillard avec elle, elle avait réussi à faire la traversée sans être trouvée ! Il faut dire que la traversée étant sur une mer agitée, les marins avaient autre chose à penser que de surveiller le fond de la cale.

Toutes ces aventures avaient depuis longtemps attiré sur elle l’œil de Virel. Mais elle devint son élue quand il se trouva qu’il y avait, loin dans l’île, une grotte. Dans cette grotte, un jeune dragon avait élu domicile. Encore trop jeune pour se constituer un trésor, il était cependant assez âgé pour vivre seul. La grotte étant trop petite pour lui une fois qu’il serait à sa véritable taille adulte, elle n’était qu’une transition. Mais un jour qu’il fut aperçu, une battue fut organisée.
Seule Delya Curtie savait cependant trouver l’aire d’un dragon. Elle s’y rendit, et quelle ne fut pas sa joie de retrouver son petit frère ! Qui exprima la même à son égard. Elle se fit bien sûr un devoir de brouiller les pistes, de sorte que les habitants de Puerto Blanco en conclurent que le dragon devait être juste passé puis reparti. Il fallait dire que Delya avait convaincu son frère de ne sortir que de façon discrète. Il était encore trop petit, jugeait-elle.
Mais quelles étaient les probabilités pour que la bête établisse temporairement son domicile ici ? Delya a cependant rejoint Puerto Blanco. Elle rend dès qu’elle peut visite à son petit frère, qui n’est pas encore parti, mais se fait désormais discret.

La petite cuisinière pirate fille de dragon a eu depuis une apparition de Virel. De discussion, la déesse n’avait pas vraiment besoin pour savoir que même sans le savoir, elle avait déjà trop aidé cette mortelle à vivre sa vie pour ne pas en faire sa nouvelle élue.
Delya Curtie a aujourd’hui quarante-trois tours.
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Lun 6 Nov 2017 - 21:00

Elis


La Mort

Caractère et attributions

Parmi les divinités qui virent le jour sur Ryscior, Elis est la seule divinité à être l’enfant de deux autres. Et qui pourrait enfanter de la mort, si ce n’est le dieu de l’au-delà, Canërgen, et la déesse du destin, Finil ? Elis est donc leur fille, et c’est Elye, déesse de la Vie, qui fut choisie pour être sa marraine.
Si Elis existe depuis que le cycle de la vie et de la mort a commencé à se mettre en place dans le plan matériel de Ryscior, elle a mystérieusement, tant mentalement que physiquement, cessé de grandir lorsque vint pour elle l’âge de huit tours. A cause de cela, son père, qu’elle va voir dès qu’elle peut, la surveille constamment dans ses déplacements. Car de par sa fonction, Elis doit en permanence parcourir Ryscior tout entier. Sous ses dehors de petit fille rieuse et innocente, sa fonction est après tout primordiale.

Les mortels se demandent d’ailleurs souvent comment Elis peut être partout à la fois. Les morts, il y en a à chaque instant dans le monde. Et après tout, elle s’occupe également des animaux, des plantes, et de tout le domaine du vivant, même non considéré comme intelligent.
Ceux que les mortels ignorent et ne peuvent concevoir, c’est qu’au vu des nécessités de sa fonction et de sa nature, Elis est un être intemporel et immatériel. Elle est pour ainsi dire partout à la fois, à chaque instant.

Elis est souvent représentée, à raison, avec une faux lui permettant de séparer les âmes des corps, dans une moisson sinistre. Il est vrai que c’est son arme divine. Une faux à la lame inversée, seule arme au monde capable de tuer un dieu. Elle lui permet de séparer les âmes des corps, mettant fin à la vie dans le plan matériel. Son nom ? La faux d’Elis, tout simplement.

Elis restant cependant une petite fille, elle est soumise à de nombreuses règles mises en place par les dieux, qui ne craignent pas que quelqu’un lui fasse du mal (après tout c’est une déesse !), mais que quelqu’un ne cherche à utiliser ses pouvoirs à mauvais escient. Pour ces raisons, elle n’a normalement pas le droit de se montrer aux mortels. Dans les faits, elle transgresse régulièrement cette règle, se faisant alors passer pour une enfant des rues qui n’aime rien tant que de s’essayer à voler des douceurs sucrées que les mortels savent si bien faire et mettent en vente. Cependant, si elle se lie d’amitié avec un mortel, elle risque fort de voir le Juge venir effacer la mémoire dudit mortel après l’avoir renvoyée chez son père pour y subir un sermon sur ce qu’elle n’a pas le droit de faire.

Elis est une divinité qui fait partie du panthéon des peuples peaux-vertes ! Elle s’appelle pour eux Arkit. Elle est la mort à leurs yeux également, et est souvent représentée sous la forme d’un guerrier en permanence en train de lutter contre l’esprit de chaque peau-verte. Quand ce guerrier triomphe, Arkit jugera en fonction du temps de sa lutte et de la résistance qu’il a opposé s’il doit l’emmener dans les enfers ou dans les forêts sombres qui sont aux yeux des peaux-vertes le paradis.

Le culte d’Elis

Remarque importante : Il n’y a pas de prêtres dans ce culte.
Quels sont les préceptes de ce culte ? En s’attirant les faveurs de la mort, on peut s’attirer l’immortalité.
Quels sont les cérémonies importantes aux yeux de ses membres ? Il n’y a pas pour eux de jour sacré, mais la cérémonie qui est pour eux la plus importante est celle du sacrifice. En sacrifiant un enfant de l’âge d’Elis, lorsque la lune est rouge, ils espèrent s’attirer ses faveurs.
Où peut-on en trouver des représentants ? Il s’agit d’une secte obscure assez difficile à trouver, mais qui a des représentants un peu partout dans le monde.
Quel est leur plus grand temple ? Cette secte n’a pas de temples à proprement parler, plus des lieux de réunion. Le plus fréquenté se trouvant dans les Halls, les fameux tunnels courant sous Kelvin.
Comment rejoindre ce culte ? Devenir prêtre de cette religion est impossible, vu qu’il n’y en a pas. On peut en revanche devenir cultiste en en connaissant un autre qui vous initiera aux mystères de cette religion.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Non, hommes comme femmes sont acceptés d’égale façon au sein de ce culte.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Non. Chaque cultiste est égal aux autres.
Ce culte est-il populaire ? Au vu des noires actions de ce culte, il est prohibé partout dans le monde, sous peine de rejoindre la divinité que ces cultistes vénèrent. Mais dans les faits, la justice n’a que rarement affaire à ces derniers, puisque les foules en colère ont tendance à s’occuper de leurs cas, parfois sur la base de simples soupçons infondés.
Quid du culte dans les races à part ? Les elfes noirs et nains des profondeurs rendent hommage à Elis. A moins d’être d’ores et déjà des prêtres d’autres dieux, ils lui dédient leurs victimes au combat. Mais ce culte s’arrête là.

Sasha Braus, élue d’Elis


Sasha Braus naquit dans une ferme du royaume désormais disparu de Thais. Elle vivait dans une famille de halfelins paisible, et avait plusieurs frères et soeurs, en plus de ses parents qui l’aimaient. Tout se passait pour le mieux dans sa vie, quand arriva ce qui arrive parfois dans les campagnes de Ryscior. Un monster attaqua la ferme de ses parents. Il s’agissait d’une araignée géante, qui face à des fermiers halfelins sans vraie defense, eut vite fait de trouver un diner. Seule Sasha réchappa du massacre qui s’ensuivit.
Comment survécut-elle à ce tragique évènement ? Elle fut sauvée par Bluck, un semi-nain, qui parvint à terasser la bête. Trop tard pour sa famille, à temps pour la fillette. Prenant l’enfant en pitié, Bluck décida d’en faire sa fille et la prit sous son aile. C’est au cours de ses voyages qu’il vint à Kelvin, où l’enfant, amatrice de patates chaudes, fit la connaissance d’une fillette rousse, qui avait pour sa part volé une part de brioche dans une boulangerie non loin. La solidarité des petites voleuses agit rapidement, et les deux enfants coururent le plus précipitement possible dans un abris qu’elles finirent par trouver, où les grands ne purent les suivre.

Là, les deux fillettes se nouèrent d’amitié autour de leur bon repas improvisé. Elis, car c’était elle, fut heureuse de trouver une enfant de son âge avec qui parler de choses et d’autres, et avec qui rire. Aussi, lorsque vint le temps inevitable où son père la rappela à ses interdictions, elle supplia le Juge de ne pas effacer la mémoire de son amie. La question fut débattue entre Canërgen et le Juge, qui convinrent que si Sasha pouvait conserver sa mémoire, alors il fallait en faire l’élue d’Elis.
Ce fut un choix difficile pour la Mort, qui n’avait jamais eu qu’un seul élu, l’elfe Numar. Mais elle se rappela qu’elle pouvait à tout moment aller revoir ce dernier dans les plaines de lumière de l’au-delà, aussi accepta-t-elle l’offre. Son père en fut satisfait, jugeant qu’il était sans doute plus sain pour sa fille d’avoir pour élue une enfant de son âge et non un adulte.

Depuis, Sasha Braus, fille de Bluck, et depuis que ce dernier trouva son idéal, de la halfeline Marrischka van Skaïlla, est l’élue d’Elis. Elle a cessé de vieillir, elle aussi, pour rester éternellement une fillette, et ce même si dans les faits, elle marche gaiement sur ses vingt tours. Et son amie vient de temps à autre la trouver, quand sa tâche lui permet de se reposer. Ce qui réduit par là-même son nombre de rapts dans les échoppes mortelles…
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Mer 8 Nov 2017 - 20:58

Le Juge


Les relations entre dieux et mortels

Caractère et attributions

La Chute des Dieux. Vingt jours durant lesquels les divinités de Ryscior, privées de leurs pouvoirs, foulèrent le sol du plan matériel de Ryscior. Qui put causer cet évènement ? Ce fut le Juge.
Cet être de nature divine fut créé par les dieux à la demande d’Ohiel. Ce dernier, se sachant dieu de la justice, considérait en effet qu’il ne pouvait juger de l’application des lois divines à lui-même, sans quoi il risquait de tomber dans un arbitraire dangereux pour ce qu’il était. Bien qu’il sache que tomber dans cet arbitraire n’était pas dans sa nature, en tant que dieu de la Justice, il ne pouvait laisser une telle faille exister. Il appela à son aide toutes les divinités, qui l’une après l’autre apportèrent leur pierre et un peu de pouvoir à l’édifice. Le Juge fut créé.

Il vit sur le plan d’Aber, un plan totalement vide, à l’exception d’un bâtiment. Ce dernier est une exacte réplique du temple dans lequel les élus des dieux se réunissent. A ceci près que les sièges autour de la table au centre du bâtiment sont supposés accueillir les divinités elles-mêmes.
Le Juge a en effet pour rôle de faire appliquer la loi divine en ce qui concerne les interventions des dieux dans le monde des mortels, afin de préserver les peuples que les êtres mortels ont formés d’une destruction, volontaire ou non, d’origine divine. Ohiel le voulut insensible, afin qu’il ne puisse pas ressentir la pitié. Le Juge est donc un être qui ne ressent pas la moindre émotion, et seule l’application la plus simple et logique de la loi divine sous sa compétence le préoccupe.

Afin qu’il puisse faire respecter son autorité, le Juge a reçu de tous les dieux une composante essentielle : La capacité à les punir. Ohiel l’a voulu pour les contrôler. L’assemblée des dieux a accepté l’idée, sans forcément que tous soient d’accords, mais tous se sont dévolus à cette tâche. Ce pouvoir se trouve dans l’arme qui fut forgée par Dwilin pour l’occasion : Le Bâton du Juge.
Voilà pourquoi les dieux respectent son autorité. Tel est le Juge.

Le culte du Juge

Les mortels ignorant jusqu’à sa simple existence, le Juge n’a ni prêtre, ni adorateur.

Elisandre, élue du Juge


Elisandre est une élue quelque peu particulière, en ce sens qu’elle est morte.
Comment une femme peut-elle devenir élue en étant morte ? Surtout depuis des millénaires ? Elisandre est en effet un fantôme qui parcourt le continent depuis, disent les légendes, l’aube des temps. En vérité, cela ne fait qu’environ deux millénaires qu’elle existe.

Elisandre était, de son vivant, une ramienne. Une chasseresse de démons, particulièrement redoutée et, chose rare pour une chasseresse de démons, appréciée alors. Car elle considérait sa cause comme sacrée, et elle était prête à tout sacrifier pour parvenir à ses fins. Y compris sa propre vie. Elle vivait ainsi dans une misère relative, ne se nourrissant que grâce à la générosité du peuple de Ram. Car tout l’argent qu’elle pouvait gagner, elle l’utilisait immédiatement pour s’armer afin de combattre les ennemis de la lumière. Elle était si dévouée à sa cause qu’elle disait que son âme elle-même n’aurait pas de repos tant que la victoire ne serait pas acquise.

La victoire n’est pas encore acquise, et la promesse d’Elisandre est pour l’instant tenue. Son âme est sans repos, car elle est devenue, après avoir été tuée au combat par un nécromancien, un fantôme. Mais là où les fantômes deviennent des âmes en peine ou des esprits malins, Elisandre avait une volonté trop forte. Elle ne pouvait pas succomber à ce funeste destin. Consciente qu’elle ne pouvait plus elle-même peser dans la balance, Elisandre conçut le projet suivant : Si elle réunissait assez d’âme à la volonté forte comme la sienne, peut-être pourraient-ils ensembles convaincre les dieux de leur redonner un corps afin de reprendre la lutte.
Elle se mit alors à parcourir les champs de batailles, après que les combats aient cessé. Elle recherchait les âmes de guerriers totalement dévoués corps et âmes à leur cause comme elle avait pu l’être : des martyrs. Très vite, elle devint célèbre à travers tout le continent, pour sa litanie funèbre tandis qu’elle levait les âmes autour d’elle : « Je cherche des martyrs… Des guerriers dévoués… ».
Les prêtres de tous les dieux de bien s’affairaient à la suivre pour envoyer chez Canërgen les âmes de ces pauvres ères qui méritaient un bon repos. Mais toujours, Elisandre parvenait à leur échapper.

Il en fut ainsi pendant deux millénaires. Jusqu’à ce que le Juge arrive. Ce dernier voyait en effet en Elisandre un fantôme dévoué à une cause profonde. Quelqu’un qui saurait tenir le secret sur son objectif si elle s’y vouait, mais qui de fait, n’en avait pas, car sa cohorte de guerriers ne pouvait jamais grandir, à cause de la traque systématique dont ils faisaient l’objet.
Le Juge pensa alors au temple des élus divins. Un vieux temple perdu dans les montagnes de l’Empire d’Ambre, où les élus se regroupent pour discuter de la façon dont ils peuvent protéger Ryscior des dangers qui le menacent. Il fallait, pour empêcher les instrus d’entrer dans ce temple, un être capable de passer, sans repos, des tours entiers à en surveiller les alentours. Ce fut Elisande qui fut choisie.
Le Juge lui apparut, une nuit, et après s’être présenté à elle, lui donna cet objectif.

« Les dieux commandent, dit-elle, pleine d’humilité, car ils sont bons et connaissent mieux les dangers contre lesquels je lutte que je ne les connais moi-même. Je leur obéirai, puisque vous me donnez cet ordre.
-J’ai rarement vu une telle foi en eux depuis que j’existe, dit le Juge. Pour t’assister dans ta tâche, prends les six âmes de martyrs que tu as avec toi en cet instant. Pour l’éternité, c’est vous qui resterez à la porte du temple, empêchant quiconque n’est pas élu d’y entrer. »

Elisandre est une élue particulière. Elle est morte et garde la porte du temple des élus divins. Quiconque aperçoit cette porte pourra la voir debout devant, tandis que les six âmes de guerriers morts au combat l’encadrent.
Et elle ne laissera entrer personne d’autre qu’un élu.
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Ven 10 Nov 2017 - 23:19

Le Roi et la Reine Démoniaques

Le Roi Démoniaque



La Reine Démoniaque


Les Divinités Démoniaques

Qui sont-ils ?

Lorsque les démons arrivèrent sur Ryscior, cinq d’entre eux, les cinq Princes Démoniaques, menèrent la guerre qui déclencha la chute des Anciens. Mais si ces cinq démons étaient d’une puissance extraordinaire, presque les égaux des dieux, croire qu’ils étaient et qu’ils sont encore aujourd’hui les plus puissants des démons reviendrait à se voiler la face gravement. Ce ne sont que des généraux, des champions. Il existe deux démons bien plus puissants qu’eux. Des démons dont la puissance est pour le coup équivalente à celles des divinités de Ryscior. Ces deux démons sont les divinités démoniaques. Quels sont leurs noms ? Impossible à savoir. Quelle est leur véritable apparence ? A n’en pas douter, cette apparence indescriptible ne peut être vue par les mortels, qui en perdraient instantanément leur esprit.
Tout ce que l’on sait d’eux, c’est ce que les cultistes vénérant les démons en ont rapporté. L’un d’eux se présente sous la forme d’un homme sans visage, ayant six ailes noires et aux mains couvertes de sang. Cette apparence, disent les cultistes (généralement avant d’être brulés vifs, ou au moment d’initier d’autres cultistes) est un appel à la soumission par l’effroi. L’autre se présente sous la forme d’une femme au corps dont la race varie selon le cultiste. Mais toujours, ce corps dénudé incarnera pour le cultiste la perfection, et constituera un appel à la soumission par la séduction. L’un se fait donc craindre, l’autre se fait adorer. Afin de prendre en compte cette différence lorsqu’on les évoque, ils sont donc appelés le Roi et la Reine démoniaques.

Peu importe leurs différences, Roi comme Reine cherchent à dominer Ryscior, mais de façon différente. L’âme et la chair. Tels sont les domaines par lesquels ils souhaitent en effet dévorer le plan matériel. Le Roi, pour sa part, souhaite dévorer l’âme. La magie, dressée lors de la création du monde par les dieux afin de former Ryscior, est à l’origine de tout. C’est par la corruption de cette dernière, et donc de l’âme même du monde, et des âmes des mortels, que le Roi souhaite frapper. La Reine, pour sa part, cherche à absorber Ryscior, car si la magie fut dressée par les dieux, le plan matériel est désormais constitué par la chair du monde. Roche, plantes, mortels… Tous sont issus de cette chair. Et si la magie en est à la source, aux yeux de la Reine, la chair du monde est l’incarnation de cette magie, et c’est ce qu’il faut absorber pour dévorer le monde.

S’ils sont unis contre Ryscior même, le Roi et la Reine ne sont pas en paix. La guerre règne dans les Abysses des démons, car ces derniers se rangent selon leur envie de dévorer l’âme ou la chair, voire les deux pour certains, auprès du Roi ou de la Reine. Les deux camps s’affrontent sans cesse, en plus des luttes de pouvoirs intestines aux camps eux-mêmes. Dans les Abysses, seule la loi du plus fort a court. C’est donc un monde d’anarchie totale, de corruption et d’esclavage, où les choses issues d’un Ryscior non corrompu ne sont pas les bienvenues. Les seules qui y viennent sont les âmes de ceux qui ont été tués par les démons ou des mortels les ayant servis dans leur vie, qui y sont alors envoyées par Canërgen, en punition.
Une âme de mortel dans les Abysses ne peut subsister que si elle se trouve un démon pour la protéger, généralement pour bien l’avoir servi durant sa vie. Là, elle deviendra son esclave ou, pour les serviteurs les plus brillants qui n’avaient pas pu l’être de leur vivant, pourra être changée en démon, auquel cas ce nouveau démon pourra aller à son tour lutter pour sa place dans les Abysses. Autrement, l’âme sera presque instantanément après son arrivée dans les Abysses dévorée par un démon de passage. C’est d’ailleurs ainsi que finissent la plupart des mortels ayant fricoté avec les démons.

Les Princes Démoniaques


Les meneurs des armées démoniaques

Caractéristiques

Lorsque les Anciens chutèrent, sur Ryscior, à cause de l’invasion des démons, le Roi et la Reine ne mirent jamais eux-mêmes les pieds sur Ryscior. En fait, ils ne l’ont jamais fait de l’histoire. Mais alors, qui pouvait bien mener les armées des démons durant la chute des Anciens ? Si les démons définissent leur hiérarchie par la puissance pure, qui pouvait avoir assez de puissance pour mener ces troupes au nom du Roi et de la Reine, tout en étant capable d’affronter les dieux eux-mêmes, qui à l’époque avait combattu aux côtés des mortels ?
Yg’Noth, Kha, Anor, Slore et le Sans-Nom, voilà qui sont-ils, et encore, ce sont leurs noms d’emprunts, ceux sous lesquels ils se présentent quand ils doivent interagir avec les êtres non démoniaques. Seuls les dieux et les êtres démoniaques connaissent leurs véritables noms. Mais quels genres d’abominations peuvent se cacher derrière ces noms ?
Ce sont les Cinq Princes Démoniaques. Ces abominations, chacune d’entre elles, ont choisi un aspect différent de leur vrai, autant que leur véritable nom, quand ils foulèrent le sol de Ryscior, pour y livrer une guerre totale contre les Anciens, et les dieux… Voici les visages sous lesquels les mortels les connurent. Voici l’histoire de leurs guerres contre les Anciens.

Yg’Noth apparut sous les traits d’un guerrier pur. Lorsqu’il choisit son incarnation sur le plan matériel des choses, ce fut sous la forme d’un géant aux épaules larges et au corps musculeux dont la peau a la couleur du sang et dont le visage était celui d’un chien enragé. Il portait une armure plaque couverte de runes complexes, et des visages agonisant de ses victimes. Sa tête était dissimulée par un énorme casque dissimulant ses traits féroces, et il combattait avec une gigantesque hache. Durant la chute des Anciens, ce démon brutal eut une forte influence sur la déesse Azma, aidant à faire naitre en elle l’amour du sang qui est ce qu’elle incarne désormais.
Kha, second en puissance, choisit pour sa part de se manifester sous la forme d’un être grossièrement humanoïde pourvu de membres dégingandés, à la peau couverte de visages grimaçants qui lorgnaient et raillaient ses adversaires. Ces visages changeaient constamment de positions, se dissolvant et réapparaissant sans cesse pour former des expressions moqueuses ou énigmatiques. Quand il parlait, ces visages rajoutaient des paroles sous la forme de nuances subtiles et énigmatiques, ajoutant des commentaires souvent ironiques au sujet de ce qu’il venait de dire, et plongeant les mortels qui entendaient ses paroles dans la plus grande des confusions. Et puisque tous parlaient avec la même voix, il était impossible de savoir ce que le démon avait réellement. Parmi les quatre Princes Démoniaques, il était le meilleur magicien. C’est lui qui parvint, durant la guerre, à souiller la magie de Ryscior, et donc à faire naitre la maladie dont souffre encore Mystin.
Anor, pour sa part, choisit un aspect repoussant. Il apparut sous la forme d’une créature massive, bouffée et sclérosée, infestée de cloques, de croutes et de bubons, et dégageant une puanteur si insoutenable qu’elle mit plusieurs fois durant la chute des Anciens à elle seule en déroute des armées entières. Sa peau était verte, parcheminée, nécrosée, infestée de plaies, de lésions, et suppurante de pus. Ses organes internes débordant d’excréments pourris pendaient mollement de ses plaies béantes, tels des fruits trop mûrs. Son visage bouffi étant fendu d’un large sourire d’où dépassait une langue immense terminée par un petit visage difforme. Malgré cet aspect maladif, il était plein d’énergie, et son corps massif et transportant des milliers de maladies était son arme. C’est lui qui rendit Nimen folle, car en tant que déesse des maladies, c’était elle qui était sa principale adversaire, dans cette guerre.
Abominablement grâcieux et ravissant, un corps élancé et élégant fut choisi par Slore. Il était le seul des Cinq à avoir choisi un aspect engageant, celui d’un être svelte à la beauté envoutante et démoniaque. Cela fascinait les âmes des guerriers Anciens, perdus dans la contemplation de sess yeux d’où s’échappait un regard langoureux. Il était enjôleur, désarmant d’innocence et ensorceleur dans ses moindres gestes. Sa chevelure flottait en vagues de lumière pure, percée par des cornes noires sortant de son front. Slore menait une armée d’incubes et de succubes au combat, et il utilisait cet aspect engageant comme arme. De tous les princes démoniaques, il fut l’un des seuls à ne pas profondément marquer une divinité en particulier, même si nul ne peut douter qu’il ait eu un impact sur Filyon, déesse du plaisir. En revanche, c’est par lui que le culte des démons devait par la suite se répandre parmi les mortels…
Le Sans Nom fut le seul à choisir de s’incarner sous sa véritable apparence. Plus faible des Cinq, il combattit peu durant cette guerre. Mais son impact fut important. Son apparence ne saurait être décrite, et expliquait que les quatre autres en aient choisi une fausse. Car il s’agit d’une masse de chair gigantesque, faisant la taille de plusieurs cités humaines en longueur, s’enfonçant loin dans le sol en hauteur, et montant haut dans le ciel. De ce corps gigantesque sortait de partout des membres, des visages, des crocs et des excroissances abominables. Son impact ? Il avait pour but de pérenniser la faille par laquelle étaient sortis les démons, de la renforcer, de sorte qu’elle ne put être fermée. Même s’il est le plus faible des Cinq, les dieux le craignent presque plus que les quatre autres. Car s’il fut repoussé, à l’époque des Anciens, dans les Abysses avec les autres, son retour signifierait à n’en pas douter qu’une deuxième faille impossible à fermer apparaitrait sur Ryscior.

Le Culte des Démons

« Vous ne comprenez pas, pauvres fous ! La Reine prendra le pouvoir, elle vous brisera ! Ses serviteurs marchent déjà parmi nous, et écraseront sans peine les pitoyables mortels que vous appelez des guerriers ! Soumettez-vous à elle avant d’en payer le prix !
=> Hurlements de menace typiques d’un cultiste, tandis que les flammes de son bûcher commencent à s’élever. Ces cris précis furent rapportés après l’exécution d’un cultiste sur la Grand Place de Kelvin, il y a cinq tours.

Quels sont les préceptes des cultistes servant les démons ? Ces sectes obscures ont des préceptes qui varient totalement selon la secte. Certains vénèrent les dévoreurs du monde, d’autres vénèrent l’obscénité des démons, d’autres encore la corruption qu’ils amènent, le sang qu’ils versent… Toutes ces sectes, différentes, s’accordent cependant pour dire que les dieux sont un mensonge et que seuls les démons sont aptes à amener un changement meilleur.
Quelles sont les cérémonies importantes de ces cultes ? Là encore, en raison de la variation des dogmes de ces cultistes, les cérémonies vont totalement varier dans leur date comme dans leur exécution d’une troupe de cultistes à l’autre. Le dénominateur commun étant toutefois l’idée d’attirer l’œil et les faveurs des démons, voire d’essayer de les invoquer. Les sacrifices humains sont donc un thème récurrent des cérémonies de toutes les bandes.
Où peut-on trouver ces cultistes ? Ils se cachent beaucoup, conscients pour la plupart d’entre eux du bucher qui les attend s’ils sont découverts. On peut donc les trouver un peu partout dans le monde connu, mais il faut bien les chercher, et souvent, il faut vouloir les trouver pour le faire. Et vouloir les trouver, c’est soit un adorateur d’ores et déjà déclarer, soit un chasseur de cultistes.
Où est leur plus grand temple ? De façon logique, là où les démons sont passés récemment et en plus grand nombre, c’est là que l’on va trouver le plus de cultistes. Il y en a actuellement beaucoup à Ram, mais c’est à Kelvin que se réunit la plus grande quantité de cultistes, dans des établissements mal fréquentés. Après tout, il y a six tours, les démons n’ont-ils pas visé spécifiquement cette cité ?
Comment rejoindre ce culte ? Au choix, trouver des cultistes qui vont initier l’intéressé aux mystères de leur culte, ou en fonder un soi-même. Beaucoup de « cultes » sont en fait d’ailleurs des individus isolés.
Ce culte refuse-t-il un sexe ? Selon les cultes, oui ou non, et selon les cultes en refusant un, ce sera les hommes ou les femmes. Tout comme le dogme, ce genre de choses varie énormément.
Y’a-t-il une hiérarchie dans ce culte ? Là encore, cela dépend entièrement des cultes. C’est un patern de dizaines de cultes tellement difficile que les simples contacts entre cultes sont rares. Certains ont une hiérarchie, d’autres non. Le culte kelvinois est uni derrière un grand-prêtre, que les cultistes appellent juste « Grand Prêtre ». Un homme si muté qu’il ne peut plus quitter la cave où son culte se réunit, de peur d’immédiatement faire accourir le guet.
Ce culte est-il populaire ? Le bucher est la sanction systématique et universelle de ce culte. Il est d’ailleurs si craint que les gens du commun comme de la noblesse brûlent plus souvent des innocents que de vrais cultistes, dans des chasses aux sorcières organisées pour un oui ou pour un non. Heureusement, certains ordres de guerriers ou de prêtres, voire de mages, se spécialisent dans la traque des cultistes. S’ils font également régulièrement de regrettables erreurs, à tout le moins sont-ils pour la plupart généralement plus fiables que le reste de la population.
Quid du culte des races à part ? S’il arrive que les elfes noirs ou nains des profondeurs parlent avec les démons, et s’il est vrai que cet acte n’est pas puni chez ces peuples, ils restent prudents dans leur approche.

Aekolde « la Pourvoyeuse de Vie et de Mort », élue de la Reine Démoniaque


Aekolde, Aekolde Kesh de son vrai nom, est connue par tous les cultistes vénérant les démons de Ryscior comme la « Pourvoyeuse de Vie et de Mort ». Ses mutations étranges et non visibles à l’œil nu sont pour elle un véritable avantage dans la mesure où cela lui permet d’aller librement, aussi longtemps qu’elle ne croise pas de prêtre capable de sentir autour d’elle l’aura des démons. Car Aekolde est une servante des démons. Lorsque le Roi et la Reine décidèrent de singer les dieux en prenant chacun un élu, Aekolde fut choisie par la Reine.
En vérité, cela fait déjà des siècles qu’Aekolde marche sur Ryscior. Elle est plus vieille que bien des élus divins humains, sans avoir atteint la longévité exceptionnelle d’élus comme Dortan Giger ou Valentino Tarenziore. La rumeur veut qu’à l’origine, elle ait été une mercenaire itinérante, qui dût faire face à une invasion de démons…

De fait, elle vit des démons ce jour-là. Et avec ses alliés mercenaires, elle dût les combattre. C’était en Ram, et sa troupe avait été appelé à l’aide par une chasseresse de démons qui payait bien. Il y avait effectivement un groupe de cultistes qui avaient réussi à ouvrir une petite faille. Mais de cette dernière étaient sortis des démons qui déjà travaillaient à l’agrandit. Il fallait absolument les en empêcher. Abattre les démons et les cultistes hors de la faille fut possible, mais il fallut ensuite y entrer pour la fermer.
Bien des humains perdent la raison à cet instant. Ce ne fut pas le cas d’Aekolde, mais du gros de sa troupe, si. Elle vit bien vite que les démons les encerclaient. Il y avait un dicton qu’elle connaissait bien, qui disait que les mercenaires étaient remarquables pour leur capacité de fuite. Et effectivement, face à ce combat perdu d’avance, elle n’avait qu’une seule envie, c’était de s’enfuir. Mais les démons avaient fini de les encercler, et il n’y avait désormais plus moyen de reculer. C’est alors qu’elle entendit une voix. Elle ignorait tout des démons, et des conflits qui unissaient ces derniers, aussi crût-elle, quand cette voix lui proposa de l’aider à fermer la faille, que ce ne pouvait être un démon. Pourquoi souhaiterait-il la fermer ?
Le prix à payer, pour recevoir cette aide, était de plonger sa lame dans le dos de la chasseresse de démons. Elle réfléchit à toute vitesse. Si la voix mentait, alors rien ne changerait, tout le monde étant de toute façon condamnée. Mais si elle disait la vérité, alors elle pourrait sauver un maximum de membres du groupe au prix de la vie de leur employeuse. Elle vit vite son choix, et la chasseresse s’effondra, frappée dans le dos.
A cet instant, la faille commença à se dissiper, et Aekolde Kesh soupira de soulagement. La voix n’avait pas menti. Elle observa cependant autour d’elle, et vit que tous dans son groupe étaient morts. Dlle était la seule survivante. La voix reprit alors.

« Ces hommes sont morts pour combattre des abominations, disait-elle. Si tu me donnes l’autorisation de te dicter tes prochains combats, je peux les ramener à la vie. »

Sans poser de questions cette fois, Aekolde lui donna cette autorisation. La voix n’avait pas menti la première fois. Elle décida donc de lui faire confiance pour la deuxième. Et effectivement, lorsqu’elle toucha ses compagnons, ils se relevèrent, étonnés. Une fois que tous, chasseresse comprise, furent debout…

« Bien, dit la voix. Maintenant, tue-les. »

Aekolde essaya de refuser au début, mais ce fut plus fort qu’elle. Et bien vite, elle se dressait, au milieu d’une mare de sang. Aekolde avait reçu le don de la vie, mais aussi celui de la mort, de la part d’un démon du camp adverse de celui qui avait ouvert la faille qui s’était joué d’elle. Ce don de vie la maintint en vie durant tous ces siècles jusqu’à ce que la Reine fasse d’elle son élue. Mais ce don de mort la poussait à tuer ceux que la voix lui indiquait.
Quand un jour, en songe, la voix lui apparut sous la forme d’une femme à la beauté qui laissa Aekolde sans voix, la Reine lui révéla qu’elles étaient liées depuis le début -même s’il est à noter que la Reine elle-même n’avait jamais parlé à Aekolde avant cet évènement-. Elle lui dit qu’en tant que sa nouvelle élue, elle allait désormais avoir un accroissement de ses pouvoirs… Alors Aekolde sombra dans le désespoir, car elle savait qu’elle était sous le charme de cette succube, et qu’elle ne pouvait lui refuser d’être son élue. Et elle accepta donc. Elle qui n’avait jamais servi de son plein gré les démons le ferait désormais volontairement. Mais elle n’obéirait qu’à une seule succube, et pas à n’importe laquelle.

Depuis un tour, les pouvoirs d’Aekolde la Pourvoyeuse de Vie et de Mort son décuplés. Là où elle marche, l’herbe repousse et les fleurs s’épanouissent à une vitesse tout sauf naturelle. Les choses vivantes qu’elle touche connaissent une nouvelle vigueur. Le bois des portes, des bancs et des tonneaux recommence à bourgeonner -d’où le fait qu’elle ne se sépare désormais jamais de ses gants une fois en ville-, et les créatures aux portes de la mort retrouvent leur santé.
Mais elle a également reçu le don de mort. Damnée par sa propre maitresse, elle parcourt le monde selon ses instructions. La malédiction qui pèse sur elle étant de tuer ceux et celles que sa maitresse lui indique, alors même qu’elle sait que cela est mal. Mais elle n’a pas le choix. Elle tue en son nom, espérant un jour être délivrée du charme maléfique de cette succube qu’elle hait et adore à la fois, pour enfin trouver le repos éternel. Elle envie ceux qui tombent sous sa lame, car ils obtiennent l’oubli qu’elle désire tant…

Messire Alderan du Val, élu du Roi Démoniaque


Quand Hasdruba chuta il y a un tour de cela aux mains des morts, le territoire qui était devenu Hasdruba fut divisé.
L’ouest du royaume fut absorbé par Salicar, agrandissant la terre des morts. Les hasdrubiens qui se trouvaient sur cette terre purent regagner leurs foyers, à l’exception des chevaliers, mais durent apprendre que désormais, les morts pouvaient marcher dans leur pays, et quand une main grattait à la porte le soir venu, il était sage de ne pas ouvrir.
Une deuxième partie fut absorbée par la Grande Forêt. Voyant là une occasion d’agrandir une fois de plus leur territoire, les elfes sylvains se lancèrent dans ce sortilège qu’ils maitrisaient si bien, et la Forêt s’étendit à nouveau, absorbant l’est du royaume. Ceux qui vivaient dans ces terres n’eurent d’autre choix que de les quitter ou de mourir. Certains partirent pour la partie dominée par Salicar, quand d’autres suivirent les chevaliers qui partaient en exil. Globalement, le changement fut cependant trop rapide pour un grand nombre d’âmes.
Il y eut donc les hasdrubiens en exil, ceux qui moururent, et ceux qui acceptèrent l’autorisé de Salicar. Mais ce ne fut pas tout.

Une troisième portion du royaume, située au nord de ce dernier, recouvrant à peu près le territoire du duché des Samuel, ne sombra ni entre les mains de Salicar ni entre celles des elfes. Car un seigneur local, devant l’anéantissement de sa terre, avait refusé de la quitter. Il avait juré de la défendre jusqu’à la mort.
Aussi, quand la mort vint sous la forme de morts-vivants, Messire le Compte Aldéran du Val, accompagné de ses gens, se battit. Il le fit sous les encouragements des dames des chevaliers qui combattaient à ses côtés, il le fit avec le soutien des paysans qui s’étaient réfugiés dans son duché. Mais hélas, les chevaliers tombaient les uns après les autres. Vint un moment dans la bataille où ils suggérèrent de se replier sagement derrière les murs d’un castel, afin de préparer une meilleure défense, mais Aldéran savait que s’ils renonçaient, alors tout était perdu.
Insultant ses camarades qui reculaient, il resta seul sur le champ de bataille. Alors, il lui sembla que les têtes de ceux qui étaient morts sans avoir été relevés par l’ennemi se tournèrent vers lui. Il crut d’abord à un maléfice de ses adversaires, quand les têtes se mirent à parler. Il lui fut offert la connaissance nécessaire pour vaincre les ennemis et sauver la région qu’il défendait, si chère à son cœur. Ignorant quelle pouvait être cette connaissance, il accepta l’offre.

Aussitôt, une profonde compréhension de la nature du monde telle qu’elle était conçue par le Roi Démon s’introduisit en lui, et le rendit fou. Sous l’impulsion de ces nouvelles connaissances, Messire Aldéran du Val s’ouvrit la poitrine avec sa propre lame, et dans cette cicatrice qu’il avait sur le cœur, il invoqua une faille d’où sortirent d’abominables démons, qui reprirent la lutte à son côté.
Cette lutte fut finalement remportée, mais à quel prix. Quand les chevaliers qui étaient partis le virent revenir, ils comprirent que désormais, les démons règneraient dans la région. Certains d’entre eux en acceptèrent l’augure. Puisque les dieux avaient échoué à défendre Hasdruba des morts, alors les démons, peut-être, réussiraient. Mais la majorité des chevaliers, des dames et des paysans rejeta cette alliance impie. Ceux-là furent massacrés par les démons, menés par Aldéran, sous le regard choqué des chevaliers, dames et paysans qui avaient accepté le pacte.
Ce choc, il se ressentait sur tous les visages, car les hasdrubiens avaient compris que désormais, ils étaient liés à leurs nouveaux alliés.

Tout Hasdruba a été absorbé par les morts et la Grande Forêt ? Non. Une région, l’ancien duché des Samuel, appartient encore aux hasdrubiens. Mais l’influence des démons se fait sentir partout dans la région, désormais assiégée par morts comme elfes sylvains. Au cœur de la région et de Messire Aldéran se trouve une faille, d’où les Abysses exercent leur influence impie sur le monde…
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Dargor
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MessageSujet: Re: Les Divinités de Ryscior   Lun 27 Nov 2017 - 19:48

Le Temple des Elus

Les représentants des dieux

Les représentants des dieux au sein des royaumes mortels sont les prêtres et les prêtresses. Ces derniers, investis des pouvoirs d’exorciser les êtres non-naturels (morts-vivants et démons), peuvent également soigner les blessures et les maladies. Cette magie, dite cléricale, est la marque de la bénédiction que leur donne leur dieu en échange de leur dévouement. Seuls les prêtres dévoués à Azma et Prarag, les deux dieux guerriers, n’ont pas de tels pouvoirs, et ont à la place respectivement une force et une endurance plus élevées que la normale.
Toutefois, il y a autant d’interprétation de la parole divine qu’il y a de prêtre sur Ryscior. Et s’ils servent tous leurs dieux, aucun ne peut prétendre avoir jamais discuté directement avec sa divinité d’allégeance sans mentir. Cet état de fait est voulu par les dieux eux-mêmes, qui lorsqu’ils ont quitté les royaumes mortels, ont décidé de laisser à ces derniers leur libre-arbitre, capacité à choisir eux-mêmes leur propre destin.

Pourquoi les prêtres alors ? Car les dieux savent qu’il y a des ennemis à la nature même de Ryscior. Ces ennemis sont les adeptes de la nécromancie et les démons. S’ils n’investissaient pas certains mortels de la capacité à combattre ces ennemis, alors il leur faudrait rester eux-mêmes parmi les mortels, les empêchant d’avoir leur libre-arbitre.
Mais puisque certains esprits mortels peuvent se laisser tenter par les pouvoirs immenses qu’offrent nécromancie et démons, il faut, estimèrent les dieux, que des hommes et des femmes puissent rester afin de leur montrer la véritable voie, celle de l’équilibre que les dieux voulurent en créant le monde.

Mais puisqu’il existe une interprétation de cette voie par prêtre, les dieux choisirent de nommer des hommes et des femmes de toutes races leurs élus. Ces élus appelés élus divins sont non seulement investis des pouvoirs cléricaux, mais leur vieillissement s’arrête à l’instant de leur nomination. Les mages nommés élus sont également les seuls à pouvoirs manipuler magie cléricale et profane.
Et surtout, seuls les élus divins peuvent dire sans mentir, comme le fait de temps à autre Tesla Eilun, élue de Finil :

« J’ai dialogué avec ma divinité d’allégeance. »

Le comportement des élus divins

Les élus ne sont pas tous nommés pour leur dévotion et leur stricte application des codes de conduite proposées par leur divinité d’allégeance, même si la plupart le sont. Certains, rares, n’ont même jamais servi la divinité à laquelle ils s’apprêtent à être liés quand ils sont nommés élus.
Mais toujours, les dieux les choisissent sur la base de leurs actes. La parole d’un élu ne suffit jamais. Qui pourrait de toute façon prétendre tromper un dieu ? Ces derniers savent bien que la personne qu’ils choisissent est apte à devenir leur élu par ce qu’elle a été, qu’elle est qu’elle sera, mais aussi par ce qu’elle a fait, qu’elle fait et qu’elle fera.
Il est possible qu’un élu déçoive sa divinité. En ce cas, sa bénédiction lui sera retirée. Malheur à l’élu à qui cela arrivera ! Quand on est nommé élu, c’est à vie. L’élu rejeté tombera rapidement gravement malade, d’une maladie que rien ni personne dans le monde des mortels ne peut guérir, et il mourra en quelques heures. A sa mort, il ne rejoindra pas son dieu, mais les plaines de Canërgen.

Toujours est-il que les dieux n’appellent pas, ou alors très rarement, leurs élus à changer de comportement quand ils les nomment. C’est pourquoi si certains élus, une fois nommés, partent prêcher le nom de leur divinité à travers le monde, se sentant investis d’une mission particulièrement importante, d’autres choisissent effectivement de ne rien changer.

« Il est théoriquement tout à fait possible d’être élu divin en se contentant de rester dans son village, à cultiver son champ. »
Ces paroles appartiennent à Cassandra Renrin, élue de Lothÿe.

Un tel cas de figure est cependant rare, et ne dure jamais longtemps, à cause de l’arrêt du vieillissement qui frappe les élus.

Elus et démission

L’élu devient très vite seul, car son entourage, lui, vieillit encore, et meurt de ce vieillissement. C’est un premier élément qui peut affecter l’élu divin, qui se rend compte qu’il pourrait bien vivre éternellement sa jamais pouvoir s’attacher au long terme à quiconque. Sachant que sa divinité choisira un élu pour le remplacer s’il vient à mourir, beaucoup d’élus ne supportent pas cette charge, et finissent par démissionner, ce qui est tout à fait autorisé. Dans ce cas, pacifiquement, la divinité lui retire sa bénédiction, lui promettant l’accueil dans son palais après sa mort.
Dans les faits, les élus les plus anciens, tels que Dortan Giger, élu de Cerumnos, ou Valentino Tarenziore, élu de Nerel, seuls élus humains à avoir vécu un millénaire révolu, ont pu noter des constantes dans le comportement des élus, des paliers auxquels ils ont tendance à démissionner en masse. Ils n’en parlent habituellement pas, parce que les non-élus n’ont pas intrinsèquement besoin de cette information, et parce que cela pourrait faire du mal aux élus les plus jeunes.
Voici cependant ce que dirait Valentino Tarenziore, si réussissait à le convaincre de parler de ce mystère.

« Quand on se penche sur la durée de vie des différents élus, on remarque curieusement certaines constantes dont on peut déduire quelques lois. C’est du moins mon impression, partagée avec Dortan Giger. En mille tours, nous avons pu voir des dizaines d’élus naitre et mourir.
Le premier cap à passer est celui de la décennie en tant qu’élu. A ce stade, l’élu aura pleinement pris conscience de sa nouvelle condition, et pourrait démissionner car ne se sentant pas à la hauteur de la tâche. Et que celui qui traite ces élus de lâche s’avance, que je lui dise de se taire. Il faut un courage incroyable pour admettre devant une divinité qui a cru en son élu sa propre incompétence.
Si ce passage est réussi, le cap suivant, pour les élus humains du moins, se situe aux alentours de trente tours. Celui-là est le plus meurtrier de tous. Je dirais que trois élus sur quatre s’y arrêtent. Peut-être faut-il y voir un semblant de logique dans la mesure où cette durée correspond généralement à une espérance de vie normale si l’élu était resté mortel. Vous vous amusez à calculer son équivalant en tours elfiques si vous le souhaitez, ce n’est pas ce qui est intéressant ici.
Dès qu’un élu est nommé, il cesse de vieillir. Pourtant, il continue à souffler ses bougies chaque tour qui passe, comme n’importe quel autre mortel. Jusqu’à ce cap fatidique de ces trente tours d’élu, où il continue ne serait-ce que pour lui-même à tenir le compte de ses anniversaires. C’est alors que sa conscience du temps qui passe se modifie. S’il était resté simple mortel, il aurait éprouvé ce sentiment du temps qui le rapproche inexorablement de la mort. Or, petit à petit, ses proches, anciens amis et connaissances disparaissent les uns après les autres. Qu’il en soit resté proche ou non, il arrive alors un jour, durant cette période, où l’élu se rendra compte qu’il sera un jour le seul être encore en vie de sa génération, et cette vie qu’il savait d’avance interminable commence à lui peser. Nombre d’élus se mettent alors à faire le décompte de ce qu’ils ont ou non réalisé durant le temps d’une vie humaine. Certains sont submergés par le sentiment qu’ils ne valent rien, d’autres sont saisis d’épouvante à l’idée d’un avenir sans fin. Beaucoup démissionnent alors.
Vient ensuite pour l’élu survivant un temps où, ayant dépassé l’espérance de vie normale, il sait qu’il serait mort s’il était resté mortel. Il se fait alors une raison quant à son statut extraordinaire, et accepte de faire face à son destin. Une fois cette étape franchie, on peut s’attendre à ce que la durée de son mandat d’élu, si nous pouvons nous permettre de parler ainsi, se situe aux alentours de trois siècles. Pourquoi précisément cette période ? Ni Dortan, ni moi-même, n’avons jamais compris. Mais c’est à ce moment que beaucoup d’élus semblent perdre la voie, et se désintéresser de leur propre dieu. Alors, ils démissionnent, quand ils ne sont pas reniés.
On observe les mêmes phénomènes à six siècles de vie. Le palier suivant, je suis en plein dedans. Un millénaire. Dortan m’a prévenu que c’était en quelques sortes un retour du palier des trente tours, sous une forme différente, mais pour l’instant, rassure-toi l’ami, je vais bien.
»

Bien sûr, à ces paliers et ces démissions peuvent s’ajouter des circonstances de morts plus brutales. Car les élus se trouvent au centre d’immenses conflits, qui dépassent souvent l’entendement des simples mortels.

Le Temple, un point de rencontre

Pour ces raisons, les élus ont tendance à se retrouver, à rester en contact les uns avec les autres. Il n’y a rien de plus normal que de rechercher des personnes extraordinaires comme on peut l’être, après tout. D’autant plus que les dieux encouragent la coopération entre élus. C’est même pour cette raison qu’ils ont créé le temple.
Ce dernier est en fait la ruine d’un temple antique, bâti en des temps immémoriaux. Il se trouve dans les montagnes de l’Empire d’Ambre, sur une montagne qui domine le lac où se trouve la Cité du Froid Saphir, dont les habitants savent qu’il ne faut pas essayer d’approcher le temple, qui fut toujours fermé, et qui depuis peu est réputé sévèrement gardé par des fantômes. Les habitants eux-mêmes ne savent pas que les portes du temple s’ouvrent quand un élu approche.
Ici, il peut rencontrer les autres élus. Ici, il peut leur parler. Et surtout, préparer la lutte pour l’équilibre de Ryscior.

L’organisation interne du Temple

Ce temple est un bâtiment circulaire. Son hall d’entrée est un long couloir vide et sombre qui fait le tour de l’enceinte. De temps à autre, il donne sur une porte, qui s’ouvre si un élu y appose la paume de sa main. L’élu entre alors dans un dédale de couloirs inquiétants, froids, dans lequel nul air ne peut s’engouffrer. C’est un endroit sinistre. Mais c’est en quelques sortes sa maison, en tant qu’élu. Cette maison contient plusieurs salles.
Une grande salle, qui contient une unique tablée, à laquelle sont apposée une chaise par élu. Car les élus ne peuvent emmener personne d’autre qu’eux-mêmes à l’intérieur. C’est ici que les élus peuvent se réunir. Seul à ne pas s’asseoir autour de cette table, l’élu d’Antescior a sa place derrière un livre qui flotte, sur une estrade surplombant la table. C’est à lui que revient en effet le rôle de diriger les débats.
Ces débats pouvant durer plusieurs jours, il y a deux dortoirs dans ces couloirs. Un pour les femmes, et un pour les hommes. Il ne s’agit pas de salons privés de luxe, loin de là. Ce sont des lieux spartiates, qui contiennent des alignements de lits peu confortables et même pas séparés par un rideau. Les élus militaires de formation n’hésitent pas à comparer l’endroit au dortoir d’une caserne.
Pour les élus pour lesquels l’hygiène est importante (au grand dam de ces derniers, ce n’est pas toujours le cas de tous), un couloir contient des bains. Un autre couloir mène d’ailleurs à une cantine, qui pour le coup n’a rien à voir avec celle d’une caserne, puisque c’est la nourriture que réclame l’élu qui semble apparaitre du néant devant lui.
Pièce importante des lieux, au centre du bâtiment se trouve un petit jardin. Ce dernier, à ciel ouvert, contient un autel pour chaque divinité, afin que les élus puissent aller consulter leur divinité. Chaque autel est décoré de différente manière, pour le rendre à l’image de la divinité à laquelle il appartient.
Enfin, une bibliothèque se trouve quelque part dans ces couloirs. Mais c’est une pièce sans livre. Les élus qui souhaitent en consulter un ouvrage doivent le rechercher à travers des bulles de lumière qui flottent dans la pièce, et qui une fois attrapées se mettent à formuler des lettres devant les yeux de l’élus intéressé.

Des décisions importantes

Tout cela n’est pas fait pour mettre les élus à l’aise, car le temple est globalement sinistre, froid et humide. Mais il est là pour leur permettre de trouver un endroit où se réunir à coup sûr. Si tous les élus n’y viennent pas toujours, des réunions sont tenues tous les trente tours pour faire un point. Qui est là, qui est mort, remplacé par qui… Et surtout, les élus étant la bouche de leur dieu parmi les mortels, ils sont souvent écoutés par les souverains des royaumes. On discute plus souvent de politique que de la nature de Ryscior, dans ce temple où les préoccupations purement mortelles ne devaient pas avoir leur place.
Mais il n’en demeure pas moins que des décisions importantes y sont toujours prises. Que ce soit lors d’une réunion officielle, ou parce que des élus ont souhaité s’y retrouver dans un cadre plus privé.
Après tout, le temple leur est ouvert en permanence…
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