AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]

Aller en bas 
AuteurMessage
Boukle d'Or
Puteborgne de Polmuriel
avatar

Messages : 30
Date d'inscription : 14/01/2016
Age : 32
Localisation : À la droite d'Argorg

MessageSujet: Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]   Mer 20 Sep 2017 - 15:33




A la frontière entre le Royaume Halfelin et celui de Hasdruba, ravagé par la guerre, se tenait une petite petite forêt bordant un col de montagnes. C'est là que Boukle d'Or, venant tout droit du sud de Ryscior Grande Lagoon, voyageait, dans le but d'atteindre les Îles de Jade. Elle avait ainsi, au cours du dernier Tour, traversé le Vieux Monde de part en part. De l'Archipel aux eaux turquoises, l'ancienne flibustière avait joint la mer Intérieure par voie maritime, en traversant le fleuve Amazonien. Elle s'était trouvée ensuite aux frontières Oréennes, mais n'avait pas pris le temps de jouer les touristes, car de là elle était repartie vers le sud, accompagnant une troupe de mercenaires. Le sable brûlant Taharien ne l'avait pas empêché de joindre l'Oeil d'Ondée, une embarcation l'y attendait afin de l'emmener droit sur les rives du Dargor, prenant sources sur la mer d'Argile. Il avait encore fallu traverser des forêts, des cols, des vallées, encore des cols, encore des forêts, les gorges d'acacia, les futaies sauvages, toute une étendue de champs paysans, puis encore des vallées pour enfin atteindre les frontières Halfelines sous une pluie diluvienne. Et le climat n'avait rien à voir avec les chaleurs tropicales et caniculaires de Grande Lagoon ! Les nuits étaient fraîches, et elle gardait désormais ses bottes aux pieds pour dormir. Par ailleurs, des échos lui étaient venus, comme quoi la guerre contre les Seigneurs de la non mort déchirait Hasdruba, et le Roy Palmellas lui-même était parti en campagne. Une campagne qui durait depuis plus d'un Tour ! Hasdruba n'était que l'ombre d'elle-même, hiver et terreur, et Boukle d'Or n'avait pas pris le risque de s'enfoncer trop avant dans les terres. Pour l'heure, elle traversait un bois d'aubépines, de pins et de néfliers dans l'espoir de joindre les côtes Halfelines pour s'embarquer jusqu'à Tanequil, dans les Îles de Jade !

Son petit familier, GRUUUIKK, trottinait gaiement jusqu'au lac qui se profilait sous l'oeil de la vagabonde, afin d'y plonger son groin boueux. C'est alors que jaillit des fourrées un fauve gigantesque, assurément le plus gros que Boukle d'Or avait vu de sa vie, griffes en avant, et qui se jeta sur le pauvre petit cochon sauvage. GRUUUIKK hurla GRUUUIKK tandis que les pattes gigantesques se refermaient sur lui, et sa dernière heure serait venue sans aucun doute si Boukle d'Or n'avait pas bondi à son tour, collant son poing au visage du matou rayé qui cracha une dent ensanglantée sur le sol tandis que sa proie s'enfuyait derrière un buisson en grommelant !

Boukle d'Or se dressa, bien droite, les poings en avant et prête à frapper de nouveau, faisant face au fauve rugissant qui paraissait furieux de s'être fait agresser de la sorte !

« On touche pas à GRUUUIKK, sale bestiole !

C'est alors qu'elle sentit une main gigantesque la soulever par le col de sa veste. Et un Orc gigantesque, aux crocs proéminents, glapir d'un air froid :

- On touche pas à Attila, petite.

Elle battit alors des jambes, espérant par là retoucher le sol !

- On touche pas à GRUUUIKK !!! répéta-t-elle. C'est ton Gros Poilu qui a agressé mon cochon !

On entendit alors un bruit dans les buissons, et un homme, mains ligotés derrière le dos et sac de toile sur la tête, prenait ses jambes à son cou ! Boukle d'Or poussa un cri, tout en gesticulant à dix pieds du sol !

- AAAAAAH ! Repose-moi ! Repose-moi vite ! J'm'excuse pour ton chat ! Y a le butin qui est en train d'se faire la malle là ! »



GRUUUIKK
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Argorg Uktathagh
Premier Orc de Ryscior
avatar

Messages : 220
Date d'inscription : 30/06/2015
Age : 54
Localisation : Vous voulez vraiment me trouver ?

MessageSujet: Re: Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]   Mer 27 Sep 2017 - 21:39

Le navire qui ramenait Argorg des Îles de Jade l'avait déposé au Royaume des Halfelins, là où il avait été séparé de Phadria pour la première fois. Il oublia vite ces sombres souvenirs et se concentra sur l'avenir, désireux de parcourir le monde à nouveau.

Alors qu'Attila était parti en chasse, Argorg se baladait tranquillement dans cette forêt après avoir atterri ici. Il entendit un cochon sauvage hurlé puis ce fut le tour de son compagnon félin. L'orc se précipita dans la direction du bruit. Il y trouva une jeune femme borgne faisant face à son tigre.
Attila grognait et il dit à Argorg mentalement qu'elle l'avait frappé.

-On touche pas à GRUUUUIK sale bestiole !

Le géant vert posa une main menaçante sur l'épaule de la combattante et lui souleva le col de la veste, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus pied.

-On touche pas à Attila, petite.

Elle battit alors des jambes, espérant par là retoucher le sol.

- On touche pas à GRUUUIKK !!! *répéta-t-elle* C'est ton Gros Poilu qui a agressé mon cochon !

On entendit alors un bruit dans les buissons, et un homme, mains ligotés derrière le dos et sac de toile sur la tête, prenait ses jambes à son cou ! La guerrière poussa un cri, tout en gesticulant à dix pieds du sol.

- AAAAAAH ! Repose-moi ! Repose-moi vite ! J'm'excuse pour ton chat ! Y a le butin qui est en train d'se faire la malle là !

L'orc haussa un sourcil et soudain, sortit du couvert des arbres Plagt et Spoki. Argorg demanda poliment à Plagt

-Tu peux le chopper, s'il te plaît ?

Ce qu'il fit sans aucunes difficultés. L'homme gesticulait dans tous les sens pour essayer d'échapper la poigne de fer de l'ogre. Ce qui ne marcha pas. Le shaman se tourna de nouveau vers la borgne et lui demanda d'un ton neutre

-Bon. Maintenant tu vas te présenter, m'expliquer ce que tu fais-là, et qui est ce type.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Boukle d'Or
Puteborgne de Polmuriel
avatar

Messages : 30
Date d'inscription : 14/01/2016
Age : 32
Localisation : À la droite d'Argorg

MessageSujet: Re: Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]   Dim 1 Oct 2017 - 16:57

Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

A.Rimbaud



Le compagnon du géant à la peau verte qui la soulevait de terre avait, quant à lui, soulevé son compagnon d'infortune. Mains liées derrière le dos, sac sur la tête, le gus s'agitait en tout sens !

« Je l’emmène jusqu'aux Îles de Jade, lâcha Boukle d'Or toujours sous la poigne du colosse Orc. Bon, tu peux me poser par terre maintenant ?
- Tu vas me dire qui tu es et qui est ce type. Et sois précise, rugit ce dernier sans pour autant la poser au sol.
-  Je m'appelle Boukle d'Or, j'viens de très loin, je te l'ai dis. Lui il m'a causé quelques emmerdes, je l'emmène jusqu'aux Îles de Jade.
- Les Îles de Jade ? demanda le barbare en haussant un sourcil. Hm... Voyons d'abord qui est ton ami. Plagt, retire le sac sur sa tête !

Plagt, nota mentalement Boukle d'Or. Donc celui qui ressemblait à un Ogre se nommait Plagt. Et effectivement, Plagt qui tenait son captif au creux de sa main gigantesque, utilisa son autre main afin de le découvrir. Au même instant, la pirate borgne retroussa ses babines afin de planter ses dents dans l'avant bras de l'Orc, qui s'était un peu trop approché à son goût ! Il poussa un cri, et elle tomba au sol !

- ARGH !! Espèce de sale petite...!

Mais Boukle d'Or avait déjà pris les jambes à son cou, bondissant jusqu'à l'Ogre qui, sans qu'elle ne sache pourquoi, avait poussé un rugissement effrayé, envoyant valser contre un tronc Guadalmedina, qui ne put extérioriser sa douleur autant qu'il l'aurait voulu à cause de la chaussette enfoncée dans sa bouche !

- HE ! Te gêne pour abîmer ma marchandise toi !

Mais l'Ogre, paraissant encore effrayé, envoya frapper le prisonnier furax contre un autre tronc, avant de le lâcher comme s'il venait de se brûler ! Les deux bras déboîtés, Franco Guadalmedina s'écrasa au sol, aux pieds du géant qui manqua de peu de l'écraser !

- Je ferai mieux de le tuer maintenant... ! dit l'Orc l'air indifférent, croisant sur son poitrail gigantesque ses deux bras énormes.

Boukle d'Or s'interposa immédiatement, les bras en avant !

- Non ! Non ! Non ! Non ! Tu sais combien vaut la tête de ce type dans les îles ? Je crois que tu saisis pas bien la situation !
- Je le connais bien plus que tu ne le pense. Et puis c'est sa "tête" qu'ils veulent. Pas forcément le reste !

Alors que, au sol, sa dandinait Franco en rengorgeant sa douleur, GRUUUIKK s'était tranquillement éloigné afin d'aller dénicher des glands sous les feuilles.

-  Ils donneront plus si ils ont le corps avec la tête !

L'Orc cracha, littéralement.

- Mouais. J'ai pas envie que cette ordure s'échappe et ne fasse encore plus de mal qu'il en a déjà fait.

Derrière elle, Franco Guadalmedina, les cheveux en bataille, la moustache hirsute, s'agitait de plus en plus !

- Comment tu veux qu'il s'échappe il est...Hé ! Mais attends ! Tu le connais ?
- Ouais, on se connaît. Il m'a fait de sales coups. À moi et mes proches. Si tu tiens tant à l'emmener aux Îles de Jade, on va s'assurer qu'il y aille bien avec toi. Plagt ! Soulève-le, et le ménage pas !
- Whaou ! Tu as l'air efficace toi et le grand costaud là. Bon bah ca va, j'accepte ! Tu sais comment on va jusqu'aux Îles de Jade, au fait ?

Tandis que Franco décollait de nouveau, sans aucun ménagement de la part de l'Ogre, le Grand Vert appela à lui son chat rayé, caressant sa grosse tête borgne.

- Ouais, j'en viens en fait. Il faut prendre un bateau à un port du royaume des Halfelins et aller jusqu'aux Îles. Là on pourra livrer l'autre connard.

Soudainement intriguée, n'ayant jamais assistée à d'exécution publique, Boukle d'Or demanda :

- Ca sera quoi, tu crois ? Décapitation ? Pendaison ? On va le tuer à coups de batte ?
- Je dirais une pendaison. Si c'est une décapitation j'en fais mon affaire ! dit l'Orc en se grattant le menton.

Boukle d'Or parait réfléchir un instant, puis elle sourit de toutes ses dents !

- Bon, ca me va ! Et toi qui le connais bien, tu sais de combien est la somme pour cette tête là ?
- Pas vraiment, non. Tout ce que je sais, c'est que sa tête vaut cher. Très cher !
- Bon parfait ! Alors tu m'accompagnes, et nous on accompagne la tête jusqu'aux Iles de Jade ! conclut la pirate pour qui tout était réglé !
- Arrache-lui une jambe Plagt, ça le calmera, laissa alors tomber l'Orc en lorgnant d'un air mauvais le captif !
- Et sans jambe, il marche comment ?
- Il aura juste une jambe en moins. Et puis on le porte une bonne partie du voyage.

Boukle d'Or se concentra !

- Oui. Mais si ça le tue ?
- Il ne mourra pas si on cautérise rapidement la plaie.

Décidément, ce géant tout vert lui plaisait ! Il avait réponse à tout !

- Ah ouais, c'est vrai. Pas con la cautérisation !
- Bon allez. Plagt, pose-le au sol.

L'Ogre posa le pirate et le força à rester immobile de ses mains puissantes, tandis que le captif beuglait à s'en déchirer la gorge. Argorg prit sa hache en main, une hache gigantesque qui devait faire au moins la taille de Boukle d'Or, bloqua la jambe gauche du pirate et trancha d'un coup et net puissant au-dessus du genou avant que qui que ce soit n'ait eu le temps de dire "ouf"! Une gerbe de sang éclaboussa les visages de l'Ogre, de l'Orc et de la pirate ! Les arbres, ainsi que l'herbe aux alentours se retrouvèrent constellés également de sang frais ! Boukle d'Or constata avec beaucoup d'esprit :

- Il est plus calme maintenant.

L'Orc, ayant finit de préparer un feu qu'il alluma avec son briquet à silex, commença à faire chauffer sa lame de couteau puis dit d'un ton détaché :

- Tu m'étonnes. Il a perdu du sang et la douleur doit l'avoir tétanisé.

Puis, la lame chauffée, l'Orc retroussa le pantalon et la planta dans la plaie, cautérisant la blessure puis la banda avec un kit de soin qu'il paraissait avoir sur lui. Boukle d'Or observa consciencieusement.

- Tout ça m'a donné faim par l'enfer ! Profitons-en pour casser la croûte, hein !

Il approuva et dit à sa bestiole d'aller chasser, lui disant bien de ne pas ramener de sanglier.

- J'ai des baies, du pain et du fromage, en attendant que le gibier arrive.

Boukle d'Or accepta volontiers l'invitation ! Et lorsqu'elle s'assit en tailleur, commençant à dévorer sans ménagement les baies et le fromage du Grand type Vert, elle demanda :

-Moi c'est Boukle d'Or. Mais toi tu m'as pas dis ton nom.

Il lui sourit, dévoilant une rangée de crocs jaunes.

- Moi c'est Argorg. »

~



Tandis que Boukle d'Or veillait au coin du feu allumé la veille par Argorg, assurant son tour de garde, ce dernier fit un rêve étrange. Au cœur d'un paysage étrangement sombre, où aucune lumière ne filtrait, deux yeux jaunes, luisants, le dévisageaient. Et lorsque le shaman tente de s'approcher de ces yeux là, il peut enfin distinguer, encore plus noir que les ténèbres l'entourant, les contours d'un fauve de très belle allure. Et dès le moment où l'Orc tend la main, essayant de toucher cette panthère restant obstinément silencieuse, l'animal disparaît en un volute de fumée et les ténèbres s'abattent autour d'Argorg qui s'éveille, tranquillement.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Argorg Uktathagh
Premier Orc de Ryscior
avatar

Messages : 220
Date d'inscription : 30/06/2015
Age : 54
Localisation : Vous voulez vraiment me trouver ?

MessageSujet: Re: Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]   Lun 23 Oct 2017 - 15:32

Argorg se réveilla de son rêve. Cette panthère lui avait fait un drôle d'effet, elle l'avait fasciné. Il se leva sans problèmes. Attila se réveilla à son tour. Spoki et GRUUUIK dormaient encore l'un contre l'autre. Plagt et Boukle d'Or ronflaient et Franco grognait.
Boukle d'Or dort même a poing fermés, ronflant tout son saoul. Ses pieds dépasse de la petite couverture qu'elle a posé sur, concretement, ses genoux. Bientot la petite compagnie se réveille. Boukle d'Or n'est pas du genre a lambiner, et se retrouve rapidement sur pieds !

- BON ALLEZ ON Y VA ! Il faut qu'on empoche toutes les pépètes !

Argorg approuva d'un signe de tête. Plagt chargea Franco sur son épaule, Attila humait l'air, Spoki courait dans tous les sens, et Argorg pris son sac rempli de tous ses ingrédients de cuisine ainsi que d'autres choses. Chacun était près.

-Partons pour les Îles de Jade, gamine. *dit Argorg*

Argorg peut quand meme remarquer que Franco, apres avoir passé une phase douloureuse a gemir, semble assez faible, sur l'epaule du Geant. Il est pris d'une fievre.

Boukle d'Or suit Argorg, de son coté, laissant Spoki et GRUUUIKK vagabonder autour d'eux.
Argorg réfléchit un moment pendant qu'il guidait la petite troupe, puis commença à ramasser quelques herbes, que Boukle d'Or diraient être des mauvaises herbes ou des trucs bizarres. Après deux heures de marches dans la forêt, l'orc arrêta la troupe et sortit de son sac un bol et un concasseur. Il y plaça les herbes qu'il avait ramassé tantôt, ainsi que quelques baies, mis un peu d'eau, et concassa le tout. Il tendit la mixture à Boukle d'Or et dit d'un ton neutre

-Donne ça au prisonnier.

Spoki avait fait copain-copain avec GRUUUIK et semblait inciter le sanglier à aller jouer avec Attila qui restait tranquille.

Pour l'instant, rien d'alarmant concernant Franco, mais la fievre le fatigue, laissant son corps lutter contre l'amputation gratuite d'Argorg. Il boit la muxture et ne tarde pas d'ailleurs a se rendormir, semblant apaisé. Boukle d'Or le baillone de nouveau.

- Bah dis donc t'en connais des choses toi ! T'es un ami de la foret ?

Argorg ria doucement

-Bien entendu, gamine, je suis shaman ! Heureusement que j'en connais des choses !

L'orc rangea tout son bordel dans son sac et le chargea sur son dos. Plagt pris Franco sur le sien.

-Allez, on est reparti.

-Tu sniffes de l'herbe et tu suces des champignons bizarres alors ? *demanda la borgne*

-C'est un truc d'humains, ça. Ils ont besoin de ça pour être bien. Moi je me porte très bien sans.

-Donc toi tu mâches pas de l'herbe ?

-Je viens de te le dire : Non.

Boukle d'Or parait réfléchir : Tu connais les Iles de Jade toi, non ?

Argorg la regarda en coin, haussant un sourcil : Oui, je les connais. Je te l'ai dit, je crois.

Tandis qu'ils progressent, avançant depuis de longues heures, Boukle d'Or proposa de casser la croute, affamée. Ils commencèrent à faire un feu, elle sort des fruits sec et de la viande séchée de sa besace. Franco de son coté, est entre le sommeil et l'éveil, son état parait être stable.
Argorg s'assit lourdement, faisant le feu, puis s'adossa à un arbre en mangeant un morceau de viande. Il eût le regard dans le vide, repensant à la panthère de son rêve. Attila vint se coller à lui.
Boukle d'Or va donc le débailloner, lui foutre une bouchée de fruits dans la bouche en arguant

- Tiens avale ça. C'est bon pour c'qu'il te reste !

Cependant, une fois qu'il a un peu mangé, Argorg peut entendre Franco, enfin libéré de son baillon, murmurer doucement, comme si il délirait, qu"'il n'est pas Franco. Après l'avoir sentit, Attila dit donc a Argorg, mentalement, que quelque chose ne va pas. L'odeur n'est pas celle de leur ancien ennemi. Quant a Boukle d'Or, une tranche de pain en gueule, elle demande a Argorg, tout en machouillant, ce que fout Attila.
Argorg se leva, se pencha vers le prisonnier et, en lui parlant d'une voix calme, lui posa cette simple question
Boukle d'Or haussa un sourcil puis lâcha

- C'est un voleur de cochon et un rufian mal léché, voilà qui c'est !

Argorg lui jette un drôle de regard et lève son indexe

-Silence. Je veux l'entendre.

Il balbutie, la voix encore faible, qu'il s'appelle Richard et qu'il vient de Hasdruba. Il dit qu'il est désolé pour le cochon ! Qu'il ne savait pas !

Argorg trembla quelques secondes, silencieux, se leva, et frappa le tronc d'un arbre d'un énorme coup de poing, faisant un gigantesque impact dedans.

-C'EST PAS FRANCO, PUTAIN !!

Boukle D'Or le regarda, un instant interloquée

- Ben non c'est pas Franco. Tu croyais que c'était Franco ?

GRUUUIKK voit Argorg cogner le tronc et, effrayé, parti derrière un buisson en glapissant !!!

Argorg attrapa le col de Boukle d'Or et lui hurla dessus

-C'EST TOI QUI M'AS DIT QUE C'ÉTAIT GUADALMEDINA !! TU TE FOUS DE MA GUEULE ?!?!

- Ben il a bien la tête de Franco, non ? C'est ça qui compte ! *dit Boukle d'Or*

Une veine sur le front d'Argorg pulsa, sa main se resserra sur la gorge de Boukle d'Or. Il la tenait au-dessus du sol

-ESPÈCE DE PETITE ORDURE DE MENTEUSE !!!!!

Boukle d'Or peine a respirer

- C'est...urgh...la même chose...on le..vendra...pareil..

Argorg cessa de hurler, mais la tenait toujours par le cou, fou de rage

-Je veux pas d'un putain de sosie, je veux le vrai !

- C'est...l'amulette...qui...

Elle commence a s'etouffer et a tousser

- Arg...tu..fais mal..

Argorg finit par la lâcher, la laissant tomber au sol

-Finis ta phrase.

- Franco, le vrai, il est toujours à Puerto Blanco j'crois.

-De quelles amulettes tu parles ?! *gueula Argorg*

Elle pointe "Franco" du doigt.

- Elle est cachée sous sa cape. J'l'ai prise chez le vrai Franco, c'pour a qu'il lui a volé son visage. Mais la met surtout pas ou on perd le visage qui vaut son pesant d'or.

Argorg arracha l'amulette d'un coup sec. Puis il fit se relever Boukle d'Or de force

-Je t'appréciais, petite. Et je vais pas te laisser foutre un tel bordel. Je vais t'apprendre à être un peu plus respectable.

Boukle d'Or : J'vois pas le rapport ! On peut le vendre quand même.

Et effectivement, des qu'Argorg arracha l'amulette, l'homme reprend sa véritable apparence.

Argorg secoua la tête

-Si on leur vendait sa tête, ils croiraient que Franco est mort. Ils ne se méfieraient plus. Et le jour où ce dernier réapparaîtra, ils ne seront pas préparés et voudront nous tuer car nous les auront tromper. Réfléchis un peu, triple buse.

Boukle d'Or : Et apres ? Nous on aura le blé !

Argorg : Je refuse de participer à une telle arnaque. Maintenant tu peux choisir. Soit tu m'accompagne et je reste clément avec toi, soit tu le payes cher.

Au passage il brisa l'amulette.

Boukle d'Or parait s'enerver en le voyant briser l'amulette

- HÉ MAIS ÇA VA PAS OU QUOI !! Tu te rends pas compte du fric qu'on aurait pu empocher avec ça ! J'aurai pu payer des valets pour s'occuper de GRUUUIKK...

Argorg s'énerva un bon coup

-ARRÊTE DE TOUT RAMENER AU FRIC, PUTAIN !! Y A QUE ÇA QUI FAIS TA VIE, OU QUOI ?!

- SANS ÇA TU VIS COMMENT ? Ca m'frait chier d'finir mendiante, moi.

-TU VEUX QUE J'T'APPRENNE À VIVRE SANS ?! OU QUE JE GUIDE DANS LES VRAIES BONNES COMBINES ?! Réfléchis bien !

Boukle d'Or se met a bouder

- T'facons t'as niqué l'amulette alors on a plus l'choix !

Argorg se calma et la lâcha.

-Plagt. Va achever plus loin ce pauvre gars. Il en pas longtemps pour vivre, autant le tuer sans trop souffrir.

L'ogre emmena l'homme plus loin. Argorg se tourna vers Boukle d'Or et s'assit.

-Bon. Déjà je vais te faire comprendre que la nature peut t'apporter bien plus de choses que la société humaine.

Etrangement, elle ne semblait plus tant que ça énervée

- Ah ouais ?

Argorg se détendit un peu

-Bien sûr. Tu te souviens des plantes que j'avais ramassé et que j'ai concassé ? Des plantes médicinales. Ensemble, avec les baies, elles permettent de diminuer la douleur, d'améliorer la protection contre les infections, et de calmer le patient. De plus, les animaux qui t'entourent peuvent aussi aider à comprendre cela et à les repérer. Regarde GRUUUIK. Il peut t'aider.

Argorg regarda le sanglier, lui parla mentalement, et attendit que le cochon des bois vienne vers lui, posant sa tête sur l'un de ses genoux

-C'est un excellent chercheur de nourriture, et il peut tout à fait repérer les plantes dont tu as besoin.

Boukle d'Or ecoute Argorg, de facon attentive, sans pour autant commenter et révoquer ce qu'il dit. Apprendre de nouvelles choses a l'air de l'interresser. Au bout de longues explications, elle demande a Argorg

- Mais je vais pas vivre toute ma vie dans la foret quand même.

Argorg haussa les épaules

-Tu es mercenaire, c'est facile de se faire des sous. Un petit contrat et hop tu as des sous. Moi je me fais souvent engager pour des gros contrats vu que mon petit groupe inspire la puissance. Je peux te proposer de collaborer avec moi. Et ainsi tu peux te payer des nuits sous un toit sans problèmes.

-Mouais, si tu veux. Mais tu comptes aller ou, toi ? Tu sais que Hasdruba est en guerre ?

-C'est mort, j'y retourne pas. *déclara l'orc* J'en ai déjà bien assez chié avec les morts-vivants ! Je comptais me diriger vers mes terres natales. C'est plus accueillant, même pour les humains. Enfin si ils sont avec un orc bien connu.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Boukle d'Or
Puteborgne de Polmuriel
avatar

Messages : 30
Date d'inscription : 14/01/2016
Age : 32
Localisation : À la droite d'Argorg

MessageSujet: Re: Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]   Mer 1 Nov 2017 - 11:54

Eh ! l'humide carreau tend ses bouillons limpides !
L'eau meuble d'or pâle et sans fond les couches prêtes.
Les robes vertes et déteintes des fillettes
font les saules, d'où sautent les oiseaux sans brides.

Rimbaud






Argorg ouvrit les yeux à l'instant où l'animal gigantesque bondissait sur lui, les yeux révulsés ! L'aube n'était pas encore levée. Boukle d'Or dormait comme si de rien n'était, Plagt également. Les yeux luisants d'Attila au milieu de la nuit dévisageait son compagnon. Près de lui, Spoki et GRUUUIKK renâclaient le sol et retournaient les feuilles mortes, sans doute à la recherche de glands que l'un gobait et que l'autre recrachait.

Le voyage de la petite troupe se poursuivit. Jour après jour, nuit après nuit, cette panthère de taille impressionnante revenait dans l'esprit de l'Orc. Même si la mésaventure avec ce Franco qui n'en était pas un avait jeté tout d'abord un froid entre Argorg et sa compagne borgne, la simplicité d'esprit de Boukle d'Or et sa faculté à passer d'une chose à une autre sans tergiverser (elle ne devait même pas savoir ce que ça voulait dire) outre mesure avait aidé le duo à se renouer. Plusieurs semaines étaient passées, dorénavant, depuis leur rencontre. Un jour, Argorg osa parler de ses rêves étranges à Boukle d'Or.

« J'ai rêvé de GRUUUIKK une fois.
- Je doute que ce soit la même chose, avait répondu Argorg.
- Ouais. En plus je suis même pas sure que c'était vraiment un rêve.
- Tu devais être bourrée.
- Ou juste réveillée, p't'être. Je me souviens jamais de quoi je rêve.

L'Orc avait haussé les épaules, Attila marchant tout près de lui.

- Ma foi, ça m'arrive souvent de pas me souvenir des miens.
- Peut être que tu crois rêver d'une panthère mais qu'en fait c'est juste Spoki dans le noir, avait astucieusement avancé Boukle d'Or !

Argorg avait émis un instant de silence avant de répondre, patient :

-...Je doute confondre Spoki avec une panthère.
- Ben si il fait noir tu peux pas être sur !
- Je ressens les auras. Spoki n'a pas l'aura d'une panthère.

Boukle d'Or s'enquit de ce qu'était une Ora. Puis :

- Tiens, tu as remarqué toi aussi qu'on commence à sortir de la forêt ? Tu crois que la cité des petits hommes est derrière ces montagnes là-bas ?

Argorg s'était bien rendu compte, depuis qu'ils voyageaient ensemble, que sa compagne n'avait aucun sens de l'orientation.

- Je ne sais pas quand on y arrivera, la rassura-t-il. Mais nous arriverons bientôt chez les halfelins, oui.
- Tu m'as dis que tu avais des potes dans les îles de Jade ?
- Ouaip. Une amie proche, mon filleul, et un vieux sage sympathique.
- J'savais pas que y avait des Orcs dans les îles. Et là on y retourne du coup ?
- Pas d'Orc, avait répondu Argorg. Pas à ma connaissance en tout cas. Ce sont tous des humains.

La nuit suivante, pour la première fois, Argorg put clairement entendre lui parler l'animal. La voix résonna, étrangement féminine, à l'intérieur de sa tête.

"Suis-moi..."

Il se réveilla en sursaut, le corps en sueur. Et il lui sembla alors qu'il devait rêver car, fantomatique, dressée là, face à lui, entre deux gros arbres, l'animal de ses rêves le scrutait. Dès qu'Argorg exécuta un mouvement, la panthère gigantesque s'enfuit, comme dans un nuage de fumée !

Attila qui veillait non loin, semblait ne rien avoir remarqué.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Argorg Uktathagh
Premier Orc de Ryscior
avatar

Messages : 220
Date d'inscription : 30/06/2015
Age : 54
Localisation : Vous voulez vraiment me trouver ?

MessageSujet: Re: Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]   Ven 1 Déc 2017 - 23:13

Argorg continuait son périple jusqu'au Royaume des Halfelins, toujours accompagné de la petite Boukle d'Or et de leur petite ménagerie. Cependant, quelque-chose travaillait l'orc.
Depuis plusieurs jours, il pouvait plus distinctement entendre et voir la panthère. Jusqu'au jour où il la vit, réveillé, un matin. Elle lui parla :

-Tu es prêt. Suis-moi.

Et elle courut. Argorg n'hésita guère à la suivre. La course dura un moment, jusqu'à ce que l'orc tomba sur une clairière, plombé d'une sombre atmosphère. Il sentait qu'une sanglante bataille avait eu lieu ici.
Il vu aussi la panthère au milieu de la clairière. Le géant vert vint s'assoir en tailleur devant elle. Elle était peu enclin à répondre aux questions de l'orc, mais elle daigna au moins lui parler

- Le moment venu, je répondrai à tes interrogations. Je t'ai choisis car tu es fort et tu peux sentir des choses que d'autres ne peuvent pas. C'est la première fois que je vois un Orc comme toi. Le dernier Orc que j'ai vu s'appelait Kröm et il portait avec lui la légendaire masse de Cass'Cran.

-Vous avez rencontrée le légendaire Kröm... Impressionnant.

-Oui. C'est lui qui m'a tuée.

-Ah. *fit l'orc, gêné*

-Ne t'inquiète pas. C'était il y a bien longtemps.

-Mais du coup... Pourquoi m'avez-vous choisi ?

-J'ai besoin de toi. Si tu accepte de m'aider, je serai ton bras vengeur.

-J'accepte. *déclara Argorg, sans hésiter*


La panthère disparu tandis que le shaman se relevait. Il sentait que l'énergie sombre émanait du rocher.
Sans une once d'hésitation, il frappa un grand coup dans le rocher avec sa hache. Le bloc de pierre n'avait rien de spécial. C'est ce qu'il y avait en dessous qui semblait intéressant. Ce qu'il y avait d'enterré.

Le géant vert creusa alors. Creuser ce sol lui pris toute la matinée. Cela était épuisant et tellement ennuyeux. Mais quand enfin il atteint quelque-chose, Argorg poussa un soupir de soulagement.

Il sortit du trou profond un coffre d'où provenait la puissance teintée d'ombre. L'orc pris une très grande inspiration, expira un grand coup, et frappa le cadenas avec sa hache.
Le cadenas se brisa... Tout comme la hache se fissura grandement, prête à se briser en deux.

Dans le coffre, était placé une forme enroulée dans un tissu. Quand il déballa la chose, Argorg ne pût en croire ses yeux...
Une arme légendaire pour son peuple, l'arme d'un vrai héros pour les orcs : La masse d'arme légendaire de Kröm Cass'Cran ! Elle était dans ses mains !! Il sentit en lui affluer un incroyable flot de puissance. Il se sentait... Invincible. Pourtant, un frisson de mauvais présage parcoura son dos. Il sentait que quelque-chose de sombre arriverait à cause de cette arme.
Suite à cela, la voix de la panthère noire résonna dans sa tête, plus ferme qu'auparavant

"Tu es l'héritier de Kröm, Argorg. Ensemble, nous accompliront de grandes choses."
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Boukle d'Or
Puteborgne de Polmuriel
avatar

Messages : 30
Date d'inscription : 14/01/2016
Age : 32
Localisation : À la droite d'Argorg

MessageSujet: Re: Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]   Dim 10 Déc 2017 - 12:53

« Comment se fait-il que tu puisses me parler ? Tu es... Magique ?" demanda l'Orc qui semblait en pleine méditation.

"Je pourrai te retourner la question, Argorg. Pas tout le monde ne saurait m'entendre."

- Peut-être que c'est car je suis un shaman. Cela me permet de communiquer avec bien des êtres."

"C'est cela. J'ai été très surprise en sentant ton aura au sein de cette forêt maudite. Le seul et dernier Orc shaman que j'ai connu était Kröm, celui qui a mis fin à mes jours. Il était très intelligent, pour un Orc, je dois bien lui reconnaître ça. Respecté par les Hommes et vénéré parmi les tribus Orcs."

- Oui, on m'a de nombreuses fois contés ses exploits et valeurs. Je ne peux cacher mon enthousiasme de posséder son arme."

"Argorg. Il y a quelqu'un. Derrière les frondaisons. Utilise-moi.'


~



Boukle d'Or était occupée à cueillir des fleurs dans le petit vallon au sein duquel ils s'étaient arrêtés.  Derrière eux se profilait la lisière de la forêt qui bordait Hasdruba et la frontière Halfeline à l'Ouest, un col de montagne faisait office de barrière naturel, devant eux, et il ne leur restait plus qu'à traverser cette crinière rocheuse pour enfin atteindre les plaines verdoyantes et les bois charmants qui encadraient le pays Halfelin.
Son ami Argorg était bizarre, songeait Boukle d'Or, depuis qu'il avait trouvé son gros marteau balèze enterré sous la terre. Présentement, Argorg était le torse nu, assis en tailleur sur une énorme souche d'arbre, et paraissait, les paupières closes, méditer.

Sauf qu'il méditait ainsi depuis de longues minutes, et Boukle d'Or commençait à s'ennuyer. Très volontaire et ayant l'estomac qui criait famine, elle avait proposé jovialement de cuisiner afin de nourrir la petite troupe ! Avec l'aide de Plagt qui, à force de voyager avec son ami Tout Vert, connaissait quelques notions de cuisine, elle s'était lancé dans la création d'un bouillon à partir de ce qu'elle avait sous la main ! Elle avait ajouté ainsi arômes, épices, viande séchée, hydromel, condiments, légumes et aromates puis, voyant qu'aucun Dieu sur Ryscior n'aurait pu sauver ce repas-là, elle s'était mise en tête d'y ajouter des fleurs (oui, des fleurs.) pendant que Plagt touillait l'infect breuvage contenu dans la grosse marmite de bronze. N'ayant enfin aucune connaissance florale, Boukle d'Or arrachait à tour de main chaque machin qu'elle voyait et ressemblait à une tige couronnée de pétales pour la jeter dans la marmite. Attila, couché non loin d'Argorg, avait même interrompu sa petite sieste pour observer l'humaine qui pratiquait ainsi -et sans doute pour la première fois de sa vie- la cueillette et le regard du grand félin exprimait sincèrement la compassion pour son ami Orc et Ogre. C'est alors que partit le premier carreau d'arbalète !

Boukle d'Or ne le vit pas venir, mais il se ficha dans le gras de sa cuisse, et elle tomba sur le sol délivrant l'infortuné bouquet qu'elle venait de composer de sa poigne ! En un éclair, Argorg, Plagt et Attila s'étaient lancés au combat ! Spoki bondissait au milieu de cette bande de joyeuses drilles en jappant et remuant la queue.
Il s'agissait d'une bande de roublards itinérants halfelins. Ils étaient au nombre de trois, deux hommes et une femme dont le visage malformé et tuméfié la faisait ressembler à une patate. Et lorsque Boukle d'Or leva les yeux du sol, après avoir arraché de sa chair le carreau, elle voyait gicler le sang en un tourbillon d'acier et de chair ! Bientôt le val prit une teinte rouge écarlate et gisait sur l'herbe menue les trois corps disloqués des voleurs. Argorg avait au visage une expression qui, pour la première fois, surprit Boukle d'Or et elle se promit de ne jamais lui chercher des noises. Il tenait à la main sa toute nouvelle masse, qui baignait dans le sang de ses ennemis. Puis, comme si de rien n'était, il soupira, rangea son arme, et entreprit de creuser une fosse pour enterrer les truands.

~


"Calme-toi, Argorg. Ton sang boue dans tes veines et cogne dans tes tempes. Je le sens."


L'Orc souffla un coup tandis qu'il portait dans ses immenses bras Boukle d'Or pour la poser un peu plus loin, ouvrant son kit de survie.

- Ne t'en fais pas, je me contrôle parfaitement.
- Tu parles à qui ? demanda le jeune femme.

"Maintenant que tu m'as utilisée une première fois, nous sommes liés l'un à l'autre. Voudrais-tu entendre mon histoire ?"
- Volontiers.

Et, une fois que l'Orc se fut occupé de Boukle d'Or, il dit :

- Je t'écoute.

"J'ai vécu il y a très longtemps, bien plus que ne s'en souviennent les mémoires des hommes. C'était un autre age, une autre époque. Il y a plus de six-cents Tours. En ce temps-là, j'occupais une enveloppe de chair tout à fait commune. J'étais même une femme qu'on pouvait trouver fort belle. Une semi-Elfe."

- Une semi Elfe... Comment se fait-il que tu en sois arrivé là ?

Un peu plus loin, Boukle d'Or plissait les yeux afin d'observer si oui ou non, comme elle en avait l'impression, les lèvres d'Argorg bougeaient tout bas afin de psalmodier des mots à mi-voix.

"L'histoire n'en est qu'à son début, Argorg. Et c'est une histoire tragique."

Bientôt, l'Orc ferma les yeux et, comme de très vieux souvenirs que Cass'Cran acceptait de partager avec lui, des images, bien que floues, lui apparurent.

"A cette époque là, Ryscior, tu t'en doutes bien, n'avait rien à voir avec le monde que nous connaissons. C'était plutôt des étendues gigantesques et quasi désertes, de plaines, de forêts, de montagnes. Les grandes villes étaient rares. Moi, je vivais dans ce qui allait devenir le Royaume de glace de Salicar. Afin de fuir la persécution des Elfes, puis des Hommes, j'ai alors migré vers cette forêt, beaucoup plus importante à l'époque, plus dense, avec mon fils, le seul être qui comptait à mes yeux. Les villages humains à proximité de cette forêt ont, j'imagine, beaucoup défrîché en six-cents Tours. Mais comme l'on dit, à chaque lot de bonheur il faut son lot de bonheur, et lorsque l'été est là, l'hiver ne peut être loin. Bientôt vinrent me trouver quatre individus qui étaient en ce temps-là les héros du peuple. Ce groupe était constitué d'une prêtresse de la Déesse Atÿe, Cyrène ; d'un roublard doublé d'un assassin, Beneditto Tarenziore ; d'un chef Orc légendaire, Kröm et de leur chef, un chevalier Lion Hasdrubien du nom de Doras. Un combat terrible s'ensuivit qui ébranla la forêt tout entière. Mon fils unique fut tué, sous mes yeux..."

- Je suis désolé pour ton fils.
- Argorg, tu parles tout seul ? insista un peu plus loin Boukle d'Or.

Mais on ne lui répondit pas. GRUUUIKK semblait guetter Argorg également en remuant son groin.

"Malgré mes facultés et l'étendue de ma volonté, je ne réussis cependant pas à vaincre mes détracteurs. Je perdis la bataille et très vite, pourfendue de mille blessures, mon corps se brisa sur la masse de Cass'Cran et je mourus. Définitivement. Mais je n'avais pas dis mon dernier mot ! La destruction avait peut-être emporté mon enveloppe charnelle, mais mon âme, elle, avait bel et bien survécu au carnage. Et mes adversaires étaient incapables d'entreprendre quoi que ce soit contre moi sous cette forme-là. Cyrène demeurait trop affaiblie pour tenter un exorcisme et m'envoyer aux enfers, quant au fait de m'abandonner ici afin de chercher le prêtre du village le plus proche, les trois autres refusèrent. Doras, Cyrène, Kröm et Tarenziore étaient véritablement affaiblis, il ne leur restait plus que des oripeaux sur le dos, qu'ils utilisèrent comme bandages afin d'entourer leurs blessures. La seule arme qui avait survécu, tout comme moi, à cette horreur était la masse légendaire de Kröm. Alors, unissant leurs forces, et sous le volontariat de Kröm, Doras, Beneditto, Cyrène et ce dernier me lièrent à la masse, artefact assez puissant pour contenir mon essence tout-entière, et depuis ce jour Cass'Cran devint ma prison. Afin d'éviter que quiconque me délivre un jour et que je revienne, en esprit du moins, parmi les vivants, Kröm cacha lui-même sa masse sous la terre, à l'endriot exact où avait eu lieu la terrible bataille. Peu de temps après, la prêtresse Cyrène mourut sous l'effort qui avait eu pour finalité d'emprisonner mon âme. Alors, Beneditto Tarenzior, l'Orc Kröm et Doras se séparèrent. Au fil des siècles, je pus me rengorger, me reconstituer et, avec une lenteur infinie, j'ai finalement réussi à prendre petit-à-petit le contrôle de ma prison. Et récemment, j'ai senti pénétrer dans cette forêt un esprit fort mais sensible, le souffle d'un Orc au moins aussi impressionant que l'était Kröm lui-même en son temps : un Orc capable d'échanger, d'interagir et même de conseiller des Hommes. J'ai alors décidé de me présenter à toi, Argorg. J'ai deviné que la panthère dont j'ai imité les formes était une vision qui t'intriguerait à coup sûr. Puis tu es venu jusqu'à moi et tu m'as délivré. Rappelle-toi ta promesse, Argorg. Si tu acceptes de devenir mon bras vengeur, je te prêterai ma puissance, ma connaissance, mon fluide et ensemble nous ferons de grandes choses."

- Qu'attends-tu de moi ?

"Que tu extermines toute cette engeance. Que tu rallies sous ta bannière tous ces prétentieux qui se sont autoproclamés chefs de tribus de Kröm et héritiers de Cass'Cran. Que tu te dresses contre Atÿe, cette Déesse de la discorde qui me prit mon enfant et ose encore se faire adorer en tant que Déesse de l'Amour. Je veux que tu abattes chacun des temples à son effigie que tu croiseras dans ta route. Que tu éteignes la lignée des Tarenziore, ces voleurs bouffis d'orgueils qui se font assassins quand ça leur chante. Quant au chevalier Lion Doras, il est mort seul, misérable et rongé par la maladie."

- Je peux faire tout ce que tu me demandes...dit Argorg. Sauf pour Atÿe. Ma meilleure amie est devenue prêtresse de son culte. Je serai un moins que rien si je m'en prenais à elle.

"Penses-tu que Cyrène, cette prétendue prêtresse qui égorgea sous mes yeux mon fils vale quelque chose ?"

- J'ignore pourquoi cette femme t'a pris ton enfant, et je comprends ta peine. Mais cette femme était une mauvaise personne, avec des intentions malfaisantes. Tous les prêtres d'Atÿe ne sont pas comme ça.

"Tu ignores de quoi tu parles, toi, pauvre esprit d'Orc qui n'a pas même vécu un siècle et qui cherche à défendre une Déesse corrompue et criminelle qui prêche dans son église des paroles nées d'un coeur empoisonné. N'oublie pas ta promesse, Argorg !"

- Je peux faire tout ce que tu me demandes. Sauf pour Atÿe. Je vais m'occuper de Tarenziore et des prétendus héritiers de Kröm d'abord. Nous verrons pour le reste ensuite.

Alors Cass'Cran se tût, et Argorg ouvrit les yeux. Devant lui, Boukle d'Or le dévisageait avec de grands yeux curieux. Elle était face à lui et pourtant, plongé dans sa discussion avec l'étrange maîtresse de Cass'Cran, Argorg, les yeux ouverts sur un univers invisible, ne l'avait pas vue.

- C'est qui, Kröm ? » demanda Boukle d'Or.

Elle vit Argorg se lever, doucement, puis lui sourire et enfin reprendre tranquillement leur petite route jusqu'aux terres Halfeline. Il avait le regard infiniment triste, songea la jeune femme tandis que la petite compagnie se mettait en mouvement.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Il faut GRUUUIKK pour vivre, et non vivre pour GRUUUIKK [PV Argorg]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Ô mon amour c'est le jour parfait, pour ne rien faire ou pour crever.
» Faut-il vivre pour manger ou bien manger pour vivre ? [ Marie Thérèse ]
» Faut bien trouver une occupation... [ PV : Patte d'Hiver ]
» Vivre et mourir, en ce jour [PV Atlas]
» "Il faut que je sois cruel, rien que pour être humain."

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Ryscior :: Ryscior :: Hasdruba-
Sauter vers: