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À la poursuite de l'homme au turban blanc ! [PV Lykaios / Alkan Holdus / Vaelyana]
Aznachiel
Messages : 7
Date d'inscription : 25/12/2018
Le cerveau du peuple
Comme d’habitude, Aznachiel se réveilla de bon matin pour faire un rapide tour de la ville, à la recherche d’habitants à aider, ainsi que pour rafraîchir son écureuil Jade, son fidèle compagnon. Le soleil commençait à pointer le bout de son nez, les rues étaient désertes. Les deux êtres purent donc profiter pendant de longues minutes de la légère brise qui soufflait, caressant agréablement la peau, tout en humant la senteur marine et en contemplant l’étendue d’eau qui s’étendait à l’horizon. « Un jour nous découvrirons par nous-mêmes ce qu’il se trouve au-delà de cette mer » racontait-il à son rongeur. En rentrant à son domicile, il prépara le petit déjeuner pour ses deux petites sœurs Charlotte et Mirabelle. À table, une fois n’est pas coutume, il leur raconta l’un de ses rêves de la nuit. Dans celui-ci il parcourait les mers dans un énorme navire avec tout un équipage qui lui était dévoué, à la recherche des trésors introuvables les plus célèbres. Ils débarquaient sur des îles les plus farfelues les unes que les autres, tantôt à la recherche d’un fruit sacré dans une forêt aux arbres de taille humaine, poursuivis par des animaux d’un autre temps, tantôt en quête d’une perle légendaire située sur une île à majorité de sable qui se trouvait sous l’eau pendant six heures et qui refaisait surface six heures après.
- C’est génial ça Az ! Ça veut dire que tu es en passes de vivre une grande aventure, je l’ai lu dans l’un des livres que tu m’as achetés ! Les rêves, en particulier pour les personnes qui en font rarement, sont très riches de sens. Il suffit de savoir les interpréter.
- Tu as raison Carla, je me demande bien ce qu’il m’attend comme aventure. Je n’ai aucune raison de quitter la ville pour l’instant.
- Ce serait trop génial de quitter la ville, on y est resté beaucoup trop longtemps ! Ce serait bien de changer d’air un peu, quelques temps !
- Moi ça ne me dérange pas tant que j’ai mes livres à disposition.
- Je suis d’accord avec vous deux les filles : pouvoir lire tant qu’on veut est un luxe très agréable ; pouvoir voyager constituerait un petit plus non négligeable.
- Sœurette tu l’as bien entendu : voyager c’est bien !
- Mira arrête de taquiner ta sœur et finis de manger.
- Oui Az !

Après le petit-déjeuner, la famille reçut de la visite : le maire en personne s’était déplacé, chose assez peu fréquente en l’absence d’Albard. Aznachiel l’invita à s’installer dans le salon.
- Monsieur le maire, que nous vaut votre visite à une heure si matinale ?
- J’ai reçu une lettre spéciale d’Albard qui vous est destinée. Il m’a demandé de te la remettre en mains propres, ça m’intrigue un peu.
- Vous pouvez la lire avec moi si vous le souhaitez.
- Avec nous tu veux dire Az !
- Bien sûr Mira !
- Alors voyons voir ça. Cher Aznachiel, au moment où tu lis ces lignes je serai sûrement en train de voyager avec tes parents. Il y a une mission que je voudrais te confier. Il y a un homme, travaillant sans doute pour le compte d’un rival commerçant, qui m’a subtilisé un de mes bracelets en tayanite que je m’apprêtais à vendre. Je l’ai suivi pendant quelques jours et j’en ai déduit qu’il se dirigeait dans notre ville. Selon mes calculs il devrait arriver dans notre ville aujourd’hui. Je ne veux pas que vous récupériez le bijou, c’est secondaire. Ce qui m’intéresse c’est de savoir pour qui il travaille, quelle est la nature et l’ampleur du trafic qu’ils ont mis en place, afin de pouvoir les dénoncer aux autorités. Ce que tu vas donc faire, c’est pister cet homme et me faire un compte rendu de toutes ses actions, de la base où ses potentiels complices se trouvent. Tu reconnaîtras facilement cet homme : il porte un kurta de couleur rouge, un pantalon blanc, avec un turban blanc sur la tête. Il porte par ailleurs des babouches couleur bordeaux et un piercing doré sur sa narine droite. Sa couleur de peau est semblable au bois de merisier, un marron clair se rapprochant quelque peu du rouge. Fais très attention à ne pas te faire repérer. Je t’autorise à quitter la ville si c’est nécessaire et à prendre d’autres précautions qui t’aideront à la réussite de la mission. Je te souhaite bonne chance mon ami.
- Eh bien ! Voilà qui n’est pas très rassurant !
- En effet monsieur le maire, je vais devoir rester sérieux et surtout être très prudent.
- Je peux t’accompagner dans cette mission ? Je suis très forte en repérage, je ne te gênerai pas grand frère.
- Mira je te l’ai déjà répété plusieurs fois, sans autorisation de votre père, je ne peux prendre le risque de vous emmener avec moi.
- Et qu’est-ce que tu en fais du risque de nous laisser toutes seules à la maison hein ?! Ça revient au même donc autant avoir une aide supplémentaire, tu ne trouves pas ?
- Elle a raison la petite. Et puis je ne veux pas me la coltiner en ton absence, elle va me harceler tous les jours pour avoir de tes nouvelles !
- Vous savez être conciliant quand vous le voulez maire Perkins !
- Je comprends je comprends, je l’emmène avec moi vous avez gagné. Carla tu nous accompagnes ?
- Sans façon grand frère, je ne te serai d’aucun soutien tu le sais. Et puis je préfère terminer le livre que je lis actuellement, il est très intéressant ! Saviez-vous que les fonds marins recelaient de créatures les plus dangereuses les unes que les autres ? Et dire qu’il y a encore des mystères dont on ne se soucie même pas ! En parlant d’étendue d’eau, saviez-vous que les déserts arides que nous connaissons étaient auparavant couverts de lacs, d’étangs et de végétation ?
- Tu nous raconteras tout à notre retour Carla, tu veux bien ?
- Oui je vous attendrai. J’espère que votre cible ne quittera pas la ville mais quelque chose me dit qu’une grande aventure vous attend. C’est ton rêve qui te l’a dit grand frère, tu n’as pas oublié hein ?
- Ne dis pas ça, c’est seulement ton interprétation de mon rêve.

Dès la fin de la discussion Aznachiel et Mirabelle se préparèrent pour la filature. Accompagnés de Jade, ils dirent au revoir à Charlotte et se mirent à la recherche de l’individu à espionner. Aznachiel au sol et Mirabelle dans les airs sautant d’habitations en habitations, ils passèrent la ville au peigne fin. Cette dernière aperçut le voleur sortant d’une taverne peu fréquentée de la ville pour son placement isolé. Elle avertit Aznachiel puis prit l’escroc en filature discrètement. Quelques minutes plus tard un sourire transparut sur son visage. Elle essayait tant bien que mal de contenir intérieurement sa joie naissante suite au départ de la ville du jeune homme sur un chameau. Elle se dirigea à une vitesse incroyable pour l’annoncer à son grand frère, qui ne partageait pas complètement son enthousiasme. Eux deux prirent également des chameaux et s’en allèrent de la ville : l’aventure allait pouvoir réellement commencer.
Ven 4 Jan 2019 - 14:01
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Vaelyana
Messages : 6
Date d'inscription : 07/11/2017
La Flèche Curieuse
Deux tours… C’était le temps qui était passé depuis qu’elle avait déposé le masque et laissé derrière elle la Grande Forêt et les siens. Ce n’était rien pour elle, qu’un instant de la longue vie d’un elfe et pourtant elle ne sentait toujours pas à son aise en dehors de la forêt de ses ancêtres, comme si chaque seconde qui passait, était un périple terrible parmi les royaumes étrangers. Elle avait vu de nombreux paysages tous aussi fabuleux les uns que les autres, faisant pâlir de jalousie les plus beaux endroits de sa jeunesse mais il restait en elle une gêne de voir toutes ces ressources mal exploitées par la vanité des autres races, même si la grande majorité venait des hommes. Est-ce que leur vie courte les poussait à commettre un nombre incalculable de folies ou était-ce elle qui n’arrivait pas à voir au-delà de cela ? Elle n’arrivait pas à le dire mais elle se laissait encore le temps d’y réfléchir, de découvrir le monde et qu’elle avait tort.
Depuis son départ, elle n’avait d’ailleurs pas changé d’un poil. Toujours aussi sauvage et guerrière, elle avait seulement troqué son manteau vert pour un autre de couleur sable de bien moins bonne qualité depuis son arrivée dans ces régions arides et dures. Du sable et de la roche à perte de vue. Telle étaient les deux mots pour décrire ces lieux. Elle n’arrivait pas à comprendre qui pouvait essayer de vivre dans un tel endroit, sans la moindre végétation parfois à des kilomètres à la ronde, avec parfois un point de vie dans ce véritable désert : un don d’Elye, la déesse-mère.
Pourtant, même si elle ne comprenait pas cet endroit, elle savait de par son instruction que des communautés elfes vivaient dans ces lieux, en dehors des grandes villes humaines. C’est la raison qui  a fait pousser une graine de curiosité dans son cœur pour ce lieu. Elle avait décidé de le traverser mais cette fois-ci pas seule. Comme la Grande Forêt, traverser ce lieu sans guide était une folie qu’elle ne commettrait pas. Elle avait donc subtilisé de l’argent à l’un et l’autre voyageur humain pour pouvoir payer son voyage et aucune honte ne la rongeait pour cela. S’il avait eu l’erreur de s’être fait avoir, cela était leur faute : le plus fort ou le plus fourbe l’emporte toujours.

Une fois ce détail réglé, sans grandes difficultés, vu la maigre vigilance des hommes, elle partirait des frontières du désert de Tahar avec une caravane marchande en direct des villes côtières de RAM avec d’autres voyageurs qui avaient eux aussi payé la traversée. De plus, les marchands avaient engagé plusieurs mercenaires, confirmant ainsi sa théorie selon laquelle le désert était un lieu hostile et dangereux. Cela lui plaisait presque de se dire qu’elle se trouvait dans un lieu sauvage où toutes les emprises des hommes n’existaient pas, ne laissant que le champ libre à la déesse Elye et ses merveilles. Pour la traversée, les marchands utilisaient comme bête de somme de bien étrange créature, capable de survivre, selon leur dire, plusieurs jours sans eau, grâce à leur bosse sur le dos. Il les appelait des dromadaires. Elle n’en avait jamais vu, ni même entendu parler par avant. La nature n’avait pas fini de la surprendre.
Sur le pied de départ, l’un des marchands humains, un certain Amar, était venu la trouver pour lui donner quelques consignes pour le voyage. Il lui disait de bien les écouter dans ce voyage car tout n’était pas rose dans le désert et lui rappelait aussi de bien économiser l’eau qui était rare, et son énergie qui serait mise à rude épreuve, surtout avec la chaleur qui n’était pas de tout repos pour une personne non habituée. Même si elle prit les remarques au sérieux, ce n’est pas pour autant qu’elle les respecta le long du voyage, surtout pour l’énergie. En effet, tous les jours, elle se levait une heure avant tout le monde pour s’entraîner au combat avec son épée, dans sa routine quotidienne, pour ne pas perdre un millimètre de ses rituels. Elle avait été éduquée par et pour le combat, et garderait cette marque à vie. Il était impensable pour elle de ne pas passer un jour sans toucher une arme. Non qu’elle n’ait le besoin de faire couler le sang, mais c’était une manière de garder la forme. Il y avait aussi dans ce rituel un apaisement, un calme absolu qui était atteint. Comme si une fois une arme à la main, elle se sentait comme apaisée, coupée du monde extérieur et d’une sérénité sans failles. Elle avait goûté pour la première fois à cette sensation lors d’un combat réel entre deux elfes allant revendiquer le masque alors qu’elle avait déjà dépassé sa centaine de tours. Elle s’en souvenait encore comme si c’était hier de ce plaisir, cette jouissance de la sérénité du combat. Depuis elle l’avait perfectionné et amplifié lors de tours et de tour d’entraînement pour pouvoir prétendre réellement à porter le masque et devenir la barrière de la Grande Forêt.
Une fois le rituel accompli, elle déjeunait rapidement avec les autres pour ensuite passer le reste du temps de son côté, en n’écoutant les autres seulement lorsqu'ils faisaient mention d’une consigne de sécurité. Elle apprenait juste le strict nécessaire pour survivre dans ces lieux et n’avait pas le temps à passer son temps avec les autres à parler des futilités de la vie. Surtout qu’à cause de sa race, les autres la dévisageaient, comme si c’était un monstre venu des pires cauchemars des dieux. C’est d’ailleurs pourquoi elle gardait sa capuche toujours rabattue pour cacher son visage, même si l’excuse de la chaleur étouffante en pleine journée était aussi en cause.
Le soleil, don du ciel et des dieux, qui donnait vie aux créations d’Elye, était ici un terrible fléau frappant tout le monde sans exception dans ces lieux. Et pourtant les dromadaires avaient l’air de bien vivre ces conditions. Comment pouvait-il faire alors qu’elle peinait déjà à porter ses propres affaires dans le pire moment de la journée, au zénith ? Seulement, pour les marchands, ils n’y avaient pas de pause avant la fin de la journée et elle ne donnerait aucun aveu de faiblesse à n’importe qui  la concernant. Elle avançait donc difficilement et péniblement, un pied devant l’autre mais elle continuait. Elle le devait et ne pouvait plus retourner en arrière. Elle désirait voir ses cousins du désert et percer tous les secrets que pouvait révéler Elye dans le désert.
Elle en avait d’ailleurs découvert un magnifique à la première étape de la destination des marchands : les oasis. Seuls points d’eau dans le désert, elles créaient un océan de couleurs et de végétations autour d’elle dans le sable éternel, brisant ainsi la monotonie du paysage. Elle aimait bien ces instants près de la vie et ainsi de découvrir de nouvelles plantes qui lui étaient inconnues.
Seulement le temps n’était pas à la contemplation mais à l’avancement. Une fois le repos pris, l’entraînement fini et le soleil levé, il était déjà temps de repartir pour une nouvelle journée de marche. Et c’est ainsi que dura tout son périple vers sa destination, qui s’approchait tout doucement de la fin, sous la chaleur et le soleil éclatant de Ram.
Sam 5 Jan 2019 - 21:04
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Lykaios
Messages : 6
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Le chat
De tous les pays que Lykaios avait visités, Tahar n’avait pas été son préféré. Les conditions de vie difficile de ce pays ne l’avaient guère enchanté et son peuple était bien trop passif à son goût. Pour tous les malheurs qu’ils leur arrivaient, ils le prenaient avec philosophie et sagesse, ça en était presque rageant. Elle en avait tout de même profité pour faire les poches de quelques personnes rencontrées de-ci delà, mais le fait qu’ils n’attachent que peu d’importance à leurs biens et ne s’emportent pas lui avait retiré tout le plaisir de voler.
Elle avait donc été contente de voir qu’une caravane marchande était sur le point de partir pour les villes côtières de Ram au moment où elle arrivait dans un des villages de la frontière, et avait donc sauté sur l’occasion, se faisant engager comme mercenaire par un des marchands pour protéger les voyageurs durant le voyage.
Cela faisait donc une petite semaine qu’ils étaient en route, et la monte-en-l'air, comme à son habitude quand elle voyageait en groupe, avait passé son temps à observer les différents voyageurs qui l’accompagnaient. Certains étaient d’une monotonie presque soporifique, comme le jeune couple de marchands ramiens qui rentraient chez eux après avoir liquidé leurs marchandises à Tahar, et qui passaient leur temps à roucouler et s’inventer de nouveaux petits surnoms qu’ils semblaient trouver mignons. En ce qui concernait Lykaios, c’était surtout à vomir. M’enfin ce n’était que son avis.
En revanche, l’elfe qui voyageait avec la caravane semblait plus intéressante. Elle se levait chaque matin plus tôt que les autres et s’entraînait à l’épée. La voleuse aimait la regarder se mouvoir avec grâce et précision et admirait la technique de l’elfe. Il y avait quelque chose d’apaisant à voir l’épée fendre l’air, aussi belle que mortelle. Ce spectacle mettait Lykaios de bonne humeur dès le matin et l’aidait à ne pas taper sur certaines autres personnes. Elle était là pour protéger les voyageurs du danger, il n’aurait pas été productif si c’était elle qui les attaquait.
Durant le jour, les discussions allaient bon train, que ce soit entre les marchands ou entre les mercenaires. Elle apprit donc quelques petites choses à propos du pays de Ram, qu’elle n’avait pas encore exploré, notamment le fait que le pays était réputé pour son commerce. Et qui disait commerce, disait argent… Et cela avait le don d’illuminer les yeux de Lykaios et de la faire sourire. Elle tendait donc l’oreille pour récolter le plus d’informations possible, tout en restant discrète et silencieuse comme à son habitude.
Le soir, la plupart des voyageurs se regroupaient autour d’un feu et partageaient un dîner ainsi que des histoires. La voleuse ne prenait jamais la parole mais elle aimait écouter les aventures des autres tout en s’imaginant les vivre à son tour. Mais pour cela, il fallait d’abord qu’elle arrive aux villes côtières de Ram qui se trouvait encore à quelques jours de marche.
Mar 8 Jan 2019 - 17:47
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Alkan Holdus
Messages : 4
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chercheur philosophe
Alkan était enjoué. Il s’était engagé dans un long voyage à travers le désert de Tahar pour rejoindre les villes côtières de Ram. La culture des habitants de cet endroit le fascinait et il ne se lassait pas d’écrire ce qu’il découvrait sur leurs habitudes. C’était un pays où les gens étaient à la fois des marchands très durs en affaires, mais aussi des personnes chaleureuses. À l’image des paysages de Ram. Les aventures se déroulant dans le désert lui avaient toujours donné envie de voir de lui-même les dunes de sables et de rencontrer les nomades qui en avaient fait leur maison. Mais c’était autre chose qui l’avait finalement poussé à se rendre dans les régions arides de ce pays : les dromadaires et les chameaux. Il souhaitait étudier ces animaux très particuliers capables de survivre dans des endroits si inhospitaliers que les déserts et, à terme, trouver un moyen qui puisse permettre aux Hommes de profiter des mêmes avantages qu’eux. Il espérait d’ailleurs sincèrement découvrir quelque chose rapidement, car lui qui avait toujours vécu dans des régions où les températures ne montaient pas très haut, souffrait terriblement de la chaleur.
Pour son voyage, il s’était joint à une caravane marchande possédant plusieurs magnifiques dromadaires. Les marchands l’avaient accueilli généreusement, après qu’il eut payé, Ram étant un pays où le commerce régnait. Les habitués du désert lui avaient également donné de nombreux conseils, afin qu’il puisse tenir le coup avec les changements de température propres aux régions désertiques. Alkan s’était assez bien intégré parmi les voyageurs. Il prenait plaisir à écouter leurs récits et parlait lui-même souvent d’Antescior et de ses enseignements, notamment avec le couple de marchands qui rentrait chez lui. Mais ces moments de partage n’avaient lieu que le soir, autour d’un feu. La journée, l’ambiance était radicalement différente. Chacun avançait, trop concentré sur la route et accablé par l’ardeur de Lothÿe pour se soucier des autres. De toute manière, une mercenaire avait été engagée pour protéger le convoi, c’était à elle de vérifier que tous étaient en sécurité, bien que le jeune homme doute de l’honnêteté de la mercenaire, qui ressemblait plus à une voleuse de grands chemins qu’à quoi que ce soit d’autre. Il avait honte de penser ainsi, mais le soleil et son insupportable chaleur changeaient les mentalités avec une déconcertante facilité. Alkan écrivait ceci : « Le désert rend égoïste. Ici, c’est chacun pour soi. Celui qui n’arrive pas à suivre le rythme est laissé derrière, sinon il est impossible de survivre. »
Le jeune homme éprouvait néanmoins une grande affection pour les paysages du désert de Tahar. Les dunes à perte de vue et le ciel dont le bleu azur n’était jamais voilé par un nuage lui donnaient le vertige. Après tout, c’était l’un des seuls endroits où les Hommes n’avaient pas encore réussi à s’établir de manière durable. Lorsqu’il ne marchait pas, le prêtre s’intéressait aux dromadaires et il s’étonnait systématiquement de l’endurance extraordinaire de ces animaux.
La marche était longue, interminable. Alkan admirait tout particulièrement l’une des voyageuses qui avait le courage de s’entraîner avec son épée chaque matin, avant le départ. Mais il finit par découvrir que cette voyageuse appartenait à la race des elfes, ce qui rendait immédiatement logique cette attitude. Alkan, sans pour autant les mépriser, ne cherchait pas à comprendre les agissements des elfes. Il savait qu’ils avaient leurs propres façons de faire et qu’il valait mieux ne pas s’en mêler.
Cela faisait un peu plus d’une semaine qu’ils marchaient. Le prêtre connaissait par cœur le son du crissement du sable sous ses pas et sous ceux de son chien. Une certaine routine s’était installée. Le jour se levait, il prenait un petit-déjeuner et c’était l’heure tant redoutée de se remettre en marche. Alors il fixait le sol, mettant péniblement un pied devant l’autre, le regardant s’enfoncer légèrement sur la surface meuble puis recommencer. Parfois, il se retournait et contemplait la longue ligne d’empreintes que la caravane avait laissée sur son chemin. Il avait peur de ne jamais parvenir aux villes côtières qui l’attendaient, derrière cette étendue de sable. Il avait la désagréable impression de faire le même trajet chaque jour, sans se rapprocher de son but. D’autant plus qu’il s’épuisait très vite. Heureusement, contre un peu d’argent, les marchands acceptaient de le faire monter sur un dromadaire, le temps qu’il récupère.
De temps en temps, le convoi croisait d’autres marchands itinérants, notamment lorsqu’il s’arrêtait dans des oasis. Mais jamais Alkan n’avait vu d’homme seul s’aventurer dans le désert. Ce devait être du suicide que de s’y risquer. Les marchands le disaient bien : « Si vous êtes seul dans le désert, vous êtes mort. Si vous tenez à votre vie, ne vous éloignez jamais de la caravane. Surtout que certains bandits traînent dans les parages. » Alkan suivait les consignes des locaux à la lettre et pensait que tout le monde le faisait également, en dépit de l’étrange manie de l’elfe voyageuse à gaspiller son énergie en entraînements.

Et pourtant, un jour qui s’annonçait être identique aux précédents, aux portes du désert, Alkan vit deux silhouettes se dessiner à l’horizon. Il ne s’agissait pas d’une caravane, mais d’une petite fille et d’un elfe, sur des chameaux. Ils allaient dans le sens inverse au leur. Cela fit naître de nombreuses interrogations chez le chercheur. Où allaient-ils ? Que faisaient-ils ? Pourquoi voyageaient-ils seuls ? L’elfe avait-il enlevé la fille ? Ont-ils des intentions pacifiques ? Et à cet instant, il aurait tout donné pour savoir ce qui les avait poussés à commettre une folie pareille.
Mer 9 Jan 2019 - 3:05
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Aznachiel
Messages : 7
Date d'inscription : 25/12/2018
Le cerveau du peuple
Après plusieurs jours à se mouvoir sans rencontrer âme qui vive, nos deux aventuriers firent la rencontre d’une caravane marchande. Aznachiel se présenta au meneur du convoi, qui s’appelait Amar. L’homme semblait être dans sa trentaine. Sur son menton poussait une courte barbe, seul endroit manifeste de sa pilosité. En effet il était dépourvu de cheveux, ses sourcils étaient très fins et sa peau était extrêmement douce. Tout cela marquait un joli contraste avec les durs traits de son visage et son regard perçant. De toute évidence cet homme était rompu aux lois du désert avec son air méfiant et ses cinq sens en éveil. En outre, Aznachiel semblait être ignoré par cet homme, ce qui dénotait de son relatif empressement. Le jeune elfe ne prêta pas attention à ces petits gestes et demanda à au marchand humain : « Excusez-moi marchand, auriez-vous croisé un homme avec un turban blanc sur la tête ? ». Ce dernier toisa l’elfe du regard pendant quelques secondes, puis répondit : « Pourquoi vous intéressez-vous à un humain ? Serait-ce pour le tuer ? Allez-vous vous en prendre à nous si je ne vous réponds pas ? ».

Ces questions eurent comme effet de décontenancer quelque peu Aznachiel. Cela faisait longtemps qu’un humain ne l’avait pas regardé et traité avec autant de dédain. Il en avait quasiment oublié la sensation. Cette scène le lui rappela pourquoi. Mirabelle commença à insulter de tous les noms l’homme qui lui faisait face et qu’elle considérait comme un ennemi. Aznachiel lui fit cesser ses agissements. Puis il convia Amar à s’arrêter quelques instants afin qu’il puisse interroger tout le monde. Le jeune couple de ramiens reconnut l’elfe et la jeune fille, la femme se comporta alors avec beaucoup de zèle : « Messire Aznachiel, Lady Mirabelle, mon dieu ! Que faites-vous dans le désert, si loin de Nyr ? ». Le visage d’Aznachiel s’éclaira, il goûtait de nouveau à la chaleur humaine qu’il connaissait. Il emprunta l’expression sérieuse de son mentor pour répondre : « Nous sommes en mission. Nous ne pouvons rien vous dévoiler. ». Le compagnon prit la parole : « Nous comprenons Messire, nous n’allons pas vous déranger plus longtemps. ». Le couple allait prendre congé du protégé des Lorel lorsque ce dernier les stoppa : « Est-ce que par hasard vous auriez vu passer un homme en chameau avec un turban blanc ? ». Malheureusement pour Aznachiel, le couple répondit par la négative. Aznachiel les remercia tout de même et passa au reste de la caravane, se partageant la tâche avec Mirabelle. Enfin ils essayèrent. Amar avait déjà repris sa marche et les autres l’avaient suivi.

Les regardant s’en aller au loin, Aznachiel et Mirabelle reprirent leur discussion :
- J’ai trouvé ces personnes un peu bizarres, tu n’es pas d’accord avec moi Mira ?
- C’est surtout notre duo improbable qui est bizarre, Az !
- Tu trouves ? Pourtant je lui ai parlé poliment !
- Tu restes tout de même un elfe ! Son attitude défensive peut se comprendre.
- Depuis le temps que j’habite Nyr, ma renommée devrait avoir fait le tour de Ram, tu n’es pas d’accord ?
- On n’est pas censé quitter la ville, nous trouver ici est très douteux. Mais ne t’en fais pas grand frère, notre amour suffit à te combler de joie, n’est-ce pas ?
- C’est vrai, continuons notre chemin !
- J’ai ma petite idée sur l’itinéraire que suit notre homme.
- Ah oui ?
- Douterais-tu de mes capacités d’observation ? Au moment où tu as posé ta question au couple, j’ai remarqué que la plupart des regards s’était retournée vers le sud, en direction des Montagnes Noires. Je pense que nous avons de grandes chances de retrouver notre homme là-bas !
- Je te fais confiance Mira, allons-y !

Et les deux Nyréens reprirent leur route, tout en essayant de détecter ce qu’il restait de traces récentes d’un passage de chameau.
Ven 18 Jan 2019 - 17:50
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Vaelyana
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La Flèche Curieuse
La caravane fit la rencontre de deux voyageurs en plein milieu du désert et cet évènement réveilla l’instinct de Vaelyana qui les remarqua bien avant leur arrivée. De loin elle vit une petite personne, sûrement un enfant car les halfelins et les nains étaient bien rares dans cette partie du monde et une personne bien plus élancée que son compagnon. Ils se dirigèrent vers le chef de la caravane à qui elle avait donné l’argent pour la traversée. Seulement, elle avait oublié son nom : retenir le nom d’une personne qu’elle ne croiserait plus jamais après ce voyage, encore plus si c’était un humain, était une perte de temps pour elle. Mieux valait-il l’utiliser à autre chose.
Et pour Vaelyana, cet évènement ne marquerait pas son périple et serait tout aussi banal que bien d'autres qui s’était passé avant celui-ci. Or un détail la fit changer d’avis : la nature même des plus grands des deux voyageurs. De ce qu’elle entendit d’abord à cause des dires racistes du marchand, puis qu’elle remarqua de visuel, c’était un elfe. Seulement, cet elfe n’avait rien à avoir avec les autres elfes qu’elle avait pu croiser dans les régions forestières du monde. Tout d’abord, sa peau lui rappelait plus la couleur des bois les plus sombres, cachés dans les tréfonds des grands bois, mais surtout il traînait avec une humaine et y ressemblait, que ce soit dans ses vêtements, son langage ou même sa posture. Était-ce un esclave de cette petite humaine ? Non, ce n’était pas possible. Il avait l’air bien trop complaisant avec cette enfant, comme si une complicité existait. Il était donc devenu un homme et s’était confondu avec leur culture. C’était un terrible blasphème de perdre sa propre nature elfique pour prendre celle des hommes. Surtout après tout le mal qu’ils avaient fait aux peuples elfiques. Comment un elfe pouvait-il en arriver là ? Elle n’en savait rien et elle en était dégoûtée d’imaginer une telle bassesse. Pourtant, il restait un doute en elle.
Elle laissa les deux inconnus partir et continua avec la caravane qui repartit après cette rencontre. Seulement, ce doute continua d’exister et de la ronger. Vingt bonnes minutes après le départ, elle se décida à agir différemment. Elle était sans but. Elle parcourait le monde à la recherche d’un objectif sans savoir vers quels chemins avancer, avec comme seule excuse de découvrir le monde.
Elle ne savait même pas pourquoi elle était venue dans ce lieu désertique où aucune végétation ne poussait. Peut-être espérait-elle trouver un but dans ce lieu qui cassait ces habitudes. Se perdre une fois complètement dans la nuit pour retrouver la lumière. Elle se disait vouloir croiser les elfes du désert, ses cousins dans ces lieux. Or, un elfe, une des personnes les plus à même de la guider vers eux, était passé et elle n’avait même pas bougé le petit doigt. Il avait beau être un chien des hommes, il était bien supérieur aux hommes. Naraën lui envoyait peut-être un signe pour la remettre sur le droit chemin et elle refusait de le voir par vanité : même s’il s’alliait avec l’ennemi, il restait un elfe. Elle décida donc d’y répondre.
Elle avança vers le marchand principal et l’arrêta. Elle le regarda de son plus mauvais regard pour lui faire comprendre sa position face à elle. Elle n’avait aucunement peur des mercenaires et encore bien moins des marchands. Aucun de ces guerriers ne rivalisait en technique avec un elfe au masque, même s’il n’était âgé que de 200 tours.

- Je m’en vais de votre caravane. Mon voyage est fini avec vous. Seulement, j’ai payé mon voyage donc donnez-moi ma part des fournitures et des provisions et je partirais sans créer d’ennui. Je ne demande pas plus que ce qui m’est destinée, dit-elle d’un ton sec.

Le marchand ne savait pas quoi faire et essaya de la raisonner tandis que les autres commencèrent à s’agglutiner autour d’eux. Il était rare pour eux que l’elfe tenait une discussion et sa première était teintée de menaces. L’ambiance était électrique et chaque mercenaire était prêt à sortir son arme et à se battre, si les autres marchands ne les en empêchaient pas.
Amar, pour calmer le jeu et empêcher tous problèmes, abdiqua et lui remit un sac contenant les provisions promises et puis la laissa partir. Il dissuada même les mercenaires de l’attaquer et la regarda partir alors qu’elle faisait marche arrière et se préparait à rejoindre les deux voyageurs. Leur piste était encore bien fraîche et cela ne fut qu’un jeu d’enfant de les suivre. Elle faisait ainsi confiance en Naraën et trouverait enfin un but à sa vie. Tel était sa conviction et son regard en témoignait largement, derrière sa capuche la protégeant du soleil du désert.
Lun 21 Jan 2019 - 19:35
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