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[Terminé] À la poursuite de l'homme au turban blanc ! [PV Lykaios / Alkan Holdus / Vaelyana]
Aznachiel
Messages : 11
Date d'inscription : 25/12/2018
Le cerveau du peuple
Comme d’habitude, Aznachiel se réveilla de bon matin pour faire un rapide tour de la ville, à la recherche d’habitants à aider, ainsi que pour rafraîchir son écureuil Jade, son fidèle compagnon. Le soleil commençait à pointer le bout de son nez, les rues étaient désertes. Les deux êtres purent donc profiter pendant de longues minutes de la légère brise qui soufflait, caressant agréablement la peau, tout en humant la senteur marine et en contemplant l’étendue d’eau qui s’étendait à l’horizon. « Un jour nous découvrirons par nous-mêmes ce qu’il se trouve au-delà de cette mer » racontait-il à son rongeur. En rentrant à son domicile, il prépara le petit déjeuner pour ses deux petites sœurs Charlotte et Mirabelle. À table, une fois n’est pas coutume, il leur raconta l’un de ses rêves de la nuit. Dans celui-ci il parcourait les mers dans un énorme navire avec tout un équipage qui lui était dévoué, à la recherche des trésors introuvables les plus célèbres. Ils débarquaient sur des îles les plus farfelues les unes que les autres, tantôt à la recherche d’un fruit sacré dans une forêt aux arbres de taille humaine, poursuivis par des animaux d’un autre temps, tantôt en quête d’une perle légendaire située sur une île à majorité de sable qui se trouvait sous l’eau pendant six heures et qui refaisait surface six heures après.
- C’est génial ça Az ! Ça veut dire que tu es en passes de vivre une grande aventure, je l’ai lu dans l’un des livres que tu m’as achetés ! Les rêves, en particulier pour les personnes qui en font rarement, sont très riches de sens. Il suffit de savoir les interpréter.
- Tu as raison Carla, je me demande bien ce qu’il m’attend comme aventure. Je n’ai aucune raison de quitter la ville pour l’instant.
- Ce serait trop génial de quitter la ville, on y est resté beaucoup trop longtemps ! Ce serait bien de changer d’air un peu, quelques temps !
- Moi ça ne me dérange pas tant que j’ai mes livres à disposition.
- Je suis d’accord avec vous deux les filles : pouvoir lire tant qu’on veut est un luxe très agréable ; pouvoir voyager constituerait un petit plus non négligeable.
- Sœurette tu l’as bien entendu : voyager c’est bien !
- Mira arrête de taquiner ta sœur et finis de manger.
- Oui Az !

Après le petit-déjeuner, la famille reçut de la visite : le maire en personne s’était déplacé, chose assez peu fréquente en l’absence d’Albard. Aznachiel l’invita à s’installer dans le salon.
- Monsieur le maire, que nous vaut votre visite à une heure si matinale ?
- J’ai reçu une lettre spéciale d’Albard qui vous est destinée. Il m’a demandé de te la remettre en mains propres, ça m’intrigue un peu.
- Vous pouvez la lire avec moi si vous le souhaitez.
- Avec nous tu veux dire Az !
- Bien sûr Mira !
- Alors voyons voir ça. Cher Aznachiel, au moment où tu lis ces lignes je serai sûrement en train de voyager avec tes parents. Il y a une mission que je voudrais te confier. Il y a un homme, travaillant sans doute pour le compte d’un rival commerçant, qui m’a subtilisé un de mes bracelets en tayanite que je m’apprêtais à vendre. Je l’ai suivi pendant quelques jours et j’en ai déduit qu’il se dirigeait dans notre ville. Selon mes calculs il devrait arriver dans notre ville aujourd’hui. Je ne veux pas que vous récupériez le bijou, c’est secondaire. Ce qui m’intéresse c’est de savoir pour qui il travaille, quelle est la nature et l’ampleur du trafic qu’ils ont mis en place, afin de pouvoir les dénoncer aux autorités. Ce que tu vas donc faire, c’est pister cet homme et me faire un compte rendu de toutes ses actions, de la base où ses potentiels complices se trouvent. Tu reconnaîtras facilement cet homme : il porte un kurta de couleur rouge, un pantalon blanc, avec un turban blanc sur la tête. Il porte par ailleurs des babouches couleur bordeaux et un piercing doré sur sa narine droite. Sa couleur de peau est semblable au bois de merisier, un marron clair se rapprochant quelque peu du rouge. Fais très attention à ne pas te faire repérer. Je t’autorise à quitter la ville si c’est nécessaire et à prendre d’autres précautions qui t’aideront à la réussite de la mission. Je te souhaite bonne chance mon ami.
- Eh bien ! Voilà qui n’est pas très rassurant !
- En effet monsieur le maire, je vais devoir rester sérieux et surtout être très prudent.
- Je peux t’accompagner dans cette mission ? Je suis très forte en repérage, je ne te gênerai pas grand frère.
- Mira je te l’ai déjà répété plusieurs fois, sans autorisation de votre père, je ne peux prendre le risque de vous emmener avec moi.
- Et qu’est-ce que tu en fais du risque de nous laisser toutes seules à la maison hein ?! Ça revient au même donc autant avoir une aide supplémentaire, tu ne trouves pas ?
- Elle a raison la petite. Et puis je ne veux pas me la coltiner en ton absence, elle va me harceler tous les jours pour avoir de tes nouvelles !
- Vous savez être conciliant quand vous le voulez maire Perkins !
- Je comprends je comprends, je l’emmène avec moi vous avez gagné. Carla tu nous accompagnes ?
- Sans façon grand frère, je ne te serai d’aucun soutien tu le sais. Et puis je préfère terminer le livre que je lis actuellement, il est très intéressant ! Saviez-vous que les fonds marins recelaient de créatures les plus dangereuses les unes que les autres ? Et dire qu’il y a encore des mystères dont on ne se soucie même pas ! En parlant d’étendue d’eau, saviez-vous que les déserts arides que nous connaissons étaient auparavant couverts de lacs, d’étangs et de végétation ?
- Tu nous raconteras tout à notre retour Carla, tu veux bien ?
- Oui je vous attendrai. J’espère que votre cible ne quittera pas la ville mais quelque chose me dit qu’une grande aventure vous attend. C’est ton rêve qui te l’a dit grand frère, tu n’as pas oublié hein ?
- Ne dis pas ça, c’est seulement ton interprétation de mon rêve.

Dès la fin de la discussion Aznachiel et Mirabelle se préparèrent pour la filature. Accompagnés de Jade, ils dirent au revoir à Charlotte et se mirent à la recherche de l’individu à espionner. Aznachiel au sol et Mirabelle dans les airs sautant d’habitations en habitations, ils passèrent la ville au peigne fin. Cette dernière aperçut le voleur sortant d’une taverne peu fréquentée de la ville pour son placement isolé. Elle avertit Aznachiel puis prit l’escroc en filature discrètement. Quelques minutes plus tard un sourire transparut sur son visage. Elle essayait tant bien que mal de contenir intérieurement sa joie naissante suite au départ de la ville du jeune homme sur un chameau. Elle se dirigea à une vitesse incroyable pour l’annoncer à son grand frère, qui ne partageait pas complètement son enthousiasme. Eux deux prirent également des chameaux et s’en allèrent de la ville : l’aventure allait pouvoir réellement commencer.
Ven 4 Jan 2019 - 14:01
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Vaelyana
Messages : 8
Date d'inscription : 07/11/2017
La Flèche Curieuse
Deux tours… C’était le temps qui était passé depuis qu’elle avait déposé le masque et laissé derrière elle la Grande Forêt et les siens. Ce n’était rien pour elle, qu’un instant de la longue vie d’un elfe et pourtant elle ne sentait toujours pas à son aise en dehors de la forêt de ses ancêtres, comme si chaque seconde qui passait, était un périple terrible parmi les royaumes étrangers. Elle avait vu de nombreux paysages tous aussi fabuleux les uns que les autres, faisant pâlir de jalousie les plus beaux endroits de sa jeunesse mais il restait en elle une gêne de voir toutes ces ressources mal exploitées par la vanité des autres races, même si la grande majorité venait des hommes. Est-ce que leur vie courte les poussait à commettre un nombre incalculable de folies ou était-ce elle qui n’arrivait pas à voir au-delà de cela ? Elle n’arrivait pas à le dire mais elle se laissait encore le temps d’y réfléchir, de découvrir le monde et qu’elle avait tort.
Depuis son départ, elle n’avait d’ailleurs pas changé d’un poil. Toujours aussi sauvage et guerrière, elle avait seulement troqué son manteau vert pour un autre de couleur sable de bien moins bonne qualité depuis son arrivée dans ces régions arides et dures. Du sable et de la roche à perte de vue. Telle étaient les deux mots pour décrire ces lieux. Elle n’arrivait pas à comprendre qui pouvait essayer de vivre dans un tel endroit, sans la moindre végétation parfois à des kilomètres à la ronde, avec parfois un point de vie dans ce véritable désert : un don d’Elye, la déesse-mère.
Pourtant, même si elle ne comprenait pas cet endroit, elle savait de par son instruction que des communautés elfes vivaient dans ces lieux, en dehors des grandes villes humaines. C’est la raison qui  a fait pousser une graine de curiosité dans son cœur pour ce lieu. Elle avait décidé de le traverser mais cette fois-ci pas seule. Comme la Grande Forêt, traverser ce lieu sans guide était une folie qu’elle ne commettrait pas. Elle avait donc subtilisé de l’argent à l’un et l’autre voyageur humain pour pouvoir payer son voyage et aucune honte ne la rongeait pour cela. S’il avait eu l’erreur de s’être fait avoir, cela était leur faute : le plus fort ou le plus fourbe l’emporte toujours.

Une fois ce détail réglé, sans grandes difficultés, vu la maigre vigilance des hommes, elle partirait des frontières du désert de Tahar avec une caravane marchande en direct des villes côtières de RAM avec d’autres voyageurs qui avaient eux aussi payé la traversée. De plus, les marchands avaient engagé plusieurs mercenaires, confirmant ainsi sa théorie selon laquelle le désert était un lieu hostile et dangereux. Cela lui plaisait presque de se dire qu’elle se trouvait dans un lieu sauvage où toutes les emprises des hommes n’existaient pas, ne laissant que le champ libre à la déesse Elye et ses merveilles. Pour la traversée, les marchands utilisaient comme bête de somme de bien étrange créature, capable de survivre, selon leur dire, plusieurs jours sans eau, grâce à leur bosse sur le dos. Il les appelait des dromadaires. Elle n’en avait jamais vu, ni même entendu parler par avant. La nature n’avait pas fini de la surprendre.
Sur le pied de départ, l’un des marchands humains, un certain Amar, était venu la trouver pour lui donner quelques consignes pour le voyage. Il lui disait de bien les écouter dans ce voyage car tout n’était pas rose dans le désert et lui rappelait aussi de bien économiser l’eau qui était rare, et son énergie qui serait mise à rude épreuve, surtout avec la chaleur qui n’était pas de tout repos pour une personne non habituée. Même si elle prit les remarques au sérieux, ce n’est pas pour autant qu’elle les respecta le long du voyage, surtout pour l’énergie. En effet, tous les jours, elle se levait une heure avant tout le monde pour s’entraîner au combat avec son épée, dans sa routine quotidienne, pour ne pas perdre un millimètre de ses rituels. Elle avait été éduquée par et pour le combat, et garderait cette marque à vie. Il était impensable pour elle de ne pas passer un jour sans toucher une arme. Non qu’elle n’ait le besoin de faire couler le sang, mais c’était une manière de garder la forme. Il y avait aussi dans ce rituel un apaisement, un calme absolu qui était atteint. Comme si une fois une arme à la main, elle se sentait comme apaisée, coupée du monde extérieur et d’une sérénité sans failles. Elle avait goûté pour la première fois à cette sensation lors d’un combat réel entre deux elfes allant revendiquer le masque alors qu’elle avait déjà dépassé sa centaine de tours. Elle s’en souvenait encore comme si c’était hier de ce plaisir, cette jouissance de la sérénité du combat. Depuis elle l’avait perfectionné et amplifié lors de tours et de tour d’entraînement pour pouvoir prétendre réellement à porter le masque et devenir la barrière de la Grande Forêt.
Une fois le rituel accompli, elle déjeunait rapidement avec les autres pour ensuite passer le reste du temps de son côté, en n’écoutant les autres seulement lorsqu'ils faisaient mention d’une consigne de sécurité. Elle apprenait juste le strict nécessaire pour survivre dans ces lieux et n’avait pas le temps à passer son temps avec les autres à parler des futilités de la vie. Surtout qu’à cause de sa race, les autres la dévisageaient, comme si c’était un monstre venu des pires cauchemars des dieux. C’est d’ailleurs pourquoi elle gardait sa capuche toujours rabattue pour cacher son visage, même si l’excuse de la chaleur étouffante en pleine journée était aussi en cause.
Le soleil, don du ciel et des dieux, qui donnait vie aux créations d’Elye, était ici un terrible fléau frappant tout le monde sans exception dans ces lieux. Et pourtant les dromadaires avaient l’air de bien vivre ces conditions. Comment pouvait-il faire alors qu’elle peinait déjà à porter ses propres affaires dans le pire moment de la journée, au zénith ? Seulement, pour les marchands, ils n’y avaient pas de pause avant la fin de la journée et elle ne donnerait aucun aveu de faiblesse à n’importe qui  la concernant. Elle avançait donc difficilement et péniblement, un pied devant l’autre mais elle continuait. Elle le devait et ne pouvait plus retourner en arrière. Elle désirait voir ses cousins du désert et percer tous les secrets que pouvait révéler Elye dans le désert.
Elle en avait d’ailleurs découvert un magnifique à la première étape de la destination des marchands : les oasis. Seuls points d’eau dans le désert, elles créaient un océan de couleurs et de végétations autour d’elle dans le sable éternel, brisant ainsi la monotonie du paysage. Elle aimait bien ces instants près de la vie et ainsi de découvrir de nouvelles plantes qui lui étaient inconnues.
Seulement le temps n’était pas à la contemplation mais à l’avancement. Une fois le repos pris, l’entraînement fini et le soleil levé, il était déjà temps de repartir pour une nouvelle journée de marche. Et c’est ainsi que dura tout son périple vers sa destination, qui s’approchait tout doucement de la fin, sous la chaleur et le soleil éclatant de Ram.
Sam 5 Jan 2019 - 21:04
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Lykaios
Messages : 18
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chat
De tous les pays que Lykaios avait visités, Tahar n’avait pas été son préféré. Les conditions de vie difficile de ce pays ne l’avaient guère enchanté et son peuple était bien trop passif à son goût. Pour tous les malheurs qu’ils leur arrivaient, ils le prenaient avec philosophie et sagesse, ça en était presque rageant. Elle en avait tout de même profité pour faire les poches de quelques personnes rencontrées de-ci delà, mais le fait qu’ils n’attachent que peu d’importance à leurs biens et ne s’emportent pas lui avait retiré tout le plaisir de voler.
Elle avait donc été contente de voir qu’une caravane marchande était sur le point de partir pour les villes côtières de Ram au moment où elle arrivait dans un des villages de la frontière, et avait donc sauté sur l’occasion, se faisant engager comme mercenaire par un des marchands pour protéger les voyageurs durant le voyage.
Cela faisait donc une petite semaine qu’ils étaient en route, et la monte-en-l'air, comme à son habitude quand elle voyageait en groupe, avait passé son temps à observer les différents voyageurs qui l’accompagnaient. Certains étaient d’une monotonie presque soporifique, comme le jeune couple de marchands ramiens qui rentraient chez eux après avoir liquidé leurs marchandises à Tahar, et qui passaient leur temps à roucouler et s’inventer de nouveaux petits surnoms qu’ils semblaient trouver mignons. En ce qui concernait Lykaios, c’était surtout à vomir. M’enfin ce n’était que son avis.
En revanche, l’elfe qui voyageait avec la caravane semblait plus intéressante. Elle se levait chaque matin plus tôt que les autres et s’entraînait à l’épée. La voleuse aimait la regarder se mouvoir avec grâce et précision et admirait la technique de l’elfe. Il y avait quelque chose d’apaisant à voir l’épée fendre l’air, aussi belle que mortelle. Ce spectacle mettait Lykaios de bonne humeur dès le matin et l’aidait à ne pas taper sur certaines autres personnes. Elle était là pour protéger les voyageurs du danger, il n’aurait pas été productif si c’était elle qui les attaquait.
Durant le jour, les discussions allaient bon train, que ce soit entre les marchands ou entre les mercenaires. Elle apprit donc quelques petites choses à propos du pays de Ram, qu’elle n’avait pas encore exploré, notamment le fait que le pays était réputé pour son commerce. Et qui disait commerce, disait argent… Et cela avait le don d’illuminer les yeux de Lykaios et de la faire sourire. Elle tendait donc l’oreille pour récolter le plus d’informations possible, tout en restant discrète et silencieuse comme à son habitude.
Le soir, la plupart des voyageurs se regroupaient autour d’un feu et partageaient un dîner ainsi que des histoires. La voleuse ne prenait jamais la parole mais elle aimait écouter les aventures des autres tout en s’imaginant les vivre à son tour. Mais pour cela, il fallait d’abord qu’elle arrive aux villes côtières de Ram qui se trouvait encore à quelques jours de marche.
Mar 8 Jan 2019 - 17:47
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Alkan Holdus
Messages : 13
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chercheur philosophe
Alkan était enjoué. Il s’était engagé dans un long voyage à travers le désert de Tahar pour rejoindre les villes côtières de Ram. La culture des habitants de cet endroit le fascinait et il ne se lassait pas d’écrire ce qu’il découvrait sur leurs habitudes. C’était un pays où les gens étaient à la fois des marchands très durs en affaires, mais aussi des personnes chaleureuses. À l’image des paysages de Ram. Les aventures se déroulant dans le désert lui avaient toujours donné envie de voir de lui-même les dunes de sables et de rencontrer les nomades qui en avaient fait leur maison. Mais c’était autre chose qui l’avait finalement poussé à se rendre dans les régions arides de ce pays : les dromadaires et les chameaux. Il souhaitait étudier ces animaux très particuliers capables de survivre dans des endroits si inhospitaliers que les déserts et, à terme, trouver un moyen qui puisse permettre aux Hommes de profiter des mêmes avantages qu’eux. Il espérait d’ailleurs sincèrement découvrir quelque chose rapidement, car lui qui avait toujours vécu dans des régions où les températures ne montaient pas très haut, souffrait terriblement de la chaleur.
Pour son voyage, il s’était joint à une caravane marchande possédant plusieurs magnifiques dromadaires. Les marchands l’avaient accueilli généreusement, après qu’il eut payé, Ram étant un pays où le commerce régnait. Les habitués du désert lui avaient également donné de nombreux conseils, afin qu’il puisse tenir le coup avec les changements de température propres aux régions désertiques. Alkan s’était assez bien intégré parmi les voyageurs. Il prenait plaisir à écouter leurs récits et parlait lui-même souvent d’Antescior et de ses enseignements, notamment avec le couple de marchands qui rentrait chez lui. Mais ces moments de partage n’avaient lieu que le soir, autour d’un feu. La journée, l’ambiance était radicalement différente. Chacun avançait, trop concentré sur la route et accablé par l’ardeur de Lothÿe pour se soucier des autres. De toute manière, une mercenaire avait été engagée pour protéger le convoi, c’était à elle de vérifier que tous étaient en sécurité, bien que le jeune homme doute de l’honnêteté de la mercenaire, qui ressemblait plus à une voleuse de grands chemins qu’à quoi que ce soit d’autre. Il avait honte de penser ainsi, mais le soleil et son insupportable chaleur changeaient les mentalités avec une déconcertante facilité. Alkan écrivait ceci : « Le désert rend égoïste. Ici, c’est chacun pour soi. Celui qui n’arrive pas à suivre le rythme est laissé derrière, sinon il est impossible de survivre. »
Le jeune homme éprouvait néanmoins une grande affection pour les paysages du désert de Tahar. Les dunes à perte de vue et le ciel dont le bleu azur n’était jamais voilé par un nuage lui donnaient le vertige. Après tout, c’était l’un des seuls endroits où les Hommes n’avaient pas encore réussi à s’établir de manière durable. Lorsqu’il ne marchait pas, le prêtre s’intéressait aux dromadaires et il s’étonnait systématiquement de l’endurance extraordinaire de ces animaux.
La marche était longue, interminable. Alkan admirait tout particulièrement l’une des voyageuses qui avait le courage de s’entraîner avec son épée chaque matin, avant le départ. Mais il finit par découvrir que cette voyageuse appartenait à la race des elfes, ce qui rendait immédiatement logique cette attitude. Alkan, sans pour autant les mépriser, ne cherchait pas à comprendre les agissements des elfes. Il savait qu’ils avaient leurs propres façons de faire et qu’il valait mieux ne pas s’en mêler.
Cela faisait un peu plus d’une semaine qu’ils marchaient. Le prêtre connaissait par cœur le son du crissement du sable sous ses pas et sous ceux de son chien. Une certaine routine s’était installée. Le jour se levait, il prenait un petit-déjeuner et c’était l’heure tant redoutée de se remettre en marche. Alors il fixait le sol, mettant péniblement un pied devant l’autre, le regardant s’enfoncer légèrement sur la surface meuble puis recommencer. Parfois, il se retournait et contemplait la longue ligne d’empreintes que la caravane avait laissée sur son chemin. Il avait peur de ne jamais parvenir aux villes côtières qui l’attendaient, derrière cette étendue de sable. Il avait la désagréable impression de faire le même trajet chaque jour, sans se rapprocher de son but. D’autant plus qu’il s’épuisait très vite. Heureusement, contre un peu d’argent, les marchands acceptaient de le faire monter sur un dromadaire, le temps qu’il récupère.
De temps en temps, le convoi croisait d’autres marchands itinérants, notamment lorsqu’il s’arrêtait dans des oasis. Mais jamais Alkan n’avait vu d’homme seul s’aventurer dans le désert. Ce devait être du suicide que de s’y risquer. Les marchands le disaient bien : « Si vous êtes seul dans le désert, vous êtes mort. Si vous tenez à votre vie, ne vous éloignez jamais de la caravane. Surtout que certains bandits traînent dans les parages. » Alkan suivait les consignes des locaux à la lettre et pensait que tout le monde le faisait également, en dépit de l’étrange manie de l’elfe voyageuse à gaspiller son énergie en entraînements.

Et pourtant, un jour qui s’annonçait être identique aux précédents, aux portes du désert, Alkan vit deux silhouettes se dessiner à l’horizon. Il ne s’agissait pas d’une caravane, mais d’une petite fille et d’un elfe, sur des chameaux. Ils allaient dans le sens inverse au leur. Cela fit naître de nombreuses interrogations chez le chercheur. Où allaient-ils ? Que faisaient-ils ? Pourquoi voyageaient-ils seuls ? L’elfe avait-il enlevé la fille ? Ont-ils des intentions pacifiques ? Et à cet instant, il aurait tout donné pour savoir ce qui les avait poussés à commettre une folie pareille.
Mer 9 Jan 2019 - 3:05
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Aznachiel
Messages : 11
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Le cerveau du peuple
Après plusieurs jours à se mouvoir sans rencontrer âme qui vive, nos deux aventuriers firent la rencontre d’une caravane marchande. Aznachiel se présenta au meneur du convoi, qui s’appelait Amar. L’homme semblait être dans sa trentaine. Sur son menton poussait une courte barbe, seul endroit manifeste de sa pilosité. En effet il était dépourvu de cheveux, ses sourcils étaient très fins et sa peau était extrêmement douce. Tout cela marquait un joli contraste avec les durs traits de son visage et son regard perçant. De toute évidence cet homme était rompu aux lois du désert avec son air méfiant et ses cinq sens en éveil. En outre, Aznachiel semblait être ignoré par cet homme, ce qui dénotait de son relatif empressement. Le jeune elfe ne prêta pas attention à ces petits gestes et demanda à au marchand humain : « Excusez-moi marchand, auriez-vous croisé un homme avec un turban blanc sur la tête ? ». Ce dernier toisa l’elfe du regard pendant quelques secondes, puis répondit : « Pourquoi vous intéressez-vous à un humain ? Serait-ce pour le tuer ? Allez-vous vous en prendre à nous si je ne vous réponds pas ? ».

Ces questions eurent comme effet de décontenancer quelque peu Aznachiel. Cela faisait longtemps qu’un humain ne l’avait pas regardé et traité avec autant de dédain. Il en avait quasiment oublié la sensation. Cette scène le lui rappela pourquoi. Mirabelle commença à insulter de tous les noms l’homme qui lui faisait face et qu’elle considérait comme un ennemi. Aznachiel lui fit cesser ses agissements. Puis il convia Amar à s’arrêter quelques instants afin qu’il puisse interroger tout le monde. Le jeune couple de ramiens reconnut l’elfe et la jeune fille, la femme se comporta alors avec beaucoup de zèle : « Messire Aznachiel, Lady Mirabelle, mon dieu ! Que faites-vous dans le désert, si loin de Nyr ? ». Le visage d’Aznachiel s’éclaira, il goûtait de nouveau à la chaleur humaine qu’il connaissait. Il emprunta l’expression sérieuse de son mentor pour répondre : « Nous sommes en mission. Nous ne pouvons rien vous dévoiler. ». Le compagnon prit la parole : « Nous comprenons Messire, nous n’allons pas vous déranger plus longtemps. ». Le couple allait prendre congé du protégé des Lorel lorsque ce dernier les stoppa : « Est-ce que par hasard vous auriez vu passer un homme en chameau avec un turban blanc ? ». Malheureusement pour Aznachiel, le couple répondit par la négative. Aznachiel les remercia tout de même et passa au reste de la caravane, se partageant la tâche avec Mirabelle. Enfin ils essayèrent. Amar avait déjà repris sa marche et les autres l’avaient suivi.

Les regardant s’en aller au loin, Aznachiel et Mirabelle reprirent leur discussion :
- J’ai trouvé ces personnes un peu bizarres, tu n’es pas d’accord avec moi Mira ?
- C’est surtout notre duo improbable qui est bizarre, Az !
- Tu trouves ? Pourtant je lui ai parlé poliment !
- Tu restes tout de même un elfe ! Son attitude défensive peut se comprendre.
- Depuis le temps que j’habite Nyr, ma renommée devrait avoir fait le tour de Ram, tu n’es pas d’accord ?
- On n’est pas censé quitter la ville, nous trouver ici est très douteux. Mais ne t’en fais pas grand frère, notre amour suffit à te combler de joie, n’est-ce pas ?
- C’est vrai, continuons notre chemin !
- J’ai ma petite idée sur l’itinéraire que suit notre homme.
- Ah oui ?
- Douterais-tu de mes capacités d’observation ? Au moment où tu as posé ta question au couple, j’ai remarqué que la plupart des regards s’était retournée vers le sud, en direction des Montagnes Noires. Je pense que nous avons de grandes chances de retrouver notre homme là-bas !
- Je te fais confiance Mira, allons-y !

Et les deux Nyréens reprirent leur route, tout en essayant de détecter ce qu’il restait de traces récentes d’un passage de chameau.
Ven 18 Jan 2019 - 17:50
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Vaelyana
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La Flèche Curieuse
La caravane fit la rencontre de deux voyageurs en plein milieu du désert et cet évènement réveilla l’instinct de Vaelyana qui les remarqua bien avant leur arrivée. De loin elle vit une petite personne, sûrement un enfant car les halfelins et les nains étaient bien rares dans cette partie du monde et une personne bien plus élancée que son compagnon. Ils se dirigèrent vers le chef de la caravane à qui elle avait donné l’argent pour la traversée. Seulement, elle avait oublié son nom : retenir le nom d’une personne qu’elle ne croiserait plus jamais après ce voyage, encore plus si c’était un humain, était une perte de temps pour elle. Mieux valait-il l’utiliser à autre chose.
Et pour Vaelyana, cet évènement ne marquerait pas son périple et serait tout aussi banal que bien d'autres qui s’était passé avant celui-ci. Or un détail la fit changer d’avis : la nature même des plus grands des deux voyageurs. De ce qu’elle entendit d’abord à cause des dires racistes du marchand, puis qu’elle remarqua de visuel, c’était un elfe. Seulement, cet elfe n’avait rien à avoir avec les autres elfes qu’elle avait pu croiser dans les régions forestières du monde. Tout d’abord, sa peau lui rappelait plus la couleur des bois les plus sombres, cachés dans les tréfonds des grands bois, mais surtout il traînait avec une humaine et y ressemblait, que ce soit dans ses vêtements, son langage ou même sa posture. Était-ce un esclave de cette petite humaine ? Non, ce n’était pas possible. Il avait l’air bien trop complaisant avec cette enfant, comme si une complicité existait. Il était donc devenu un homme et s’était confondu avec leur culture. C’était un terrible blasphème de perdre sa propre nature elfique pour prendre celle des hommes. Surtout après tout le mal qu’ils avaient fait aux peuples elfiques. Comment un elfe pouvait-il en arriver là ? Elle n’en savait rien et elle en était dégoûtée d’imaginer une telle bassesse. Pourtant, il restait un doute en elle.
Elle laissa les deux inconnus partir et continua avec la caravane qui repartit après cette rencontre. Seulement, ce doute continua d’exister et de la ronger. Vingt bonnes minutes après le départ, elle se décida à agir différemment. Elle était sans but. Elle parcourait le monde à la recherche d’un objectif sans savoir vers quels chemins avancer, avec comme seule excuse de découvrir le monde.
Elle ne savait même pas pourquoi elle était venue dans ce lieu désertique où aucune végétation ne poussait. Peut-être espérait-elle trouver un but dans ce lieu qui cassait ces habitudes. Se perdre une fois complètement dans la nuit pour retrouver la lumière. Elle se disait vouloir croiser les elfes du désert, ses cousins dans ces lieux. Or, un elfe, une des personnes les plus à même de la guider vers eux, était passé et elle n’avait même pas bougé le petit doigt. Il avait beau être un chien des hommes, il était bien supérieur aux hommes. Naraën lui envoyait peut-être un signe pour la remettre sur le droit chemin et elle refusait de le voir par vanité : même s’il s’alliait avec l’ennemi, il restait un elfe. Elle décida donc d’y répondre.
Elle avança vers le marchand principal et l’arrêta. Elle le regarda de son plus mauvais regard pour lui faire comprendre sa position face à elle. Elle n’avait aucunement peur des mercenaires et encore bien moins des marchands. Aucun de ces guerriers ne rivalisait en technique avec un elfe au masque, même s’il n’était âgé que de 200 tours.

- Je m’en vais de votre caravane. Mon voyage est fini avec vous. Seulement, j’ai payé mon voyage donc donnez-moi ma part des fournitures et des provisions et je partirais sans créer d’ennui. Je ne demande pas plus que ce qui m’est destinée, dit-elle d’un ton sec.

Le marchand ne savait pas quoi faire et essaya de la raisonner tandis que les autres commencèrent à s’agglutiner autour d’eux. Il était rare pour eux que l’elfe tenait une discussion et sa première était teintée de menaces. L’ambiance était électrique et chaque mercenaire était prêt à sortir son arme et à se battre, si les autres marchands ne les en empêchaient pas.
Amar, pour calmer le jeu et empêcher tous problèmes, abdiqua et lui remit un sac contenant les provisions promises et puis la laissa partir. Il dissuada même les mercenaires de l’attaquer et la regarda partir alors qu’elle faisait marche arrière et se préparait à rejoindre les deux voyageurs. Leur piste était encore bien fraîche et cela ne fut qu’un jeu d’enfant de les suivre. Elle faisait ainsi confiance en Naraën et trouverait enfin un but à sa vie. Tel était sa conviction et son regard en témoignait largement, derrière sa capuche la protégeant du soleil du désert.
Lun 21 Jan 2019 - 19:35
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Lykaios
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Le chat
Lyakios avait déjà commencé à chaparder des vivres dans l’intention de fausser compagnie à la caravane marchande quand l’elfe du groupe se dressa contre Amar et l’obligea à lui donner sa part afin de partir de son côté.
Le monte-en-l'air avait épié les deux voyageurs que la caravane avait croisés quelques minutes plus tôt. C’était un homme, un elfe se rendit-elle compte après une plus ample inspection, et une petite fille, humaine quant à elle. Ils semblaient être à la poursuite de quelqu’un et posaient des questions aux passagers de la caravane. Durant l’une de ses discussions, Lykaios entendit parler d’une mission secrète. Cela fit tinter ses oreilles de mercenaires. Bien évidemment, qui dit mission secrète, dit mission importante et donc récompense importante… Cette promesse d’aventure et d’argent valait largement mieux qu’une simple et morne traversée du désert. Et ce duo insolite avait attisé sa curiosité. Ce n’était pas tous les jours qu’on rencontrait un elfe accompagné d’un humain et encore moins d’une petite fille !
En parlant d’elfe, celle qui faisait partie de la caravane avait donc décidé de suivre ces fameux voyageurs, tout comme Lykaios. Cela ne parut pas plaire du tout à Amar mais la chapardeuse ne miserait pas sur ses chances de raisonner l’elfe. En effet, celle-ci avait l’air décidé et, de ce qu’elle avait pu observer durant le début du voyage, elle n’était pas du genre à se laisser convaincre facilement. Lykaios ne se trompa pas et Amar finit par abandonner et la laisser partir avec sa part de provisions. De son côté, Lykaios se dit qu’il valait mieux attendre un peu avant de suivre l’elfe qui n’avait pas l’air d’avoir envie de compagnie durant son voyage. Elle laissa donc passer un intervalle d’un petit quart d’heure encore, mais teinté d’impatience et de frustration quant au fait qu’elle risquait de perdre la trace des deux voyageurs qu’elle voulait suivre.
Elle commença par se placer à l’arrière de la troupe, d’un côté de la caravane, laissant deux autres mercenaires discuter entre eux de l’autre côté. Elle ralentit petit à petit afin de n’éveiller aucune attention sur elle. Mais ses plans furent contrecarrés par une voix masculine qui s’éleva près d’elle.

« - Jeune hom… Femme. Enfin peu importe, si vous tenez à filer en douce pour suivre les deux voyageurs qu’on a rencontrés plus tôt, je tiens à vous accompagner. »

Lykaios maudit Nerel de l’avoir lâché au pire moment et se retourna pour voir qui était l’auteur de cette voix. C’était le prêtre d’Antescior, un homme trentenaire et jovial, qui ne loupait jamais une occasion de discuter avec les autres et de raconter des histoires. Pour ce qui était d’être discrète en compagnie de ce genre de personnage, c’était loupé.

« - Qu’est-ce qui vous fait dire que je file en douce ? » Lui rétorqua-t-elle en croisant les bras sur le torse, Lykaios lui lança un regard suspicieux et légèrement teinté de mépris. «Je ne fais que surveiller la procession, comme l’exige mon travail.»

« - Vous ne serez donc pas intéressée si je vous dis que je cherche un mercenaire pour me protéger afin de retrouver les deux autres voyageurs ? »

Lykaios prit un moment pour réfléchir. Si l’homme cherchait en effet quelqu’un pour l’accompagner, ce serait une bonne occasion de quitter la caravane sans complications. Mais si on allait dans ce sens et qu’Amar refusait de les laisser partir, c’était fichu pour une sortie en toute discrétion. Elle serait tenue à l’œil par ses autres collègues qui déjà, ne lui faisait pas forcément confiance. Mais quoi qu'il arrivait, le prêtre allait tout de même la garder à l’oeil et ne la laisserait pas s’en aller. Le temps filant, la jeune femme n’eut pas d’autre choix que d’accepter. Mais autant en tirer le plus grand avantage possible…

« - Tout dépend du montant que vous êtes prêt à mettre pour le service que vous demandez. »
Le prêtre lui sourit et ils commencèrent à négocier. Il avait l’esprit vif et n’était pas facile à berner, ce qui était un point qui plut à la chapardeuse. Ils se mirent tous les deux d’accord sur une somme rondelette et le prêtre prit donc la tête de la procession afin de discuter avec Amar.
Lykaios, de son côté, soupira et rongea son frein. Ils allaient avoir du mal à rattraper l’elfe et les deux voyageurs à force de traîner de la sorte. Au bout de quelques minutes, le prêtre, Aklan qu’il se nommait, revenait vers elle sous le regard noir d’Amar.

« - On peut y aller, tout est en ordre », lui dit-il et mettant sur son épaule son sac de voyage. La jeune femme hocha la tête et commença donc à faire demi-tour pour suivre les traces de l’elfe. La discussion leur avait fait perdre de précieuses minutes mais les traces étaient encore fraîches et avec un peu de vigueur, ils pourraient la rattraper assez rapidement, puis les voyageurs à leur tour.Ils avancèrent donc sous un soleil de plomb, forçant un peu l’allure afin de regagner le temps qu’ils avaient perdu. Au bout d’une bonne heure de marche, ils finirent par repérer l’elfe qui les avait précédé et Lykaios ne doutait pas que celle-ci ait déjà dû les repérer bien avant. Elle ne fut donc pas étonnée quand elle vit la voyageuse s’arrêta. En revanche, elle ne s’attendait pas à la lame qu’elle dégaina et pointa vers la gorge de la mercenaire.

« - Pourquoi me suivez-vous ? » Leur demanda-t-elle avec un regard noir. Sa main était ferme sur la garde de son épée et tout dans sa posture indiquait qu’elle n’hésiterait pas à frapper.

« - Eh bien, quel accueil… » lui répliqua Lykaios sur un ton débordant d’ironie. Reculant d’un pas, la mercenaire leva les bras en signe de paix mais ne la quitta pas des yeux.

« - On ne vous suit pas, on a simplement le même but que vous. » L’intervention d’Aklan avait pour but d’apaiser l’elfe mais Lykaios eut plutôt l’impression qui l’avait encore plus agacé. Mais cela eut tout de même pour effet de faire baisser son arme et de détourner son attention de Lykaios.

« - Premièrement, vous ne me connaissez pas et deuxièmement… Vous êtes si lents. » leur rétorqua-t-elle d’un ton méprisant. Lykaios haussa les épaules. Dans les faits, elle n’avait pas tort. Elle ne savait pas réellement quel était le but de l’elfe et il était vrai qu’elle irait bien plus vite sans eux.

« -C’est vrai mais il n’empêche que de voyager seule dans le désert n’est pas une bonne idée. On ne cherche pas à faire ami-ami avec vous, juste faire le chemin regroupé le temps que nos destinations divergent. »

L’elfe réfléchit quelques instants, pesant les paroles de la jeune femme puis finit par hausser les épaules et se retourna pour se remettre en marche.
« -Ne vous attendez pas à ce que je m’arrête pour vous. »
Lykaios hocha la tête et se tourna vers le prêtre qui n’émit pas d’objection et ils se remirent donc en route.
Jeu 24 Jan 2019 - 21:34
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Alkan Holdus
Messages : 13
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Le chercheur philosophe
Encore une fois, Alkan n’avait pas su résister à sa curiosité. Il savait bien qu’un voyage dans le désert sans caravane était presque du suicide. Mais la singularité que présentait le duo qui avait abordé les marchands était bien trop intrigante pour que le prêtre se contente de poursuivre sa route comme si de rien n’était. Cependant, il ne voulait pas tenter l’aventure seul et espérait bien trouver un mercenaire qui accepterait de l’escorter. Il chercha ceux du convoi du regard et s’aperçut qu’il ne voyait pas le mercenaire qui avait retenu son attention à cause de son apparence de voleur. Il fit le tour de la caravane et finit par le trouver à l’arrière, à l’abri des regards. Le jeune homme était prêt à parier que ce ou cette mercenaire allait fausser compagnie au reste de la troupe. Il aborda donc la mercenaire, sa voix ayant prouvé qu’il s’agissait d’une femme, et après avoir payé ses services et réglé les derniers détails avec Amar, ils prirent le départ. Le premier objectif allait être de retrouver l’elfe qui était déjà partie sur les traces des voyageurs un peu plus tôt. La mercenaire ne semblait pas ravie d’escorter un boulet et Alkan avait honte de ne pas pouvoir aller plus vite, mais ils forçaient déjà l’allure pour ne pas se faire distancer.
Finalement, après un peu plus d’une heure de marche, ils retrouvèrent l’elfe encapuchonnée. Celle-ci les menaçait de son épée et Alkan n’avait aucune envie de s’y frotter, se souvenant des séances d’entraînement quotidiennes que faisaient la voyageuse. Apparemment, ils n’étaient pas les bienvenus pour se joindre à elle. Typique des elfes. Au grand étonnement du prêtre, c’était la mercenaire qui avait su calmer les choses. Pourtant, au vu de sa remarque ironique, il avait bien cru qu’elle y resterait. Alkan fut bien obligé d’admettre qu’il l’avait mal jugée.
Cependant, avec l’elfe, le voyage risquait d’être compliqué, surtout qu’elle imposait une vitesse de marche assez élevée. Le chercheur commençait déjà à maudire sa curiosité et à regretter ses recherches sur les dromadaires, mais il avançait d’un pas assuré, bien décidé à connaître le fin mot de cette histoire. Alkan arrivait à peu près à suivre l’allure de l’elfe, fermant la marche quelques mètres derrière la mercenaire. Le voyage se déroulait dans le plus grand des silences, sous le soleil de plomb. Le prêtre s’essoufflait vite et s’arrêtait assez régulièrement pour boire de l’eau, ce qui avait le don d’agacer l’elfe qui pressait alors le pas, forçant Alkan à courir sur quelques mètres pour les rattraper. Le petit groupe suivait les traces des chameaux mais n’apercevaient pas les voyageurs.
Avec l’avance que ces derniers avaient prise, le seul moyen qu’ils avaient de les rattraper était de continuer de marcher tard dans la nuit afin de tomber sur leur campement. C’est donc ce qu’ils firent et le prêtre avançait aussi vaillamment que possible, malgré la fatigue qui l’accablait. Il releva tout de même la beauté des dunes à la lueur de la lune et surtout la visibilité incroyable du ciel nocturne qu’aucune pollution lumineuse ne venait troubler à des kilomètres à la ronde. Le jeune homme voyait bien que l’elfe et la mercenaire commençaient à faiblir elles aussi mais ils continuaient d’avancer sans un mot. À leur grand soulagement, ils finirent par distinguer la lumière rougeoyante d’un feu de camp. Mais avant qu’ils n’aient pu atteindre le campement, l’elfe au chameau était venu à leur rencontre.
Ven 25 Jan 2019 - 13:24
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Aznachiel
Messages : 11
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Le cerveau du peuple
L’elfe et la jeune fille faisaient route vers le Sud de Ram, en direction des Montagnes Noires, se fiant à l’intuition de cette dernière. Le soleil de plomb ne les gênait aucunement, le clan Lorel étant habitué depuis belle lurette à ces manifestations de joie du ciel. De son côté Jade, le fidèle écureuil de la famille, s’était comme souvent emmitouflée dans les vêtements de son propriétaire, résistant à la chaleur comme elle le pouvait. Ils avaient une destination à rejoindre, toutefois la tâche ne s’était pas simplifiée pour autant. En effet ils n’avaient pas encore repéré de signe d’un quelconque passage antérieur, comme si l’homme au turban blanc soignait ses déplacements. Devant l’extrême concentration de son grand frère qui balayait constamment son regard, Mirabelle voulut détendre quelque peu l’atmosphère :
- Az, tu vas avoir des rides à force de plisser ton front comme ça ! Prends-toi une pause pour admirer le paysage ! Regarde-moi cette lumière, écoute-moi ce silence, sens-moi cette odeur de sable fin. Nous sommes en parfaite harmonie avec ce désert.
- Les rides sont un signe de sagesse, Mira. Et c’est ce à quoi j’aspire, tu le sais bien.
- Les rides, c’est moche pour la peau !
- Tout le monde finit par avoir des rides Mira, les elfes ne font pas exception.
- Vous n’êtes pas si parfaits que vous le dites alors, messieurs les elfes qui se prennent pour des dieux !
- Attends que je t’attrape et tu vas voir si ma force n’égale pas celle d’un dieu !

Mirabelle poussa un cri et pressa son chameau qui prit un peu d’avance. Aznachiel décrocha un sourire, puis suivit le mouvement de la jeune Nyréenne. Sa tentative d’apaisement avait fonctionné. Leur joie dura quelques minutes : une faible tempête de sable leur faisait face. Ils tentèrent de la contourner, sans succès. Après un rapide coup d’œil derrière eux, ils décidèrent de s’enfoncer dans la tempête. L’organisme des deux chameaux souffrait, Aznachiel et Mirabelle ne purent empêcher leur monture de ralentir le pas. La visibilité était réduite mais tout le monde tenait bon. Leur mésaventure leur fit perdre une bonne vingtaine de minutes. Par conséquent ils augmentèrent leur allure dès que la tempête fut passée. Le sérieux des deux citoyens des côtes ramiennes avait repris son droit, ils devaient faire attention à leur orientation à cause de la précédente frénésie des cieux. Le temps avançait contrairement à la traque. Ils ne firent même pas attention au coucher du soleil, tous leurs sens étaient affutés au maximum de leurs capacités. Il fallut un gargouillement dans le ventre de la plus jeune personne des deux poursuivants pour se décider à installer un camp.

Ils découvrirent des ruines d’une civilisation ancienne, un lieu parfait pour se reposer. Aznachiel somma Mirabelle de ne pas bouger, et inspecta les lieux. L’elfe avait devant lui une grande arche, « Sûrement l’entrée d’un village », se disait-il. « Mais est-ce un village d’humains ou d’elfes du désert qui se seraient installés il y a plusieurs siècles ? La taille et la conservation de l’arche paraissent vraiment suspects. ». En s’approchant de l’édifice, il prit la pleine mesure du monument. Celui-ci ne faisait pas moins de vingt mètres de haut ! Aussi incroyable que cela puisse paraître, cette grande porte d’entrée semblait faite en or. Ou alors dans une pierre d’origine inconnue dont les propriétés esthétiques se rapprochait du métal précieux. Il entra dans ce qu’il restait du probable village. À sa grande surprise, il trouva plein d’habitations resserrées, aux fenêtres étroites comme pour laisser un petit de rayon de soleil traverser les salles. Il visita toutes les maisons où il pouvait se faufiler, laissant le reste à Jade qui ne s’était pas faite prier pour prendre un peu d’air. En observant attentivement chaque maison, il mit le doigt sur un vaste réseau de tunnels reliant les foyers les uns aux autres. « Décidément ce village est tout sauf normal. », conclut l’homme de la tayanite. Finalement, malgré ses étranges découvertes, il estima l’endroit sans danger et invita Mirabelle à le rejoindre. Elle ne cacha pas son admiration pour les vestiges qu’elle avait sous les yeux : elle le prenait comme un nouveau terrain de jeu. Elle explora à son tour tous les recoins, sa petite taille le lui permettait assez facilement. Elle reconnut des traces récentes, mal dissimulées, d’un récent passage. Des traces de pas de taille humaine. Des grands pieds, de la forme de babouches… assurément un homme de grande taille. Elle en déduit que l’homme recherché avait fait un séjour par ici. « On est sur la bonne piste… », se félicita-t-elle en souriant. Elle retourna voir son grand frère lui présenter ses trouvailles :
- Az, ce village est fantastique ! Ce système complexe d’échappatoires souterraines, c’est sans précédent ! Je n’avais jamais vu une telle beauté.
- Je t’avoue que je suis tout aussi surpris que toi. Cet endroit cache bien des mystères…
- Et ce n’est pas tout ! J’ai trouvé des traces de pas. Une personne est venue ici très récemment. Probablement un homme. On tient notre piste !
- Excellent. On va pouvoir mener à bien notre mission. En parlant de piste, tu m’as bien dit que nous étions suivis, n’est-ce pas ?
- Oui, il n’y a pas de doute là-dessus. Notre léger détour m’a permis de les identifier. D’après moi, ils sont au moins deux personnes. J’espère que ce ne sont pas des ennemis, nous n’avons pas de temps à perdre avec eux.
- D’accord, dans ce cas je vais les accueillir comme il se doit, tu n’es pas d’accord ?
- Sois sans pitié !
- Je serai sur mes gardes. J’ai allumé un feu, entraîne ta magie avec pendant ce temps-là.
- Ça marche !

Aznachiel confia son écureuil à Mirabelle et se dirigea vers ses poursuivants. Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu’il distingua une elfe et deux humains. Trois personnes qui faisaient parties de la caravane plutôt dans la journée. L’elfe restait sur ses gardes, prête à bondir sur le Nyréen, tandis que l’un des deux humains affichait un sourire espiègle. Finalement c’est la dernière personne, celle qui avait l’air d’être la plus normale avec ses vêtements de prêtre, qui prit la parole.
Sam 2 Fév 2019 - 12:37
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Vaelyana
Messages : 8
Date d'inscription : 07/11/2017
La Flèche Curieuse
L’elfe les avait vu depuis un moment et s’approchait du groupe. Vaelyana l’avait déjà remarqué depuis un moment mais préféra garder cette information sous silence. Elle n’avait déjà pas réellement envie d’être accompagné du prêtre et du mercenaire, alors coopérer avec eux n’était pas une option. Ils l’apprendraient bien assez tôt.
Une fois arrivé à leur hauteur, tous se regardèrent ne sachant pas sur quel pied danser. Et l’un prit l’initiative sur tous les autres.

- Bonjour, elfe, répondit d’un ton presque solennel le prêtre.  Nous sommes des membres de la caravane que vous avez croisé tout à l'heure. Pour des raisons diverses, nous avons décidé de nous joindre à vous. Auriez-vous l'amabilité de nous accepter à vos côtés ?

Elfe. Elfe… Quel manière d’appeler quelqu’un. Autant l’appeler chien tant qu’il était. Le manque de respect des hommes n’auraient jamais fini de la surprendre.

- Nous sommes en mission secrète, je ne mène pas une promenade ou une quelconque aventure paisible, lui répondit alors l’elfe. À moins que vous puissiez m'aider dans ma quête, je vous prie de bien vouloir arrêter de nous suivre. Et l'elfe a un prénom, monsieur.

- Oh, excusez-moi. Je me nomme Alkan, je suis un prêtre et je me ferai un plaisir de vous appeler par votre prénom si vous me le donnez. Ensuite, quelle est votre quête ? Je suis certain que nous pourrions vous être utiles. Quoi qu'il en soit, nous sommes venus pacifiquement, inutile d'être agressif envers nous.

- Décidemment, l'accueil chaleureux n'est pas dans les moeurs des elfes
, maugréa la mercenaire de manière à se faire entendre de tous.

- Je m'appelle Aznachiel et je ne vois pas ce qu'un prêtre aurait à nous apporter. Monsieur Alkan vous ne feriez que vous mettre en danger inutilement. Quant à vous monsieur l'humain, apprenez l'histoire avant de parler d'accueil chaleureux.

Pendant ce temps-là, Vaelyana restait dans son coin, bougeant le moins possible, toujours aux aguets du moindre changement. Elle se doutait bien que rien n’arriverait mais l’idée était plus d’impressionner les autres compagnons que de se défendre. Même les yeux fermés, elle savait pouvoir gagner contre les trois comparses. Et ce n’était pas la gamine prêt du feu qui allait venger son compagnon si elle le tuait.

- Aznachiel, dites-nous quel est votre souci ! Le débat restera stérile tant que nous ne saurons pas ce qui vous pousse à vous aventurer dans le désert sans caravane. Je ne remets pas en cause votre capacité à traverser le désert uniquement à deux, mais je pense que notre présence ne peut être que bénéfique. Si je puis me permettre, la personne qui vous accompagne me semble bien jeune. Imaginez qu'il vous arrive quelque chose, serait-elle capable de se débrouiller ? Il me semble préférable que nous soyons à vos côtés, au moins pour assurer votre protection. L'humain qui m'accompagne est mercenaire.

Et lorsqu’il dit cela, la colère se lisait dans les yeux du mercenaire. N’appréciait-elle pas d’être vu pour ce qu’elle était : le chien du prêtre ; ou refusait-elle d’être traité d’humain comme le faisait cet Alkan. D’ailleurs elle ne comprenait pas la moindre idée du prêtre de parler comme ça à un elfe. Espérait-il que se montrer en tant qu’égal à un elfe en parlant de race aurait la moindre espérance. Aznachiel avait peut-être en partie renier sa race en se confondant avec les humains, jamais il n’aurait abandonné la mentalité des siens.

- Vous êtes devenu bien bavard monsieur comparé à tout l'heure.... Je cherche un homme à la peau foncée avec un turban blanc sur la tête, voilà tout. Ne vous inquiétez pas pour la fille, elle est plus débrouillarde que vous semblez le penser. Et puis je n'ai pas d'argent pour payer le mercenaire.

- J'ai payé la mercenaire, ce n'est pas le souci. Et nous pouvons vous aider à chercher cet homme. Je ne serai certainement pas le plus utile, mais la mercenaire et l'elfe qui m'accompagnent pourront très certainement vous aider !

- Que voulez-vous a cet homme que vous recherchez ? demanda la mercenaire.

- J'ai bien du mal à saisir votre intérêt dans tout ça... Tant que vous ne nous gênez pas, ça fera l'affaire. En échange je voudrais que vous me racontiez vos histoires à tous, sans exception. Ce sera la condition sine qua non pour nous accompagner.

- J'accepte vos conditions. En revanche, j'ai peur que mes camarades ne soient pas du même avis.... Quant à nos motivations, ne vous en préoccupez pas, ce n'est pas le principal.

- Malheureusement il va falloir qu'ils acceptent. Je peux accorder facilement ma confiance, mais je ne voyage pas avec des inconnus. Je ne peux pas mettre Mira en danger.


- C'est compréhensible. Étant donné que la mercenaire est sous mon service, j'assumerai l'entière responsabilité de ses actes.

Tous les regards se tournèrent vers elle, comme s’ils espéraient qu’elle raconterait son histoire. Elle n’en avait pas. Elle la cherchait plutôt. Et donc elle n’eut même pas à mentir, même si la question du bien ou du mal dans le mensonge ne lui a jamais traversé l’esprit. Elle ne faisait ce qu’elle jugeait utile, ni plus, ni moins. Le reste ne rentrait pas en compte. Elle éluda donc la question.

- Je sais me défendre et survivre. Me compter ne serait pas un problème. Si c'est ce qui pose problème.

- Ce qui pose problème chez vous madame l'elfe est votre hostilité. Si vous vous en prenez à Mira, vous le paierez cher. Vous voilà prévenus. Venez avec moi, je vous emmène à notre campement.

En réponse, elle marmonna, plus pour elle-même qu’autre chose :

- Vous ne me faites point peur. Vous ne tiendrez pas plus de trente secondes face à moi.

Et en même temps qu’elle disait cela, le groupe avançait et elle les suivit donc. Tout le groupe s’installa dans les ruines qui les protégeait du vent près du feu et elle décida de rester à l’écart pour ne pas être dérangé du groupe. Si elle avait quitté la caravane, ce n’était pas pour taper la discute avec des inconnus. Elle désirait juste des informations, et peut-être un but.

Au fur et à mesure de la soirée, lorsque tout le monde avait mangé dans ses rations, une ambiance plus saine s’installa entre les autres compagnons et Vaelyana, elle, restait dans son coin à patienter que les autres dorment pour pouvoir faire de même. Elle regrettait déjà presque sa décision et la soirée n’était pas près de changer pour elle, si un petit évènement ne s’était passé. La fille, Mira, s’approcha d’elle, sans que l’elfe ne le remarqua et vint lui poser une question.

- Vous allez l’air si différentes de mon frère. Et pourtant vous êtes tous les deux des elfes ?

Elle n’avait aucune envie de parler à une humaine et pourtant… elle tourna le regard pour bien vérifier que les trois autres ne les regarda pas et elle lui répondit de manière sèche.

- Nous ne venons pas du même endroit. C’est cela qui crée la différence. Comme tu n’es pas pareil des hommes du Nord.

Et les questions de la petite humaine continuèrent et à chaque fois, elle prit la peine de lui répondre, à chaque fois de manière un tout petit peu plus chaleureuse. Elle lui en demanda plus sur ses voyages, ce qu'elle avait vu et même sur sa race et son peuple mais sur ce sujet, elle en cachait beaucoup car le secret était la raison de la survie des siens. Mira n’avait pas encore été touché par la perversion humaine et avait gardé une curiosité des autres et du monde sans réel jugement que peu d’humain avait. Elle sentait tout cela dans sa voix et son regard. Était-ce pour cela que Vaelyana prit la peine de lui parler ou désirait-elle parler au fond d’elle-même ? Elle n’en savait rien mais elle se laissa porter par cette vague ce soir-là et continua maladroitement la discussion dont l'enfant prenait souvent l'initiative à force d'interrogation.
Lun 4 Fév 2019 - 20:06
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Lykaios
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Le chat
Plus cette aventure avançait et moins elle faisait plaisir à Lykaios. Elle qui s’était attendue à une aventure digne de ce nom, la voilà qui se retrouvait embauchée par un vieux prêtre trop bavard et entourée d’elfes sans aucun respect.
La jeune femme n’avait pas aimé la manière dont l’elfe du désert s’était adressé à eux. Lui et la petite fille avaient demandé de l’aide quand ils avaient croisé la caravane et quand on venait leur prêter main-forte, ils avaient l’audace de faire la fine bouche. Surtout qu’ils n’étaient pas doués. Le groupe de trois avait pu les retrouver sans soucis et ils ne semblaient pas savoir ce qu’ils faisaient. Ils agissaient sans méthodes, à tâtons. Or, la mercenaire le savait, ce n’était pas comme cela qu’on traquait quelqu’un. Mais l’elfe hautain avait refusé de répondre à sa question, ce qui n’avait pas arrangé l’estime que Lykaios avait pour lui. Elle décida donc de le laisser patauger un bon moment et de n’intervenir que si c’était réellement nécessaire. Après tout, elle avait été engagée par le prêtre pour servir de garde du corps. Que l’elfe se débrouille avec son criminel.
Parce que oui, elle n’était pas stupide. Aller à la poursuite d’un homme de cette manière, au pas de course, et au vu du duo que formaient l’elfe et l’enfant, ce ne pouvait être qu’un criminel qui avait pris la fuite. Bien que la chapardeuse se demandait bien pourquoi une enfant avait été embarquée dans cette histoire.
Perdue dans ses réflexions, elle fit le tour du campement qu’avaient commencé à installer l’elfe du désert et la petite fille. Ils étaient arrivés dans une ancienne ville en ruine, plutôt bien conservée. En naviguant à travers les différentes rues de cette ville, Lykaios se sentit comme étouffée par l’étroitesse des bâtiments et des allées. Elle n’était pas tranquille, elle avait l’impression qu’on l’épiait et il y avait trop de zones d’ombre dans cet endroit. Elle monta donc sur les toits afin d’avoir une meilleure vue. Elle s’était toujours sentie plus en sécurité en hauteur, la position des prédateurs par excellence. Néanmoins, elle ne trouva rien de suspect, même si un mauvais pressentiment commença à s’insinuer en elle. Elle n’aimait décidément pas cet endroit.
Elle retourna au campement, toujours sur ses gardes, guidée par la lumière du feu de camp. Elle trouvait d’ailleurs qu’allumer un feu n’était pas spécialement une bonne idée. C’était la meilleure des idées pour se faire remarquer à des kilomètres à la ronde et Lykaios ne se sentait pas en sécurité ici.
Une fois près du camp, elle y retrouva l’elfe qui avait voyagé dans la caravane avec eux, en pleine discussion avec la petite compagne d’Aznachiel. Ce dernier était parti elle ne savait où et avait laissé Alkan seul près du feu, qui avait d’ailleurs entrepris de préparer le repas.
Elle s’approcha donc en silence du prêtre et le regarda faire tout en laissant ses oreilles trainées du côté de l’elfe et de Mira. Au passage, elle réussit à saisir le nom de l’elfe, Vaelyana. Elle avait enfin tous les noms de ses compagnons de voyage. Mira n’avait pas l’air décidée à lâcher la voyageuse avec ses questions qui fusaient sans cesse, ce qui fit sourire Lykaios. Elle était l'exact contraire de cette enfant, pleine de vie et de curiosité qui ne savait décidément pas tenir sa langue. Mais cela avait tout de même pour effet de faire parler Vaelyana, ce qui semblait être un exploit non négligeable.
Aznachiel finit par resurgir au détour d’une ruelle, mais sa démarche alerta Lykaios. Il semblait tendu et avançait prudemment. D’instinct, la mercenaire saisit ses armes accrochées à ses avant-bras et tendu l’oreille. Vaelyana aussi s’était dressée sur ses jambes et avait sorti son épée. La monte-en-l'air ne s’était pas trompée, ils n’étaient pas seuls.
Quand elle aperçut Aznachiel, Mira voulut s’avancer à sa rencontre mais elle fit arrêter par  Vaelyana. Des ombres commencèrent à émerger des ruelles alentour et à les encercler. Une fois arriver près du feu, un homme sort de l’ombre derrière l’elfe du désert, une épée le menaçant. Génial. Cette aventure craignait vraiment.
Sam 9 Fév 2019 - 14:39
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Alkan Holdus
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Le chercheur philosophe
Une embuscade, génial. Le prêtre se leva, mettant en évidence ses mains vides pour montrer ses intentions pacifiques. Alkan n’a pu s’empêcher de maudire sa curiosité encore une fois. Le désert n’était décidément pas l’endroit où devait se trouver un prêtre. Il se demandait encore comment Aznachiel et la petite Mira avaient pu s’embarquer dans une aventure pareille avec si peu d’expérience. D’un autre côté, le prêtre voyait dans l’embuscade un moyen de prouver son utilité à ses compagnons de route. En effet, il était faible physiquement et incapable de se battre, mais il avait la possibilité de régler le conflit pacifiquement. Néanmoins, pour parvenir à ses fins, il devait s’assurer que personne ne déclenche d’hostilités. Aznachiel n’était pas en mesure de faire quoi que ce soit et la mercenaire, bien que très tendue, n’attaquerait certainement pas en premier. Restait le problème de l’autre elfe, Vaelyana apparemment. Alkan avait constaté son tempérament guerrier et avait bien peur qu’elle ne mette le feu aux poudres. À cet instant, il croisa le regard de Mira qui était visiblement assez anxieux. Il eut alors l’idée de se servir d’elle pour calmer Vaelyana puisqu’elle semblait apprécier la jeune fille. Alkan regarda intensément l’épée de Vaelyana, en espérant que la petite comprenne. À son grand soulagement, Mira fit signe à l’elfe de baisser son épée, ce qui sembla marcher. Pendant ce temps, les bandits les avaient encerclés. Aznachiel tenta de se libérer, mais un autre bandit se jeta sur lui et l’immobilisa immédiatement. Un troisième prit la parole, certainement le chef des brigands. Il était menaçant, tout particulièrement dans l’obscurité nocturne à la lueur dansante du feu.

« Écoutez-moi, je suppose que vous n’avez pas envie que l’elfe soit égorgé. Si vous voulez éviter qu’il ne lui arrive malheur, vous feriez mieux de nous dire tout de suite pourquoi est-ce que vous nous suivez. »
Alkan s’avança, et prit la parole, avant que la mercenaire ou Vaelyana puissent faire quoi que ce soit.
« Monsieur, ce serait avec plaisir, mais je ne vois pas de quoi vous parlez ! Notre but n’a jamais été de vous suivre !
-Tu crois m’avoir comme ça, blanc-bec ? Je serais toi, j’y réfléchirais à deux fois avant de raconter des bobards. Surtout si tu tiens à ta vie.
-Je tiens à ma vie, mais je ne peux pas vous dire ce que vous souhaitez entendre, nous ignorions qu’il y avait un autre groupe que le nôtre dans les environs ! Si nous vous suivions, c’était uniquement parce que nous allons dans la même direction. Tenez, l’elfe que vous avez en otage s’est proposé pour nous faire visiter le désert, vous voyez bien que nous ne sommes pas des gens d’ici et je me demande bien pourquoi est-ce que l’on vous suivrait. 
-Alors explique-moi pourquoi tes amis ont des armes sur eux ?
-À vrai dire, je ne connais pratiquement pas mes compagnons de route, nous sommes venus à Ram pour diverses raisons. Mais notre convoi est touristique !
-Ne te moque pas de moi, on sait très bien que vous nous suivez, un groupe est derrière nous depuis notre départ alors que nous avons fait de nombreux de détours.
-Vous devez confondre avec un autre groupe… Pensez-vous sérieusement que nous aurions fait un feu et que nous aurions installé un campement si voyant si nous vous suivions ?
-Quoi qu’il en soit, on ne peut pas vous laisser en vie, vous en savez trop.
-Attendez ! Je suis sûr qu’on peut arriver à un accord pacifique. Nous ne savons rien de vous, que ce soit votre but, votre destination ou vos agissements. Or je souhaite vous aider à retrouver le groupe qui vous suit. Prenez donc nos chameaux, ainsi vous serez certains que nous ne vous suivrons pas !
-Et pourquoi le ferais-je ?
-Par solidarité envers ceux qui traversent le désert. Et puis plus vous tuez, plus vous avez de chances que cela vous retombe dessus. S’il vous plaît, épargnez-nous. »
Le chef des bandits fit un signe à ses hommes. Ils lâchèrent Aznachiel et s’emparèrent des chameaux avant de se retirer. Tous les membres de l’expédition foudroyaient Alkan du regard, exceptée Mira, qui lui était reconnaissante d’avoir sauvé son frère. Et cela suffisait amplement au prêtre pour justifier la perte des chameaux.
Sam 16 Fév 2019 - 16:04
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Aznachiel
Messages : 11
Date d'inscription : 25/12/2018
Le cerveau du peuple
La nuit fut très longue, en particulier pour Aznachiel. Il ne cessait de penser aux événements de la soirée. Il n'y avait aucune trace de l'homme recherché parmi les bandits. Lui et Mira se seraient-ils trompés de piste dès le début ? Les bandits abordés seraient-ils des éclaireurs pour essayer de les éloigner de la piste de leur groupe ? Le jeune elfe était perdu dans ses pensées. Au lever du soleil, ils quittèrent les ruines et se mirent en route, pour une traversée inédite du désert à pied. Aznachiel menait le groupe, suivi par Mira et l'autre elfe. La mercenaire traînait un peu des pieds tandis que le prêtre avait du mal à suivre le rythme.

Plusieurs jours passèrent, mais l'ambiance restait la même. Un calme plat, interrompu seulement par le bruit du vent et des mâchoires pendant les rares pauses qu'ils s'accordaient. Le groupe avançait à une allure rapide dans cette partie assez plane du désert lorsque tout à coup Jade se dégagea de la tunique d'Aznachiel pour s'amuser sur le sable. "La température a chuté, nous ne sommes plus très loin des montagnes.", pensa le jeune elfe. À juste titre. Quelques heures plus tard, le groupe arriva au pied d'une impressionnante chaîne de montagnes.

Une petite maison de bois se tenait en aval de la montagne. Le groupe était sur le point de la dépasser sans y prêter la moindre attention quand le bruit d'une porte ouverte se fit entendre. Une femme d'âge mûr se montra. Elle portait une capuche grise avec un bâton pour l'aider à marcher (ou du moins c'est l'impression qu'elle donnait). Elle avait les cheveux d'un violet très clair et n'était pas beaucoup plus grande qu'un nain lambda. Les rides peuplaient son visage mais ce dernier restait néanmoins très gracieux avec son nez fin et ses yeux bleu clair. Elle se présenta à eux sous le nom de Jorina (qui se prononçait "Yorina"). Elle leur expliqua son rôle de "gardienne de la frontière des trois royaumes". Elle surveillait les allées et venues des voyageurs et envoyait un compte-rendu mensuel à chacun des trois royaumes, par l'intermédiaire de soldats. Elle disait qu'elle n'avait jamais reçu de réponse des Montagnards mais qu'elle continuait de leur faire un état des lieux des différentes visites car elle pensait que le royaume lisait ses lettres.

Ensuite elle offrit le récit sa vie "active" comme elle le précisait. Aznachiel, très poli, avait décidé de ne pas lui couper la parole, malgré les signes de certains de ses compagnons. C'est ainsi qu'ils apprirent que Jorina faisait anciennement partie du régiment des chasseresses de Ram. Une éducation de guerrière à la dure mais qui avait fait d'elle une femme respectée par tous, tant par sa force que par ses connaissances. Elle avait passé sa vie à traquer des proies mais sentant l'âge avancer elle décida de prendre sa retraite. Toutefois, son envie de protéger son royaume n'avait jamais décliné. Elle songea donc à aider son peuple d'une manière tout autant efficace mais adaptée à ses capacités du moment. D'où l'idée de monter la garde aux frontières.

Son histoire terminée, Aznachiel lui demanda des informations sur un éventuel passage d'un homme à la peau couleur bistre portant un kurta rouge et un turban blanc sur la tête . Elle leur indiqua le passage de cet homme présentant cette description, accompagné d'un autre homme à la peau plus sombre. Ressentant leur empressement, l'ancienne guerrière leur souhaita bonne chance et les laissa traverser la frontière.
Dim 10 Mar 2019 - 0:21
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Vaelyana
Messages : 8
Date d'inscription : 07/11/2017
La Flèche Curieuse
Une fois traversée la frontière, le paysage changea bien vite. Les paysages de sables et de sécheresse furent bien vite remplacés au début par de la verdure pas plus hautes que des petits buissons pour ensuite augmenter et arriver à des chemins verts dignes des plus grandes forêts. La fertilité de ces terres n’était pas à remettre en doute pour Vaelyana, et sur ce sujet elle s’y connaissait de par sa nature elfique. Ainsi derrière ces grand arbres plein de vies, ces animaux et autres, une ambiance sinistre restait gravé dans l’air. Vaelyana la sentait au plus profond d’elle cette aura digne des plus grands maux de cette terre. Tandis qu’elle avançait, elle se tenait à l’affut du moindre bruit, du moindre signe de présence d’étrangère, alors que ses compagnons ne se doutaient de rien. Mais elle savait ce qui habitait dans ces montagnes, une des pires engeances de ce monde, un groupe de vampires des plus dangereux. L’histoire de ces montagnes était baignée de sang et même si elle n’y avait jamais mis les pieds avant, elle en savait bien assez pour se faire son propre avis. Les vampires n’étaient pas connus pour être des êtres accueillants et dignes de confiance. Une épée entre les côtés leur allait bien mieux que tout au monde pour Vaelyana.
Et elle avança à l’arrière du groupe, prête à se défendre en cas de pépins, pendant plusieurs heures jusqu’à qu’un vent nouveau souffle vers le groupe. Et elle sentit comme tous les autres cette horrible odeur de charogne. Il y avait dû avoir un combat en ces lieux et les morts n’avaient pas été enterrés. Vaelyana eut le réflexe de sortir directement son épée et elle avança vers l’odeur pour en savoir plus. L’information était le nerf de la guerre et surtout, si la cause qu’elle suspectait était réelle, pas un seul instant elle ne resterait dans ces lieux. Même elle avait peur pour sa vie et ne savait pas si elle avait une chance contre un vampire, si tout ce qui se racontait sur eux étaient vrais : des monstres assoiffées de sang à la force, à la vitesse et à l’agilité surnaturelle même pour les elfes. Seulement, elle n’était pas n’importe quel elfe mais cela ferait-il la différence ?
Après une bonne trotte à bon pas d’une dizaine de minutes, Vaelyana arriva la première face à la scène. Des traces de sang partout sur l’écorce des arbres avec quelques morceaux de chair et quelques parties du corps des victimes se trouvaient en ces lieux. Puis elle arriva face aux cadavres. Le combat n’avait presque pas existé et ressemblait bien plus à une boucherie pour les victimes. Elle s’approcha des deux cadavres et les tourna vers elle. La description était la même pour les deux, l’horreur se lisait sur le visage des deux victimes et deux grandes paires de crocs avaient marqués leur emprise dans la gorge. Du sang en excès badigeonnaient la face des deux hommes. L’un avait une peau sombre et une toge brune et il lui manquait un bras alors que l’autre était basané avec son vêtement blanc. Un tissu rouge trainait dans l’arbre au-dessus des deux victimes. Peut-être était-ce les deux hommes qu’ils poursuivaient. Cela elle n’en savait rien mais une chose était sûre pour Vaelyana : ils se trouvaient sur le terrain de chasse de vampire et mieux fallait fuir au plus vite. A regarder l’état de décomposition des corps, le massacre avait dû avoir lieu il y a deux trois jours. Assez longtemps pour que le ou les vampires se tiennent loin mais le temps n’était pas au fait de trainer. En regardant ces compagnons avancer vers elle, elle leur lâcha sans de réels espoirs d’être suivi, ni l’envie de l’être mais plus par sympathie de la vie accordée par Elye :

- Ces terres sont rongées d’un mal ancien et dangereux. Quête ou pas, quel que soit le prix, je préfère partir loin et me débrouiller seul que de rester une seconde de plus en ces lieux. Je ne vous interdis pas de me suivre mais je pars de suite.

Et à peine eu-elle dit cela qu’elle rangea son épée et se remit en route en sens inverse sans même se retourner pour savoir si elle était suivie par ses compagnons. Ses oreilles lui donnaient déjà la réponse sans prendre la peine de regarder, alors à quoi bon le faire.
Sam 23 Mar 2019 - 14:20
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Lykaios
Messages : 18
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chat
Ce voyage était un véritable désastre. Non seulement, cet imbécile de prêtre avait négocié leurs chameaux avec les bandits, ce qui, dans le désert, était bien la dernière chose à faire, mais en plus, ils n’avaient toujours pas avancé dans leur fichue quête. Alors quand ils repartirent au matin, Lykaios était d’une humeur massacrante et se demandait bien comment l’elfe du désert pouvait savoir où aller. Elle traîna des pieds tout au long du trajet, Alkan derrière elle. Elle finit néanmoins par le prendre en pitié et le laissa la rattraper avant de commencer à discuter avec lui, pour passer le temps. Elle lui posa tout plein de questions, notamment sur les différents dieux. Ce qu’elle préférait, c’était écouter les différentes histoires à propos de Nerel et de son élu, Valentino. De par ses croyances, elle était fascinée par leurs histoires.
Cela les occupait une bonne partie de la journée, mais également une partie de la soirée, le prêtre continuant à l’abreuver de récits et d’anecdotes, qu’elle écoutait avidement, même si elle n’en laissait rien paraître. Au bout de plusieurs jours de marche,  ils finirent par arriver au pied d’une grande chaîne de montagnes. Le groupe fut arrêté par une vieille femme habitant là, qui commença à raconter le récit de son passé à Aznachiel, trop poli pour l’interrompre. Lykaios, elle, était exaspérée au plus haut point et ne manqua pas de le montrer. Elle fit plusieurs fois signe à l’elfe qu’il fallait y aller, ne voulant pas se retrouver sur le chemin une fois la nuit tombée.
L’avantage fut que la vieille femme avait vu leur cible et put leur indiquer le chemin. La troupe continua donc vers les montagnes. Sans qu’elle ne puisse se l’expliquer, la mercenaire senti de nouveau ce sentiment d’angoisse et de méfiance montée en elle. De nouveau ce mauvais pressentiment qui la saisissait. Elle ralentit donc le pas, la main sur sa dague et commença à prêter bien plus attention à son environnement. Sa méfiance redoubla quand elle vit Vaelyana se placer à l’arrière du groupe, sur ses gardes. Cela n’augurait décidément rien de bon… Au moment où elle allait se décider à parler à l’elfe, le vent changea de cap et une odeur de charogne s’insinua dans ses narines. La mercenaire retroussa le nez de dégoût et vit filer en vitesse la silhouette de l’elfe, épée à la main. Poussant un juron, elle la suivit, les autres sur les talons. La jeune femme la retrouva devant les cadavres de deux hommes. Réprimant un haut-le-cœur qui la saisit face à cette vision et cette odeur immonde, Lykaios s’avança et examina les corps. Deux hommes, dont l’un vêtu de blanc, son turban rouge écarlate perché dans un arbre. Leur homme.

-" Ces terres sont rongées d’un mal ancien et dangereux. Quête ou pas, quel que soit le prix, je préfère partir loin et me débrouiller seule que de rester une seconde de plus en ces lieux. Je ne vous interdis pas de me suivre mais je pars de suite.

Il n’en fallut pas plus à Lykaios pour prendre sa décision. Si même Vaelyana ne voulait pas rester là, elle n’allait certainement pas traîner ici une seconde de plus. Elle prit néanmoins le temps de se tourner vers le prêtre.

- On serait fou de rester ici. Je ne sais pas ce qui se passe, ni ce qui se trouve dans cet endroit, mais je tiens à rester en vie. J’accepte de continuer à te protéger si on sort d’ici. Mais si tu veux rester, ce sera sans moi. Et c’est valable pour vous deux également", continua la voleuse à l’adresse de l’elfe et de la petite fille. Au fond d’elle-même, elle espérait que le prêtre la suivrait, s’étant quelque peu attachée à lui au fil du voyage. Sa compagnie était divertissante. Et puis elle voulait son salaire. Quant aux deux autres, c’est surtout pour la petite fille qu’elle éprouvait de l’inquiétude. Elle était bien trop jeune pour finir comme ces deux hommes.
Ven 29 Mar 2019 - 15:57
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Alkan Holdus
Messages : 13
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chercheur philosophe
Alkan savait bien que ce n’était pas une bonne idée de franchir la frontière. La garde-frontières le leur avait bien dit dans ses nombreuses histoires : elle ne revoyait pratiquement jamais ceux qui passaient et elle n’avait aucune nouvelle. Le jeune homme était persuadé qu’elle essayait de les prévenir de manière détournée. Sinon, pourquoi aurait-elle raconter autant d’histoires aussi morbides les unes que les autres ? Des histoires de militaires. Et maintenant, il ne pouvait détacher son regard des deux hommes qui gisaient à terre. Leur mort avait dû être violente, mais rapide. Comme à chaque fois qu’on lui parlait de mort, le prêtre était bouleversé. La scène qu’il avait devant lui lui soulevait le cœur. Du sang, des morceaux de chair éparpillés sur le sol. Sans parler de l’odeur des cadavres. C’était l’œuvre de vampires, il n’en doutait pas un seul instant. Ils étaient sur leur territoire. Que faisaient ces hommes en un endroit aussi dangereux et sans protection apparente ? Il eut bien vite la réponse : C’était les bandits qu’ils poursuivaient à travers le désert. Au moins, ils ne feraient plus de tort à qui que ce soit… Mais leur mission avait échoué. Ils n’avaient pas retrouvé les traces du trafic qui se tramait… Le seul moyen d’en savoir plus, c’était de continuer plus loin dans les montagnes.
« Ces terres sont rongées d’un mal ancien et dangereux. Quête ou pas, quel que soit le prix, je préfère partir loin et me débrouiller seule que de rester une seconde de plus en ces lieux. Je ne vous interdis pas de me suivre mais je pars de suite. »
Voilà qui réglait la question. Même l’elfe, la plus entraînée et puissante de tous le groupe, avait peur de continuer. S’ils allaient plus loin, ils étaient certains d’y laisser leur peau. La combattante s’empressait déjà de faire demi-tour et de quitter l’endroit. Alkan jeta un regard aux autres. Aucun d’eux ne semblait vouloir s’attarder. Lykaios prit la parole, s’adressant au prêtre :
« On serait fou de rester ici. Je ne sais pas ce qui se passe, ni ce qui se trouve dans cet endroit, mais je tiens à rester en vie. J’accepte de continuer à te protéger si on sort d’ici. Mais si tu veux rester, ce sera sans moi. » Puis elle ajoute à l’intention d’Aznachiel et de la petite Mira : « Et c’est valable pour vous deux également. »

Quoi qu’il en soit, la décision d’Alkan était déjà prise. Il fallait quitter les lieux avant que les vampires ne les trouvent. Il se réjouissait de continuer son voyage avec la mercenaire, elle s’était montrée très curieuses à propos des dieux et elle avait visiblement commencer à lui faire confiance. Le prêtre espérait bien s’en faire une amie précieuse au fil du temps.
« Je pars également. Aznachiel, je suis navré que nous n’ayons pas pu mener à bien ta quête… Sur ce, partons de cet endroit s’il vous plaît, je ne supporte plus l’odeur des cadavres. »
Mar 2 Avr 2019 - 14:28
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Aznachiel
Messages : 11
Date d'inscription : 25/12/2018
Le cerveau du peuple
Aznachiel avait bien conscience du danger qui les guettait. La sécurité de Mirabelle restait la priorité. D'un geste entendu avec cette dernière, ils décidèrent également de faire demi-tour et de rejoindre leurs compagnons de route. Ils repassèrent par la frontière où se tenait Jorina. Elle semblait soulagée de les revoir tous vivants et en même temps surprise de leur retour assez tôt à son goût. Elle voulait connaître l'histoire. Elle s'adressa donc à Aznachiel :
- Avez-vous retrouvé vos hommes ?
- Leurs corps seulement. Hélas la vie les avait tous les deux quittés.
- Oh mon dieu ! Ces Montagnes Noires ne font jamais de cadeau aux novices.
- Aux novices ?
- Oui vous savez, cet endroit est très dangereux ! J'en entends des histoires de goules et de vampires ! Il faut être préparé. Reviendrez-vous me rendre visite ?
- Malheureusement il est fort peu probable que cela se produise : mes voyages sont exceptionnels et ce que vous venez de me raconter ne me rassure pas du tout. C'est un adieu Jorina.
- Adieu et portez-vous bien mes enfants.

Le groupe reprit son chemin. Ils voyagèrent un bout de temps ensemble, puis vint le moment des séparations. Vaelyana décida de rester encore un peu de temps dans le désert, à la recherche de ses congénères. Alkan, voulant poursuivre l'étude du désert et plus particulièrement des dromadaires, suivit l'elfe. Lykaios ressentit un parfum d'aventure et se mêla à eux. Les adieux furent très rapides : à part Mirabelle qui se jeta dans les bras d'une Vaelyana feignant l'indifférence, les autres se saluèrent de la main. Aznachiel remercia la compagnie de Vaelyana qui ne lui répondit pas. Leur aventure commune était terminée... Du moins pour l'instant.

Aznachiel et Mirabelle retournèrent à Nyr sans encombre. Ils rentrèrent dans leur maison et y trouvèrent Charlotte en train d'étudier. Elle leur informa de la présence d'Albard en ville. Elle leur conseilla d'aller voir à l'hôtel de ville, supposant qu'il s'entretenait avec le maire Perkins. Après avoir pris un bain, les deux aventuriers d'un jour (ou plutôt d'un mois) se rendirent à la mairie, accompagnée de Charlotte dont la curiosité avait pris le pas sur sa lecture.

Arrivés à l'hôtel de ville, ils croisèrent effectivement Albard en compagnie du maire Perkins. Après avoir écouté le récit de son protégé et de sa fille, le commerçant prit la parole :
- La mission que je vous ai confiée était finalement plus dangereuse que je ne l'avais pensé. Vous avez bien fait de rebrousser chemin, je suis soulagé de vous revoir sain et sauf.
- L'aventure, il n'y a que ça de vrai ! Tu aurais dû venir Carla, Alkan nous a accompagnés et pourtant c'était aussi un érudit !
- Qu'est-ce que tu sous-entends Mira ? L'aventure ne m'intéresse pas, point.
- Ne vous disputez pas mes filles. Bon maire Perkins, nous n'avons pas d'autre choix que de classer cette affaire sans suite pour le moment. Toutefois nous devons rester vigilants, nous n'avons aucune idée de l'ampleur du trafic. En ce moment il pourrait y avoir des vols dans notre ville sans que nous n'en ayons conscience. Ou bien Nyr serait une sorte de point de passage obligé pour ces trafiquants. Il faut agir discrètement pour en savoir un peu plus.
- Tu as raison mon ami, je vais assigner des individus à la surveillance des points "chauds". Nyr doit être une ville sûre, je ferai tout pour. J'espère que nous ne trouverons rien sinon ça me chagrinerait de savoir que tout ça se passait sous mon nez sans que je ne sois au courant.
- Oui espérons que je sois simplement trop pessimiste. Bon, et si on prenait du bon temps tous ensemble dans la ville ? Dans moins d'une semaine je devrai déjà repartir en voyage commercial.
- Oui !
Ven 19 Avr 2019 - 12:39
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