:: Ryscior :: La Mer Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
[Ouvert][Quête] Le trésor du grand Nord
Chapelier
Messages : 35
Date d'inscription : 12/01/2019
Gardien du savoir
Cela devait faire trois jours que leur bateau était amarré à Turpek et que les bas fonds de la ville avaient été pris à la gorge par l'équipage du capitaine Riffengard. Il était arrivé sous d'autres voiles et s'était fait passer pour un navire marchand, pour les autorités locales. Toutes les traces qui auraient pu faire douter de leur véritable nature au premier coup d’œil avaient été camouflées. Il avait d'ailleurs acheté de nombreuses fourrures, fournitures, alcools et autres objets utiles en vue d'une soi-disant grande vente à destination de Kelvin. Mais dans le fond, beaucoup savaient la vérité sans réellement la mentionner, de peur de mourir ou encore bien pire. Encore un mensonge utile à ajouter à la liste mais aussi un indice laissé volontairement.  
Chaque décision, chaque fait avait été calculé par le duo à la tête du navire depuis déjà bien longtemps. Tout ne tenait que sur un fil en tension permanente. Seulement le hasard n'avait pas lieu pour une fois. Même la taverne du Porc Couineur était surveillée depuis leur arrivée, même si leur réunion n'y aurait pas lieu. Le mensonge avait juste pour but de tester la capacité des futures membres de l'expédition, et aussi d'empêcher quelques fouineurs de les écouter. Si les intéressés s'y rendaient et attendaient toute la soirée, c'est que ce n'était pas les bons. Et que les vents les portent bien loin d'eux.
Ne pas être capable de se glisser dans les ombres pour en apprendre un peu plus avec la pègre était un minimum pour une expédition parmi les pirates. Même si certains parmi eux étaient bons, généreux et galants, la grande majorité restait des êtres de la pire engeance prêt à tout pour un peu d'or et beaucoup de gloire, et Adams en faisait partie. Pourtant il était déjà connu dans son milieu mais il désirait plus, toujours plus et atteignait ainsi les sommets de la grande Port-Argenterie de légende.
La débrouillardise et le talent étaient les qualités phares de ce voyage. Personne ne savait ce qu'il allait rencontrer là-bas et mieux fallait se préparer à tout. Mais encore une fois, telle est la raison de la venue d'étrangers sur son navire.
Le capitaine Riffengard était ainsi en place. La nuit commençait à pointer son nez et la réunion arriverait bientôt. Les consignes étaient claires pour l'équipage. Deux hommes se tenait dans la taverne du Porc Couineur pour la surveiller et peut-être guider les retardataires si le profil sortait de l'ordinaire et promettait du joli pour l'expédition mais encore fallait-il que ceux-ci leur demandent et qu'ainsi ils reconnaissent leur allégeance pour deviner qui il fallait interroger dans cette grande salle, plus bondés que les autres soirs à cause des différentes rumeurs sur la soirée. Dans le reste du port et des bas-fonds, une bonne moitié de l'équipage circulait dehors, allait dans les divers lieux de beuveries pour des fois camoufler les soupçons et se tenait prête à répondre à n'importe quelle attaque dans une guérilla sanglante jusqu'à la sortie complète de l'équipage du port. Quant au reste, il rodait, l'arme à portée de main, autour d'une vieille bâtisse à moitié abandonnée, qui faisait lieu de taverne et logis pour les quelques clochards de la ville. Elle sentait le rat, ce qui était logique vu qu'il n'était pas rare d'en voir circuler. Cela tenait en quelque sorte de repas pour les plus démunis. Le capitaine Riffengard et sa seconde y attendaient à l'intérieur. Ils avaient payé les quelques clodos du lieu pour oublier tout ce qui se passerait ici et ainsi continuer à vivre comme d'habitude, quels que soient les événements. Il fallait bien donner un certain naturel à cette scène.
Adams attendait en buvant la bière qui était servie ici, si on pouvait appeler ça une bière vue le goût de pisse qu'elle avait, à se demander si c'était les rats qui lui donnaient son goût. Mais malgré le fait qu’elle soit immonde, cela restait meilleur que d'attendre sans rien faire. Quant à Ivy, elle lançait les dés et jouait en quelque sorte toute seule à miser sur ses futurs lancers. L'ambiance était pesante et personne n'osait parler, même les quelques clodos qui s'exprimaient entre eux en chuchotant. L'attente était longue pour ceux qui avaient tout calculé et prévu les événements de la soirée et ils espéraient juste que ça finisse vite, sans aucun grain de sable dans le rouage.
Et le temps passa, tout petit doucement. Jusqu'au moment tant attendu de la soirée, la lune se tenant à son zénith. La deuxième pleine lune du règne de Vamyse accueillerait en premier et guiderait les intéressés à cette longue quête pour ensuite rencontrer l'équipage du capitaine Riffengard, prêt à tuer au premier soupçon ou au premier ordre de la hiérarchie de l'équipage. Pendant ce temps-là, Ivy se tenait dans un coin de la salle et vérifia une dernière fois son matériel: ses armes. Puis elle mit son tricorne sur la tête et se leva tout en dépoussiérant sa veste d'un geste :

- Tenez-vous prêt mes frères, le moment est arrivé !
Sam 4 Mai 2019 - 16:50
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Lykaios
Messages : 18
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chat
Lykaios entamait maintenant avec enthousiasme sa tarte à la patate douce dans l’ambiance sombre du Porc Couineur. Elle avait déjà avalé un plat d’effiloché de bœuf aux épices accompagnées d’une purée de pommes de terre, une soupe à la betterave et avait profité du fait que Alkan aille chercher un autre pichet d’eau pour lui piquer un morceau de sa tourte au pigeon. Ce n’était pas le repas le plus succulent qu’elle ait mangé mais il lui remplissait l’estomac et c’était amplement suffisant pour remonter le moral de la jeune voleuse. Après un aussi long voyage, elle était bien contente de se poser tranquillement autour d’un repas plus que complet. Elle l’aurait d’ailleurs volontiers accompagné d’autre chose que de l’eau mais il lui fallait garder l’esprit clair ce soir. Car, si Lykaios et Alkan dînaient dans cette taverne ce soir-là, ce n’était pas par hasard. En effet, durant leur pérégrination avec Alkan, une rumeur au sujet d’une quête maritime et d’un trésor arriva aux oreilles de Lykaios. Ni une ni deux, elle récolta les informations dont elle avait besoin et mit le cap sur la réunion qui était censée se tenir avant le départ, sans réellement demander son avis à Alkan au passage. Mais le vieux prêtre ne sembla pas émettre d’objection (ou du moins, Lykaios n’en tint pas compte) et suivit la jeune voleuse dans une aventure qui l’enthousiasmait tout particulièrement. La chapardeuse adorait les histoires de pirates et elle avait toujours rêvé côtoyé ces gens bénis de Nerel. C’était donc une grande opportunité pour elle.

« - Comment arrives-tu à avoir encore de la place dans ton estomac après tout ce que tu viens d’engloutir ? » Lui demanda Alkan en déposant le pichet d’eau et se rasseyant à sa place. « Je vois même que tu as piqué dans mon assiette » ajouta-t-il d’un air faussement réprobateur après avoir baissé les yeux sur son repas. Lykaios lui offrit un sourire et rétorqua, la bouche encore pleine.

« - Relax Doc, il vaut mieux profiter d’un bon repas tant qu’il est encore temps. Si on est pris sur ce navire et qu’on se retrouve avec un mauvais cuisinier, on en aura pas un comme celui-là avant un sacré moment ! » Et sur ces belles paroles, elle enfourna une nouvelle part de sa tarte dans sa bouche. Depuis leur aventure dans le désert de Ram et celles qui ont suivi, Lykaios se sentait de plus en plus à l’aise en la présence du prêtre, devenant par la même occasion plus loquace.

« - Oui eh bien en parlant de ce fameux navire et de cette quête, est-ce que tu as eu les informations que tu voulais ? » Alkan avait beau s’être pris d’affection pour Lykaios, il n’en était pas moins septique quant à cette idée de chasse au trésor et des prétendues talents cachés de la voleuse. Celle-ci prit le temps de manger et de réfléchir avant de répondre.

« - La rumeur parlait d’une réunion ici au Porc Couineur mais au vu de ce je vois, c’était une fausse piste ou une sorte de test. En tout cas, ce n’est pas ici que se passe la fête ». La jeune fille se versa un verre d’eau et but de longue gorgée, puis reprit. « Ça, c’est la mauvaise nouvelle on va dire. En revanche, les deux hommes au fond de la pièce, près de la fenêtre qui donne sur l’arrière-cour font partie de l’équipage et ça, c’est une bonne chose pour nous. » À ces mots, elle reposa brusquement son verre sur la table et, sans attendre Alkan, se dirigea vers ces messieurs. Comme toujours, elle y allait sans trop réfléchir, lançant une petite prière à Virel et Nerel au passage, en espérant que cela suffit. Elle n’aimait pas se prendre la tête en argumentation et dissertation. Si elle avait quelque chose à prouver, ce n’était pas par les paroles mais par les actes. Elle se campa donc devant les deux hommes et déclara sans préambule. «Où est-ce que ça se passe ? »

Les deux hommes la dévisagèrent et l’examinèrent de haut en bas avant d’échanger un regard entre eux. Lykaios ne laissa rien paraître de la légère appréhension qui commençait à monter en elle. De toute manière, se dit-elle, s’ils ne lui disaient rien, elles suivraient tout simplement en douce la prochaine personne qui viendrait s’adresser à eux. Mais il semblait que Nerel et Virel aient entendu ses prières car l’un des hommes sortis de sa poche un morceau de papier dans un piteux état et le glissa sur la table dans sa direction. Lykaios l’empocha, leur adressa un hochement de tête et repartit à sa table. Elle donna une tape sur l’épaule d’Alkan et lui lança en continuant à se diriger vers la sortie. « On y va Doc, c’est par là ! »
Lun 3 Juin 2019 - 20:27
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Urmri Tête de Fer
Messages : 18
Date d'inscription : 15/05/2015
Il ne pouvait que supposer que c’était fini. La capitaine avait décidé de partir sans lui après l’avoir chassé à coups de fouets du navire un soir qu’il avait vomi sur le pont au moment de l’embarquement. Mais c’était pas sa faute, elle le connaissait ! Toujours se saouler avant et après le navire, parce que une fois dessus, mieux vaut éviter de le faire pour éviter les ennuis – Et en mer, les ennuis peuvent arriver à n’importe quel moment, sous n’importe quelle forme ! – Mais le fait était que ça avait atterri un peu sur ses bottes, et qu’elle n’avait pas aimé. Donc au lieu de lui faire simplement nettoyer, ou plutôt après lui avait fait nettoyer tout ça, elle l’avait prié très aimablement, à sa manière, de partir. Il s’était donc exécuté, parce qu’on devait obéir à la capitaine. Mais voilà, la capitaine était partie sans lui, et elle était partie depuis trop longtemps. C’était simplement pas normal, il y avait anguille sous roche. Ou bien alors tout simplement, l’océan lui avait réservé l’un de ses pièges. Ça arrivait aux meilleurs des capitaines après tout.
C’était pas la fin pour lui. Il avait apprécié naviguer sous son pavillon, parce que malgré ses coups de fouets, elle le respectait. Parce que c’était une capitaine sévère, exigeante avec ses marins, et toujours brutale dans sa façon de les pousser à se donner au maximum, quelque part, elle les respectait aussi, parce qu’elle respectait une chose, c’était la compétence. Une capitaine capable de reconnaître ses marins comme compétents et de les respecter pour ça, c’était quelque chose d’extrêmement rare et précieux, il l’avait appris dans sa carrière de quelques décennies. Alors oui, beaucoup la quittaient après le premier embarquement en la traitant de salope. Mais les autres … Ils pouvaient rester avec elle, et ça lui plaisait bien. Enfin, c’était pas l’important.

L’important c’était que maintenant, lui, Urmri Tête-de-Fer, il était sans emploi. Et on ne mettait pas Urmri Tête-de-Fer au chômage ! Il allait prendre le premier embarquement venu et prouverait au monde qu’il était toujours le meilleur nain dresseur de perroquets du monde. Même s’il devait y perdre encore un autre membre ! Tant qu’il ne perdait pas le plus important de tous, après tout… Il pouvait bien se permettre de se taper deux jambes de bois au lieu d’une seule, non ? C’est pourquoi il écouta les rumeurs d’embarquement à Puerto Blanco, la nouvelle capitale de la piraterie. Et il en entendit une qui l’intéressait. Quelque chose qui avait l’air simple.
On avait fait l’annonce d’une chasse au trésor qui se mettait en place. Quelqu’un recrutait un équipage. Il avait entendu parler de la taverne où se rendre. Il avait pas bien saisi tous les détails, c’était compliqué ce genre de choses. Il avait juste compris « Taverne, engagement, trésor ». Ça lui allait parfaitement, il n’avait pas besoin d’en savoir plus.

« [i]En route, coco[i], songea-t-il, invitant son ara à se poser sur son épaule. »

Il était temps de reprendre du service. Sa bourse était aussi vide que son esprit en ce moment, et c’était un problème qu’il fallait régler.
Mar 4 Juin 2019 - 10:59
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Alkan Holdus
Messages : 13
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chercheur philosophe
Alkan était amusé de constater que l’appétit de Lykaios n’avait visiblement pas de limite. Il se demandait bien comment elle pouvait continuer à manger après tout ce qu’elle avait englouti. Un aspect de plus qu’elle a en commun avec le chat. En revanche, le prêtre était un peu sceptique quant à la quête dans laquelle elle l’entraînait. Cette taverne ne lui disait rien qui vaille et il doutait de la fiabilité des informations que Lykaios avait récoltées. Et il avait peur que cette aventure ne soit pas très honnête, ce qui l’embêterait sincèrement, en tant que représentant d’Antescior. Néanmoins jusqu’à présent, la jeune femme s’était toujours montrée digne de confiance, elle était même de plus en plus à l’aise en présence d’Alkan, il espérait donc qu’elle savait ce qu’elle faisait. Et malgré ses doutes, le prêtre était curieux d’en savoir plus sur cette quête.

Alors qu’il revenait avec son pichet d’eau, il constata que son amie avait pris un morceau de sa tourte dans son assiette. Elle ressemblait à une enfant parfois, ce qui l’amusait beaucoup.

« Comment arrives-tu à avoir encore de la place dans ton estomac après tout ce que tu viens d’engloutir ? Je vois même que tu as piqué dans mon assiette ! dit-il, feignant d’être fâché

-Relax Doc, il vaut mieux profiter d’un bon repas tant qu’il est encore temps. Si on est pris sur ce navire et qu’on se retrouve avec un mauvais cuisinier, on en aura pas un comme celui-là avant un sacré moment ! »

Elle n’avait pas totalement tort sur ce point-là, pensa Alkan, alors que la voleuse se servait à nouveau dans son assiette.

« Oui eh bien en parlant de ce fameux navire et de cette quête, est-ce que tu as eu les informations que tu voulais ?

-La rumeur parlait d’une réunion ici au Porc Couineur mais au vu de ce je vois, c’était une fausse piste ou une sorte de test. En tout cas, ce n’est pas ici que se passe la fête. Ça, c’est la mauvaise nouvelle on va dire. En revanche, les deux hommes au fond de la pièce, près de la fenêtre qui donne sur l’arrière-cour font partie de l’équipage et ça, c’est une bonne chose pour nous. »

Soudain, Lykaios se leva et se dirigea vers les hommes qu’elle venait de désigner. Alkan se demanda si elle venait d’agir sur un coup de tête ou si elle observait les deux hommes depuis un moment. Il était impressionné par sa capacité d’observation. Il préféra ne pas la suivre, attendant de voir ce qu’elle comptait faire. Elle revint quelques instants plus tard. Apparemment, elle avait eu ce qu’elle voulait.

« On y va Doc, c’est par là ! »

Alkan s’empressa d’aller payer et suivit la voleuse à l’extérieur. Alors la réunion n’était donc pas au Porc Couineur, comme l’avait deviné Lykaios. Pour ce genre d’affaires, elle était bien plus douée qu’Alkan qui ne se sentait pas réellement dans son élément. Encore une fois, il bénit Virel qui lui avait permis de rencontrer une coéquipière aussi utile. Ils se dirigèrent à travers les rues sombres vers l’endroit indiqué. Alkan s’étonna de voir qu’à une heure aussi tardive, de nombreuses personnes étaient encore dans les rues, et encore plus étranges, elles semblaient sobres. Le prêtre avait désormais la conviction qu’un grand événement se passait ici, il espérait juste que ce ne serait pas un piège pour Lykaios et lui… Ils arrivèrent devant une bâtisse miteuse. C’était là qu’on leur avait dit de se rendre. Bonne idée d’avoir caché une réunion secrète ici. Ils entrèrent alors dans la salle…
Sam 29 Juin 2019 - 16:00
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Chapelier
Messages : 35
Date d'inscription : 12/01/2019
Gardien du savoir
Au moment où le duo rentra, quelques aventuriers et pirates sans allégeance avaient déjà rempli le premier test et s’en réjouissaient une bière à la main sans pour autant se donner à la débauche. Ainsi en plus des figurants payés, se tenait dans la taverne la seconde et la capitaine côte à côté, un nain à la jambe de poids ayant une gueule ne faisant en aucun point douté de sa nature de forban, deux humains, sûrement parents, à l’allure assez jeune étant sûrement à la recherche d’aventures et de sensations fortes, une halfeline assez sinistre bien loin de sa terre natale et le duo en train de rentrer. La prise était mince pour le moment, selon le point de vue de la seconde. Mais dedans, il y avait la tête de vrais marins et aventuriers, prêt à tout pour y arriver, si on ne comptait le jeune homme, au regard trop franc et à la pose si rigide qu’il cassait avec le reste du groupe. On aurait dit une princesse en détresse au milieu de mercenaires bien d’appétits de tout genre, prête à se faire dévorer par le premier venu. Qu’avait-il à offrir au groupe pour mériter de rester ? Ivy n’avait qu’à le découvrir.
Elle laissait les deux s’installer à une table et participer au tableau ambiant, en s’occupant d’une bière à la main et en chuchotant avec son voisin. Elle se leva une bonne dizaine de minutes après que le groupe soit installé et que plus personne ne soit rentré. Elle siffla et monta sur la table centrale. En quelque temps, la majorité de son équipage en attente dehors, excepté deux sentinelles, rentra dans la taverne. Il y avait une grosse dizaine de personnes à l’intérieur maintenant et la moitié était sous les ordres du capitaine Riffengard.

- Mes frères, mes sœurs, je sais bien pourquoi vous êtes tous venus, attirés par l’appât du gain et par l’appel de l’aventure. Je n’ai à douter des talents d’aucuns parmi vous, seulement le code reste le code.

Elle marqua ensuite une courte pause pour voir les réactions. La majorité acceptait ses dires et les autres restaient dans l’incompréhension.

- Seulement, vous monsieur, vous m’avez l’air tellement frêle que même une putain de Puerto Blanco pourrait pour vous casser en deux, dit-elle en désignant Alkan sous l’hilarité de son équipage. C’est pourquoi je vous soumets à l’épreuve. Prouvez-moi votre valeur comme il se doit.

En même temps qu’elle dit ceci, un homme de son équipage d’un bon mètre 80, aux yeux aussi sombres que sa chevelure s’avança vers le centre, tandis que le reste des marins reculaient, pour laisser place à l’épreuve.

- La seule règle de cette épreuve est de la réussir. Donc, allez-y Monsieur, rajouta-t-elle en descendant la table et en rejoignant la droite de son capitaine qui observait la scène d’un œil avisé.
Mar 9 Juil 2019 - 13:49
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Alkan Holdus
Messages : 13
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chercheur philosophe
L’endroit où venaient d’entrer le prêtre et la mercenaire était sinistre. Les personnes déjà présentes ne semblaient guère accueillantes envers eux. Alkan ne savait pas ce qu’il devait penser de leur situation. Il avait l’impression d’être une tâche sur une nappe immaculée, celui dont on ne veut pas, un boulet. Pourtant, ces lieux lui rappelaient les quartiers de son enfance et il était persuadé qu’il pourrait trouver sa place ici. Il jeta un regard en coin à Lykaios. Était-elle à l’aise en ces lieux ? Pensait-elle toujours que c’était une bonne idée ? Il n’avait pas besoin de lui demander pour deviner la réponse : tant que l’espoir de la récompense était présent, elle serait partante. Le jeune homme, quant à lui, aurait préféré s’en aller, mais il savait que c’était trop tard. De toute manière, il ne souhaitait pas laisser la mercenaire seule ici et il devait bien reconnaître qu’il était très curieux de voir ce que cette aventure allait donner.

« Tu as vu, Doc ? Leur véritable repaire est encore plus miteux que celui de tout à l’heure. Il fallait vraiment le chercher pour le trouver. »

Lykaios, malgré son sarcasme, était visiblement assez fière d’elle, ce qui amusait Alkan. Cette aventure lui tenait à cœur et elle était déterminée à la mener à bien. Encore une fois, le prêtre se sentait de trop.

« Je vois ça Lykaios, je vois ça. C’était très bien pensé de ta part !

-Merci. Mais il est encore trop tôt pour crier victoire.

-Je ne crierai victoire que lorsqu’on sera de retour sur le continent avec la récompense.

-Bonne idée. »

La mercenaire avait presque l’air déçue du manque d’enthousiasme d’Alkan. Cependant, elle semblait comprendre sa gêne et le laissa tranquille avec ses pensées, observant les autres personnes présentes. Le prêtre en fit autant, connaître ses adversaires tout comme ses alliés est un avantage certain. Il repéra rapidement ceux qui avaient organisé cette expédition, ceux qui dégageaient le plus de prestance, les plus charismatiques. Un homme et une femme. Il devait s’agir d’un capitaine et d’un second, mais le jeune homme n’arrivait pas à déterminer qui était qui. L’un tenait une bière et observait la scène distraitement tandis que l’autre était très concentrée et tendue. Le prêtre ne savait vraiment pas qui était le supérieur de qui. En pure objectivité de scientifique, il se dit que c’était l’homme qui devait être le capitaine car il avait plus souvent vu des hommes en tant que capitaines épaulés de femmes que l’inverse. À part ces deux là, il y avait beaucoup de personnes qui ne faisaient a priori pas partie de l’expédition, ils avaient trop bu pour embarquer dans un bateau. Si on les enlevait de l’équation, il restait quatre personnes. Un nain, une halfeline, deux humains. Ils avaient tous des têtes de navigateurs ou aventuriers expérimentés. Ils s’avèreraient sans doute des alliés précieux, et le cas échéant, des adversaires redoutables.

Alkan en était là dans ses réflexions, lorsque la femme qu’il présumait être la seconde se leva. Elle monta sur la table au centre de la salle et siffla. Aussitôt, plusieurs personnes entrèrent, certainement le reste de l’équipage. La femme prit alors la parole :

« Mes frères, mes sœurs, je sais bien pourquoi vous êtes tous venus, attirés par l’appât du gain et par l’appel de l’aventure. Je n’ai à douter des talents d’aucuns parmi vous, seulement le code reste le code. »

Quel code ?

« Seulement, vous monsieur, vous m’avez l’air tellement frêle que même une putain de Puerto Blanco pourrait vous casser en deux. C’est pourquoi je vous soumets à l’épreuve. Prouvez-moi votre valeur comme il se doit. »

Alkan était désormais la cible des moqueries de l’équipage. Parfait. Plus tôt il se ferait une place parmi eux, mieux cela vaudrait. On n’apprend pas à un natif de Kelvin comment monter sur un bateau.

Un homme immense s’était avancé et le reste des marins avait reculé pour laisser de la place.

« La seule règle de cette épreuve est de la réussir. Donc, allez-y Monsieur. »

Elle descendit de la table. L’épreuve avait commencé. Alkan réfléchit à toute vitesse. La seule règle est de réussir. Autrement dit, tous les coups sont permis. Acheter l’aide de Lykaios ? Non, c’est à moi de faire mes preuves. Aucune chance de l’emporter avec la force brute. Menacer le capitaine ? Impossible, trop de monde aux alentours, ils sont probablement armés.

Pendant ce temps, son adversaire le frappa sans ménagement en pleine tête. Alkan ne put encaisser le coup et tomba, ses lunettes avec. Il avait bien peur d’échouer. Il sentait la situation lui échapper et la panique le gagnait. Il se releva le plus vite possible, juste à temps pour éviter un deuxième coup. Néanmoins, il n’avait pas pris le temps de remettre ses lunettes et maintenant, sa vision était très réduite. Cela avait au moins le mérite d’axer ses possibilités d’action. Le jeune homme eut alors une idée. Il ne savait absolument pas si elle lui serait utile mais c’était la seule option qu’il voyait pour l’instant.

Il devait prouver sa valeur. Il ne pouvait pas y arriver si on ne le jugeait que sur ses aptitudes physiques, mais il avait des connaissances. Le gros dur qu’il affrontait le frappa de nouveau, dans le ventre cette fois. Alkan tomba encore une fois. Pourtant, au lieu de se relever, il attendit de reprendre son souffle et il commença à chanter. Il chantait une vieille mélodie de Kelvin, une chanson que tout marin expérimenté connaît : « Kelvin et Hobbes », qui raconte la vie du vieux loup de mer Hobbes. Il entendit le bruit de quelqu’un qui venait de se frapper le front. Certainement Lykaios qui le pensait foutu. Pourtant, il entendait aussi certains membres de l’équipage siffloter l’air de la chanson. Son adversaire avait l’air déconcerté par son action et il regardait en direction de la femme qui avait lancé l’épreuve. Le prêtre se tut finalement, adressant une prière à Atnescior en espérant que son savoir lui serait utile, puis il attendit le verdict de la hiérarchie.
Mar 23 Juil 2019 - 12:10
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Lykaios
Messages : 18
Date d'inscription : 25/12/2018
Le chat
Vous vous souvenez quand je vous avais dit qu'Alkan était la tête pensante de notre duo et moi la tête brûlée qui ne réfléchit qu’après avoir agi ? Eh bien laissez tomber, il est encore pire que moi.
Si Lykaios s’était attendue à ce qu’il soit difficile pour le vieux Doc de se faire accepter dans l’équipage, elle ne s’attendait certainement pas à ce qu’il s’en sorte aussi mal. Elle savait qu’il pouvait se défendre un minimum en cas d’attaque mais l’homme désigné par la femme ne lui laissa aucune chance et Alkan ne faisait pas le poids. Mais tout de même, une chanson?! De tout ce qu’il avait dans le crâne, de toute sa soi-disant sagesse, il n’avait rien trouver de mieux qu’une vieille chanson de marin ?

Dès que l’épreuve fut lancée, l’homme n’avait pas perdu de temps et avait frappé Alkan à la tête. Lykaios aurait voulu intervenir mais elle savait que cela n’aurait pas joué en la faveur du prêtre. Il était là pour faire ses preuves et se faire aider aurait été la dernière chose à faire. Elle avait donc rongé son frein et l’avait laissé prendre les coups les uns après les autres. La seule règle était de gagner. Il pouvait donc retourner la force de son adversaire contre lui-même ou alors se servir d’un verre pour lui fracasser sur la tête… Mais Alkan avait eu une autre idée : chanter. En le voyant entamer la chanson, Lykaios se frappa le front de sa main. Il était foutu. On ne réglait pas une bagarre en poussant la chansonnette. Mais à nouveau, la jeune voleuse n’était pas intervenue. Elle le laissa faire et observa les alentours. Les autres occupants de la taverne regardaient le prêtre, certains riant aux éclats et d’autres en entonnant la chanson à leur tour.
L’adversaire de Doc fini par se tourner vers sa patronne, attendant une réponse. Le silence se fit peu à peu jusqu’à devenir complet. La femme se tourna à son tour vers l’homme qui devait être le capitaine, qui hocha la tête en signe d’acquiescement. La seconde dit alors : «  Comme le veut la chanson, Virel sourit à Hobbes et aux hommes audacieux. Et puis, nous ne refusons pas les comiques parmi nous. Qui n’aime pas rire, mes frères ? Bienvenue monsieur... ». L’adversaire d’Alkan l’aida à se relever tandis qu’il se présentait à la seconde. Elle hocha la tête et Alkan revint vers la table où Lykaios était installée, se grattant l’arrière de la tête, gêné.

« - Ça s’est plutôt bien passé… » lui dit-il en s’asseyant devant elle et attrapant le verre qui était arrivé entre-temps. La jeune voleuse croisa les bras sur sa poitrine et le toisa du regard :« Rappelle-moi la prochaine fois, on entrera séparément.
- Pour que tu puisses intervenir sans problème ?
- Non, pour pas qu’on m’associe au binoclard qui chante quand il se fait tabasser. » répliqua-t-elle. Alkan parti d’un grand éclat de rire et vida son verre, sous le regard moqueur de Lykaios, qui affichait un sourire sarcastique. L’aventure serait loin d’être de tout repos.
Mer 24 Juil 2019 - 14:51
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Chapelier
Messages : 35
Date d'inscription : 12/01/2019
Gardien du savoir
Le capitaine prit enfin la peine de se lever. Le temps des épreuves était fini et l’équipage devait partir sans laisser une dernière surprise. Il n’était pas des pirates pour rien et il devait rappeler que même avec la destruction de Port-Argenterie, la piraterie vivait et était impartiale. Il s’avança vers le centre de la foule sous le regard de tout l’équipage, qui restait en suspens en attendant la première action de Riffengard.

- Mes frères, mes sœurs. Nous partons au plus vite, mais avant cela, il nous faut mentionner pour les derniers arrivés que là où nous allons le froid sera le dernier de nos problèmes. Seulement il pourra nous tuer tout autant que le reste. C’est pourquoi il faudra vous en protéger. Et comme nous sommes des pirates, seul le pillage compte. Donc, courez vite et prenez tout ce que vous trouvez. Le chaos ambiant vous y aidera et de toute façon, tout ce que nous voyons, au vu de notre rang, nous appartient. Courez et ne trainez, car le navire ne vous attendra pas.

Ensuite il se mit à sortir de la bâtisse, qui méritait à peine le nom de taverne, en premier, avec le reste de l’équipage qui le suivait. Sa seconde se tenait juste derrière lui et sortit son pistolet. Elle se mit à le charger et tira un coup en l’air. Le signal du départ venait d’être lancé et une horde de pirates se tenait en ville. Tout l’équipage, qu’il soit proche du capitaine ou pas, se mit à courir en tous sens pour se servir de tout ce qu’il trouva, quitte à défoncer des portes pour cela. Et en même temps, ils avançaient tous vers le navire avec à leur tête le Capitaine Riffengard et sa seconde.

- N’oubliez jamais que Port-Argenterie ne mourra jamais, dit Riffengard en beuglant, sous l’appui d’approbation de son équipage qu’on pouvait à peine entendre derrière le brouhaha ambiant.

Des bagarres s’étaient lancées dans la majorité des tavernes et les combats se poursuivaient dans les rues. Tout avait été calculé pour que leur départ soit la dernière des choses mentionnées par la garde municipale de la ville. De plus, certains pirates rentraient dans les maisons et magasins pour se servir. Qui leur en voudrait ? Ils n’écoutaient que leur bon capitaine.

Arrivé au navire, une partie de l’équipage attendait le capitaine et la seconde en se préparant à partir au plus vite. Une fois les derniers parvenus, leur navire mettrait toute voile dehors, au grand dam des retardataires. Pour marquer le signal, la seconde tira un second coup de fusil en l’air, c’était le signal que tous les pirates devaient revenir au plus vite au navire. Tous couraient pour monter à bord et se mettre à son poste, en laissant leur butin sur le pont. De toute façon, ils n’appartenaient à personne d’autre qu’à l’équipage dans son entièreté. La collectivité pour tous était une règle d’or. On ne laissait pas mourir un de ses frères. Est-ce que tout le monde était à bord ? Riffengard n’en savait rien. Il avait déjà attendu quelques grosses minutes en plus que son plan le prévoyait et il avait jugé avoir attendu assez longtemps pour que même les nouveaux arrivés soient dans la possibilité d’être à bord.

- Mettez les voiles, nous partons, cria-t-il tandis que tous les marins faisaient leur travail.
Jeu 25 Juil 2019 - 11:40
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Urmri Tête de Fer
Messages : 18
Date d'inscription : 15/05/2015
Quand le capitaine dit qu’il faudrait s’équiper en conséquence, Urmri mit quelques instants à comprendre. En fait, il mit quelques minutes à comprendre ce que signifiait le coup de feu.

« Ah. Zut. »

Il n’avait jamais été une flèche en matière de réflexion, mais là il fallait avouer que cette fois, ça le mettait dans de sales draps. Il avait perdu une avance considérable sur les autres marins. Et avec sa jambe de bois, ça n’allait pas l’arranger. Il avait appris à marcher sans canne, mais ça ne voulait pas dire qu’il savait courir comme il le fallait dorénavant ! Alors il choisit d’opter pour une autre solution. Beaucoup de nains étaient de redoutables sprinteurs, sur des courtes distances, mais certains autres étaient plutôt du type à marcher lentement, mais pendant des heures, voire des jours. Par bonheur, il s’avérait qu’Urmri était de ceux-là. C’est donc en se frayant un chemin dans la foule qu’il descendit vers le port.
La foule était excitée par cette immense bagarre. Il y avait ceux qui paniquaient, et ceux qui se joignaient sans bien comprendre ce qui se passait, en plus des commerçants essayant de défendre leur affaire. Nul doute que le guet de la cité aurait à ramasser quelques cadavres dans pas longtemps. Ici, ce genre de mouvements étaient réguliers, mais avec une telle ampleur, force était de constater que c’était rare. Et ça allait bien sûr en s’empirant, à mesure que l’hystérie collective gagnait tous les quartiers possibles et imaginables de la ville. Seuls les quartiers des riches seraient épargnés, parce que les miliciens allaient tout de suite les boucler, et ensuite seulement prendraient-ils le temps de s’occuper du reste. Ce qui lui donnait tout de même à lui, plus lent que les autres, une certaine marge.

La marge qu’il n’avait pas, cela dit, était celle de l’embarquement. Le temps qu’il comprenne qu’il fallait se bouger, les capitaines étaient déjà partis ! Il devinait bien que s’il prenait trop son temps, ils arriveraient au navire avant lui. Et s’ils arrivaient au navire avant lui, il n’y aurait plus de navire. Plus de navire, plus d’embarquement. Plus d’embarquement, plus d’aventure. Plus d’aventure, plus de paie. Plus de paie … Plus de paie.
Et c’était bien sûr tout à fait inadmissible.

C’est donc d’un pas décidé malgré sa jambe de bois qu’il s’élança vers le port. S’il avait bien compris le discours du capitaine, il allait faire froid, et il fallait s’habiller en conséquence. Mais ça, ce n’était pas son problème à lui. Il trouverait d’autres solutions une fois à bord. Il avança donc en maugréant, bousculant sur son passage, et frappant s’il le fallait. Mais peu de gens cherchaient des noises aux nains. Ils ne cherchaient pas à les éviter, car ils ne regardaient pas où ils mettaient les pieds, mais il fallait être fou pour décider de s’engager dans une rixe de rue avec cette race. A moins d’être une race de peau-verte, auquel cas… Mais il n’en avait pas vu, donc ça n’était pas un problème. Aussi, il arriva donc finalement presque à temps. Il avait entendu il y avait peu un coup de feu, mais déjà, un navire mettait les voiles… Bon, il allait falloir faire autrement.
Le temps que la manœuvre soit faite, le navire resterait dans le port, avec des pilotes à ses côtés pour lui éviter de dériver trop loin. Ça lui laissait, à lui, le temps de nager. Il était très bon nageur. Il avait toujours pensé que les nains devaient avoir compensé dans leurs torses et leurs bras ce qui leur manquait dans les jambes. Puisqu’on n’avait pas les jambes puissantes des humains pour se propulser dans l’eau, surtout quand il en manquait une, alors à tout le moins un nain unijambiste avait-il encore ses bras puissants ! Enfin l’un d’entre eux. Mais dans un navire où l’équipage n’avait pas eu le temps de se connaître avant d’embarquer, il régnait une certaine confusion. Aussi, cela lui laissa-t-il le temps d’arriver jusqu’à la coque. Problème, personne ne lui jetterait une corde. La solidarité, chez les pirates, était un concept à géométrie variable. Il ne savait pas ce que ça voulait dire mais il trouvait juste le terme tout à fait élégant. Il l’avait entendu dire une fois par la Capitaine. Depuis il l’utilisait quand il voulait dire que quelque chose n’était pas normal.
Toujours était-il qu’il ne se laissa pas démonter. En temps normal, pour escalader une coque de navire, il fallait des haches d’abordage. A défaut, il avait son bon vieux crochet ! Celui-ci lui fournirait des prises improvisées, et une fois planté dans le bois, en le faisant jouer un peu, un espace où glisser un orteil. Ça irait. Ça devrait bien suffire. Heureusement pour lui d’ailleurs que la mer était calme. Si le navire avait roulé et tangué, il n’aurait jamais réussi. N’en demeurait pas moins que l’opération fut pour lui longue et essoufflante, et quand enfin il escalada le bastingage, les voiles avaient fini par être déployées. Mais il ne s’en souciait guère plus. Il se laissa tomber comme il aurait laissé tomber un sac de pommes de terre sur le pont du navire, s’affalant contre la barrière qu’il venait d’escalader. Il sentit son perroquet venir à lui et se poser sur son épaule. Lui tapotant le crâne, il songea qu’il était temps de se relever. Sur quoi s’était-il vautré d’ailleurs ? Ah. Sur des vêtements chauds. Il était évident que ça allait poser problème.

« Non seulement t’arrives en retard, mais tu te poses sur les vêtements des autres, dit effectivement un marin à la mine patibulaire. »

Il semblait que les vêtements ne lui appartenaient pas. Il avait son propre sac sur le dos. Ils semblaient appartenir à un duo qui avait pu participer à la manœuvre et qui n’avait pas encore été les récupérer. Bon, dommage qu’ils les aient mouillés. Et dommage surtout que ça lui ait attiré l’œil d’un de ces marins que les capitaines aimaient nommer chefs de groupe. Urmri se demanda s’il serait bien vu qu’il le flanque à la flotte…
Lun 12 Aoû 2019 - 14:32
Voir le profil de l'utilisateur
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Sauter vers: