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 La cité de Kelvin

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Dargor
Le Maitre de l'Intrigue
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MessageSujet: La cité de Kelvin   Sam 18 Avr 2015 - 10:59

Kelvin

Physique du pays

A l’origine fort au sommet d’une falaise, protégeant un petit port de pêcheurs se trouvant au pied de cette dernière, Kelvin a bien changé. Le mur qui entourait le fort a tout d’abord entouré le village, à mesure que ce dernier grandissait et montait vers le haut de falaise. C’est en raison de cette origine historique que Kelvin s’est construire, en dépit du bon sens architectural, le long d’une pente descendant d’une falaise, sur une grande distance de front de mer, rendant la ville aussi large dans un sens que dans l’autre, jusqu’à remonter sur une autre falaise, qui faisait face à la première. Vers les terres, le terrain de la ville s’élève peu à peu, jusqu’à une crête où se trouve la muraille actuelle, et où une douce pente commence à redescendre de cette colline faisant face au domaine d’Ariel.
Le voyageur qui arrive à Kelvin depuis la mer la verra comme littéralement surgir d’un trou entre deux falaises, immense cité faisant face à l’océan. S’il vient des terres, il sortira d’une forêt au pied d’une douce pente à grimper, au sommet de laquelle il pourra apercevoir ses très hautes murailles garnies de tours sur lesquelles il pourra, s’il est attentif, apercevoir des canons pointés vers l’extérieur. La ville n’a pas de faubourgs, car les ducs de Kelvin ont depuis bien longtemps ordonné qu’aucun bâtiment en soit plus construit hors des murs, peu important l’augmentation de la population. C’est pourquoi le prix du terrain à Kelvin est incroyablement élevé, et la plupart des maisons, peu important leur taille, valent aux yeux de leurs propriétaires plus que tout. La cohabitation entre plusieurs familles dans la même maison, dans les quartiers les moins riches, est un phénomène quasiment systématique. Et même les familles les plus riches s’arrangent souvent pour loger à plusieurs sous le même toit, dans simplement des maisons plus larges, et plus confortables. Quant aux jardins, l’idée d’en construire est une illusion à Kelvin. Seul le palais Ducal, qui se trouve à l’emplacement de l’ancienne forteresse, se permet le luxe d’en avoir un, mais il est, tout comme le palais, très petit comparé aux jardins et palais des autres souverains du continent (il n’en demeure pas moins qu’il s’agit du plus grand bâtiment de la ville).
Dans une ville où le terrain est si cher, l’espace est un bien précieux, et les kelvinois, champions de l’opportunisme, ont construit partout où le moindre mètre carré était disponible. Les toits à pignons de leurs étroites maisons coiffent bien souvent trois ou quatre étages de hauteur, mais aussi des sous-sols, et des sous-sous-sols.

Ceci étant dit, la cité des ducs est divisée en plusieurs quartiers. On distingue ainsi le haut-quartier, le bas-quartier, le labyrinthe et les halls.
Le haut-quartier court depuis la base de la falaise où se trouve le palais ducal jusqu’à son sommet, adossé au mur d’enceinte de la ville (encore une fois, les lieux ont été construits en dépit du bon sens architectural, ici défensif). La garnison, dont le siège se trouve dans un petit fortin en face du palais, y maintient une sécurité permanente, et les rues y sont aussi larges que possibles et bien entretenues. La nuit, des ouvriers au service de la ville se chargent d’allumer les lampadaires qui les éclairent, phénomène inédit dans le monde. Les rues étant en pente douce, elles sont souvent aménagées sous la forme d’escaliers, rendant impossible la circulation de chariots, mais plus aisés les déplacements de personnes vêtus d’habits riches et amples. On dit que ce sont ainsi plus de cent milliers de marches qui se trouveraient dans ce haut quartier, peuplé de près de quatre milliers d’humains.
Le bas quartier démarre au pied du haut-quartier, et décrit un anneau qui entoure le labyrinthe, longeant le mur d’enceinte, escaladant la falaise d’en face, la colonisant toute entière, puis replongeant vers la mer pour en occuper le front avant de boucler l’anneau en rejoignant le pied du haut-quartier. Il s’agit de la zone la plus peuplée de la ville, car plus de cent mille humains y résident, et il contient d’ailleurs un quartier halfelin peuplé d’un millier de ces deniers. Bien que la garde ne maintienne pas aussi bien l’ordre que dans la haute ville, que les rues soient plus étroites, plus sales et non éclairées la nuit, les maisons plus serrées et petites, il y fait relativement bon vivre, car les lois de Kelvin sont strictes, et la criminalité à ciel ouvert est sévèrement réprimandée. Les criminels, sachant donc bien ce qu’ils risquent, font leurs activités dans l’ombre, se cachant de la garde et préférant la corruption au risque de livrer leurs activités à visage découvert. La nuit, tous les chats sont gris à Kelvin. Quant à la zone où vivent les halfelins, leur loi s’y applique, de sorte qu’il s’agisse de la zone la plus sûre de la ville, devant même le haut-quartier. C’est également dans le bas-quartier que se trouve le cœur de la ville : Le port, et son chantier naval. Plus grands au monde, plus puissants au monde, plus riches au monde. Toute la ville dépend d’une façon vitale de l’activité portuaire.
Le labyrinthe est un quartier compris à l’intérieur de l’anneau décrit par le bas-quartier. C’est le quartier pauvre de la ville. L’insécurité y est critique, et la garde a tout le mal du monde à y contenir la criminalité. Il existe même des zones où les gardes portant l’uniforme azur de la cité refusent purement et simplement d’aller. Auparavant, ce quartier était entouré d’un mur qui n’ouvrait qu’à des horaires précis, mais l’actuel Duc, Medron, dans un souci de modernité, a souhaité le faire abattre. Depuis, la vie est moins dure dans le labyrinthe, mais la faim et la pauvreté y sont encore maitresses. En outre, l’insécurité qui le caractérise a gagné les rues proches, rendant les lieux nerveux. Mais la ville se fera à l’émergence de ce nouveau poumon. Elle ne pouvait après tout pas le cacher éternellement.
La dernière zone, cependant, reste cachée, et pour cause. Les halls sont construits sous Kelvin, et sous le niveau de la mer, également. La rumeur en fait les égouts de la ville, mais la réalité est bien plus complexe. C’est en fait un vaste réseau de souterrains courant sur plusieurs étages sous toute la surface de Kelvin, accessibles depuis les égouts qui en sont en fait la porte d’entrée. Leur existence s’explique par la construction verticale de Kelvin. Les halls sont simplement les niveaux les plus profonds des bâtiments qui la composent, niveaux profonds qui ont été creusés puis abandonnés, la hauteur étant privilégiée. Les habitants de la surface connaissent l’existence des halls par des habitants de ces derniers qui décident de remonter à la surface. Parfois, des habitants de la surface décident d’aller y tenter leur chance, poussés par une misère qu’ils estiment non améliorable. Les halls sont appelés ainsi parce que, au détour de certains de ces longs couloirs, on peut trouver de véritables halls, contenant de larges piliers qui soutiennent la cité et l’empêchent de s’effondrer sur le labyrinthe sur lequel elle est construit. La population des halls varie du tout au tout. Généralement extrêmement pauvre, vivant à même le sol dans les couloirs où des halls, on y trouve cependant parfois des gens qui ont un véritable amour des belles choses. Se trouve ainsi, dit-on, une immense bibliothèque dans l’un des halls, tenu par une rare prêtresse d’Antescior, que l’un d’eux héberge un dragon endormi depuis longtemps sur son trésor… Mais il ne faut pas se faire d’illusions. De tels lieux pleins de magie et de mystères sont l’exception, dans une règle atrocement rude. La violence y est permanente, et les habitants craintifs et hostiles. On dit même que des groupes de cannibales et de goules rôdent en ces lieux, perpétuellement sous la menace d’une inondation lorsque viennent les tempêtes, ou encore que des peaux-vertes marchent dans certains couloirs. Qui sait ce quels monstres et merveilles attendent l’explorateur des halls, alors qu’il tourne dans un couloir sombre, éclairé par sa seule torche ?

L’histoire de Kelvin

Kelvin fut fondée il y a près de deux millénaires, en même temps que le royaume de Salicar, dont elle faisait à l’époque partie. La zone dans laquelle elle se trouvait était une zone de hautes falaises, sans vrai accès à la mer, et seule la trouée de Kelvin, ainsi baptisée d’après l’homme qui la découvrit, permettait d’établir ce qui fut d’abord un port de pêche, puis que les souverains décidèrent de faire port militaire, avant d’en faire le cœur économique du royaume.
Rapidement, la cité se développa donc comme un point de passage obligé pour les navires longeant la côte ouest du continent. Par des maniements diplomatiques habiles, par des accords commerciaux bien négociés, les ducs qui gouvernaient la cité purent en effet convaincre les autres royaumes de confier les réparations et le réapprovisionnement de leurs navires à la cité qui se nourrissait pour sa part des ressources de Salicar. Les navires qui s’arrêtaient faisaient bien sûr vivre la cité, et c’est pour cette vie qu’ils amenaient que le chantier naval de la ville s’améliora, jusqu’à devenir ce qu’il est aujourd’hui, le meilleur du monde.

Que reste-t-il de ces origines ? Il reste bien sûr le nom de la ville, le nom de la trouée dans laquelle elle est sise, mais aussi son mode de vie actuel. La cité fournit la moitié d’un continent en navires de tous genres, et ce alors qu’elle est totalement dépendante quant à ses fournitures en bois. C’est pourquoi c’est avant tout une cité commerçante, et non un simple chantier naval. La négociation des matériaux de constructions de navires et l’équilibrage entre dépenses à effectuer pour les faire venir et profit est l’une des problématiques les plus importantes de la ville. Mais elle survit, et continue à fournir des œuvres majestueuses, qui resplendissent à travers le monde, et lui valent la jalousie et l’amitié des autres royaumes à la fois.

Il y a un deux siècles et demie à présent, la ville prit son indépendance. Cette indépendance se fit brusquement, par le biais d’une lettre envoyée au roi de Salicar. Cette dernière, le lendemain du jour où elle quittait la ville, fut placardée dans tous ses murs. Le contenu de cette lettre a fait l’objet de tant de reprises, de chansons et de poèmes, que même s’il a été déformé en bien des endroits, tout le monde en connait les grandes lignes. Voici cependant les mots exacts :
« Moi, Myron de Kelvin, par la grâce des dieux Duc de Kelvin, j’accuse le royaume de Salicar de nuire aux intérêts de ma cité. Par l’imposition écrasante qu’il fait subir à mes citoyens, par l’incapacité des rois à décider des affaires de la loi, de la guerre et de l’argent, Salicar ne fait depuis longtemps plus que le malheur de la trouée de Kelvin. En tant que Duc, je constate immédiatement les conséquences de ses actes. Baisse du commerce, hausse de l’insécurité, et ruine de la réputation de la douce ville qu’est Kelvin. Qu’il soit dit que plus jamais nous ne souffrirons, ni moi ni mes descendants, que Salicar nous fasse subir un tel sort. Qu’il soit dit qu’en conséquence, je déclare l’indépendance du duché de Kelvin. Je garde le titre de Duc, mais moi et mes descendants règneront désormais en souverains absolus sur le duché, sans avoir à répondre de nos actions à personne, maintenant et à jamais. »

Il va sans dire que la réaction de Salicar fut immédiate, tant les propos de la lettre étaient d’une violence extrême. Le royaume marcha sur Kelvin, qui était prête à se défendre. Quand il comprit cela, le souverain de Salicar décida d’établir le siège devant la ville, siège qui fut brutalement interrompu lorsque les chevaliers d’Hasdruba se portèrent au secours de cette dernière. En effet, ces derniers, encore sous le choc de l’échec de la récente croisade, cherchaient une noble cause à défendre. Bien que la hiérarchie soit importante pour eux et leur royaume, nombre de leurs filles s’étaient mariées à des hauts dignitaires de la cité, quand une princesse royale en personne était promise au fils du duc. Aussi était-il inadmissible que l’on attaque Kelvin aux yeux des chevaliers !
« Tant pis pour Salicar ! » disait-on alors.

Par la suite, Kelvin vécut sa vie. L’évènement le plus notable pour la cité fut sa mise à sac par les Îles de Jade, il y a près d’une trentaine de tours, quand les insulaires la ravagèrent dans un raid d’une violence extrême. La cité mit une dizaine de tours à s’en remettre totalement, et Medron de Kelvin devint Duc après le raid, car son père y fut tué. C’est suite à ce traumatisme qu’il décida de se mêler de la politique des Îles de Jade, et de tout faire pour que sa ville soit à l’abri d’un nouveau raid.
Et il y eut d’autres batailles ! Il y a six tours, Kelvin fut assiégée par les démons. bien qu’elle y survécut, Medron perdit le duché qui l’entourait, car Salicar, alors récemment pris par les morts, revendiqua les terres que le Duc n’avait pas su protéger des démons en y faisant marcher les morts, qui s’arrêtèrent aux murs de la cité. Les cinq derniers tours furent pour la ville une question de renforcement de ses défenses, car les morts sont à ses portes, qui ferment désormais la nuit pour ne pas y ouvrir. Les habitants proches des murs peuvent entendre des gémissements inquiétants de l’autre côté de ces derniers. Tant pis pour ceux qui trainaient dehors… Cela a forcé la cité à reconsidérer sa politique extérieure. Reconsidération aidée par le fait que les nains leur vendent à nouveau la poudre à canon qui fait une partie de la puissance navale de Kelvin.

Les kelvinois

« Quand on a serré la main d’un kelvinois, mieux vaut recompter ses doigts. »
Proverbe ramien.

Les lieux communs du continent décrivent le kelvinois typique comme un redoutable escroc capable de vendre de la neige à un habitant des Marches ou sa propre épée à un chevalier hasdrubien. Les documents de Kelvin sont censés être infestés de paragraphes en petits caractères, tous les contrats comporteraient des clauses d’annulation sans dédit et chaque tope-là s’accompagne de doigts croisés dans le dos du partenaire kelvinois. Mieux vaudrait, d’après un dicton populaire, renoncer d’emblée à tous ses biens plutôt que d’entrer en affaires avec un citoyen de Kelvin.
Comme tous les stéréotypes, celui-ci n’est bien sûr qu’une exagération, que les kelvinois ne font d’ailleurs rien pour combattre, une telle réputation pouvant en effet parfois leur donner l’avantage en affaires. Quoi qu’il en soit, Kelvin vit par et pour le commerce, et la volonté de réussite tend à faire de presque tous ses citoyens d’avides négociateurs ou ouvriers.
Naturellement, le kelvinois voit les choses différemment. Il veille avant tout à ses propres intérêts et compte bien que ses partenaires fassent de même. Les affaires sont les affaires et s’il ne se jette pas sur le lien qui passe, c’est quelqu’un d’autre qui en profitera. La pauvreté historique des royaumes voisins explique peut-être cette mentalité : Dans une région si désolée, les kelvinois ne pouvaient accéder aux conforts de la vie que par le commerce. Avec le temps, il est donc devenu un mode de vie.
Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les citoyens de Kelvin soient toujours très occupés ou en déplacement. Une nouvelle affaire les attend toujours quelque part. leurs voisins de Salicar prétendent, en ne plaisantant qu’à moitié, que si le kelvinois se presse toujours autant, c’est qu’il ne veut pas être rattrapé par le dernier pigeon qu’il a plumé. Cela n’empêche pas les kelvinois de considérer avec une tolérance amusée les bouffons guindés de Ram ou les aristocrates du loitain Empire d’Ambre vêtus de noir et d’angoisse : Ils savent bien qui l’emportera quand viendra le temps des affaires sérieuses.
Et puisque la richesse de Kelvin vient majoritairement de la mer, l’étendard de Kelvin rend hommage à ce sens inné du commerce et de la navigation, en figurant une sirène qui tient dans une main une bourse, dans l’autre un glaive. Cette héraldique, sur fond azur quand elle est en couleur, se retrouve sur les pièces frappées de la cité, où les monnaies étrangères ont souvent bon cours, en raison de l’aspect cosmopolite du commerce qui s’y tient.
Si l’on met du côté leur respect du divin précepte de Vamor « Gagne vite de l’argent !, les habitants de Kelvin sont des adeptes de l’humour pince-sans-rire et particulièrement enclins à percer les baudruches. Leur sens de la dérision ne vise pas que les étrangers : Kelvin accueille un théâtre plein de vie, et l’art de la satire et de la farce y obtient même les faveurs de ses victimes. Plus d’un sujet d’un royaume extérieur a déjà exprimé son mépris pour cette attitude de « petits rigolos », mais les kelvinois sourient de cette étiquette, un sourire qui ne disparait pas quand ils visitent la banque (la plus grande banque de Kelvin étant la pratiquement légendaire Valint & Balk, du nom des deux frères qui la fondèrent).

Conséquence immédiate de sa surpopulation et de son sens du commerce, Kelvin est une cité vouée à la fortune, à tous les sens du terme. Un fabuleux flot d’argent et de marchandises s’y déverse chaque jour et tout y incite les résidents à gagner plus d’argent, à faire des affaires, à s’enrichir au plus vite. Dans le même temps, le foisonnement des lois des guildes et du parlement étouffe toute initiative individuelle chez les hommes d’affaires qui veulent les respecter. Les kelvinois ne trouvent donc souvent qu’une seule échappatoire à leur esprit d’entreprise : La criminalité.
L’activité criminelle la plus commune de cette cité est la contrebande. A un degré ou un autre, presque tout le monde s’y livre, du marin qui cache quelques babioles dans sa malle personnelle, en passant par les professionnels indépendants ou aux gros opérateurs comme la fameuse « Ligue des gentilhommes entrepreneurs » qui fait régner sa loi sur les docks sud. Dans certains cas, il ne s’agit que d’esquiver les nombreuses taxes douanières et autres levées par la cité, un peu de libre échange, selon le terme consacré. Dans d’autres, la contrebande est la seule solution car les marchandises elles-mêmes sont illégales : Drogues, articles volés, objets magiques interdits…
Les autres activités criminelles ne sont pas délaissées pour autant, depuis l’attaque à main armée dans une ruelle sombre jusqu’aux incendies et meurtres qui émaillent les guerres clandestines de certains gangs. Les escrocs abondent et cherchent partout les nouveaux arrivants, leurs proies privilégiées. Plus d’un visiteur s’est retrouvé propriétaire d’un terrain ou d’une cargaison fantôme sans jamais pouvoir retrouver son vendeur, et la foule qui se bouscule sur les docks fait le bonheur des tire-laines.
Ce milieu criminel bien fourni fait dans le même temps vivre nombre de combattants du crime. Kelvin a ainsi deux corps de garde, l’un dit « Garde de la cité » et l’autre dit « Garde de la mer », qui dans la masse de loi sous laquelle ils sont noyés entrent régulièrement en conflit juridique pour savoir qui est responsable de quoi précisément. Nombre de suspects moisissent des jours et des jours en prison en attendant que ces deux institutions décident si le crime relève de la terre ou de l’eau. Seule échappatoire : Réussir à saisir le Duc en personne, apte à connaitre de tous les litiges. Mais ce n’est pas gagné.
Ceci étant dit, la loi et l’ordre restent des choses très importantes à Kelvin. La ville étant surpeuplée, la justice ne peut pas se permettre de faire dans la dentelle, au risque de se retrouver débordée d’affaires, du moins plus qu’elle ne l’est de toute façon. Les juges de Kelvin sont les officiers des deux corps de gardes, nommés pour leurs compétences de commandement donc, mais aussi leurs connaissances des lois, ou le Duc en personne. Traditionnellement, une fois la juridiction apte à connaitre du crime trouvée, quand on leur amène un suspect, les juges prononceront systématiquement la peine la plus lourde qu’ils puissent trouver dans les lois de la ville, un vol étant un vol, peu importe si le suspect et sa famille étaient en train de mourir de faim. L’exemple typique étant l’interdiction de port d’armes. Pour porter une arme à Kelvin, il faut obligatoirement un permis signé par le Duc en personne (qui signe toutes les semaines des liasses de permis rédigés à l’avance, souvent sans les regarder). Autrement, le contrevenant s’expose à une confiscation définitive de l’arme, et une amende équivalente à deux fois sa valeur estimée (donc logiquement, dans les faits, souvent quatre à cinq fois ladite valeur).
En raison de cette justice réputée pour sa sévérité, la plupart des affaires criminelles de Kelvin se tiennent dans l’ombre. Même dans les quartiers où règne l’insécurité, le kelvinois qui se livre à des activités malhonnêtes le fera dans des ruelles dérobées, ou alors devant des gardes qu’il a acquis à sa cause. Après tout, à Kelvin, tout s’achète et tout se vend. De même, le statut social du coupable peut faire varier la peine. Mis à part les plus fanatiques, aucune patrouille ne verra d’inconvénient à ce que Fridolin Yacine se soulage sur les marches d’un bar des docks. A l’inverse, un docker qui déchargeait son navire, arrêté au même moment par la même patrouille dans la même rue pourra se faire condamner au fouet pour avoir chanté faux.
Tous les gens qui séjournent longtemps, ou vivent de façon permanente, à Kelvin, auront d’ailleurs un jour affaire à cette justice. Rien n’est plus certain dans cette ville. Ils seront poursuivis en dommages et intérêts (« Comment ça je dois prouver que c’est une arnaqueuse ? Elle a volé toutes les preuves ! ») ou au pénal. Dans tous les cas, et quels que soient les articles de lois pertinents, la procédure reste la même (une fois la bonne juridiction trouvée). Les contrevenants sont donc arrêtés par une des deux gardes de la ville (parfois les deux à la fois), et ceux qui font l’objet d’un procès civil reçoivent une convocation. S’ils ne se présentent pas au tribunal en temps et en heure, la cour ordonne sur-le-champ leur arrestation pour outrage.
Il existe, de plus, au-delà de la dualité des tribunaux de la mer et de la cité, des tribunaux spécialisés censés permettre aux diverses administration et représentants de la cité de faire respecter les lois auxquelles ils s’intéressent en premier chef. Cette diversité permet en théorie de ne submerger aucune cour d’affaires. Mais le plus souvent, elle ne sert qu’à susciter d’infinies querelles de juridictions. Un avocat astucieux peut enterrer une affaire pendant des tours entiers s’il sait tirer partie de ces rivalités. C’est ainsi que certains cas trainent pendant des décennies avant d’être laissés tomber (les acteurs étant morts de vieillesse).
Au final, ce qu’il faut retenir de la justice à Kelvin, c’est que pour avoir une justice éclairée et équitable sur tous les points, mieux vaut réussir à s’adresser au Duc en personne (bonne chance).

Kelvin diffère tant du reste du continent par sa culture qu’il n’est pas étonnant que son gouvernement soit de même unique au monde. Depuis l’indépendance de la cité, elle est dirigée par les Ducs d’une façon bien particulière. Si le Duc règne en effet sur Kelvin en monarque, il ne peut faire tout ce qu’il veut, et est lié par une constitution stricte. Afin de pouvoir se décrire aux étrangers, les érudits kelvinois ont inventé le terme de « démocratie », qui signifie « règne des masses ». Ils sont donc fiers de clamer que ce sont les kelvinois qui font leurs propres lois et se considèrent eux-mêmes et leur cité comme l’exemple éclatant de ce qu’il faut faire.
C’est en tout cas de cette manière que les kelvinois les plus hauts placés prétendent que les choses fonctionnent. La vérité est, comme toujours, moins brillante, bien plus sombre en tout cas que ce dont se vantent les érudits kelvinois à tous propos. Si la mobilité sociale est effectivement un concept important de la cité, il est pratiquement impossible pour un gamin né dans le labyrinthe (ou pire, dans les halls) d’arriver à la fin de sa vie dans la Haute ville, tout comme l’inverse est exceptionnellement rare. Même les échanges entre la basse et la haute ville ne sont pas fréquents. La cité est fermement contrôlée par une clique de riches entre les riches. Ceux qui se rendent dans les salons enfumés du palais de Kelvin pour aider le Duc à diriger sa cité n’ont pas plus de considération pour les petits qu’un éleveur pour ses bêtes. Tandis qu’une matriarche hautaine se gorge dans sa maison d’un alcool ramien coutant le prix de ladite maison, une famille crève de faim dans la pièce minuscule qui lui sert de maison dans le labyrinthe. On trouve entre les deux tout l’éventail des castes, factions et corporations, des gens qui se sont regroupés entre semblables pour se défendre et qui guettent, tous autant qu’ils sont, l’occasion de grimper un barreau de plus sur l’échelle sociale.
Toujours est-il que c’est dans le palais ducal que se trouvent les deux chambres du parlement. La Chambre haute est une assemblée somnolente qui regroupe les prêtres et prêtresses des cultes autorisés dans Kelvin, les doyens d’universités (sauf l’Académie Navale), et quelques vestiges des anciennes familles nobles vassales des Ducs, à l’époque où Kelvin était soumise à Salicar. Présidée par un représentant élu par ses membres, elle se réunit rarement. La Chambre basse, pour sa part, est une assemblée turbulente qui accueille les représentants des guildes, des armateurs, des familles commerçantes les plus importantes et enfin les édiles élus par les quartiers de la cité. Elle se réunit plus fréquemment, et ses débats sont souvent fort disputés, à coups de poings parfois. Le président de cette est nommé par le Duc de Kelvin.
Officiellement, le parlement a toute autorité pour décider des lois, des commissions d’enquête et de la politique du pays. Tout cela est décidé par la Chambre basse, et doit être validé par la Chambre haute. Dans les faits, il ne s’agit que d’un club de débat surdimensionné, d’une simple chambre d’enregistrement pour les décisions du Directorat, le joli nom inventé pour ne pas dire « gouvernement ». Une bonne part de ses pouvoirs législatifs ont été saisis par les guildes qui règlementent elles-mêmes leurs professions et ne sont soumises qu’à de rares enquêtes du parlement. Même les « instructions » formelles et supposées émaner du peuple que ces deux assemblées ont le pouvoir de transmettre aux Directeurs sont en fait dictées par les chefs des divers clans commerciaux qui « aident » à gouverner la ville. Divers clans qui sont sur-représentés parmi les édiles, car emportant de façon quasi-systématique les élections qui ont lieu tous les sept tours.
Le Directorat est donc le joli nom inventé pour ne pas dire « Gouvernement ». Il se réunit chaque semaine pour définir les grandes décisions susceptibles d’affecter la totalité de la ville. Ces sessions au palais sont ouvertes au public, raison pour laquelle le Directorat se réunit dans la salle du trône, où des tables sont installées pour l’occasion, afin que les curieux puissent venir voir ce qui se passe et se dit dans les travées. Les retranscriptions écrites des débats qui s’y tiennent sont d’ailleurs des documents publics. Les décisions sont prises à ma majorité, et le Duc lui-même n’intervient que lorsqu’il le juge absolument nécessaire (chaque Duc successif ayant sa propre conception de ce qui est nécessaire). Siègent au Directorat les Directeurs, choisis par le Duc en personne, généralement les plus riches marchands de la ville, des représentants pour les deux gardes, un pour la flotte (traditionnellement le doyen de l’Académie Navale, d’où son absence à la Chambre Haute du parlement), et puisque la loi l’impose au Duc, une représentante du clergé d’Ariel et un clergé de Vamor.
Ce plaisant tableau cache encore une fois les réalités du pouvoir. Les sièges ecclésiastiques et militaires sont permanents, mais ceux qui sont détenus par les maisons marchandes sont théoriquement accessibles à tous les habitants, riches ou pauvres. Ils ont pourtant toujours été occupés par les familles les plus riches de la ville. Ces chefs de familles ne peuvent perdre leur siège que par un revers de fortune qui altèrerait le classement de leur maison, ou un conflit particulièrement grave avec le Duc. Cette situation suscite bien sûr une compétition effrénée entre les maisons qui se savent proches du pinacle. La plupart du temps, cela se traduit par une (quasi) honnête concurrence commerciale, mais il arrive que certains individus impatients ou peu scrupuleux aient recours à des méthodes moins recommandables pour saboter les affaires de la famille qui leur parait vulnérable.
Quand il se réunit publiquement, le Directorat fait preuve d’une unité stupéfiante car il traite en fait toutes les affaires sérieuses en coulisse. Les initiés considèrent que les « Réceptions festives » organisée littéralement toutes les semaines par les différentes familles marchandes, ou par le Duc en personne, de temps à autre, constituent le véritable centre de pouvoir de Kelvin. Tous les membres du Directorat y sont systématiquement invités et ce n’est pas un hasard. C’est là, dans les luxueux salons des riches, dans l’opéra du haut quartier, dans les gradins hauts placés du cirque de la ville, et entre les riches qu’est réellement gouvernée Kelvin. Ce n’est pas pour rien que dans tous ces salons, des portes dérobées mènent à de petits bureaux privés utilisés à chacune de ces réceptions.
Le titre de Duc lui-même est un titre qui se transmet de père en fils. S’il n’y a pas d’héritier mâle au siège Ducal, la loi prévoit que le nouveau Duc soit élu parmi les Directeurs en place au moment du décès du précédent Duc. Son rôle est de présider aux réunions du Directorat et d’en fixer l’ordre du jour. Il n’y vote que s’il estime son vote nécessaire, ou en cas d’égalité. Le Duc nomme d’ailleurs les membres du Directorat, qu’il choisit avec une liberté restreinte par les lois et la nécessité d’être soutenu par les familles les plus riches. Néanmoins, il peut essayer de choisir des Directeurs qui auront la même vision de la cité que lui, principe qu’il peut aussi appliquer au choix du dirigeant de la Chambre basse.
Entre autres devoirs, le Duc reçoit les diplomates étrangers et représente le pays lors de diverses cérémonies. Il est l’autorité judicaire et militaire suprême de Kelvin, ce qui lui donne autorité sur les amiraux de la flotte, les membres de la garde de la cité, les collecteurs d’impôts, et les juges. Si dans les faits, il délègue beaucoup cette dernière fonction, il arrive que les personnes en places viennent le consulter de temps à autre pour un problème particulièrement grave ou insolite. Traditionnellement, il doit d’ailleurs rendre lui-même la justice une fois tous les dix jours. Cette justice étant rendue dans le palais ducal, elle est difficile d’accès pour les personnes les plus humbles, et la justice qui s’y rend est donc principalement teintée de politique de la Haute cité. Mais il arrive à chaque fois que des personnes plus humbles viennent demander justice. Ces affaires sont généralement expédiées pour laisser place aux plus importantes.
Le Duc détient finalement un réel pouvoir, qu’un homme ou une femme sans scrupule pourrait utiliser pour régner en maître sur le Directorat, et donc sur Kelvin. Dans une pièce latérale qui n’ouvre que sur son bureau, siège son secrétaire permanent officiellement appelé Intendant du Palais. Il s’agit en fait du chef des services secrets kelvinois, les Marcheurs de Brumes. Le rôle réel de cet homme apparemment tranquille et modeste est rarement connu à l’extérieur du Directorat, car les Directeurs préfèrent le taire : Rassembler des renseignements et agir en secret contre toutes les menaces extérieures comme intérieures. Il entretient un important réseau d’expions et d’informateurs sur tout le continent et à Kelvin même, un réseau qui s’infiltre, les Directeurs le savent bien, jusque dans leurs propres résidences. L’Intendant du Palais rend compte chaque jour au Duc. Dans une cité de marchés secrets, les renseignements valent de l’or, et plus.

La religion à Kelvin

Sur le plan de la religion, Kelvin s’aligne sur les autres royaumes en ce qu’elle y est un élément de la vie quotidienne. Elle se doit tout de même d’être organisée et le culte d’être le plus formel possible. Le recensement du Duc Medron, il y a trois tours, a ainsi comptabilisé cent cinquante-sept lieux de culte reconnus, depuis la Cathédrale de la Mer, plus grand temple d’Ariel au monde, jusqu’aux minuscules chapelles et sanctuaires qui se cachent dans des ruelles presque oubliées de tous. Et il y a encore beaucoup plus d’autels privés dans les maisons, les commerces, les administrations, les bateaux, les guildes, etc. Ce à quoi doivent encore s’ajouter les cultes clandestins.
Les kelvinois ne sont cependant pas des religieux fanatiques. Leur attitude envers les dieux est empreinte de ce même pragmatisme qui gouverne leur vie. Un prêtre de Vamor y parla ainsi un jour de commerce religieux, expliquant qu’il donnait aux dieux sont adoration et qu’en échange il obtenait ce dont il avait besoin, et que tout le monde y gagnait. De manière générale, les kelvinois prient donc les dieux les plus adaptés à leur activité du moment. Un avocat qui se rend au tribunal s’arrêtera par exemple à un autel dédié à Ohiel, mais jamais à une chapelle de Canërgen (à moins que l’affaire de son client ne se présente vraiment très mal). Un docker qui attaque une partie de dé dans une taverne du port adressera une prière rapide à Virel, mais pas à Atÿe. Un kelvinois peut parfaitement avoir une divinité favorite, mais les dévotions exclusives y sont relativement rares, sauf pour les prêtres, les saints ou les fanatiques bien sûr.
Cependant, puisque Kelvin vit du commerce maritime, le culte d’Ariel et celui de Vamor restent dominants. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que c’est dans le haut quartier que se trouve la Cathédrale de la Mer, véritable palais pouvant presque rivaliser en taille avec celui du Duc, dédié à Ariel, où vont prier les armateurs qui espèrent que leurs flottes se porteront bien. Ou que leurs agents feront des bénéfices, dans la chapelle dédiée à Vamor qui s’y trouve également.
Tous les cultes ne sont cependant pas tolérés. La garde surveille étroitement les indices de cultes interdits, comme celui de Mystin (qui explique l’interdiction de la magie), de Silir, de Nimen, d’Azma ou des démons. En outre, dans les quartiers laborieux et pauvres, il existe un ressentiment plus ou moins général contre les étrangers, même les Halfelins qui fournissent la cité en nourriture, et les cultes et les églises identifiés comme étranges peuvent très vite y devenir les cibles privilégiées de l’ire populaire et souffrir d’actes de violence et de vandalisme.

Puissance militaire

Kelvin étant une cité qui s’est historiquement développée sous la menace constance du royaume qu’elle avait insulté, des attaques de pirates, parfois des émeutes, des attaques de démons, et plus récemment des morts qui rôdent aux portes de la ville, elle a dû développer une armée suffisante pour contrecarrer ces menaces.
L’armée terrestre de Kelvin est composée quasiment exclusivement d’infanterie et d’artillerie. Il s’agit en fait des deux Gardes, celle de la cité et celle de la mer, auxquelles s’ajoutent en cas d’urgence une milice peu entrainée mais déterminée recrutée de gré ou de force pour combattre. De temps à autre s’ajoutent à ces gardes les membres d’autres races. Ont ainsi déjà fait partie à de nombreuses reprises de l’armée kelvinois des ogres lourdauds, et peuvent en faire partie désormais les Chevaliers Revenants. Ces régiments d’infanterie, majoritairement des lanciers, accompagnés de tireurs, et de canons, renvoient une certaine impression d’homogénéité de l’armée. Et de fait, cette homogénéité est une force. Les officiers kelvinois savent ce qu’ils ont à disposition, savent ce qu’ils peuvent faire, et ce qu’ils ne peuvent pas faire.
La plus grande problématique restera cependant toujours la collaboration entre les deux gardes, qui donnent au haut commandement de la ville une structure quelque peu labyrinthique, surtout quand on la compare à un royaume comme Ram, où l’armée est tout le contraire : Très hétérogène, et donc particulièrement organisée pour éviter que cet aspect ne vire à la catastrophe à chaque engagement.
Les soldats kelvinois se distinguent selon leurs uniformes. L’azur de la cité est un point commun entre tous les gardes, mais si la Garde la Cité l’allie à un brun évoquant la terre, la Garde de la Mer l’allie pour sa part à un blanc supposé évoquer l’écume des vagues. Dans les deux cas, les gardes sont généralement armés de lances et de matraques, qu’ils utilisent selon la situation. Lorsqu’ils doivent patrouiller dans la ville, cependant, la lance est généralement laissée au râtelier, car peu utile pour appréhender les criminels, au contraire de la matraque. Les tireurs sont pour leur part équipés de mousquets en guise de lance. En temps de guerre, ils les utilisent pour soutenir les régiments à distance, mais en temps de paix, ils patrouillent parmi les lanciers avec la même arme.

Comment parler de la puissance militaire de Kelvin, cependant, sans évoquer sa flotte de guerre ? Certainement pas la plus nombreuse du monde, elle doit compenser cela, afin de maintenir le règne naval de Kelvin, par la qualité de ses navires. Les ingénieurs navals de Kelvin sont ainsi en perpétuelle quête de tout ce qui pourrait améliorer leurs navires que ce soit en termes de vitesse, de maniabilité, et bien sûr de puissance pure. Les marins de la flotte de guerre kelvinoise ne font partie d’aucune des deux gardes, même si cette flotte obéit théoriquement au même haut commandement (le commandant suprême restant bien sûr le Duc). Professionnels, ils reçoivent une formation plus longue que les soldats de l’armée terrestre, afin d’être aptes, en cas de besoin, à faire la gloire des frégates kelvinoises.

Venant des deux corps de gardes ou de la marine, on trouve enfin à Kelvin le régiment des gardes du palais Ducal. Ces derniers peuvent venir de tous les corps d’armée de la ville, en récompense de leur talent, sur recommandation de leurs chefs d’unité (et pour une fois, la position sociale n’est pas une aide). Une fois choisi cependant, le garde du palais Ducal n’est pas tout de suite nommé à son poste. Il doit suivre un apprentissage obligatoire du maniement de la hallebarde et du pistolet, auxquels devra s’ajouter l’arme de son choix parmi la rapière et l’épée. Généralement, les terriens choisissent l’épée et les marins la rapière. On observe également une autre dualité entre les gardes d’origine aisée qui prennent plus souvent la rapière que les gardes d’origine plus humble. C’est seulement quand il maitrisera toutes ces armes que le garde pourra enfiler l’uniforme azur et doré de la garde du palais, et prendre son service.

Le régiment de renom de Kelvin : L’académie navale


« Avec les gars, on les a vu arriver au second matin du combat. La Baie de Jade… Eh bien disons que la baie avait changé de couleur avec tout ce sang et ces débris. Mais ces types se sont pointés sur leurs trois mâts. Et avant qu’une heure ne se soit écoulée, ils s’étaient jetés sur l’avant-garde d’en face. A presque dix contre un, on les a vu virer, encore et encore, enflammant les flancs de leurs vaisseaux et remplissant encore davantage la baie des débris et de sang.
Seulement, le sang, c’était pas le leur. Et à la fin de la journée, ils n’avaient pas perdu un seul vaisseau. En face par contre, on se rendait ou on fuyait.
»
=> Odvar McGarhor, Commandant d’un vaisseau des Îles de Jade.

Bien que difficilement considérable comme un corps d’armée à part entière, l’Académie navale est pourtant en un pays ou la navigation est élevée au rang d’art une source d’excellence absolue. Etablie dans un fortin austère à mi-hauteur de la Haute Ville, en face de la mer, elle balaye l’horizon du regard avec assurance. L’assurance que les quelques dix officiers qui en sortent diplômés tous les dix tours sont capables d’exploiter le meilleur de leurs équipages et de faire briller haut les couleurs de Kelvin aux quatre coins du monde.
Les gens du commun savent peu de choses sur les méthodes de recrutement de l’Académie. Ils savent seulement que très peu des nombreux d’enfants enrôlés ressortent de l’école munis de leur précieux sésame, au terme d’une complète décennie d’éducation aux métiers de la mer. Car pour une école d’officiers, l’Académie a la particularité de confier ses élèves à des professeurs venant de tous horizons. Charpentiers comme artilleurs ou encore gabiers et, évidemment, capitaines. Cette éducation, particulièrement éprouvante, a deux buts définis : D’une part, séparer le bon grain de l’ivrais, d’autre part, permettre aux meilleurs élèves de se poser les bonnes questions lors de manœuvres, théoriques comme pratiques. Des questions comme le temps nécessaire à un marin en forme pour monter tous les haubans du pont principal au grand perroquet. Ou encore les moyens nécessaires pour combler une voie d’eau. Les moyens de propagation des puces parmi l’équipage. Mais aussi les effets d’un tir de mousquet sur un corps ou le plus sûr moyen de mettre hors de combat un appareil ennemi.
Cette première phase d’étude est considérée comme le premier palier. Palier qui dure près de sept tours complets et demeure le plus compliqué, à défaut d’être le plus dangereux. On estime que cette phase élimine généralement huit candidats au diplôme sur dix. Pour ceux qui réussissent, l’Académie offre le titre de Premier Maître et donne accès à ses très riches locaux, dans le bâtiment central de l’école. C’est dans ce bâtiment, haut de cinq étages, que les Enseignes encore en lice complèteront leur formation. S’ils y survivent. Pour ceux qui échouent à la première phase de test, certains retournent à la vie civile avec une pension de marins. Cela étant, beaucoup intègrent d’autres écoles en ville afin de se spécialiser dans un domaine d’étude choisi.
Maintenant Premier Maître, l’élève de l’Académie Navale doit se plier à des exercices de tactique rigoureux, et à des entrainements physiques plus rudes encore. Sortant alors de l’adolescence, les candidats vont passer le plus clair de leur temps à étudier des cartes, mémoriser des schémas tactiques, étudier les grandes batailles navales, appréhender les bases de la diplomatie nécessaire pour bon émissaire de Kelvin de par le monde, mais aussi perfectionner leur maniement de la rapière, le tir au mousquet et la lutte. Seulement voilà, l’Académie compte sur ses futurs Commandants pour qu’ils soient aussi efficaces seuls qu’en escadre. Il est donc courant pendant ces trois derniers tours de devoir organiser des duels pour régler des différents entre élèves, et jeter discrètement à la mer le corps du perdant.
Au sortir de ces trois tours, les Premiers Maîtres doivent se plier à une batterie de tests d’évaluation, ayant pour but de faire montre de leurs talents au combat. Face au Maître d’arme de l’académie, ils doivent chacun à leur tour essayer de survivre, avant tout, et de le désarmer ensuite. Leur professeur de lutte leur demande de parvenir à l’abattre, ou à défaut de tenir. Quant au professeur de tir, il les oppose en exercice de tir où ils doivent détruire une série de cruches fixes ou en mouvement. En théorie, on les soumet à des situations de combat sur de grandes tables opposant les élèves aux professeurs. Si la promotion remporte cette simulation de bataille, le diplôme leur est offert. Dans le cas contraire, tout le monde en reprend pour un tour complet d’entrainement. Trois reports finissent cependant par entrainer le renvoi de tous les élèves de la promotion et leur intégration dans la marine en tant que Premier Maîtres, en attendant qu’ils aient reçu le droit de devenir capitaines par la voie classique requise lors du service.
La cérémonie des diplômes n’est pas plus reluisante que l’apprentissage pourvu par l’Académie. On aligne les élèves devant leurs professeurs, qui leur remettent chacun l’équipement correspondant à leur matière. Une lame de haute qualité, un mousquet orné, un jeu de cartes récentes, et finalement, une médaille dorée frappée des armes de l’Académie, à porter sur la poitrine. Chaque insigne est nominatif et sert alors de symbole du grade de l’Académicien. Quelques mots sont prononcés par le Duc en personne qui se déplace à chaque cérémonie (en moyenne tous les dix tours, donc), et on finit par se saluer en lançant haut la devise de l’école : « Notre seul droit, est celui de servir. ». Les élèves peuvent ensuite intégrer en tant que capitaines la marine militaire.
Il est important de distinguer alors un capitaine nommé par la marine et un capitaine nommé par l’Académie. Autorité particulière, cette dernière offre à ses anciens élèves le droit tout particulier de réquisitionner à tout moment n’importe quel vaisseau sous les couleurs kelvinoises. C’est également à ces Académiciens que l’on confie les missions les plus particulières. Cela étant, et afin d’éviter que ces éléments particuliers n’opèrent de leur propre chef, ils sont soumis à l’autorité directe du Duc qui peut spontanément les mettre sous les ordres d’un Amiral de la Navy. Dernière chose, et pas des moindres, toute forme de trahison de la part d’un Académicien condamne à la peine de mort, sauf compensation suffisante. Ce qui explique qu’un élève de l’Académie ne soit passé en cour martiale depuis sa fondation.

Kelvin et le reste du monde

Kelvin ne détient aucune des sources habituelles de richesse : Pas de mines d’or ou d’argent, pas de terres fertiles, pas de bois ou d’esclaves. La pêche ne saurait suffire à faire une grande puissance. La cité importe en fait l’essentiel de ses ressources, que ce soit en termes de nourritures, de matières premières ou d’armement. Elle doit en fait sa richesse à sa position navale idéale qui en font une escale indispensable pour qui va du nord au sud (ou inversement) sur la façade ouest du continent. Cette façade étant la route commerciale la plus empruntée du Vieux Monde, et maintenant du Nouveau, ce rôle de point de passage obligé assure à la cité et à ses dirigeants une fortune considérable.
En conséquence, et bien que les kelvinois de naissance voient cela d’un mauvais œil, Kelvin est une cité incroyablement cosmopolite, où l’on peut trouver des représentants d’absolument tous les royaumes au détour d’une rue. Pas de n’importe quelle rue, cela est vrai. Si chaque royaume a sa propre ambassade permanente dans la Haute ville, ils ont également tous un quartier particulier. Ce quartier variant en taille selon l’ampleur de la communauté qui y vit. Le plus important est ainsi le quartier ramien, presque cinq mille âmes, et le plus petit est le quartier tahariens, à peine une cinquantaine de membres permanents. Entre eux se trouvent les gens des Marches, d’Euplemio, des Îles de Jade, de l’Empire, de Tahar, d’Oro, d’Alénaraque, des nains, des halfelins, des noviens… On trouve même une petite communauté elfique. Celle-ci est constituée d’elfes du désert qui ont quitté les leurs et ont suivi les ramiens. Ils vivent dans le même quartier que ces derniers, formant un quartier dans le quartier (ou plutôt, dans les faits, une « Maison des elfes »).
Au final, les races ou peuples non représentés font office d’exception à Kelvin. Instinctivement, on pourrait évoquer les elfes noirs ? La reine Dhaulnyre y a envoyé une dizaine d’espions, déguisés certes, mais des elfes supposés observer la vie de la cité humaine la plus active du monde. Les peaux-vertes ? Il y a en permanence des ogres à Kelvin, qui peuvent marcher librement, tant qu’ils ne font pas d’ennuis. Les gobelins vivent parmi les voleurs dans le labyrinthe, et il parait qu’une communauté d’orcs vit dans les halls. Des amazones ? Si elles sortent peu (car elles ne le peuvent pas, trop bien surveillées), il y en a tout de même deux, qui vivent dans les jardins du palais ducal. Au final, seuls les peuples des Montagnes Noires pourraient se « vanter » de ne pas avoir de représentants à Kelvin.
Kelvin abrite depuis peu un ordre de chevaliers hasdrubiens. Après la chute de leur royaume, ces derniers se sont rendus à Kelvin, toujours redevable envers eux pour les avoir aidés dans leur émancipation il y a longtemps (et aussi parce que Medron de Kelvin voyait tout à fait l’utilité d’ajouter ces guerriers d’élite à son armée). Cet ordre se fait appeler les Chevaliers Revenants, car ils nourrissent le projet de revenir à Hasdruba un jour, et de l’arracher aux usurpateurs qui l’ont prise. Vivant dans un coin au pied du Haut quartier, il compte une cinquantaine de chevaliers, mais aussi leurs familles, et les gueux qui ont choisi de les suivre dans leur exil. Ils se sont mis par nécessité au commerce, afin de rassembler les fonds nécessaires à la levée de l’armée dont ils auront, à n’en pas douter, un jour besoin (ils ont essayé de demander de l’aide à Medron, mais celui-ci leur fit comprendre que la reconnaissance de Kelvin avait ses limites).
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Dargor
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MessageSujet: Re: La cité de Kelvin   Lun 5 Fév 2018 - 23:12

Personnalités importantes

Le Duc Medron de Kelvin


La première chose à savoir sur Medron, Duc de Kelvin, est ceci : C’est souverain exemplaire. Ceci est lié à un traumatisme d’enfance, quand les pirates des Îles de Jade firent leur raid sur Kelvin. Medron avait alors quatorze tours. Lorsqu’il grandissait, enfant, il s’imaginait accéder au pouvoir d’une cité puissante, conquérante, rayonnante de grandeur. Lorsque vint l’attaque, dans laquelle son père fut tué, il dût donc être couronné Duc d’une cité dont beaucoup d’habitants espéraient encore le retour d’un être aimé qu’ils savaient à jamais parti. Le défilé qui eut lieu à l’occasion de son sacre fut donc humble, car la cité était marquée par la deuil. C’était il y a plus de trente tours à présent. Medron a désormais quarante-et-un tours, et n’a jamais oublié cet évènement, ni le serment qu’il s’était fait de régner avec sagesse afin de sauvegarder au mieux les intérêts de sa cité.
Il est donc aisé de se figurer que Medron est prêt à tout pour sauvegarder les intérêts de sa ville et de ses citoyens, au détriment de nombreux royaumes auxquels il a, à l’aide ses plus proches Conseillers, fait signer des traités peu avantageux. Le seigneur Verstholen des Marches d’Acier a ainsi déjà eu affaire à des déboires lorsqu’il oublia de lire correctement les petites lignes du papier qu’il signait.
Souverain exemplaire donc ? Autant que faire se peut. Si on lui laissait seul les rênes de Kelvin, il n’y a aucun doute que la cité serait différente de ce qu’elle est aujourd’hui. Medron a essayé de la reconstruire en luttant contre le système de castes qui y régnait, mais s’est bien vite trouvé muselé soit par le parlement, soit par ses directeurs. Il réalisa après plusieurs tours de règne qu’il ne pouvait pas gouverner contre l’avis de la haute société kelvinoise (quelle idée). Il a donc décider de gouverner avec leur avis et de manœuvre selon un système de concessions. Abattre le mur du labyrinthe, organiser des distributions de nourriture hebdomadaires pour les foyers les plus pauvres… Des concessions que lui ont concédé les foyers les plus riches de la ville. En échange, il a dû donner à ces derniers des garanties qu’il ne nuirait pas à leurs intérêts. Il a par exemple dû accepter de renoncer à son idée de salaire minimum à verser aux employés. En effet, pour le seul Roelef van Raemeswick, cela représentait des pertes de bénéfice énormes. Son refus entraina celui des autres familles d’armateurs.
Se pourrait-il que Medron haïsse cette haute société ? Non. Ils sont une part de Kelvin autant que la population qui vit dans des conditions plus difficiles qu’eux. Il sait bien que sans le travail que font ces familles, Kelvin n’aurait pas pu se construire, ni se reconstruire, et ne serait pas brillante comme elle l’est. Il a donc choisi de prendre ce monde tel qu’il est, et s’est somme toute bien intégré au système en place à Kelvin, bien qu’il essaye de le rendre plus heureux pour les petites gens. Mais quand on règne sur une cité de plusieurs centaines de milliers d’âmes, impossibles à recenser en totalité, il est bien difficile de faire des changements de grande ampleur.
Personnellement, Medron est un Duc posé, qui a très vite compris que pour réussir dans la vie, un principe simple était de ne jamais hausser le ton, même sous le coup de la colère. Méfiant, il lui est difficile de s’ouvrir (il a même déguisé son mousquet en canne à pommeau, pour l’avoir en permanence autour de lui). Mais quand il le fait, c’est avec plaisir. Et celui auquel il s’ouvre découvrira que c’est bien un souverain exemplaire, puisque jusqu’au plus profond de lui, Kelvin passera avant sa propre personne. C’est donc logiquement un duc particulièrement actif, qui passe ses journées à travailler sans relâche (l’éducation de ses enfants ayant pendant longtemps occupé son maigre temps libre).

La Duchesse Morgane de Kelvin


Morgane de Kelvin, Morgane Iris de naissance, est la fille de Jalil Iris, à l’époque plus riche des armateurs de Kelvin (ce « titre » ayant tendance à changer de main régulièrement, à ce niveau de richesse et de concurrence particulièrement élevés). Son mariage avec Medron fut purement politique. A l’époque, Medron était à peine couronné, et il avait désespérément besoin d’argent pour réparer sa ville. Les armateurs étaient prêts à mettre la main à la poche car leurs intérêts étaient dans ce projet de réparations, mais ils voulaient des assurances que la reconstruction leur serait favorable, ayant peur des envies de réformes qu’avait à l’époque Medron. Il se trouvait que Jalil Iris avait une fille d’à peu près son âge. Du point de vue de Medron, ce mariage rassurerait les familles riches de la ville, car leur faisant croire que Morgane pourrait l’influencer. C’est effectivement ce qu’en conclut Jalil Iris, et Medron et Morgane furent mariés dès leur quinze tours.
A Kelvin, un proverbe né récemment dit que « Aucun mariage ne saurait être plus heureux que celui du Duc Medron, béni par Atÿe et Virel à la fois. ». En effet, si la relation entre les deux jeunes époux dût commencer après le mariage (ils se connaissaient de visu avant, mais ne s’étaient littéralement jamais parlé avant l’autel), c’est une relation stable qui a donné un mariage heureux, bien que politique. Morgane est ainsi la mère de Gaëtan de Kelvin et de Cécilia de Kelvin, un prince et une princesse qui font le bonheur de la population de la Cité autant que de leurs parents. S’il faudra s’attarder sur Cécilia, aujourd’hui âgée de dix-neuf tours, Gaëtan, pour sa part, âgé de seize tours, est en plein cursus à l’Académie Navale.
Morgane de Kelvin ayant dès son enfance appris les subtilités du commerce, de la gestion de l’entreprise familiale et de la négociation, sa transition d’une famille commerçante à une famille politique se passa si bien que Medron lui confia rapidement (dès qu’elle fut en âge d’arrêter d’être considérée comme une enfant par ses pairs en fait) la direction de la Chambre basse du parlement, qu’elle dirige depuis. Habile politicienne, donc, Morgane y mène les débats d’une main de maître, élevant la capacité à faire dire à ses interlocuteurs ce qu’elle souhaite entendre au rang d’art. Si la nature de la chambre basse implique que les débats puissent parfois y échapper à son contrôle, globalement, quand une dispute y éclate, c’est qu’elle l’a favorisée en coulisse, afin que les éventuels adversaires politiques du Directorat que dirige son époux se neutralisent entre eux.
Personnellement, Morgane de Kelvin est une femme extravertie et amatrice d’art. En tant que telle, elle est à la base de la renaissance artistique que vécut la cité après sa reconstruction. Puisque des pans entiers de la ville était à reconstruire, c’est à son initiative que furent construits des bâtiments favorisants lesdits arts autres que le cirque où les jeux étaient à son goût répétitifs. Un opéra, une école des beaux-arts, une bibliothèque et un conservatoire ont ainsi successivement fleuri au cours des derniers tours. Cette renaissance artistique, Medron la lui a totalement abandonnée, sachant qu’elle avait meilleur goût que lui en la matière, goût qu’elle alliait à un don certain pour l’économie, assurant dont qu’elle ne jetterait pas d’argent par les fenêtres au nom de cette renaissance. Elle est donc également responsable de la décoration aussi riche que magnifique du palais ducal (dont elle est la véritable intendante), ou encore de ses jardins (c’est d’ailleurs elle qui y fit venir des amazones, pour au moins avoir un semblant de zoo exotique). La postérité retiendra certainement d’elle (même si elle n’est pas guettée par Elis) qu’elle a su faire de Kelvin un centre culture en plus de commerçant et naval.
Intendante du palais, aide ducale chargée des arts, duchesse directrice de la chambre basse, et mère. Cinq casquettes pour une seule femme, logiquement aussi active que son mari, si ce n’est plus. C’est à se demander comment ces deux-là font pour avoir de l’intimité. Réponse : Ils en ont peu, mais en profitent dès que possible.

Cécilia de Kelvin, Princesse héritière de la cité


Fille aînée du Duc Medron et de la Duchesse Morgane de Kelvin, Cécilia est âgée de dix-neuf tours aujourd’hui. Quand une enfant nait de tels parents, Finil tisse les fils de son destin avant même qu’elle n’ait eu le temps de pousser son premier cri. Le commerce, la politique, la diplomatie, une carrière religieuse ou militaire, telles étaient les seules options qui s’imposaient à elle dès la naissance, à moins qu’elle ne décide d’y renoncer en fuyant cet héritage comme cela s’est vu dans l’histoire mais aussi dans beaucoup de contes. En l’espèce, ça n’est pas arrivé, et Cécilia a parfaitement accepté l’idée qu’elle n’aurait pas de métier à choisir. Il en va de même pour son frère, même si ce dernier, turbulent dans son enfance, a été envoyé à l’Académie Navale pour s’y canaliser autant que pour embrasser une carrière militaire, lui que ses parents ne sentaient pas aptes à diriger la cité la plus active au monde.
Gaëtan manquant de facto le gros de l’initiation à la diplomatie et à la politique en y privilégiant l’art de la navigation qui fait toute la gloire de Kelvin, une exception a donc été créée, et acceptée par le Directorat, à la règle de l’héritier mâle. Le prochain Duc de Kelvin sera une Duchesse, et s’appellera Cécilia. Cette dernière a donc vu son éducation s’intensifier quand son frère a intégré l’Académie. Apprentissage de certaines armes, comme le poignard qu’elle aime à porter au vu et au su de tous, afin d’être apte à se défendre comme une Duchesse, à savoir sans violent excessive, mais surtout apprentissage intensif de la diplomatie, afin de justement ne jamais avoir à faire usage de ladite violence. Dans cette optique, porter une petite arme dans un fourreau assorti à ses tenues est une forme de diplomatie.
Mais qu’il y a-t-il d’autre dans cette diplomatie ? L’apprentissage, dans les faits, des us et coutumes de tous les royaumes avec lesquels Kelvin commerce sans exception, mais aussi de leur histoire, de leur situation politique, de l’arbre généalogique de leurs familles souveraines, et surtout de leurs ambitions du moment, ces nombreux cours étant remis à jour à chaque fois que cela est nécessaire. Cécilia fut d’ailleurs vite invitée à se renseigner elle-même sur les erratums à adopter, et ses tuteurs la déclarèrent prête quand elle leur annonça à eux le mariage à venir de Dalya Amar, princesse de Ram, et Yacouba Behired.
Comment avait-elle su cela ? Grâce aux dîners familiaux qui se tiennent régulièrement. On en revient à l’intimité de la famille ducale, qui s’attache à se réunir au moins quatre fois par lunes quand tous sont à Kelvin en même temps (Gaëtan lui-même ne fait pas exception, et l’académie est tenue de le relâcher ces soir-là). Dans ces moments, Medron et Morgane en profitent pour apporter à leurs enfants un enseignement que ni l’Académie, ni leurs tuteurs, ne peuvent leur apporter. Celui de l’espionnage, et du contre-espionnage. Les deux enfants royaux ont accès aux services de Kelvin à la demande de leur père, afin d’être aptes à les maitriser le plus tôt possible. Et si Gaëtan n’a pas vraiment le temps de s’y consacrer, Cécilia le fait pour eux deux. Elle cherche à travers ces renseignements le genre de Duchesse qu’elle souhaitera être. C’est uniquement quand elle l’aura trouvé qu’elle se cherchera un parti qui corresponde à sa vision des choses, afin que ce dernier ne la gêne pas dans la gouvernance de la ville, quand le temps viendra. En attendant, elle n’est pas non plus laissée sans responsabilités. C’est une adulte, et elle doit donc être capable de représenter la famille Ducale en donnant la justice directement sur le port, pour le plus grand plaisir, depuis désormais un tour, de la population (quand cette dernière parvient à arriver jusqu’à elle, les délais d’attente étant longs, et impliquant notamment un rideau de gardes).

Bismarck Electus, Directeur représentant des armées


« Quand il marche, on pourrait croire que l’empreinte de ses pas va s’incruster dans le pavé et y rester à jamais. ». C’est ainsi que les garde de Kelvin, que ce soit ceux de la mer, ceux de la cité, ou même ceux du palais, décrivent leur représentant au directorat, pour plaisanter. Plusieurs choses sont à dire. Si Medron est théoriquement le chef des armées de Kelvin, c’est un pouvoir qu’il a délégué dès son accession au trône. Si normalement, les deux gardes sont supposées avoir leurs représentants au sein du Directorat, Medron de Kelvin a pu changer cela pour n’en avoir plus qu’un pour les deux à la fois (plus de simplicité, et deux fois moins de salaires à payer).
Il n’y a donc plus qu’un seul homme pour représenter toute l’armée terrestre de Kelvin. Cet homme, c’est Bismarck Electus. Il est arrivé à ce poste après très tôt dans le règne de Medron, puisque c’est lui qui, lors de l’attaque des pirates, alors qu’il n’était qu’un simple garde avec une barbe courte qui faisait les rires de ses camarades, raviva la flamme de la résistance et permis ainsi d’éviter que le bilan ne soit plus lourd encore. Car s’il dût attendre l’arrivée des vrais officiers pour organiser une contre-attaque, il permit au moins aux soldats alors en patrouille de cesser de fuir. C’est à cette occasion qu’il perdit d’ailleurs un œil. Un tel charisme aussi jeune ne devait surtout pas être gâché à patrouiller toute sa vie dans les rues de la ville pour y attraper les tire-laines et les alcooliques. Il fut immédiatement nommé Garde du palais, puis très rapidement après (soit quatre tours), Directeur représentant des deux gardes, par Medron. Les deux hommes se connaissent donc bien, et sont même plutôt amis, car ayant vu grandir leur carrière politique ensembles.
Bismarck est un exemple d’ascension sociale. Quand on veut évoquer la réussite du modèle kelvinois, ce gamin qui s’était engagé pour manger à sa faim et qui se retrouva à passer sa vie dans les salons huppés des hauts quartiers et de façon quasiment systématique utilisé comme exemple. Et ce n’est pas peu dire que les gardes de Kelvin sont fiers de leurs représentants. Quand ils évoquent son pas, c’est pour se moquer de lui, mais dans un humour plus affectueux qu’offensant. Le charisme qu’ils évoquent ainsi, ils le ressentent quand il est parmi eux.
Sur un plan plus personnel, Bismarck profita bien de sa vie dans les plus riches salons des Hauts Quartiers, lui qui n’aurait jamais pu espérer y entrer par le passé. Il y trouva une jolie femme, s’acheta une jolie maison, et vécut pour ainsi dire une vie dont beaucoup rêveraient. C’est parce qu’il en a pris conscience qu’il s’attache tout de même à redescendre régulièrement dans la basse ville où il est né. Là, dans des casernes, il recueille les doléances de ses soldats, et va les transmettre au Directorat, s’il estime pertinent de le faire, ce qui veut dire pratiquement jamais dans la pratique, les gardes ayant des idées la plupart du temps délirante en tête. S’il les respecte plus que ce que les gens de la Haute Ville ne le font normalement, il a en effet pris le pli de son nouveau quartier en évoquant fréquemment le fait que leurs aspirations soient irréalistes.
Mais à sa façon, il les représente bien. Il ménage la fierté des deux Gardes, sachant bien qu’une fusion aurait des fâcheuses conséquences sur celle-ci, et insiste auprès de Medron pour que ces dernières gardent leur pouvoir de juridiction. En somme, pur produit du système militaire kelvinois, la tâche qu’il s’est fixée est celle de le maintenir tel qu’il est. Et les soldats en sont contents. Moins ça bouge, plus c’est stable, et chacun chez soi.

Amiral Emre Richer, Doyen de l’Académie Navale et Directeur représentant de la flotte


Au commencement de la gloire, de la puissance et de la richesse de Kelvin, il y a la mer. A ce titre, il est tout à fait normal que siège au Directorat celui qui, si l’on se place d’un point de vue hiérarchique pur, est supposé être le meilleur officier de toute la flotte, à savoir le doyen de l’Académie Navale de Kelvin. Il n’est pas seulement ici pour représenter les intérêts de son académie (bien qu’il doive régulièrement le faire en raison du fait que de nombreux riches négociants verraient d’un bon œil la suppression de certains privilèges des capitaines issus de l’Académie, tels que le fait de pouvoir réquisitionner un navire, ainsi que le fait de pouvoir réquisitionner un navire, et pour finir, surprise, le fait de pouvoir réquisitionner un navire). Chaque réquisition relançant d’ailleurs pour les prochaines lunes le débat, mais à ce jour, Emre Richer a réussi à convaincre Medron de ne pas plier. En compensation, ce dernier a déjà cependant dû donner plusieurs cadeaux à ces négociants, tels que le retrait du titre honorifique de baron des académiciens, qui devait leur permettre de siéger à la chambre haute du parlement (même si dans les faits, leur apparition y était très rare).
Pour le reste, c’est à cet amiral que Medron a délégué son pouvoir de direction de la flotte après la bataille de la Baie de Jade, ce qui l’a paradoxalement cloué à terre de façon définitive. Mais il faut bien que quelqu’un se sacrifie à cette noble cause : Diriger la flotte navale la plus puissante au monde, et aussi la plus active. Car que serait l’activité de Kelvin sans celle de sa flotte ? Emre Richer doit non seulement diriger la flotte de guerre, mais aussi s’assurer que l’activité portuaire soit de qualité et permette au commerce de se dérouler de façon satisfaisante. C’est même là l’essentiel de sa tâche. Il doit en permanence recevoir des négociants qui viennent se plaindre, vérifier que les cales sèches sont fonctionnelles, que l’approvisionnement des navires civils comme militaires est possible, que les chantiers navals fonctionnent de la façon la plus optimale possible… C’est un travail épuisant, qui a dû le faire déléguer, lui aussi. Bien que, pur produit de l’Académie lui-même, il haïsse cela en raison du fait qu’il ait été formé à agir sur le terrain, son bureau a donc dû être décalé dans le palais du Duc, d’où il administre tout un ensemble de délégués aux affaires navales qui s’activent partout où lesdites affaires peuvent se conduire.
Emre Richer fait office de figure insolite dans au sein du Directorat, en ce sens que son travail est si important qu’il doit s’y consacrer pleinement et de façon honnête qui plus est. C’est peut-être le seul Directeur qui réponde poliment « Je suis désole, je n’ai pas le temps pour cela » quand il est invité aux fameuses réceptions, sauf celles du Duc, bien sûr. Cela lui vaut une certaine distanciation de la part des autres directeurs, et hélas pour lui, bien souvent de constater lors de l’ouverture d’une affaire qu’il arrive après la bataille, et que ladite affaire est déjà entendue. Heureusement, il sait qu’il peut compter sur le Duc Medron pour veiller aux intérêts particuliers de la flotte qu’il ne manque jamais de lui rappeler.

Ceda Ortsa, Haute Prêtresse d’Ariel au Directorat


Dans une cité où tout est sujet à la politique et au marchandage, les religions elles-mêmes ne sont pas épargnées. Si la religion de Vamor cherche cet aspect des choses par nature, la religion d’Ariel, pour sa part, n’est pas normalement poussée à s’avancer directement vers cet aspect des choses. Mais dans une cité où de la mer dépendent le commerce, la réputation et une bonne part de la puissance militaire, elle a tendance à s’y diriger. Conséquence, le culte d’Ariel à Kelvin est probablement l’un des cultes voués à la déesse les plus politisés du monde entier. Le grand jeu du marchandage et de la criminalité de la ville s’introduisant jusque dans les plus profonds recoins des temples.
Dans ce contexte, et si l’on ajoute à cela un siège permanent au Directorat, les hautes prêtresses vont et viennent. C’est traditionnellement la Haute Prêtresse de la Cathédrale de la mer qui reçoit la lourde double fonction de diriger non seulement la Cathédrale, mais aussi de siéger en tant que Directrice représentant le culte d’Ariel. Paradoxalement, un tel pouvoir n’attire pas toutes les prêtresses. Elles ont tendance, surtout quand l’âge commence à les fatiguer, à préférer de loin être les déléguées d’une bonne poire qui ira s’épuiser à diriger le plus grand temple d’Ariel au monde et en même temps à représenter convenablement le clergé auprès du Directorat, avec tout ce que cela implique.
Pas étonnant, dans ces conditions, que les prêtresses qui siègent au Directorat soient généralement bien jeunes. Ceda Ortsa ne fait pas exception à la règle, et a été choisie par Medron sur recommandation des autres prêtresses (recommandation qu’elle avait sollicitée d’elle-même). Elle n’a de « Haute » que le titre, et n’a dans les faits aucune autorité sur la Cathédrale de la Mer, dirigée par un conseil de vieilles prêtresses qui passent elles-mêmes leur temps à chercher à avoir le plus d’influence sur ledit conseil. C’est elles qui envoient leurs recommandations à Ceda. Pourquoi cette dernière parmi toutes les jeunes prêtresses de la ville ? Parce que Ceda est née riche, fille aînée d’un armateur, et qu’en matière d’argent et de négociation, en bonne élève, elle a beaucoup appris de son père. Cette qualité indiquait de façon très nette dès son arrivée la façon dont elle devrait vivre sa foi. A moins qu’elle ne planifiait depuis le début de vivre son ascension sociale à travers sa foi, elle seule le sait. Toujours est-il qu’elle a été acceptée comme prêtresse par Ariel, puisqu’ayant le don de guérison et d’exorcisme.
Ceda Ortsa, à l’inverse d’Emre Richer, est probablement la directrice la plus active au sein du Directorat. Cela signifie qu’elle est de toutes les réunions de ce dernier, généralement première arrivée et dernière partie. Et par les réunions il faut entendre bien sûr non seulement les audiences publiques, mais aussi toutes les réceptions dans des salons privés, les réunions officieuses à l’opéra, au théâtre, dans les jardins, dans gradins les arènes… Sa fonction de Haute Prêtresse lui imposant de temps à autre de recevoir des capitaines qui s’apprêtent à embarquer, elle est quand elle ne travaille pas à la politique trouvable dans un bureau ouvert au fond de la Cathédrale.
Ceda Ortsa est une femme qui se plait dans le luxe que présentent tous les aspects de sa vie. Mis à part pour de temps à autre aller embrasser la mer du regard, elle ne met jamais les pieds en dehors de la Haute Ville, et est l’avatar même de la séparation des classes en vigueur à Kelvin. Tout cela, elle l’a cependant car c’est aussi une travailleuse émérite. Les vieilles prêtresses se sont bien vite rendu compte qu’elle n’aimait leur autorité que en ce que cette dernière lui assurait une vie confortable. Mais elle a bien compris qu’elle seule était Haute Prêtresse de la cathédrale, et donc représentante de toutes les prêtresses d’Ariel. C’est un pouvoir qui ne pourrait lui être retiré qu’en lui passant sur le corps, tant elle y tient. Son train de vie confortable en dépend. Autrement dit, elle travaille en permanence à renforcer le pouvoir de la Directrice représentant les prêtresses par rapport auxdites prêtresses. Et c’est une travailleuse acharnée.

Wasself & Emilie Selvo, première bourse de Kelvin


Dans cette cité où le commerce est la raison de vivre de l’immense majorité de la population (mis à part peut-être, et encore, la population des Halls), il est plus que logique que la majorité des sièges du Directorat soient occupés par les marchands les plus fortunés de la ville. Hommes ou femmes, ces derniers sont au nombre de treize au sein du Directorat, ce qui représente une écrasante majorité par rapport aux directeurs représentant des aspects plus administratifs de la ville. Parmi ceux-là, des noms connus dans le monde entier pourraient encore aujourd’hui être cités, mais aucun n’est aussi fameux au sein de Kelvin que Wassef Selvo, première fortune de la ville. On dit que sa fortune personnelle est supérieure à celle de tous les autres kelvinois réunis. C’est faux. Si elle est vraisemblablement en effet très supérieure à celle de tous les habitants de la Ville basse, du labyrinthe et des Halls réunis (encore que dans le cas des halls, les fortunes ne puissent être vraiment estimées, quand il y en a), même Wassef Selvo ne peut pas à ce point distancer ses concurrents directs que sont les autres marchands de la Haute Ville.
Comment se peut-il que Wasself Selvo ait une fortune à ce point développée ? Tout d’abord, il ne l’a pas gagnée à la force de ses mains. Il est impossible en une vie humaine d’emmagasiner autant d’argent que lui. Il a donc profité d’un concours de circonstances favorables, qui aurait pu arriver à n’importe qui. Il est issu d’une famille aisée, comme c’est le cas de la plupart des membres du Directorat (comme c’est le cas de tous sauf Bismarck Electus en fait). Ensuite, il a contracté un mariage avec un bon parti, à savoir Mlle Emilie Pern, petite fille d’un homme portant le nom de Valint, et donc héritière de la banque Valint et Balk. En contractant ce mariage, Wassef Selvo épousait donc une fille qui avait d’ores et déjà la dot la plus importante de la ville. Ce concours de circonstances ne s’est réuni cependant que parce qu’elle-même savait que si elle se contentait de vivre sur les acquis de son grand-père et de son grand-oncle, elle aurait vite fait, au vu du train de vie quotidien de la Haute Ville, de devoir descendre dans la basse. Cela était évidemment pour elle hors de question, et elle s’était mise à travailler pour la faire fructifier. Et pour cette femme dont la pupille des yeux avait la forme d’une pièce d’or, l’amour idéal était un homme travailleur qui connaissait les chiffres et l’aiderait à faire encore et encore fonctionner la banque dont elle héritait.
Ce fut Wassef Selvo. La répartition des tâches au sein du couple fut instantanée : Lui fut envoyé au Directorat, elle restait à la tête de la banque. Wassef Selvo, homme de chiffres, s’en contente. Les problèmes économiques de la ville, il est ici pour aider à les régler, et il le fait dans l’intérêt d’une banque, cela va de soi, ce qui rend son ménage tout à fait équilibré. Emilie Selvo est également très heureuse de pouvoir se consacrer à la banque dont elle a hérité. Et tout va pour le mieux pour leurs bénéfices désormais communs.
Wassef et Emilie pourraient être la définition du dicton « Qui se ressemble s’assemble ». Les deux ont le même amour de l’argent, le même amour du luxe, le même désintérêt pour les questions des petites gens, et la même perpétuelle envie de rechercher des bénéfices. D’ailleurs, leur mariage se voyait venir depuis des tours pour les observateurs attentifs. Et si Emilie était la seule héritière de sa famille, sa nouvelle famille, les Selvo, voyait d’un très, très, très, très bon œil ce qui se préparait. Le vin oréen était déjà acheté depuis des tours quand le père de Wassef décida d’aller le faire couler à flot pour célébrer la merveilleuse surprise qu’était l’annonce de leurs fiançailles, il y a quelques tours de cela.

Fridolin Yacine, parrain de la Ligue des gentilhommes entrepreneurs


Quoi qu’on en dise à l’extérieur, Kelvin n’est pas qu’un vaste repaire de voleurs bien décidés à dépouiller intégralement les visiteurs dès qu’ils mettent les pieds dans la cité. Loin de là. Mais les fortunes en transit, tant en marchandises qu’en liquidités, ont incité les criminels à s’organiser et à traiter le problème en hommes d’affaires. Les organisations criminelles sont donc pratiquement aussi nombreuses que les honnêtes. Et de toute façon, les honnêtes font régulièrement du crime et les criminelles de temps en temps de l’honnête.
La Ligue des gentilhommes entrepreneurs, plus communément appelée la Ligue, ou la « Guilde dont je n’ai jamais entendu parler », n’est pas un gang unique. Il s’agit plutôt d’une entente, d’un lieu de négociation pour les divers gangs qui composent le milieu criminel de toute la partie sud des docks selon les rapports officiels. Dans les faits, elle maitrise plus exactement toute la partie sud de la ville, un point c’est tout. Elle fonctionne un peu comme une guilde professionnelle et ses maîtres dirigent en conseil les affaires de la ligue, apaisent les conflits entre gangs et veillent à ce qu’aucun criminel membre de la guilde ne manque de travail. Et le patron de ce conseil, dit « Le parrain », c’est Fridolin Yacine. Puisqu’il contrôle ce conseil, il contrôle la guilde, et règne donc en maitre sur tout un réseau de tire-laines, contrebandiers, prostituées, brutes à louer (des golgoths chargés de passer à tabac une cible spécifique), racketteurs, etc., etc.
Bien sûr, le visage de Fridolin est bien connu du Duc et du directorat. Il est impossible de se livrer à une activité d’une telle ampleur sans avoir des contacts hauts placés. Et il faut dire qu’il leur sert, dans un sens, puisque aussi longtemps qu’il sera à la tête de la Ligue, le Duc sait que la criminalité restera contrôlée dans au moins la moitié de sa ville. C’est pourquoi il n’envoie pas ses agents secrets prévenir la garde que cette sympathique auberge du Pot Bleu tenue par Dely (pas de surnom, ni de nom de famille : juste Dely), qui n’affiche bien sûr pas « SIEGE DE LA LIGUE » devant sa porte contient en fait un salon privé où Fridolin réunit ses conseils toutes les lunes. Et de toute façon, Medron et Bismarck se doutent bien que la moitié de leur garde est au courant, mais est payée pour se taire.
Fridolin Yacine a pour sa part commencé comme voleur. Pas tire-laine, voleur. C’est à dire qu’il s’infiltrait dans les maisons des riches pour y cambrioler des objets ayant bien plus de valeurs que de simples bourses. Son ascension en fut facilitée par les rentrées d’argent qu’il ramenait, et sa connaissance du baratin nécessaire à l’infiltration. Il a d’ailleurs sa maison dans la haute ville, à présent. Mais de là à dire à ses voisins d’où vient tout cet argent… Il n’est qu’un simple entrepreneur des docks qui réussit plutôt bien, officiellement. Et il a de l’honneur avec ça. Depuis qu’il est à sa tête, la Ligue ne protège plus les trafiquants de drogue (elle ne les livre pas non plus bien sûr, ce serait suicidaire pour ses activités). Que demander de plus pour les autorités ?

Dely


A Kelvin, les auberges et tavernes célèbres dans la ville se comptent par centaines. Des luxueux casinos de la Haute Ville aux établissements crasseux du labyrinthe, on trouve de tout et pour tous que ce soit en matière de qualité de l’établissement ou encore des services qu’il propose. Bordels et maisons closes sont également au nombre de ces établissements, bien sûr. Le Dragon Rouge est ainsi connu pour l’ambiance musicale (pas souvent jouée juste) qui y règne, le Vice d’Ariel pour ses bagarres presque institutionnelles, le Bois Vert avoir la plus grande concentration de putains, le Domaine de Virel pour être le casino le plus huppé de la Haute Ville. Mais aucun de ces établissements n’est aussi célèbre que le Pot Bleu, tenu par la non moins célèbre Dely (encore une fois, pas de nom de famille ou de surnom officiel, Dely est juste Dely).
La célébrité du Pot Bleu tient à de très nombreux éléments. Sa taille est déjà insolite. Alors qu’il se trouve au bas de la colline sud de la ville, à mi-chemin des murs et de la mer, il devrait être de petite taille, mais il rivalise pourtant de taille avec les bars des docks. Et il faut bien qu’il ait une belle taille l’établissement de Dely, pour toutes les activités qu’il propose ! Outre le fait d’être le siège de la Ligue des gentilhommes entrepreneurs (chut, c’est un secret), le Pot Bleu propose des alcools rares qu’on ne devrait normalement trouver que dans la Haute Ville (leur origine n’est pas tout à fait légale, mais aucun garde n’irait perquisitionner le siège de la Ligue), mais aussi des alcools communs. Des drogues se trouvent également ici, même si la Ligue a pourtant cessé de les financer, Dely continue à ménager chèvre et chou. Pour les distractions qui n’impliquent pas une gueule de bois le lendemain, le Pot Bleu offre des jeux d’argent, à base de cartes, de dés, ou d’arnaques. Enfin, Dely a sous la main quelques prostituées de qualité anormalement élevée au regard des lieux, preuve de la richesse de certains clients qui viennent au Pot Bleu.
Dely est la patronne de tout cela. Sous ses bouclettes rousses et son petit air aviné se cache une femme d’affaires qui pourrait rivaliser de malice avec celles de la Haute Ville. Elle a monté son commerce en faisant usage de procédés légaux autant qu’illégaux, parfois moraux, parfois non. Les caves de son établissement servent d’entrepôt à de nombreux gangs se livrant à de la contrebande, mais elle se sert toujours un peu sur les produits intéressants, au lieu de faire payer en monnaie sonnante et trébuchante. Du côté plus poétique, les chambres où peuvent dormir (ou baiser) les clients sont finement décorées d’ouvrages évoquant la mer, Ariel et la navigation. Le Pot Bleu est un peu un condensé de tout ce qui fait Kelvin : Le commerce, le vice, mais aussi la mer, l’aventure, et la fierté.
Et surtout, la cave de Dely est régulièrement fréquentée par des aventuriers soucieux d’aller explorer les Halls. Pourquoi ? Parce que Dely y a une échelle qui y mène tout droit. Elle en monnaye l’entrée (pas la sortie, car elle sait très bien que non seulement il y en a d’autres, mais que ce genre de clients risquent bien de ne plus jamais pouvoir payer). Dely elle-même disparait parfois pendant des jours, laissant son établissement aux bons soins de ses employées. On dit alors d’elle qu’elle va dans les Halls, et qu’elle est la seule à toujours pouvoir en revenir. Et quand elle en revient, c’est toujours sans butin. Qui sait ce qu’elle va y chercher… Medron le sait peut-être. Il l’a déjà rencontrée, après l’avoir faite venir par ses agents. Le Duc et la femme
d’affaires n’ont jamais dit à personne la teneur de leur dialogue de ce jour-là.
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